Le tennis selon Deleuze : Borg ou la révolution prolétarienne (les aristocrates survivent en nous)
Albert Camus célébrant le football comme lieu privilégié d’apprentissage de la vie (« Tout ce que je sais de la morale, je le dois au football »), Gilles Deleuze consacrant la lettre T de son Abécédaire posthume (enregistré en 1988 et diffusé huit ans plus tard) au tennis, il fut un temps où penseurs et philosophes trouvaient en les sports matière à réflexions et cherchaient à déceler derrière les mouvements du corps ceux de l’âme.
Note : les termes et concepts directement imputables à Deleuze sont en italique. Le texte dans lequel ils sont insérés est un développement personnel basé sur ses réflexions.
Précieuses d’abord par leur rareté (Spinoza a été très peu loquace sur le sujet et Socrate préférait le football), les réflexions consacrées au tennis du philosophe Gilles Deleuze (1925-1995), en plus de nous éclairer sur les étapes et enjeux sociaux de son évolution historique, trouvent une résonance dans le débat récurent des spécialistes et amoureux du jeu autour de la question centrale du style et de son devenir.
A partir de 27’35’’ (incomplet) : http://video.google.fr/videoplay?docid=-9009902138061209670&hl=fr%7C#docid=366562715188197155
Retour sur l’origine, variation des attitudes du corps
Mouvement induit par la modernisation, l’avènement du sport en tant qu’activité de masse a dilué ses origines aristocratiques dans des valeurs issues du monde du travail, d’abord bourgeoises puis plus populaires à mesure que se développait une classe moyenne disposant de temps et de ressources.
En déposant son brevet d’invention en 1874, le major retraité de l’armée des Indes Walter Cropton Wingfield fit prendre l’air au jeu de paume monastique du treizième siècle déjà diffusé dans toute la noblesse occidentale et fleurir dans les jardins anglais filets démontables et lignes enroulables autour desquels Ladies et Sirs pouvaient satisfaire leurs instincts de jeu et de courses en un honorable divertissement. Wimbledon fut inauguré dès 1877 et l’Angleterre ayant alors une influence déterminante sur le monde, le Lawn-Tennis, adaptable sur à peu près toutes les surfaces (gazon, bois, ciment, sable ou pots en terre broyés pour peu que les jardiniers ne soient pas doués,…) se diffusa rapidement pour accoucher dans les années 1920 de ses premières stars (les Mousquetaires, Lenglen, Tilden) et qu’apparaisse déjà la scission entre amateurs et professionnels, révélatrice de la nouvelle donne sociale.
Mais si le privilège du droit au divertissement s’était élargi, si l’esprit du jeu avait évolué en parallèle, ses racines aristocratiques restaient inscrites dans sa technique et sa philosophie, au point que son caractère profondément diplomatique est inscrit jusque dans son nom issu d’une formule de politesse (« tennetz » = « tenez », à l’engagement). Le beau coup comme le bon mot, règles et techniques furent donc inventées sous l’influence d’un souci d’esthétisme et d’équilibre, de valeurs morales fortes et d’une exigence de retenue physique.
Mais les attitudes et postures du corps, qui trouvent le domaine de leurs variations dans le sport, comme celles de la morale, allaient rapidement évoluer et il est probablement signifiant que le tennis fut poussé dans une ère plus physique et puissante, plus virile, par le dissident aux bonnes mœurs Bill Tilden et la déglinguée Suzanne Lenglen. Probablement faisaient-ils partie des créateurs, de ceux qui inventent de nouveaux coups et introduisent de nouvelles tactiques, et grâce auxquels l’histoire s’accélère.
Progressivement, les futiles préoccupations esthétiques du tennis se laissèrent donc pénétrer par des valeurs plus concrètes issues du monde du travail, jusqu’à en devenir un lui-même et que ses prétentions stylistiques fussent bientôt contrariées par la comptabilité (le tennis pourcentage) et l’usinage (le winning ugly).
Non sans douleurs ni conflits, comme nous le montre la perpétuelle résurgence de débats stylistiques existant déjà aux origines du jeu, comme quand Frank Harrow créa l’interrogation en inventant le lob lors de la seconde édition de Wimbledon, ou que Herbert Lawford prétendit en 1880 pouvoir battre du fond du court les offensifs frères Renshaw. On rabaissa le filet, on inventa le smash, et les choses suivirent doucement leur cours avant que ne souffle en 1968 le vent de la libéralisation des consciences et de l’économie.
Prolétarisation du tennis et invention d’un nouveau jeu
C’est à cette passionnante période de transformation brutale en sport médiatique de masse du tennis que s’intéressa particulièrement Deleuze, à ce tournant de la prolétarisation qui s’incarna et se précipita en une figure quasi messianique. Car cette démocratisation ne se serait pas faite s’il n’y avait pas eu un génie en même temps (que la variation des attitudes du corps), Borg, qui a amené et crée de bout en bout le style d’un tennis de masse.
Créateur du tennis de masse, inventeur total d’un nouveau jeu, Borg est exactement comme le Christ : un aristocrate qui va au peuple. Et la rupture des principes aristocratiques du jeu plat prendra forme dans le jeu de fond de court et le lift (que n’importe quel prolo ou petit cadre peut comprendre) ! Un jeu qui acceptait la souffrance, célébrait la patience plutôt que le panache et l’humilité du laborieux plutôt que l’arrogance du privilégié.
Et surtout, reproductible, car si en vrai créateur il évoluait sans cesse guidé par son exigence, Borg pouvait être suivi par les non-créateurs, qui s’ils portent comme Vilas et Lendl le style à une puissance inégalée n’ont pas la même valeur. Assumant seul le poids du changement, le sportif le plus connu du monde dans les années 1970 avec Ali et Pelé, avec son air christique et drapé dans son extrême dignité, dut faire face à une pression à laquelle il ne put résister (et difficile à quantifier dans le débat GOATique).
Contre-révolution et survivance des principes aristocratiques
Mais ne pouvant se laisser balayer sans résister par ces nouvelles évangiles tennistiques, les principes fondateurs du tennis allaient trouver leur pharisien en un anti-Borg, un combattant ultime du nouveau jeu, le pur aristocrate John McEnroe, au service égyptien et à l’âme russe, lui aussi un créateur qui inventait ses coups et qui savait, luxe de la noblesse et reflet de l’extrémisme de sa lutte, qu’il ne pouvait être suivi (techniquement).
S’appuyant sur le postulat aristocratique du refus du lift à travers sa prise unique, celui que l’on tenait pour le plus impétueux des rebelles, Johnny le Rouge, faisait ressurgir en un anachronisme fulgurant une tradition en péril d’éclat et de désinvolture. Loin d’être issue de capacités physiques supposément limitées, la tactique du New-yorkais était une posture de classe et transpirait de tous ses pores du refus de suivre les évolutions des attitudes du corps, du dédain à l’égard de l’effort et des valeurs ouvrières. Rétif à l’entraînement, à toute violence contre son corps, il entendait s’imposer sur son seul talent, sans même frapper la balle, en la posant simplement, fermant la porte par sa singularité à toute velléité de schématisation, et donc de reproduction marchande.
Malgré son comportement provocateur (des recharges nerveuses, l’expression de l’âme), le tennis ne put se passer d’un homme poussant si loin les concepts originaux qu’on les pensa être définitivement rétablis lorsqu’il fit vaciller puis crucifia le Christ lifteur auquel l’autre missionnaire du refus de l’effet, Jimmy Connors, jamais meilleur qu’en déséquilibre, n’avait pu résister.
Et alors que le successeur Wilander se qualifiait ouvertement d’ouvrier et que Lendl, avant d’inspirer bientôt à Becker le sentiment de se rendre au bureau en l’affrontant, noyait ses errements dans la mécanisation de son être, le conservateur fils d’avocat mettait toute son âme à restaurer les traditions en péril du double et de la Coupe Davis, et à fustiger à longueur d’interviews le manque d’éducation d’une génération de lifteurs ne prenant même pas la peine de se rendre au pèlerinage annuel londonien.
La lutte finale
Borg le créateur avait ouvert la voie à une simplification vers l’efficacité et le sécuritaire, à une reproduction désormais pleinement justifiée par l’entrée du tennis dans son ère marchande et qui allait atteindre son paroxysme (ou pas ?) en les nouveaux concepts d’un militaire fils d’immigré italien. Le fossé ainsi créé entre les amateurs d’un style valeureux basé sur l’engagement physique et les tenants d’un héritage technique essentiellement basé sur le timing, la fluidité du rythme assurant plus que la force la fulgurance, trouvait un terreau fertile dans le bouillonnement des années 1980, la plus-value esthétique généralement accordée à la tradition sonnant bientôt comme un quasi acte de résistance à l’uniformisation (y compris mentale) du tout-professionnel.
Car bien sûr, la bataille n’est plus de classe, les valeurs se sont interpénétrées et le tennis porte en lui la fusion des deux mondes, mais les diverses conceptions techniques issues de cette rupture historique continuent de coexister, la marque des origines subsistant pour nous rappeler malgré la professionnalisation extrême que sa disparition sonnerait probablement la fin du spectacle. Mieux, la quasi victoire du jeu sécuritaire a rendu plus visibles encore les traces de résurgence du passé, identifiant quiconque n’utilisant pas la force pure mais la fluidité comme porteur, même malgré lui, de valeurs non marchandes paradoxalement indispensables à cet univers ultra professionnel (l’attitude d’un Richard Gasquet, loué pour sa technique mais ne parvenant pas à s’adapter aux contraintes professionnelles, apparaît ainsi cohérente). Car le circuit féminin nous en a donné l’illustration, la reproduction à l’infini d’un schéma validé comme le plus productif, transmis donc préférentiellement, amène à l’essoufflement d’un concept commercial ne pouvant se passer de l’esthétisme de la gestuelle classique et de la fantaisie inhérente.
Aujourd’hui, Federer et Hénin vs « the rest of the world » nous rejouent la lutte des classes avec une intensité d’autant plus grande qu’elle touche à la sublime révolte en pays perdu. Tous deux par leurs succès contredisent la justification par le darwinisme de l’évolution et dévoilent la nature conformiste d’une conception obsédée par l’efficacité. Face à la menace de simplification des techniques et des tactiques, l’espoir de voir s’imposer le Suisse en terre parisienne se teinta après l’échec de Nadal d’une ferveur quasi religieuse, d’une fébrile excitation à voir enfin briller dans le temple borgien des laborieux une part d’art et de beauté.
Car vidé de sa substance esthétique de base, abandonné au mercantilisme, il n’est pas sûr que le tennis présente le même intérêt. Mais ayons avec Deleuze, qui dans l’imbrication des éléments historiques, de l’évolution du rapport au corps et du rôle fondamental des créateurs assimile tout à fait l’évolution des sports à celle des arts, confiance en la puissance de la vie et en sa capacité à faire surgir de nulle part les génies.
Aujourd’hui, marque savoureuse de la résistance de l’aristocratie, Roger Federer choisit ses épreuves, ne convoque l’excellence que dans les plus grands stades, vient aux Masters uniquement pour administrer à un immature et arrogant prétendant une charge psychologique bien utile à peine deux mois plus tard…

Où est donc Zappa – peut-être est-il ici sous un autre nom? – le grand spécialiste de Deleuze sur feu voxsport? Et les quelques autres qu’on ne voit plus?
Toujours intéressant de voire les analyses des années 60-70, longtemps après. Analyses forcément un peu dépassées, car la lutte des classes tout le monde s’en fiche aujourd’hui, lutte Nord-Sud et mondialisation oblige.
Evidemment Deleuze a tort, Borg ou pas le tennis se serait démocratisé, télévision oblige. D’ailleurs on a joué au tennis parce qu’on l’a vu à la télé et pas grâce à Borg.
Mais force est de constater que son opposition entre masse et race, entre élité et peuple, etc, est pertinente.
Le tennis est plus du côté de Nietzsche, mort de Dieu, donc l’homme c’est dieu, et, de la représentation « cathartique » -si cela a du sens- d’une partie, Dieu, Federer donc, va nous libérer de nos craintes en représentant les siennes. Federer est un surhomme.
Parfois, car il chiale aussi comme un Gasquet, il perd contre des Benneteau.
C’est plus du côté de la guerre qu’il faut chercher. D’ailleurs Llodra et sa tête de Bourvil, Monfils la terreur, et Richard Koka, joker de luxe vont battre l’ennemi séculaire allemand, grâce à la ligne Maginot. Boutons les teutons hors du royaume, par delà l’Alsace et le Lorraine, dans cette très vilaine ville de Toulon.
Bel article, Deleuze tu maîtrises moins que McEnroe quand même.
Du bon, du bien écrit par le Prince Jean.
Je m’autorise (avec la permission de l’auteur, hein Lionel) un lien sur un sujet contingent et … contondant par les comm’ suscités à l’époque.
ça permet de retrouver Zappa
http://www.sportvox.fr/article.php3?id_article=23985
Comme quoi, un article franchement moyen – de moi tiens – donne de grands commentaires. Il avait bombardé du Deleuze sur pas mal d’autres articles. Zappa si tu nous entends, reviens-nous!
Je vois qu’on élève le débat. Et Shakira alors, on n’en parle plus ?
Non je ne sors pas tout de suite. Juste le temps de dire que c’est un article intéressant qui fait réfléchir. L’association – Borg / revers à deux mains / masses laborieuses – et puis – Mac / refus du physique / aristocratie – me paraît encore frappante de vérité. Rajoutez Federer et Nadal là-dedans et ça reste confondant.
Ca sort des sentiers battus. En plus ça parle de Mac. Bravo.
« Je vois qu’on élève le débat. Et Shakira alors, on n’en parle plus ? »
premier sourire de la journée après une nuit pourrie, merci Ulysse.
Ah la la magnifique texte de Jean auquel je n’ai rien compris et donc je souscris totalement. Tant que c’est bien dit le peuple suit, la forme a plus d’importance que le fond!!
Plus sérieusement le tennis me semble fortement et inextricablement imbriqué dans les époques qu’il traverse, comme le sport en général. Le sport est le reflet de la société et de ses aspirations, répond présent quand elle se tourne vers lui et lui confie ses angoisses.
J’ai une explication plus religieuse que sociale de ces événements. La ressemblance de Borg et du Christ n’est pas fortuite; la bible nous dit qu’il reviendra et nous sauvera le Christ, elle ne précise juste pas quelle profession il exercera et sous quelle identité il se présentera à nous. Et s’il était revenu tennisman et Suédois? La tâche étant trop ardue, Borg a simplement informé son employeur (Dieu) qu’il renonçait à accomplir sa mission et s’est barré à 25 ans, ayant fait énormément mais n’ayant pas réussi à convaincre tous les sceptiques. McEnroe et son culte démoniaque auront catalysé sa chute.
Dieu n’est pas découragé et a fourbi ses armes ; à l’alternative ouvrière et au modèle reproductible, il a troqué une icône intouchable en tout point meilleure que son peuple appelé à le suivre, il a envoyé Roger. Un sauveur fabuleux qui ne s’est pas fondu dans le peuple, qui n’était pas destiné à lui ressembler, qui devait volontairement se couper de lui et surnager bien au-dessus. Ce qui importait avec Borg c’était le message, c’était le fond. Dans la forme de son tennis Dieu l’a voulu comme nous et ça n’a pas payé. Avec l’archange Roger la forme a repris le dessus, l’espèce humaine se révélant finalement plus sensible aux vers dans leur beauté que dans leur sens. On a écouté le message de Borg, on l’a compris, mais il nous a lassés. Cette fois la leçon serait apprise à l’insu de notre plein gré, captivés par la démonstration dans sa chorégraphie, on resterait jusqu’à la fin de la représentation sans nous apercevoir que le message était assimilé.
Borg était un ouvrier, Fed est un artiste. Mais paradoxe frappant, l’aura, le côté christique, messianique sont du côté du tâcheron. La perfection esthétique et artistique a été vidée de son contenu charismatique. L’ère du politiquement correct prélève son dû.
Tennis et société. Fond et forme. Nous sommes à l’ère du jetable et du futile, de la course à la technologie sans but, où l’innovation est une fin en soi; on trouvera bien des applications à nos inventions qui pourront intéresser les moutons de panurge (ou chalands). Le symbole de cette frénésie consumériste mais d’abord créatrice ce sont ces stations multimédias qui tiennent dans la main et combinent le son, l’image, la photo, grillent le pain et promènent le chien et dont on ne sait plus trop si ce sont des walkmans, des lecteurs vidéos portatifs, des consoles de jeu ou des moyens de se connecter au net. On s’y perd mais on s’y attache. Le futile devient utile. C’est l’heure de la téléréalité, où la célébrité est aussi éphémère qu’elle basée sur du vent. C’est Paris Hilton qui est une star planétaire… qui ne sait rien faire!!! Et qui n’a pas de réelle profession. Elle est célèbre, c’est devenu un métier. C’est Gaël Monfils!!! Pourquoi lui? Je suis en phase d’approche de début de commencement de rédaction d’un papier sur lui que je dois au boss depuis des lustres. J’y travaille, c’est le pitch que je lance là.
