Tragédie en quatre actes : la rivalité entre Pete Sampras et Andre Agassi

By  | 27 décembre 2010 | Filed under: Regards

Cincinnati, le 16 mars 2010. C’est caviar et champagne sur le court central. Dans le coin gauche, accusant trente titres du Grand chelem et plus de dix ans de suprématie sur le circuit à la pesée combinée, Pete Sampras et Roger Federer ; dans le coin droit, accusant quatorze titres du Grand chelem et détenteurs de tous les grands trophées convoités, André Agassi et Rafael Nadal. Sur fond d’œuvre caritative pour voler au secours d’Haïti meurtrie, se trouve réuni le double le plus étoilé de l’ère Open.

L’ambiance est bonne enfant, le tennis de qualité, le public ravi, jusqu’au clash aussi inattendu qu’incongru : à un Pete Sampras improvisé imitateur et singeant sa démarche façon lapin Duracell, André Agassi répond par une évocation perfide et malvenue de la prétendue pingrerie de son glorieux compatriote, révélée dans son autobiographie ; l’affaire se solde par une tentative de décapitation au service, signée Sampras.

Cette scène inouïe qui envahit la toile avant même la fin de la rencontre plonge toute l’assistance dans un malaise palpable,  à commencer par leurs deux partenaires médusés. La passe d’arme  n’est finalement pas si étonnante analysée à l’aune d’une des plus grandes rivalités de l’histoire du jeu. Sampras le déterminé contre Agassi le torturé, Pete aimanté par le filet  contre André soudé à sa ligne de fond de court, le meilleur serveur de l’histoire contre le meilleur relanceur, la sobriété de l’un contre le strass et les paillettes de l’autre. C’est la joute à mort pour la suprématie sur les années 90 entre deux destins entremêlés, enchevêtrés, inextricables ; à la fin de l’envoi, Pete l’emportera par vingt touches à quatorze.

Aucun autre théâtre mieux que Flushing Meadows ne peut rendre compte de l’âpreté de la rivalité, et surtout des blessures morales infligées à Agassi ; après tant de déconvenues, de désillusions voire d’humiliations, comment s’étonner que sommeille sous le crâne du divin chauve un foyer de rancœur, de jalousie ou d’hostilité ? Retour sur une descente en apnée vers les enfers en quatre actes.

US Open acte 1 : 1990, la claque.

Après quelques années d’errance post-McEnroe où son tennis a bégayé  entre Brad Gilbert, Aaron Krickstein ou  Tim Mayotte, la bannière étoilée s’apprête à flotter à nouveau sur le toit du monde : Agassi, Sampras, Courier et Chang, la génération fantastique se met doucement sur orbite et laisse augurer de lendemains qui swinguent pour l’Oncle Sam.

Le premier à tirer est le moins attendu des quatre et sur la terre prétendument la moins fertile ; Chang remporte Roland Garros en 1989 au bout d’un tournoi fou, tellement qu’il ne peut raisonnablement servir de valeur étalon. Cet épiphénomène ne saurait changer la donne, le premier de cordée, celui dont tout le monde attend l’avènement quasi-messianique, c’est André Agassi. Il est la tête de proue de ce formidable quatuor, la star incontestée et dont la voie pavée d’or vers les cimes du classement ATP souffre pourtant déjà de quelques écarts de trajectoire. Après une année 1988 riche de six titres et deux demi-finales dans les seuls Grands chelems qu’il honore de sa présence, le futur roi annoncé s’enlise en 1989 entre errements métaphysiques et médiatiques, sollicitations mercantiles et choix de raquette mal inspiré. L’année 1990 le voit revenir sur sa trajectoire, avec un premier grand titre à Key Biscayne  qui se veut encore à l’époque le cinquième Slam, et surtout une première finale à Roland-Garros où il bégaye un tennis ankylosé, tétanisé par l’événement ; André se saborde en finale face à un Andres Gomez qui n’en demandait pas tant.

L’occasion de se racheter frappe rapidement à sa porte sous la forme d’une nouvelle finale, à l’US Open cette fois, contre Pete Sampras quelques mois plus tard. Vous avez dit qui ça ? Pete Sampras, l’attaquant volleyeur de la bande, plus discret jusqu’ici, celui qui n’a pris que trois jeux à Chang à  Roland-Garros l’année d’avant, mais se signale à la face du monde un peu plus tard à l’US Open en écartant le sosie de Mats Wilander, tenant du titre pourtant. Son parcours jusqu’en finale cette année 1990 est homérique, et malgré des victoires en cinq sets sur les légendes vieillissantes Lendl et McEnroe, Agassi reste le favori logique de la rencontre.

D’affrontement il n’y aura pas, la rencontre se soldant sur le score sans appel de 6/4 6/3 6/2, la faute à un Sampras divinisé et en totale lévitation. Ce fakir d’un jour fait asseoir la baudruche fluorescente sur sa planche cloutée où elle explose littéralement. André dira lors de sa conférence de presse n’avoir jamais été autant dominé en étant pourtant aussi déterminé et accrocheur. Contrairement à Paris où il avait actionné son mécanisme d’autodestruction, Agassi n’a cette fois rien à se reprocher, il a juste été surclassé par nettement plus fort que lui, ce qui rend la pilule moins amère mais plus difficile à déglutir.

Première transition

Les deux Némésis prennent alors des trajectoires différentes, mais leur accession au sommet est retardée par l’émergence non-anticipée de la quatrième force, aphone jusqu’ici : Jim Courier remporte Roland-Garros en 1991. Il bat en finale André Agassi qui conforte ainsi l’opinion largement répandue qu’il ne serait qu’un pétard mouillé. Jim enchaîne avec une finale à New York où il reçoit les derniers sacrements des mains de Dieu déguisé en Edberg, mais se reprend tout de suite à Melbourne en 1992 puis double la mise à Paris. Il est le vrai patron du circuit et met sous l’éteignoir les trois autres Fantastics.

L’intermède Courier n’a toutefois pas les mêmes répercussions sur Pete et André. Pour Sampras, à qui Courier n’a jamais posé de réel problème sur le court (16-4 dans le « H2H »), l’éclipse s’explique davantage par la maturation technique de son tennis et la digestion de sa victoire retentissante à New York en 1990. Deux matches clés se joueront pour lui à Flushing Meadows : en 1991 où tenant du titre il fait cadeau à Courier du quart de finale les opposant et en 1992 en finale où il se fait seppuku contre Edberg en finale. Le déclic intervient pour lui après ce match largement à sa portée mais qui lui échappe ; il se découvre alors comme haïssant la défaite.

Le début de l’année 1993 marque l’accession de Sampras sur le sommet de l’Olympe du tennis. Il n’est alors tenant d’aucun titre du Grand chelem, ce qui provoque les railleries d’un Jim Courier  aigre et qui vient de remporter l’Australian Open pour la seconde année consécutive. Pete sort son boulier compteur dès Wimbledon et entame une formidable série de succès à laquelle les plus fins observateurs le voyaient promis depuis son explosion à New York trois ans auparavant. Il en profite pour régler son compte à Jim Courier en finale ; on ne le sait pas encore mais Sampras précipite par la même occasion la fin de la carrière aux sommets de Jim ne sera plus que l’ombre de lui-même jusqu’à sa retraite six années plus tard.

Et André Agassi dans tout ça ? Le Kid de Las Vegas vit beaucoup plus mal la percée de Jim Courier. Sur le court déjà où il est régulièrement battu – parfois sèchement – par le rouquin de Dade City, et dans la tête ensuite où il ne digère pas que son ancien porteur d’eau chez Bolletieri lui soit désormais nettement supérieur. André sombre, et ce n’est pas sa victoire miracle à Wimbledon qui change la donne, il n’est toujours pas prêt pour dominer régulièrement le sommet.

US Open  acte 2 : 1995, le traumatisme.

De l’eau a coulé sous les ponts, entraîné avec elle les vestiges du passé comme Edberg ou Becker, et charrié quelques nouveaux comme Ivanisevic, Krajicek ou Kafelnikov. Sampras domine le tennis sans partage depuis deux ans mais la seconde moitié de l’année 1994 voit revenir Agassi comme un boulet de canon. Provisoirement en paix avec lui-même et débarrassé de ses soucis de poignet, Dédé désormais coaché par Brad Gilbert fait un retour fracassant sur le devant de la scène et ébranle les fondations de la maison Sampras. Il s’impose à Flushing Meadows en 1994, enchaîne avec un premier titre à Melbourne en 1995 et arrive à New York fin août auréolé de quatre titres estivaux consécutifs  sur le circuit américain, dont les Masters Series du Canada et Cincinnati.

Autant dire qu’Agassi fait figure d’épouvantail ; c’est tout simplement le leadership du tennis mondial qui se joue sur ce tournoi. Sampras a remporté son Wimbledon contractuel, Roland-Garros échouant dans l’escarcelle de Thomas Muster. Cet affrontement  en finale entre Agassi et Sampras doit tout simplement couronner le patron de l’année 1995, celui qui aura doublé la mise en Grand chelem. Agassi est dans une bonne dynamique comme on l’a vu, et a par ailleurs remporté trois de leurs quatre derniers affrontements. Désormais régulier dans la performance et dur au mal, il sent que son heure de détrôner Pete a enfin sonné.

Le match n’atteint pas des sommets, même s’il est ponctué du plus bel échange jamais engagé entre ces deux virtuoses. Il se solde sur le score de 6/4 6/3 4/6 7/5 et une victoire de Pistol Pete. André Agassi est dévasté et peut méditer sur l’adage « qui veut aller loin ménage sa monture ». Son fol été est certainement pour quelque chose dans le résultat, mais la vérité est que sur ce tournoi, « leur » tournoi national, Pete Sampras ne conçoit tout simplement pas de perdre contre lui.

Agassi sort détruit de la rencontre, la défaite la plus dure de sa carrière selon son propre aveu. Si près mais si loin, il fait l’amer constat que Sampras demeure hors d’atteinte et surtout, sait toujours se sublimer pour le battre quand c’est réellement important.

Seconde transition

Après le traumatisme de l’US Open 1995, Agassi enchaîne avec une année 1996 bien maussade, avec comme fait saillant unique son titre olympique à Atlanta qui lui mettra un peu de baume au cœur et achèvera surtout d’asseoir son statut d’homme orchestre. Sampras quant à lui repart de plus belle et continue à dominer le tennis mondial, même s’il n’a plus la même marge sur ses poursuivants. Il termine l’année 1998 à la première place du classement ATP pour une incroyable sixième fois consécutive, mais le rush final pour faire tintinnabuler la cloche du record l’a laissé exsangue, épuisé moralement et mentalement. Comment expliquer autrement une défaite en trois sets secs en finale de Bercy face à Greg Rusedski ?!!!

Pour Pete, rien ne sera plus jamais comme avant. Le champion continue le combat, mais ses forces déclinent inexorablement. Agassi pendant ce temps suit l’asymptote inverse, comme un grand cru il se bonifie avec l’âge et entame une seconde, une troisième ou quatrième carrière, on ne compte plus vraiment. Sur les 64 titres que compte son palmarès, Sampras aura soulevé 61 trophées avant l’année 2000 et trois uniquement après. Agassi pendant ce temps aura glané 44 titres avant 2000, mais 16 encore après, ce qui confirme que sur cette partie crépusculaire de leurs carrières respectives, c’est lui désormais qui fait la course en tête. Il lutte épaule contre épaule avec la nouvelle garde quand Sampras se prend régulièrement des tannées indignes de son pedigree.

S’ils croisent encore de temps en temps le fer sur des tournois mineurs, leurs deux affrontements les plus glorieux à New York restent à venir.

US Open acte 3 : 2001, le chef-d’œuvre.

New York, Arthur Ashe Stadium. Comme sur le Louis Armstrong par deux fois déjà, André Agassi et Pete Sampras se retrouvent à l’US Open, en quarts de finale seulement cette fois. André a déjà quatre titres sur dur cette année-là, dont un Grand chelem en Australie et deux Masters 1000 ; autant dire qu’il est encore sacrément dans le coup. Il reste d’ailleurs sur trois victoires consécutives sur son rival, chose totalement inusitée pour lui dans l’histoire de leurs affrontements. Pete Sampras justement est à la dérive. Il n’a pas soulevé le moindre trophée depuis plus d’un an et a même été battu dans son jardin londonien par un jeune Suisse au talent étincelant et promis à sa succession.

Sur la route de l’US Open, André défait Pete en finale de Los Angeles. Une fois de plus, son indice boursier personnel est au plus haut quand les actions Sampras sont (Meryl) Lynchées. Les deux protagonistes vont offrir ce soir là à un public médusé leur plus beau récital. Quatre sets d’une intensité inouïe émaillés de points fabuleux, une empoignade sans merci où les fautes directes n’ont pas droit de cité. En quatre jeux décisifs Pete Sampras va s’imposer une fois de plus, 6/7 7/6 7/6 7/6 à l’issue d’un combat titanesque. Déjouant les pronostics, faisant fi de la conjoncture alors défavorable et de l’ascendant pris par André, il pratique un tennis d’attaque éblouissant, le couteau entre les dents. Se sachant désormais dépassé en fond de court, Pete se rue au filet comme un mort de faim, comme si sa vie en dépendait.

En défense, en retours, en passings, André fait des miracles mais ne peut empêcher la victoire de la hardiesse, de la fougue. Ce match peut être vu comme le tournant d’une époque, la dernière grande démonstration de jeu à la volée à Flushing Meadows. Cette rencontre reste dans les mémoires non pas pour sa symbolique assez limitée en définitive et son impact restreint sur le reste du tournoi, mais plus par sa qualité technique : le meilleur match entre les deux meilleurs joueurs des années 90, leur Borg-McEnroe de Wimbledon 1980.

US Open acte 4: 2002, pour l’éternité.

New York, Arthur Ashe Stadium, on prend les mêmes et on recommence, en finale cette fois. Le contexte est le même que l’année précédente, André refuse de vieillir (cinq titres dont trois Masters 1000 depuis le début de l’année) et Pete boit le calice jusqu’à la lie subissant la pire humiliation de sa carrière sur un court annexe de Wimbledon, vaincu par un « no-name » et vêtu d’une tenue vierge de tout sponsor. Pistol Pete n’a plus rien gagné depuis plus de deux ans et fait le dos rond face aux railleries des journalistes, voit le changement dans l’attitude et le regard de ses adversaires. Il n’est plus rien, juste un has-been accroché au tennis comme une moule à un rocher qui ne veut plus d’elle et sur lequel se brisent les vagues de l’oubli par qui elle refuse de se laisser emporter.

En se limitant aux apparences, cette rencontre prend des allures de baroud d’honneur, de mise à mort programmée pour Sampras. C’est oublier que même décroché au classement et régulièrement talqué et langé par les meilleurs du circuit, Pete Sampras renaît toujours à New York. Il reste sur deux finales ici, largement perdues certes, mais deux finales quand-même. Et il y a surtout cette capacité à se sublimer quand il joue André dans ce tournoi, devant « leur » public. Pete a trop souffert pendant ces deux années écoulées, a assisté à son propre enterrement et écouté les oraisons funèbres chantées par les fossoyeurs charognards à mémoire courte. Il a une ultime chance de lustrer sa légende quelque peu ternie et faire à tous des adieux dignes de son rang.

Ce match sera au jeu près la copie conforme de la finale de 1995, et si les causes sont différentes, les effets sont identiques, Sampras s’imposant 6/3 6/4 5/7 6/4. Lui qui a toujours mis un point d’honneur à dominer Agassi depuis la ligne de fond de court, à son propre jeu, fera claquer une dernière fois cet incroyable coup droit qui plus que son service, aura mis Dédé à l’épreuve pendant ces quinze années de compétition.

Sampras porte à quatorze unités le record de titres glanés en Grand chelem. En un match il expie ses péchés et excommunie les impies qui ont douté de lui. Il part sur cet ultime coup de raquette, cette ultime rencontre. Il pose une dernière pierre à sa légende immaculée, il part le meilleur. A la différence d’autres immenses champions, lui a conscience qu’il vient de remporter son dernier tournoi du Grand chelem, et qu’il s’en ira selon ses propres termes.

Dans ce moment historique chargé d’émotion, un homme reste seul sur le bord du court, abattu mais conscient peut-être qu’il n’avait pas rendez-vous avec l’histoire ; c’est André Agassi. Un troisième titre ici n’aurait rien de comparable avec ce qui vient de se passer. Il a conscience qu’il est et sera resté le rival de Pete, mais n’aura jamais été son égal.

Epilogue

Retour en 2010 sur le central de Cincinnati où le jeu a repris son cours. Agassi au micro est toujours aussi volubile, quoi qu’un peu emprunté désormais ; Rafa et Roger ont l’air de deux petits garçons et Pete tente de faire bonne figure. Ce double de gala ira jusqu’à son terme, mais combien des 16 000 personnes dans le stade ont encore en mémoire les quinze années que nous venons d’égrainer ? Combien comprennent que deux champions de cette étoffe et tellement différents ne peuvent au mieux que se respecter, et en aucun cas s’apprécier sincèrement ? Cette pièce jouée en quatre actes a toujours rendu le même verdict, et la sortie maladroite d’Agassi n’y aura rien changé. Seule subsiste l’une des plus belles rivalités du sport moderne, et le sentiment d’être privilégié pour ceux qui l’ont vécue en direct.

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458 Responses to Tragédie en quatre actes : la rivalité entre Pete Sampras et Andre Agassi

  1. Jean 27 décembre 2010 at 10:43

    Vu le peu de réactions en ce moment je me demande s’il est vraiment utile de faire défiler les articles tous les deux jours.

    Karim qui parle de Sampras, c’est attendu et forcément intéressant, on est sûr d’avoir le fond et la forme. Les deux derniers matchs sont peut-être les plus beaux, celui de 2001 est un sommet et celui de 02 est le dernier de Pete, moi je le trouve magnifique car il illustre mieux qu’aucun autre le chip & charge pratiqué par le Shy Concombre en fin de carrière, avec lequel il avait déjà agressé le futur vainqueur et meilleur serveur de son époque Roddick. Comme quoi. Un an après seulement, le paradigme du tennis s’était inversé, cette dernière grande performance de Sampras, c’est également je crois la dernière au filet, malgré les deux premières victoires de Federer à Wimbledon. Emotionnellement, voir un attaquant s’imposer en prenant ainsi son destin en main, c’est le top, avec la victoire d’Iva à Wim, ça suffit à faire de 01 et 02 de très belles années.

