Analyse de Mats

By  | 10 juillet 2020 | Filed under: Actualité, Histoire, Regards

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Mac et Mats

Camp de base « tennis » d’une durée d’un mois, à l’été 1991. J’ai 14 ans. L’entraineur nous accueille durant le mois dans sa propriété, où il a notamment fait construire un terrain de tennis. On en bouffe 5 à 7 heures par jour, sauf quand on joue des matchs.

Ce jour-là, il pleut. On reste à la maison. Mais on n’a pas le temps de se demander comment tuer le temps, l’entraineur nous amène deux cassettes vidéo, du papier et de quoi écrire.

  • Analyse de match.
  • C’est quoi le match ?
  • Lendl-Wilander, finale de l’US 1988. Trop long pour tenir sur une seule cassette.
  • T’as pas McEnroe à nous proposer plutôt ? On va se faire ch… avec des échanges à n’en plus finir !
  • Vous êtes là pour progresser en tennis, vous n’êtes pas là pour vous reposer. Et puisque la météo nous empêche d’aller sur le court, on va travailler l’intelligence de jeu.
  • Et McEnroe, c’est donc un imbécile sur le court ?!
  • Pour te répondre précisément, oui, Mac est un imbécile sur le court. Pas en dehors, c’est un amateur d’art plutôt cultivé. Mais sur le court c’est d’abord un sale gosse qui mérite des paires de claques en cadence bien plus que des victoires. Et il ne réfléchit pas, il impose son jeu et c’est tout. Il a perdu beaucoup de matchs en voulant imposer son jeu, sauf que ça ne marche pas à chaque fois. Il serait capable de jouer autrement, mais il préfère perdre en faisant service-volée et retour-volée. Donc oui c’est un imbécile sur le court.
  • Tu dis ça parce que tu ne comprends rien à McEnroe. C’est un génie !
  • En effet, je ne sais pas vous enseigner McEnroe. Personne ne sait enseigner McEnroe car personne ne comprend comment il fait. Il ne vous est pas interdit d’essayer mais je ne vous serai d’aucune utilité.
  • Et Lendl et Wilander sont plus accessibles ?
  • Oui, parce qu’ils réfléchissent sur un court. Le coup de poignet est inégalement réparti sur la planète, mais l’intelligence est mieux répartie. Je ne connais pas de génies et d’idiots du cerveau. Je ne connais que des gens qui utilisent leur cerveau, et d’autres qui ne l’utilisent pas. Je veux que vous fassiez partie de ceux qui utilisent leur cerveau, du moins sur le terrain (le reste ne me regarde pas).
  • Si je comprends bien, regarder McEnroe, ce n’est que du plaisir ?
  • Oui. C’est comme regarder un blockbuster. Quand vous regardez Batman vous trouvez ça génial, mais vous savez que c’est une fiction et vous ne vous demandez pas comment il fait pour voler. Le piège avec McEnroe c’est que c’est un humain, donc il vous donne l’illusion que vous pourriez faire comme lui. Mais c’est faux, c’est un génie inimitable, les experts les plus pointus en biomécanique se demandent comment il peut défier à ce point les lois de l’équilibre. Regardez McEnroe comme vous regardez Batman, c’est-à-dire comme un extraterrestre. Et moi, votre entraineur, je considère que ce serait une grave erreur de vous donner l’illusion qu’il y a quelque chose à apprendre de McEnroe. Laissez-moi vous épargner le suspense, vous n’avez pas son poignet et vous ne l’aurez jamais. Par contre, vous devez pouvoir être capables de réfléchir comme Wilander, c’est un autre talent, aussi fécond d’ailleurs (Wilander a autant de Grands Chelem que McEnroe) mais ce talent-là est à votre portée. Et de la même manière que je vous passe tous les soirs un film qui vous fait réfléchir plutôt qu’un blockbuster, je vous passe un match qui va vous faire réfléchir plutôt qu’un match qui vous fera juste passer le temps.