J’avais lu, il y a longtemps, un texte de Daney qui relevait les mêmes éléments que Jean soulève dans son – excellent car lisible – texte.
Outre le fait qu’une Révolution, sportive ou non, ne peut se produire que contre un ordre établi, un dogme ou un paradigme, il importe que le nouvel ordre ne se contente pas de prendre la place de l’ancien système, mais se doive de réinventer un nouveau modèle (de vie, de société, d’attitude du corps). En ce sens, le terme de révolution, galvaudé car utilisé à tort et à travers (en quoi un nouveau rasoir, parce qu’il comporte 3 lames, est-il révolutionnaire ?), ne peut plus être employé pour le tennis depuis Borg justement.
D’autre part, une révolution, quelle qu’elle soit, n’est jamais aussi marquante (belle ?) lorsque l’ancien ordre bouleversé, écarté, conspué, se rebelle, se bat pour survivre, lutte pour sa conservation. Lors de l’avènement de la méthode Borg, que Lendl et d’autres ont ensuite instauré comme seul paradigme dominant, le refus d’un McEnroe a permis à une autre génération, qualifiée un peu pompeusement d’artistes, de se poser contre. D’incarner, malgré un conservatisme revendiqué (le beau geste contre le laborieux), une certaine forme de résistance et de modernité. Cet autre « côté » (les hommes aiment toujours séparer le monde en deux), minoritaire, élitiste, presque monastique, suscite, grâce à des représentants charismatiques possédant l’Attitude, fascination et aversion. Ils sont les Autres, admirés pour leur grâce et leurs succès, mais détestés pour leurs soi-disant privilèges
Subtil retournement de situation qui inscrit les gardiens de LA tradition, voire d’une certaine morale inscrite sur les tablettes, comme ceux qui savent, qui détiennent la Vérité.
La remarque de Lionel est, en ce sens, révélatrice de cet état d’esprit. En appelant au surhomme, à l’ Übermensch (merci mes cours de philo) qui représente une espèce d’idéal impossible, une volonté de transcender le nihilisme vers un idéal d’Humanité, on ne fait qu’appeler de ses vœux la suprématie de l’ancien dogme aristocratique, celui qui transfigure, qui touche à l’exceptionnel, sur le dogme prolétaire, accessible à tous et par définition banal au sens premier du terme.
Un beau débat, qui mériterait de se tenir autour d’une bonne bouteille un soir d’été (avant bien sur de regarder la vidéo de Popeye et Shakira).
Bonjour je m’appelle Chewbacca et j’ai rien compris.
Les prolétaires auraient-ils tiré vers le bas la substance même du tennis ?
J’en sais rien ,ce que je sais par contre c’est que le tennis post- 60 était une matrice ou évoluait une majorité de Flamant Rose au tennis académique et lisse et libéré de toute les contraintes physiques et techniques qui interdisait une évolution une démocratisation ou plutôt une émancipation de ce sport.(on dit la même chose?)oui mais toi c’est mieux..
Le prolétaire et son lift a posé une équations insoluble qui malmena la bourgeoisie en la faisant passer par la même occasion pour une sombre idiote . Si bien que l’on peut considérer aujourd’hui que le prolétaire s’est mué en génial savant..
Étrange parabole non « allégorique » qui nous emmène vers une lutte des classes que je n’avais jamais saisi sous cette forme bon en même temps je suis un wookie et je n’ai jamais saisi les subtilités de la philosophie « humaine ».
Chez nous le débats profond se limite à la bouffe ,les wookienttes et vieillir sans cheveux(poils)blancs.
Kiss Poisson…..
T’as passé une nuit pourrie Karim, mais qu’est-ce que t’as pris après ? Je ne sais pas ce que c’est mais j’en veux aussi !
J’ai apprécié comme toi le coté jubilatoire d’un représentant des ouvriers calme, distingué, respectueux, travailleur tout en retenue en opposition au superbrat de la classe dominante. Ca correspond à beaucoup de la réalité que je perçois.
Le paragraphe pilote de ton papier Monfils joue bien son rôle. On a envie de voir le reste. Je suis sur qu’il y aura Shakira démontrant le mélange iphonesque croissant des genres et des fonctions dont Monfils est finalement la parfaite représentation. Car finalement en plus de tous ses talents, Gael affronte régulièrement des joueurs de tennis et avec grand succès puisqu’il tutoie depuis un bon moment le top 10 !
L’angle d’attaque sera que Gael s’improvise star du tennis sans s’embarrasser du palmarès. la forme avant la fonction. la victoire du futile sur l’utile, perdre la rencontre mais en donner au public. prendre une rouste mais faire le point de la semaine. être célèbre, passer sur les plateaux télés, être une star du sport. même et surtout sans gagner.
ce que j’ai pris? ça s’appelle le délestage mon p’tit père. inadéquation entre offre et demande en électricité, vétusté des infrastrutures et zéro investissements, coupures de courant prévues jusqu’en mai au minimum. Depuis une semaine je déguste tous les soirs de 18:00 à 01:30, bref chez moi y’a du courant uniquement quand j’y suis pas!!! Et quand il fait 30° la nuit et pas un souffle de vent, l’activité favorite c’est la sudation. Tu veux essayer?!!!
Finalement, Gaël, c’est un peu un Kournikova mâle
Oui je ferais bien un peu de sudation la nuit sans en passer par des folies avec mon corps. Tu as vu mon adresse e-mail ? Y a marqué « uk » à la fin et on est en mars…
Oh la mauvaise langue!!
Il a fait beau toute la semaine!
C’est un article que je trouve, comme Karim, remarquablement écrit sur la forme, intéressant sur le fond, même si pourtant je ne souscris pas à certaines de ses interprétations.
On pourrait, en particulier, discuter de la définition de l’aristocrate ou de l’aristocratique. Si on en retourne aux sources, l’aristocrate est celui qui ne travaille pas pour gagner sa vie, qui n’a pas besoin d’être au service des autres pour gagner sa vie, et qui a une activité noble : la guerre, les affaires de la cité ou du pays, la haute finance aussi, mais surtout pas les métiers manuels.
Borg a fait émerger une nouvelle approche du jeu, beaucoup plus pro, c’est clair. Mais si on se réfère à son époque, il y avait déjà des super crocodiles de la terre battue, notamment Vilas. Borg ne peut donc selon moi pas revendiquer seul la paternité da la filière des lifteurs sur TB.
Par ailleurs, peut-on caractériser de prolétaire les styles de jeu hyper-sécurisés par opposition aux jeux à prise de risque qui seraient aristos ? Je ne trouve pas.
Et puis, par ailleurs, Mac colle très mal avec l’idée que je me fais de l’aristo, notamment à cause de son comportement de superbrat. Mac, c’était plutôt l’incarnation du fils de moyen-bourgeois new-yorkais mal élevé, le rebelle qui était en effet bien dans l’air du temps de la fin des années 70-début des années 80.
Bien que d’origine plus modeste, Borg, tout en retenue et en maîtrise avait selon moi bien plus les traits de l’aristocrate que Mac.
Mac, dans mon esprit, c’est plutôt l’artiste de génie façon Mozart (le vrai, pas la pub pour Shampooing dont le jeu est du Richard Gascleyderman bien plus que du Mozart) de Milos Forman. Mac, c’était à la
Jamais un noble ne s’abaissera à tripatouiller l’argent comme un vil bourgeois ou un Juif !
Le noble est prodigue et dilapide, ce n’est pas un bourgeois ou un prolétaire craintif et parcimonieux, Jérome.
Erreur Antoine. Le noble français, oui. Mais le noble britannique a bien évidemment mis les 2 mains dans la finance. Et si tu remontes à la mère de toutes les noblesses européennes, la noblesse romaine, c’étaient souvent des financiers hors pair. Ils ont inventé la réassurance entre autres choses. Certes, ils n’étaient pas DG du fond d’investissement, mais ils étaient impliqués dans un tas de coups financiers.
Ce qui n’était, bien sûr, pas incompatible avec des dépenses somptuaires pour s’attirer les sympathies du populo.
Oui, c’est pour cela que les britanniques ne sont que des boutiquiers..! Quand aux romains, c’était tout ce qu’on veut, sauf des nobles. Plutôt des ploutocrates…Parler de noblesse avant le moyen âge n’a guère de sens de toute façon..
Jérôme,
la différence français/anglais que tu décris dans le rapport de la classe dominante à l’argent est en fait plus généralement typique de la différence catholique/protestant. La noblesse romaine n’est un ancêtre commun encore non différencié. Cette distinction fait apparaître une classification toute autre.
Nadal et Djokovic avec leur clan familial sont représentants des valeurs catholiques, respectueux de l’autorité mais pas des règlements, informels dans leur communication, instinctifs dans leurs réactions.
Borg était avec un peu le même style de jeu que Nadal un archétype de protestant. Tout doit être maîtrisé avec lui.
Federer est inclassable. Attachement catho au noyau familial cavec sa mère directrice de sa com, sa Mirka garde du corps et son attachement au tournoi de Bâle. Planification de sa carrière, ses saisons et maîtrise de sa com typiquement protestantes.
Par contre le revers à une main est pour moi un geste catholique, alors qu’à deux mains il est protestant par son caractère plus maîtrisé, reproductible, prévisible, conforme à un standard.
McEnroe bien sur échappe complètement à tout ça. Borg ressemble à Jésus mais Mac peut marcher sur l’eau…
La classification retenue est originale ! Je ne souscris pas audit classement mais c’est amusant !
Le noble tel que décrit par Antoine, pouvait mourir partout.
Au siège de Saint Jean d’Acre comme à Azincourt..mais surtout pas dans son lit et encore moins comme gestionnaire de ses domaines, y’avait des régisseurs et métayers pour ça.
De toute façon, seul l’ainé héritait du domaine , le suivant était pour l’Eglise.
Les autres , désargentés, n’avaient pour toute fortune que leur destrier et leur épée avec lesquels on vit vite et on meurt jeune.
Rien de tel que de dilapider vie et biens pour tenir son rang.
La thésaurisation est d’abord fille de la bourgeoisie corporative des cités.
oup !
… à la fois la face génie musical de Mozart et la face scato du personnage dépeint par Forman.
Là où je ne suis pas, c’est sur l’idée des joueurs aseptisés aujourd’hui contre les riches personnalités d’il y a 30 ans. Aujourd’hui, tout le monde sur un plateau télé se la pète façon Ardisson avec pour résultat que c’est la pseudo-impertinence préformatée qui est devenue politiquement correcte et insipide.
On ne balancerait pas autant de vannes sur Murray, Monfils, voire Djoko, et en d’autres temps Hewitt, s’ils étaient lisses et sans personnalité. D’ailleurs, sur un court de tennis, si j’avais eu un type qui se comportait comme un sale con, ce qui était le cas de Connors et Mac Enroe, je lui aurais dit de se la fermer faute de quoi on interromprait le match pour se retrouver à Bastille. C’est aussi parce que les autres joueurs n’ont pas su réagir ou n’ont pas eu les roustons pour le faire que les directeurs de tournois ont aussi longtemps toléré les outrances inacceptables de ces 2 joueurs (entre autres).
J’ai, enfin, du mal à considérer Borg comme l’incarnation du tennis de masse/prolo dans la mesure où je trouve que Borg a au final très peu été imité.
Ceux qui me semblent finalement avoir le plus influencé le tennis actuel, ce sont plutôt Lendl et Agassi, sans oublier bien sûr l’évolution du matos.
Même Nadal est plutôt une exception.
En revanche, je souscris complètement à la manière dont Jean rend compte de l’impact qu’a pu avoir sur le tennis et sur le fait qu’il en a été la première icone mondiale.
Certes, le mouvement était lancé, mais Borg y a aussi contribué et n’en a pas seulement été le bénéficiaire passif : il l’a accéléré.
Et sur ce plan, on retrouve des points communs entre l’icone passée Borg et l’icone actuelle Federer.
A l’époque de la révolution sexuelle, Borg venait d’un petit pays considéré comme à la pointe du mouvement … si je puis dire ! A l’époque de la financiarisation, Federer vient d’une des plaques tournantes de la finance mondiale.
Autre point commun, Borg comme Fed sont ressortissants d’un petit pays. Et je crois qu’il est plus facile de toucher à l’universel, de faire adhérer le monde entier quand on n’est pas le prophète national d’un grand pays. Federer comme Borg, même suisse et suédois, ils sont cosmopolites, citoyens du monde. Alors que Connors, Mac, Sampras et Agassi, c’étaient d’abord des ricains et on sait à quel point les américains ont le patriotisme ardent.
Détrompes toi Jérome: Lendl, Agassi, ce sont des fils de Borg..
« A l’époque de la révolution sexuelle, Borg venait d’un petit pays considéré comme à la pointe du mouvement … si je puis dire ! A l’époque de la financiarisation, Federer vient d’une des plaques tournantes de la finance mondiale. »
C’est fulgurant, ça. Par contre, de Wilander à Nadal en passant par Chang et Bruguera, j’avoues ne pas comprendre comment tu peux trouver que le jeu de Borg n’a pas été imité.
Oui, ok pour ce coup-là mais il faut se méfier des parallèles hasardeux.
Quand Chang remporte RG en 89, on nous assome avec les émeutes de Tian’anmen et le « printemps de Pékin » aussi porte d’Auteuil.
Des coups pareils, je préfère oublier les révolutions..surtout quand c’est pour détruire Edberg en finale.. un printemps de m..de , oui!
Surtout qu’en Chine, en fait, rien n’a changé…
Je voulais dire pas durablement. Le tennis puissance a complètement éradiqué le tennis borgien dont Wilander a pu être l’héritier.
Pour moi, la principale pierre posée par Borg à l’édifice, c’est le travail mental, la concentration, et une préparation physique qui n’était pas aussi rigoureuse avant lui. Mais sur le plan de la préparation physique, quoi qu’on en dise, le prophète principal c’est Lendl. Pas Borg.
Chang, j’ai du mal à en faire l’héritier de Borg. Il courait certes comme un lapin, liftait, encore que pas tant que ça. Mais ça ne suffit selon moi pas à en faire un héritier. Et puis Borg, c’était quand même un gars qui était capable de dominer le gazon londinien pendant 5 ans. C’est aussi ça qui fait le caractère exceptionnel de Borg. Borg n’était pas qu’un lifteur de TB. Rien à voir entre Borg et Bruguera, ni même d’ailleurs avec Nadal. Borg adaptait bien plus son jeu.
Je suis bien sûr d’accord avec la thèse de Deleuze que Jean résume brillamment dans cet article qui sort de la production habituelle de 15 Love, tentative sans doute vaine d’élever le débat parmi les tâcherons que nous sommes..
Les plus jeunes ici ne peuvent pas bien imaginer ce que Borg a été, et représentait, et je suis sûr qu’en écrivant cela (ah, le vieux con s’agite encore..) ceux qui ont mon âge ou à peu près comprennent tout de suite ce dont il s’agit.
Bien sûr, la diffusion de la télévision est la cause essentielle de la démocratisation du tennis, encore fallait il que dans son poste alors pourri on y voit qq chose ou plutôt quelqu’un d’extraordinaire. Et ce type, cela a été Bjorn Borg qui fait entrer le tennis dans l’ère moderne en 1974. C’est la première star planétaire du tennis et dès l’année précédente à Wimbledon ou il atteint les quarts à 17 ans, les foules d’anglaises hystériques se massaient sur son passage comme leurs soeurs années le faisaient quelques années plus tôt avec les Beatles.
Bjorn Borg était bien la réincarnation de Jésus Christ, la ressemblance physique était d’ailleurs frappante; les propos toujours rares et doux; jamais un signe d’énervement, de découragement ou d’agacement; jamais de fautes non plus, ou si peu…jamais une goutte de transpiration, ou si peu..Un coeur qui bat à 38 pulsations par minute, un extraterrestre par conséquent..
Il y a avant et un après Borg…C’est le joueur dont l’influence a été, et de loin, la plus forte, la plus durable. Il a redéfini les fondements même du jeu et accompli en si peu d’années tant d’exploits qu’il demeure un candidat crédible en tant que GOAT..
