US Open : l’ordre chez les hommes, l’anarchie chez les femmes

By  | 7 septembre 2009 | Filed under: Actualité

Jesse Witten (photo DR)La première semaine de l’US Open s’est révélée très contrastée entre un tableau masculin sans grande surprise (les 16 premières têtes de série étaient au rendez-vous du troisième tour) et un tableau féminin au sein duquel les favorites (Dementieva, Safina, Jankovic…) ont démontré que gagner des tournois de moindre envergure et briller en Grand Chelem sont deux choses différentes.

 

A cet égard, on s’aperçoit, quand on compare les tableaux masculins et féminins, que ce n’est pas tant le fait de passer à 32 têtes de série qui limite le nombre de surprises (ce passage de 16 à 32 date de 2001), mais plutôt la solidité de la hiérarchie du tennis, qui conduit à ce que le Top 20 chez les hommes soit beaucoup plus solide que chez les femmes. Pour autant, les surprises sont possibles, et Andy Roddick en a fait l’expérience devant John Isner.

 

Parmi les tops de cette semaine, on retiendra :

 

Jesse Witten : l’Américain de 26 ans, 276e mondial, au physique aberrant (un croisement entre un pilier de rugby, Toni Nadal et le footballeur Toulousain Gignac), s’est sorti des qualifications, est parvenu à mettre trois petits sets à Igor Andreev, et a surtout failli créer la surprise contre Novak Djokovic, le poussant à jouer quatre sets serrés en plus de 3h30 de match. Et malgré ses kilos en trop, c’était lui le plus frais à la fin du match. Comme de nombreux Américains, il a joué crânement sa chance, sans se poser de questions, répétant son schéma classique de jeu : renvoyer la balle en revers et mettre des parpaings en coup droit (plus de 40 coups gagnants au total). Avec un service à la hauteur, il aurait pu sortir un Djokovic à la rue ce jour-là.

 

Melanie Oudin : sortir à la suite Dementieva et Sharapova quand on est 70e mondiale, il faut le faire ! Après avoir atteint les huitièmes de finale à Wimbledon en battant Jankovic au troisième tour, Melanie confirme à l’US Open ses qualités, et en particulier un mental de gagnante. Certes, la tâche lui a été grandement facilitée par une Sharapova qui a commis 21 doubles fautes et qui a beaucoup perdu en puissance sur ses coups (et notamment le service) depuis sa blessure à l’épaule, mais la belle Maria a montré comme d’habitude une grande combativité, et Oudin a du lutter jusqu’au bout, parvenant à éviter que le stress et l’émotion ne la fassent dérailler.

 

John Isner : le grand Américain est l’auteur de la seule véritable surprise chez les hommes, en sortant Andy Roddick. Les deux joueurs ont en commun un style de jeu assez semblable, fondé sur un service surpuissant, un grand coup droit, et la montée au filet dès que possible. Plus complet que Karlovic, Isner a un coup à jouer contre Verdasco, lequel n’apprécie pas trop d’être agressé (cf. son match contre Tommy Haas).

 

Ces trois joueurs Américains ont en commun un mental à toute épreuve : la compétition les sublime et les conduit à jouer leur meilleur tennis. Alors que les Français (et surtout les Françaises) ont tendance à se poser des questions dès qu’il y a un peu d’enjeu au cours d’un match, les Américains y vont à fond : ils jouent leur jeu, positivent, et tentent leur chance sans complexe.

 

Kim Clijsters : en un mois de temps, et après plus de deux ans d’arrêt, Kim rejoue Top 10 (elle ne va pas tarder à réintégrer ce rang). La Belge a même déjà démontré qu’elle était capable de revenir dans le Top 5, ce qui laisse dubitatif sur le niveau du tennis féminin actuel. Même si Kim est très forte et qu’elle a toujours eu une condition physique exemplaire, il est quand même stupéfiant qu’une retraitée parvienne à battre des joueuses du Top 10 (Jankovic, Kuznetnova…) aussi rapidement après son retour. La cerise sur le gâteau étant sa victoire à New York sur Vénus Williams, n°3 mondiale, et sa qualification pour les quarts de finale.

