L’histoire du dopage sanguin, partie 2 : l’ère EPO et ses dérivés

By  | 23 mai 2023 | Filed under: Regards
Riis - Ullrich - Virenque : podium de vainqueurs sur le Tour de France 1996.

Riis – Ullrich – Virenque : podium de vainqueurs sur le Tour de France 1996.

Suite de l’article de Sport & Vie – première partie ici

Le dopage change l’EPO

L’arrivée de l’EPO fut donc considérée comme une véritable libération par la gent des tricheurs. L’hormone synthétisée dès 1986 par génie génétique permet en effet d’enrichir son sang en globules rouges sans devoir s’encombrer de toutes les embêtantes précautions liées aux transfusions. Le milieu sportif ne fut pas long à percevoir l’avantage qu’il pourrait tirer du médicament. Les prémières révélations sur son usage remontent aux Mondiaux de ski nordique organisés à Lahti (Finlande) en 1989. Ensuite, ce fut la déferlante et la disparition conjointe de tous les anciens repères. Partout dans le monde, les records explosaient et les moyennes s’envolaient. On voyait aussi des choses totalement insensées comme ces coureurs à pied qui gardaient la bouche fermée à l’effort, ces nageurs capables de faire des longueurs de bassin sans sortir la tête de l’eau, de respirer tous les onze temps au crawl ou encore des cyclistes grimper tellement vite dans les cols qu’ils devaient freiner à l’amorce des virages à lacet. A la fin des années 90, l’EPO était même tellement répandue dans les sports d’endurance que certaines voix se faisaient entendre pour dire qu’en dépit des tricheries, l’éthique était sauve puisqu’en raison de son succès, tous les concurrents se retrouvaient finalement à égalité.

Or ce n’est pas vrai ! Comme avec n’importe quel médicament, le monde athlétique s’est rapidement divisé entre bons et mauvais répondeurs à l’EPO. Parmi les membres du premier groupe, on a déjà parlé de Bjarne Riis, le coureur danois qui a connu une seconde jeunesse grâce à ce traitement, lui qui n’avait pratiquement rien gagné jusqu’à ses 30 ans hormis un titre de champion du Danemark. En France, ce fut aussi le cas de Laurent Jalabert. Leader de l’équipe Once, il remporta notamment l’édition 1995 du Tour d’Espagne en signant cinq victoires d’étapes au passage et en s’emparant du classement par point et de la montagne en sus ! Jusqu’alors, il était plutôt connu comme un honnête routier-sprinteur.

La suite ? On la connaît. A partir de 1997, l’Union Cycliste Internationale (UCI) instaura un nouveau système de contrôle avec prise de sang et suspension temporaire de tout athlète qui présenterait trop de globules rouges, soit une hématocrite supérieure à 50%. Cette règle a un peu compliqué le travail des tricheurs. Pas beaucoup. L’EPO continuait de voyager bon train jusqu’à la mise au point des premiers tests de dépistage et leur adoption dans le cyclisme au cours de la saison 2000. Ces tests se révélèrent relativement efficaces pour faire reculer son usage même si, dans leur formule initiale, leur efficacité n’excédait pas trois jours. Heureusement, ils seront améliorés par la suite, obligeant les trichieurs (cette coquille involontaire est de moi mais m’a fait rire) à adapter chaque fois leur pratique.

Par exemple, ceux-ci prirent l’habitude d’échelonner les prises avec des micro-doses plus difficiles à déceler. Mais cela reste possible. Les laboratoires sont désormais capables de détecter l’injection de quelques centaines d’UI (unité internationales) pendant les deux jours qui suivent l’injection. Tout cela explique que l’EPO dans sa forme originelle se trouve de plus en plus souvent délaissée par les équipes à la pointe du dopage. Pour conserver un avantage, il fallait trouver autre chose, mais quoi ? Dans les paragraphes qui suivent, vous verrez qu’un grand nombre de pistes existent, à commencer par la plus simple : recourir à des copies d’EPO (époétines) dites « biosimilaires » parce qu’elles diffèrent de l’originale seulement par quelques sucres sur la chaîne glycosylée et qui, de ce fait, n’ont pas encore été approuvées par l’AMA. On manque donc de références pour attester d’un résultat positif au contrôle.

