1989, un Roland Garros révolutionnaire ?

By  | 6 mars 2021 | 297 Comments | Filed under: Actualité, Histoire, Légendes

 

Je suis récemment tombé sur ce « Long format » signé Laurent Vergne, sur Eurosport, retraçant magnifiquement l’épopée de Michael Chang à Roland Garros en 1989 (lien). Article très complet pour son rappel détaillé du parcours improbable du sino-américain et du contexte entourant cette levée 1989 de l’ocre parisien.

Mais c’est la dernière partie de l’article, « Les paradoxes de Monsieur Chang », qui m’intéresse ici. En essayant de démêler les contradictions de cette victoire surprise, Laurent Vergne met sur la table un sujet finalement peu abordé, la surprise d’une victoire aussi précoce, doublée d’une autre surprise, qu’il n’ait jamais réussi à remporter un autre titre du Grand Chelem. Mais les réponses proposées par Patrice Clerc (directeur du tournoi à l’époque) et Philippe Bouin (Pape du tennis à l’Equipe) semblent sujettes à caution.

L’effet de surprise ? Il est à double face lorsque deux joueurs s’affrontent pour la première fois. Et l’effet de surprise ne vaut ni pour Lendl, qui avait déjà croisé le fer avec Chang lors de deux exhibitions récentes, ni pour Edberg, vaincu à Indian Wells par Chang quelques mois plus tôt et qui avait d’autant plus de raisons de se méfier. L’explication de Philippe Bouin tient davantage la route, mais il faut l’étoffer. Oui, la vitesse de déplacement de Chang était phénoménale, et oui ça s’est avéré insuffisant par la suite pour qu’il double la mise en Grand Chelem. Mais il y manque une conclusion importante : pour prendre l’exemple de la deuxième finale parisienne de Michael en 1995, le tennis a connu un saut qualitatif entre 1989 et 1995. Et malgré ses progrès, notamment au service, le petit Américain a dû faire face à une accélération du jeu à laquelle il n’a pas su répondre.

Révolutionnaire, ce Roland Garros 1989 ?

 

Lendl et Wilander

A l’orée de cette cuvée, il est impossible de ne pas mentionner les deux tauliers du tournoi, qui se sont partagés 6 des 7 éditions précédentes, et dont on peine à ne pas faire les deux favoris naturels.

Je jetterai un voile pudique sur mon Suédois préféré, à propos duquel je me suis précédemment livré à un coming out épistolaire. En ce printemps 1989, le tenant du titre est en pleine dégringolade et traine son vague à l’âme sur les courts. Le tennis est toujours là, mais le cœur et la tête n’y sont plus. Le Kasparov de Växjö ne doit sa présence en quarts de finale qu’à un tableau favorable. Le premier obstacle, Andrei Chesnokov, sera beaucoup trop haut.

Le cas d’Ivan Lendl est plus énigmatique. En ce printemps 1989, le tyran d’Ostrava tient à nouveau fermement les rênes du tennis mondial. Enfin titré en Australie, il n’a connu que deux fois la défaite depuis le début de l’année. Cinq titres se sont ajoutés à ses étagères, dont deux à l’approche de la quinzaine parisienne, à Forest Hills et à Hambourg.

Interrogé à de nombreuses reprises à propos de sa défaillance face à Chang, Ivan a livré quelques éléments de contexte. Comme toujours quand un joueur parle de lui-même, on prendra l’information d’où elle vient et, pour reprendre la formule de Laurent Vergne, « Lendl avait perdu. C’est tout ce qui comptait à ses yeux, pas le chemin qui avait mené à cette défaite. » Le monde entier s’étant tapé sur les cuisses devant cette farce dont il fut le dindon, le regard, même rétrospectif, de Lendl sur ce match est resté aux oubliettes. Que le n°1 mondial ait défailli mentalement devant un gamin de 17 ans perclus de crampes est une évidence, mais personne ne s’est attardé sur la propre défaillance physique d’Ivan. Moins visible et moins théâtralisée que celle de Chang, la fatigue de Lendl n’en fut pas moins réelle. Victime de pépins physiques en avril, le Tchécoslovaque avait réduit au minimum sa préparation sur terre. Absent à Monte Carlo et à Rome – contrairement aux années précédentes – il avait retardé son arrivée en Europe en s’alignant à Forest Hills. Il avait bien quelques matchs dans les pattes en arrivant Porte d’Auteuil, mais pas autant qu’il l’aurait souhaité, et pas assez pour atteindre la plénitude de ses moyens physiques. Au cinquième set, son manque de lucidité est flagrant, mais il s’explique aussi par la fatigue.

Pour le reste, on apportera une petite nuance à la légende urbaine concernant ce match, Lendl ayant été vaincu par un gamin ne pouvant plus marcher. Oui, Chang pouvait marcher, et même courir. Il souffrait, il récupérait entre les points, et même pendant les points grâce à ses moonballs. Et rétrospectivement, la qualité tennistique de ce cinquième set n’est pas extraordinaire, mais pas ridicule non plus.

 

Agassi et Courier

Le mot « révolution » est assorti à bien des sauces quand il s’agit d’évoquer le triomphe inattendu de Michael Chang en 1989. Mais en la matière, il renvoie bien davantage à une concordance de dates : 1989 est l’année du Bicentenaire de notre Révolution nationale, mais aussi l’année des émeutes de la Place Tian’anmen à Pékin (pays d’origine de la famille Chang), sans oublier la chute du Mur de Berlin quelques mois plus tard. On ne dissertera pas ici sur la pertinence ou non du mot « révolution » dans de tels événements ; plusieurs secousses concomitantes ont effectivement esquissé un nouvel ordre mondial en cette année 1989. Mais de révolution tennistique, signalée par l’arrivée de joueurs ou de matériels novateurs, il ne fut nullement question sur cette édition. Si l’on doit parler de révolution tennistique dans ces années-là à Roland Garros, on se tournera davantage vers l’édition précédente, celle de 1988.

Non pour le Lendl/McEnroe, sublimé à l’écran par le documentaire – du reste indispensable – Le crépuscule des dieux de Benjamin Rassat. Encore moins pour les réformes d’arbitrage qu’il semble avoir indirectement provoquées. Et pas davantage pour la cavalcade jusqu’à la finale de notre Riton national (encore que le simple fait qu’il ne se soit ni blessé ni autodétruit pendant 12 jours est en soi un record personnel). La grande nouvelle de 1988, c’est la percée jusqu’au dernier carré d’un autre adolescent américain, Andre Agassi. Et cette révolution n’a rien à voir avec ses tenues. En cumulant puissance de feu et prises de balle précoces, il a inauguré une nette accélération des cadences dans l’échange, et la prise de temps à l’adversaire.

Le Kid de Las Vegas n’avait alors que 18 ans et, de manière fort logique, un Mats Wilander alors au sommet de sa carrière l’a ramené à la raison et à ses limites physiques, en lui collant une bulle au cinquième set. Néanmoins, à l’ouverture de Roland Garros 1989, le nom d’Agassi est sur toutes les lèvres, et beaucoup sont persuadés que l’avertissement lancé par Agassi l’année précédente annonce son couronnement futur sur l’ocre parisien.

La surprise n’en sera que plus grande de voir Dédé chuter au troisième tour, face à son ancien codétenu chez Bollettieri, Jim Courier, qui avait peu fait parler de lui jusqu’alors. Une surprise, vraiment ? Jim n’est pas encore le monstre physique et mental qu’il va devenir, mais ce jour-là il frappe encore plus fort que son rival, en manque de sensations, et qui ne tiendra pas la distance physiquement. Pour Agassi, l’heure est à une première remise en question. Quelques semaines plus tard, il fera une rencontre déterminante pour la suite de sa carrière – et de sa vie – en la personne de Gil Reyes, et à partir de l’année suivante il ne sera plus pris en défaut sur le plan de l’endurance physique.

Quant à Courier, il n’a pas encore 19 ans, et il va s’incliner à l’usure contre Andrei Chesnokov au tour suivant. Les deux futurs adversaires de la finale de 1991 vont bien provoquer un changement d’époque mais, pour l’un comme pour l’autre, en 1989 il est encore trop tôt.

 

Mancini

Les limites physiques d’Agassi ont d’ailleurs été mises en lumières quelques jours avant l’ouverture de la quinzaine parisienne. En finale de Rome, l’Américain laisse échapper une balle de match au quatrième set, avant de s’écrouler au cinquième, face à l’épouvantail terrien de ce printemps, Alberto Mancini.

Déjà couronné à Monte-Carlo quelques semaines plus tôt, ce jeune Argentin de 20 ans détonne. Des cuisses de rugbyman, une rapidité incroyable, un sens inné de la glissade sur terre battue, et surtout, surtout, des coups d’une puissance jamais vue auparavant, le ténébreux Alberto est le « tube » du moment. Outre sa joute romaine contre Agassi, c’est sa magnifique finale monégasque face à Becker qui marquera les esprits. Atteignant la première de ses trois finales au pied du Rocher, Boris peut raisonnablement croire en ses chances, d’autant qu’il semble enfin avoir dompté la science du déplacement sur terre battue. L’Allemand sera pourtant dominé, de la plus surprenante des manières pour lui : en puissance. Saoulé de coups pendant quatre heures, Becker rend les armes à l’issue de l’une des plus belles finales de l’histoire du tournoi.