Je détestais son jeu…
La photo suggère tout de même une image subliminale très contrastante.
On voit ce Viking conquérant et racé, à la jeunesse insolente, au sourire angélique et au regard d’acier. Cela pourrait être une icône christique de vitrail, on est prêt pour le recueillement mais…
Il domine d’un balcon suggéré, d’où il contemple, me semble-t-il, son oeuvre sur le tennis comme sur les décombres de Beyrouth ou de Stalingrad. L’ordre ancien renversé.
Du haut de mes dix huit ans, je contemple les ruines de 100 ans d’Histoire du tennis…
Le quartier historique rasé par les bulldozers et déjà s’élèvent à l’horizon les 1ers cubes.. « néo-staliniens » de l’homo tenniscus standardisé du futur… d’Ostrava peut-être?
Du passé, faisons table rase.
35 ans plus tard, la nostalgie aidant du power flower des 70′s et sa révolution de velour, la Légende Borgienne demeure mais cette inquiétude s’estompe, après la terreur Lendl et sa main de fer.
Dieu merci, les 2 autres cathédrales Goatiques des temps récents, ilots de mémoire, n’ont pas élevé leurs flèches sur ses fondations.. mais qu’en sera-t-il de l’avenir?
La sentence Deleuzienne qui veut que le génie ne demande l’avis de personne pour s’exprimer, indépendamment de tout moule préfabriqué permet d’espérer que ça peut sortir de nulle part sans prévenir. Mais ça sera toujours, par la force des choses, au compte goutte.
Comme le rappelle Cochran, la révolution tennistique n’a pas la finalité en soit de renverser l’ordre établi, mais de proposer quelque chose de meilleur.
Comme tout sport de spectacle, médiatisation oblige, la performance et les résultats sont salués..mais l’oeil veut sa part.
J’aime beaucoup cette photo et le symbolisme que tu décris. Et grands mercis à Maître Colin pour le montage.
Merci pour vos réflexions. Il est vrai que les thèses de Deleuze avaient déjà été abordées ailleurs, cela ne me parlait pas beaucoup puisque je n’en avais pas pris connaissance.
En vrac : contrairement à Lionel, je ne pense pas que l’on puisse séparer les hommes des évènements et que le tennis aurait connu le même essor sans Borg, sa gueule de Christ, son charisme à humidifier dans la seconde une réunion Tupperware et son jeu extrêmement inventif. C’est cela qui est intéressant et qui rapproche de l’art, la capacité d’invention.
Sur Nietzsche, bien que je connaisse peu, c’est l’ensemble de la société qui me semble engagée dans ses concepts bien pratiques. Dieu est mort non pas parce que de faux concepts auraient été dépassés par la raison, mais parce qu’on ne peut pas acheter d’I-pod dans une église. C’est du matérialisme brut qui n’explique rien mais tout cela est intéressant. Même si je ne suis pas un scientifique, j’essaye de suivre un peu l’évolution de la physique quantique et de voir de quelle manière l’ensemble de la communauté scientifique gère ses contradictions. Comme dans tous les milieux : en tentant de faire prévaloir un système rentable qui permette une application commerciale, même s’il n’explique rien. L’intéressant est que la physique quantique (et de plus en plus la neurophysiologie) redécouvre ce que le Védisme, le bouddhisme ou diverses sortes de chamanisme affirment depuis des millénaires : il n’y a pas de différence entre l’observateur et la chose observée, pas de séparation entre l’intérieur (le Je, le fini) et l’extérieur (le Je divin, l’infini).
L’aspect qui me semble le plus important de la théorie de Deleuze est cette opposition entre le reproductible à grande échelle (Borg et le lift) et l’irreproductible (Mac et le jeu à plat). Le tennis étant une activité commerciale à part entière, il crée aujourd’hui des modèles uniquement basés sur la rentabilité et où la création et l’inspiration n’ont plus aucun rôle. L’inspiration, c’est ce lob de revers d’Edberg à 4-4 cinquième contre Becker, la rentabilité, c’est cette spécialisation taylorienne (le concept du coup unique de Bollettieri), cette mise dans la boîte la plus sécuritaire possible.
L’économie ne réfléchit pas longtemps pour faire son choix, aujourd’hui, alors que le modèle classique de Federer est tennistiquement (on ne peut plus dominant), c’est paradoxalement l’aspect le plus sécuritaire de la technique qui est promotionné par le système, les interviews des différents techniciens étant à cet égard édifiantes. Jusqu’à se tirer une balle dans le pied (WTA). Le modèle de Federer ne sera pas suivi, au moins officiellement.
Je l’ai déjà dit, mais je crois bien plus en la répétition d’un réflexe sécuritaire qu’en une réelle question d’efficacité pour expliquer l’évolution du jeu. L’augmentation faramineuse des prize money en est en grande partie responsable, Murray et Djokovic ont déjà gagné plus d’argent que Connors, ils ne sont plus des individus mais des entreprises, avec manager, team et tout le tintouin. Cela change considérablement la vision de ce sport et les actes des tennismen, nous ne sommes plus dans la réalisation d’un destin individuel mais dans le carriérisme. Djokovic court le cachet, ni plus ni moins, et une rencontre contre Roddick évoque plus pour moi l’émission Strip tease de la 3 qu’un match de tennis : on film les gens dans leur milieu professionnel, les sardinières de St Gilles Croix de Vie, les ouvriers de General Motors, les tennismen…
Sur l’opposition de classe et son aspect symbolique (post de Jérôme), je reviendrai plus tard. Sam peut-il venir nous exposer à nouveau son excellente théorie de la balle qui pue ?
Petite pause, et fond d’écran pour Antoine : http://www.nicewallpapers.info/pics/music/shakira/shakira_005.jpg
Merci Jean, pour cette invitation à élever le débat sur Deleuze à coup de balle qui pue … (Ou, « le dédain artistocratique de Mac au moment de frapper la balle, comme si elle puait », pour décrire son esthétique si particulière). Je comprends maintenant !
N’oublions pas qu’Iggy Pop vote Républicains. J’me comprends, et je repasse. Bravo Jean.
Iggy Pop vote républicain ???? C’est vrai ou c’est une triste blague ?
Ca c’est du post ! Je suis assez content de voir que le texte pour le moins exigeant de Jean suscite du mouvement sur le forum. 15-Love c’est pas l’encéphalogramme plat quand même.
Une remarque tout de même :
« Dieu est mort non pas parce que de faux concepts auraient été dépassés par la raison, mais parce qu’on ne peut pas acheter d’I-pod dans une église. »
Et bien si. On peut acheter tout un tas de matos électronique à la boutique qu’on est obligé de traverser pour sortir de la cathédrale de Canterbury. Si ça c’est pas un triomphe du protestantisme avec son coté anglo-saxon décomplexé !
Si l’adresse MSN de Dieu est fournie avec l’I-pod, ça va relancer la fréquentation, voire les vocations…
C’est du sérieux !
Voici une image contrastée de l’aristo et du prolétaire.. qui a du longtemps traumatiser McEnroe…. peut-être à la source du génie contrarié… mais aussi par l’autre sexe.
Michel Blanc aurait dit d’ailleurs à Thierry Lhermitte (qui n’y comprenait rien): « J’ai eu une puberté que je ne souhaiterais pas à mon pire ennemi. »
http://2.bp.blogspot.com/_XyxYXeN3o5Y/SmDBFuBB3vI/AAAAAAAAADE/Pn_GnEPlqNo/s320/bjorn_borg_and_john_mcenroe_011.jpg
Mais bon, comme en toute chose; avec le temps, la lutte des classes (de la classe?) s’amenuise
http://www.govinsorel.com/images/John_Mc_Enroe_&_Bjorn_Borg.jpg
Hors sujet Francky mais tu as là matière à réfléchir.
http://www.google.fr/url?sa=t&source=web&ct=res&cd=1&ved=0CAgQFjAA&url=http%3A%2F%2Fdesencyclopedie.wikia.com%2Fwiki%2FJO_jedis&ei=n-6QS4GXEsqB4QbloMSCDQ&usg=AFQjCNFDcHVr4c2OxtfH1fl1btpPuw3l2g&sig2=KU3SI9isGRw61-J7VTFO2g
Head & Shoulders!!!
Gasquet est bien un Wookie, je le savais!
difficile de proposer une idée constructive n’ayant jamais eu deleuze en cours de philo… et ayant quasiment tout oublié du sujet à part le lointain conditionnement canin de pavlov ! je me lance quand même !
pour moi, cette démocratisation populaire tient bcp plus aux surfaces et aux joueurs qui ont appris à les dominer :
borg et l’iconisation façon beattles ou rolling stones et son jeu révolutionnaire qui permet de gagner sur la terre (prolétaire) comme sur le gazon (aristo)…
suivent le changement de surface de l’oz et de l’USO qui choisissent la surface intermédiaire (bourgeoise?) le dur où jmac et connors font la loi pas question d’y laisser gagner un borg…
en fait la passerelle du prolétaire vers aristo à laissé place à bourgeoise vers aristo avec sampras, et de façon moins marquée edberg ou becker… ceux qui ont dominé la terre, n’ont plus réussi à s’approprier le gazon jusqu’à fed et nadal.
fed a fait exploser le concept, ni complètement aristo (quoi que ses tenus wimb !!) pas prolo pour un sou (sauf dans les vestaires, il parait !), fed c’est la bourgeoisie conquérente (bien propre sur elle, jamais le mot de travers), celle qui veut tout gagner sur toutes les surfaces, il a fini par faire une synthèse entre le jeu esthétique et ses nécessités sécuritaires pour dominer.
Fed a bien plus inspiré la jeune génération avec son jeu complet et multi surface que les lointains lifteurs de l’époque de borg, ou les attaquants post jmac…
fed a irrémédiablement penché du côté sécuritaire (le côté obscur, me diront certains) avec le profit qu’on connait… l’héritier de borg ?
» Fed a bien plus inspiré la jeune génération »
Federer encore en activité ne peut inspirer actuellement aucun joueur du circuit. A moins que tu aies un exemple à citer?
L’avenir nous dira si son tennis est source d’inspiration mais les précédents incitent à la prudence.
La tendance actuelle est tout de même à du Lendl, Agassi pur jus et pour la TB, globalement à l’école du lift renvoyeur.
Pour le côté sécuritaire de Fed, il n’y a bien que toi pour être rassurée par son tennis « pourcentage » lol, comme à IW, Miami, Rome ou Montréal
Sinon, je vois pas…
si je devais ne retenir qu’une seule chose qui a inspiré d’autres joueurs je dirai le slice, remis à la mode par fed : roddick, nadal et même djoko ont travaillé ce coup avec plus ou moins de bonheur et avec des résultats parfois inégaux.
Fed a imposé l’excellence dans la prépa, le côté mental et en faisant tomber certains reccords il a montré une voie à emprunter, tous n’ont pas le tennis de fed, mais je suis sure qu’ils ont essayé de copier ce qu’il fait de mieux. Son « rôle model » me semble indiscutable, même si on a pas encore vu un baby fed digne de lui.
Cela ne fait pas bien lourd quand même comme héritage de superbiquette…
Ok, mais j’entendais par « inspirer », à l’image de l’influence et la révolution Borg de l’article de Jean, pour les générations suivantes, sur le long terme.
Dans le meilleur des cas, dans 10ans, dans le pire des cas.. jamais.
Des contemporains qui s’adaptent , qui copient certaines phases ponctuellement, je n’appelle pas ça de l’inspiration.
L’excellence dans la préparation, c’est déjà Lendl ça, qui au-delà du préparateur physique avait aussi un diététicien et un psy….
Fed laissera forcémment une trace énorme pour les futurs joueurs, il ne en être autrement.
Quelle sera cet héritage, difficile à dire, mais je dirai la polyvalence, la non-spécialisation, la maitrise complète de tous les compartiments du jeu, sur toutes les surfaces. Je crois que c’est ça qui le caractérise le plus.
Je suis presque d’accord avec toi Damien quand tu indiques que l’héritage de Fed sera la maîtrise complète de tous les compartiments du jeu. Encore qu’on voit bien que, malgré son toucher incroyable, Fed à la volée n’arrive aujourd’hui (en 2001/2003 c’était différent) pas au niveau de Sampras, sans même parler d’Edberg et Rafter., notamment en matière de couverture du filet. Il est vrai que les joueurs galopent tellement vite et ont des matos qui les aident encore mieux à masquer leurs coups qu’il devient plus difficile de lire la trajectoire des passings.
Notre divergence tient à ce que, comme indiqué dans mon précédent comm, c’est trop compliqué de réussir un alliage aussi complexe pour que beaucoup s’y essaient.
Il y indéniablement une part d’exceptionnel dans son jeu, et donc par définition une part non reproductible.
La fluidité de ses coups, ça va être difficile d’intégrer ça à une formation de jeunes joueurs, je suis bien d’accord. Mais l’idée est là, et la démonstration de supériorité de sa technique n’est plus à prouver.
Je suis plutôt de l’avis du dernier post de Damien. Federer n’a pas vraiment de coup à copier, aucun geste caractéristique que les enfants peuvent s’amuser à imiter vu que ce qui le caractérise c’est la fluidité, le relâchement, l’impression de facilité… c’est dur à imiter. Et franchement quand je vois des jeunes garçons jouer aujourd’hui, je me dis que l’influence principale c’est Nadal!! Sa boucle de coup droit devient le must have du débutant de club. Sans compter le fighting spirit et le bandana…
Comme Franck, je ne trouve pas que Fed ait inspiré la jeune génération. Il a plutôt été le 1er de cordée d’une nouvelle génération de joueurs qui n’a grosso modo aucune faiblesse, ce qu’il disait très bien dans une de ses interviews d’après le dernier australian open quand on lui demandait son avis sur ses actuels jeunes concurrents.
Je ne vois pas en quoi par exemple Federer aurait apporté une évolution technique au tennis. Quand je vois Fed aujourd’hui, j’ai plutôt l’impression, avec son revers à 1 main, son jeu tout en variations plutôt qu’en répétition, son jeu en fluidité plutôt qu’en opposition/force brutale, d’avoir affaire à une exception ou à un survivant, façon Obi-Wan Kenobi qui, dans l’épisode 4, explique au jeune Luke que le sabre-laser était l’arme noble et élégante d’une époque résolue.
Comme d’autres l’ont dit plus haut et dans d’autres discussions, le problème, ce n’est pas que le jeu de Fed soit foncièrement supérieur : ça, c’est une quasi-évidence au vu de son palmarès et de ses performances. Borg est la seule exception puisque tous les autres prétendants GOAT avaient un revers à 1 main et avaient un jeu varié ou franchement tourné vers l’attaque.
Le problème, c’est plutôt qu’il est désormais statistiquement beaucoup plus difficile de former un champion avec ce style de jeu que de former un champion jouant du fond du court avec un revers à 2 mains.
Effectivement, si on veut maximiser les chances qu’a un jeune joueur talentueux d’arriver au top et d’y arriver vite, il vaut mieux choisir la voie la plus facile et la plus sûr : la 2ème.
Car encore une fois, la différence entre les contes de fées façon Starwars et la réalité, c’est que les contes de fées embellissent.
Quand Karim … euh Yoda … explique à Luke que le côté obscur n’est pas plus fort que le côté clair mais plus facile, plus séduisant, il omet de préciser que dans la réalité, ce qui compte c’est le résultat plus que la manière. Comme disait Enzo Ferrari : « pour arriver en 1er, il faut en 1er arriver. »
Et avec des Monfils et autre Gasquet, eh bien c’est comme si Yoda n’avait eu pour élève que Greedo et Jar-Jar Binks. Pas de quoi faire un maître du conseil des Jedi.
Je te suis complètement sur l’aspect investissement à long terme du revers à une main et retour court terme pour le revers à deux mains.
C’est même frappant de voir à quel point ces deux techniques marquent la césure entre le tennis-business et une autre conception du tennis.
Pour en revenir à l’héritage de Fed, je crois que la fulgurance de Fed, ses passings en demi-volée du fond de court, ou qui contournent le filet, ou ses contre-smashs depuis les bâches, etc… ne peuvent pas être son leg parce que non reproductibles. On ne s’entraîne pas à faire ça.
Par contre développer, à l’opposé de la copurse à la violence des 15 dernières années, un tennis anti-Karlssonnien, plus fluide, moins traumatisant pour le corps (et le revers à une main en fait bien partie), ça ça va surement rester parce que c’est réellement la seule façon de durer à haut niveau. En celà je ne mets pas 50 pence sur la longévité à haut niveau de Gael Monfils.