[note : la veille, il nous avait passé La poursuite impitoyable d’Arthur Penn, je me rappelle encore de la claque cinématographique que j’ai prise ce jour-là]

On se met à l’ouvrage. Nous sommes six, et nous opérons une division du travail, trois pour Lendl et trois pour Wilander. Le tirage au sort m’affecte Wilander. Mon boulot, c’est d’observer et de compter les zones visées par Wilander, au service et dans l’échange. Il apparaît rapidement que Mats n’évite par le coup droit d’Ivan, en revanche il ne lui joue jamais deux fois la même balle et Lendl a du mal à se régler en coup droit. Par contre, la statistique restée fameuse du match, c’est que Mats est monté 130 fois au filet pendant le match, ce qui met à mal sa réputation de crocodile. Et ses 130 montées, beaucoup sur des revers slicés, se sont faites essentiellement sur le revers d’Ivan.

Je ressors de la (longue…) séance avec la certitude qu’il existe une alternative à l’évitement du point fort de l’adversaire, on peut aussi le pilonner, mais en variant les longueurs, les trajectoires et les effets, c’est là qu’on voit ce qui reste d’un « point fort ». Je ne compte plus les joueurs désolés de leur prestation du jour, parce qu’ils ont beaucoup raté en coup droit alors que c’est leur point fort. Et les commentateurs de s’étonner qu’ils ratent autant en coup droit, concluant qu’ils sont dans un mauvais jour…

Les tâcherons de la terre, dont Wilander est un des représentants les plus fameux, n’ont jamais eu la reconnaissance qu’ils méritaient. Vainqueur de 7 couronnes majeures, il a sa place parmi les grands, mais personne ne se rend compte de sa présence.

Il y a au moins trois raisons à cela.

 

Il n’a pas gagné Wimbledon

C’est exact, il n’a même jamais dépassé les quarts de finale. Cela étant, son doublé à l’Open d’Australie de 1983-1984 mérite pour le moins qu’on s’attarde sur ses capacités sur gazon. En l’occurrence, il n’y a pas à aller chercher bien loin les raisons de ce paradoxe apparent. Mats a lui-même expliqué que le gazon n’était pas sa surface naturelle, et qu’il avait besoin d’une longue période d’entrainement pour ajuster ses déplacements, ses temps de réaction, ses retours et ses passings.

Ce temps, il l’avait en amont de l’Open d’Australie, disputé à l’époque mi-décembre. En 1983 Wilander s’est présenté à Melbourne en ayant en vue la finale de la Coupe Davis (l’Australie allait recevoir la Suède sur ce même gazon de Kooyong), il s’est préparé doublement. Le résultat est une splendide victoire, et au vu du parcours de Mats la légitimité de sa victoire ne saurait être remise en cause :

  • Ben Testerman, demi-finaliste de l’Open d’Australie l’année suivante ;
  • Roscoe Tanner, certes vieillissant, mais ancien finaliste de Wimbledon et ancien vainqueur en Australie ;
  • Paul McNamee, solide attaquant australien ;
  • Johan Kriek, double tenant du titre ;
  • John McEnroe, qu’on ne présente pas, qui sort de deux victoires consécutives en tournoi et qui vivra face à Wilander sa dernière défaite avant six mois, du côté de Roland Garros ;
  • Ivan Lendl.

Ce temps d’adaptation a toujours manqué à Mats Wilander s’agissant de Wimbledon. A l’exception de 1986, ses longs parcours parisiens (cinq finales et une demi-finale entre 1982 et 1988), le repos nécessaire qu’il s’autorisait, et les deux semaines seulement séparant Roland Garros et Wimbledon, le privèrent de plus grandes ambitions du côté du Temple londonien.