    A voir donc ces rencontres qui semblent appartenir au siècle dernier (et… qui appartiennent au siècle dernier, merde), on peut se demander ce qui c’est passé dans le tennis en trois ou quatre ans seulement. Pas grand-chose, simplement la suite d’un mouvement en cours et la prise de conscience que Sampras était un joueur tactiquement exceptionnel, y compris au début des 90’s où s’imposait le paradigme bollettierien comme le rappelle l’article. Le roi des shot makers, sans aucun doute. Perso, j’ai toujours plus cru en une évolution mentale vers plus de sécuritarisme (l’influence de Borg) qu’en autre chose, d’ailleurs, Federer semble être reparti vers l’avant sans que quelque chose dans les cordages ou vitesse des surfaces ait été changé.

    Pete Sampras, donc, j’ai toujours du mal à parler de lui tennistiquement, il suffit en fait de regarder ces matchs, dans le festival de 90, Arthur Ashe est hilare tout le long, c’est que ce que nous propose Sampras est jouissif au sens premier du terme. J’ai récemment revisionné toutes les finales possibles de l’USO et après une pourtant foisonnante décennie, il saute littéralement à la gueule que Sampras est le joueur le plus complet ever, la synthèse entre tout ce que le jeu a pu produire jusque-là. Et ces trajectoires, toujours tendues comme un jour d’élection à Abidjan… Je ne pourrais jamais comprendre que l’on considère parfois uniquement Sampras comme un grand serveur, sa volée de coup droit punchée souvent également en volée basse le place notamment dans les meilleurs dans ce domaine, techniquement, cela n’a rien à voir avec ce qui a été fait auparavant. Et puis, cette capacité unique à « tuer » le point !!!

    Ce que je ne peux pas non plus comprendre, c’est la froideur, voire souvent l’insignifiance, émotionnelle accordée à Sampras alors que même en y réfléchissant bien, j’ai du mal à imaginer un joueur ayant plus donné de sa personne sur le court, à de nombreuses reprises bien connues il est allé jusqu’au bout de lui-même comme aucun autre, je ne vois pas trop ce que l’on pourrait lui demander de plus.

    On peut d’ailleurs rappeler que la fatigue est supposée faire partie de la dramaturgie du sport et pousser les joueurs dans leurs retranchements, avoir une influence sur leur tactique. Aujourd’hui, plus personne n’est fatigué, à part Djokovic qui est bizarre (on est plus dans la diarrhée, la perte de lentilles…) et même les marathoniens finissent à peine essoufflés… Cela enlève une dimension, heureusement qu’il y les maladies génétiques, l’on retrouvait d’ailleurs parfois chez Zidane le même aspect tragique que chez Sampras.

    Merci Karim de nous rappeler tous ces moments forts.

    • Jérôme 27 décembre 2010 at 11:11

      Pour moi, Sampras n’était pas le joueur le plus complet, mais à l’époque où il y avait des vraies surfaces rapides (ça fusait beaucoup plus à Wimbledon, les balles étaient + rapides ailleurs, et la révolution des matériaux, des cordages et des surfaces de tamis utiles n’avait pas encore renversé la vapeur en faveur des relanceurs), il a été la machine à tuer sur surfaces rapides la plus proche de la perfection qu’on ait pu imaginer.

      Le meilleur service qu’on ait jamais vu. Un coup droit tendu invraisemblable. Une explosivité physique digne d’un très très grand athlète. Et effectivement une volée laser qui, si elle n’était pas la meilleure du circuit (Edberg et Rafter étant un cran au dessus) était remarquablement efficace.

      Ajoutons-y un mental énorme, placidement implacable, à mon sens supérieur à celui de Borg qui masquait tout mais ressentait certainement beaucoup.

    • karim 27 décembre 2010 at 11:23

      Pour la volée, le visionage récent de quantités astronomiques de youtube me font placer Pete au niveau des deux autres. Mais ses coups d’approche – service et coup droit – étaient tellement supérieurs à ceux d’Edberg et Rafter qu’ils donnaient plus l’impression de réaliser des miracles au filet. La volée de Sampras est exceptionnelle, surtout ces volées punchées sans équivalent.

      • Elmar 27 décembre 2010 at 13:14

        Le joueur parfait à la volée =

        - Coup d’approche de Pete
        - Toucher de balle d’Edberg
        - Jeu de jambes et volée punchée de Rafter
        - Demi-volée de Pete.

        Mc, c’est un truc à part qu’on pourrait mixer avec rien du tout.

    • inès 27 décembre 2010 at 13:19

      Sampras, le joueur le plus complet ! Alors là, pas d’accord du tout, Jean !
      En retour, quand il ne pouvait pas monter, il finissait une fois sur deux par faire la faute en revers…
      Il montait parce qu’en fond de court, il ne pouvait pas rivaliser longtemps avec un adversaire régulier !
      Par contre, le problème pour le gars en face, c’était, comment réussir à lui prendre son service !

      • Duong 27 décembre 2010 at 13:28

        je pense qu’on est plusieurs à ne pas être d’accord mais
        ne disons rien pour ne pas contrarier un homme en guerre ;)
        Disons que cette thèse peut se défendre, dans un registre très offensif Sampras était très complet … (ne parlons pas de son revers, très sous-estimé comme tu le sais ;) )

        • inès 27 décembre 2010 at 13:40

          Jean est en guerre, Duong !

          Dans un registre offensif, c’est très différent !
          Alors là, on a effectivement un joueur en la personne de Sampras qui maîtrise très bien tout ce qui est nécessaire pour venir finir le point à la volée et, en premier lieu, un service vraiment exceptionnel !

        • Duong 27 décembre 2010 at 14:01

          je pensais à l’adorateur suprême de Sampras par ailleurs rédacteurs de l’article ;) (que je soupçonne d’ailleurs d’avoir sorti un article sur Sampras en cette période troublée pour lui pour qu’on ne puisse que louer cet immense joueur que fut Sampras ;) :lol: )

    • Jean 27 décembre 2010 at 14:18

      Ce que j’avais déjà exprimé dans un article sur les finales USO 78-92, c’est que lorsqu’il gagne en 90, Sampras arrive avec un style qui apparaît comme révolutionnaire dans sa complétude. Techniquement, c’est évident dans l’équilibre général du jeu (entre l’avant/l’arrière, la droite/la gauche) au moins depuis Laver mais Pete dispose d’une force de frappe bien supérieure, en partie à cause du matériel mais pas seulement (Laver était trop petit pour être énorme au service et son coup droit était plus bombé, celui de Federer lui ressemble plus). Sampras, c’est en fait l’avènement d’un jeu nouveau (ayant plus de rapport avec le jeu pré-Borg qu’avec la décennie précédente) qui comptait des représentants comme Stich ou Pioline, très polyvalents et en concurrence avec le style Bollettieri. A l’époque de son arrivé, Sampras me semble donc être le plus complet, pas trop envie de me lancer dans un débat avec Federer. On est effectivement dans des cadres tactiques très différents.

      • Duong 27 décembre 2010 at 14:44

        je comprends tout à fait ce que tu veux dire, mais j’aurais du mal à situer Sampras dans une lignée de joueurs (dont Pioline en plus …) : l’arrivée de Sampras était révolutionnaire, comme le fut plus tard celle de Fed, et Sampras apparaissait effectivement à son arrivée comme un type extrêmement complet, plus complet du fond qu’Edberg, et beaucoup plus complet que l’école Bollettieri.
        Comme le décrit bien Karim, au moment où Sampras est arrivé, tout le monde voyait arriver Agassi et l’école Bollettieri avec en plus Courier gros comme une maison.
        Chang était un peu un extra-terrestre, tout aussi jeune (c’est même le plus jeune de tous ces types-là), mais qui ne pouvait pas dominer le tennis.
        Sampras a représenté une révolution à l’US Open 90 … avant de décevoir un peu dans les années suivantes où Courier a au contraire été énorme (d’ailleurs voilà un joueur sous-estimé dans les rétrospectives par rapport à ce qu’il a représenté sur le
        moment : je ne suis jamais d’accord avec ceux qui présentent Agassi comme LE rival de Sampras par excellence, un peu comme Nadal l’a été pour Federer : au moment où Sampras fait son trou en 93, son principal rival est Courier, et sur l’ensemble de la période où Sampras a été au sommet, il a eu plusieurs rivaux, mais Agassi ne s’impose pas vraiment au-dessus des autres à mon avis, Courier est clairement un des rivaux principaux).
        Effectivement j’ai un peu senti le même sentiment sur l’éclosion de Sampras que je l’ai eu pour l’éclosion de Fed. Et ce joueur était très impressionnant et assez excitant pour ce qui concerne
        son jeu.
        Sinon, pour situer Sampras en opposition à la décennie 80, il faut quand même dire que Sampras s’était entraîné un moment avec Ivan Lendl, et son énorme coup droit avait certains points communs à mon avis avec celui de Lendl ;)
        Alors que des coups droits comme ça, je ne m’en souviens pas dans la génération « pré-Borg ».

        • Jean 27 décembre 2010 at 15:07

          Federer m’apparaît beaucoup plus comme un joueur de poignet que Sampras, dont la pronation d’un poignet quasiment verrouillé était généralement compensée par celle du coude, notamment au service. Cela lui donne certainement moins de flexibilité mais plus de « sustain », c’est vrai qu’il y a des similitudes là-dessus avec Tristos.

          La part réelle d’influence de Lendl, je n’en sais rien.

        • Duong 27 décembre 2010 at 15:21

          je ne suis pas du tout un technicien, mais il me semble que dans l’accompagnement du coup droit, le geste de Sampras a des similitudes avec celui de Lendl.
          Dans mon esprit à l’époque, Sampras pouvait me faire penser à Lendl pour le coup droit, mais avec en plus un jeu d’attaquant un peu comme Becker et Edberg (Becker étant plus par rapport à Edberg dans la filière de Sampras, car ne montant pas systématiquement au filet comme Sampras, même si Sampras avait évidemment un jeu beaucoup plus souple que Becker).
          Mais je ne dis pas que Lendl a eu une influence sur lui, juste j’ai évoqué un stage que Sampras a fait chez Lendl et qu’il a déjà évoqué comme lui ayant notamment montré la quantité de travail qu’il
          fallait faire.
          Il avait dit aussi avoir été impressionné par le talent et les qualités de toucher de Lendl ;) :lol: (désolé Antoine ;) )

        • Elmar 27 décembre 2010 at 23:17

          Et d’accord aussi avec ce que dit Duong : Agassi n’a jamais été, à mes yeux, LE rival de Sampras.

          Sans doute ont-ils l’un et l’autre vécu leurs affrontements ainsi du fait de tout ce qui les opposait. Mais concrètement, Sampras a eu des adversaires – parmi lesquels Agassi.

      • Elmar 27 décembre 2010 at 23:09

        Je suis d’accord avec Jean: à son arrivée, Sampras représente une forme de tennis total, comme la Hollande de Cruyff représentait le football total.

        Evidemment, a posteriori, on pourra toujours y redire qqch ou le comparer avec la génération actuelle. Mais à son arrivée, c’est exactement comme ça qu’il était perçu.

  2. Jérôme 27 décembre 2010 at 11:04

    Clap ! Clap ! Clap ! Clap !

    C’est super. Strong through the force is our little green friend.

    C’est ton choix annoncé, Karim, que de t’être concentré uniquement sur l’US Open.

    Ce choix est très cohérent et justifié par l’attitude, les réactions et la psychologie d’Agassi. Pour Agassi comme pour Sampras d’ailleurs, comme pour les sportifs américains en général, le drapeau, ça compte beaucoup. Et c’est certainement ce qui explique le poids des victoires et des défaites à Flushing.

    Il aurait aussi été possible de prendre en compte tous leurs chocs en grand chelem pour aboutir à la même conclusion.

    Pour le détail, il n’y a qu’un point sur lequel je sois en désaccord avec toi : ton appréciation sur la finale de Flushing 1990. J’ai vu et revu le match, et franchement, Agassi y paraît nettement en retrait, apathique, n’appuyant guère les balles. Pete y est remarquable, mais encore tendre : ce n’est quand même pas la finale de Wimbledon 1999.

    Si j’en reviens à mon approche différente : on a eu 9 confrontations entre Sampras et Agassi en GC.
    Bilan : comme dans les guerres médiques, le grec l’emporte sur le perse par 6-3.

    Agassi n’a pas été ridicule.

    Après tout, il a vaincu 2 fois Sampras à l’OA (1995 et 2000) et l’a écrabouillé en 1992 en quart à Roland Garros.

    D’ailleurs, moi qui n’ai vraiment apprécié Agassi que sur le tard, à partir de son ultime rédemption de 1999, je regarde toujours avec perplexité leur finale de l’OA 1995. Il y avait quelque chose que je trouvais malsain en Agassi, une rage mauvaise, avant même sa pire blessure égotique intervenue lors de la finale de l’USO 1995. Je ne sais pas à quelle motivation il carburait alors, mais …

    Leur match à l’OA 2000 était extraordinaire, et incroyablement équilibré, jusqu’à ce que Pete craque physiquement. A Wimbledon 1993, Agassi qui était limite intermittent a été remarquable et a poussé Pete aux limites des 5 sets.

    Lors de Wimbledon 1999, Agassi jouait probablement le meilleur tennis de sa vie sur gazon. Il a fallu que Sampras soit divin du début à la fin pour le battre en 3 sets.

    Si je me focalise à nouveau sur les seuls duels américains des 2 champions, il faut souligner le déséquilibre temporel. Les 2 premiers ont lieu en 1990 et 1995. Les 2 derniers ont lieu lors de la dernière année de carrière de Sampras : en 2001 et 2002.

    C’est ce qui me fait croire, même si la thèse de Karim est séduisante, que la blessure d’Agassi vient en partie d’ailleurs.

    Agassi, je pense que, comme l’a illustré son crash lors de l’exhibition « Hit for Haïti », c’est certes un des très grands champions de l’histoire du jeu. Mais ça reste pour moi un type à la fausse religiosité new age, zen de pacotille limite scientologie, qui croit qu’assumer ouvertement sa jalousie et ses mauvais sentiments c’est être en harmonie avec soi-même. Dédé, malgré tous ses succès, est un type qui n’est toujours pas adulte à 40 ans.
    J’en suis à me demander si, en plus d’avoir la chance d’avoir réussi à faire de Steffi Graf sa femme et la mère de ses enfants, il n’a pas conservé envers elle une part de jalousie sur le fait qu’elle est plus équilibrée que lui.

    Désolé pour les fans de Dédé qui me trouveront peut-être trop dur avec lui mais avoir les réactions qu’il a eues alors qu’il avait tout pour être comblé, ça me donne la dent dure.

    Je crois qu’Agassi a fait des mauvais choix, en partie poussé par son entourage peut-être, mais qu’il n’a jamais assumé. Et pourtant, il était incroyablement talentueux.

    La seule défaite où il ait paru relativement en paix, c’est l’USO 2001, après leur match extraordinaire. Mais peut-être est-ce du au fait qu’il était alors heureux d’attendre la naissance de son 1er enfant.

    Mais bon, il devait certainement avoir des excuses, et notamment d’avoir eu un père timbré qui a fait que son fils est resté un enfant peureux.

    • karim 27 décembre 2010 at 11:20

      En finale de USO en 90 Agassi n’est pas brillant ou particulièrement punchy, mais il est concentré, appliqué. De quoi faire un bon match si l’autre subit la pression d’un premier grand événement. Mais en face Sampras joue son meilleur tennis de la quinzaine, vraiment. Il arrive en finale avec un parcours qui est loin d’être une promenade de santé, même McEnroe et son jeu en toc le pousse aux 5 sets (Jean c’est ici que nos chemins se séparent).

      En Australie Dédé est intouchable, tout lui va. Les courts, le moment de l’année, les conditions. Ils s’y seraient joués six fois, on aurait fini à 5-1 ou un truc du genre. Le hasard a voulu que les deux se jouent en GC dans les deux citadelles de Sampras, New-York et Londres. L’histoire aurait été tout autre si la balance était plus équilibrée entre les quatre GC. ça me rappelle quelque chose ça… avant que Nadal ne triomphe également sur herbe et dur.

      • Jérôme 27 décembre 2010 at 11:58

        Non, Mac Enroe a été battu en 4 sets pas particulièrement serrés par Sampras lors de leur demi de l’USO 90 : 6/2-6/4-3/6-6/3.

  3. Jeanne 27 décembre 2010 at 11:04

    Sans nul doute, un de tes meilleurs articles, rythmé par une élégante sobriété et un sens de la narration superbement maîtrisé (ton style n’est jamais meilleur à mon sens que lorsque tu joues cette carte-là, le fond étant ainsi servi au mieux, sans éclipse par de trop brillants ou nombreux effets de forme) et beaucoup de tendresse et d’empathie pour ces deux énormes champions.

    Les photos sont terribles où l’on voit la peine (et l’envie) énorme d’Agassi et illustrent sans doute parfaitement ses frustrations, avec quelque chose de tragique, comme tu l’écris, dans la répétition d’une logique finalement implacable.

    Je souscris pleinement au commentaire/article de Jean, Sampras disposait à sa main d’une faculté d’explosion que je n’ai jamais vue ailleurs. Elle était très marquante au service, mais se manifestait quasiment dans tous les compartiments de son jeu, comme si Zeus lui avait prêté sa foudre.

    On a aussi le cas d’un champion de l’extrême qui s’est consumé à l’ultime pour inscrire ses records, sachant renaître après des années végétatives pour partir sur la plus belles des fins.

  4. karim 27 décembre 2010 at 11:09

    Sampras est clairement pour moi le joueur le plus sous-estimé parmi l’élite tu tennis de l’ère open. Borg LA star dont on oublie souvent que le jeu était loin d’être entertaining, Laver la légende que personne n’a vu jouer mais tous adulent par principe comme Mandela, Federer le veau d’or. Même en passant dans la seconde division des GOATS entre les Nadal, Agassi, McEnroe, Connors, on a l’impression en traînant sur les forums que Pete vient après tous ces gars, qu’il a fait moins bien qu’eux ou en tout cas laissé une trace moins profonde.