Arrivé à Roland Garros come tête de série n°11, mais surtout en position de favori, Mancini semble assumer son nouveau statut. Au troisième tour, il écarte sans ménagement une valeur sûre sur terre, son compatriote Martin Jaite. Mais c’est au tour suivant que son sort va se sceller. Face à l’attaquant helvète Jacob Hlasek, il dilapide une avance de deux sets. Il l’emporte 6/4 au cinquième, en y laissant trop d’énergie et d’influx nerveux. Après une moisson printanière fructueuse mais épuisante, ce huitième de finale, par ailleurs l’un des plus beaux matchs du tournoi, le laisse exsangue. En quarts de finale, il n’a plus l’énergie et la vitesse nécessaires pour ajuster ses passings face à un nouvel attaquant, Edberg, qui le liquide en trois sets. Mancini prend-il date pour la suite ? Même pas. Son jeu, trop gourmand en énergie, l’expose à de nombreuses blessures, et jamais il ne retrouvera de telles altitudes.

 

Muster

Et quitte à se replonger dans ce Roland Garros 1989, pourquoi ne pas évoquer celui qui en fut le grand absent, Thomas Muster ? La référence n’a rien d’anodin lorsqu’on connaît son palmarès sur ocre, mais surtout quand on se rappelle qu’au moment où est survenu le terrible accident de voiture à Miami alors qu’il s’apprêtait à disputer la finale de ce cru 1989, l’Autrichien était sur une trajectoire ascendante. En demi-finale de l’Open d’Australie, il avait donné du fil à retordre à Ivan Lendl, et il s’apprêtait à en faire de même à Miami. Au soir de sa demi-finale floridienne – gagnée en cinq sets face à Yannick Noah – il était penché vers le coffre de sa voiture quand elle fut percutée à l’avant par un chauffard ivre. Projeté plusieurs mètres en arrière, Muster a le genou sévèrement touché ; c’est depuis un fauteuil roulant qu’il suivra ce Roland Garros. Nombreux alors sont ceux qui le croient définitivement perdu pour le tennis. Quelques mois plus tard, une photo où il frappe contre un mur avec la jambe attachée à un banc fera le tour du monde.

En ce début 1989, l’Autrichien semblait avoir franchi un cap, en atteignant la demi-finale du premier Grand Chelem de l’année, puis la finale du « cinquième Grand Chelem » floridien comme il était appelé à l’époque. Début mai, il pointait à la 6ème place mondiale, et son pédigrée sur terre – déjà 5 titres – allait en faire de toute évidence un homme à éviter à Roland, et un homme auquel le titre Porte d’Auteuil semblait prédestiné.

Prédestiné, car la puissance et la prééminence physique de ce jeune gaucher Autrichien de 21 ans étaient alors inédites. Ses matchs sur terre, il les gagnait par asphyxie, en usant l’adversaire avec des frappes pas si liftées, mais très lourdes et très difficiles à contrôler. Le jeune Nadal, à ses débuts 15 ans plus tard, s’inscrira d’ailleurs dans une filière assez proche. Aucun fantassin de la légendaire armada suédoise des années 80 ne rivalise avec la puissance du jeune Muster qui émerge à la fin de la décennie. La réforme se fera attendre : brisée net à Miami 1989, la trajectoire de Muster sera une longue reconstruction, et 6 ans lui seront nécessaires pour atteindre la plénitude de ses moyens physiques et aller chercher le titre parisien.

 

Wimbledon-sur-Seine

Avant de couronner un adolescent, cette édition unique en son genre a donc vu tous les candidats au titre trébucher les uns après les autres. Mais elle a aussi, jusqu’au bout, entretenu l’espoir qu’un attaquant allait enfin l’emporter.

Pour Edberg et son service-volée, pour Becker et ses frappes surpuissantes, la terre battue n’était évidemment pas une surface naturelle. L’adversaire y bénéficiait de quelques précieux dixièmes de secondes pour ajuster ses passings face à l’attaquant scandinave ; quant à l’Allemand, son déplacement un peu lourd se prêtait mal aux glissades. L’un et l’autre, toutefois, s’étaient déjà signalés Porte d’Auteuil : un quart en 1985 pour Edberg, un quart en 1986 et une demie en 1987 pour Becker. Lorsque le tirage au sort est connu, l’un et l’autre peuvent envisager sereinement leur avancée dans le tournoi. Ils se partagent la moitié basse du tableau, loin de Lendl, Wilander et Agassi. Clairement, ils ont un coup à jouer. Et ils vont le jouer. Chacun aura toutefois un obstacle Albiceleste à surmonter avant le dernier carré. Pour Becker, ce sera un huitième de finale épique face à l’Argentin Guillermo Perez-Roldan, spécialiste de la terre battue. Boris sauvera une balle de match au cinquième set, avant de s’imposer sur le fil. Edberg, de son côté, réussit une splendide démonstration de tennis offensif face à Mancini et liquide l’affaire en trois sets.

On aurait du mal à imaginer, le jour du tirage au sort, un observateur pleurer sur ce fichu hasard qui empêchera un remake de la dernière finale de Wimbledon. Deux semaines et un carnaval tennistique plus tard, nous y sommes. Stefan et Boris vont s’affronter pour gagner le droit de défier Chang pour le titre suprême. Boris a de nombreuses raisons de croire en ses chances. Quelques mois plus tôt, en finale de la Coupe Davis, il a atomisé son rival suédois ; à cette occasion, il s’était montré bien plus à son aise sur ocre que son rival. Boris a aussi pour lui sa récente finale à Monte Carlo ; bien que vaincu, il a montré ses immenses progrès dans le registre du déplacement sur terre battue. La prestation de Boris durant les deux premiers sets n’en sera que plus décevante. Apathique, laborieux à la relance et auteur de nombreuses fautes grossières, il est distancé d’emblée. Et c’est même un miracle qu’il s’offre un quatrième set, Stefan s’étant procuré plusieurs balles de break au cours du troisième. Sa finale, le félin suédois va aller la chercher au cinquième : breaké d’entrée, il profite d’une baisse de régime de l’Allemand au service pour débreaker aussitôt, et s’autorise même quelques retours-volées pour le moins osés sur les deuxièmes balles de Boris, et émerge en vainqueur de ce qui restera, en niveau de tennis pur, comme le plus beau match de la quinzaine.

A 21 ans, Boris ne semble pas avoir de regret excessif sur cette défaite, se disant sans doute qu’une nouvelle chance s’offrira à lui. Mais il se trompe : 1991 sera la seule année où il se présentera en forme Porte d’Auteuil, et Agassi lui sera nettement supérieur en demi-finale. Et il a tort surtout car cette finale face à Chang, il en aurait été, plus qu’Edberg peut-être, le net favori. Le sino-américain ne l’a emporté qu’une fois en six rencontres face à Boris, parce qu’il n’avait aucune réponse à apporter à la puissance de feu de l’Allemand ; lors de leur quart de finale parisien deux ans plus tard, Michael s’inclinera lourdement en trois sets.

 

1989, la fin d’une époque

Avant de déboucher sur le couronnement improbable d’un gamin de 17 ans, ce Roland Garros 1989 s’est donc soldé par une succession d’absences, de défaillances et de surprises. Et une victoire d’Edberg, qui a été bien proche de se produire, aurait été en vérité une surprise de même ampleur, quel que soit le pédigrée du Suédois au moment des faits. Aucun serveur-volleyeur n’a remporté le titre parisien depuis Rod Laver en 1969, ce qui commence à dater.

Je peine à imaginer le Chang de 1989 l’emporter sur le Lendl de 1987 ou le Wilander de 1988. Et je ne l’imagine pas davantage dominer Courier ou Agassi en 1991, Bruguera en 1993-1994 (Muster en 1995 a répondu à la question). Ce Roland Garros 1989 n’est pas la première secousse d’ampleur d’un changement d’époque, mais l’épitaphe d’une période – les années 80 – dominées par deux joueurs, dont la défaillance conjointe a rebattu les cartes.

Au cours du demi-siècle de tennis « Open » commencé en 1968, les tournois du Grand Chelem ont parfois connu des vainqueurs surprenants, des dénouements inattendus, des parcours improbables. A tort ou à raison, trois levées semblent, plus que les autres, être passées à la postérité : Roland Garros 1989, Roland Garros 1997 et Wimbledon 2001. Je mettrai de côté l’épopée parisienne de Guga en 1997, qui relève d’une autre logique. En revanche, les parcours d’Ivanisevic à Londres en 2001 et de Chang à Paris en 1989 ont un point commun majeur : ils clôturent une époque bien plus qu’ils n’en ouvrent une nouvelle. En dépit de son 129ème rang mondial, Goran a émergé en vainqueur d’une édition qui, si elle marquait la chute de la maison Sampras, n’en a pas moins placé dans le dernier carré les quatre victimes principales du Californien tout au long de sa fabuleuse moisson londonienne dans les années 90 : Henman, Ivanisevic, Rafter et Agassi. Comme édition marquée par une relève, on fait mieux…

 

Le début d’une nouvelle ère ?

On relèvera, bien sûr, que les vainqueurs ultérieurs de Roland Garros commencent à pointer le bout de leur nez : Agassi s’est – doux euphémisme – fait remarquer l’année précédente ; Courier arrive ; un frêle Catalan de 18 ans, Sergi Bruguera, se hisse en huitièmes et pousse Agenor aux cinq sets ; Thomas Muster rumine sur sa trajectoire injustement brisée. Cela suffit-il à rendre une levée « révolutionnaire » ?

Si vraiment ce Roland Garros 1989 était « révolutionnaire », au sens où les initiateurs d’une révolution tennistique s’y seraient signalés (bien que finalement battus), j’ai déjà cité l’édition 1988. Mais j’ai un autre candidat à proposer, l’Australian Open 1984. Ouais. Vous me voyez sans doute venir vous emmerder une fois de plus avec Wilander. Et j’imagine déjà certains d’entre vous sortir les tablettes de Colin. Eh bien pas du tout.