Quoi qu’il en soit, les échecs répétés de Mats à Wimbledon alimentent le flou sur sa stature de grand champion. Vu de France, d’Angleterre ou des Etats-Unis, la levée australienne n’a jamais eu le prestige de Wimbledon, et le prestige ne s’achète pas. Peu importe que le parcours de Wilander en Australie en 1983 ait été autrement plus dense que celui de McEnroe à Wimbledon cette année-là. Le décalage horaire obligeait les fans à des veillées nocturnes pour regarder le tournoi, et encore il ne fut diffusé en France qu’à partir de l’année suivante. S’ajoutent les souvenirs d’une longue période où les Australiens, dans leur phase de domination (1950-1975 en gros), disputaient un quasi-tournoi national. Bref, le fait que l’Open d’Australie n’a pas imprimé la rétine des fans non-australiens n’aide pas à évaluer la levée des Antipodes, et par suite la carrière de Mats Wilander, à leur juste valeur.

Une petite anecdote, en apparence sans rapport, à propos de Laver et Rosewall. Un journaliste leur demanda un jour, simultanément et séparément, de citer leurs plus beaux affrontements. A la surprise du journaliste, les deux rivaux et amis ne mentionnèrent que des matchs de la période 1964-1966, le sommet de leur rivalité, la période au cours de laquelle chacun des deux obligeait l’autre à se surpasser techniquement et tactiquement pour l’emporter. Le journaliste leur tendit alors une perche en évoquant la finale WCT de Dallas en 1972, LE match de leur rivalité, que beaucoup avaient vu. Ils répondirent en chœur qu’ils étaient ravis de s’affronter enfin devant un public nombreux et devant les chaines de télévision, ravis aussi d’avoir prolongé les débats jusqu’au tie-break du cinquième set ; mais l’un et l’autre, à ce moment-là, étaient en déclin sur le plan physique et ils ne pouvaient mettre ce match sur le même plan. A les entendre, leur rivalité, et la suprématie du tennis dans les années 60, s’est jouée lors d’obscures tournées devant quelques dizaines de spectateurs, et non dans le grand faste de Dallas en 1972.

Je mentionne cet épisode pour rappeler que pendant longtemps les fans de la petite balle jaune n’ont pas eu l’occasion de voir beaucoup de tennis à la télévision, que beaucoup de ce qui s’est passé leur a échappé, et que ce qui a échappé est parfois plus beau et plus important encore que ce qu’ils ont eu sous les yeux.

 

Son règne a été très court

Dans la galaxie restreinte des multi-vainqueurs en Grand Chelem, Mats Wilander fait exception. A compter de son premier sacre parisien de 1982, il a eu besoin de 6 années et de 7 couronnes majeures pour devenir n°1 mondial, ce qui constitue un double record. Top 5 à 18 ans, top 3 récurrent pendant les cinq années qui ont suivi, Mats a connu une période d’embuscade plus longue que tous ses collègues. Toujours placé, parfois gagnant, mais la place de n°1 mondial, occupée successivement par Connors, McEnroe et Lendl, était bien au chaud. Hormis en 1983 (année où il remporta 9 titres), Mats ne fût jamais un vainqueur de tournois prolifique, échouant presque partout en fait, sauf en Grand Chelem, où la distance des cinq sets le rendait redoutable. Sa fabuleuse moisson de 1988, d’ailleurs, illustre cette tendance de manière caricaturale : cinq titres cette année-là, dont le Petit Chelem, sans oublier le Lipton de Key Biscayne, « cinquième Grand Chelem » puisqu’il se jouait en sept tours au meilleur ces cinq sets. Mats gagnait peu, trop peu pour inquiéter le roi Lendl (33 titres pour le Suédois, 94 pour le Tchécoslovaque) ou pour s’approcher du trône, mais il savait gagner quand ça comptait.

Dans ces conditions, le Suédois n’a quasiment pas été perçu dans les vestiaires comme l’homme à abattre, le meneur, le maître, celui qu’on rêvait de faire tomber de son trône sans savoir comment s’y prendre. Il l’a peut-être été au cours des semaines précédant cet US Open 1988, alors qu’il avait clairement en ligne de mire la place de n°1 mondial ; là oui il inspirait la crainte de ses pairs. Dans son autobiographie, Agassi mentionne d’ailleurs Wilander comme le joueur dominant de cette saison-là.