 

Robin Soderling : le Suédois a acquis une autre dimension depuis sa finale de Roland-Garros : battu en huitièmes de finale à Wimbledon par Federer, vainqueur à Bastad, il atteint de nouveau les huitièmes à l’US Open en battant Sam Querrey, l’épouvantail de l’été sur dur, certes un peu émoussé, mais la performance du Suédois n’en est pas moins solide. Il a toutes ses chances en quarts de finale contre Davydenko, même s’il ne s’agit pas du même Nikolay que celui qu’il avait pulvérisé à Paris.

 

 

A revoir devant des adversaires d’un autre calibre :

 

Jo-Wilfrid Tsonga : Deux matchs expédiés en trois sets contre des adversaires sans envergure (Buchanan encore junior et Nieminen revenant de blessure). Le Français semble en grande forme, mais il faut attendre un peu avant de voir ce qu’il est capable de faire contre une opposition de plus grande qualité. Match assez bon contre Benneteau et une qualification facile pour les huitièmes de finale : on va voir ce que vaut réellement Jo contre Gonzalez.

 

Gaël Monfils : Trois bons matchs, même si Jérémy Chardy au premier tour a vraiment été décevant. On attend aussi un véritable test contre Nadal en huitièmes de finale, l’obstacle Acacuso ayant été passé sans coup férir. Son duel face à Nadal s’annonce alléchant.

 

Andy Murray : un set perdu face à Paul Capdeville mais des matchs plutôt convaincant, contre une opposition pas vraiment de haut niveau. A suivre contre Cilic.

 

Juan-Martin Del Potro : entrée en matière correcte pour l’Argentin, mais un set perdu contre Koellerer qui n’est pas un cador. A revoir contre Ferrero.

 

 

Les interrogations :

 

Roger Federer : un premier set cochonné contre Hewitt avec plus de 20 fautes directes (dont 12 en 3 jeux !) alors qu’il menait tranquillement 4/2 et 3 balles de 5/2, plus de 60 fautes directes dans le match, un service irrégulier : Roger Federer commence doucement son US Open, et sa propension à sortir de ses matchs (dernier set contre Nadal à Melbourne, dernier set contre Djokovic à Miami, dernier set contre Tsonga à Montréal) pose question. On sait que le Suisse commence toujours tranquillement ses tournois, mais il doit se ressaisir, même si son prochain match contre Robredo ne devrait pas être trop compliqué.

 

Novak Djokovic : des difficultés incroyables pour battre un Jesse Witten dont il n’aurait « dû » faire qu’une bouchée. Un état physique inquiétant dès que la température monte (il termine sa partie épuisé) et un tennis toujours aussi attentiste dès qu’il est en difficulté. Il devra hausser son niveau de jeu s’il veut battre Radek Stepanek.

 

Rafael Nadal : un set abandonné contre un Nicolas Kiefer loin de son niveau, un pourcentage de premières balles loin de ses statistiques habituelles, et des interrogations sur ses adducteurs qui le feraient souffrir et l’obligeraient à modifier sa position au service. Il continue à jouer très court, et heureusement qu’il a pu compter sur les 52 fautes directes de Almagro pour l’emporter en trois sets serrés… tout en ayant perdu sept fois son service.

 

 

Parmi les flops :

 

Tommy Haas : il aurait pu figurer parmi les tops s’il avait bouclé son match contre Verdasco, qu’il a perdu tout seul en offrant à l’Espagnol le 2e, le 3e et même le 5e set.  Tennistiquement, il est au niveau des tous meilleurs : il est complet et sa technique est superbe. Physiquement, il est en forme et son corps n’est plus tracassé par les blessures. En revanche, avec ce mental irrégulier et sa capacité à s’auto-détruire, l’Allemand n’arrivera à rien s’il ne travaille pas cet aspect-là très rapidement. A 31 ans, le temps presse.

 

La hiérarchie du tennis féminin, avec en tête les Safina, Dementieva et Jankovic. Il est assez pathétique de se rappeler que Safina et Jankovic ont été ou sont n°1 mondiales sans avoir gagné un Grand Chelem et en échouant assez régulièrement contre des joueuses de standing bien inférieur. Leurs nerfs lâchent trop souvent, et Serena n’a pas tort quand elle suggère qu’elle est la vraie n°1. En tous cas, son palmarès ressemble à autre chose que celui de Dinara Safina, qui perd quand même contre une Tchèque classée au-delà de la 50è place.