    Finalement je me dis qu’il était peut-être trop normal pour être perçu de tous à sa juste valeur, trop simple. Quand je lis que c’était un serveur et basta, comme Roddick ou pis, Karlovic, je me demande à travers quel prisme il faut l’avoir regardé pour penser une chose comme celle-là. Même ce service, à l’époque des bombardiers comme Ivanisevic, Rosset, Krajicek, Ruzedski, il n’a jamais été le plus prolifique en aces ou afolé le radar. Précision, variations, seconde balle, toute la panoplie, geste simplifié, épuré.

    Je reviendrai!

    • Duong 27 décembre 2010 at 11:13

      ouais sauf que tu oublies de dire qu’il y a encore quelques années, Sampras était appelé le « GOAT » et toute la compétition se résumait en gros entre Sampras et Federer pour ce titre.
      Non je ne suis pas du tout de cet avis que Sampras est le plus sous-estimé, pour moi ceux qui sont sous-estimés sont les plus anciens, avant l’ère des « records ».
      Borg en particulier qu’est-ce que je lis parce qu’il n’a jamais gagné l’US Open, ou qu’il a arrêté parce qu’il était totalement dépassé par les jeunes et notamment par McEnroe, etc, enfin …
      non « Sampras sous-estimé » là ça me gêne singulièrement aux entournures :lol:

    • karim 27 décembre 2010 at 11:25

      Je ne parle pas en termes de palmarès, qui sont incontestables, mais plus de trace laissée dans la psychologie des fans de tennis.

    • Colin 27 décembre 2010 at 11:47

      Le plus sous-estimé c’est Emerson :lol:

      • Jérôme 27 décembre 2010 at 12:04

        Moi, je dirais plutôt que le plus « surestimé » c’est Emerson. ;-)

        Il est le cas qui montre bien qu’on ne peut pas comparer les palmarès constitués à partir de l’ère open avec ceux constitués avant.

        Rosewall, Laver, Hoad, Budge et Tilden sont les exceptions.

        Mais quand on pense qu’un Pancho Gonzalez n’a que 2 titres du GC, alors que ce type a été le big boss du tennis pro pendant 10 ans et a pris sa 1ère retraite au tout début des années 60 alors qu’il était toujours le boss on se rend compte que comparer le nombre de titres du GC des joueurs actuels avec ceux des grands anciens, c’est comme prendre la Bible ou l’Iliade et l’Odyssée comme des livres d’Histoire.

        • Ulysse 27 décembre 2010 at 12:17

          OK avec ta thèse Jérôme mais cesse de critiquer l’Odyssée.

    • Elmar 27 décembre 2010 at 23:28

      OK avec Duong: Pete n’est sous-estimé que depuis qu’on estime que le duel du GOAT se joue entre Federer et Nadal.

      Pete est donc en train de vivre la même « ringardisation » qu’ont connue tous les anciens géants. Laver, puis Borg. C’est l’attrait du nouveau face au vieux.

      Faudra t’y faire, Karim, mais dans 2-3 décennies, il y aura des types qui diront sur des forums: « soyons sérieux, mais ce Sampras, personne ne l’a jamais vu jouer ».

      Dans un tout autre registre: je suis né en 80 et pour moi, la seconde guerre mondiale, c’était hier. Il y avait des gens pour en témoigner, il y avait des répercussions sur le fonctionnement des gens, de la société, etc. Pour les jeunes d’aujourd’hui, la WW2, ça fait partie de l’Histoire.

  5. Duong 27 décembre 2010 at 11:09

    Merci Karim, le match de 90 et les premières années Sampras oui c’était assez magique, seul Federer m’a redonné la même impression depuis ;)
    Mais juste une question car ça m’étonne : leur match de 2001 est vraiment leur meilleur ? au-delà du score ?
    Sur l’épisode le plus récent, je suis beaucoup moins sévère que beaucoup de gens : ils étaient là pour faire les clowns et quand Karim incrimine Agassi, il faut se souvenir comment la saillie d’Agassi est arrivée : Sampras se moquant d’Agassi après qu’Agassi s’était moqué de lui, et Sampras à ce moment-là disant à Agassi « qu’est-ce que tu réponds à ça, hein ? »
    Bref il fallait sortir quelque chose de drôle à ce moment-là et Agassi, quia souvent tendance à en faire un peu trop, a voulu sortir cette « clownerie » qui en fait dépassait les bornes, je crois vraiment que c’était plus un jeu au début (certains pourront dire « une compétition » entre les deux, là oui je suis d’accord : Agassi voulait au moins être le plus « clown ») mais c’est mal tombé et ça a créé un blanc, que les deux ensuite n’ont pas su comment éteindre, « ça s’est mal goupillé » comme je dis souvent.
    Sinon je suis toujours impressionné en matière de mythologie tennistique par les « ellipses » et les phrases du style « machin a laissé la victoire à truc » : pour faire une belle histoire, il faut écrire ce genre de choses, et donc ça donne « Agassi laisse la victoire à Gomez », « Sampras laisse la victoire à Courier et Edberg », etc etc … pour le bienfait de l’histoire il faut tout axer autour de ces deux-là et les autres ne sont qu’un élément du décor :lol:
    La mythologie du tennis est souvent comme ça ;)

    • Jérôme 27 décembre 2010 at 11:15

      Sur la finale de Flushing 92, j’ai moi aussi eu l’impression que Sampras s’était délité tout seul. C’est lui qui avait en mains les clés de la victoire et de la défaite.

      La meilleure preuve en est, selon moi, la suite de la carrière de Pete. Sa réflexion sur cette défaite lui a permis, comme le recommandait Socrate, de devenir le champion hors normes qu’il était potentiellement.

    • Duong 27 décembre 2010 at 11:22

      je ne me souviens pas de ce match, mais depuis que j’ai lu le même genre de jugements à gogo sur des matches récents, notamment la finale de l’US Open Fed-Del Potro, je me méfie énormément de ces jugements.
      J’ai lu ailleurs qu’Edberg avait été fantastique.
      Enfin au-delà, c’est la mythologie du tennis, écrite toujours après coup et pour « écrire une belle histoire » … ça n’est pas mon truc.

    • karim 27 décembre 2010 at 11:34

      La finale de 92 est celle qui met Samrpas le champion au monde, c’est aussi simple. Et le fait qu’il vive cette défaite de la sorte prouve bien qu’il avait le fort sentiment de n’avoir pas fait ce qu’il lui aurait fallu, avec les armes dont il disposait. Edberg a été monstrueux un an avant, en 91. Mais là c’est Sampras qui ne joue pas le tennis qu’on attend de lui, Edberg fait le métier.

      Pour le Fed-JMDP on dira ce qu’on veut, mais ce match Fed ne le perd pas, c’est JMDP qui lui passe sur le corps. Premier avertissement à RG où ça ne passe pas loin, après la déculotée de Melbourne. JMDP prend confiance, et à NY décroche le pompon et au masters confirme.

      • Colin 27 décembre 2010 at 11:46

        100% d’accord, JMDP arrache le match avec son jeu et ses tripes, comme il aurait pu arracher la demi-finale de RG 3 mois auparavant avec un peu plus de chance.

        • William 27 décembre 2010 at 11:49

          D’accord aussi. Autant j’avais été frustré lors du 5e set de la finale de l’OA la même année, autant sur cette fin de match rien à dire.
          Mais difficile d’oublier que Fed menait 5-3 30-0 dans le deuxième set…

      • Jérôme 27 décembre 2010 at 12:11

        ben non. 90% en désaccord. Vous vous placez juste dans le 5ème set pour aboutir à cette conclusion.

        Le fait que Del Potro et Nadal aient arraché la victoire 6/2 au 5ème set à l’USO 2009 comme à l’OA 2009 n’enlève rien au fait que Federer avait vraiment tout en main pour boucler le match en 3 ou 4 sets et qu’il n’a pas su saisir les occasions.

        Dans les 2 cas il a eu une vilaine panne de service.
        A l’OA son coup droit était en goguette et Nadal le faisait gamberger tactiquement.
        A l’USO, c’est autre chose, il n’en avait plus sous le pied après son super-saturday pour suivre la surenchère physique de Del Potro qui, lui, vu son gabarit, son âge et son repos, avait les moyens de passer la surmultipliée.

        En disant cela, je ne pense pas porter un jugement de valeur mais juste mettre en évidence que certains joueurs ont des atouts, d’autres ont des atouts différents.

      • karim 27 décembre 2010 at 12:27

        USO entre Fed et JMDP fera toujours débat, chose que je ne comprends pas d’ailleurs. Comme si pour certains Fed se faisait voler le match. C’est vrai j’aurais aimé aussi qu’il boucle un quatrième petit chelem mais franchement, sur ce match, il n’y a pas escroquerie quoi, JMDP l’a fait. et clean.

        • Duong 27 décembre 2010 at 13:03

          ce que je comprends c’est que Fed a mené 1 set-zéro, break, eu plusieurs balles de double break, mené 5-3 30-0, à ce moment-là joué un point de manière trop laxiste puis Del Po met un passing énorme sur la ligne …
          Ensuite Del Po gagne deux tie-breaks …
          Bref, je comprends tout ça : oui Fed est passé tout près …
          Mais à partir du tie-break du 2e set, Del Po est un peu devant dans le jeu et joue très très bien.
          Surtout Del Po n’avait pas mangé avant le match, pas dormi le jour d’avant, bref il aurait pu perdre avant tout parce que c’était sa première finale mais il gagne quand même, et donc chapeau il le mérite ! A côté de ça le fait que Fed ait laissé
          passer des occasions, ou pire encore cette histoire de services alors qu’il perd sur deux tie-breaks … Del Po est allé chercher son match, un très gros match d’ailleurs, et chapeau il le méritait.
          Mais moi comme William, c’est plutôt la finale de Melbourne où je trouve que Fed perd alors qu’il était au-dessus de
          Nadal. Nadal s’est accroché mais Fed avait largement de quoi gagner …

    • Colin 27 décembre 2010 at 11:45

      Je pense que d’écrire « A a laissé la victoire à B » est un raccourci journalistique, qui, s’il est mal lu, peut en effet laisser croire que A ne tenait pas suffisamment à la victoire. C’est une absurdité évidemment, comment un type qui a remporté 6 matches en 3 sets pour se retrouver en finale d’un GC pourrait-il renoncer facilement? En revanche, on a tout à fait le droit de penser que A n’était pas, le jour de la finale, à son meilleur niveau… Ça arrive hélas souvent qu’un joueur n’arrive pas à retrouver, le jour J, les ingrédients qui lui ont permis d’être performant jusque là. Après, il est extrêmement difficile de mesurer la part causée par son adversaire (Gomez RG 1990 pour Agassi, Edberg US 1992 pour Sampras) relativement à celle qui lui est propre. Après tout, certains arrivent bien à gagner des finales en jouant mal lorsque leur adversaire est encore plus tétanisé (Gaudio RG 2004).

    • Duong 27 décembre 2010 at 11:53

      un match se joue à 2 joueurs, et les 2 joueurs sont rarement tous les deux à 100%, et puis surtout on surestime souvent le « 100% » d’untel :
      je ne critique pas le fait que ça puisse être compris comme « untel ne tenait pas à la victoire », mais je critique le concept même qu’un match puisse se résumer à « machin n’était pas à 100% » :
      ça arrive que ça puisse se résumer ainsi, mais infiniment moins souvent qu’on le dit, en général ce genre de concepts revient surtout à sous-estimer la performance de l’adversaire, comme vient de le dire Karim pour Del Potro en finale de l’US Open 2009.
      KArim dit ça pour Del Potro, hé bien moi je peux le dire aussi pour la finale de RG 90 que j’ai vue et où Gomez a super-bien joué : pas du tout sûr qu’Agassi aurait gagné en jouant mieux.
      Et en 92, Edberg était mieux classé que Sampras et tenant du titre, Sampras n’avait pas fait une seule finale de grand chelem depuis 90. Alors je n’ai pas vu le match, mais ça m’étonnerait qu’il puisse se résumer à « Sampras a laissé la victoire à Edberg ».

      • Jérôme 27 décembre 2010 at 12:14

        Pour moi qui ai aussi vu la finale de RG 90, Agassi a été très en dessous de son niveau habituel. Outre qu’il n’avait pendant longtemps pas grand chose dans le pantalon et qu’il se souciait du scotch fixant sa perruque, il avait le stress d’une 1ère finale dont il était le favori.

        Il me paraît évident que dans un jour correct, il aurait gagné cette finale.

      • Duong 27 décembre 2010 at 13:07

        bein oui Agassi Agassi … mais c’est toujours pareil : on ne regarde qu’un seul joueur … et l’autre alors ?
        Tu vas encore te trouver des zozos qui vont te dire que Wilander en jouant à son niveau « normal » n’aurait jamais dû perdre contre Noah en 83 … et qui oublient totalement le niveau de jeu de Noah cette quinzaine-là !
        Le tennis ça n’est pas des maths !
        Comme je lis des trucs du style « Sampras aurait forcément trouvé quelque chose, forcément gagné », des gens persuadés qu’il y a une formule magique qui font que ce type de gars gagnent quoi qu’il arrive, quel que soit l’adversaire, quel que soit le moment …
        Tout ça me fait marrer : personne n’a de formule magique, même Sampas il lui arrivait de perdre avant tout parce que son adversaire avait fait ce qu’il fallait.

    • Elmar 27 décembre 2010 at 23:39

      Sur l’épisode de Hit for Haïti, pour moi,c’est clairement Pete qui l’a mauvaise. C’était pour rigoler, lui le prend sacrément mal et ça tourne au vinaigre. Alors ok, c’était pas très fin de la part de Dédé, mais y avait pas de quoi en faire un fromage.

      Concernant le Fed-DelPo: de la Poutre est allé chercher sa victoire et la mérite. Après, si on se place du point de vue de Fed: il laisse son adversaire revenir dans la partie alors qu’il doit mener facilement 2 sets 0. Des matchs comme ça, l’histoire du tennis en est bourrée. Au final, on est très loin du hold up, mais il y a un gout d’inachevé pour Rog’. Cela dit, sur RG-USO, que ça fasse 1-1 est assez logique. Vu la physionomie des matchs, j’aurais tendance à dire que l’Argentin méritait plus de l’emporter à Roland et Rog’ légèrement plus à l’USO; mais finalement, je pense que Fed peut être satisfait que cela se soit fait dans cet ordre.

      Pour l’épilogue du Masters, Fed’ peut être très heureux d’avoir grapillé un set au passage.

  6. Colin 27 décembre 2010 at 11:39

    Vraiment du très bon boulot maître Yoda. On a attendu longtemps, mais tu as envoyé du lourd. Bravo et merci.

    « Comment expliquer autrement une défaite en trois sets secs en finale de Bercy face à Greg Rusedski ?!!! » Ben tout simplement par le fait que Greg est tout simplement le GOAT caché, allons!

    • Elmar 27 décembre 2010 at 23:39

      Greg était injouable sur ce tournoi. Ca fait mal de le dire, mais c’est ainsi. Imbreakable, le mec.

  7. William 27 décembre 2010 at 11:47

    Superbe article, merci Karim ! La mise en page est magnifique, les extraits vidéo ne polluent pas le texte, c’est très, très bon.
    De la rivalité Sampras-Agassi je ne connais que peu de choses, du moins « en live ». J’étais petit à cette époque et j’avoue qu’Agassi était mon premier coup de coeur. Peut-être en voyait-on plus d’images su rla télévision française à l’époque ?
    Toujours est-il que Sampras m’a depuis époustouflé par ses trajectoires, notamment son coup « fétiche » : le coup droit en bout de course, long de ligne ou même crosé ! On le voit d’ailleurs très nettement dans l’extrait que tu livres sur le « meilleur point ».
    La différence d’appréciation entre les deux vis-à-vis du public peut peut-être s’expliquer par le fait qu’Agassi était, ou du moins semblait, plus proche des gens. Il montrait un peu plus, en quelque sorte comme Nadal qui est aujourd’hui très apprécié par les plus jeunes. Encore une fois c’est un paradoxe, car celui qui souffre du décès de son coach en plein match, qui vomit sur le court ou qui finit un match perclus de crampes -en gagnant à chaque fois d’ailleurs – c’est bien Sampras. Allez savoir…

    Le dernier affrontement est un must car il montre à quel point on joue à travers son meilleur adversaire. Agassi, c’est la madeleine de Proust de Sampras. Quand il le rejoue, dans la clameur de Flushing, en finale, son tennis s’étoffe mystérieusement et la mécanique se remet en marche. Comme si André était une donnée à prendre en compte pour que Pete sorte son meilleur numéro. Comme si, en fin de compte, il l’avait « intégré » et que, au grand dam de Dédé, il se « serve de lui » pour gagner.

    • karim 27 décembre 2010 at 12:14

      « Agassi, c’est la madeleine de Proust de Sampras »

      le Masters 99 l’atteste. Agassi remporte RG et USO, il est le patron. Sampras joue encore très bien mais se blesse. il ne dispute pas l’USO d’ailleurs, et qui sait si sans cette blessure et titré à NY il n’aurait pas fait la passe de 7? Bref, Pete arrive au Masters sans trop de repères et Dédé vient se faire couronner. Qui n’a vu le match? la plus grande perf de soliste de Pete contre André, plus encore je pense que Wimbledon la même année. Surtout qu’André le trucide 6-2 6-2 en match de poule.

      • Jérôme 27 décembre 2010 at 12:19

        Un très grand match en finale, c’est vrai. Mais en même temps, c’est un grand classique du Masters que de voir un joueur se faire battre en poule par le joueur X puis prendre sa revanche en finale contre le même joueur X.

    • karim 27 décembre 2010 at 12:21

      les extrait vidéos parfaitement intégrés au texte sont l’oeuvre de Guillaume. moi je les avais placardés bien vilain vilain.