Apparté : je sais, j’ai cité La Monf’ dans cette discussion sur le leg de Federer. C’est le résultat d’un pari avec moi-même.
PS je viens d’ouvrir une nouvelle page coincée entre « inscription » et « post it » pour les adresses de live stream !
Bonne idée tes liens stream.
A 1ère vue, DP,Gonzo, Hewitt forfaits à IW.
gonzo reste au chili pour aider les sinistrés, il voudrait faire une petite exo à miami contre fed et rafa pour récupérer des fonds.
pour delpo, j’ai rien trouvé dans la presse argentine qui justifie son absence à part un poignet sous attèle depuis 15 jours
Enfin : la rubrique MJ !
La fréquentation du site va décupler ! Vendez vite vos actions Canal Plus, sauf bien sur la filiale Canal Plus Cote d’Ivoire qui continuera à prospérer à cause des modems 28K qui sont le seul moyens d’accès internet à Abidjan.
Finalement l’article de Jean ne pose qu’une seule question, l’inclassable Gael Monfils est-il plutôt le descendant de Borg ou de McEnroe? Pas évident hein.
Posée comme ça la question est déroutante.
- Gael descendant de Mac ça ne peut être qu’une blague, quoique assez mauvaise. Je reste calme. C’est bien parce que c’est Lionel.
- Gael descendant de Borg ça a un coté comique. Je dirais plutôt que La Monf’ c’est Borg qu’on a cloné, puis on a inversé tous les chromosomes avant que la cellule se développe. D’ailleurs je suis sur que Gael met Bjorn minable sur 100 mètres.
« D’ailleurs je suis sur que Gael met Bjorn minable sur 100 mètres. » Pas moi.
Oauis comme Leurfils devait essoufler Nadal avec son coeur de Kenyan…
Salut,
Article trop philosophique pour moi, d’autant plus que je n’étais même pas née à l’époque j’ai du mal à revivre avec les joueurs du passé.
Sinon, Monfils ou Leurfils comme j’ai lu ici, nous fait déjà un break, il adore ce genre d’ambiance. Il ne peut que gagner.
Autrement Wawrinka survit pour le moment.
Wahou quel article cher Jean! Je suis impressioné par cet exercice philosophico-sportif, même si j’ai pas tout compris.
Je n’ai vu jouer Borg que récemment, étant à peine né lors de sa carrière, mais grâce à vous notamment et à divers témoignages de profs de tennis entre autres, je commence à me rendre compte de l’impact incroyable qu’il a eu sur le tennis et sur le sport en général.
Ce qui me parrait clair c’est que c’est la 1ere vrai star médiatique de l’histoire de ce sport. Il a révélé ce sport au monde, incluant le monde que tu appelles prolétaire ou populaire.
Là où je suis moins d’accord, c’est sur le fait que McEnroe fût son pendant aristo. Certes, leurs jeux sont à l’opposé l’un de l’autre, mais McEnroe est pour moi la 2eme star médiatique de l’histoire de ce sport. Il a lui aussi grandement participé à la popularisation du tennis, son impact médiatique a été aussi très fort. Son approche du jeu était bien entendu très éloigné de celui de Borg, mais il a perpétué et continué l’oeuvre médiatique de Borg. En cela, il est lui aussi un populaire et non un aristo. Si on ajoute à ça son caractère, la façon qu’il avait de bousculer les codes, pour moi c’est clair qu’il n’a rien d’un aristo du tennis.
Sous l’angle purement tennistique, je perçois néammoins où tu veux en venir, l’irréproductibilité de Son tennis, l’improvisation qui semble imprégner son jeu, par oppisition à la régularité de Borg.
Encore bravo à toi pour ce moment de philo.
Très intéressante cette synthèse accessible à tous de la pensée Deleuzienne… le sieur est mort en 95, donc pour la suite de l’histoire il faut essayer d’extrapoler, ce que Jean fait fort bien.
Borg, plus que la « première star mondiale du tennis » c’est carrément la première star mondiale du sport, toutes disciplines confondues. Zatopek est arrivé trop tôt et en + il était du mauvais coté du rideau de fer; Pelé et Ali auraient certes pu faire l’affaire, ils avaient le génie et le palmarès pour, mais ils avaient un léger problème de couleur de peau qui leur interdisait de faire la « une » des magazines « grand public » de l’époque aussi souvent qu’ils l’auraient mérité, ou de dégotter de mirobolants contrats publicitaires qui aurait permis aux masses de voir leurs visages partout. Dans les seventies, Borg était non seulement en « une » des magazines sportifs, mais aussi des magazines « people », et par dessus le marché, dans un paquet de publicités.
Voir par exemple des tas d’exemples dans ce site de fan: http://bjornborgfanforever1.free.fr/cariboost1/
Tout à fait, tu as raison de souligner l’importance qu’a eu Borg en tant qu’énorme star. Bon je n’étais pas né à son époque (désolé les gars), mais petit exemple à mon niveau, ma mère qui n’a à peu près jamais fait de sport de sa vie s’est mise au tennis pour suivre les traces de Borg, encore aujourd’hui ses yeux pétillent rien qu’à l’évocation du beau blond. C’est absolument le SEUL joueur de tennis qu’elle connaît.
Comment se fait-il alors que Jésus fasse l’unanimité ?que je sache il naquit dans un bled peuplé de sémite de Samarie de Galilée et d’Auvergne ? il a ,me semble t-il un faciès plus proche de Younès El Aynaoui que celui de Borg!
Et oui c’est choquant mais c’est comme ça…
Et pourtant il reste le : « Jésus Christ Superstar ».
http://www.youtube.com/watch?v=w9pdWQT1_8E&feature=related
M’en fous moi, Jésus c’est mon pote.
http://www.youtube.com/watch?v=7-NOZU2iPA8
Et pourquoi pas un Christ Auvergnat pendant qu’on y est?
On veut du Jésus Aryen sinon rien!
Tu veux dire que Jésus, c’était dans le meilleur des cas, un Julien Clerc (mais pas clair) 70′s?
http://bill.terebenthine.free.fr/images/clerc.jpg
Très bon article, très intéressant sur un sujet pourtant maintes fois rebattus. Une seule chose qui m’a faite tiquer, le Christ : un aristocrate qui va au peuple? Je suis tout ce qui a de plus non-croyant et de ce fait bien loin d’être un expert en théologie mais il me semblait que Jésus était tout ce qui a de plus éloigné de l’aristocratie, que ce soit au niveau de l’ascendance (adoptive
), du premier cercle croyant, du message, des valeurs… Explication pour qqun qui n’a pas lu Deleuze?
Le Christ est appelé Rabbi dans toutes les évangiles, la plus haute distinction religieuse de l’époque. Il va au peuple, avec des putes même.
Je savais bien que j’avais raté ma vocation…
Mais ce titre Rabbi doit-il être considéré comme un titre aristocratique?
Le clergé fait partie de la noblesse.
Il allait aux putes avec le peuple tu dis Jean? Faut que je relise les évangiles.
Ben c’est l’Evangile selon (St?) Jean, ça.
Que disent les synoptiques?
Le Christ est le fils de Dieu fait homme : le fils de Dieu, niveau Titre c’est quand même le top non ?
Cela ça n’engage que les croyants, je l’ai d’ailleurs précisé, mais bon ok pour le titre aristocratique alors. Évangiles dixit.
Colin a absolument raison ! J’étais bcp trop réducteur en parlant de première star mondiale du tennis ! On n’a absolument plus idée de ce que représentait Borg à l’époque..Son aura dépassait de très loin celle de Federer ou Nadal aujourd’hui..
Il faut préciser un point: s’il y a un avant et un après Borg en tennis, c’est parce que Borg a changé la façon dont on envisage de gagner. Borg prouve qu’on peut gagner en restant du fond du court, même sur herbe ou l’on joue trois grands chelems sur quatre en 74 et deux après. C’est une révolution parce que depuis Jack Kramer on joue au filet, du moins quand on veut gagner ailleurs que sur terre battue..
Autrement dit, Lendl, Agassi et tous les autres, sont tous des enfants de Borg. le modèle borgien est devenu dominant et presque exclusif depuis le début des années 2000.
A côté de ce modèle devenu d’autant plus dominant que l’évolution des surfaces et du matériel le favorisait, il y a des étoiles par ci, par là: Mc Enroe, Sampras,
Federer lui est super borgien: pas de points faibles, et plus complet encore que Borg.
J’ai enfin lu l’article.lol
J’apprends pleins de choses, n’ayant pas vécu lors de cette époque. C’est intéressant de voir l’impact qu’il avait. J’étais loin de me douter qu’il avait un impact si grand
Pour sûr. « Borg » voulait, et veut toujours dire quelque chose à quelqu’un – un profane- qui ne connait rien au tennis. Pour ceux-là, Federer est trop récent et … Compliqué. Borg est plus que le tennis. Il est la télé couleur, la jeunesse des baby-boomers.
En termes d’aura, je ne vois qu’un joueur comparable à Borg: Jésus.
Oui mais Jésus avait-il un revers à une main ou à deux mains? Les évangiles sont muets sur ce sujet.
Je propose un Concile Vatican III pour répondre à cette douloureuse question
Tout est possible à celui qui croit.
C’est comme tu veux une main pour Pilate 2 pour Herode….
Jésus avait deux coups droits. Il n’était vraiment pas comme nous.
Les évangiles muets ? Les bras m’en tombent.
Il suffit de regarder dans les archives de la presse et sur Youtube pour trouver la réponse à cette question.
Jésus a un revers à 1 main.
Jésus n’était pas français mais parlait toutes les langues (le miracle de la Pentecôte) : il savait se faire comprendre des francophones comme des allophones.
Jésus vivait près d’un lac : le lac de Tibériade, dont certains spécialistes de la géographie et de l’archéologie antiques pensent qu’il s’agit soit du lac de Constance, soit du lac Léman.
Jésus a subi la passion en début juin 2008 sur le central de Roland Garros.
Jésus a été crucifié et est mort sur les crois de Saint George et Saint André début juillet 2008 sur le Centre Court de Wimbledon.
Jésus a pleuré des larmes de sang sur le mont des oliviers pendant que ses plus fidèles disciples roupillaient à cause du décalage horaire. En effet, les mêmes géographes/archéologues ont estimé que le Mont des Oliviers se situait dans l’hémisphère sud, du côté de la Rod Laver Arena de Melbourne.
Jésus a été renié par la plupart de ses disciples qui avaient peur et qui se planquaient.
Mais Jésus est ressuscité des morts non pas le 3ème jour mais en juin 2009 en finale de Roland Garros. Et avoir fait son ascension début juillet 2009 sur le Centre Court de Wimbledon, Jésus est revenu dans son corps triomphant pour faire subir le jugement dernier aux faux prophètes. Le mage hyperboréen PZ a été précipité dans la géhenne fin janvier 2010. Les autres sont frappés d’effroi dans leur chair pour avoir osé défié la volonté du Seigneur vis-àvis de son fils bien aimé.
Voilà ! J’espère que vous apprécierez le caractère mesuré de ce travail d’exégèse biblique. Ca a quand même plus de gueule que les élucubrations de Mordillat et Prieur dans la série corpus christi qu’on a pu voir sur Arte.
Ah ! J’oubliais un point essentiel !
Jésus , comme l’avait pressenti Dan Brown dans le Da Vinci Code, bien couché avec Marie-Madeleine, dite Mirka. Il lui a même mis 2 polichinelles one shot. Comme le dieu Mars a conçu les divins jumeaux Romulus et Rémus avec une mortelle.
Trop fort ce Dan Brown !
Chewbie: « C’est comme tu veux une main pour Pilate 2″
Ah la multiplication des pains…
En tout cas, Judas était bien Auvergnat, plus aucun doute
http://www.youtube.com/watch?v=m_UnZivj8wU
Tu n’est qu’un sale » MelGibsonien « !
ah oui un grand classique ça,ils n’ont vraiment pas la tronche de cathos cela….
» En termes d’aura, je ne vois qu’un joueur comparable à Borg: Jésus. »
Oui, d’ailleurs, sans l’US Open, on parlerait moins de Borg, il a voulu suivre le même chemin que Jésus… par la via dolorosa new-yorkaise.
A la station 1981, Björn tombe pour la 4° fois.
http://img.dailymail.co.uk/i/pix/2007/12_01/robMS0112_468x380.jpg
Je vois que je suis le seul Croyant à avoir Dubai sport et l’intégralité de Monfils Kohlschreiber. La Monf est très bonne, pourrait être à 2 sets 0, pourrait être aussi à 1 – 1 sans 2 – 3 erreurs du teuton.
A moins de changement ça doit gagner tranquillement, cocorico. le Surhomme sera t il allemand, ou Dieu est noir? Grande question.
Disons que Borg illustre la phrase de Camus « Rarement l’histoire a fait naître celui qui peut et celui qui veut en même temps. » Figure Jésus, révolution du jeu, et télévision.
Autre citation, comme c’est l’article intelligent du mois – ca change de la Race ou je change Santoro Guez et Ouannah pour avoir une chance de gagner – je cite Dominguez « Borg est la première super star du tennis. »
France 1 – allemagne 0. Je pense que c’était le match décisif, maitenant victoire facile des français !
Et j’opère un virage à 180° dans la discussion du jour et reviens, une fois encore, avec ce lien subliminal:
http://www.youtube.com/watch?v=2VUBtEbuOuY
On assiste ici tout simplement à la plus belle démonstration de tennis total d’attaque des vingt dernières années. C’est je pense le match qui peut définitivement enterrer le tennis d’attaque, le jeu à la volée, celui qui appose la dernière ligne à un testament écrit à quatre mains (McEnroe, Cash, Edberg et Rafter) et signé par Sampras en sa qualité de maître de cérémonie.
Le jeu d’attaque au filet a sombré. On en parlait dans l’article précédent, je reviens dessus brièvement (juré) avec ce formidable document d’archive qui pour moi restera comme l’épitaphe de ce type de tactique. Et quel plus bel adversaire que celui qui est responsable plus que tout autre de la mort du service-volée? On parle de ralentissement des surfaces, d’évolution du matériel, ce ne sont que des peccadilles historiques comparativement au jeu « Agassien » qui a essaimé.
Le fossoyeur de la montée au filet qui reste sur trois victoires de rang face à Pete et qui espère ce jour-là planter l’ultime banderille. Mais Pete ne veut pas mourir. Ce qui rend cette démonstration suffocante de dramaturgie, c’est le côté couteau entre les dents, passe ou casse, coûte que coûte que Sampras déploie ce jour. Ceux qui ont suivi leurs carrières entremêlées savent que Pete a dominé André du fond du court jusqu’en 1999 et la formidable leçon en finale du Masters. Puis le lent déclin de Pete, et surtout l’étiolement de son jeu de Fond de court. Le coup droit toujours meurtrier mais le pas de retard, et le revers en coton désormais.
Du fond du court Pete est mort et le sait. Son salut, sa tactique déjà depuis quelques temps, consiste à se ruer au filet. Mais ce jour-là, contre cet André-là, il joue pour McEnroe, pour Edberg, ceux qui ont péri sous les coups de Lendl, Agassi, Courier. Il va donner l’ultime récital du jeu à la volée. Avec son excalibur de service, il volleye avec une puissance et une volonté hors du commun. La première volée déjà de cette vidéo, à elle seule, est d’anthologie. Rien ne sera plus pareil après ce match, rien. Il y aura Leyton Hewitt de toute façon. Et le reste de la pente savonneuse.
Vous rétorquerez à juste titre qu’il remporte le même tournoi l’an d’après face au même Agassi, mais de ce match personne ne se souvient du moindre échange. Juste de la fin trop belle, celle d’une carrière. Pas du tennis. Pour la fin d’un tennis, c’est ZE match.
Le côté totalitaire et puissant de ce tennis d’attaque me subjugue encore aujourd’hui. C’était la roulette russe comme l’atteste le score de légende. Un Pete trop faible désormais pour breaker André, mais trop sûr de ses dernières munitions pour être breaké à son tour.
Superbe.
ce match aurait mérité un article pour ce qu’il représente. Don’t even think about it!!!
Plus jeune (et donc sans cervelle) je n’aimais pas Sampras.
Mais quand je vois cette vidéo, je me dis que j’avais des gouts très douteux à l’époque !
Match splendide, car joué à fond de calle par les 2 protagonistes. Et surtout, car l’opposition de style est belle, et sublime les 2 jeux.
Tout est dit ! tu remontes UN PEU dans mon estime Bubble Gum.
Sampras est bel et bien le GOOOOO-A-TTTTT-E!
Je t’envoie un pack entier de shampoo ticanis pour la noël.