Elena Dementieva est moins coutumière des défaites inattendues, mais ses chances de gagner un tournoi Majeur déclinent au fur et à mesure des années : elle était en pleine forme cette année, et malgré cela elle perd en début de première semaine. Qu’une Flavia Penetta arrive tout à coup à être Top 10 après des années sur le circuit, que des Ivanovic,  Chakvetadze ou Vaidisova  atteignent ce même Top 10 pour en ressortir aussi vite, posent de vraies questions.

Par ailleurs, la palette technique de l’ensemble des joueuses (exceptées les soeurs Williams) reste limitée, sans parler de l’aspect tactique, assez inexistant.

Kim Clijsters a de beaux jours devant elle et, si Justine Hénin revenait, elle n’aurait pas trop de difficultés à se remettre au niveau des meilleures.

 

Le tennis féminin français : incapable d’avoir un représentant au troisième tour (une première depuis 1986), le tennis féminin français est à la rue. Amélie Mauresmo est en fin de carrière, Alizé Cornet n’arrive plus à gagner et son jeu reste très limité, sans coup fort. L’espoir Mladenovic est encore tendre ; Virginie Razzano, 18e au classement, perd dès le premier tour ; Marion Bartoli se prend une deuxième claque consécutive contre Kim Clijsters (elle devrait au passage arrêter de multiplier les nouveaux tics avant de servir et recevoir), Aravane Rezaï est capable de battre Safina mais perd contre Sabine Lisicki… La Fédération française de tennis met en avant l’absence de Tatiana Golovin comme raison majeure de l’absence de relève : n’est-ce pas diminuer l’ampleur de la crise ? C’est en tout cas ce que pense le sélectionneur de l’équipe de France de Fed Cup, Nicolas Escudé.

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472 Responses to US Open : l’ordre chez les hommes, l’anarchie chez les femmes

  1. Jean 9 septembre 2009 at 23:11

    Verdasco n’est pas extraordinaire mais Djokovic est complètement nul, heureusement pour lui qu’il a fait un hold-up dans le tie-break. Jeu de jambe complètement à la ramasse, fautes à la pelle, manque total de fulgurance, je ne comprends pas, Karim est pourtant infaillible.

    Commentaire de Lendl, par contre, qui donne Federer favori. Première question du commentateur : « pensez-vous que vous êtes le pionnier du jeu moderne ? » Houlà… deuxième question : « Mais, qu’est ce que vous faîtes là ? ».

  2. Adrien 9 septembre 2009 at 23:14

    faut qu ils arretent leur délire les commentateurs de canal ca fait pas leopard le t shirt de verdasco mais plutot trace de pneu

  3. Jérôme 9 septembre 2009 at 23:17

    Regardez quand la caméra fait un zoom sur les vêtements des joueurs ou sur les cheveux d’un spectateur : ça souffle méchamment. C’est certainement une des clés de la tournure du match, notamment du nombre de fautes.

  4. Antoine 10 septembre 2009 at 00:09

    Excellent 3ème set ! Verdasco fait les points et les fautes mais ils jouent très bien tous les deux en même temps..Djoko a maintenant l’ascendant; on va voir ce que vaut Verdasco, pas bon dans les points chauds sur ce set. Il n’a plus droit à l’erreur et cela joue très long côtés…

    • Antoine 10 septembre 2009 at 00:24

      Mal parti dans ce 4ème Verdasco: il se fait breaker stupidement alors que sa balle était bonne et qu’il ne l’a pas challengé et il tape n’importe comment au service à 140 mph avec doubles fautes à la clé..Il est à moitié fou..

  5. Bastien 10 septembre 2009 at 00:23

    Bon, ben j’ai bien fait d’arriver au 3ème set ! Ca joue plutôt pas mal alors que le début avait l’air soporifique.

    Par contre, l’ATP devrait obliger à porter 2 couleurs de T-shirts différentes parce que là c’est fatigant pour les mirettes (voire envisager l’interdiction de l’orange !)

  6. Bastien 10 septembre 2009 at 00:30

    Verdasco perd pied…

  7. Antoine 10 septembre 2009 at 00:46

    Ca pour perdre pied, il a perdu pied..Djoko a été très bon, pratiquement au même niveau sur les quatre sets, mais Verdasco n’a pas tenu après 5-5 au troisième..

    Djoko en demies, contrat rempli, le reste est du bonus mais je ne l’avais pas vu jouer aussi bien depuis Madrid..Il a toutes ses chances et peut gagner le tournoi..