  8. Pierre 27 décembre 2010 at 12:11

    Merci Karim, tu m’as donné là l’occasion de revoir quelques moments mythiques, notamment la finale de l’USO 2001, qui mérite un 20/20 : intensité, qualité des échanges, opposition de styles et pléthore de points gagnants… Je retiens moi aussi le Sampras volleyeur : il colle le filet et donne l’impression de toujours être capable de jouer la volée en avançant avec des trajectoires improbables.
    Je ne suis pas convaincu qu’il ait délibérément cherché à battre Agassi à son propre jeu, à savoir le fond du court, comme s’il s’agissait d’un défi personnel. Il faut quand même voir que le Dédé mettait une pression d’enfer et que prendre le filet d’assaut sous un tel déluge de parpaings n’était pas chose facile…

    • Jérôme 27 décembre 2010 at 12:15

      En 2001, c’était un quart de finale. :-)

      • Pierre 27 décembre 2010 at 12:22

        Alors ça, c’est mesquin. Vrai mais mesquin :)

  9. Ulysse 27 décembre 2010 at 12:14

    Karim discourant sur Sampras c’est comme Nadal au passing lifté en bout de course, c’est comme Hendrix à la gratte, Phelps au virage retourné, ça fait plaisir de voir quelqu’un dans une activité où il excelle.

    En plus Jean a laché un com hénaurme tout juste derrière. Juste je n’ai rien compris au coté tragique de Zidane à la fin. Tu parles du tragique de la connerie juxtaposée au talent ? Je trouve Sampras incomparablement plus mesuré que le colérique VRP des émirats.

    Sur le fond, je suis ravi d’en apprendre toujours plus sur le pathos des années 90 que j’ai vécues de loin. J’en ai une vue a posteriori donc clinique, très détachée, celle des chiffres et des statistiques. Youtube et Karim sont mes seuls ancrages dans la période.

    Sans eux, je considérerais Sampras comme un escroc avec le cul bordé de nouilles d’avoir dominé si peu mais pourtant si longtemps. Mais avec le bon éclairage et un peu de recul, il faut lui reconnaître comme caractéristique principale non le service, la volée ou le coup droit, mais bien son mental en béton. Sampras a des stats de seconde zone mais est un champion comme décrit par Ali. Plus que Federer. Plus que Borg. Plus que Nadal. C’est le GMOAT. Ca explique tout.

    • karim 27 décembre 2010 at 12:17

      change d’avatar et on discute. sinon ne reviens plus poster ici stp! l’odyssée passe encore mais là…

      • Ulysse 27 décembre 2010 at 16:33

        Il te plaît pas mon avatar Karim ? Pourtant ceux qui me connaissent sur le site peuvent témoigner qu’il décrit à la perfection ma vraie personnalité.

        Rencard à la Bastille ? Tu me reconnaitras facilement. Je suis généralement le seul insecte géant verdâtre avec huit pattes en train de vomir en l’air et de courir pour éviter les gouttes.

      • Jeanne 27 décembre 2010 at 16:51

        Je suis déçue Ulysse, si cette chose est un reflet de ton apparence, je t’imaginais somptueux et royal, le visage souverain au regard majestueux dominant toute la faune et les civilisations de la Méditerranée antique et j’apprends que tu n’es autre que cette créature aux moeurs et conformations douteuses,en proie à des régurgitations verticales saumâtres.

        A peine humanoïde tu es ! Comment une semblable entité a-t-elle intellectuellement pu produire un système cohérent et organisé « Odyssée » ?

        • Ulysse 27 décembre 2010 at 17:58

          N’aie crainte Jeanne. Mon apparence irradie bien toute la noblesse et grandeur que tu imagines surtout que je sors de chez la coiffeuse et que je n’ai pas vomi des vacances malgré mes nombreux excès.

          Mais ça agace alors je feins subtilement d’être petit et moche.

        • Jeanne 28 décembre 2010 at 15:45

          Alors là Ulysse, j’applaudis sans pouvoir m’arrêter

    • Jean 27 décembre 2010 at 12:42

      Sampras et Zidane étaient bien sûr très différents, mais ils avaient en commun le même mal et aimaient bien vomir partout.

  10. Sylvie 27 décembre 2010 at 12:52

    Merci Karim pour ce magnifique article que j’ai lu d’une traite, saisie par la force du texte. On sent tout l’admiration et le respect que tu éprouves pour Sampras. J’aime beaucoup la dimension dramatique de ton article. C’est prenant. Je n’ai malheureusement pas beaucoup suivi cette période. A l’époque j’avais un peu décroché du tennis pour diverses raisons.

    Le choix des photos est très judicieux. Dans la deuxième et la dernière, on lit dans le regard d’Agassi, tout ce que ton texte exprime. J’aime beaucoup l’idée de commencer par le match d’exhibition et d’y revenir pour clôturer.

    « Il conscience qu’il est et sera resté le rival de Pete, mais n’aura jamais été son égal. » Cette phrase est magnifique et le regard d’André l’illustre parfaitement.

    • karim 27 décembre 2010 at 13:16

      Quand je lis ton com je me dis « waouuuu c’est moi qui ai écrit cet article dont elle parle »? :-)

      merci pour ton com Sylvie, et je suis content que tu parles de l’ouverture et le fermeture sur la match exhib parce que l’histoire de l’article c’est vraiment parce que je suis retombé sur ce truc sur youtube et je me suis dis mince, mais les gens se gargarisent sur le truc en oubliant quand-même leur passif commun.

  11. Elmar 27 décembre 2010 at 13:12

    Je vois qu’à peine Noël derrière nous, la production de com’ est repartie de plus belle!

    Bravo, hein! C’est comme ça qu’on bosse alors?

    Sinon, Karim, comme d’hab, article exemplaire. Je te hais pour cette perfection.

    • Sylvie 27 décembre 2010 at 13:39

      Après toute une série d’articles remarquablement écrits et tous très pertinents dont les tiens d’ailleurs, on n’ose plus rien proposer. La barre est trop haute.

  12. Sylvie 27 décembre 2010 at 13:38

    Ce que j’aime bien dans l’article de Karim c’est la réhabilitation de la personnalité de Sampras, souvent considéré comme fade, sans charisme, mou, là où Agassi parait plus rock’n roll. Pourtant des deux, le plus grand c’est Sampras, pourtant Sampras a prouvé qu’il avait un coeur et des tripes et un mental d’enfer. Il donnait tout sur un court mais pas dans l’exubérance. C’est souvent considéré comme un travers alors que cela m’est plutôt sympathique. Après tout, ce qui compte c’est le jeu et non les pirouettes, les cabrioles et le look.

    J’ai été très touchée par l’acte IV et la traversée du désert du champion considéré comme has been jusqu’à l’apothéose finale. On sent que cette période t’as aussi marqué.

    • William 27 décembre 2010 at 13:56

      Tout à fait.
      C’est pour cette raison que je hais l’expression « showman » ou « faire le show », expression complétement galvaudée. Faire le show, c’est tout donner sur le court, dans ses frappes, être dans sa bulle. Ce n’est pas gesticuler ou hurler systématiquement pour combler un manque cruel technique et/ou tactique.

      Comment imaginer le tempête qui fait rage sous le crâne d’un Sampras ou d’un Federer ? Encore une fois, ceux qui en font le moins sont souvent ceux qui en éprouvent le plus. C’est une preuve nouvelle de leur extraordinaire force mentale.

      • Sylvie 27 décembre 2010 at 14:18

        Je connais moins Sampras mais pour Federer c’est tellement vrai. Lui l’ultra émotif, le caractériel qui a su dompter ses émotions pour mieux réussir et qui est si souvent traité de froid, de type qui n’éprouve rien, aucune émotion alors que c’est tout l’inverse. J’imagine que c’est pareil pour Sampras. Maîtriser ses émotions n’a rien à voir avec le fait de ne pas en éprouver.

    • karim 27 décembre 2010 at 15:27

       » On sent que cette période t’as aussi marqué »

      totalement, j’ai grandi avec ces gars, on est pratiquement de la même génération. Aujourd’hui ce que je vois me plait parfois beaucoup mais ne me touche pas vraiment. Je n’aurai jamais la tentation d’écrire un article sur la rivalité Fed vs Nadal par exemple. Je la vois, mais je la « vis » pas. Ou moins.

      Cette victoire de 2002 dans sa symbolique a tellement fait pour Sampras, elle a changé le cours de son histoire, a été plus importante que toutes les autres. Elle venait après la galère, jamais connue avant.

  13. Lionel 27 décembre 2010 at 15:10

    Je vote OUI pour l’article, NON pour le sujet.

    Cet article ressemble a un plagiat de plusieurs articles de SV compilés parfaitement en un.
    http://www.sportvox.fr/article.php3?id_article=15316 Meme les photos sont les memes. Ensuite c est une question de vibrations. Je le (Yoda) préfèrerais toujours quand il ramasse ses balles a deux balles. Ou même quand il se lance dans des analyses techniques qui fatigueraient le commun des mortels.

    En fait l’auteur donne lui meme la faille et la clé de son raisonnement.  »Cette rencontre reste dans les mémoires non pas pour sa symbolique assez limitée en définitive et son impact restreint sur le reste du tournoi, mais plus par sa qualité technique : le meilleur match entre les deux meilleurs joueurs des années 90, leur Borg-McEnroe de Wimbledon 1980. » 27/12/2010. C’est à leur niveau à eux, leur Borg-McEnroe.

    C est davantage un article sur Karim qu’autre chose d’ailleurs, corrigeant Yoda qui ecrivait. »En termes d’aura, de palmarès respectifs, de place dans l’histoire du tennis, peut-être la plus belle opposition de toutes. » 20/07/2007 , in Les grands duels font la legende. SV. 3 ans et demis apres le Yoda nouveau replace le duel a leur juste place. Ca reste du bourrinage froid. Pour moi.
    Et dieu sait s’il a du tout temps à tuer en ces temps de ouatarismes gbagboisés, mais je ne peux pas m’emballer, pour ces deux là, c’est physique. La culture uniforme US, la recherche crétine du GOAT, terme qui n’existait pas avant en tennis. Note j’ai kiffais l’US Open 90, c’était frais jeune, nouveau. Je sais pas, c’est physique, il a pourtant tout pour lui Pete mais j’arrive pas. Après y a eu les 10 Millions de dollar/an Nike, les mêmes phases, toujours toujours pareil. C’est comme Nadal je peux pas, plus plutot depuis quelques années. Overdose de normalité. Faut un peu se marrer avant de crever, et rêver.

    L’article en lui-même est totalement abouti quand les autres peuvent en comparaison n’apparaître que comme une ébauche. Mais il ne m’interesse pas vraiment. Ca ce n est pas la faute de Karim, c est la faute de Sampras. Agassi et Sampras m ont toujours fait deprimer, même bien ecrit, analysé, expliqué comme aujourd hui.
    De plus, l’auteur ignore que sous d’autres contrées plus clémentes politiquement, climatiquement c’est plus dur, donc s’infuser en même temps dédé et son pote, c’est pas de saison.

    Bref, raconte nous le challenger d’Abidjan, ton come-back avorté à Freetown.

    C’est décidement la semaine Sampras, un article trouvé et un trophée retrouvé.

    • karim 27 décembre 2010 at 15:21

      Qui amateur de tennis n’a aimé ni Sampras ni Agassi, a beaucoup souffert dans les années 90. C’est écrit dans ces trois romans remarquables que sont la bible, le coran et la tora.

      ou la la le vieil article que tu me soooooooooooors, je l’avais totalement zappé celui-là!

    • Duong 27 décembre 2010 at 15:38

      Karim : moi j’ai bien aimé les deux, Sampras et Agassi, dans des genres différents, mais ils ne m’ont pas transporté, Sampras était un immense talent mais j’ai pas accroché à son charisme et les gros service me donnaient des boutons à l’époque, Agassi j’accrochais plus à son charisme mais son jeu, seulement quand il rencontrait un joeur de service-volée.
      Mais sinon autant Sampras a complètement marqué les années 90, autant je n’ai pas ressenti Agassi comme ça :
      je te donne les classements de fin d’année d’Agassi dans les années 90 :
      10e fin 91, 9e fin 92 (l’année où il fait son fantastique exploit à Wimbledon), 30e en 93, 2e en 94 et 95 (les deux années qu’il marque complètement), 8e fin 96, perpette fin 97, 6e fin 98.

      Bref si j’ai vraiment du mal à coller à la théorie « les années 90 les années de la rivalité Sampras-Agassi » je crois avoir quelques raisons.

      Pour moi les années 90 c’est Sampras contre plein de très bons joueurs, dont Agassi était le plus prometteur a priori mais qui a complètement déçu. Agassi est celui qui a livré la plus belle opposition pendant un peu plus d’un an, mais à part ça je vois pas la rivalité. Après coup, il y a les 2 matches de 2001 et 2002 qui ont marqué beaucoup de gens et qui ont été énormément « marketés » aussi (à une époque où Hewitt était numéro 1, ce qui explique qu’on s’accrochait à ce qu’on pouvait :lol: ). Dans les années 90, Agassi a été un des rivaux de Sampras, sans plus, avec Courier, Ivanisevic, Chang, Becker, Rafter, Kafelnikov, Stich, Krajicek, Muster …

      • Colin 27 décembre 2010 at 15:41

        Tu as fait exprès, bien sûr, de t’arrêter en 98?

        • Duong 27 décembre 2010 at 15:48

          oui mais pas pour tricher, je ne fais pas des stats pour faire des stats : à quoi bon prendre le mot « décennie » au pied de la lettre ?
          A partir de 99, Agassi commence sa période dorée de vieillesse jusqu’en 2003 et même au-delà, c’est ça que je veux dire.
          Et puis en 99 Sampras, au contraire, n’est plus tout à fait le même.

          • inès 27 décembre 2010 at 19:14

            Effectivement, Sampras a perdu contre beaucoup de joueurs même avant 99 ! Par rapport à la période actuelle et la domination énorme du « couple » Nadal / Federer, c’est vrai que ni Agassi, ni Sampras n’ont dominé ainsi. Sampras perd aussi contre un autre américain dont personne ne parle, c’est T. Martin !

      • Duong 27 décembre 2010 at 15:45

        pour moi Agassi c’est avant tout les promesses de 88-90, l’exploit fantastique de Wimbledon 92 (à mon avis un des plus grands du tennis des 30 dernières années), l’apogée de fin 94 et 95, puis une très belle vieillesse.
        Mais même le « carreer slam » : l’US Open 94 n’a rien de marquant, et là on rejoint (avec les blessures) le fait qu’Agassi a très régulièrement eu du pot dans les tirages de grand chelem, j’avais remarqué ça, et Roland-Garros 99 c’était pas non plus énorme.
        Agassi était le plus doué avec Sampras, mais avant 99, ça a été avant tout un joueur à éclipses, qui a seulement donné des espoirs d’accomplir ses promesses en 94-95.
        Courier était moins doué, mais lui a énormément marqué la période 91-93, qui en plus a été une superbe période de tennis à mon avis.

      • William 27 décembre 2010 at 15:48

        Duong, on peut parler de rivalité Sampras-Agassi d’abord car ils sont tous deux Américains. Ca pèse dans la balance ! Ensuite, il y a bien sûr la nette opposition de leurs styles de jeu; aussi le contraste entre les frasques d’Agassi et le côté très discret de Sampras. Après, il y a évidemment d’autres acteurs. Mais Agassi est celui qui a le plus contribué à sceller la légende de Sampras, notamment par ce fameux US 2002.

        • Duong 27 décembre 2010 at 15:53

          exactement : la rivalité Sampras-Agassi est énormément axée autour des US Open 2001-2002 et de l’année 95 (+ fin 94).
          Si je peux dire, enlève les US Open 2001-2002 et je dirais presque que ça ressemble plutôt à la rivalité Fed-Safin qu’à la rivalité Fed-Nadal.
          Même si en 95 ils étaient plus près que Fed-Safin plus tard. Mais pour moi on a un type dominant contre un type ultra-doué mais à éclipses, un peu comme Safin.

          • inès 27 décembre 2010 at 15:58

            Les arguments de Wlliam me semblent vraiment très importants.
            Outre la rivalité américaine que tu reprends, duong, il y a celle du registre de jeu !
            Un attaquant vers l’avant contre un attaquant du fond ! C’est cette opposition de style qui donnait un super spectacle.

          • Duong 27 décembre 2010 at 16:04

            qu’il y ait eu une rivalité « mentale » entre les deux (le type présenté comme le futur du tennis supplanté par un compatriote très différent), de marketing, de style de jeu, de personnalité, c’est évident.
            Mais la seule chose que je dis c’est que du point de vue de Sampras, Agassi n’a été qu’un de ses rivaux, un parmi d’autres, plus important médiatiquement mais pas sur le terrain.
            Sampras a eu aussi des rivalités avec
            Ivanisevic, Courier, Rafter, Chang, Krajicek qui l’a plus battu que l’inverse, Stich qui le gênait beaucoup et le concurrençait en talent, Becker, très grand champion du jeu et grosse personnalité contre qui il a joué un des plus beaux matches de l’histoire, etc etc …

          • Duong 27 décembre 2010 at 16:08

            mais voilà en 2001-2002 ils ont ces deux
            duels alors que Courier, Chang, Ivanisevic, Becker ont disparu, alors que Hewitt et les autre semm…ent le monde même si Kuerten sauve la baraque, ils jouent aux USA en plus, alors là la machine marketing en marche on réécrit l’histoire des années 90 en les présentant comme « LES deux grands dé la période ».
            Ensuite arrivent Fed-Nadal et pareil : on ne peut s’empêcher de ce mettre en parallèle Sampras-Agassi.
            Alors que ce n’est pas comme ça que se sont passées dans la pratique, à l’instant T, les années 90, c’est ce que je dis : la mythologie a réécrit tout ça.

          • Duong 27 décembre 2010 at 16:11

            d’ailleurs la présentation de Karim le montre bien : on a 4 actes dont 2 en 2001 et 2002, et entre les 3 premiers actes, d’énormes périodes de transition …

            • karim 27 décembre 2010 at 16:20

              Entre les deux y’a Wimbledon, Roland Garros, Melbourne. C’est parce que je ne veux parler que de New York.