Une fois de plus, je vais devoir m’excuser de ne pas être archiviste de mes sources sur le web. Je ne parviens pas à retrouver le lien vers l’article auquel je pense. De quoi s’agit-il ? Du soupir d’un journaliste papier australien, datant de décembre 1984, au lendemain de l’Open d’Australie encore disputé à Kooyong. Ma restitution sera approximative, encore que je fusse tellement éberlué par ce que je lisais que je m’en souviens très bien. Nous ne sommes pas les seuls à pratiquer l’auto-flagellation, les Australiens se défendent fort bien, et en plus ça les rend visionnaires.

« Le verdict de cet Australian Open est tombé, et il mérite une analyse sans concession. L’Histoire retiendra que Mats Wilander a conservé son titre. Mais ne nous mentons pas, et disons haut et fort que ce titre fut nettement moins méritant que celui de l’année précédente. Il y a un an, le Suédois avait battu McEnroe et Lendl pour l’emporter, nous pouvions alors espérer que Kooyong était en voie de devenir l’égal de ses trois homologues du Grand Chelem et que la légende du tennis allait désormais aussi s’écrire dans nos contrées. Un an plus tard, l’Américain suspendu et le Tchécoslovaque battu prématurément ont ouvert un véritable boulevard à Wilander, et nous pouvons légitimement nous demander si ces grands champions feront encore longtemps un voyage aussi long pour s’imposer sans rencontrer de véritable opposition. Kooyong ne mérite pas l’appellation « Grand Chelem » et ne l’a jamais méritée, n’en déplaise aux légendes australiennes des années 50-60 qui dominaient la planète tennis hors de nos frontières mais qui disputaient ici un simple tournoi interne. Ils ne disputaient pas Kooyong parce que c’était important, ils le disputaient parce que c’était à la maison.

On pourrait à la rigueur se réjouir de l’émergence de deux joueurs, Kevin Curren et Boris Becker, respectivement finaliste et quart-de-finaliste, qui ont en commun d’avoir un service canon. C’est bien peu, mais il faudra s’en contenter. Le Sud-Africain, à 26 ans, n’est plus un espoir depuis longtemps, tout au plus un bon joueur en forme, comme le furent dans un passé récent Teacher, Warwick, Denton et Kriek, eux aussi finalistes chez nous et insignifiants partout ailleurs. Quant à Becker, il n’a que 17 ans, et il est bien trop tôt pour envisager une confirmation. Personne n’imagine Curren et Becker aller aussi loin lors du prochain Wimbledon. »

Comment on dit aujourd’hui ? Ah oui : LOL

 

Le lutin malicieux

Une fois mise de côté l’hypothèse d’un Roland Garros précurseur d’une époque, on rendra à César ce qui appartient à Jules. Michael Chang l’a emporté, non en raison d’un jeu révolutionnaire, mais par la maturité exceptionnelle qu’il a déployée tout au long de sa deuxième semaine. Gagner un match d’une manière aussi improbable face à Lendl, puis se remobiliser et rester dans sa bulle jusqu’au bout du tournoi, en évacuant le surcroît de pression occasionné par une telle victoire, c’est herculéen. La jeunesse du bonhomme, et l’inconscience qui en découle, ont probablement joué, tout comme sa foi. En fin de compte, il importe peu que nous le prenions au sérieux ou non lorsqu’il évoque sa croyance, ce qu’il a fait régulièrement et passionnément pendant toute sa carrière. Lui y croit, et c’est bien là l’essentiel. Chacun de nous a ses propres raisons, ses propres pulsions, ses propres moteurs existentiels, susceptibles de lui donner un supplément d’âme ou de force à un moment donné ; ce fut le cas pour Chang lors de cette quinzaine folle, dont le verdict s’est joué à très, très peu de choses.

Avec 32 ans de recul, on constate que personne (parmi ceux qui l’ont vécu) n’a oublié ce Roland Garros 1989, et ce n’est pas pour la qualité du jeu qu’il a proposée. Ce n’est pas non plus en raison de son record, que Michael Chang est susceptible de conserver encore un bon bout de temps. Et ce n’est même pas parce que Michael a remporté le titre. Personne n’a oublié le fabuleux Sampras-Courier de Melbourne en 1995 ; beaucoup, en revanche, ne se souviennent même pas que Pete n’a pas remporté le titre cette année-là.

Le Chang-Lendl est porteur d’une immense charge émotionnelle qui le place à part dans l’imaginaire du sport, et c’est plus que suffisant pour distinguer cette édition à nulle autre pareille, parenthèse au cours de laquelle la pseudo-rationalité du tennis a volé en éclats. Nous avons tous une mémoire sélective, et nous ne retenons que les moments qui nous ont touchés. Roland Garros 1989 est l’écrin du Chang-Lendl, c’est l’aventure picaresque d’un adolescent jusqu’au titre, c’est le requiem définitif pour les serveurs-volleyeurs. Pour toutes ces raisons, cette édition a touché la corde sensible du grand public, paramètre qui échappe justement à toute analyse rationnelle.

Non, ce ne fut pas une édition révolutionnaire ; elle fut bien plus que cela, elle fut émouvante.

 

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Grand passionné de tennis depuis 30 ans.

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297 Responses to 1989, un Roland Garros révolutionnaire ?

  1. Rubens 27 avril 2021 at 13:48

    @ Sam,

    Je réponds maintenant à ta deuxième question, en commençant par rappeler que je ne suis qu’un pratiquant du tennis (ancien de surcroît) parmi des centaines de milliers d’autres. J’ai eu plusieurs entraineurs, mais le plus important pour moi, et de loin, est celui qui m’a façonné de 10 ans à 19 ans. Les suivants étaient d’excellents entraineurs, mais ils m’ont pris « déjà fait », et ils n’ont modifié mon jeu qu’à la marge.

    Mon entraineur « historique », donc, né en 1942, avait 45-50 ans quand il m’a entrainé. Il avait été fortement marqué par la vague australienne des années 50-60. Le crédo, c’était de maîtriser l’ensemble des coups du tennis, tout en étant porté vers le tennis d’attaque. Pour moi, ça s’est traduit par des séances longues (deux heures), deux fois par semaine, chaque séance comprenant une heure de « gammes » en tous genres, des séances de panier. Cette première heure, pas très ludique (mais que j’appréciais à titre personnel), était suivie d’une deuxième heure de matchs. Beaucoup, beaucoup de technique, beaucoup de gammes sur la volée et sur la montée au filet, soit derrière le service, soit dans l’échange.

    Vers mes 13 ans, il a commencé à passer moins de temps derrière moi sur la technique, mais la première heure de gammes est restée, davantage orientée vers le physique. Je pense notamment à l’exercice du « papillon », avec deux joueurs face à face, l’un qui joue croisé et l’autre qui joue long de ligne. Et aussi beaucoup de paniers de services.

    Sur le coup, et alors que j’avançais vers la seconde série, il m’était difficile de déterminer si mes adversaires étaient meilleurs ou moins bons que moi au niveau technique. Pratiquement tous, en tout cas, maîtrisaient la technique du tennis aussi bien que moi. A la marge, j’ai été sélectionné pour des stages de jeunes au niveau régional. Les entraineurs m’ont semblé s’intéresser moins à la technique, mais plus à l’état d’esprit en match, nous devions être des tueurs. En même temps, ces entraineurs-là, je les avais pendant un WE maximum, l’heure n’était donc pas à ouvrir des chantiers techniques.

    Je peux en revanche t’assurer que 20 ans plus tard, lorsqu’à 35 ans je me suis brièvement remis au tennis, j’ai noté un écart abyssal avec les jeunes de 13 à 16 ans qui jouaient avec moi. Ils cognaient plus fort que moi, mais c’était sans nuance, leur seule stratégie était de déborder l’adversaire ou de lui faire un coup gagnant, ce qui dans un match conduisait à 90% de fautes directes. Mon service de gaucher sans vitesse (je ménageais mon épaule fragile) mais avec beaucoup d’effet les perturbait. L’un d’entre eux préférait d’ailleurs, quand il jouait avec moi, faire des sets où il était seul à servir. Et quand je montais au filet, ils me regardaient d’un air interdit, en se demandant si la règle du tennis m’autorisait à faire ça…

    Je précise bien que je ne te parle pas ici de haut niveau. L’apprentissage du tennis aujourd’hui me semble davantage porté vers le ludique, vers le plaisir, et moins vers la technique.

    Donc, pour conclure, ai-je été biberonné au beau jeu à la française ? Je dirais plutôt oui car le jeu au filet était une approche que nous devions maîtriser, mais ce serait oublier les à-côtés de ma formation, dont j’ai parlé dans mon article sur Wilander. En gros, le discours de mon entraineur en match, c’était, si l’adversaire était moins fort, « fais service-volée et retour-volée sur le point faible, ça ira plus vite ». Mais quand l’adversaire était de taille, c’était « réfléchis ». Et, le cas échéant, « reste au fond, distribue, varie ».

  2. Rubens 27 avril 2021 at 17:03

    Salut Paulo,

    Après avoir évoqué mon cas personnel avec Sam, je te réponds sur le haut niveau. En commençant par évacuer la question du R1M, qui n’est plus la norme depuis plus de 40 ans. Le R2M est devenu la norme, car il demande moins de force pour le joueur débutant (et encore plus si c’est un enfant). Rares, donc, sont ceux qui ont un R1M à 10 ans. Mais je ne crois pas que le discours des entraineurs soit focalisé sur le R1M, qui serait le synonyme du « beau jeu à la française ». A ma connaissance, les entraineurs fixent un minimum de cadre technique sur le revers, mais laissent les gamins choisir le revers qu’ils sentent le mieux. Le plus souvent, ce sera le R2M, mais ils n’ont pas trop intérêt à insister sur le R1M, car si c’est contre nature ils peuvent dégoûter le gamin.