    • Jean 10 septembre 2009 at 00:53

      C’est marrant, on a pas dû voir le même Novak !

  8. Jean 10 septembre 2009 at 00:52

    Je me demande encore comment Djokovic a fait pour remporter ce match alors qu’il était en dedans pendant trois sets, manquant d’intention et bivouaquant à trois mètres de la ligne. Grâce à son service, et surtout parce que Verdasco a la tête pleine d’eau : il vendange le tie-break et se craque complètement à 5-5 dans le troisième. Si un jour ce gars fait un scrabble avec Monfils, prévenez-moi. La réflexion d’Antoine (« il est à moitié fou ») m’a fait exploser de rire, d’autant qu’elle est juste !

    Djokovic a attendu la fin du match pour se lâcher, celui des trois premiers sets n’a aucune chance contre un Federer normalement disposé.

    • Antoine 10 septembre 2009 at 10:09

      Me relisant ce matin, je vois que j’ai qq peu exagéré. le bon Djoko était celui des deux derniers sets..

  9. Bastien 10 septembre 2009 at 01:03

    Il avait l’air un peu juste physiquement aussi l’ibère…

    Je pense que l’histoire sur sa ceinture abdo n’était pas entièrement feinte. Il avait vraiment du mal à tenir l’échange sur la fin et ne brillait plus que sporadiquement.

    L’effet immédiat fût de libérer Novak (pour ma part, je n’ai pas vu le début du match, donc j’ai trouvé le Serbe très bon) encore plus. Celui-ci, alléché par l’odeur du sang, ne fit plus qu’une bouchée d’un Verdasco que ses capacités mentales devraient cantonner irrémédiablement aux seconds rôles, à l’instar de notre mascotte Nicolay.

    • Antoine 10 septembre 2009 at 10:10

      Si l’on en juge par ce qu’il a dit dans sa conférence de presse, c’est vrai qu’il était diminué avec deux blessures et deux matches joués dans ces conditions..pas facile

    • Guillaume 10 septembre 2009 at 10:19

      Antoine : check your mails.

      Pour info, le prochain commentaire sera le 5000e du site.

  10. Bastien 10 septembre 2009 at 01:31

    Je tenais aussi à répondre à Ulysse qui m’a rembarré dans notre échange beaucoup plus haut dans le fil :
    « >> Bastien – 9 septembre 2009 à 15 h 46 min
    Je suis d’accord Ulysse sur le caractère proprement providentiel d’une victoire de Tsonga en grand chelem.
    Disons que s’il venait à gagner un GC, ce serait “à la Krajicek”, alors que pour une Monf’ ou une Gasquette, ce serait “à la Thomas Johansson”.

    Cependant, ll y a un paquet de joueur qui peuvent “faire un coup” sur un alignement des astres optimal, mais qui ne le font jamais (Nalbide étant le dernier en lice, et je trouve que la comparaison avec Tsonga est assez pertinente »

    >> Réponse de Ulysse :
    Tsonga est incontestablement plus grand-chelemisable que Krajicek à la veille de Wimby 1996. Heureusement, parce que retrouver un Jason Stoltenberg puis un Malivai Washington en demi et finale d’un GC n’est pas près de se reproduire. Quand je parlais d’alignement de planète je ne pensais pas à un cas aussi extraordinaire »

    ————–
    >> et bien figure toi que je conteste, et plutôt 10 fois qu’une !!!

    Tout d’abord, les profils du misogyne néerlandais et du forban manceau sont étonnamment similaires : gros service et coup droit, capables de tenir en baseliner et carrément de surenchérir dans un bon jour. Du coup, capables de performer sur toutes surfaces. Jeux de jambe très approximatifs et capacité à arroser les bâches également hors du commun ; et mental fluctuant.