Très intéressant tout ça, tant l’article que les divers commentaires.
J’adhère complètement à l’aspect sociologique que le tennis peut parfois revêtir, par l’entremise de certains joueurs. Le thème Borg, évidemment. Parlez de Bjorn Borg à ma grand-mère, elle connaît. C’est non seulement un nom connu, mais un nom sur lequel elle peut coller un visage. Borg a clairement un impact hors du monde du tennis. Chose que n’ont pas les Federer, Sampras ou même McEnroe. Dans un registre bien différent, on aurait Arthur Ashe, et c’est sans doute à peu près tout en tennis (sauf à prendre en compte Yannick « aka la personnalité préférée des Français » Noah. Mais lui c’est différent, il est presque moins connu en tant que tennisman qu’en chanteur voire qu’en « papa de Joakim »).
D’accord aussi quand on trace une sociologie de l’héritage des champions. Concernant celui de Federer, il est encore trop tôt pour se prononcer, même si la simple notion de talent, de la « main » du Suisse, celle qui faisait déjà dire aux observateurs alors qu’il n’avait encore que le MS de Hambourg dans son armoire à trophées que ce gars avait le talent pour devenir un des tous meilleurs de l’histoire, pose un dilemme presque insoluble aux éventuels disciples. Vouloir imiter, c’est bien, mais encore faut-il en avoir les moyens. Reste l’aspect professionnalisme, gestion de carrière, polyvalence… choses notées un peu plus haut par Damien.
Par contre, j’ai beaucoup de mal avec la définition du tennis comme avatar de la philosophie. Le « McEnroe aristo car monte au filet » vs « Borg le prolo car joue du fond » me laisse profondément sceptique. J’y vois difficilement autre chose qu’une intellectualisation à outrance d’un truc tout ce qu’il y a de terre-à-terre : si McEnroe était aimanté par le filet, c’est aussi qu’il n’avait pas la capacité de jouer autrement. Nul doute pour moi que s’il avait été capable techniquement de se doter d’un jeu de fond de court digne de ce nom, il l’aurait fait. Histoire d’éviter de se faire démonter en passings par Lendl puis par les jeunots de Bolletieri. Tout comme d’un autre côté, si Brad Gilbert a développé ses célèbres théories du Winning ugly, c’est simplement qu’il n’avait pas les moyens de gagner autrement. Mais s’il avait eu le coup droit de Gonzalez nul doute que son jeu aurait été radicalement différent. Après, demander à un Julien Benneteau d’envoyer les pralines de Fernando Verdasco, meilleure volonté du monde il va avoir du mal, le malheureux. Donc il fait avec ses armes.
Je ne crois pas aux prédispositions mentales dans le sport. La compétition, c’est d’abord une question de technique. Et les tennismen, comme tous les sportifs, bâtissent selon leurs points forts et points faibles, dans le but de gagner des matchs. De là à y voir une philosophie…
Pour moi, sport et philo ne peuvent pas réellement aller ensemble. La philo, c’est du bla-bla, un (brillant) jeu d’esprit où l’on s’exerce à l’art subtil de la rhétorique et où il n’y a jamais de vainqueur : « je te sors mon Hegel », « oui mais je te contre avec mon Kant », « ok je riposte avec Aristote et Kierkegaard ». Ca a un petit côté cour de récréation, où à la fin tout le monde est content car personne n’a ni raison ni tort.
Alors que le sport impose une vérité : celle du résultat. A la fin, tu as un score, brut. Un vainqueur et un vaincu, bien définis. Et on pourra noircir des lignes autant qu’on veut, tenter de nuancer, d’encenser, de déprécier et autres verbes en « er », seul le vainqueur a raison. Le reste n’est que littérature… Littérature qui d’ailleurs ferait bien marrer les joueurs à qui on prête tant de symboles ! On passe sa vie à romancer les motifs, comme disait l’autre.
Voilà, c’était mon avis à deux francs six sous. J’ai bien conscience qu’il est très terre-à-terre – vu à ras du terrain, sans doute – et que c’est du coup nettement moins sexy que tout ce qui a pu être dit ci-dessus (et notamment que le wallpaper de Shakira posté par Jean).
« Et on pourra noircir des lignes autant qu’on veut, tenter de nuancer, d’encenser, de déprécier et autres verbes en « er », seul le vainqueur a raison. Le reste n’est que littérature… »
Enfin un post les pieds sur terre, à ma hauteur. J’applaudis cher Guillaume.
Voilà un post qui pourrait aller tout droit dans la rubrique « Bord de court »
Naaan je rigole
Je suis tout a fait d’accord avec Guillaume…
Sauf concernant le fait que seul le resultat compte.
Pour le joueur qui gagne, pour celui qui perd, c’est sans doute vrai.
Mais pour l’observateur, c’est different.
Personnellement, la victoire a RG89 de Chang restera pour moi une demie-victoire, quelque soit les exploits realises en chemin
Je partage ton avis sur pas mal de points, mais tu oublies qu’en philosophie aussi, il y a des vainqueurs et des vaincus. C’est juste que l’Histoire à simplement gommé le nom des vaincus. Vae Victis comme ils disaient.
Pourquoi se souvient-on principalement de l’école d’Athènes, de Socrates, Platon et Aristote et beaucoup moins de leurs adversaires, les Sophistes ? D’ailleurs on qualifie souvent un mauvais philosophe, ou quelqu’un qui tente de se prendre pour, de sophiste, puisque ce dernier n’a qu’un seul but, convaincre son auditoire, là où le philosophe est en constance recherche de la vérité.
Certes, il y a des courants de pensée, certes, il y a moult trajectoires et chacun peut y trouver ce qui répond à ses questions, mais il existe aussi quantité de théorie qui n’ont pas tenu la distance face à d’autres.
Autre aparté, bien que je sois un grand amateur du jeu au filet, du jeu aérien et du « beau geste », je trouve qu’il faudrait plus de défenseur du jeu dit « ingrat », de « sécurité » ou du « pourcentage », bref du fond de court. On en a déjà débattu, à tort et à travers, on en débattra encore, mais la beauté d’un style ne peut se faire qu’en opposition à un autre. On n’a jamais autant apprécié le jeu au filet que lorsque des mecs, en face, restaient scotchés sur leur ligne de fond et envoyaient passing et parpaings à tout va.
Je ne sais plus qui à mentionné plus haut qu’il a seulement commencé à apprécier les matches sur herbe quand il a vu qu’un joueur ne montait pas systématiquement. Et j’abonde dans son sens. Le jeu service-volée à outrance, pif paf en deux coups c’est fini, n’est pas plus ou moins chiant que le jeu des espagnols sur terre battue. Il a simplement le mérite d’abréger la souffrance du spectateur.
C’est dans la réelle opposition de style que le plaisir et l’excitation prennent forme. Le lien donné par Karim en témoigne.
Pour la partie de ton post qui me concerne :
Oui et non. N’oublions pas que l’un des piliers majeurs de la philosophie, partagé tant par les Grecs que les Chinois d’ailleurs, est la rhétorique : défendre l’indéfendable, apprendre à plaider pour une notion autant que pour son contraire. En bref, toutes les théories ne sont pas défendables, mais toutes DOIVENT POUVOIR être défendues.
Mais c’est vrai que l’on commence à sérieusement dériver, là !
À force de lire vos conneries sur Jésus et son revers (que je pense à 2 mains, soupe-au-lait comme il était), j’ai retrouvé mon avatar. Ce miracle accompli, je vais me confesser de ce pas.
l’intervention du saint esprit pour récupérer ton avatar n’est que le résultat d’une modification de ton email d’origine dans ton profil !
ne galvaudons pas les saintes prérogatives de qui vous savez !
Soeur Marie Jo, que cette manipulation soit bénie.
Je lance une pétition pour qu’on limite à UN le nombre d’articles du genre à paraître chaque année. On ne comprend rien à l’article, rien aux commentaires, et ça fait fuir les oiseaux et pleurer les enfants.
C’est la première fois que Fieldog me manque!!
Une petite Bastille pour détendre l’atmosphère ? Il fait un peu frisquet aujourd’hui, mais y’a du soleil. J’amène la batte de baseball et le pack d’Amstel.
Je m’occupe de l’Amstel et je te regarde foutre sur la gueule la gélatine .
MarieJosette je t’aime.
Tu as tort de jouer à la concept de Bastille, rien que pour ça tu mériterais que… mince tu le proposes déjà. Autant pour moi…
« La philo c’est du bla-bla », mmh, là c’est un peu dur Guillaume quand même. Moi j’aime bien le sport comme image pour développer des réflexion qui sortent du cadre « qui a gagné »? Seul le vainqueur a raison ok, mais si on se contentait d’entériner les scores, on aurait vite fait de ne plus s’intéresser au tennis. D’ailleurs ce site n’aurait pas son utilité et dieu sait à quel point je le trouve d’une qualité incroyablement haute pour un endroit ou l’on parle de quelque-chose d’apparement aussi triviale que le tennis.
J’aime bien l’abécédaire, je le conseille souvent à ceux qui ne comprennent rien à des ouvrages aussi difficiles (pour moi en tous cas) que l’anti-oedipe ou mille plateaux, qu’il faut quand même être sacrement motivé pour se les envoyer, et ce même si ce n’est pas pour moi du bla-bla.
Je me souviens aussi comment GD se rappelle de l’apparition des retours dans les pieds, et qu’au début les observateurs ne comprenaient pas que ça puisse être aussi efficace.
Mais bien sûr que la philo c’est du bla-bla. Ce qui n’est nullement péjoratif venant de moi – de formation littéraire, j’ai d’ailleurs pratiqué plus souvent qu’à mon tour durant mes études. Et je n’ai JAMAIS dit que cela ne servait à rien.
Seulement la philosophie c’est un concept un peu vain puisque tous les arguments seront à la fin recevables. Alors que le sport… Bien sûr tu discutes – et 15love en est une preuve parmi beaucoup d’autres, tu as raison – mais il y aura toujours une vérité ultime en guise de socle : celle du score, qui relativise toute discussion derrière. Il ne l’annule pas, attention, il la relativise. Donne des indications tangibles, concrètes.
Pour faire simple : la philo tu construis une argumentation sur du vide (une idée, une intuition, une supposition…). C’est d’ailleurs ce qui est aussi beau qu’illusoire dans l’exercice. Alors que le sport tu construis sur une fondation solide, celle du résultat. C’est moins poétique… plus ancré dans le réel. Ce qui fait quand même une sacrée différence.
Pas plus qu’ailleurs, en philo, tous les arguments ne se valent pas…
t-t-t, relis Aristote, Antoine.
Je suis entièrement d’accord avec Antoine sur ce coup là !
Quote : « La philo, c’est du bla-bla, un (brillant) jeu d’esprit où l’on s’exerce à l’art subtil de la rhétorique et où il n’y a jamais de vainqueur : « je te sors mon Hegel », « oui mais je te contre avec mon Kant », « ok je riposte avec Aristote et Kierkegaard ». Ca a un petit côté cour de récréation, où à la fin tout le monde est content car personne n’a ni raison ni tort. » Unquote
Présenté comme ça, c’est sûr que la philo s’apparente à un débat sur le GOAT tel que pratiqué par un forum d’amateurs de tennis: j’attaque avec mon Borg, tu me contres avec ton Fed, Ulysse contre-attaque avec Mac et Karim avec Pete. Là aussi il n’y a pas de vainqueur à la fin. Sauf que la philo, c’est différent: elle existe PARCE QUE Socrate, Platon, Kant, Spinoza et cie ont existé (et l’ont créée). Pas parce que d’autres bla-blatent à leur sujet. Ou sinon, Dubosc et Bigard seraient aussi des philosophes, puisqu’ils ont des avis sur tout.
Pour reprendre l’analogie avec le tennis: le tennis existe parce que Borg et McEnroe et Federer et Nadal et Navratilova. Pas parce que nous en train d’en causer sur 15-love.
Et, s’ils étaient des philosophes, Dubosc et Bigard seraient non-classés.
Oui mais le socle du résultat (ou dans ton exemple du palmarès) dont je parlais te permet quand même d’établir un champ des possibles des prétendants assez restreint : Fed, Sampras, Borg, Laver en général.
Alors que la philo te bâtira des pavés entiers pour te convaincre que le GOAT c’est McEnroe
(Et là c’est le moment où Jean et Lionel entrent en scène)
Pour le reste nos points de vue se rejoignent assez.
Si, y’a un vainqueur. C’est Pete. Le reste c’est du pipi de chat.
J’ai un lu pas longtemps une thèse sur Rousseau, celui-ci était d’un mépris profond pour les philosophes (il ne se considérait lui-même que comme un « penseur ») car il considérait que plus que la quête d’une quelconque vérité, les philosophes cherchaient à élaborer un « système » de pensée, uniquement dans le but de se différencier, sans pour autant avoir un but, ou chercher une ou des réponses… Je n’ai pas d’avis là-dessus, mais cela rejoint quelque peu ton argumentation.
Au-delà de cela, philosophie et tennis sont (avec un peu d’imagination) proches, suffit que l’adversaire ne renvoi pas la balle…
Oui Guillaume je comprends ce que tu dis, mais il me semble quand même qu’un résultat de match n’est quand même pas une fondation si solide qu’elle puisse normalement donner lieu à tant et tant de commentaires. En décortiquant un résultat ou un joueur, on parle aussi de soi, de la vie, on converse aussi tout simplement, c’est un prétexte ou un vecteur mettons. Tout comme la philo… Et puis pour chipoter il n’y a pas que du bla-bla sur des résultats, il y en a aussi et peut-être même plus sur ce qui est à venir, et là c’est pas à proprement parler du solide. On devrait dire : qui vivra verra et on ne peut pas s’empêcher de lire dans la boule de cristal, confer l’exemple type, le lien sur l’article de Lionel qui est posté juste après l’OA 2009. Presque tout le monde s’accorde à dire qu’on est entré dans la modernité avec Nadal qui va tout casser. Mais survient une post-modernité quasi immédiate et que bien sur personne n’avait prévue. Mais si on s’abstenait de tout commentaires sur ce qui est à venir vu que c’est loin d’être du solide pour le coup, ben… en fait on y arriverait pas puisqu’on parle là de ce qu’on projette, ce qu’on espère etc.
Et puis c’est si bon le bla-bla!
Oui d’ailleurs Platon dit a peu près la même chose dans son « Thééétète »que les concepts trouvent leur origine dans l’esprit et non dans l’expérience.
Le problème philosophique et celui de la réalité des concepts ,pour certains ce n’est qu’un mot pour d’autre c’est une réalité dans l’esprit.
EX:
Domenech est-il un bon sélectionneur?concept général
oui ,si on considère le score de : 0-2 comme relatif.
non, si on a payé 90 euros la place pour voir un matche de merde.
Je ne suis pas convaincu par ma démonstration mais c’est juste pour faire le malin.
Il est très important pour l’avenir du site que ce débat philosphique prenne fin. Nous sommes toujours en phase de captation de nous forumeurs, ou de fidélisation des inscrits récents. Ce serait trop con de tout foutre en l’air en une discussion!!!!!!!
D’où l’intérêt d’une bonne Bastille pour régler le problème.
Je pars de suite.
Déjà? Les bières sont à peine fraîches!
Je ne prétends pas être essentiel à l’avenir du site, mais si on n’a plus de débats philosophico-délirants, je ne suis pas sûr de rester ! On a dépassé ce stade là depuis 5 ou 6 siècles, sur Dagobah ? T’as de la chance qu’avec la crève que je traîne il fasse trop froid pour une Bastille ce soir…
Justement je suis une inscrite récente!
Bon, ce n’est pas encore terminé mais cela commence à y ressembler: cela va faire 2-0 pour la France et sans doute 3-0 demain..
Le quarts contre l’Espagne, en France, être archi-chaud !
oui et ça fera un quart d’artichaut a manger pour la France….. ok je sors
Ne sors pas c’est excellent.
hourra, bête à poils, ça devrait te valoir des points à la race !
Purée, on avait réussi à éviter la CD dont tout le monde se tape..euh non pas tout le monde, rien que pour ça, j’adore la philo!
@ Chewbacca : tu pourrais te la fermer 5 minutes?
tu penses quoi toi de ce raisonnement rigoureux ?syllogisme pour les plus futé:Tout homme est un CON,or Lionel est un Homme ,donc Lionel est un GROS CON!
connecte toi connard! j’ai des choses à te dire….
L’insulte est l’arme des faibles. Ceux qui ne prennent la raquette ni la plume. Roger l’aristocrate.
Je vais mettre un terme à cette discussion stérile et ne plus discutailler avec un Monsieur qui préfère Mac a Federer et de surcroît regarde Plus belle la vie.