    En revanche, je peux te parler du discours sur le tennis d’attaque : il est omniprésent, depuis des décennies. Ca commence avec Georges Deniau, entraineur-phare du tennis français, qui ne jure que par Rod Laver. Ca se poursuit avec McEnroe et Edberg, qui provoquent un mouillage de linge dans la cabine des commentateurs d’Antenne 2. Rebelote avec Sampras, qui fait pleurer tout le monde à Roland Garros en 1996. Et ça passe évidemment par Federer, qui touche enfin au but à Paris en 2009 après des années de pain noir. Et en plein milieu, tu as Henri Leconte, le grand bouffon, qui sort un match ovniesque en finale de Coupe Davis 1991 en attaquant à outrance, renforçant évidemment ce discours. Mentionnons aussi Guy Forget, directeur de Bercy, puis de Roland Garros, capitaine de l’EDF de Coupe Davis, autrement dit l’un des hommes les plus puissants du tennis français, qui lui-même pratiquait un tennis d’attaque, et qui prône cette approche depuis des décennies dans la formation fédérale. Et n’oublions pas les commentateurs de tennis, tous imbibés de ce discours, et qui le relaient depuis toujours à l’antenne.

    Quid de Borg ? Deniau : « Je l’ai beaucoup admiré, mais il n’a pas modifié mon approche du tennis ». Mais comment a-t-il fait pour remporter 5 Wimbledon ? « Je ne me l’explique pas, c’est le plus grand mystère du tennis ». Nous y sommes, le mystère. Et Nadal est aussi un mystère évidemment.

    Donc, lorsque tout ce petit monde voit arriver Roger Federer, évidemment ils sont ravis, ils sont rassurés, parce que ça les dispense de réfléchir. Et peu importe, manifestement, que Nadal le batte à Roland Garros, et même à Wimbledon. Federer reste la référence.

    Et c’est au nom de cette vérité révélée que des centaines de jeunes français prometteurs se sont vu charcuter leur sensibilité sur le terrain par les entraineurs fédéraux, en se voyant enjoindre de pratiquer l’attaque à outrance au détriment de leur tempérament. C’est au nom de cette croyance que d’autres ont été renvoyés pour cause de petite taille ou de jeu trop défensif. C’est au nom de cette lubie que Forget envoie Llodra à la place de Simon en finale de CD 2010, parce qu’évidemment il vaut mieux perdre avec panache que gagner salement.

    Donc Paulo, pour reprendre tes termes, en effet le « beau jeu » est plus vendeur en France.

    Mais moi j’ai débuté le tennis en 84, et j’étais entouré de gamins qui avaient des étoiles dans les yeux quand ils évoquaient la victoire de Noah à Roland en 83. Non parce que son jeu était beau, mais parce que la France avait enfin son champion, et que nombreux étaient ceux qui s’identifiaient naturellement à lui. Il a suscité un élan de passion sans précédent pour le tennis. J’ai « mieux » vécu encore la victoire de 91, parce que j’avais 14 ans et que je mesurais la portée de l’exploit. Partant de là, je pense que la meilleure chose qui pourrait arriver au tennis français serait de voir l’un des siens remporter un GC, et notamment Roland. Mais si tu regardes les profils de ceux qui ont touché au but, tu constates qu’au XXIe siècle Federer est le seul à rentrer dans les cases auréolées du respect de la FFT.

    Alors qu’il y a d’autres moyens de fabriquer un champion, et il est plus que temps que la FFT s’en rende compte. Si ça doit passer par un Gillou qui s’énerve dans un livre, OK, c’est toujours bon à prendre. Et si ça doit passer par Rafa qui dépasse le chiffre de Roger, alors OK, ça ne réduira pas d’un iota la carrière du maestro.

    • Paulo 27 avril 2021 at 18:51

      Je comprends ce que tu veux dire. Perso je préfère sans le moindre doute le tennis d’attaque – non parce que les commentateurs de la TV française disent que c’est le seul valable, mais parce que ça me correspond depuis le tout début, quand j’ai eu la « révélation » McEnroe à Wimbledon – mais ce n’est pas une raison pour l’imposer aux jeunes. Non que tu préfères le tennis « physique », à la Nadal qui va peut-être battre le record de GC qu’il co-détient avec Fed, au tennis-champagne de ce dernier, ce qui si c’était le cas serait ton droit ; mais tu n’aimes pas le dogmatisme : qu’on laisse les jeunes libres de jouer le jeu qu’ils veulent, l’important est de trouver un successeur à Noah, et tant pis si c’est un Djoko-bis – heu, au niveau du jeu, pas du caractère, bien sûr.

      D’ailleurs, à la limite, tennis d’attaque ou tennis-pourcentage, ou autre, finalement la question n’est-elle pas l’influence exagérée qu’a la FFT et tout ce qui tourne autour (les consultants TV, par exemple) sur la formation des jeunes en France ? En effet, combien de GC gagnés par des Français(es) depuis 40 ans ? À la louche, 4 ou 5 avec Pierce, Mauresmo et Bartoli. Sur 40*4 soit 160 en tout, donc. Et hormis Mauresmo (et encore, je ne connais pas bien son parcours), les deux autres sont le produit de structures privées, au départ…

      Cela dit, personnellement je n’ai jamais été très chauvin concernant le tennis : je préfère un attaquant étranger à un joueur français ennuyant (pas assez attaquant, quoi). Les goûts et les couleurs… ce qui fait que pour en revenir à la question de départ : qui pour éviter un énième titre à Roland pour Nadal (oui, j’avoue, je m’en fiche un peu de l’effet qu’aurait un 21ème GC du Majorquin sur la façon de voir des pontes de la FFT) ? N’importe qui, en fait, sauf Djoko disons. Tsitsipas est de ceux qui tiennent la corde : une victoire du Grec m’irait, mais alors très très bien, même si elle reste assez improbable.

      • Paulo 27 avril 2021 at 18:54

        J’ai oublié de dire, en conclusion de mon 1er paragraphe, que sur le principe, je suis pleinement d’accord avec cette façon de voir (respecter la liberté des jeunes quant au type de jeu qu’ils veulent jouer).

      • Rubens 27 avril 2021 at 20:17

        Voila Paulo. On y est.

        A titre personnel, je préfère, et de loin, regarder le « beau tennis ». A titre personnel, ça me saoule que Nadal ait empêché Federer de gagner, à la louche, une dizaine de GC supplémentaires.

        Mais il y a des raisons à cela, elles sont techniques, physiques, mentales. Ce que toi et moi aimons voir à la télé et nos sensibilités personnelles, ça n’a d’influence que sur nous-mêmes. En revanche, si je me place dans le cadre de la FFT et du développement du tennis en France, je suis obligé de constater que Nadal doit être une source d’inspiration au même titre que Federer, parce que son tennis, tout laborieux qu’il soit, est d’une efficacité redoutable (et même unique sur terre battue). Donc, si la question est de savoir comment faire gagner un nouveau Français à Roland, ce que fait Nadal devrait nous intéresser.

        Mais ça n’intéressait pas du tout Guy Forget, en 2005-2006, qui au micro ne cessait d’exhorter Roger à attaquer encore et encore, et qui expliquait à longueur de Nadal-Federer que le maestro s’y prenait mal en acceptant le duel du fond de court. L’idée que Rafa soit supérieur à Roger à Roland Garros n’entrait pas dans les hypothèses envisageables.

        Et l’ambiance à l’INSEP est du même ordre : chacun des pensionnaires est un attaquant qui s’ignore, et l’INSEP est justement la maison de redressement idéale pour leur buriner le même discours, quitte à les virer s’ils s’obstinent à jouer défensif. Monfils est l’exception qui confirme la règle, il faut dire qu’avec son palmarès chez les jeunes il avait une sacrée carte de visite.

        Une petite précision : quand tu dis « jouer comme ils veulent », je préfèrerais « jouer comme ils sentent ». Parce qu’un joueur, quelle que soit les doses de travail qu’il s’inflige pour progresser, a une mécanique générale qui lui est propre. Guillermo Coria a probablement passé beaucoup de temps à bosser son service, et si son service était son point faible ce n’est pas parce qu’il l’avait voulu ainsi. Son sens de l’amorti, par contre, tout le monde rêverait d’avoir le même, mais il y a des limites à l’apprentissage. Et être attaquant ou défenseur, ce n’est pas un choix, c’est une perception du jeu qui s’impose à chacun. Sauf, encore une fois, si des bourrins de la FFT expliquent au joueur qu’il doit jouer en avançant et pas autrement.

        Il faudrait documenter ce que je dis, mais j’ai beaucoup de souvenirs de Français collectionnant les titres internationaux chez les juniors, et dont on n’a plus jamais entendu parler depuis. Ce serait intéressant d’en dresser la liste, et de les contacter pour voir ce qui a coincé chez eux. La FFT serait sans doute stupéfaite du résultat.

      • Rubens 27 avril 2021 at 23:22

        Ah oui Paulo, j’ai oublié de te répondre sur l’influence de la FFT. Nous papotons sur les carences de la FFT, mais il ne faut pas perdre de vue, je crois, qu’emmener un jeune vers le haut niveau est un investissement financier très lourd et très long. Et c’est le rôle de la FFT de prendre le relais dans l’apprentissage. Donc heureusement qu’elle est là.

        Pierce n’est française que de nationalité, elle a été formée aux Etats-Unis. Bartoli s’est formée avec son père, très loin des structures de la FFT qui n’ont eu de cesse de lui expliquer qu’elle n’atteindrait jamais le haut niveau. Je suis admiratif du boulot qu’elle a fait avec son père, mais j’aurais du mal à y voir un modèle à reproduire tant le prix humain a été élevé pour elle.