Quant à son règne… Mais peut-on même parler de règne ? Son règne a en fait pris fin à l’instant où il a commencé. Passée cette fabuleuse victoire sur le maître des lieux à l’US Open 1988, Mats Wilander a décliné très rapidement, sans la moindre blessure, parce qu’il avait le sentiment plus ou moins diffus d’être arrivé au bout de son chemin au plus haut niveau. Il n’avait plus aucun objectif à se fixer. Et il n’est pas plus exact de parler de déclin que de règne, tant Mats a fait peine à voir lors des deux ou trois saisons qui ont suivi. Sa carrière était terminée.

 

Son jeu ne faisait rêver personne

L’argument principal visant à diminuer la valeur réelle des 7 trophées majeurs de Wilander est que l’Open d’Australie a toujours été à la traîne en termes de prestige, et que les deux titres down under de Mats en 1983 et 1984 ne valent pas grand-chose, en tout cas moins que deux titres à Wimbledon. Admettons. Mais j’attends donc le même raisonnement concernant Stefan Edberg, dont les deux titres à Kooyong (1985 et 1987) ne vaudraient donc pas grand-chose non plus, et qui n’est donc le détenteur que de 4 VRAIS titres en Grand Chelem, à Wimbledon et à l’US Open ; au hasard, nettement derrière Becker donc.

Il n’y a pas à chercher bien loin les raisons des préférences du grand public : le jeu d’attaque, avec sa flamboyance et son panache, aura toujours les faveurs du plus grand nombre, quand bien même un tennis plus austère et réfléchi démontrerait toute son efficacité. En dépit de la sympathie qu’inspirait Mats Wilander (auquel son geste de remettre deux balles face à Clerc en demi-finale de Roland Garros 1982 n’est pas étranger), son jeu de Kasparov du tennis a ennuyé beaucoup plus qu’il n’a ébloui. C’est injuste pour lui, mais c’est ainsi.

J’avais 10 ans en 1987, lorsque j’ai vu Wilander marcher sur Noah et Becker à Roland Garros. Il dégageait une force tranquille impressionnante, une cohérence entre le corps et la tête. Son comportement était d’ailleurs en totale adéquation avec son jeu. Nul besoin de faire des yeux de chien perdu, de jeter des regards implorants vers son clan ou de serrer le poing sans arrêt. Quand Mats se prenait un coup droit gagnant, il ne bronchait pas, il était juste attentif à ne pas offrir trop de balles faciles sur le coup droit, afin que ça ne se reproduise pas trop souvent. Moyennant quoi, un Mats ayant pilonné le coup droit adverse pendant tout un match avait encaissé 8 coups droits gagnants, mais provoqué 40 fautes directes (gain net 32 points). Le commentateur pouvait digresser sur la piètre qualité du match adverse, avec un coup droit aussi éblouissant comment pouvait-il en rater autant, quel gâchis, etc. Et Mats n’allait pas voir le commentateur ensuite pour lui expliquer le tennis. Gagner en silence lui suffisait.

J’adorais ce type, bien avant de devoir plancher par écrit sur les replis stratégiques de son match contre Lendl en 1988. Concentré uniquement sur le point à venir, sur la dynamique générale du match. Quand ça n’allait pas, que changer pour inverser la tendance. Rien d’autre. A l’œil nu, son jeu était une purge. Sa popularité relative, il la doit à sa sportivité, plusieurs représentantes de la gent féminine me firent aussi remarquer qu’elles n’étaient pas insensibles à son charme scandinave. Mais pour moi, il a été une influence majeure. Sur le terrain, il m’est arrivé de ne rien faire sortir de la raquette, et de ne pas pouvoir poser mon jeu d’attaquant. Je sortais alors mon Wilander, je pilonnais méthodiquement le point fort adverse en variant les trajectoires et les longueurs de balles, tout en sécurité, sans rien tenter d’extraordinaire. In petto, je me disais que ce que je faisais était absolument dégueulasse, je me marrais en silence. Mais je relativisais en voyant le score tourner en ma faveur. Et j’avais alors une petite pensée pour Mats et pour mon entraineur. Merci les gars. Winning ugly, ça a du bon quand même.