            • Duong 27 décembre 2010 at 16:32

              non entre les 3 premiers actes il y a 5 et 6 ans.

        • Duong 27 décembre 2010 at 15:55

          pour autant, même en enlevant Nadal, Safin n’a été qu’UN des rivaux de Federer, il n’a pas gommé tous les autres.
          Hé bien pour moi Agassi pour Sampras, c’est un peu ça.
          Et remarque que je ne dis pas ça car je n’aimerais pas Agassi : je l’ai souvent supporté, y compris contre Sampras ;) désolé :lol:

    • Elmar 27 décembre 2010 at 23:50

      OK avec Duong sur la notion de rivalité.

      Sur la question « J’aime-j’aime pas »:

      - J’ai bcp aimé Pete lorsqu’il est arrivé; je l’ai toujours admiré; mais dès 1996, j’étais presque systématiquement pour son adversaire parce que je le trouvais « trop fort », il y avait donc cette tentation de soutenir le « petit »

      - J’étais gamin quand Agassi a établi ses premières perf’ à RG et comme tous les gamins, j’étais pour lui. Mais ensuite, j’y ai été totalement indifférent, jusqu’à ce qu’i deviennent LA référence, je dirais à partir de 2001 ou 2002.

  14. May 27 décembre 2010 at 16:16

    Merci à toi Karim pour cette restrospective « dramaturgicale » sur une partie de la rivalité Sampras / Agassi que je découvre presque, le tennis était loin de mes préocupations de l’époque. J’ai certainement plus de souvenirs d’Agassi car il était plus présent dans l’héxagone à cette époque…
    Depuis quelques mois je « utube » aussi des vidéos de Sampras et c’est vrai que c’est du tennis « Champagne » mais il faudrait ausssi voir des matches complets car les highlights ou les résumés c’est bien mais ça ne reflète pas le cours réel d’un match.
    Et pis comme d’hab’ tes papiers claquent aussi bien que le service ou le smash sauté de Sampras. ;)

    Le 3 en 1
    http://www.youtube.com/watch?v=qXdpkqBcVR8

  15. karim 27 décembre 2010 at 16:18

    A Duong je te réponds sans donner d’argument vraiment construit: mais pourquoi alors dans l’imaginaire populaire sont-ils indisociables? Je pense que ça va nettement au-delà des matches de 2001 et 2002. Et comme dit Colin, tu t’es arrêté pile en 98 quoi! En 99 Pete est encore performant, il gagne Wimbledon et passe devant Emerson, et gagne le Masters. Il ne joue pas l’USO blessé.

    André et Pete ne se sont affrontés pour dominer les années 90, ils se sont opposés l’un à l’autre surtout (sous drapeau US c’est vrai que ça compte beaucoup) et en fonction des fluctuations d’Agassi surtout, cet affrontement a représenté ou pas un combat pour le sommet du classement. Mais c’était avant tout une rivalité de deux virtuoses compatriotes dépositaires de types de jeux opposés.

    • Duong 27 décembre 2010 at 16:29

      mais je ne sais pas de quel « imaginaire populaire » tu parles.
      Dans mon esprit à moi, avant les matches de 2001-2002 qui ont eu un énorme succès, et qui étaient certainement très intéressants par rapport au jeu de l’époque (je n’étais pas un grand fan de Kuerten quant à moi, je l’aimais bien sans plus),
      Sampras et Agassi n’étaient en aucun cas indissociables.
      Agassi avait été le grand rival de Sampras en 95 : c’est peut-être ça qui avait monté la rivalité avant l’époque 2001-2002, plus que l’épisode de 90 à mon avis.
      Agassi avait été le plus prometteur en 88-90 mais battu en finale par le même Sampras, certes. Mais à l’époque j’associais bien plus Agassi à Courier : ils venaient de la même école de tennis, s’étaient longtemps entraînés ensemble, et quand Courier a dépassé Agassi et l’a battu à RG, là c’était vraiment une catastrophe pour Agassi, plus que la défaite de l’US Open à mes yeux ! Et c’est bien Courier qui à l’époque a commencé à dominer le tennis et donc ruiné les espoirs en Agassi.
      D’ailleurs Courier, c’est encore lui qui a été le principal rival de Sampras pendant les premières années où Sampras a gagné : il l’a rencontré une série de fois, et après avoir d’ailleurs perdu contre lui à l’US Open déjà.
      Non dans mon imaginaire à moi, Sampras et Agassi n’étaient pas du tout associés.
      Je dirais même que celui que j’aurais associé le plus spontanément à Sampras à l’époque, c’est Ivanisevic : surgis à la même époque, très gros talents, grand service mais aussi gros jeu du fond, concurrence à Wimbledon et en indoor …
      Moi je suis persuadé que « l’imaginaire populaire » a été énormément marqué par les matches de 2001-2002.

      • May 27 décembre 2010 at 16:37

        Tu as en partie raison Duong mais le palmares d’Agassi est autrement plus fournit que celui de tous les joueurs que tu cites et en ça il était en concurrence directe et aussi indirecte avec Sampras.
        De plus, Pete n’a pas non plus dominé le tennis comme l’a fait Fed, il y avait de la place pour les autres joueurs contrairement à aujourd’hui ou on vit une époque bipolaire qui est anormale dans le Tennis.

    • Duong 27 décembre 2010 at 16:32

      Quant à 99, Sampras la finit avec 3000 points contre Agassi 5000, avant le Masters il était sorti du top-3.
      Il avait gagné Wimbledon et gardé pendant un moment ses points de l’US Open 98, mais à part ça, il n’était même pas l’équivalent de Fed 2010 qui n’a pas été le grand rival de Nadal, on ne peut pas dire ça.

    • karim 27 décembre 2010 at 16:38

      Ivanisevic? Comme danger possible sur herbe oui, et ailleurs? Tu as déjà entendu son nom cité comme vainqueur potentiel ou concurrent de la course à la première place? Nooooooooo là avec cet exemple tu me fais réaliser que tout ceci n’est que question de perception; et la tienne de ce duel est assez éloignée du fameux « imaginaire populaire ». Les deux duels de 2001 et 2002 sont la fin, pas le socle. En tout cas pour ce que j’en ai retenu. Maintenant comme je dis, tout ça c’est question de perception. Courier n’a pas été un rival de Sampras longtemps. Après le passage de témoin et leur seule finale en GC à Wimbledon, c’en est fini de lui.

      • Duong 27 décembre 2010 at 16:45

        mais je i’ai cité les classements de 91 à 98 : dedans tu as DEUX années en tout et pour tout (et encore en 94, Agassi s’est réveillé très tard) où Agassi a été en concurrence avec Sampras pour le numéro 1.
        Tu as vécu toutes les années 90 avec dans l’ombre l’idée que si Agassi « voulait », il « pourrait » détrôner Sampras ?
        Pas moi !
        En 93, Courier oui, en 96 Muster est passé numéro 1, Becker tout près, Chang, en 97 Rafter, en 98 Rios-Rafter.
        Mais il était où, Agassi tout ce temps ?
        En termes de potentiel oui, à ses débuts, je pensais qu’Ivanisevic avait un potentiel de numéro 1 : Ivanisevic a fait quart de finale à RG 90-92-94 en dehors de Wimbledon, en indoor il était fort…
        Entre 90 et 92, Sampras et Ivanisevic étaient deux joueurs prometteurs à des niveaux peu différents, sauf que Sampras avait concrétisé une fois à l’US Open.

        • karim 27 décembre 2010 at 17:22

          « Tu as vécu toutes les années 90 avec dans l’ombre l’idée que si Agassi « voulait », il « pourrait » détrôner Sampras ?

          pas du tout. du tout.

    • karim 27 décembre 2010 at 16:41

      Duong si tu veux nous démontrer cet aprem que comme Gilles Simon, la rivalité Agassi vs Sampras n’a pas existé, autant laisser tomber!!

      • Duong 27 décembre 2010 at 16:47

        mais non je ne fais aucune provoc’, ça n’est pas du tout mon style, j’argumente et je dis ce que j’ai vécu avant la création des mythes.

  16. Federette 27 décembre 2010 at 16:39

    Le tennis est un sport entre 2 joueurs ce qui est rare et donc j’ai l’impression que par extension on a besoin de se souvenir de paires de joueurs: Borg-Mcenroe, Edberg-Becker, Sampras-Agassi, Federer-Nadal. Mais c’est à mon sens très récent car je n’ai pas souvenir à l’époque d’un duo indissociable Becker – Edberg par exemple. Le Borg-Mcenroe allait davantage de soi. Je me demande même si le Agassi-Sampras n’est pas monté de toutes pièces un peu comme le concept du GOAT relevé par Lionel.

    • karim 27 décembre 2010 at 16:43

      Ah non, Becker vs Edberg c’était bien réel. En voilà deux qui ne se sont jamais affrontés pour dominer le monde, mais étaient de vrais bons rivaux. Et c’est l’herbe c’est vrai qui a magnifié cette opposition.

    • Duong 27 décembre 2010 at 16:49

      Becker-Edberg la rivalité était énorme : surgis pile au même moment, les petits jeunes derrière Lendl et Wilander, destinés à passer numéros 1, 3 finales de Wimbledon de suite, une demie de RG, deux spécialistes de surfaces rapides mais sachant jouer du fond quand même, moi j’ai souvenir d’une rivalité extrêmement claire :lol:

    • Colin 27 décembre 2010 at 17:09

      Oui, et il faut y ajouter des affrontements en finale des Masters 89, de la Coupe Davis 85 – 88 – 89, et bien sûr de nombre de tournois indoor…

  17. Ulysse 27 décembre 2010 at 16:41

    Pour moi qui ai vécu ça de très loin – et représente donc bien l’imaginaire populaire – , il paraît clair que la rivalité Agassi – Sampras était la grande rivalité des années 90. Question de palmarès sans doute.

    • Duong 27 décembre 2010 at 17:02

      palmarès d’Agassi avant 99 : un Wimbledon (92), un US Open (94), un Open d’Australie (95). Courier avait gagné 4 grands chelems et été numéro 1 pendant plus d’un an consécutif.
      Et Agassi avait-il été empêché de gagner des grands chelems à cause de Sampras ? finale de l’US Open 90, 1/4 de Wimbledon 93, demie du Masters 94, finale de l’US Open 95, c’est tout.
      A l’inverse Agassi avait battu Sampras en finale de l’Aus open 95 et en 1/4 de RG 92.
      Courier avait été battu par Sampras en finale du Masters 91, demie de l’US Open 92, finale de Wimbledon 93, demie de l’Aus Open 94, 1/4 de l’Aus Open 95 (remontant de 2 sets-zéro), demie de l’US Open 95, 1/4 de RG 96.
      Courier avait battu Sampras en 1/4 de l’US Open 91, 1/2 du Masters 92, 1/4 de RG 94.
      Franchement ça se vaut, et même Courier avait rencontré Sampras dans plus de matches importants (et en plus avec des scores parfois serrés).

      • karim 27 décembre 2010 at 17:24

        « Courier avait battu Sampras en 1/4 de l’US Open 91, 1/2 du Masters 92, 1/4 de RG 94. »

        tu cites trois des quatres victoires de Courier sur Pete. ça peut pas. pour qu’il y ait rivalité il doit y avoir suspense, Courier n’a jamais été un problème pour Pete. 16 à 4 je le rappelle.

      • Duong 27 décembre 2010 at 17:36

        Karim : j’ai cité les rivalités en grand chelem et masters.
        Dans les 2 cas (Agassi et Courier), il y a très peu de défaites de Sampras.
        Après, certes il y avait d’autres confrontations en dehors des grands tournois, mais une rivalité en dehors des grands tournois, c’est du Fed-Murray, est-ce que ça mérite d’être mentionné ?

      • Duong 27 décembre 2010 at 17:38

        j’aurais pas dû utiliser le mot « rivalités » : j’ai cité dans lesur intégralité les « rencontres » en grand chelem et masters :
        comme tu le vois, ça fait 6 en 9 ans (de 90 à 98) pour Sampras-Agassi, 10 en 6 ans pour Sampras-Courier.
        Et 4-2 pour Sampras-Agassi, 7-3 pour Sampras-Courier.

      • Duong 27 décembre 2010 at 17:39

        et pour le Masters, j’ai écarté les matches de poule, non décisifs par nature.

      • Duong 27 décembre 2010 at 17:42

        en plus de le battre 3 fois sur ces 10 matches, le « non-problème » a mené 2 sets-zéro en Australie et à RG 96, été à 2 points de mener 2 sets-zéro en finale du Masters 91, et n’a perdu la finale de Wimbledon 93 que 7/6 7/6 3/6 6/3, ce qui n’est pas un score écrasant à mon avis.

      • Colin 27 décembre 2010 at 18:05

        Courier a en effet été le principal rival de Sampras entre 91 et 93.
        D’ailleurs, ce que je viens d’écrire est faux, il faudrait plutôt écrire que Sampras a été l’un des rivaux de Courier entre 91 et 93, et même pas le principal (ce titre étant plutôt, et largement, à attribuer à Edberg!!!)
        Mais je le répète, sur l’ensemble de la carrière de Pistol Pete, c’est Dédé son rival principal. Et de loin. Même si bien sûr personne n’irait soutenir qu’il a annihilé tous les autres!

  18. Jérôme 27 décembre 2010 at 16:51

    Je suis d’accord avec ceux qui soulignent l’asymétrie dans la rivalité entre Sampras et Agassi.

    Mais quand même, ça a bel et bien été une des grandes rivalités de l’Histoire du tennis moderne : 34 confrontations, dites moi quels autres joueurs se sont autant affrontés ?

    A ma connaissance un seul couple de joueurs : Becker et Edberg qui se sont joués 35 fois. Encore qu’on intègre dans ces chiffres leurs matches de Coupe Davis.

    Nadal et Federer en sont à 22 et ça m’étonnerait grandement qu’ils atteignent la trentaine alors que Federer n’a que 2 ou 3 ans de carrière devant lui … et probablement Nadal aussi n’a-t-il plus lui aussi que 2 ou 3 ans de carrière devant lui.

    Là où je suis d’accord, donc, c’est sur l’asymétrie de la relation entre Sampras et Agassi. Jusqu’en 1999, Agassi était un demi-raté, un gigantesque espoir déçu. Alors qu’on nous a bassiné dès 1988 sur le futur n°1 mondial, eh bien tout le monde lui est passé devant, voire dessus, comme le rappelait Karim dans son article.

    Courier, ça a du être le plus terrible, bien plus que Sampras. Parce que Courier c’est l’histoire du vilain petit canard, du fils batard qui est, lui, un vrai bosseur et qui s’impose au fils légitime sur lequel toute l’académie Bolletierri misait à fond.

    Pendant 1 an et demi, le vrai boss du tennis ça a été Courier : 4 titres du GC remportés (RG 91 et 92, OA 92 et 93), 3 autres finales disputées (USO 91, RG 93 et Wimb 93).
    Autrement dit, 7 finales disputées sur 10 possibles : ce n’est pas encore du stade de Federer, mais c’est quasi comparable aux performances de Lendl et Sampras quand ils dominaient.

    Dans les années 90, Agassi n’a été au top du top que dans la période courant de l’été 94 à l’automne 95. Là, oui, il a alterné avec Sampras au 1er rang mondial. Mais le problème était surtout dans sa tête.

    En revanche, là où je ne suis pas d’accord, c’est qu’Agassi ne saurait se comparer aux Hewitt, Safin, Kuerten et Rafter. Il est quand même de la veine des très grands.
    Le golden age qu’Agassi a connu entre 1999 et 2005 a été sa rédemption et nous a fait le voir plus grand qu’il n’a été sur les années 90. Agassi a quand même eu la plus belle fin de carrière de l’ère open : 5 titres du GC gagnés et 2 autres finales disputées (Wimb 99 et USO 2002) entre 29 et 33 ans, Doudou Rodgeure me comblerait au delà de toute espérance s’il parvenait à en faire autant.

    Agassi a su continuer à progresser sur ses atouts pour compenser le poids de l’âge et était capable de disputer la victoire aux jeunes cadors 10 ans plus jeunes que lui. Il jouait mieux à 30/35 ans qu’à 20/25 ans.

    Ma grande surprise, et à l’époque une déception, ça a été que quand Agassi a plongé en 1996, Sampras n’a plus été à la hauteur des attentes, hormis en 1997. Pete aurait vraiment pu faire quelque chose de gigantesque entre 1996 et 1998 alors même que la concurrence était moins rude que dans la période de folie entre 1990 et 1995 où il y avait encore les Lendl, Becker, Edberg, Courier, Agassi, Ivanisevic, Muster, Bruguera. Mais non, la fatigue et les pépins physiques, et la manifestation de certaines limites dans son jeu qu’il n’est pas parvenu à dépasser ont contribué aussi à ce que les années 96/98 paraissent ternes dans l’histoire du tennis masculin.

    • Duong 27 décembre 2010 at 17:03

      sur les 34 confrontations, plein ont été dans des petits tournois, en tout cas avant 99.

      • Colin 27 décembre 2010 at 17:38

        Agassi-Sampras, c’est 5 finales de GC, 1 finale de Masters et 5 finales de Masters series.

        Bref, très très loin devant les finales Sampras-Courier, Sampras-Kafelnikov, Sampras-Stich, Sampras-Krajicek, Sampras-Becker , Sampras-Edberg, Sampras-Rafter et Sampras-Ivanisevic.

      • Colin 27 décembre 2010 at 17:43

        Et avant 99, c’est 3 finales de GC et 4 finales de Masters Series.

        Là encore, Agassi est loin devant tous les autres rivaux de Sampras.

        Bref, je n’ai aucun a priori positif sur Agassi (au contraire je l’ai toujours détesté), mais les chiffres sont têtus et nous obligent à reconnaître qu’à l’exception de la courte parenthèse Courier (juin 1991 => juillet 1993) c’est bel et bien Agassi qui a été le rival n°1 de Sampras sur la durée de sa carrière. Et cela n’a pas commencé qu’en 1999 (rappelons par exemple que Agassi remporte les Masters 1990 après avoir mis 6-4 6-2 à Sampras en poules).