    Quant à leurs parcours, n’étaient les 2 années de blessure de Jo, le parallèle est étonnant :
    - 1er challenger à 19 piges
    - brillent à fond dans ces tournois de second rang avant d’exploser au plus haut niveau dès leur premier grand slam avec un 1/8ème de finale (Kraj à l’AO 91, Jo à Wimby 07)
    - grosse perf en GC à l’AO suivant (Kraj passe Chang puis Stich et va en demi à l’AO 92, mais est forfait face à Courier – dur, dur)
    - résultats assez erratiques, avec fluctuations au classement entre 7ème et 20ème place. Quelques bons coups en GC (demi à RG 93)
    - 9 victoires en tournoi pour Kraj entre 91 et 95, valant bien Johannesburg ou Bercy (Stuttgart et Rotterdam notamment)
    - capables de battre le n°1 mondial dans un tournoi de seconde zone (Kraj bat Sampras à Los Angeles 93)
    - en 1996, alors qu’il est retombé 25ème, il enchaîne finale à Rome, quart à RG et victoire à Wimby.
    Puis sa saison américaine est pas dégueu, mais patatra, il tombe sur Edberg, alors n°28 au 1er tour de l’US. Ya pas à dire, ça avait plus de gueule les tirages à cette époque !
    Pour Jo, si on tient compte de ses 2 ans de mise sur la touche, il a une fenêtre pour un GC entre 2010 et 2013 à mon avis. Après, il sera dépassé et mis au rancart.

    Et sur Wimby 96, je te rappelle que Krajicek sort Stich puis Sampras en 1/8 et 1/4, en 6 sets bien tassés, alors que ces derniers n’étaient pas précisément des buses sur la pelouse british. Et Stoltenberg venait de faire dérailler Ivanisevic…
    Bon, après, je reconnais que personne n’explique encore les tribulations chaotiques qui firent débouler Malivaï le vaillant (quand même 20ème mondial à l’époque) en finale.
    Mais bon, Krajicek sort un tournoi façon JoWi à l’AO 08, sans tomber sur une bête en finale.
    Il ne lâche qu’un petit set dans tout le tournoi, bizarrement contre Brett Steven, néo-zélandais et 56è mondial.
    D’ailleurs, je vous le donne en mille, cet inconnu notoire venait d’obtenir le scalp de…

    • Clément 10 septembre 2009 at 01:44

      Agassi?

    • Jean 10 septembre 2009 at 01:47

      Mais non, Gr…

      • Bastien 10 septembre 2009 at 02:27

        Non, ce n’est pas Denis Gremelmayr.

    • Bastien 10 septembre 2009 at 02:26

      Tiens, pendant que j’y suis, une anecdote croustifondante ayant un rapport avec ce chafouinesque Wimbledon 1996.

      Vous vous rappeler de Neville Godwin ? Rien à voir avec Mike Godwin qui énonça le point du même nom dès 1990 pour stigmatiser l’effervescence des débats sur internet.

      Non, il s’agit de ce superbe one shot sorti des qualifications, sud-africain de son état, qui atteint le 3ème tour lors de ce tournoi de tous les possibles, non sans passer au fer en 3 sets chacun Caratti et Stafford, deux gus dont vous aurez oublié le nom aussitôt après les avoir lus, ils vous en remercient.

      Bref, notre héros obtint le droit de se faire désosser par Boris « I love Sophie Marceau » Becker.
      Mais contre toute attente, le placide germain dût déposer sa hallebarde à 6-6 au premier set.

      C’est alors que Neville put disputer le match de sa vie, un huitième de finale à Wimbledon, rendez-vous compte.
      Et la providence de lui envoyer non pas le terrifiant Arnaud Boetsch, mais l’immarcescible Alex Radulescu, allemand comme son nom ne l’indique pas.
      Celui-ci arrive exténué jusqu’ici, à la faveur de 3 matches en 5 set, un contre ledit Boetsch fini à 9-7, puis contre Pescolido 10-8, et enfin contre Weathon 6-3 (bon d’accord c’est raté pour le crescendo dramatique).
      Soit 70 jeux disputés par Godwin contre la bagatelle de 173 pour le roumain pardon boche !

      Et c’est toute la beauté du tennis, notre affable Godwin se vit éviscérer contre toute attente, sur le noble score de 6-3, 6-0, 6-4, fermez le ban !!!

      Radulescu ira évidemment se fracasser au tour suivant, en 5 sets de toute beauté contre un joueur (un de plus !) inattendu. Honni soit qui Malivaï, car il n’y a que Malivaï qui m’aille.

      Vous suivez ? Non, parce que l’anecdote, ce n’est pas ça.
      Ce conquérant du gazon, lors d’une défaite ultérieure au 3ème tour du même tournoi, refit parler de lui par ses frasques simili-spadéennes.