 

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Grand passionné de tennis depuis 30 ans.

174 Responses to Analyse de Mats

  1. Guillaume 14 septembre 2020 at 09:29

    Nan, j’ai bien aimé ce qu’a montré Zverev. Avec ces intentions-là (et un travail de fond sur son service !), il peut monter très, très haut. Plus haut que Thiem. Mais faut qu’il arrête de jouer au pousse-baballe 2m derrière sa ligne de fond. ça, c’est pas possible (ça me fait penser à Murray qui est capable d’être un magnifique joueur de tennis mais dont la nature profonde était de limer des heures durant… un gâchis !)

    Allez, dernier truc : il me semble que c’était « LE » Chelem des occasions manquées, celui où tous les joueurs/joueuses avaient des difficultés à enfoncer le clou. Zverev qui mène 2 sets à rien en finale, Thiem qui sert pour le match, Osaka qui était menée 6/1 2-0 en finale, Zverev qui était mené 2 sets à rien par Carreno en demies et 1 set, 1 break par Coric en quarts, Coric qui sauve 6 balles de match contre Tsitsipas, Williams qui était menée 1 set, 1 break par Pironkova, Medvedev qui a caviardé des balles de set dans les sets 2 et 3 contre Thiem, Rublev qui cochonne un avantage de 5-1 au TB du premier set contre Medvedev, Bautista qui se fait coiffer par Pospisil alors qu’il menait 2 sets à 1, idem pour Khachanov contre De Mineur, Shapovalov mené 2 sets à 1 et 5-2 au 4e par Fritz avant de gagner en 5, Sakkari qui est toute proche du double break contre Williams dans le set décisif… Il y a toujours des renversements de situation dans un tournoi, mais à ce point… ? Je serais curieux de savoir à quel point :
    1- le manque de compétition (5 mois sans matcher, c’est du jamais-vu dans une vie de tennisman pro)
    2- l’absence de public (ça doit paradoxalement être compliqué pour tenir son fil conducteur quand il n’y a aucun bruit, ni ferveur)
    ont pu peser à ce niveau.

  2. Perse 14 septembre 2020 at 12:59

    J’ai vu les sets 3 et 4 de la finale. Comme déjà écrit, j’aime bien les 2 joueurs avec un petit faible pour Zverev dont la pâte humaine est plus perceptible que ses rivaux,big 4 ou Next Gen.

    Le résultat du tournoi est finalement logique avec les plus forts au RDV hors l’hapax Nole et Thiem pour l’ensemble de son oeuvre est sacré ce dont l’ensemble du circuit se réjouit.
    Zverev est également un vainqueur dans lr sens où il prouve que son plancher tennistique demeure très élevé et qu’il arrive à jouer en 3 sets également très bien.
    Aux échelons inférieurs, j’apprécie le bon tournoi de Shapovalov et de Medvedev qui apportent du relief ds les styles de jeu. FAA étant pour moi le nouveau Dimitrov.

    En terme de gestion de la crise sanitaire, en revanche, tout n’a pas été parfait et le cas Paire ressemble fort à un faux positif qui a foutu un beau boxon.

  3. Rubens 14 septembre 2020 at 21:54

    D’accord avec Guillaume. Même si la qualité du jeu était médiocre, les deux joueurs étaient touchants à la fin du cinquième set. Zverev a un petit côté « grand nounours », à la fois charmant, exaspérant et pathétique. J’étais désolé pour lui. Quant à Thiem, il a montré plus d’humanité que dans tout ce que je l’avais vu faire jusqu’à présent. A la toute fin, je souffrais pour eux. Mention spéciale à Alex, qui m’a rappelé qu’il était possible de faire des deuxièmes balles atterrissant, en longueur, à 1,50m derrière le filet. Il frôlait la double à chaque fois.