        Et si Agassi et Sampras n’avaient pas été tous deux américains, leur H2H se serait alourdi de quelques affrontements probablement homériques en Coupe Davis.

        • Duong 27 décembre 2010 at 17:49

          dont une finale en 99, enfin j’arrête, désolé.

      • Duong 27 décembre 2010 at 17:47

        C’est sûr que si tu commences en 99, tout change !!
        Et surtout si tu inclus des matches de 2000 à 2002.
        Mais à ce moment-là, Sampras et Agassi ne sont plus
        numéros 1 et 2.
        Enfin je vois que je te serine et je te choque alors
        j’arrête.
        Je ne pensais pas rencontrer de tels blocages alors que je ne voulais faire aucune provoc’ au départ.
        Mais apparemment j’ai touché sans le vouloir à quelque chose de sensible et donc j’ai fait de la provoc’s sans le vouloir.

        • Colin 27 décembre 2010 at 17:48

          Voir mon message de 17h43

          • Ulysse 27 décembre 2010 at 17:53

            Belle citation ! De qui déjà ?

            • Colin 27 décembre 2010 at 18:15

              ???

              • Ulysse 27 décembre 2010 at 18:39

                Celle-là est bien aussi.

        • Colin 27 décembre 2010 at 18:10

          Tu ne touches à rien de sensible, c’est juste que tu es injuste envers Agassi quand tu écris qu’il n’a commencé à être un problème pour Sampras qu’à partir de 99, et qu’il compte pour pas plus que Courier, Becker, Edberg, Kafelnikov, Krajicek, Ivanisevic, Rafter…

          Avant 99, Dédé a déjà emmagasiné 3 GC et un Masters: seul Courier a fait mieux parmi les opposants de Sampras (depuis l’avènement de celui-ci à l’US Open 1990), mais il est déjà hors jeu depuis septembre 93, de l’histoire ancienne.

        • Duong 27 décembre 2010 at 18:18

          je suis plutôt injuste avec toi à mon avis, sinon je ne comprends absolument pas : de toute façon tu le « répètes », c’est un fait avéré.
          Ton seul argument qui porte c’est quand tu me
          parles des « aficionados » du tennis qui attendaient, effectivement je n’étais pas un aficionado, juste un banal téléspectateur et je n’avais pas compris que Courier était une « parenthèse » et que des plus connaisseurs attendaient qu’enfin la vraie
          histoire commence. Alors là effectivement je n’étais pas capable de voir ça …
          En plus je ne suis pas plus supporter de l’un ou l’autre, mais à mon avis je pourrais tout aussi bien dire que tu es
          injuste avec Courier en le réduisant à une « parenthèse ».
          En fait en vous lisant, c’est comme si Courier n’a même pas existé :lol:
          Enfin bref j’arrête, je vous ai assez « serinés ».

        • Colin 27 décembre 2010 at 18:59

          Rhôôô personne ne dit que Courier n’a jamais existé, tu exagères!
          Courier a écrasé tout le monde, Sampras et Agassi compris (seul Edberg a résisté), entre juin 1991 et juillet 1993… puis il a disparu des radars. Il n’apparaît de ce fait qu’à un rang secondaire dans la liste de ce qu’on pourrait appeler les « grandes rivalités » puisqu’il n’a été le rival -suprême- des uns et des autres que pendant 2 ans, et inexistant le reste du temps. Donc Courier-Edberg, Courier-Sampras, Courier-Agassi et même Courier-Bruguera, sont des rivalités réelles et importantes, mais loin derrière Sampras-Agassi.

    • Duong 27 décembre 2010 at 17:11

      je ne compare pas le palmarès d’Agassi à celui de Safin : je dis juste que pendant toute la grande période de Sampras (ie jusque 99 non inclus), Agassi était pour Sampras plus un rival du style de ce qu’a été Safin pour Fed que ce qu’a été Nadal pour Fed : le type dont on pouvait sentir qu’il était le plus doué à part le grand, mais qui ne se montre que par éclipses ou alors devient régulier pendant un moment (ça a été plus long pour Agassi que pour Safin) et fait mine de concurrencer puis retombe.
      Mais pendant tout le temps où l’autre domine, il doit se coltiner plein d’autres rivaux, a priori moins doués mais plus réels (Hewitt, Roddick pour Fed, Courier, Ivanisevic, Chang, Rafter pour Sampras).
      C’ets juste une idée mais loin de moi de comparer tous les aspects de la carrière de Safin et Agassi ou de comparer leur palmarès …

    • Colin 27 décembre 2010 at 17:14

      Le paradoxe, que d’ailleurs Karim a évoqué dans son article, c’est que Agassi fait une fin de carrière absolument remarquable (bien plus remarquable que son début de carrière, médiatiquement énorme, mais comptablement faiblard comme n’arrête pas de nous le seriner Duong) alors qu’au contraire Sampras n’est plus que l’ombre de lui-même dans la décennie 2000.
      Et malgré ça, Sampras s’arrange pour gagner quand même les deux confrontations « qui comptent », càd celles à la maison, à Flushing 2001 et 2002.

      Bref, au moment où Agassi a pris le dessus, Dédé se retrouve quand même encore dessous. Rageant, non?

      • karim 27 décembre 2010 at 17:28

        tu as tout compris Colin. c’est pile ce que je veux démontrer, que même vieux, il ne laissait pas Andre passer devant en confrontation directe, en GC, chez eux.

  19. Federette 27 décembre 2010 at 16:54

    mdr. J’ai du vivre cela de trop loin alors pour le coup m’étant absentée du tennis de 1992 à 2008. Je me suis un peu avancée alors je vous fais confiance. Je croyais que Sampras n’avait pas de rival moi ! :-)

  20. Colin 27 décembre 2010 at 17:26

    Duong, avant ce que tu appelles la « création du mythe » il y a eu l’extraordinaire impact médiatique de deux phénomènes:
    * L’avènement du perroquet fluo Agassi à Roland-Garros 1988, idole de toutes les minettes, avec notamment cette 1/2 finale où il met régulièrement Wilander à 5 mètres de la balle, avant de capituler au cinquième set; dès lors la machine médiatique qui le proclame star, n’attend plus qu’une chose: que son palmarès se mette à l’unisson de son potentiel « staresque ». Comme tu le soulignes à l’envi, cela prendra TRES longtemps!
    * L’avènement du génie Sampras à Flushing-Meadows 1990, qui devient pour tous les aficionados (et non pas pour le grand public) la seule et vraie promesse du retour d’un tennis d’attaque, total et inspiré, pour la 1ère fois depuis McEnroe. Sa performance à la Coupe du Grand Chelem 1990 (Munich) viendra conforter ces espoirs, trop souvent douchés ensuite en 91 et 92, et heureusement confirmés en 93.

    Au contraire, Courier apparaîtra toujours comme le mal-aimé, d’une part par la machine médiatique, qui lui préfèrera toujours le perroquet fluo, et par les aficionados, qui lui préfèreront toujours Sampras, « le plus doué ».

    Donc, à partir de septembre 93, Courier disparaît de la circulation et tout est en place pour que la « grande » rivalité entre Sampras et Agassi puisse commencer, celle attendue à la fois par la sphère médiatique (Agassi est « vendeur ») et par les aficionados (Sampras, le « natural », va remettre à sa place ce bourrin arrogant, ce qu’il a d’ailleurs bel et bien fait la plupart du temps, à notre grand bonheur).

  21. Jérôme 27 décembre 2010 at 19:10

    Je suis d’accord avec Colin sauf sur un point : Courier. Effectivement, Jim Courier n’est pas une parenthèse. C’est juste un super-joueur qui n’a pas tenu le coup mentalement dans la durée. Il faut se souvenir que dès la finale du Masters 1992, jouée contre Becker, il feuilletait des bouquins lors du temps de repos des changements de côté. A mon avis, il avait envie de découvrir autre chose que le tennis et il avait l’ouverture d’esprit pour ce faire.

    Duong, tu as raison quand tu dis que la rivalité Sampras-Agassi n’est pas à la hauteur du Federer-Nadal. Et donc tu as tort parce que tu te réfères à un cas hors normes.

    La rivalité Federer-Nadal est tout à fait hors normes. C’est quelque chose qui n’arrive qu’une fois tous les 40 ans : avoir 2 giga champions qui sont ensemble au sommet pendant une très longue période et qui truste la quasi-totalité des grands titres (21 des 24 derniers titres du GC, ou si on remonte à la 1ère victoire du Fed 25 des 30 derniers titres), ça n’a jamais existé à l’ère open.

    La seule chose qui peut y ressembler, c’est la domination écrabouillante du tennis pro par le duo Rosewall-Laver.

    Et encore, je n’en suis pas sûr, dans la mesure où grosso modo la 1ère moitié des années 60 a appartenu à Rosewall et la 2ème (à compter du 2ème semestre 1964) à Laver.

    Donc si, comme le dit Colin, les statistiques parlent d’elles-mêmes et montrent bien qu’avec 34 matches, Agassi a bien été le plus grand rival de Sampras. Le fait qu’ils se soient joués dans un certain nombre de tournois moyens n’y change rien : s’ils s’y sont affrontés, ça n’enlève rien à la valeur du choc. Pour mémoire, en grand chelem, Borg et Mac Enroe ne se sont joués que 4 fois. Becker et Edberg ne se sont joués que 4 fois aussi en GC.

    Si Federer et Nadal en sont à 8 chocs en GC, c’est essentiellement parce que lle 1er des deux est le GOAT et le 2ème est le grand maître de la terre battue : donc 4 chocs à Roland Garros (2005-2008).

    • Colin 27 décembre 2010 at 19:53

      Courier est une parenthèse longue et écrasante. Mais une parenthèse quand même.

      Certaines parenthèses ont été, il est vrai, beaucoup plus courtes (Mancini en avril/mai 1989, Nalbandian en novembre 2007).

  22. Pierre 27 décembre 2010 at 19:57

    L’homme qui perd ses trophées VS L’homme qui perd sa moumoute : quand les mythes se cassent la gueule…

  23. Lionel 27 décembre 2010 at 20:19

    Les mythes, et Pierre qui cru être le winner du vainqueurs des GOAT. Ils ne nous restent que les mites.
    Et Colin le spécialistes des choses improbables qu’on aurait pas imaginé d’un garçon sensé, équilibré. Il a oublié Brad Gilbert Juillet Aout 89. C’est vrai Courier jamais compris ce qui est arrivé à ce garçon. Même gagnant Roland il quémandait l’admiration de Bolletierri.  »J’espère qu’un jour Nick viendra juste pour moi »

    Le site crée son mythe avec sa rubrique auteur, ça fout le bourdon ce truc. On imagine dans 10 ans Karim à la maison de retraite parlant encore du smash de fond de court de Sampras, Lionel du retour explosif de McEnroe inimitable, et Jean de sa rencontre avec Agassi à Bradenton.

    • Pierre 27 décembre 2010 at 21:24

      Snif, me voilà tout ému mon Colin…

      • Pierre 27 décembre 2010 at 21:25

        Heu, mon Lionel, pardon (je dois être en train de développer un truc genre Alzheimer, moi, faut que j’aille voir mon podologue).

  24. Pierre 27 décembre 2010 at 21:32

    Demain, ma fille joue un gros match : je l’ai envoyé dans sa chambre prier les dieux du tennis : Sampras, Federer et Pierre Joly. Non mais !

    • Djita 27 décembre 2010 at 21:41

      Tu dois être un père extraordinaire. Moi, en tout cas tu me fais trop rire.

      Super article, du pur Karim dans le texte.
       » Il a conscience qu’il est et sera resté le rival de Pete, mais n’aura jamais été son égal. » Cette phrase est géniale et résume totalement l’article.

    • karim 27 décembre 2010 at 22:24

       » ma fille joue un gros match »

      elle joue Marion? jure?!!

  25. karim 27 décembre 2010 at 22:24

    Pour ce que Courier a représenté pour André, et surtout pour Pete, je pense que ce que j’ai écrit dans l’article résume parfaitement ma pensée, et soyons immodeste, la situation.

    Duong, Sampras vs Courier n’a rien, rien de comparable avec Sampras vs Agassi. Sur la durée, le nombre de rencontres, la dramaturgie, le partage du butin, la trace de chacun dans l’histoire. Rien de rien. Quand on pense Sampras, personne ne dit Courier. Au contraire, quand on me dit Courier je pense plus à Agassi une fois encore, dont il a été le pire cauchemar. ça mérite même un article parce que ce que Courier fait à Agassi à RG 1991 et surtout en 1992 et sur la période, est assez traumatisant. En ce sens la victoire de Dédé à Wimbledon le sauve tout simplement pour le tennis. Sans ce coup là, André aurait plongé plus bas que jamais et ne serait jamais remonté. Courier le détruit tennistiquement et moralement à RG en 92. Courier, il n’y avait pas pire pour lui. André n’aimait pas particulièrement Pete mais je pense détestait carrément Courier. Pas sûr d’ailleurs que ça n’ait pas commencé dans l’autre sens.

    Je ne veux pas faire des tonnes avec cette période que beaucoup sur le site n’ont pas connué ou on zappée, donc je ne vais écrire ça ce soir, mais cet article sur Dédé et Jim sortira. J’attendrai la prochaine période creuse, dans quelques mois.

    • Duong 28 décembre 2010 at 00:25

      D’accord sur le lien particulier entre Agassi et Courier en début de carrière, je l’avais évoqué.
      Quant à ce que je dis d’autre, je voudrais juste repréciser pour être sûr de ne pas être mal compris :
      Je dis seulement que Sampras a dominé les années 90, et a eu plusieurs très bons rivaux, que j’ai cités en vrac (Becker en fait partie aussi).
      Je dis aussi que la rivalité Sampras-Agassi a été énorme fin 94 et en 95, certainement la plus forte qu’a connue le meilleur Sampras. 2 de leurs 5 finales de grand chelem sont en 95.
      Mais l’US Open 90 ne renvoie pas quand même à une forte rivalité Sampras-Agassi, puisqu’au début des années 90, la rivalité était plutôt Agassi-Courier comme tu le dis.
      Quant à qualifier Courier de parenthèse, mince je sais pas ce qu’il faut pour faire mieux qu’une parenthèse avec un palmarès pareil sur 3 années !
      Ensuite en 93, Sampras devient numéro 1, en suppklantant plutôt Courier à l’époque.
      Puis il confirme chaque année, seulement dépassé de façon durable par Agassi en 95.
      Mais en 93, 94 sauf la fin, 96, 97, 98, Sampras est numéro 1 et Agassi n’est pas là, ou alors seulement dans des tournois mineurs !
      Et là on arrive à la période qui pour moi est la principale explication du mythe « Sampras-Agassi » : de 99 à 2002.
      Une période où Sampras n’est plus le même, et où Agassi atteint sa plénitude sur longue période.
      Et c’est alors seulement, quand Agassi enfin devient bon sur longue période qu’ils vont se rencontrer plusieurs années de suite en grand chelem.
      Il a fallu attendre tout ce temps, en dehors de 95, pour qu’Agassi enfin occupe cette place … mais alors que Sampras décline, et un vrai déclin, de quoi sortir du top-3.
      S’il n’y avait pas eu cette dernière période, la rivalité Sampras-Agassi ça aurait été 95 et voilà.
      Après, je ne sais pas pour les aficionados du tennis mais moi de l’extérieur je l’ai vécu comme ça : un Sampras dominant et un tas d’adversaires, dont Agassi.
      Et avant 99, Courier avait à mex yeux un palmarès supérieur à Agassi, 4 grands chelems au lieu de 3, et une domination énorme sur une période de tennis en plus très belle à mes yeux, avec les jeunes Sampras, Agassi, Ivanisevic, mais aussi Edberg, Becker, Stich, et plusieurs autres beaux joueurs.
      J’ai beaucoup aimé cette période 91-92 pour tout dire, j’ai donc beaucoup de mal à la considérer comme une « parenthèse ». C’était quand même autre chose que la période Hewitt ! (qui en plus n’a gagné que 2 grands chelems contre 4 à Courier).
      Bref, je ne crois pas enlever quelque chose à Agassi en disant ça : je dis qu’à mes yeux, sa victoire à Wimbledon 92 est le plus bel exploit des 20 dernières années dans un grand chelem. Et sa fin de carrière est fantastique et c’est elle qui donen tout son blason à sa carrière !
      Mais avant ça, Agassi s’est perdu et il le sait lui-même.
      Pendant ce temps-là Sampras enquillait, enquillait contre quantuité d’excellents adversaires.
      Mais pendant ce temps-là, et en dehors de 95, non quand je pensais Sampras je ne pensais pas immédiatement Agassi … et je vois vraiment mal au nom de quoi on aurait pensé ça en 93, 94, 96, 97 ou 98 ? :?:
      Je ne veux ni glorifier Courier (même si la « parenthèse » je l’ai un peu moche) ni démolir Agassi, qui a fait des exploits fantastiques, mais bon pour moi les années 90 c’est « Sampras contre le reste du monde », je ne vois vraiment pas en quoi quand tu me disais Sampras, j’aurais pensé Agassi.
      Aujourd’hui oui avec ce qui s’est passé entre 99 et 2002 et avec tout le marketing on nous a tellement martelé le crâne avec ça qu’on est obligé de dire « oui » au dogme comme je l’ai constaté dans ce sujet. Mais en vérité fin 98, bein non j’aurais plus pensé Sampras-Rafter.

      • John 28 décembre 2010 at 18:19

        Duong, je t’aime.

  26. Serge 27 décembre 2010 at 23:25

    Je reviens du boulot, et voila 123 posts a lire!
    En tout cas les commentaires sont exellents, je reviens demain :)

  27. Elmar 28 décembre 2010 at 00:01

    Je vois que beaucoup de discussions tournent autour du sujet même de la rivalité.