      Emporté par sa proverbiale fougue, il apostropha une ramasseuse de balle en ces termes peu amènes :
      « Move your fat legs, you lazy cow. »

      Ce qui signifie pour les handicapés de la langue de Milton : « Puissiez-vous déguerpir fissa, espèce de femelle de mammifère domestique ruminant généralement cornue aux jambes harassées. »

      Comme quoi, cet obscur sans-grade et le vainqueur de ce tournoi du millénaire se rejoignaient sur un point : c’étaient tous deux de parfaits gentlemen…

    • Ulysse 10 septembre 2009 at 12:02

      Bastien,
      Bastille ce soir pendant le match de Serena ?

  11. Bastien 10 septembre 2009 at 04:29

    Mon Dieu, quelle boucherie !

    Je me demande à combien est tombée la cote de Robin…

    22 (demi-finales d’affilée), v’la Roger !

    PS : au vu des matches, aucune chance pour Djoko…

  12. Franck-V 10 septembre 2009 at 05:00

    Esprit de Roger Federer, es-tu là?

  13. Bastien 10 septembre 2009 at 05:22

    Vindiouuuuu !

    Respect à Robin qui profite d’une très légère fébrilité suisse, mais qui surtout s’arrache les tripes dans le tie-break et fait durer le plaisir !

    • Jérôme 10 septembre 2009 at 05:35

      Bon, je n’ai attrappé le match qu’à compter de la fin du 3ème set et en ai donc raté ce qui a certainement dû être une démonstration du maître style sa plus grande époque.

      Sur ce que je vois, Federer est très bon et Soderling est remarquable et joue au même niveau qu’à Roland Garros avant la finale. Il joue vraiment très long ce suédois.

      Ca c’est joué à 2 points de services pas assez appuyés par Federer à 5/4 Fed dans le tie-break. Il avait le mini-break, servait pour le match, et a dû avoir la petite faiblesse de croire que Soderling allait rendre les armes.

      Un point m’impressionne : la qualité de retour de Federer qui m’a l’air remarquable.

    • Ulysse 10 septembre 2009 at 12:09

      Jérome,
      je n’ai pas vu le match mais la qualité du retour de Fed que tu remarques s’était déjà vue avant-hier. En juillet-aout il a fait des entraînements spécifiques anti-gros serveurs dans lesquels il se fait servir sans arrêt dessus par un gars qui est monté sur un petit tabouret et un peu avancé.
      J’ai vu une video c’était assez impressionant. C’est peut-être ça son plan anti-vieillissement : se transformer en Agassi.

  14. Bastien 10 septembre 2009 at 05:24

    Si le suédois réussit à sortir un suisse soudain tétanisé (ce que je ne crois pas une seconde, celui-ci aimant bien démarrer pied au plancher pour remettre direct les choses au point), je pense que plus personne n’oubliera jamais son nom : Nadal à Roland et Roger à Flushing, peut-on rêver meilleur tableau de chasse ?

  15. Bastien 10 septembre 2009 at 05:32

    Il aura fallu 101 minutes. Mais ça joue enfin très bien !

  16. Franck-V 10 septembre 2009 at 05:34

    Mais qu’est-ce qui s’est passé dans les 2 premiers sets pour que Robin encaisse 6-0 6-3?

    Je viens de prendre le match.. j’aurais pas du pitet.. :-)

  17. Jérôme 10 septembre 2009 at 05:41

    Réveil très matinal, mais même si je n’en ai pas l’habitude, je peux dire que champagne Federer + foie gras Roger au petit déj, c’est le panard. :-)

  18. Jérôme 10 septembre 2009 at 05:45

    Là encore, il y a un sacré zef.

  19. Bastien 10 septembre 2009 at 05:53

    Oulala, le père Roger qui retrouve son service au meilleur moment !

    Ca joue très serré depuis 3 jeux.

    Le 6-0, 6-3, Jérôme, c’est un Roger en mode champagne contre un Robin à 70, puis à 80%…

    • Bastien 10 septembre 2009 at 05:53

      euh pardon, je m’adressais à visiteur !

  20. Bastien 10 septembre 2009 at 05:55

    Hey Jérôme ! Les parpaings du suédois, ça te fait quelques krilslprols à tremper dans ton champagne !

  21. Franck-V 10 septembre 2009 at 05:57

    En effet, d’après ce que je vois, c’est Robin qui monte, car Fed joue bien.

  22. Bastien 10 septembre 2009 at 06:01

    Minuit à Flushing, l’heure du crime ?

  23. Bastien 10 septembre 2009 at 06:01

    Pitiééé, un tie-break !