Chewbacca le prolo…..
Bon, j’arrive un peu après la bataille. Merci, Jean, ton article fait réfléchir, et est très instructif sur une époque que je n’ai pas connue. Par contre, je crois que j’aurai beau le retourner dans tous les sens, je resterai perplexe. Difficile de commenter du coup. Je me demande d’ailleurs comment certains d’entre vous arrivent à commenter à chaud. Je réagis en vrac sur les 2-3 idées qui m’ont marquée.
Si je comprends bien, quand Deleuze dit que Borg « a amené et crée de bout en bout le style d’un tennis de masse », il implique que Borg incarnait l’idée que plus de travail peut compenser un déficit de talent. Cette idée n’existait pas avant lui ? Il me semble que cela n’a pas été abordé dans les comm qui ont suivi, c’est peut-être moi qui suis hors sujet.
L’idée que le burn-out de Borg aurait été accéléré par la pression d’être le sportif le plus connu du monde me plaît pas mal, l’idée vient de toi ? (je ne vois rien dans les citations à ce sujet, ni dans la vidéo, qui est tout ce que je connais du bonhomme)
McEnroe qualifié de pharisien La théorie de la balle qui pue (© Sam) !
Les similitudes avec l’art : donc il y aurait des courants tennistiques de la même manière qu’il y a des courants artistiques. Bah on parle bien d’écoles australienne (elle est où ?), espagnole, et bien sûr de la NBTA, cela me paraît défendable.
Retour à un aspect plus pratique : quelqu’un sait-il qui a été le premier joueur à utiliser le retour dans les pieds ? J’ai l’impression que Deleuze s’apprête à le dire quand la vidéo se termine.
Nath, il ne s’agit pas de talent, Borg était un créateur, fulgurant (j’aime bien ce mot là) car proposant quelque chose qui n’existait pas et qui a marché. Un révolutionnaire. Il n’est généralement considéré quant on parle de lui que le joueur de terre car il s’imposait à Wim dans les règles de l’art (d’où également le crédit sportif et l’acceptation de sa révolution, celle-ci ne remettant pas encore en cause la tradition, la vraie, cela vient plus tard). A RG, il invente une tactique simple, très facile à comprendre (donc populaire par nature) : ne jamais faire de fautes. Au tennis, si tu ne fais jamais de fautes, tu finis par gagner. Il est le premier à faire ça et est donc forcément le meilleur à ce jeu qu’il a créé et qui s’avère, sur terre, être très adapter. Il avait une avance physique énorme sur ses concurrents et pouvait se permettre de dire : « allez-y, je vous attends, je peux jouer quatre, six heures et tu ne me verras jamais souffler, c’est toi qui tomberas ».
C’est une démarche d’endurance qui n’existait pas auparavant, laborieuse et simple, qui a ouvert une porte. Aujourd’hui, même Djokovic qui a des poumons de pigeons essaye de jouer comme ça, mais c’est un phénomène qui a bien sûr existé dans tous les sports. Ici, c’est Borg qui l’incarne, c’est à partir de lui que le physique prend une place vraiment prépondérante, pas au sens de qualité naturelles de type vitesse de bras (Leconte) ou d’œil (Agassi, Mac), mais de l’endurance, travaillable. C’est schématique, mais une sorte de généralisation se poursuivra, jusqu’à ce que l’on ne suive plus même à Wimbledon. C’est d’ailleurs paradoxal que cela soit Federer lui-même qui enterre le jeu de volée, c’est l’aspect fusion totale dont parle MarieJo.
Mais Borg est un génie, d’autant qu’il accompagne sa création d’un calme extrêmement mystérieux et hermétique, il est beau comme un prophète qui sort de chez Nivéa. Il se trouve que son schéma est plus reproductible que celui de Mac, cela dépend des autres et non de lui. Il se trouve, mais c’est tout, cela résonne plus dans la majorité, il n’y a pas de jugement là-dedans. On peut discuter du pourquoi, de l’importance du besoin de sécurité (en général), de l’inévitable conformisme d’un milieu professionnel (on est passés d’un conformisme à un autre, avec époque de transition foisonnante), de l’inexplicabilité des « génies »…
Incroyable ta photo Franck…
Iggy Pop vote Républicain, c’est devenu un Johnny ricain… Finalement, seuls leurs drogués qui meurent tournent bien. M’en fous, jamais aimé les Stooges.
Je serais moins tranchant que toi sur Fed en tant que fossoyeur de la volée à Wimbly (en témoigne son premier titre). Est-ce la surface ou le jeu adverse qui a amené à plus de fond court ou l’inverse ? Vaste débat…
Mais justement, qu’est ce qui se passe entre 2003 et 2004 ? Ce n’est pas là que le gazon change, donc, c’est ce salaud de Roddick ?
C’est assez simple. Fed l’a expliqué il y a déjà plusieurs années.
A l’origine, il voulait gagner Wimbledon et jouer comme ses idoles Becker et Edberg. Ensuite, il a voulu devenir n°1 mondial et pour cela, afin de maximiser ses chances de dominer sur toutes les surfaces, il a choisi de faire évoluer son jeu vers plus de fond de court et moins de montée au filet.
Le ralentissement des balles et des surfaces l’y poussait de toute façon.
Sans parler de la révolution du matos à partir de 2003.
Guillaume : Qu’est-ce que c’est la révolution du matos en 2003 ? Le luxilon date d’avant 2000 non ?
Nein. Apparu en 2003.
Ah, j’avais pas tout compris. C’est ce que j’espérais pour être honnête, loin de moi l’idée de vouloir dénigrer le charismatique Borg
Simplicité et reproductibilité, donc. Enfin, je trouve son calme quasiment surnaturel vraiment unique, non reproductible, contrairement aux aspects physique et tactique, qui représentent un ensemble cohérent par ailleurs.
Bon, vous êtes complètements loins, vous !
Si j’avais un Stabilo virtuel, j’aurais surligné les posts de Colin et Antoine expliquant l’impact de Borg. Colin décrit parfaitement comme il a pu correspondre aux « canons » de l’époque. Au final, c’est l’œuvre du temps qui fait d’Ali et Zatopek des monuments, mais dans l’instant, Borg a été un genre de passeur. Fort comme Ali et sexy comme Presley, une montagne, ses échecs sur le nouveau continent n’en sont que plus légendaires. Il est difficile aujourd’hui de réaliser son impact et la pression qu’il a pu subir, il est très logique qu’il ait du faire une pause, je pense qu’il aurait aimé reprendre mais que les choses étaient allées très, trop, vite dans le tennis.
C’est une interprétation, mais je crois que c’est avec lui, gamin, que j’ai réalisé que l’on pouvait être un quasi-Dieu dans un domaine et une tanche dans tous les autres, son image s’est dégradée rapidement, pas méchamment, mais c’était difficile de comprendre qu’une telle icône parvienne à se ruiner. Peut-être que l’on peut dire qu’il ne pouvait pas vivre avec son costume d’Iceborg tout comme Mac n’a pas pu vivre avec son costume de Brat. L’exposition était nouvelle, elle a rendu des gens dingues, de Jackson à Weissmuller, c’était très nouveau à l’époque, aujourd’hui on sait gérer ça, l’image s’est imposée, n’importe quel débile peut se retrouver à chanter Tata Yoyo à 21 heures sur la 6. C’est beaucoup moins impactant sur la personnalité, moins distant et moins créateur d’imaginaire aussi.
Après, le tennis/Borg n’a finalement pas l’impact historique que peuvent avoir le marathon/Zatopek ou la boxe/Ali, qui y associent un aspect politique et social. Mais la pression de Federer et Nadal, à côté, c’est du pipi de chat (enfin pour Federer et son truc des records, je ne suis pas sûr, mais quand même).
Sur l’impact de Borg sur le style, sur l’avant et l’après, Antoine a tout dit. Il était un immense créateur (Borg, enfin Antoine aussije suis sûr), l’aspect charnière, c’est bien sûr la reproductibilité qu’il introduit, on peut faire une école de petits Borg, mais pas une école de petit Mac. Ni au niveau du jeu, ni au niveau de l’attitude. Et le progrès quelque part choisit toujours la voie la plus aisée, stable. C’est l’effet « troupeau ». Grégaire, quoi.
J’en profite pour répondre à ma façon à l’antique question « le sport peut-il être un art ? ». Prenons un joueur au hasard, John McEnroe. Sa technique et sa tactique sont 1- complètement irreproductibles, à moins d’un miracle qui ne pourrait être que singerie vu le caractère ultra personnel de l’ensemble (ce qui ne signifie pas qu’il n’a pas eu d’influence) ; 2- crédibles malgré cette irreproductibilité : 7 GC. On se prenait moins la gueule à l’époque en considérant d’emblée McEnroe comme l’un des Goats, sur le seul talent. Mesurez l’exploit de faire concilier ces deux aspects. Cela donne, sans aucun doute, de l’art. Quant on pense que ces cons de Japonais ont réalisé un programme tentant de modéliser les schémas de John Coltrane, en essayant d’introduire un caractère alternatif pour le côté « free ». Libre… Bref, Mac c’est de l’art, cela me semble assez incontestable au niveau de la logique, pour peu qu’il y ait besoin de soutenir l’évidence de l’expérience directe.
L’impact de Federer… Je suis persuadé que son modèle technique sera moins suivi que le modèle dominant, qu’il est une exception. Dinosaures, dodos, volleyeurs, garagistes honnêtes, il faut toujours un dernier, celui-ci fut-il le plus lumineux. Pareil pour Hénin, on n’est pas loin de la WTA, les amis. On verra.
Sinon, j’ai bien rigolé aux vaines tentatives de Karim de sortir de cet étouffant débat, sortant même sa carte maîtresse « Ze match », piège dans lequel seul Chewbacca est tombé, évidemment. Moi quand j’ai envie de surkiffer, je préfère quand même Wim99, c’est plus joli, vert, parfait.
Pour finir, Guillaume, la philosophie c’est un bien grand mot, tout est souvent histoire d’exprimer au plus près des expériences directes, des intuitions. De tenter de les confronter des fulgurances à la raison, certainement dans un désir de partage autant que de démonstration incontestable. Le présent, seul lieu où l’on est certain que ne réside pas de concepts, est de toute façon insaisissable dans sa nature même. Comme McEnroe. La fulgurance. Le lob d’Edberg.
Pardon à tous ceux à qui j’ai pris le caisson, je me calme. Karim, va à la piscine si il fait trop chaud : http://blog747.com/images/excitante-serena-williams.jpg
J’entends bien, Jean. Mais je me demande jusqu’où tu ne te compliques pas la vie à chercher des symboliques là où il n’y en a pas.
Par exemple, là où tu vois du conformisme sécuritaire, une démarche laborieuse et prolétaire, chez les joueurs qui ne veulent plus monter au filet, j’y vois la conséquence d’évolutions techniques extérieures (ralentissement des surfaces, apparition du cordage Luxilon) qui ont fait que le jeu au filet devient quasi-impossible à pratiquer. Simplement.
Mais ré-accélères les surfaces, interdis le Luxilon, et tu reverras des flopées de serveurs-volleyeurs fous comme dans les 90′s.
Pareil pour McEnroe artiste : je perçois une contradiction fondamentale entre les notions d’ »artiste », qui a une vision à proposer et à exprimer, et de « sportif », qui lui a une finalité de victoire et met son jeu au service de cet objectif comptable. A la limite, s’il y a un seul joueur que je ferais entrer dans la catégorie « artiste », c’est Hicham Arazi, qui avouait clairement en interview que la victoire lui importait peu et que son trip à lui c’était de réaliser de jolis coups. Nastase était peut-être un peu comme ça, aussi. McEnroe, je ne sais pas.
Sacré débat en tout cas ! Je ne sais plus qui a lancé l’idée, mais ça mériterait bien d’être poursuivi un soir d’été, autour d’une table et d’une bonne bouteille.
Les choses ne s’opposent pas forcément, il y a plusieurs couches, comme dans un oignon. Mais c’est sûr qu’il m’est difficile de considérer une action sans aucun décorum mental (hors réflexe de conservation), on ne peut faire que ce que l’on pense pouvoir faire. Ce serait partir un peu trop loin, mais il n’y a pas, ou très peu chez nous, de perception sans filtre d’interprétation, l’objectivité est pour moi un leurre total (ce qui n’empêche pas de prendre en compte des éléments comme le changement matériel, mais les évolutions et le progrès sont de toutes façon entièrement conditionnés par la « psychologie » -terme général- et n’ont pas de caractère objectif. La politique, le choix, est partout, on a DECIDE d’interdire les raquettes spaghetti, DECIDE de ralentir les surfaces ou d’autoriser tel ou tel truc. Sur une multitude de modèles de développement, on en choisi un consciemment ou pas. On aurait pu jouer sur bois et interdire toute augmentation des tamis, mais les objets sont des prolongements de nous-mêmes).
Mais c’est pour moi un fait certain : il n’y a pas de perception sans interprétation, notre vision du monde est elle-même une interprétation (aucune particule lumineuse n’a même jamais atteint un cerveau), il est normal que l’on ne puisse pas séparer ce que nous appelons la réalité d’avec l’outil de perception de cette réalité, comme l’oeil ne peut pas voir l’oeil.
C’est très concret : si tu regardes un arbre sans filtre, il n’y a plus d’arbre, il n’y a même plus de « toi ». Sinon, tu pars de l’acquis, d’un leg, de l’interprétation. Il n’y a rien d’objectif, par exemple, nous sommes aujourd’hui dans un monde (psychologiquement) très sécuritaire, cela se reflète à tous les niveaux. La peur est un élément très important de la psychologie humaine, j’avais mis cette citation de Ashe à la fin de l’article : « Chaque fois que vous gagnez, cela diminue un peu la peur de perdre. Mais vous ne pouvez jamais vraiment l’effacer, vous continuez de la combattre ».
La question de l’art est complexe, je crois qu’on nous bourre un peu le mou en futilisant complètement l’art et en le détachant justement des contingences matérielles. L’art a un rôle, et bien que les critères ne soient pas les mêmes, la notion de compétition et de recherche du meilleur existe également dans l’art, ne serait-ce que parce que ce milieu n’a aucune raison d’être exempt des mouvements de l’ego. On peut appeler ça de l’émulation positive, des clashs des jazzmen au Village Vanguard à ceux des toasters à Kingston, on est toujours tentés de définir un meilleur même si cela n’a aucun sens. C’est ancré dans la psychologie, on appelait Clapton God avant que n’arrive le Voodoo Chile, qu’on classé LE meilleur, d’emblée. Dans l’art comme ailleurs, il y a une notion de dépassement, d’aller plus loin (mais pas que ça). L’optique de McEnroe n’est artistique que parce qu’elle est concrètement valable, sinon, on peut jouer au tennis avec les pieds, être non classé et dire que c’est de l’art.
Je te suis dans les grandes lignes. L’objectivité, par définition, en prendra toujours un coup dès que l’on traite d’un sujet qui nous intéresse. Mais l’interprétation a ses limites et si l’on n’y prend pas garde on dérive vite vers le n’importe n’awak. Surtout dans l’art, d’ailleurs. http://www.youtube.com/watch?v=G0WoW7hbOWA
Je suis les développements avec intérêt, mais ne peut apporter d’argument intéressant. En revanche, pour élever le niveau, je propose le lien ci-dessus qui m’a rappelé de bons souvenirs http://www.youtube.com/watch?v=ODQkS09KuIQ. A qui ressemble Bernard Campan? Hmm?
Ps : j’arrive pas à donner le lien en bleu, quelle tanche.
Ah bin si il s’est mis tout seul.
Deleuze n’attribut pas la création du retour dans les pieds à un joueur particulier mais le lie à une époque (les 50′s je crois, ça fait un moment que je l’ai vu en fait).
Par contre, il attribut aux Australiens l’invention du revers à deux mains. Je n’avais jamais entendu parler de ça, quelqu’un a des éléments ?
Jésus est le premier Agassi de l’histoire,car il multipliait les pains et pratiquait la politique des deux mains tendues,donc je penche pour le revers à deux mains.Ses apôtres sont nombreux : Davydenko en tête de gondole,Djoko et tous ces types qui mêlent agressivité et sécurité en cadence.
Mac correspond à l’image de l’aristo made in Deleuze pour son style free mais immuable quelle que soit la surface,il jouait avec ses qualités propres et ne cherchait pas à s’adapter,il colle à l’image du type qui joue pour le fun et l’amour du jeu sans arrière pensée aucune de winning ugly.