    Je ne veux pas me perdre dans une histoire de chiffres. Je ne retiendrai que mon impression d’alors: à mes yeux, Agassi n’était pas LE grand rival de Pete, en tous cas pas comme Edberg et Becker étaient rivaux. Dédé était un bon joueur mais il ne boxait pas dans la même catégorie. Et il a profité du déclin de Pete pour s’émanciper et prendre une nouvelle envergure. C’est ainsi que je l’ai perçu et je suis ok avec l’argumentation de Duong. Wimbly 99, puis l’USO 01 et 02 viennent en revanche ajouter une vraie dimension à leur rivalité. Mais cette notion de rivalité, dans ma tête, n’est arrivé qu’à la toute fin de carrière de Pete et je n’ai pas vécu la carrière de Pete avec la sensation que son GRAND rival était Dédé. Il a eu une succession d’adversaires (ça a commencé par Edberg, Courrier; Becker a fait un peu de résistance; Agassi, Kafel, Goran étaient à peu près contemporains; Rafter en fin de carrière).

    • Duong 28 décembre 2010 at 00:30

      oui j’ai vu que tu étais tout à fait sur la même longueur d’onde que moi en fait : ça m’a rassuré sur mon état mental puisque je semblais dire une telle ineptie :lol:
      Dans les rivaux, il y a aussi eu Chang, Muster, Stich, Krajicek, beaucoup d’excellents joueurs en fait … dont Agassi.

  28. Pierre 28 décembre 2010 at 07:33

    Puis-je vous proposer un interlude ?

    http://www.pop1000.fr/clip-Don-Francisco–112.html

    • karim 28 décembre 2010 at 08:12

      Toi tu es stressé avant le match de ta fille!

      • Pierre 28 décembre 2010 at 08:27

        Un peu, oui, tant elle fait preuve ces temps-ci d’un mental à la Gasquet…

      • karim 28 décembre 2010 at 08:32

        ou la laaaaa vade retro satanas! au nom de Jésus Christ tu es vaincu, Satan sors de ce corps! comment tu peux maudir ta propre descendance Pierre!! :-)

  29. Nath 28 décembre 2010 at 08:26

    Super article, écrit par quelqu’un qui appréciait les 2 joueurs. Sampras a donc gagné son premier et son dernier GC contre Agassi, ce n’est pas rien…
    Beaucoup de très bons articles en ce mois de décembre, on ne risque pas de s’ennuyer !

  30. karim 28 décembre 2010 at 08:30

    Duong et Elmar…

    En fait je ne sais pas de quoi on débat. Est-ce qu’on parle de leur rivalité absolue ou année par année en se disant qu’avant telle ou telle année ça ne compte pas? Pendant les meilleures années Sampras, Agassi n’a pas eu grand chose à lui opposer. Ça s’équilibre quand leurs carrières se croisent avec le déclin de l’un et les progrès de l’autre. Tout ça je pense que l’article le dit.

    Vous vous limitez un peu trop aux chiffres, à la lute pour la première place ou pas. La dimension psychologique d’une rivalité est au moins aussi importante, sinon plus, que sa dimension sportive. Ce n’est pas forcément l’enjeu qui donne son piment à la rivalité, c’est le vécu, le background, la matière dont est faite les protagonistes.

    Prenez Medvedev et Kafel, personne n’en parle mais ça a été une vraie rivalité dans les années 90. De par leurs origines, leurs personnalités, leurs rapports, quand ces deux là se croisaient c’était toujours spécial. Medvedev tortionnaire de Kafel qu’il lamine à chaque fois au début, parce qu’il joue un meilleur tennis et le domine mentalement. Puis Kafel se met à avoir de meilleurs résultats, le dépasse au classement, mais Andrei met toujours un point d’honneur à le taper, quand il joue Yevgeny il oublie ses errances et se transforme en bourreau. Il mène 5-1 à un point de leurs affrontements et le bat même quand celui-ci devient vainqueur en GC.

    Puis Kafel réussi à faire sauter le verrou, il bat Medvedev régulièrement et systématiquement, fait respecter la hiérarchie mondiale. Medvedev s’est toujours cru, senti, voulu supérieur à Kafel et il vit très mal ses succès en GC. Kafel n’a pas les problèmes psychologiques que lui a et mène sa carrière tambour battant, sans se poser de question.

    Je suis persuadé que Kafel est LA raison pour laquelle Medvedev plonge et ne concrétise jamais; en tout cas une des causes de son échec. Même en interview ça transpirait, il s’est toujours senti en mission contre lui. Même dépassé au classement, il s’appuie sur leur H2H pour se dire meilleur que lui, il ne s’en cache pas. Mais quand sur le court Kafel commence à le battre systématiquement et qu’il se rend compte que leur différence au classement n’est pas due à ses errances à lui mais que raquette en main Kafel est juste meilleur, il plonge.

    Avec un talent pareil il a quand-même son baroud d’honneur en 99 à RG contre Agassi.

    Ce que je veux dire c’est que l’essence d’une rivalité ne vient pas forcément d’une lute toe to toe pour la première place. Elle peut se passer avec 25 places d’écart au classement entre les deux joueurs et aucune finale commune, fut-ce en ATP250.

    Andrei plus talentueux et attendu se fait passer par Yevgeny le stakhanoviste; c’est la même essence qu’ Agassi vs Courier, qui est une vraie rivalité avec ce que ça implique comme blessures morales.

    • Elmar 28 décembre 2010 at 08:52

      C’est, en gros, ce que j’ai voulu dire dans un de mes posts. A savoir qu’il y a une rivalité entre les deux de par le fait que tout les oppose. Eux l’ont certainement vécu ainsi.

      Mais, et tu demandais de quoi on débattait, ce que je voulais dire, c’est que pour les spectateurs – à qui on vend aujourd’hui Sampras-Agassi comme une rivalité historique – cela n’était pas forcément évident DURANT la carrière de Pete. Ca l’est devenu sur la fin, notamment avec un beau symbole: premier et dernier titre du GC remporté contre Dédé. A ce moment-là, oui, on peut dire « grosse rivalité »; mais le spectateur lambda que je suis n’a pas vécu la carrière de Pete sous ce prisme-là.

      Kafel’-Medvedev, c’était une grosse rivalité entre eux. Mais pourrait-on vendre cela comme une rivalité historique?

      De nos jours, on nous vend aussi la rivalité Federer-Nadal, mais on liquide totalement la rivalité Hewitt-Federer qui sont complètement contemporains (ce qui n’est pas le cas avec Nadal), qui ont joué 25 matchs l’un contre l’autre (ce qui est plus que contre Nadal). Hewitt domine d’abord totalement Fed (7-2) avec des matchs cruels: Masters 02, CD 03. Et comme par hasard, Fed prend le dessus dans le tournoi qui l’intronise numéro 1 mondial. On connaît la suite.
      Federer-Nalby aussi peut être vu sous ce prisme.

      Dans un autre genre, les Hewitt-Kafel étaient savoureux tant ils se détestaient. Kafel’ déclarait ouvertement que Lleyton n’avait pas grand-chose de génial, qu’il se le tapait quand il voulait… et au final, il a perdu 7 de leurs 8 rencontres, toutes électriques. Et avec un Hewitt qui jouait à fond la provoc au moment du serrage de main.

    • Elmar 28 décembre 2010 at 08:57

      Tiens, en parlant de Kafel’ – Hewitt, je constate qu’en 2001, il y a eu une demi-finale de l’USO qui a duré… 83 minutes! 4 jeux laissés par Lleyton et un ridicule 8% de points gagnés derrière la seconde de la part de Kafel! (Et ce alors que Kafel’ venait d’atomiser Guga, n°1 mondial, en quarts.)

      J’ai pas vu ce match, je n’en ai aucun souvenir mais… étonnant!

      • Duong 28 décembre 2010 at 09:43

        bein c’est évident que Kafel avait accumulé les fautes, Hewitt renvoyait et c’était comme ça …

    • Elmar 28 décembre 2010 at 09:02

      Kafel’ a arrêté sa carrière à 29 ans. Duong, t’as pas une stat’ sur l’âge de la retraite pour les joueurs? 29 ans, alors qu’il n’avait ni blessure ni rien, c’est jeune, même s’il n’arrivait plus à rivaliser avec les meilleurs et qu’il avait plus du tout de motivation.

      • Duong 28 décembre 2010 at 09:35

        la retraite c’est un concept délicat car souvent les joueurs ont du mal, périclitent quelques années mais hésitent à arrêter.
        Grosjean en est l’archétype edepusi 2 ans.
        Mais 29 ans, enciore une fois, c’était l’âge d’Agassi en 99, de Safin en 2009, de Federer en 2010 et de Sampras en 2000.

    • Duong 28 décembre 2010 at 09:33

      Ce dont on débat, c’est des dogmes que vous nous avez assénés avec Colin :
      - Agassi a été LE grand rival de Sampras pendant les années 90
      - « quand on pense Sampras, on pense immédiatement Agassi »
      - et enfin « Courier a été une parenthèse »

      Ces 3 dogmes-là j’ai du mal à les avaler.

      Autre chose, tu dis :

      [Pendant les meilleures années Sampras, Agassi n’a pas eu grand chose à lui opposer.]
      Dit comme ça, on dirait que c’est Sampras qui a été trop fort.

      Mais en dehors de Sampras, Agassi était 8-9e mondial, ça n’est pas comme si c’était seulement Sampras qui l’avait empêché de s’exprimer.

      Encore une fois j’en reviens à ma comparaison à Safin.

      Et encore une fois j’en reviens à la rupture en 99, dont vous pensez qu’elle est arbitraire alors que pour moi, je me place début 99 pour expliquer le sentiment A CE MOMENT-LA et non par le prisme imposé quelques années plus tard et dont vous persistez à nous dire que ce prisme-là non il n’est pas arrivé a posteriori : Agassi a TOUJOURS été le grand rival de Sampras, et les « aficionados » savaient que Courier n’était qu’une parenthèse et que dans le fond le VRAI rival c’était Agassi.

      Moi je n’ai pas vécu les années 90 comme ça, avec toujours Agassi dans un coin de la tête ! C’étauit Sampras, Sampras, Sampras … et plein d’excellents autres (moins à partir de 96-97), dont Agassi.

      Nom d’un chien, positionnez-vous début 99 : Agassi est dans sa 29e année, l’âge que Federer avait cette année, l’âge que Safin avait l’année de sa retraite.

      A ce moment-là, on pouvait légitimement penser, en tout cas c’était mon cas, qu’Agassi avait l’essentiel de sa carrière derrière lui, comme Safin début 2009. Qu’il avait gâché ses dons, qu’il avait gâché sa carrière, que sa carrière était un peu meilleure que celle de Safin mais pas tellement : 3 grands chelems, quelques mois numéro 1 mondial, c’était mieux que Safin mais pas énormément.

      Que pendant toutes les années 90, on ait su qu’Agassi était le plus doué après Sampras, OK, que si il voulait il pouvait concurrencer Sampras, OK, on l’avait vu en 95, que derrière Sampras c’était le plus médiatique, OK, mais comme pour Safin ça avait duré quelques temps et puis « pschitt » !

      Même la « parenthèse Courier », même après 93, il était resté top-15 jusqu’à la fin 96, il avait encore rencontré Sampras en grand chelem une paire de fois comme je l’ai dit ci-dessus …

      Il y en avait des tas qui étaient peut-être moins doués qu’Agassi mais qui avaient été là et bien là.

      Agassi c’était l’Arlésienne comme Safin.

      Et puis arrivent 99 et la suite : une sorte de miracle ! Imagine Federer connaissant à nouveau les années 2005-2006 à partir de maintenant, imagine Safin qui se serait mis à concurrencer Nadal et Federer à partir de 2009 !

      Et alors là on a un Agassi hyper-régulier au plus haut niveau pendant plusieurs années, on a un Sampras plus le même mais toujours là, une sorte de Federer actuel (et encore pas tout à fait car Fed ne se blesse pas et n’est jamais sorti du top-3).

      Et on a une période de tennis décevante avec Kuerten, Safin puis Hewitt en tête de pont avec Agassi, et tous les anciens rivaux de Sampras sont partis, et alors on a des bons vieux « Sampras-Agassi » vintage à l’Us Open qui font regretter l’ »âge d’or », on sait bien ce que vaut la nostalgie, énormément !

      Imaginez que l’année prochaine, on retrouve un Fed-Safin en 5 sets style demie Melbourne 2005 avec du haut niveau, et vous aurez Sampras-Agassi 2001 !

      Vous auriez tous les types qui vous diraient « ah ces deux-là c’était vachement bien quand même, tellement mieux que Nadal, Djokovic ou Murray ! »

      Et s’il n’y avait eu Nadal, vous auriez la machine marketing en branle qui vous reconstitue les années 2000 comme une grande rivalité Fed-Safin !

      Imaginez que Safin soit redevenu depuis l’an dernier un grand joueur, et comment son blason aurait soudain été complètement redoré !

      Avec 7 grands chelems à son actif, il aurait une autre gueule, non ?

      Il n’empêche que les années avant, il n’était pas là ! Tout le monde savait qu’(hormis Nadal), il était le plus doué après Federer, qu’il était capable d’une grande rivalité, mais cette rivalité-là, il n’y avait pas eu !

      Evidemment je sais que je force le trait avec Fed-Safin : vous pourrez trouver tous les arguments que vous voudrez pour me dire que ça n’est pas comparable !

      Mais l’idée est bien là : un type très doué qui aurait dû être le grand rival mais ne l’avait pas été, et qui soudain en fin de carrière se met à devenir très régulier au top-niveau, et alors toute l’historie est réécrite.

      Il n’empêche qu’on a beau avoir réécrit l’histoire comme on veut, fin 98 on n’était pas là, non pas du tout.

      Bon là je sais que je vais m’en prendre plein la tête car je rentre clairement dans vos dogmes, mais bon tant pis les « je le répète, c’est ça », les « quand on pense Sampras on pense immédiatement Agassi », les « dans l’imaginaire populaire on pense ceci », les « les aficionados ne pensaient qu’à ça », vous avez beau les asséner, je trouve tout ça très pauvre en arguments.

      Et puis vous persistez à me sortir des « tu ne fais que de la comptabilité » (ce qui prouve que vous ne cherchez même pas à comprendre), donc j’y vais à fond dans autre chose.

      En plus franchement je n’ai strictementy aucun intérêt dans cette afafrie : tous ces types sont des grands joueurs et je n’ai strictement rien contre eux. Sur les 3 dont on a beaucoup parlé Sampras, Agassi, Courier, c’était Agassi mon préféré, et comme Elmar je l’ai défendu sur l’histoire récente et sur son livre. Mais bon Courier, Ivanisevic, Becker, Chang, Muster, Stich, Rafter c’était pas des clopinettes dans les années 90, et Agassi c’était du même ordre, sauf qu’il avait effectivement été le concurrent le plus rude de Sampras pendant une année et ça , je peux comprendre que ça fait une différence : 95, oui (dont d’ailleurs à ma grande surprise vous n’avez même pas parlé dans vos arguments, persistant à faire un paquet de l’ensemble des années 90).

      Voilà, je vous soûle, vous me soûlez, mais c’est fait.

      • Pierre 28 décembre 2010 at 09:54

        Wouah, tu as la patate ce matin, toi ! :)

      • karim 28 décembre 2010 at 10:08

        J’ai pas tout lu tout lu. Mais je ne suis d’accord avec presque rien là-dedans. Courier? Quand on sait que Pete remporte 13 GC après que Courier ait remporté son dernier, je ne sais même pas pourquoi on parle de lui ici.
        On peut juste dire qu’on ne voit pas du tout la chose de la même façon et ce n’est pas bien grave. Encore heureux d’ailleurs qu’il n’y ait pas de pensée unique.

      • John 28 décembre 2010 at 18:26

        Là, nous avons un post qui se classe directement dans le top5 des commentaires de l’année 2010 – il était temps, plus que trois jours :-)

        En ce qui me concerne, je m’étonne de ne voir personne évoquer la rivalité Sampras-Becker:

        - une rivalité entre deux joueurs complets dotés d’un orgueil démesuré
        - une rivalité dure et cruelle pour les deux joueurs, et plus encore pour Becker, qui s’est sans doute fait chiper quelques Wimbledon par l’ami Pete
        - une rivalité qui connait un magnifique point d’orgue avec la finale du Masters 96, emblématique des forces, faiblesses et arêtes des deux champions
        - enfin, une rivalité que Sampras évoque en des termes tels dans son livre – fausse amicalité, et coups de stylet dans le dos – qu’il me semble qui lui-même ne l’ait pas tout à fait réglée…

        • Duong 28 décembre 2010 at 18:33

          j’en avais un peu parlé, mais pour le coup quelqu’un avait parlé de l rivalité Becker-Lendl, qui me semble encore plus forte :
          quand on voit l’intensité de leurs matches (leurs jeux se prêtaient extrêmement bien l’un à l’autre), et le poing
          arrogant à l’issue de ce dernier point fantastique
          du Masters 88 conclu pourtant par une balle « let », on a tout compris :
          aucun mot d’excuse entre les deux « oh désolé
          franchement quelle malchance, tu es aussi gagnant que moi, après toi je t’en prie » et autres politesses comme on en aurait eu immanquablement avec les joueurs modernes :
          non là Boris avait fini le tie-break du 5e set sur une balle let mais il triomphait lourdement :lol: pendant que l’autre rangeait sa raquette avant de lui serrer la main subrepticement.

    • Duong 28 décembre 2010 at 09:41

      Comme Agassi, Medvedev était un type compliqué et attachant (plus qu’Agassi), on ne peut ramener sa carrière au seul Kafelnikov ou c’est oublier tout le reste !

      Il avait l’âme slave, il pensait à autre chose, voilà quoi …

      De même qu’on ne pourrait ramener Safin à sa seule rivalité avec Federer.

      • karim 28 décembre 2010 at 10:12

        Safin? Il n’a jamais été le rival de Fed. C’est le duo magique des matches du Masters 2004 et AO 2005 qui ont fait rêver tout le monde et on a monté cette rivalité factice en une nuit. Dans la réalité, il n’en a rien été. Safin a plus été le Courier pour Sampras de Federer que l’Agassi pour Sampras. Les H2H le disent nettement. Un rival ni au classement, ni sur le court. Il faut plus qu’une paire de matches pour faire une rivalité sérieuse. Fed l’a laminé.

        L’âme Slave de Medvedev, totu à fait d’accord. Il était assez pourri dans sa tête pour se tuer tout seul; mais Kafel est pour quelque chose dans son underachievement.