    • Bastien 10 septembre 2009 at 06:02

      ouiiiiiiii !

      ça joue trop bien, je signe quand ils veulent pour une 5ème set !

  24. Jérôme 10 septembre 2009 at 06:03

    P… ! C’est beau mais ça devient chaud. Et le champagne chaud … berk !

    Faut pas que Fed se laisse embarquer dans un 5ème set.

    • Bastien 10 septembre 2009 at 06:05

      ça ne serait pas la première fois et la victoire serait encore plus belle !

  25. Bastien 10 septembre 2009 at 06:06

    Aye-aye : 2 grosses fautes dans le tie pour le bâlois

  26. Bastien 10 septembre 2009 at 06:07

    Concours de ball-trap au service cette fin de set !

  27. Bastien 10 septembre 2009 at 06:10

    Roger s’épargne un sacré stress.

    Fin de partie au couteau, qui l’eût cru après 1h30 de match ?

    • Jérôme 10 septembre 2009 at 06:12

      Il y a clairement eu 2 matches. Les 2 premiers sets, puis les 2 derniers.

  28. Jérôme 10 septembre 2009 at 06:11

    C’était beau. Djoko a intérêt à jouer le meilleur tennis de sa vie s’il veut avoir une chance contre ce Federer-là.

  29. Franck-V 10 septembre 2009 at 06:12

    Fed s’est quand même compliqué la vie alors qu’il menait 4-0 dans le tie break du 3° set.

    Ce Robin là vaut mieux qu’un 1/4, si ce n’est pas Federer, il est en 1/2. J’espère qu’il se qualifiera pour la Masters Cup.

    Mais Ptain, les 2 derniers sets quel régal!!! Je n’ai pas vu la démonstration des 2 premiers, dommage.

    Et 22 1/2 de rang le Rodg, oulala.

    • Bastien 10 septembre 2009 at 06:16

      le 1er set c’était un massacre. Roger sur l’eau et la mire de Soderling mal réglée.

      Sur la fin du 3ème et du 4ème Fed a manqué un poil d’inspiration pour contrer la ballistique nordique soudain impressionnante. Va falloir faire gaffe, contre un DelPo/Gonsalez/Cilic (dans cet ordre) dans un bon jour, ça peut se jouer à rien.

  30. Jérôme 10 septembre 2009 at 06:14

    La stat qui tue : Federer a fait 64 points gagnants pour seulement 26 fautes directes. Et vu comme ça a cogné, ça souligne la qualité du jeu.

    Petit digestif : un nouveau record à la clé. Fed en est à 22 demi-finales consécutives en GC.

    • Bastien 10 septembre 2009 at 06:21

      ouaip, ratio exceptionnel et les fautes directes venaient souvent après un paquet d’échanges à haute vitesse dans tous les coins.

      Et puis, Fed juste incroyable en demi-volée. Tu as vu l’enchaînement Service dans l’angle, retour quasi-imparable, demi-volée avec poignet à 110° court-croisée juste derrière le filet ?!

  31. Franck-V 10 septembre 2009 at 06:15

    olala le petit vieux à lunettes a ramassé un parpaing :-(

    • Bastien 10 septembre 2009 at 06:17

      kézako ? ça a coupé sur mon stream…

      C’est qui le petit vieux à lunettes ? Guillaume Raoux ?

    • Franck-V 10 septembre 2009 at 06:20

      Un juge de ligne qui s’est pris un service sur les lunettes, dans les images qu’ils repassaient après le match.

      C’est dangereux, y’a déjà eu un mort comme ça, avec Edberg..

      • Franck-V 10 septembre 2009 at 06:21

        ça saignait sur l’arête du nez

      • Bastien 10 septembre 2009 at 06:23

        si ça se trouve, ses lunettes lui ont sauvé la mise… ça devient dangereux ce métier

  32. Bastien 10 septembre 2009 at 06:27

    Bon, je vais finir ma nuit pour ma part. Pas mécontent d’être resté debout en bonne compagnie !

    Je sens que mes rêves vont être peuplés de trajectoires chamarrées et d’effets phosphorescents !

  33. benja 10 septembre 2009 at 07:34

    bon ça me 4/4 pour mes pronos d’hier, mais s’était assez simple.

    et 6/6 pour les 1/4 jusqu’ici.

    je vais essayer le GC alors:

    Nadal en 4 sets et Delpo en 3.

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