    Sur le niveau de jeu, la demi entre Thiem et Medvedev m’avait mis la puce à l’oreille. Les deux joueurs ont indiqué être rincés physiquement à la fin du match, qui n’avait pourtant duré que 3 sets, certes durs. Mais chacun avait eu un parcours assez rapide jusque-là, et ils ont montré en d’autres occasions à quel point ce sont des monstres de résistance physique.

    Je crois que nous ne mesurons pas assez à quel point le tennis de haut niveau est exigeant physiquement et mentalement. Dans la période « pre-Covid », un joueur ayant subi cinq mois d’absence du circuit (par exemple pour cause de blessure) se faisait généralement ratatiner dans les premiers tours lors de sa reprise, et mettait des mois à retrouver l’intensité dans son jeu. Bien que la comparaison ait ses limites – un joueur blessé passe plus de temps à se soigner et moins à s’entrainer – cet US Open a mis aux prises des joueurs qui manquaient d’intensité et de compétition, un peu comme s’ils étaient revenus de blessures. Et, compte tenu des circonstances, il n’est pas surprenant que le niveau de jeu en ait pâti.

    Cela étant, je crois qu’on peut dire que cette levée à nulle autre pareille n’a pas débouché non plus sur des surprises gigantesques. En l’absence de Nadal et Federer, et suite au rebondissement de la saga Djokovic de 2020, voir Thiem, Medvedev et Zverev n’a rien d’une surprise. Le seul « gros » manquant à l’appel en deuxième semaine fut Tsitsipas, battu par Coric, qui n’est pas non plus le perdreau de l’année. Et voir Auger-Alliasime, Shapovalov, Tiafoe, De Minaur et Rublev en deuxième semaine n’est que la confirmation de choses déjà largement entrevues avant le confinement.

    Place à Roland. Rafa va connaître la même difficulté que ses collègues de l’US, il manquera de matchs, et donc probablement de rythme et d’intensité. Il sera sans doute prenable.

    • Bapt 14 septembre 2020 at 22:42

      Sur Rafa et RG, Dieu t’entende Rubens. Toutefois, j’ai bien peur qu’il ait archi préparé son RG, avec cet impasse sur l’US Open (alors qu’il était tenant du titre).
      D’ailleurs, il aurait bien pu venir : sans Djoko dans les pattes, c’était quand tout à fait gagnable pour lui.

  4. Paulo 16 septembre 2020 at 18:46

    Pour les amateurs de revers à une main, retenez le nom de Lorenzo Musetti, 18 ans : il a collé un 6-0 à Stan à Rome et a éjecté le Suisse du tournoi. Pas mal pour une première victoire sur le grand circuit. On entendra parler de ce garçon.
    Avec Sinner qui a quant à lui éjecté Tsitsipas, sans parler de Berrettini, le tennis italien a de beaux jours devant lui…

    • Guillaume 18 septembre 2020 at 16:55

      J’ai vu un bout de son match contre Nishikori hier, il a quelque chose. Ca sort bien de la raquette des deux côtés, il a l’air de bien servir… et après la coupure de courant, c’est bien Sushi qui a perdu le fil, pas lui.

      En tout cas, signer ses premières victoires sur le circuit principal aux dépens de Wawrinka et Nishikori, ça a de la gueule !

      • Paulo 18 septembre 2020 at 21:08

        En fait c’est simple, à le voir je n’ai pu m’empêcher de penser à un certain Roro.
        Cela dit, sa belle histoire s’est brutalement terminée, comme elle avait commencé d’ailleurs, par un 6-0 encaissé contre un… gaucher. Tiens, encore un point commun, se faire rosser sur terre battue par un gaucher.

      • Guillaume 19 septembre 2020 at 19:17

        De ce que j’ai cru voir passer, il était cuit et avait des courbatures à l’épaule. Faut voir que Rome avait un tableau de qualifs à 3 tours, il en était donc à son 6e match en 7 jours. Faut d’ailleurs ajouter à la liste de ses victimes ce vieux routier de Leonardo Mayer.