      • Elmar 28 décembre 2010 at 10:32

        Vous fâchez pas, les gars! Ce que vous dites n’est pas si éloigné.

        Je vais essayer de résumer le propos de Duong:

        On ne peut pas considérer qu’il y a une rivalité entre Safin et Federer parce que le premier nommé a été décevant (au classement et sur le court). Or, Agassi, jusqu’en 1999 est une sorte de Safin (décevant sur le long terme).
        Mais la différence, c’est que Agassi devient performant et régulier dès 1999. Il devient ainsi un vrai rivale de Pete, jusqu’à la fin de carrière de celui-ci.

        Dès lors, on peut estimer qu’il y a eu rivalité entre Dédé et Pete grâce à la période 99-02.
        De la même manière, si miraculeusement Safin avait été performant entre 09 et 12, alors on aurait pu parler de rivalité Safin-Federer. Pourtant, dans ce cas-là, on aurait jamais pu dire que Safin était LE rival de Roger dans les années 00.

        Duong fait le parallélisme en disant que Dédé n’était pas LE rival de Pete dans les années 90. Il est devenu LE rival plus tard, fournissant ainsi une relecture de leurs carrières respectives.

        Ca, c’est l’avis de Duong, que je partage en grande partie. La différence, c’est que je ne m’enfonce pas dans ce débat. Tout ce que je peux dire, c’est mon ressenti: dans les années 90, A MES YEUX, y avait Pete contre le reste du top-ten (un coup Becker, un coup Rafter, un coup Goran et un coup Dédé). Durant toutes les années 90, je n’ai jamais considéré que Dédé était LE rival. Trop loin au classement, trop irrégulier. Avec les derniers épisodes toutefois, on peut considérer qu’il y a eu rivalité, mais on peut le considérer à la fin de leur carrière. C’était pas MON sentiment dans les années 90. Je l’affirme en toute subjectivité. Si d’autres l’ont vécu différemment, c’est très possible, mais en même temps, je mets en garde contre une relecture a posteriori (c’est qqch qu’on fait tous!).

        • Duong 28 décembre 2010 at 10:54

          Voilà, c’est ça, avec aussi le fait que si Safin était devenu brutalement un top-2 régulier à partir de 2009, on aurait réécrit l’histoire :
          on t’aurait ressorti la finale de Hambourg 2002 en en faisant une montagne « le fils prodigue, futur leader du tennis attendu par tous tout à coup écrasé par un autre jeune avec un talent tout nouveau »

          De la même manière qu’on fait tout un foin de
          Sampras-Federer 2001, mais ça n’était qu’un 1/8 de Wimbledon, et très peu de gens pensaient que Federer pourrait devenir un champion d’une trempe même approchant Sampras !

          Saviez-vous que Sampras avait battu un jeune inconnu de 20 ans (âge de Fed en 2001) du nom de Kafelnikov 9/7 au 5e set au premier tour de l’open d’Australie 1994 ? Et quid si Kafel avait gagné ce match ?

          Karim me fait marrer en disant qu’on a monté la
          rivalité Fed-Safin à cause de quelques matches en 04-05 (entre parenthèses, c’était aussi la finale de
          l’open d’Australie 2004).

          Mais quid de Sampras-Agassi qui, avant 99, n’avaient été rivaux qu’en 95 ?

          Je sais bien que je force le trait en parlant de Fed-Safin, que c’est une version apauvrie des années 90 de Sampras-Agassi, mais je vous assure que si Safin était devenu numéro 1 l’année dernière, l’histoire aurait été réécrite tout à fait différemment !

          Mais sinon, je suis en tout points pareil qu’Elmar, même concernant nos préférences d’ailleurs : comme lui j’ai d’abord préféré Sampras, un type qui me faisait sourire de plaisir à regarder les premières années comme ça m’a fait (en plus fort) pour Fed plus tard, et comme lui je m’en suis lassé notamment à cause du service (pet aussi parce qu’il était trop dominant, mais par rapport à Elmar moins à cause de ça : plus le service et tout ce qu’on assénait qui reniait tous les champions du passé), et plus tard dans leurs duels
          j’étais pour Agassi, qui était époustouflant quand il s’y mettait.

          Mais quant à Courier c’était celui que j’aimais le moins mais ce que vous dites sur la « parenthèse » en le ramenant à un mois de Nalbandian, me dégoûte carrément : le type a été numéro 1 un an et demi, à une grande époque du tennis, 4 grands chelems, 3 finales de RG consécutives (lplus refait avant Nadal et Fed), même Agassi 95 ça n’était pas ça !

          Là pour le coup, Hewitt est une version très appauvrie de Courier.

          Bref, je comprends rien à vos dogmes (parce que vous ne faites qu’asséner des affirmations), vous ne comprenez rien à mes théories, donc c’est peine perdue.

        • Elmar 28 décembre 2010 at 11:04

          Pour le Sampras-Federer, en Suisse, on parlait ouvertement de « passage de témoins ». J’imagine évidemment que dans le reste du monde, ça n’a pas eu le même impact, encore qu’il me semble que McEnroe avait tenu ce genre de propos.

          • Duong 28 décembre 2010 at 11:08

            mais c’est normal que ça suscite des espoirs : combien de journalistes de tennis en ont fait beaucoup sur Cilic en début d’année dernière ?

            Et tiens j’ai un excellent argument pour toi sachant ce que tu penses : et Djoko à l’open d’Australie 2008 ?

            Et lui il avait déjà battu Fed à
            Montreal 2007, avait gagné un grand chelem et fait une finale et une demie … on trouve toujours des gens pour dire ça, mais 3 fois sur 4, ça n’arrive pas.

  31. Jérôme 28 décembre 2010 at 10:32

    Duong, pour donner à nouveau mon avis sur les 3 points que tu soulèves.

    1 – Même si ça ne se compare pas au Federer-Nadal des années 2005/2010 (encore que celle-là, il faudrait la relativiser) ou au Lendl-Mac Enroe des années 1982/1985, il n’en reste pas moins qu’avec 34 rencontres, et malgré ses hauts et ses bas, Agassi a été le plus grand rival de Sampras.

    Il ne faut pas non plus exagérer les éclipses d’Agassi. Les éclipses d’Agassi, c’est un an et demi entre fin 1992 et début 1994, puis à nouveau un an et demi entre fin 1996 et début 1998.

    Là où je ne te suivrai pas complètement sur le choix d’année de rupture, c’est sur 1999. Certes 1999 marque l’arrivée très tardive d’Agassi à son sommet. Mais en 1999, le meilleur, ça reste Sampras. C’est juste que Pete a eu des pépins de fatigue/santé qui l’ont empêché de défendre des chances à l’OA 1999 puis qui l’ont obligé à s’arrêter 3 mois à partir d’août 1999 alors qu’il était le favori évident de l’US Open.
    Vu le mal qu’a eu Agassi à gagner cet USO 99 et la manière dont Sampras a joué en en juillet/août puis en novembre 99, j’émets l’hypothèse qu’Agassi se serait fait désosser à l’USO 99 si Pete avait été là.
    Le vrai déclin de Sampras, c’est à partir de 2000 où il n’est plus lâché par les pépins physiques, la fatigue, et où son jeu se délite côté revers.

    Comme le dit Karim, la grande frustration/jalousie d’Agassi envers Sampras, c’est qu’il n’a jamais battu Pete à l’USO.

    2 – Effectivement, pour ce même bémol, quand je pense Sampras, je ne pense effectivement pas Agassi, de la même manière que quand je pense Federer je ne pense pas immédiatement Nadal.

    3 – Totalement d’accord avec toi. Courier n’est pas plus une parenthèse que Newcombe n’a été une parenthèse. Le seul problème de Courier, c’est qu’il était mentalement cramé à tout juste voire même pas 23 ans.
    Mais 58 semaines comme n°1 mondial, dans une période de concurrence de folie, avec 7 finales de GC sur 10 possibles, dont 4 titres remportés, ça non, en effet, ça ne peut pas être une parenthèse. C’est juste une période injustement méconnue.

  32. Pierre 28 décembre 2010 at 10:37

    Et la rivalité Proisy/Caujolle, ça avait de l’allure, non ?

  33. Jean 28 décembre 2010 at 11:06

    L’avis du type dont la voiture est toujours en panne :

    Comme expliqué dans l’article, Pete et Dédé sont de la même génération, ils étaient « le futur » à la fin des 80’s. Avec quelques autres bien sûr, que l’on avait vu ou pas venir. Courier, Stich, Ivanisevic…

    A la fin des 90’s et au début du nouveau millénaire, il ne reste que deux joueurs à avoir traversé la décennie, plus ou moins vaillamment mais ils l’ont traversée.

    Et même si Agassian déborde sur Pete (arrive avant et part après), le fait que Sampras ouvre et ferme son compteur contre lui, aux EU, avec entre les deux 32 autres rencontres, perso, cela me suffit pour qualifier leur relation sportive de rivalité.

    En plus ils n’ont jamais pu se blairer, ce qui possède un fort coëfficient de « rivalitude ».

    Ceci dit, j’ignore si cela va dans le sens de Duong, je pourrais également dire que Dédé était un rival « par défaut » mais on en pense ce que l’on veut, Agassi a bien été le rival le plus constant de Pete sur la décennie. « Par défaut » dans le sens où il était évident que Dédé était à la traîne tennistiquement, en même temps, on ne peut pas être le (l’un des) meilleur de l’histoire et rencontrer son égal à chaque fois.

    Cède, Duong stp, sinon Karim fait des posts de 100 lignes sur Medvedev !

    Dans le même genre, la rivalité Mac/Lendl est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît, on a en fait plus des trajectoires croisées que des destins parallèles.

    • Duong 28 décembre 2010 at 11:14

      tu vois bien ton commencement, tout comme la structure de l’article de Karim : tout part de ce point d’arrivée et de ce point de départ.

      Dans les étapes de Karim, tu as 90, 2001, 2002 … et au milieu seulement 1995 ! Alors qu’il y a 11 ans entre 90 et 2001 !!

      Enfin, oui, même pendant les années 90, il a été le plus constant, mais pas de beaucoup … car Agassi et constance dans les années 90, ça fait 2 !! C’est surtout la longévité qui le caractérise, plus que la constance.

      Ceci dit, sur la controverse avec Karim et Colin, le prob c’est que j’ai du mal à comprendre ce qu’ils veulent dire, sinon ce dogme asséné en une phrase « quand on pense Sampras, on pense Agassi qui a été SON grand rival » … après la seule chose que je comprends, c’est que ce que je dis ne leur convient pas et même les choque : « ils ne sont d’accord sur presque rien » cf Karim, et Colin c’était encore pire …

      Bref, j’ai reformulé mes idées de 10 manières différentes et ça n’a rien donné donc effectivement la conclusion s’impose d’elle-même : je n’aime pas être incompris mais je le suis, point.

      • inès 28 décembre 2010 at 11:34

        Duong, les dates de 90, 95, 01 et 02 correspondent aux 4 victoires de Sampras sur Agassi à l’US open !
        Pour les américains, retrouver leurs deux champions US, sensiblement du même âge, dans LEUR grand CHELEM, c’est à chaque fois un événement.

        Or,à la limite, peu importe qu’il y ait des concurrents à ces deux joueurs sur le circuit,et il y en a,les supporters se passionnent sur leur face à face sur le territoire américain.

        On ne peut pas vraiment considérer que chacun à sa période, la plus longue série de victoires étant 3 sur un total de 34 victoires et 13 ans de confrontation. La durée est quand même assez exceptionnelle !

        Et il faut dire que même si Sampras est sur le déclin à partir de 2000, il remporte ses trois dernières confrontations contre Agassi dont les deux derniers US open de Sampras (01,02).
        Cela marque les esprits et les médias, surtout américains, bien sûr…

        • Colin 28 décembre 2010 at 12:07

          Excellente synthèse Inès, je crois que tu as tout résumé.

        • Lionel 28 décembre 2010 at 12:45

          Un peu comme la finale Gasquet – Monfils, Roland 2011 quoi. Ou Clément – Tsonga! 4 francais en demis finales.
          Mordicus.

          • inès 28 décembre 2010 at 13:46

            C’est amusant Lionel, mais je pensais exactement au même exemple, en science fiction, bien sûr !

            Nous avions donc eu une première finale à RG en 2002, gagnée par Gasquet, puis une autre en 2007 toujours gagnée par Gasquet, suivie de nombreuses rencontres où ils alternaient victoire et défaite sur divers tournois …

            Enfin ils se retrouvaient en 2011, toujours en finale de RG. Les français étaient partagés sur les chances de l’un et de l’autre, mais comme toujours à Paris, c’est Gasquet qui s’imposait…ETC…

            On peut rêver, n’est ce pas !

    • Duong 28 décembre 2010 at 11:23

      ceci dit, et je crois que ça va plaire à Karim même si je ne suis même plus sûr, je ne parlerais pas de « rival par défaut » pour
      Agassi,

      parce qu’il y a eu une foule d’excellents rivaux donc ça n’a pas du tout manqué, fort heureusement car avec un tel rival à éclipses …

      je dirais plutôt « 1er de peu » parmi une foule d’excellents types dont j’ai cité les noms. Courier serait sans doute 2e mais là encore de peu par rapport aux Ivanisevic, Rafter, Chang, Becker, Kafel, Muster …

    • Jean 28 décembre 2010 at 11:41

      Perso, j’aurais tendance à dire que l’on met certainement les rivalités où l’on veut. Celle entre Borg et Connors par exemple n’est à mon sens justifiée que par le fait que Connors rebatte Borg en finale de l’USO 78 et empêche donc son petit Chelem, sinon il était écrasé.

      J’aimais beaucoup les affrontements entre Lendl et Becker mais peut-on réellement parler de rivalité entre eux à une époque où il y avait également Edberg, Wilander, puis Agassi ? Pour moi oui, l’aspect psychologique est d’ailleurs important (logique pour une « rivalité »).

      Même chose pour Agassi/Becker, principalement parce que les deux ne pouvaient pas se pifrer. Pas forcément très marquant historiquement mais intense mentalement.

      D’ailleurs, Sampras était très neutre et détaché psychologiquement, jamais dans le conflit, cela n’aide pas à créer de la rivalité. Cela marche peut-être même mieux dans l’autre sens si je me fais comprendre, la rivalité Agassi/Courier marche mieux que Sampras/Courier à cause de leur histoire à la NBTA où, effectivement, Agassi était une petite star depuis ses 13 ans.

      Mais c’est vrai que comme dit plus haut, pour moi, si on prend 1990 et 2000, les deux seuls joueurs qui sont toujours là sont Dédé et Pete. C’est aussi dans leurs éloignements une différence de style de vie, de gestion psychologique, la constance contre l’inconstance, c’est aussi ça leur rivalité. Principalement, d’ailleurs, peut-être.

      Sur le tennis pur, Sampras n’avait d’autre rival que lui-même et sa thalassémie, qui je crois a joué un rôle dans son non investissement vis-à-vis de la terre (il terminait chaque match complètement crâmé). Ça c’est bien, non ?

      Mais j’aime bien les gens qui soutiennent leur position mordicus, surtout parce que je ne sais pas ce que veux dire mordicus mais que c’est marrant comme mot.

      • Colin 28 décembre 2010 at 12:07

        MDR

      • Duong 28 décembre 2010 at 12:16

        en fait c’est pas tant que je soutienne ma position mordicus, mais que je n’aime pas les désaccords et surtout être incompris, ça
        ça m’énerve vraiment après j’essaie de m’expliquer mais là je tombe sur des gens qui croient mordicus eux aussi à ce qu’ils croient, ce qui fait que ça ne donne rien :lol:

        malheureusement la vie est comme ça : faire s’entendre les gens sur une position commune, c’est très rare, et souvent quand ça arrive c’est un accord de façade.

        • Federette 28 décembre 2010 at 13:09

          Perso, je suis en accord avec ton point de vue bien que je n’ai pas trop suivi cette période ni ces joueurs, puisqu’après Mcenroe, j’avais le moral dans les chaussettes et Agassi fluo débarquait, en tapant fort et sans génie. J’ai pas supporté.
          Sinon pour ce qui est de mettre d’accord les gens sur un sujet, ça dépend où l’on se place. Par exemple si deux personnes regardent le même livre, l’un regarde de face et l’autre de côté. On est d’accord qu’ils regardent une même vérité, sauf que l’un verra la tranche du livre plus petite que l’autre et pourtant ils voient le même livre, et surtout : les deux auront raison. En conclusion on peut trouver des contradictions qui sont toutes les deux deux vérités.

        • Jean 28 décembre 2010 at 13:13

          Tu soutiens mordicus, Karim soutient mordicus. Bon bah, tout le monde est d’accord en fait. Vive mordicus.

          • Federette 28 décembre 2010 at 13:16

            mdr

        • Elmar 28 décembre 2010 at 13:19

          Oui Federette!

          D’ailleurs, je comprends mal l’acharnement mordicus ;) des uns et des autres alors même qu’ils ne disent pas des choses si contradictoires!

          A l’aune de leur fin de carrière, oui, il y a rivalité. Tout le monde est d’accord là-dessus il me semble.

          La seule qestion est de savoir s’ils ont TRAVERSE leurs carrières dans l’idée de cette rivalité. Je n’en sais rien, je ne suis pas dans leur tête. Mais en tous cas moi, je n’ai pas vécu la carrière de Pete dans l’idée qu’il y avait Pete et Dédé. Pour moi il y avait Pete et les autres.

          Mais est-ce que ça vaut vraiment la peine d’écrire 173 com’ sur cette question somme toute subjective avec, en plus, l’éloignement temporel qui accentue le travail de la mémoire?

          • Federette 28 décembre 2010 at 13:27

            Entièrement d’acc avec toi Elmar :-) bien que c’est toujours pas mal de remettre en question certaines vérités trop ancrées pour qu’on n’ose même plus y toucher.

        • Sylvie 28 décembre 2010 at 13:26

          Ben moi je n’ai aucun avis sur le sujet vu que, comme Federette, j’ai pas mal zappé le tennis à cette époque. Vu de l’extérieur, il me semble cependant que, Sampras et Agassi sont étroitement associés dans la mémoire commune.

          C’était le post qui fait avancer le schmilblick.

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