        Mauresmo, par contre, est une belle réussite du modèle fédéral.

  3. Sam 27 avril 2021 at 21:24

    Merci Rubens, super intéressant, et j’ai l’impression que nous sommes passés tous les deux par ce qui ressemble à la méthode dite à la Hopman (?). En tous cas, je te suis sur l’idée que la Noahmania, pour réelle qu’elle est été, n’a probablement pas vraiment influencée l’enseignement, disons qu’il avait épaté tout le monde ( et c’est déjà pas mal). Par contre, Borg ne me semble pas non plus avoir influencé l’enseignement que j’ai connu dans ces années là – à partir de 83 – 84 aussi- et là, c’est plus étonnant. J’ai l’impression d’avoir appris un tennis de François Jauffret. Pour être plus exact, vu que je ne connais pas bien le tennis de Jauffret, de « la génération qui perd » comme Noah l’a à peu près appelée. Quand j’ai commencé le tennis, on venait donc de se taper 10 ans d’ère Borg et Wilander qui débarquait et effectivement, cela ne semblait pas avoir spécialement touché nos enseignants.
    C’est pourquoi maintenant – car oui, je persiste… – je m’interroge sur le constat fait notamment par Simon sur une espèce de dévotion au « beau jeu », de Mac à Fed en passant par Pete, car je ne le vois pas chez mes jeunes adversaires. Je me demande où ils apprennent à Djokonadaliser comme ça. Cela dit ça m’arrange bien, car c’est assez cool de leur faire plier leur grandes jambes – le jeune est grand – sur des bons vieux chop des familles.

  4. Sam 27 avril 2021 at 21:26

    Par ailleurs et en fait je ne sais pas si c’est le même sujet finalement, mais j’ai le sentiment que les entraineurs – les B.E – actuellement recrutés le sont pour beaucoup pour leurs capacités d’animation, leurs capacité à attirer les plus jeunes vers les courts. Vague impression, peut être cliché, que les plus anciens étaient « plus techniques ».

    • Rubens 27 avril 2021 at 22:41

      Ah Sam, que c’est bon ces forums, où au détour d’un post on se sent moins seul…

      Quand j’ai fait deux réponses séparées pour Paulo et toi, c’est parce que je dissocie le tennis amateur et le tennis de haut niveau. Toi, tu me parles bien du tennis amateur. Et dans cet univers-là, je ne crois pas que Roger, Rafa ou Djoko aient la moindre influence sur l’enseignement du tennis. Il se passe avec le tennis la même tendance qu’avec notre système éducatif, en gros la notion d’apprentissage doit s’effacer au profit de celle de plaisir. Si des jeunes joueurs lisent mon post précédent, ils doivent se dire « mais jamais on n’aurait supporté un apprentissage pareil avec toutes ces gammes et toutes ces séances de panier, on aurait fui en courant ». Le tennis pour les débutants, il doit aujourd’hui être ludique. Et donc il ne faut pas trop insister sur le cambouis profond du jeu, à savoir la technique.

      Je ne suis pas fondamentalement opposé à cette approche, simplement quand un gamin montre des aptitudes et – surtout – de la motivation, il faut lui proposer rapidement une approche plus aride mais plus productive. Normalement repérer ces gamins est le boulot des conseillers départementaux. Mais dans beaucoup de départements les choses se compliquent car les distances à parcourir pour les entrainements peuvent devenir non négligeables, et là le tennis devient un investissement en temps et en finances pour la famille. Et c’est là que beaucoup jettent l’éponge.

      Quoi qu’il en soit, cette situation produit des failles générationnelles que tu as vécues comme moi, où en effet un simple chop les fait paniquer car pour eux c’est un coup de mutant du tennis.

      A 16 ans, j’étais classé 15, on était un petit groupe de 4 joueurs entre 5/6 et 15/2, on était les mieux classés de notre département. Un jour, l’entraineur s’est pointé avec un de ses anciens élèves en Algérie, qui était parti faire du tennis universitaire aux States. Il ne jouait pas en France, mais il était assimilé -4/6. Pendant son séjour de 3 semaines, on a harcelé ce type pour jouer avec lui, j’ai même séché une après-midi de cours pour taper la balle avec lui. Je me suis pris des dérouillées mémorables mais j’en redemandais, c’était trop précieux d’avoir un partenaire plus fort et de s’étalonner face à lui.

      Rien de tel aujourd’hui. Quand je m’y suis remis il y a quelques années, rapidement les jeunes n’ont même plus été tentés de jouer avec moi. J’avais beau essayer de discuter avec eux, leurs défaites face à moi semblaient ne refléter que leurs insuffisances, et ne leur inspiraient aucun espoir de progrès…

      Bref, je pourrais digresser des heures sur le sujet…

  5. Guillaume 28 avril 2021 at 09:15

    Vaste sujet que vous lancez là…

    Sur le volet amateur vous avez tout dit. Il faut que ce soit fun, ludique… et surtout que cette dimension fun, ludique, vienne tout de suite. D’où le fait que le monde du tennis (et là je ne parle pas que de la FFT, c’est valable aussi pour les structures privées, en France et à l’étranger) voit dans le padel la martingale absolue. J’ai testé le padel, et c’est vrai tu t’amuses tout de suite. Autant dire que le tennis est autrement plus aride et ingrat pour le débutant.

    Sur le haut niveau, pas grand-chose à ajouter non plus du côté de ton expérience perso, Rubens, même si à ce que je comprends on est devant un schéma classique de reproduction (ou tentative de) par les coachs de ce qui marche. Tantôt la méthode Hopman, puis la déclinaison Bollettieri…

    En revanche j’aurais tendance à ne pas prendre les propos d’un Gilles Simon pour argent comptant. Le loustic est très fort dans l’exercice de la rhétorique et excelle à présenter les faits sous l’angle qui arrange sa démonstration. Mais si la Fédé avait été, comme il le dit, tellement bornée dans la promotion d’une certaine idée du « beau » tennis, jamais Gilou n’aurait pu aller au bout du processus. Il me semble même assez ingrat sur le coup tant son parcours même invalide son discours. Il était gringalet, ses résultats étaient moyens… et pourtant la Fédé l’a emmené au bout de son processus de formation dans ses structures reines, et ce dans une époque où les tops juniors français ne manquaient pas. C’est donc bien que quelqu’un à la Fédé a cru en lui… et que les leçons du fiasco Grosjean/Clément avaient été tirées.

    C’est toujours le cas de ce duo que la FFT traîne en boulet, il me semble (et peut-être d’autres cas moins connus dans les 90′s, je n’en sais rien). Mais depuis les années 2000 on ne peut pas accuser la Fédé d’être dogmatique dans sa formation. Pour un Ugo Humbert qui correspondrait au portrait-robot, j’ai vu un paquet de profils défensifs dans les divers pôles France. Et des gringalets, aussi. Moutet ou Gaston, leur mètre 20 les bras levés n’a pas empêché la Fédé de miser grandement sur eux.

    Les filles, c’est plus compliqué car autant que la question du style, il y a la question des familles envahissantes et des huis clos familiaux (oui, je te l’ai piqué celui-là, Rubens), pour le meilleur et pour le pire. Longtemps, la Fédé y a été hostile… bon. ça se discute. Sportivement ce sont des modèles qui peuvent marcher, mais humainement… disons pudiquement qu’une Cornet me semble largement plus équilibrée et épanouie qu’une Bartoli ou une Rezai. Mais même sur ce sujet les années 2010 ont vu la Fédé mettre largement de l’eau dans son vin avec les centres de stage qui tentaient d’aménager collaboration familiale et fédérale.

    Un dernier point, pas tout à fait dans le sujet mais pas si éloigné : ce qui m’a frappé en revanche sur les dernières générations françaises, c’est à quel point une école qui s’énorgueillissait de préparer des joueurs complets, à la technique sûre et propre, est devenue permissive vis-à-vis des failles béantes. Dans les années 2000 et 2010, ère du joueur complet, aussi solide en coup droit qu’en revers, quel autre pays que la France a produit autant de joueurs au profil 90′s, déséquilibrés entre coup fort très fort, et coup faible très faible ? Jo et son revers, Chardy et son revers, Paire et son coup droit, voire Richie et son coup droit… Les gardiens du temple à la Deniau, justement, s’en seraient je crois étranglés.

    • Rubens 28 avril 2021 at 09:42

      Salut Guillaume,

      Pour Gillou, sache que je prends toujours une information d’où elle vient, et que je ne prends pas pour argent comptant tout ce qu’il raconte. Mais il se trouve que les échos que j’ai pu avoir dans mes quelques contacts avec la FFT (plus nombreux, il est vrai, dans les années 90 qu’aujourd’hui) recoupent à 100% le ressenti de Gillou. En effet il n’a pas été laissé totalement sur le bord de la route, mais il n’a pas non plus fait l’objet d’un suivi personnalisé. J’ai écouté l’année dernière un podcast où Gillou échangeait avec Rodolphe Gilbert, qui l’avait entrainé avec un groupe d’espoirs. La teneur de l’échange était claire, Gillou n’était pas celui sur lequel la FFT misait et était prête à investir davantage en lui offrant des conditions plus personnalisées.