Borg correspond au cliché de l’arriviste calculateur qui s’adapte aux conditions,en bon ouvrier intelligent,liftier monté à l’ascenseur de la promotion sur terre battue,et serveur-volleyeur (si si) très régulièrement sur l’herbe chérie des aristos (et des hippies aussi,contradiction)
L’opposition semble bien vue,mais bien sûr,ces catégorisations intellectuelles restent très artificielles,en chaque joueur et chaque époque,il y a un dosage entre l’utilisation de ses forces intrinsèques et l’adaptation nécessaire au matériel et à l’adversité.La force de travail,la rigueur,l’ambition,le talent,les qualités physiques font la différence entre les messies et le vulgum pecus.
Borg est-il vraiment le premier à avoir ériger le lift en vertu cardinale,en force d’élévation du peuple soumis vers la lumière des dominants,pour leur voler un peu de cette gloire ? Il est vrai qu’on sortait à l’époque d’une grande tradition d’attaquants pur sucre avec l’école australienne mais aussi américaine avec Ashe.
Un créateur est rarement le vrai original,il occulte souvent les précédents par l’éclipse produite par son succès,aussi je pose cette question : Borg/Jesus est-il le vrai dépositaire de l’ouvrage sécuritaire,où a-t-il seulement porté cette tendance sous-jacente au grand jour de la réussite ? Personne n’avait songé à brosser la balle de bas en haut avant ? A tâcher de ne pas faire la faute avant même de penser à faire le point ? Ne pas perdre plutôt que gagner.
Vilas,né la même année,est plus symbolique pour moi du gars qui n’avait pas le choix,le parangon de l’ouvrier « taylorique »,solide et régulier du fond mais beaucoup moins bon dès qu’il s’agit de monter à la volée et d’y briller par sa création.Et pourtant la poésie n’était pas absente en son cœur,comme pour soulager le fardeau de l’ennui de la tâche répétitive de son métier.
Sinon,j’aime assez cette idée d’une appartenance profonde à une classe sociale ou encore plus profondément à une nature personnelle du joueur liée à une façon de jouer.Le tennis se prête particulièrement à ce jeu de catégorisation : défenseur contre attaquant,épicier contre aventurier,fonctionnaire contre entrepreneur…c’est amusant.
Lift mesquin et niveleur = plèbe qui ne peut pas briller autrement qu’avec l’arme facile de la banalité et qui veut parvenir elle aussi ; plat = patricien franc et paradant sans calcul autre que le beau jeu pour le beau jeu ; slice = vice de bourges pas franc du collier,coup pernicieux,assez gênant pour pousser à la faute ou faciliter un passing au coup suivant,mais pas sécuritaire pour autant parce qu’exposant à un pénalty de la part de l’adversaire et pouvant mourir dans la bande du filet ou flotter en dehors des limites du court.
Tiens ! Pour le plaisir de revoir le combat éternel du bien contre le mal,du brave défenseur du bon droit de l’égalité reproductible contre l’attaquant maléfique,l’offenseur mal élevé luciférien,fils d’un avocat non pas de la défense mais de l’attaque,un procureur de l’improbable rareté accidentelle.
http://www.youtube.com/watch?v=EmfKbggEt5s
http://artgoutlong.tumblr.com/post/429078922
Et on y voit Jésus diabolisé par ses montées sur premières balles…
« Personne n’avait songé à brosser la balle de bas en haut avant ? A tâcher de ne pas faire la faute avant même de penser à faire le point ? » Bien sûr, mais pas d’une façon systématique, pas de là à en faire une tactique. Vilas arrive après, et il gagnait quant il ne rencontrait pas Borg, il était ce que Clapton était à Hendrix (et toc).
Excellent Jean, Clapton qui découvre Hendrix, c’est un peu Roddick et Hewitt qui pensaient être les meilleurs et qui découvrent qu’ils ne savent même pas jouer au tennis…Alors ils font « la pompe » pour un autre comme on dit en jazz manouche. Clapton aurait du faire la pompe pour Hendrix, mais avait-il le niveau?
Borg était le croisement de l’avènement de l’anti-jeu impersonnel (régularité et usure de l’autre) et de la rareté accidentelle (ses qualités cardiaques hors-normes)
« anti-jeu impersonnel » : Je pense que tu prends des trucs plus forts que moi. Pourtant…
J’y vais trop fort je sais ! Et que des drogues de prolo ! OH Lord forgive me !
Un lien intéressant sur la proportion de revers une main ou non parmi le top 20 depuis l’ère open
http://letenniswhatelse.blogspot.com/2008/11/le-revers-une-main-denre-rare-dans-le.html
je pense qu’il y a une erreur sur Wilander.Il a fini à une main (si j’ose dire car c’était pas un branleur) mais il a joué la majeure partie de sa carrière à deux.Lendl,Gomez,Muster le jouait à une,et Mancini aussi..comme quoi le mimétisme supposé envers le modèle Borgien a eu ses limites,même pour des types catalogués forçats de le terre (au début au moins pour Lendl voire Gomez)
Personne ne regarde la Coupe Davis ici ou quoi ?
Jo a eu droit aux remerciements publics du Président de la FFT pour ses propos sur la CD dans l’Equipe de cette semaine, que j’aurais d’ailleurs volontiers cosignés tant ils me paraissent pertinents; Monfils y a également eu droit pour avoir bien voulu sécher Acapulco.. Je recommande d’ailleurs à ceux qui sont prompts à critiquer la Coupe Davis, pour des raisons qui m’échappent d’ailleurs totalement tant la Coupe Davis est une source à l’évidence considérable de grands matchs, de lire les propos de Jo à ce sujet.
Je pense que désormais on a une bonne équipe qui peut le faire. Il est désormais démontré que Monfils n’a pas de pb de Coupe Davis mais qu’il avait seulement, comme beaucoup, un pb de premier match en CD. Hier, c’est lui qui a été le meilleur, de loin. Jo, lui, a fait le boulot, sans briller mais il a fait le boulot. C’est maintenant à Llodra et Bennetteau de montrer ce qu’ils valent ensemble..Premier match en CD pour Benetteau cependant..Si ça marche, ils pourront aller loin, cette année, ou une autre.
Battre l’Espagne en France est très difficile, mais pas impossible alors que si la rencontre se déroulait en Espagne, cela eut relevé de la mission quasi impossible puisqu’avec Nadal chez lui sur terre battue, l’Espagne part à 2-0.. S’ils passent l’Espgagne, ils peuvent aller au bout..Je n’imagine pas que l’Espgagne puisse perdre contre la Suisse. France-Espagne en quarts en France, cela va être top ! J’essaierai d’y être si cela se joue à Paris en tout cas ! Comme la rencontre ne sera certainement pas plié après le double, le quatrième match Jo vs Rafa qui décidera sans doute du sort de la rencontre, sera explosif ! Tout cela, quelques jours après Wimby..!
Il y en a par contre qui n’iront pas au bout, ce sont les Ricains qui ont pris deux baffes hier chez Djoko…Pénible première expérience de CD pour Querrey et Isner..Vaudrait mieux pas pour eux qu’ils aient à disputer un match de barrage en septembre contre la Suisse parce que sinon ils vont rejoindre les Brits et Murray..!
si si, moi j’ai suivi la CD en alternant les différents streams suedois, croates, serbes ou espagnols ! en bref :
soderling distibue généreusement les petits pains suedois, mais c’est l’arbre qui cache la foret nordique, le double sera indispensable car pim-pim johanson ou vinciguerra, c’est dur vu le manque cruel de match à un bon niveau.
almagro a pas compris le but de sa sélection : faire durer le match oui mais c’est mieux s’il le gagne en 3 sets secs ! il a eu tellement de balles de break qu’il aurait du coller une rouste à stan…
comment karlo a réussi a ramer contre un pré retraité comme lapenti, ça laisse rêveur ! son jeu de retour est trop limité pour tenir face aux meilleurs.
djoko en a chié des ronds de chapeau, avec ses problèmes de service, il va surement supplier tipsi et zimonjic de lui éviter de jouer isner dimanche…
le site de la cd publie un mini blog sur toutes les rencontres, assez sympaà lire
http://www.daviscup.com/news/newsarticle.asp?articleid=16906
Bref, tu as tout vu ! Tandis que tu écrivais, j’ai modifié mon pots précédent et parlé du France Espgagne à venir !
Attention, dans le cas très hypothétique où la Suisse bat l’Espagne, il me parait probable que Federer joue le quart de finale…
j’ai un doute avec le double granola bar/ robredo… verdasco/lopez avaient eu un mal fou à battre chiudinelli/allegro en indoor… je pense que stan/chiudi vont être un peu au dessus.
faut voir si le travail de sappe d’almagro va payer ou non.
A priori, c’est Allegro qui va jouer. Ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour l’équipe suisse, tant le valaisan est incapable de relancer le service adverse. Physiquement, en revanche, je ne me fais pas de souci pour Stan. Ca sera peut-être une autre paire de manches demain, mais aujourd’hui, il sera prêt au combat.
Pour le cas très hypothétique que tu décris, je suis persuadée que Federer viendra aider son pays. Quelque soit son calendrier, je pense qu’il fera tout pour les aider. Mais vraiment la qualification est très loin d’être acquise.
J’ai aussi regardé pas mal de bouts de matches pendant que vous discutailliez philo, mais j’ai préféré ne pas faire de hors sujet le jour de la sortie de cet article
Même remarque que MarieJo pour le Wawa – Almagro, chaque balle de break non convertie de l’espagnol au 2° set l’éloignait un peu plus du gain de ce set, et rétrospectivement, de la victoire. Mais je trouve que Wawa a globalement bien servi sur ces points-là, et était physiquement au point, pas mal pour un joueur qui revenait de congés pat’ !
J’ai regardé vaguement quelques échanges de Monfils – Kohl (le français jouait bien, mais je m’emmerde devant ses matches), Ferrer – Chiudi (RAS), Leo – Pim Pim (plutôt offensif l’argentin… aussi), Djoko – Querrey (et là, j’ai vu un truc que je n’aurais jamais pensé voir, une bataille d’amorties gagnées par l’américain, très beau point)
Antoine, je te trouve déraisonnablement optimiste concernant le très probable quart de finale entre l’Espagne et la France, comment peux-tu anticiper deux équipes au complet alors que la rencontre aura lieu dans 4 mois ! Cela dit sans vouloir gâcher ton plaisir, ces 2 équipes sont moins dépendantes que leurs numéros 1 respectifs que, au hasard, la Suisse
Je pars du présupposé que Jo et Rafa ne seront pas blessés, et donc qu’ils joueront. S’il n’est pas blessé, Rafa ne se défilera pas et il n’est de toute façon pas question que Jo ne soit pas là, sauf blessure évidemment..
Je ne suis pas si catégorique concernant Rafa. Il a manqué de nombreuses rencontres de Coupe Davis, pour des motifs pas toujours très clair; de plus, il a déjà remporté cette compétition plusieurs fois. Je pense que cela dépendrait en partie de ses objectifs, de ses résultats d’ici là, des son état de forme. Plusieurs variables qui peuvent influencer négativement ou positivement sa présence.
Rafa n’a jamais laissé tomber son équipe dans une rencontre décisive sans qu’il ne soit sérieusement blessé..
Suisse-Espagne en 2007… Il n’avait rien du tout.
Espagne-Israël 2009, on peut discuter.
Et même ce dernier Espagne-Suisse.
faux : il s’était blessé et avait aussi déclaré forfait à marseille la semaine suivante…
on connait nos classiques
On va dire que je suis un peu sceptique concernant l’avalanche de forfaits de Nadal en Coupe Davis pour des raisons pas toujours évidentes.
Pour conclure, en ce qui me concerne, sur cet excellent article de Jean et sur Borg et ce pourquoi en définitive nous sommes plus que jamais dans le paradigme tennistique tennis que Borg a imposé (même si au fond, en réalité c’est Borg mais aussi, et simultanément, Connors), c’est que Borg a fait triompher le jeu du fond du court qui avait disparu depuis depuis que Kramer avait imposé le paradigme inverse après la dernière guerre.Borg montre que l’on peut gagner du fond du court sur toutes les surfaces y compris l’herbe. Tous les joueurs actuels ou presque sont donc les héritiers de Borg.
La révolution est estampillée,tamponnée,validée et consommée,le roi est mort,vivent les roturiers !
Coupe-de-Mammouth brandit l’étendard.
j’ai remporté deux tournois ATP, chaque fois en sortant des qualifications. Ma première victoire est à Lyon ,je parviens à battre Andrei Chesnokov en finale bien que ne n’occupe que la 453e place.
Qui suis-je?
L’inénarrable, l’inimitable, l’…improbable Yaya Doumbia. Le goat africain à n’en pas douter. A quand un article?
A quand un article?
je ne vois personne d’autre que l’insondable Geô pour nous narrer la fabuleuse Histoire du « GOAT AFRICAIN »!
Alors?
Vive Yaya Doumbia et surtout Vive Moi!
Francky tu m’aimes?
Le seul, l’unique, l’inimitable Duke.
Nduka Odizor.
D’après Han Solo, faut jamais contrarier un wookie.
Bon, Llodra et Bennetteau ont fini le travail; c’est bien. .3-0, c’est ce qu’il fallait faire..résultat presque parfait..
Dans le même temps, je n’ai pas trouvé que Llodra et Benneteau forment une très bonne équipe: pas mal mais largement perfectible et la perte du troisième set ou ils ont perdu leur service à tour de rôle a mis en évidence leurs faiblesses. Deux points perdus par mésentente, ce n’est pas énorme mais le bémol principal que je mets à cette équipe est que Benetteau, avec sa préparation ample, n’est pas un joueur de double naturel et que la solidité de l’équipe est fonction de sa première balle..
Par ailleurs, c’est bien que Llodra qui était le patron sur le court et jouait à gauche, l’aide mais j’ai trouvé suspect le fait qu’ils se parlent autant, tout au long des deux premiers sets, alors que tout tournait bien, ce qui montre qu’ils n’appliquaient pas, ou alors avaient vraiment du mal à le faire, un schéma bien défini..Globalement, ils ont fait un bon match, bien aidés par les insuffisances de Kas dans les deux premiers sets..Ils ont du chemin à faire pour être au niveau des meilleurs de la spécialité et le point du double ne peut être considéré comme acquis face à une bonne équipe, ce que n’était pas l’équipe allemande aujourd’hui même s’ils ont gagné deux tournois, comme les français d’ailleurs..
voilà les derniers matchs de double finis !
qualifiés pour les 1/4 :
france/allemagne 3-0
croatie/equateur 3-0
R tchèque/belgique 3-0
en bonne voie pour une qualif :
russie/inde : 2-1 davai youzhny !
serbie/usa : 2-1 à djoko de finir le taff
espagne/suisse : 2-1… ils ont eu un peu chaud !
argentine/suède : 2-1 quel coup d’éclat !
chili/israel 1-0 en attendant le match de gonzo ! fuerza chile !
Certains commencent à spéculer sur le terrain à choisir pour les quarts de finales en cas de match contre l’Espagne. Il n’apparaît que peu de solutions : – la terre battue est naturellement à exclure ( je ne ferai pas l’injure de détailler les mille et une raisons du pourquoi et du comment. Disons que Nadal, Ferrero et Ferrer me semblent trois arguments convaincants)
– Le gazon pourrait être envisagé mais nos joueurs me semblent bien plus faibles sur herbe que les espagnols ( entre Nadal et son titre à Wimbly, Verdasco qui reste sur deux huitièmes, Ferrero et ses deux quarts en trois ans )
– Reste donc le dur. Mais alors quel dur? Un dur extérieur type US Open ? Là encore, les choses paraissent ardues :Verdasco fait au moins jeu égal avec Tsonga, et Nadal apparaît au dessus. Reste donc une bonne surface indoor type Rotterdam, où je pense que l’on a vraiment une grosse chance, Monfils et Tsonga apparaissant supérieurs aux espagnols, à l’exception naturellement de Nadal. Un Llodra en bonne forme peut aussi créer un effet de surprise.
Bien sûr, si la Suisse l’emporte, tout dépendra de la présence de Federer. Et là quel que soit le terrain choisi, ça risque de piquer^^
Résumé parfait, conclusion pertinente, 20/20.
Je viens de terminer l ‘ article.
Gaspation au début mais interet au final, meme si la thèse sociologique de Deleuze n’ a rien d’ original aujourd’hui.
C’est la médiatisation et l’argent qu’ elle a generé qui a a mon sens transformé le tennis plus que sa pretendue democratisation ; si l’on regarde bien les origines sociales des joueurs il y a beaucoup de fils de medecins, avocats,sportifs pro, presidents de club,etc… et pas beaucoup d’ enfants de caissieres du prisunic ou , horreur, de chomeurs.