  5. Rubens 19 septembre 2020 at 23:42

    Ouille Rafa… J’ai vu le deuxième set, ça piquait vraiment les yeux !

    • Kaelin 20 septembre 2020 at 03:20

      Ah ? Rafa complètement à la masse ?

      • Rubens 20 septembre 2020 at 11:49

        Cinq jeux de service gagnés sur dix, des brouettes de fautes, et globalement Schwartzman a gagné la bataille de l’intérieur du court. Il ne faut pas s’y méprendre, le score aurait dû être 6/2 6/3. L’Argentin a joué petit bras sur son service à 4/3 et à 5/4. Une purge.

  6. Paulo 20 septembre 2020 at 11:37

    Donc on a 3 demi-finalistes inattendus à Rome : Ruud, Shapovalov et Schwartzman. Ne reste plus qu’à dégager le Djoker et la fête sera complète. Djoker qui a souffert contre Koepfer d’ailleurs.
    Étrange quand même, ce tournoi : Wawrinka et Tsitsipas sortis d’entrée, Berrettini qui s’écroule dans le tie break du 3ème set et donne quasiment le match au limeur Ruud, Dimitrov qui se fait donner la leçon sur terre par un Canadien, le fantôme de Rafa sorti sans gloire contre l’autre pulga argentine…
    Sinon, Shapo fera donc son entrée dans le top 10 lundi, sauf si Schwartzy remporte le titre.
    Pourvu que Roland nous réserve des surprises comme celles vues à Rome (sauf si Djoko remporte le titre, évidemment) !

    • Perse 21 septembre 2020 at 14:23

      J’ai trouvé ce tournoi de Rome un peu étrange également avec toujours des problèmes organisationnels assez gênants pour un tel standing: faux rebonds à foison, panne d’électricité, inéquité dans la programmation etc…

      Sur les résultats, je suis ravi de la perf de Shapovalov, joueur qui malgré ses similitudes esthétiques avec Dimitrov en est l’antithèse: un gabarit pas très grand mais tant que son coup droit que revers ont un pouvoir de pénétration qui est inexistant chez le Bulgare.

      Schwartzmann continue à surprendre avec son courage, son jeu de contre et tirer son épingle du jeu à un degré que n’ont jamais réussi les Rochus dans un tel champs est proprement sidérant. En plus, ce n’est pas un phasme emmerdant à voir jouer.

      Djokovic est encore une fois favori même s’il ne fait pas rêver du tout.

      Chapeau à Ruud qui exploite bien ses armes et devient le meilleur jouer norvégien de l’histoire, belle présence mentale pour battre Berretini.

      L’Italien me fascine par la surpuissance de son coup droit, une vraie massue de Rahan. Alors qu’il fait la même taille que Medvedev, Tsitsipas ou Zverev il dégage une force bien supérieure. Evidemment sa mobilité n’est pas comparable aux précédents mais impressionnant de voir les différences qu’engendrent les constitions.

      • Paulo 21 septembre 2020 at 20:24

        Berrettini, c’est le nouveau Del Potro, niveau patate en coup droit. Il lifte davantage que l’Argentin, mais sa balle est vraiment très lourde, une vraie massue comme tu dis. Je ne pense cependant pas qu’il montera aussi haut que Del Po, parce que Del Po est (était ?) capable de très bien défendre malgré son gabarit, et l’Italien est clairement mal en l’aise en défense.

        Sinon, Djokovic a encore remporté la finale, c’est d’un ennui… j’espère vraiment qu’on va avoir un nouveau vainqueur à Roland cette année, et que les jeunes vont se relayer pour pourrir la vie aux anciens, jusqu’à les éjecter avant la finale. D’ailleurs avec Shapo membre du top 10, ça nous fait maintenant 5 membres de la next gen dans le top 10 + Thiem, et « seulement » 4 trentenaires.

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