      Cela dit tu as raison, le seul propos de Gillou ne peut constituer une référence. C’est pour cela que je suggérais de faire un zoom sur les espoirs français des années 90-2000-2010, très forts en juniors et n’ayant pas franchi le cap ensuite. Ca te tente Guillaume ? J’y verrais un autre intérêt, amorcer une réflexion sur la transition entre la jeunesse (généralement marquée par les structures fédérales) et le haut niveau. Entre les deux, il y a un moment où le joueur choisit (s’il le peut, et s’il le veut) de se prendre en charge à 100%, en débauchant un entraineur perso (et, si les résultats viennent, un préparateur physique, un préparateur mental, etc.). Et là ça recoupe une autre réflexion qui était en toile de fond de la dernière élection du président de la FFT, qui est de savoir jusqu’où la FFT est dans son rôle en accompagnant les jeunes, et à partir de quel moment un champion se construit lui-même. Parce qu’en effet, la plupart des grands champions ont délaissé à un moment les structures nationales qui les avaient accompagnées vers le haut niveau, et c’est leur ambition personnelle et les décisions qui en ont découlé qui les ont amenés vers le sommet. En d’autres termes, aucune fédération n’a « fabriqué » un n°1 mondial, les dernières marches il les a atteintes tout seul.

      En tout cas tu m’apprends une chose quand même, les pontes de la FFT ont bien réfléchi à ce qu’ils avaient fait à Grosjean et Clément. C’est déjà une bonne nouvelle.

      Pour Rezai et Bartoli je suis d’accord, mais avais-tu besoin de les comparer à Cornet ? Plus épanouie peut-être, mais plus équilibrée j’en doute fortement. Au vu de ses dernières sorties elle en tient une sacrée couche quand même…

  6. Paulo 28 avril 2021 at 13:34

    Et tout ça à partir de la perspective d’une 153ème victoire de Nadal à Roland… comme quoi, on peut parfois transformer un mal en bien :-)

    Qu’est-ce qu’ils ont fait à Clément et Grosjean, à la fédé, au fait ? Bon, j’ai bien une petite idée (petite comme leur taille), mais je suis curieux de vos infos là-dessus.

    PS : et pour répondre à Sam, je n’ai jamais pris de cours de tennis. Je suis un parfait autodidacte. J’ai joué (années 80 et 90) en amateur et en loisir – on faisait des matches entre amis. Une estimation de mon classement : fluctuant entre 30-1 ou 30-2 les bons jours et 30-4 les mauvais jours. Mon inspiration : McEnroe, et tous les attaquants (Noah, Leconte, Becker, Edberg, Sampras…). Mes « forces » (à ce niveau) : 1ère balle et coup droit. Revers à 1M, irrégulier. Ma faiblesse principale : le physique. Gabarit plutôt léger et manque de résistance, faisant que les profils increvables me battaient toujours. Attaquant, à la Federer pour faire court. Mes soucis de santé m’empêchent de jouer depuis un bon moment (hélas).

    • Rubens 28 avril 2021 at 14:45

      J’aurais au moins réussi ça, te faire oublier la 14ème rugissante qui s’annonce…

      Grosjean et Clément, c’est une histoire qui remonte au milieu des années 90. Seb était l’un des meilleurs de sa tranche d’âge, à 16 ans, n°2 national chez les juniors. A l’époque, Sampras est n°1 mondial, et pas loin nous avons Ivanisevic, Stich, Krajicek, sans oublier un Becker vieillissant mais encore bon pied bon œil. L’heure est aux grands gabarits qui alignent les aces.

      A 16 ans donc, Seb Grosjean se fait virer de l’INSEP, non pour cause d’indiscipline ou de manque d’investissement, mais parce que sa petite taille sera rédhibitoire pour atteindre le haut niveau, et il est inutile de miser sur lui. Il se retrouve sans structure d’entrainement, et n’a d’autre choix que de retrouver sa Provence natale. Il rejoint le Cercle Sportif Marseillais, où il va partager les entrainements avec un certain Arnaud Clément, qu’il connaît depuis des années. Le sieur Arnaud Clément est alors un semi-dilettante du tennis, qui est au lycée et qui obtiendra son bac en temps et en heure (cas rarissime pour un tennisman de haut niveau), qui n’a jamais rien fait de notable chez les jeunes, qui n’ambitionne même pas de devenir un tennisman professionnel et qui, cela va sans dire, n’a jamais suscité le moindre frémissement du côté de la FFT. C’est donc bien au chaud du côté de Marseille que les deux petiots vont entamer leur ascension vers le haut niveau.

      Alors qu’ils ont dans les 20 ans et sont membres du top 100, la FFT mise devant le fait accompli rétropédale et les intègre dans une cellule de jeunes espoirs, dirigée par l’indéboulonnable Eric Deblicker, apparatchik ultime de la FFT. En 2000, séparément, ils quittent cette structure pour partir chacun de leur côté avec un entraineur privé. A la fin de cette année-là, tous deux sont membres du top 20, ce qui est déjà un magnifique pied-de-nez à la FFT. Mais en s’affrontant en demi-finale de l’OA 2001 ils provoquent une forte secousse dans les bureaux de Roland Garros.

      Le DTN de l’époque où Grosjean s’est fait mettre à la porte, Patrice Dominguez (autre gratte-papier notoire de la FFT), est prié de fournir quelques explications. Il ne dit pas autre chose que ce que je disais plus haut, la FFT recherchait des attaquants, des grands gabarits, bref tout sauf un Grosjean. Le sieur Dominguez fait amende honorable, mais à sa décharge il aurait pu rajouter que cet état d’esprit n’avait pas attendu les années 90, ni même Becker ou Edberg, pour être prédominant au sein de la DTN. A l’époque de Noah, les références étaient Rod Laver, Arthur Ashe, John Newcombe, et surtout pas Borg.

      Les tauliers, si vous voyez quelque chose à rajouter ou corriger, n’hésitez pas, je restitue tout ça de mémoire et il doit y avoir des trous.

    • Paulo 29 avril 2021 at 09:27

      Merci pour le retour Rubens, je me doutais que c’était quelque chose de ce genre – quoique pas à ce point.

      Sinon, je suis tombé sur ce passage du dernier DipImpact à propos de Tsitsipas, que je partage à peu près complètement :
      https://www.eurosport.fr/tennis/tsitsipas-a-desormais-une-difficulte-a-gerer-son-nouveau-statut-de-pretendant_vid1468630/video.shtml

      (s’il parvient au sommet, les pontes de la FFT vont-ils en remettre une couche sur le beau jeu ? mystère… d’autant que pour le coup, Tsitsi n’est pas vraiment passé par eux, mais, entre autres, par une structure privée, l’académie Mouratoglou :-) )

      • Rubens 29 avril 2021 at 14:23

        Si Tsitsipas arrive au sommet, peu importe qu’il ait été formé en France ou pas, l’important sera qu’il a un beau jeu d’attaquant complet, tout comme Federer. Et ça réactivera cette croyance totalement irrationnelle selon laquelle c’est le meilleur chemin pour accéder au sommet. Soit dit en passant, les tenants de ce discours (nettement majoritaires à la FFT) peuvent remercier Roger d’avoir été aussi compétitif aussi longtemps. S’il s’était arrêté en 2012 par exemple, ils auraient eu une décennie entière de vaches maigres.

        Tout ceci en dit long aussi sur la tendance actuelle. S’il s’agit de comparer ce qui est comparable, il faudrait aussi reconnaître, je crois, que Federer, et aujourd’hui Tsitsipas, sont loin d’avoir un profil d’attaquant aussi marqué qu’Edberg, Becker, Sampras ou Rafter. S’il s’agit de relever la filiation de leur gestuelle avec Sampras par exemple, ça peut à la rigueur se défendre. Mais le jeu de Federer est très différent de celui de Sampras, et, même s’il est très adroit au filet, son jeu ne se résume pas à cela. Pour schématiser un peu, si Federer avait évolué à l’époque Sampras-Agassi, son jeu aurait sans doute été jugé plus proche du jeu d’Agassi que de celui de Sampras (bien que côté gestuelle ce soit l’inverse).

        Bref, quand les nostalgiques du tennis d’attaque s’extasient sur les jeux de Federer et de Tsitsipas, je les trouve bien peu exigeants au regard de ce qu’ont été les grands attaquants des années 80-90. Mais, comme on dit, faute de grives…

  7. Rubens 29 avril 2021 at 16:32

    Pour compléter sur le cas Grosjean, je crois aussi me rappeler d’une embrouille avec la presse parce qu’il s’était marié très jeune, à 20 ans, avec une fille de 27 ans, Marie-Pierre Villani, ancienne championne de France juniors. Et bien que la presse n’ait pas à citer ses sources, il semble bien que cette situation (un non-événement) ait fait jaser quelques Capétiens de la Fédé, coupables de quelques ragots aussi malsains que totalement faux à l’endroit de l’intéressé. Il faut dire que, non content de faire voler en éclats leurs contes de Bisounours sur le tennis d’attaque, le Marseillais avait installé son camp de base en Floride, afin de bénéficier des meilleures conditions d’entrainement à l’année.

    [Petite parenthèse, la Floride est très prisée des champions de tennis, parce qu’on peut y jouer dehors toute l’année, et aussi parce que les conditions souvent venteuses en font une région de référence en la matière. C’est probablement une idée formidable d’entrainer des jeunes espoirs dans des cubes indoor, mais en cas de coup de vent sur Roland il ne faudra pas s’attendre à des miracles de la part de nos frenchies. Entre l’exil éolien et l’exil fiscal, il faut choisir.]

    Je n’ai jamais eu le fin mot sur cette affaire qui n’en est pas une, mais tout au long de la « période Grosjean » entre 2000 et 2005, j’ai senti un mur invisible entre lui et les cadres de la DTN. Peut-être ont-ils eu, comme on dit, quelques discussions entre hommes. Côté Grosjean, rien n’a jamais filtré, il était suffisamment intelligent pour ne pas étaler dans la presse ses conflits avec la FFT et il a toujours été irréprochable en Coupe Davis. Mais ils ont été plusieurs, je crois, à se réjouir de voir arriver Gasquet en 2005 (au moment où les blessures commençaient à bousiller la carrière de Seb) et à tourner une page honteuse pour eux.