Pas d ‘accord avec le premier posteur qui ecrit que la lutte des classes tout le monde s’en fout aujourd’hui.Par mon metier je suis bien placé pour savoir qu’ au contraire elle existe plus que jamais, les prud hommes et l’inspection du travail sont submergés.
Pour la Coupe Davis eventuellement contre l’ Espagne, il faudra que Jo Will soit à 100% physiquement cette fois, mais de toute façon Nadal a la clef du jeu de Tsong désormais, trop monolithique, pas assez mobile, trop irregulier en revers ( ca fait deja un point Spain).
Monfils ? Il peut nous faire une Gasquet contre Haas mais il produit trop de déchet, défaites bizarres, excuses. Comme il le dit lui meme le jeu de Kohlshreiber « matchait » idéalement avec le sien.
Llodra est sympathique, mais à ce niveau son jeu c’est le poilu de 14 en pantalon rouge face aux mitrailleuses…
J’aime bien l’image avec Llodra. Mais avec le niveau qu’il a proposé à Marseille, je pense qu’il peut poser énormément de problèmes à pratiquement tous les joueurs. Comme il l’a dit lui même dans une interview après sa victoire contre Soderling, il n’y a aucun joueur à l’exception de Federer qui se dise « Chouette je joue Llodra ! ». Après, il n’a jamais joué contre Nadal, mais je ne suis pas sûr que si le français est en grande forme, sur surface ultra-rapide, l’espagnol lui colle trois sets.
Après, le problème de Llodra, c’est qu’il est en super forme une semaine par an, et que ça a été déjà le cas en 2010…
Tu as bien résumé : Llodra pose des problèmes, qui aime jouer un gars qui mets la pression au filet sur tous les points (en tout cas sur son service)
Mais Nadal a su résoudre les équations Karlovic, Llubicic, Roddick. C’est la puissance qui performe les joueurs comme Mika, Verdasco l’ a s’il ne pète pas les plombs. Ce serait du suicide de l’ aligner en simple, Llodra a battu combien de top Ten dans sa carrière ?
Pfff, je crois que j’ai tout pété, ils sont partis. Reviens Karim, j’arrête j’ai dit, je le jure. Tu fais quoi, tu lis des interviews de Monfils ?
Christian, t’es où, t’adores Forget en plus ? Viens…
Chewbacca, Sampras est-il un wookie, en vrai ? Hein ?
En plus y’a une super ambiance dans le Team France, ça fait trop plaisir, vive l’indenté nationale, Michel Delpech et Richard Gasquet ! Sans déconner, ça peut passer face à l’Espagne, faut pas les jouer à Roland Garros, quoi…
« Chewbacca, Sampras est-il un wookie, en vrai ? Hein ? »
Tu me prends pour un con Poisson?
Antoine tu kiff Shakira?
inchalha Federer remportera Rome M-C et RG! inchalhaaaaaaaaaaaaa!
Tsonga blessé en jouant un matche qui ne compte pour rien… C’est moi ou Forget (et Tsonga) est un abruti et ne fait pas jouer Simon, LLodra, Benneteau pour des matches qui ne valent rien?
Benneteau joue le suivant, mais Tsonga a du vouloir faire son malin et est tombé, peut-être la cheville.
Pas de surprise, ça sera bien l’Espagne ! et Ferrer a collé un 11 jeux à 0 à Wawa pour terminer son match (à partir de 4-1 contre lui au 2° set)
Pour la surface du quart à venir, je crois que quand on reçoit une équipe comme l’Espagne actuellement (très haut niveau ET polyvalente), on doit s’appuyer sur ses points forts et jouer sur une surface qui convient à ses joueurs. Dans le cas de la France, c’est bien l’indoor, ce qui tombe bien puisque c’est la surface qui avantage le moins les espagnols comme démontré par David. De plus, beaucoup de français ont au moins un titre dans ces conditions. Je ne vois pas ce qui pourrait les pousser à choisir une autre surface (pourquoi pas celle de Lyon, assez rapide je crois). J’ai assez hâte de voir ce que donnera cette rencontre
Les russes sont également passés. Du côté de la Suède, Soderling mène 2 sets à 0 bien serrés, on s’achemine doucement vers un 5° match décisif… Je trouverais dommage que l’Argentine passe à la trappe dès le 2° tour quand même
Honnêtement, croyez-vous en les chances des Français pour battre les Spanish? car c’est facile, à mon sens, de fanfaronner face à une équipe plutôt faible (Kohl ne fait plus rien de bien depuis sa défaite face à Nadal à l’AO). Car si sur le papier, ils seront avantagés par la surface, auront-ils le mental et le tennis suffisant face à des Nadal, Ferrero et Verdasco qui s’emploieront à conserver leur titre, et qui ont pour réputation de ne rien lâcher? Je pense que je suivrai avec beaucoup d’intérêt, bien que la CD bof!!!
Honnêtement, en l’état ACTUEL des forces cela semble une affiche assez équilibrée, supposant qu’elle se jouera en indoor. Nadal n’est pas au mieux, Verdasco n’est pas au mieux en indoor, Ferrer limite est plus à l’aise mais Monfils a le jeu pour le contrer et il est foncièrement moins fort que Tsonga en indoor, tout comme Almagro, et je pense que notre double est plus fort. Maintenant si Nadal revient à un très bon niveau (ce que je crois), ça sera beaucoup, beaucoup plus difficile. Pour autant les espagnols seront favoris mais il y a un espoir
Pas sur que les Suédois s’en sortent. Le diable Nalby est sorti de sa boite hier et va certainement jouer le match décisif à 2-2 !
Sur France-Espagne, il ne faut pas se planter sur la surface comme on l’a déjà fait dans le passé.
Les options possibles sont jouer en dur extérieur, à Roland Garros si c’est techniquement possible ou ailleurs; jouer en indoor plus ou moins rapide ou, éventuellement, si cela est possible, sur herbe sachant que cela se jouera une semaine après la finale de Wimby et que le choix du lieu et de la surface doit être annoncé avant Wimby.Pour cette raison, il faut exclure l’herbe. On ne sait pas qui sera bon à Wimby.
Entre dur extérieur et indoor, ce qui convient le mieux aux joueurs est sans doute l’indoor mais c’est surtout ce qui peut le plus géner les Espgnols. Il faut donc prendre l’indoor même si au mois de juillet, c’est pas très glorieux..
Il semblerait que le choix soit déjà arrêté : ce sera en salle.
Hier soir en tout cas Forget disait que cela n’était pas arrêté et qu’il laisserait les joueurs choisir, soit dit en passant nouvel exemple de la façon dont il exerce le rôle de capitaine..
Et pourquoi pas le hangar d’Amiens
Guillaume, tu t’en charges?
En juillet, l’absence d’eau chaude est moins problématique
Peu importe le lieu « TERRE -MER-AIR « l’armada Espagnole torpillera le flottille Française.
Francky pourquoi fais-tu le malin?hein!
On verra quelles sont les équipes mais si c’étaient les mêmes côté français et que Nadal était bien là côté espagnol, ils ont une bonne chance de passer, peut être une chance sur trois, voire plus..
Ils ont plusieurs possibilités: Jo et Monfils gagnent leur match contre le deuxième espagnol et les français gagnent le double; soit l’un des deux parvient à taper Nadal compensant éventuellement une défaite de l’un des français contre le deuxième espagnol ou la perte du double..
Les français ont droit à très peu d’erreur: s’ils perdent le double, ils sont condamnés à devoir battre Nadal en simple. Le double sera certainement décisif.
Faut-il encore que Nadal soit là, parce qu’après l’enchaînement saison sur terre, puis Wimby, il risque d’être un brin sur les rotules, notre Espagnol.Car le 1/4 se déroulera le week-end suivant la finale de Wimby, dur dur, non ?
Fed l’avait fait après l’US, mais cela lui avait semblé bien fatigant.
2-1 Pour Nalby dans le match décisif. Il vient de perdre le troisème set et risque d’être un peu juste physiquement.
Oui, il risque de devoir ramer maintenant..
En fait dur extérieur à Roland Garros cela peut être bien aussi si Nadal a perdu entretemps là bas à nouveau..mais je ne sais pas si c’est possible techniquement..
Très bel article, je viendrai commenter dans un instant. Là quand je vois Nalbide jouer, je dis courage à celui qui l’aura dans un premier tour de GC ou M1000… Just amazing tennis player!!!
En regardant Nalbandian j’ai finalement trouvé la réponse à la question : pourquoi un type aussi doué que Federer n’a t-il pas un palmarès à la hauteur de son talent? La réponse est toute simple. A la différence de Federer Nalbide cherche constamment à faire le point. Le jeu qui ne consiste qu’à remettre et remettre ne fait malheureusement pas parti de son arsenal de guerre. Chose que le suisse sait très bien faire (c’est quasiment devenu son jeu d’ailleurs). Le jour où Nalbide apprendra à faire cela, il pourra alors songer à gagner un GC…
C’ est qu’il a changé alors , je me souviens de ses debuts où il avait gagné pas mal de matchs en jouant la contre attaque, probablement son physique ne lui permet plus de temporiser aujourd’hui
Alfred, je pense aussi que l’investissement est très loin de celui du Suisse. Le tennis n’a pas été sa priorité ces dernières années, un pur talent intermittent du spectacle
C’est une vision parcellaire des choses. Nalbandian n’a pas de physique, il a un mental douteux, son service est trop irrégulier, et il n’a pas l’éthique de travail d’un Federer car trop passionné par des distractions extratennistiques (le rally entre autres…)
Enfin, Nalbide fait un excellent retour et montre aussi à quel point il est attaché à la Coupe Davis. J’espère qu’à défaut d’un GC, peu probable maintenant, il remportera un jour la coupe des Mousquetaires. Parce que revenir de convalescence et jouer un match décisif chez les adversaires ( certes à un adversaire modeste), chapeau tout de même !
« J’espère qu’à défaut d’un GC, peu probable maintenant, il remportera un jour la coupe des Mousquetaires. »
La Coupe de Dwight Davis plutôt… car la Coupe des Mousquetaires est celle d’un GC, Roland Garros.
Tu aimes bien collectionner les boulettes pas cachère toi!
» je me souviens de ses debuts où il avait gagné pas mal de matchs en jouant la contre attaque »
Dans « contre attaque » il y a bien « attaque » même si celui qui le fait ne prend pas d’intiative. Quand je parle du jeu qui ne consiste qu’à remettre, je parle de celui qui consiste à remettre la balle sans vie dans le court. Federer est devenu un maître dans l’art. C’est quelque chose que Nalbandian ne sait pas faire. Il est cependant un très bon contre attaquant si je puis le dire.
On ne doit pas regarder les mêmes matches de Federer…
Remettre la balle sans vie dans le court c’est du Murray, pas Federer.
Federer peut le faire mais ce n’est pas sa filière. Il est plutôt du genre à guetter/provoquer la balle à mi-court qui lui permettra de crucifier son adversaire.
T’es lequel Yaya toi ? Le vainqueur de Lyon 87 ou 88 ?
..Et Nalby permet finalement à l’Argentine de passer malgré les deux victoires de Soderling ! C’était pas évident et il l’a fait.!
Il y en a un autre qui l’a fait, c’est Djoko et on ne peut pas dire que Querrey lui ait fait cadeau du match puisqu’il a fallu qu’il aille au bout des cinq sets ! Les Ricains out dès le premier tour donc..Les serbes doivent être en joie !
Pas Querrey Antoine, mais le tall John !!!
Impressionnant Isner, d’avoir pu embarquer le spé de terre battue en 5 sets.
Se faire embarquer dans un match en 5 sets à domicile , sur TB par Isner… pour un prétendant à RG…ou alors le géant US nous réserve de belles surprises.
A moins que ce soit une de ces diableries de la CD qui avait vu en son temps, Corretja battre Sampras sur gazon…
En attendant on est tranquille avec cette compétition pour 4 mois, parfait, ça sera pendant la digestion de Wimbledon.
Bon l’article est fait (j’attends pas la fin de Chili-Israel, les Chiliens vont leur mettre une raclée pour terminer).
Je fais quoi avec l’article, je le publie directement avant de partir demain ou je l’envoie par mail svp?
envoie à guillaume, si tu as une photo en tête on prends aussi, si non guillaume a fait un petit stock !
et merci d’avance ! j’ai hâte de lire
voili voilou it’s done
Pour le choix des surfaces de la rencontre France vs Espagne, je suis surpris que le gazon soit même mentionné par Antoine et David dans son analyse très juste. A moins de jouer sur le court du consulat (ou l’ambassade je ne sais plus) britanique, la rencontre ne pourra pas se jouer en France. Je crois que c’est le seul court en gazon répertorié dans l’hexagone. Ou en tout cas l’un des seuls.
Sur surface indoor, je pense que la rencontre est équilibrée, je donne 55/45 pour l’Espagne. Mais avec beaucoup de « si » sur la forme des joueurs. Il y a tellement longtemps que je n’ai pas vu de Nadal qui fasse peur que je ne sais plus si on doit le considérer comme toujours effrayant. Même Shakira le met à terre!
Pas mal le commentaire de Llodra qui dit que personne ne le prend comme une bonne nouvelle dans son tableau; cool, mais qu’est-ce que lui en fait de ça? Pour l’instant on ne peut pas dire que son palamrès soit vraiment impressionnant. C’est pas une bonne nouvelle de le jouer mais ça passe quand-même.
Les serveurs-volleyeurs sont une denrée trop rare en 2010 pour qu’on puisse se permettre de les dénigrer avec légèreté. Llodra n’a pas un palmarès à rallonge : ça veut juste dire qu’il a du mal à enchaîner les perfs. Cà n’empêche qu’il accroche quelques scalps de temps en temps… pour perdre au tour d’après – sauf si semaine de surchauffe.
Dans le cas de Llodra c’est d’autant plus remarquable qu’il a longtemps été un joueur du top 100-200 et n’a percé dans le top 100 en simple que tardivement, en fait lorsqu’il a un peu désinvesti du double. Il a fait depuis 4 ou 5 allers-retours de la 40ème à la 120ème place.
Normalement les jeunes attaquants adoucissent leur style avec l’age et le classement qui s’améliore. Lui met peu d’eau dans son vin. Avec le jeu de chien fou qu’il a à son age, c’est vraiment un cas particulier.
Oui, il y a aussi un autre problème: c’est qu’il est très souvent blessé ou souffrant de l’épaule et que tout son jeu s’en ressent alors. Jusqu’à présent, il n’a jamais pu défendre vraiment ses chances à Wimby alors que c’est sa meilleure surface. Je ne désespère pas. S’il est en forme et qu’il a un tirage pas trop dur, il peut aller en quarts, voire en demies puisqu’on y a bien vu Schuettler il y a deux ans ! Un joueur pas à l’aise sur herbe comme Davydenko ou Del Potro détesterait certainement l’avoir dans les pattes en première semaine..
Fort intéressant. Mais bon encore un coup des masses dominantes qui veulent nous faire croire qu’ils ne suent pas et ne vont pas à la selle. Tout aristocratique était-il Big Mac se fringuait comme un sac ,avait un bandeau moche et une coiffure ridicule alors que Borg se fringuait comme un sac…euh..portait un bandeau laid et ..euh….euh..avait une coiffure grotesque. Bon je reviendrai plus tard, hein !
Je n’ai pas réagi encore à cette pourtant très intéressante contribution. Je n’ai rien à ajouté. La thèse de Deleuze- que je ne connaissais pas – tient parfaitement la route. Merci de m’avoir fait découvrir cela.
Intéressante discussion sur le revers à une ou deux mains; je suis en partie d’accord avec ce qui a été dit: le retour sur investissement à court terme, c’est le revers à deux mains, le pari à long terme, c’est le revers à une main. MAIS je pense qu’il y a un autre facteur à prendre en compte également: quand vous commencez le tennis à l’âge de 4 ans, il est impossible de taper un revers à une main. C’est impossible. Ca demande trop de force dans le bras et même trop de coordination pour y parvenir. Donc quand tu commences le tennis tôt, tu apprends un revers à 2 mains (comme moi…). Evidemment, ce n’est pas impossible à changer par la suite, mais ca reste quand même très difficile.
La prédominance du revers 2 mains dans l’élite, c’est dû, on l’a dit, à la démocratisation du tennis, à Borg, donc, par effet de copie. Mais aussi, et cela n’a pas été dit, parce qu’avec cette démocratisation, des enfants ont commencé à jouer de plus en plus tôt… et ont donc dû jouer à deux mains leur revers.