    Ce dithyrambe à l’endroit de Grosjean s’arrêtera ici : il est devenu capitaine de l’équipe de France de la Piqué Cup. Il s’en est longuement expliqué, je l’ai écouté et je n’étais pas d’accord.

  8. Guillaume 1 mai 2021 at 11:27
    • Paulo 1 mai 2021 at 15:57

      Il n’y a pas que Kaelin qui va être déçu, j’aimais beaucoup Dolgopolov, ses coups improbables et ce grand sourire qu’il affichait régulièrement et qui qui nous rappelait qu’après tout, le tennis n’est qu’un jeu…

    • Elmar 1 mai 2021 at 17:08

      Je viens d’apprendre cette nouvelle et je faisais mon retour ici pour compatir à la déception de Kaelin.
      Triste.

    • Kaelin 6 mai 2021 at 10:43

      Salut Guillaume, ahah oui j’avais deja vu la nouvelle avant … J’etais bien triste mais bon ca faisait de très longs mois qu’on n’entendait de toute facon plus parler de lui.

      Les joueurs fantasques ont souvent encore plus que les autres besoins du public (dans mon esprit) car ils aiment faire le show … on le voit avec cette tete de pine barbue de Benoit Paire mais ca doit pas etre facile pour les Dustin Brown (il joue encore ??), Monfils et son spleen constant, Kyrgios qui ne joue plus depuis un bail (à part sur les reseaux sociaux et pour raler contre les joueurs ne respectant pas les mesures anti covid, pfff), …

      Bon dans le genre joueurs improbables avec techniques bizarres qui cartonnent bien en ce moment, ya bien entendu Karatsev tout de meme, Hurcackz un peu, et un, au dessus de la mélée … Medvedev ahahaha. C’est pas Dolgo mais en mode joueur qui tient une poele à frire, on se marre bien.

      • Paulo 6 mai 2021 at 11:53

        Kaelin, dans les joueurs un peu atypiques, connais-tu Bublik, le gars qui sert des secondes à 220, ou qui après un coup droit gagnant à 165 km/h demande en rigolant à l’arbitre à quelle vitesse son coup droit a été chronométré… ? Ou encore qui dit à Sinner au filet après leur match qu’il n’est « pas humain »…

        • Kaelin 8 mai 2021 at 06:41

          Oui je connais bien Bublik, il est génial ce joueur. Pas tout à fait le meme jeu mais bon ca me rappelle un peu ce fou furieux de Janowicz ahah … des joueurs biens bati, nerveux sur le court mais supers bons mecs. Capables de coups tout en puissance autant que de coups totalement fous / improbables. J’adore !

          Par ailleurs joueurs hyper fair play, meme dans la défaite.

          Concernant Janowicz, jme rappelle très bien le superbe article sur lui, de William je crois. Une interview traduite.

  9. Colin 4 mai 2021 at 20:53

    Basilashvili s’est cassé une jambe ? Tordu un genou ? Déboîté une épaule ? Les trois en même temps ???

    • Rubens 4 mai 2021 at 22:10

      Je lisais le compte-rendu de l’Equipe. Rien de tout ça, par contre il était probablement crevé suite à sa victoire à Munich dimanche.

      Mais ne volons par à Benoît Paire sa victoire. Il a un câblage différent du commun des mortels, mais pour le coup il a été d’un sérieux vespéral de bout en bout, et c’est à saluer.

    • Paulo 5 mai 2021 at 10:23

      C’est Thiem qui a réveillé Paire, en lui disant de rester chez lui s’il n’a pas envie de jouer. Paire étant un contestataire dans l’âme, il a fait juste l’inverse.

      • Jo 5 mai 2021 at 14:37

        Bonjour Paulo. Quels sont tes soucis de santé ?

        • Kaelin 6 mai 2021 at 10:44

          bonjour Jo, quelle pointure fais tu ?

          • Jo 6 mai 2021 at 13:51

            Bonjour Kaelin. 43 et toi ?

            • Kaelin 6 mai 2021 at 16:16

              42,5 mais ça dépend des marques. Au Cambodge plutôt 43

              • Jo 6 mai 2021 at 16:45

                C’est noté. Ca me fait penser à un truc. Une fois, la bande à Antoine avait posté une photo de groupe dans votre bar parisien préféré après une finale de Wimbledon (2019 ?). Il y avait un boug tout petit avec un pull vert de saison. Je serais curieux de connaître sa pointure et surtout sa taille.

              • Kaelin 8 mai 2021 at 03:59

                ahah oui jme rappelle de cette photo, elle est sympa. Effectivement il y avait un 15lover pas très grand, mais qui chausse peut etre grand?

        • Paulo 6 mai 2021 at 11:26

          Sans m’étendre, ça a pas mal de points communs avec ce qu’ils appellent le Covid long.

          Pas de souci, Kaelin ;-)

        • Sebastien 10 mai 2021 at 00:50

          Bons courage et rétablissement Paulo !

  10. Sam 7 mai 2021 at 08:24

    La classe 15 L, c’est d’avoir réussi à ne pas évoquer le Cas Paire – bon, ça me tentait, c’est sûr – pendant toute la période « précédente », jusqu’à ce qu’il ne gagne un match. Bravo, gentlemen !

  11. Nath 7 mai 2021 at 18:46

    Bah mince alors, tous les top 10 qui affrontent Nadal sur cette tournée sur TB le battent sauf Tsitsipas :(

  12. Jo 8 mai 2021 at 13:34

    Nous vivons dans un monde où nous passons doucement de Rafael Nadal à ceci : https://www.youtube.com/watch?v=t31UX7Yvqos
    Il y a encore un espoir de salut pour l’humanité.

    • Rubens 8 mai 2021 at 15:00

      Enorme ! Un de mes morceaux préférés au piano. Amélie Poulain, Goodbye Lenin.

    • Kaelin 8 mai 2021 at 15:37

      Ca fait du bien c’est vrai. Un joueur intelligent sur le court et en dehors… La relève de Gilles Simon, ce tennisman au bac S pianiste !

      A côté de Benoit Paire qui nous fout la honte, ca change ahah… Merci Ugo

    • Guillaume 8 mai 2021 at 20:31

      « J’appelle ça la France, et pas n’importe laquelle, Dolorès : celle des Richard, des Pierre-Hugues, des Paul-Henri et des Gilles, Corentin et Ugo qui jouent du piano. »

      • Rubens 8 mai 2021 at 22:30

        Je me suis toujours fait une idée de la France… Paris outragé, Paris bafoué, Paris humilié, Paris empianoté !

      • Kaelin 10 mai 2021 at 10:08

        haha oui ! Mais moi ce que j’aime au fond, vous le savez bien … c’est le tennis de la campagne, des vrais mecs ! Florent Serra, Marc Gicquel, Stephane Robert ! C’est bien plus marrant. Surtout quand on boit une biere.

    • Jo 9 mai 2021 at 10:10

      Et pendant ce temps-là, un autre artiste, Rogert FeDeNir, gagne encore et toujours plus de pognon : https://www.youtube.com/watch?v=wXcBGfXXL4w

  13. Nathan 9 mai 2021 at 21:45

    Le tricot de peau prolétarien semble réussir à Zverev. Avec la confiance (et peut être le travail), le Tadzio bodybuildé a désormais un coup droit d’une lourdeur impressionnante

    • Sebastien 10 mai 2021 at 00:32

      Je dirais que Zverev retrouve son tennis de 2017-2018, en étant un peu moins attentiste et en faisant mieux valoir sa puissance. Rappelez-vous le jeune effronté qui battait Melon en finale de Rome, avec un tennis d’agression parfait.
      En matière de lourdeur de coup droit, c’est Berrettini qui m’impressionne encore plus, c’est un peu du Nadal vintage sur ce coup.
      Le tennis de l’Italien est très agréable à regarder, quel bestiau quand même !

      • Paulo 10 mai 2021 at 10:01

        D’une certaine façon, Zverev me fait penser à un Djoko plus costaud. Impressionné par sa capacité à retourner le service de Berrettini comme à tenir l’échange face à la lourdeur des frappes de l’Italien, et à contre-attaquer quand l’occasion se présentait. Il a aussi très bien servi (à part les doubles).
        Contre Nadal, je l’avais trouvé très agressif, comme Djoko face au Majorquin.
        À voir ce que ça va donner sur terre battue au niveau de la mer, à Rome puis à Roland…
        Globalement, on est quand même dans l’hyperpuissance, avec des gars de près de deux mètres qui servent des premières à plus de 230 km/h !

        • Guillaume 10 mai 2021 at 11:06

          je me suis arrêté en chemin du côté des 70′s, mais il semblerait que ce soit la première finale d’un gros tournoi de terre (GC ou équivalent M1000) ayant opposé 2 joueurs de plus de 1,95m.

        • Rubens 10 mai 2021 at 14:17

          C’est exactement ce que les journalistes disaient il y a 30 ans, avec l’apparition des Stich, Ivanisevic, Krajicek & Co dans la foulée de Becker. En y regardant de près, ils mesuraient plus d’1m90, mais pas plus d’1m95.

          Guillaume, je crois que tu as raison, de peu, pour ta stat sur la taille. Spontanément j’ai pensé à la finale de Bercy 2000, Philippoussis mesure 1,95m mais Safin ne mesure qu’1,93m.

          • Guillaume 10 mai 2021 at 14:50

            non, moi j’ai cherché SUR TERRE.

            Sur dur on y est depuis un moment déjà. On a même eu un Shanghai il y a 2 ou 3 ans où les 4 demi-finalistes passaient le 1,95 (Berrettini et Zverev déjà, + Medvedev et je-sais-plus-qui).

            • Rubens 11 mai 2021 at 11:14

              Ce qui me semble être la force de ces types-là, c’est leur souplesse, en dépit de leur grande taille. Quand tu vois les quasi-doubles-mètres d’il y a 20 ou 30 ans (Krajicek, Philippoussis, Rosset et quelques autres), ils avaient du mal à plier leurs jambes quand le retour leur partait dans les pieds. Aujourd’hui, Medvedev et Zverev ont une meilleure coordination. Et ils ont sans doute mené un travail spécifique durant leur adolescence pour arriver à ce résultat.

            • Guillaume 11 mai 2021 at 11:25

              ah mais totalement. D’ailleurs vu depuis la télé tu n’as pas l’impression qu’ils font cette taille-là. Et puis un jour tu vois une photo de Khachanov et Medvedev encadrant Safin, et Safin est le petit du trio :mrgreen:

              Ca m’avait frappé aussi avec Tsitsipas, que je ‘visualisais’ au début dans les eaux de Federer/Nadal/Sampras, avant de me rendre compte qu’il est en réalité nettement plus grand (1,93 dans son cas). 1,90, si ce n’est 1,95, is the new 1,85m, la fameuse taille idéale pour jouer au tennis !

              Edit : un qui était bluffant pour ça, même s’il a assez vite disparu, c’était Janowicz. Avec lui on franchissait encore un cap : ce n’était pas un 1,95 qui se mouvait comme s’il faisait 10 cm de moins, mais carrément un double mètre. De tête je crois qu’il émargeait à 2,03m. La taille d’un Anderson ou d’un Rosset. Mais c’était le jour et la nuit dans le déplacement, la souplesse… Tous les coachs et prépas physiques le regardaient avec les yeux comme des soucoupes. Bon après lui son problème c’est que tous les câbles n’étaient pas branchés tout là-haut !

            • Paulo 11 mai 2021 at 14:58

              J’ai regardé rapidement : sur les 14 joueurs de la Next Gen (25 ans ou moins) du top 30, on a une moyenne de 1m91.
              Et chez les 16 joueurs de +25 ans du top 30, la moyenne est de 1m84. (à quelques mm près)
              Soit 7 cm de plus pour la Next Gen. On pourrait affiner, mais ça semble un tendance lourde. Et 7 cm pour un écart d’âge qui doit être inférieur à 10 ans en moyenne entre les deux groupes, ça fait beaucoup. Les jeunes générations sont plus grandes que les précédentes, mais quand même, ça n’explique pas tout. Le tennis moderne sélectionne clairement les grands.

  14. Sebastien 10 mai 2021 at 00:47

    Oui, les bons souvenirs du Coolin, 8 juillet 2012 à 19:30 : http://www.15-lovetennis.com/wp-content/uploads/2012/07/Au-Coolin-2.jpg
    avec Marc, Oluive, Antoine, Quentin, Arno, Clément !

    • Jo 10 mai 2021 at 11:39

      Deux joueurs de plus de 1,95m en finale d’un grand tournoi terrien.
      Quentin est le quatrième en partant de la gauche sur la photo.
      Quentin mesure-t-il plus de 1,59m ?

  15. Guillaume 10 mai 2021 at 17:54

    Je ne sais pas si Régis nous lit mais je crois qu’il y a un papier actuellement en brouillon qui serait particulièrement d’actualité ces jours-ci !

  16. Jo 12 mai 2021 at 09:21

    Les tableaux de Nadal me plaisent de plus en plus, les temps changent. Je voulais que Sinner batte Rafa à Madrid, qu’à cela ne tienne, Sascha s’en est chargé. Yannou est désormais devant son public juste avant Roland Garros, c’est le lieu et le moment idéals.

  17. Perse 12 mai 2021 at 14:00

    Tennis Tv fait du bon travail dans ses résumés. Le Musetti-Hurkackz a un point magnifique: retour de l’intérieur du court du polonais sur une balle à 204, lob de Musetti, coup entre les jambes d’Hubert, patate croisée de l’Italien retournée avec les intérêts par le Polonais!

  18. Nathan 12 mai 2021 at 21:06

    What a match !

  19. Nathan 12 mai 2021 at 21:11

    Ca, c’est pas un match de lopettes, ni au physique, ni au mental. C’est du très bon Nadal, ce soir. Dommage pour le gamin !

  20. Nathan 12 mai 2021 at 21:24

    Il a intérêt à être solide Shapo face à un Nadal de cette qualité.

  21. Sam 13 mai 2021 at 15:43

    Solide manifestement il l’est plutôt ! Après, que de fautes chez Nadal…On est pas loin du gros accident indus là.

  22. Paulo 13 mai 2021 at 16:11

    Shapovalov qui mène 6-3 3-1 et 40-0 sur son service, et qui vrille complètement… le voilà mené 5-3 dans le 2ème set. Encore un match à sa portée qui est sur le point de lui échapper… soupir. Et hop, 15-30 sur son service et Nadal est sur le point de breaker le Canadien une 3ème fois de suite (re soupir).

    • Paulo 13 mai 2021 at 16:21

      Voilà, 2ème set remporté par le hurleur-lifteur espagnol 6-4.
      Shapo est-il capable de faire comme Rublev à Monte Carlo ? J’en doute, mais puisse-t-il me démentir.

    • Paulo 13 mai 2021 at 16:52

      Rebelote : Shapo qui breake dans le 3ème après un bon jeu de retour et qui foire son jeu de service juste derrière : une volée « facile » qui remet Nadal en selle suivie d’un coup droit facile dans le couloir, et Nadal débreake. Si malgré ces craquages le Canadien remporte ce match, alors chapeau à lui, vraiment. Sinon, on peut dire que la Next Gen a des problèmes de solidité mentale évidents et que dès lors, c’est pas demain la veille qu’on verra les monstres robotiques prendre leur retraite.

      PS : les 25 secondes entre les points, c’est abusé. 20 secondes suffiraient amplement. Nadal abuse systématiquement du temps qui lui est laissé (Cilic aussi d’ailleurs), et en plus hier il s’est permis de râler après l’arbitre qui lui avait collé un warning au motif que les joueurs doivent désormais aller chercher leur serviette eux-mêmes… quel culot.

      • Jo 13 mai 2021 at 17:47

        « Quel connard ! » ai-je pesté devant ma télévision. Une mauvaise foi absolue.

      • Guillaume 13 mai 2021 at 21:24

        y’a un sujet dont on parlera peut-être bientôt sur un papier à venir, mais je note toujours la différence E-NOR-ME entre les postures d’humilité du clan Nadal dans les discours, et leurs attitudes qui trahissent tout l’inverse à réclamer ou à s’accommoder de tous les passe-droits du monde (et protester quand ils n’ont pas droit aux dit-passe droits ou petits accommodements). C’était particulièrement flagrant avec Toni, je trouve, mais ça vaut aussi pour son neveu.

      • Sebastien 13 mai 2021 at 22:10

        Je ne vois pas comment un joueur avec un tel palmarès pourrait être humble, et c’est même antinomique. Comment gagner avec une telle humilité supposée ? Les 3 monstres sont tous 3 des monstres d’orgueil et c’est ça aussi et surtout qui les fait avancer.
        Après, les écarts de conduite qui leur sont reprochés, restent quand même « raisonnables » par rapport à des champions d’une autre époque. Y compris le towelgate de Nadal qui nous paraît un scandale absolu.

    • Paulo 13 mai 2021 at 17:38

      Début de tie break catastrophique de Shapovalov – après qu’il ait loupé deux balles de match au jeu précédent : il est mené 4-2 (4 fautes grossières de sa part)…

    • Paulo 13 mai 2021 at 17:42

      Et voilà, 3h26 de match, un Nadal qui n’était pas au mieux et était clairement prenable… et on comprend mieux pourquoi Shapovalov n’est que 14ème mondial.

      • Sebastien 13 mai 2021 at 22:15

        Shapovalov a montré de très belles choses et m’a surpris. Pendant plus d’un set, c’était parfait, sans arrosage, ce que j’espérais de lui depuis longtemps. Ce match sera peut-être un boost pour lui et tant mieux.

  23. Sebastien 13 mai 2021 at 22:01

    Depuis 2015-2016, Roland-Garros ne m’a jamais semblé aussi ouvert. Nadal galère 3h30 sur des matchs qu’il aurait, dans ses standards, gagné en 2 sets en laissant au maximum 8 jeux. Ses frappes sont moins lourdes, son déplacement toujours plus lent, le service et le revers mauvais. Il reste ce mental robuste mais qui ne suffira pas quand l’écart est trop grand (Zverev par exemple).
    Mes favoris pour Roland : Djokovic puis Zverev-Tsitsipas puis Nadal. C’est l’année de tous les dangers, celle où Djokovic pourrait atteindre/dépasser les 20 GC, et Melon devenir Pastèque.

    • Nathan 13 mai 2021 at 22:24

      C’est surtout que la récupération devient de plus en plus difficile pour Nadal. Sinon hier, contre un Sinner bluffant, Nadal a été assez monstrueux en coup droit et en déplacement.

      Ce qui semble un peu surprenant de la part de Shapovalov, joueur dont le potentiel me semble le plus élevé de la nextgen, c’est cette incapacité à gagner contre ce Nadal en grande demi-teinte.

  24. Paulo 14 mai 2021 at 12:58

    Bientôt on ne dira plus aux enfants turbulents que le grand méchant loup viendra les dévorer s’ils ne sont pas sages, mais que Nadal viendra leur mettre une branlée sur terre battue. La Next Gen tennistique est d’ailleurs en train de tester la chose grandeur nature.

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