Une autre solution consiste à stimuler l’érythropoïèse en fin de chaîne. Il faut savoir en effet que l’EPO classique agit au début du processus de fabrication des globules rouges en donnant aux réticulocytes (les jeunes globules rouges en provenance de la moelle osseuse) un ordre de maturation. Mais il existe d’autres moyens de stimuler l’érythropoïèse, qui est en fait une cascade d’une dizaine d’étapes, en agissant à la fin de cette cascade en diminuant la prolifération des précurseurs des érythrocytes, comme le fait le luspatercept, principe actif du médicament Reblozyl, que l’on utilise beaucoup dans le traitement de la bêta-thalassémie (malformation génétique de l’hémoglobine).

D’autres substances font actuellement l’objet d’essais en phase II avant commercialisation comme le sotatercept (ACE-011) qu’on prévoit de commercialiser dans le traitement de l’hypertension artérielle pulmonaire. A ce stade, ces produits demeurent totalement indétectables. Peut-être circulent-ils déjà dans les milieux sportifs. Ce serait une explication à l’emballement des moyennes.

Evidemment, dans l’hypothèse où des sportifs auraient déjà sauté le pas, ils courent d’énormes risques. Aux premiers temps de l’EPO, des erreurs de dosage ont sans doute été à l’origine de plusieurs morts inexpliquées dans les sports d’endurance : athlétisme, cyclisme, courses d’orientation. Les coulisses bruissaient de rumeurs sur des coureurs forcés de se relever en pleine nuit pour faire du home-trainer afin de relancer la circulation de leur sang devenu trop visqueux. Or il se trouve que ces bruits de couloir ont de nouveau cours aujourd’hui et qu’ils auraient même été à l’origine de la descente de police à l’hôtel où résidait les coureurs de l’équipe Bahrain-Victorious lors de la 17e étape du Tour de France 2021. Voilà pour la piste tout à fait crédible des précurseurs érythroïdes. D’autres hypothèses sont sur la table.

Rappelons qu’en 2015, le marcheur français Bertrand Moulinet s’était fait pincer pour usage interdit de roxadustat (ou FG-4592). Là encore, il s’agit d’une technique thérapeutique détournée dans le but d’augmenter l’oxygénation du sang. Elle consiste à empêcher la dégradation d’une substance (HIF-1alpha-prolylhydroxylase) chargée d’avertir l’organisme en cas d’hypoxie. Lorsqu’on monte en altitude par exemple. Normalement cette substance disparaît quand la situation revient à la normale. Mais on peut empêcher cette mise hors-service. L’organisme se croyant encore en sous-oxygénation continue de produire des globules rouges à foison comme avec l’EPO. Cette technique habile se révèle néanmoins assez facile à détecter et semble avoir été abandonné au profit d’une autre, tout aussi machiavélique, celle dite des « inhibiteurs du GATA ».

Suite à ce moment de suspens les deux jambes et les épaules dans le vide, le lac de lave de l’Erta Ale en-dessous, suite au prochain épisode.

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242 Responses to L’histoire du dopage sanguin, partie 2 : l’ère EPO et ses dérivés

  1. Guillaume 23 mai 2023 at 09:41

    J’attaque. En bon fan de cyclisme et d’athlétisme, deux sports qui ont (ont eu ?) le mérite de ne pas faire l’autruche sur le sujet, tout ça me parle. En cyclisme où on a une sorte de traçabilité des périodes, plus ou moins marquées par une triche généralisée, ainsi qu’une culture du maintien de personnages sulfureux aux postes à responsabilités, il est encore possible de se faire une idée assez précise des choses sur la base de ce qu’on sait. La période actuelle semble tendre à une recrudescence, ou une séquence où les tricheurs ont repris une longueur d’avance sur la patrouille. Des moyennes horaires de mabouls, des têtes d’affiche qui courent à bloc partout, tout le temps, en se faisant la guerre dès 100 bornes de l’arrivée, des témoignages de bons, voire très bons coureurs disant que ça va soudain trop vite pour eux, des vedettes établies qui, arrivées dans une équipe labellisée MPCC, traînent leur misère… Une recrudescence de grands malades, aussi. Cela fait 2 fois en 2 articles que tu fais référence à la Bahrein : pardon, mais la transformation tardive d’un sprinteur moyen, Sonny Colbrelli, en bête à courir tout-terrain en 2021, pour une fin de carrière prématurée en 2022, ça interpelle effectivement. Plus, comme je disais, une sorte de traçabilité des profils… J’aimerais croire en Pogacar, mais quand son mentor est un ex-coureur plusieurs fois contrôlé positif, ex-manager de coureurs dopés (Ricco et Cobo), ça fait beaucoup niveau passif. Et si je suis pour la 2e chance, j’ai du mal à croire en la 5e ou la 6e :lol:

    • Perse 23 mai 2023 at 11:41

      Tout à fait, c’est bien l’objet de l’article effectivement.

      Le problème est aussi dans le management des équipes cyclistes où des tricheurs prouvés sont directeurs sportifs. Le magazine a une rubrique « Sur le front du dopage » qui rappelle régulièrement le passif des chefs d’équipes du peloton, c’est souvent édifiant.

      A titre d’anecdote, j’ai connu des personnes de la Rabobank – banque hollandaise qui fut un très gros sponsor du cyclisme jusqu’aux années 2010.
      L’équipe eut une très grosse affaire de dopage dans les 2000′s (à une échelle supérieure à la Cofidis) et suite aux dégâts d’image, la direction de la banque décidât d’accroître la supervision de l’équipe en nommant un inspecteur général de la banque (le profil du moine douanier de la conformité – un être zélé et procédurier au plus haut degré) à la tête de l’équipe.

      Le résultat ? Peine perdue, les staffs continuaient à tricher dans le dos de la hiérarchie. La Rabobank renonçât au sponsoring.

      Cette équipe est maintenant la Jumbo-Visma !

      Pour l’athlétisme qui connaît une égale explosion des performances en matière d’endurance, il y a également une résurgence incroyable dans les performances de force (notamment en lancer de poids chez les hommes qui est la discipline parangon de paramètre force).

      La discipline actuellement la plus en fusion est le 400m haies dans les deux sexes, où les records du monde ont été amélioré de 1,5 secondes chez les hommes et 2 secondes chez les femmes !

      D’ailleurs McLaughlin coche beaucoup de cases de l’athlète chargée vu sa rareté sur le circuit (même si elle est sublime à voir courir évidemment).

      Si j’ai bien compris, le 400m est un sprint long et l’une des épreuves les plus douloureuses de la piste où en quelque sorte les athlètes explosent à 300m et terminent sur la jante. L’augmentation des performances signifie qu’il y a eu une amélioration de l’endurance de force où les athlètes tiennent une dépense d’énergie maximale plus longtemps.

      • Achtungbaby 23 mai 2023 at 18:34

        ah je croyais que la pire des distances était le 800m.
        Revoir Rudisha à Londres en finale des JO. Tellement bel athlète.

        • Perse 23 mai 2023 at 19:49

          Rudisha représentait un changement de paradigme : il courait le 800m comme un 400m justement.

          C’est une discipline qui est plutôt classée comme porte d’entrée du demi-fond et les gabarits sont d’ailleurs nettement plus proches des fondeurs que des sprinteurs, plus musculeux.

          Si on veut mégoter, il paraitraît que le pire du pire est le 1500m des décathlètes qui se le farcissent après 9 autres épreuves en 36h et un physique à contre-emploi.

  2. Jo 23 mai 2023 at 10:28

    Quand j’étais étudiant, il y a une aimable vingtaine d’années, j’avais fait la connaissance d’un jeune homme, lui-même étudiant en école de commerce. Yannick de son prénom avait pratiqué le cyclisme à un bon niveau dans les catégories de jeune. Par un beau matin de compétition, une sorte de jus d’orange fut distribué à l’ensemble de l’équipe.

    Yannick : « Qu’y a-t-il dans ce jus ? »
    Entraîneur : « Tais-toi et bois. »
    Yannick : « Je veux savoir ce qu’il y a dans ce jus ! »
    Entraîneur : « … »

    Refusant d’être dopé à l’insu de son plein gré, Yannick prit ses cliques et ses claques et s’en fut conquérir un monde de marketing et de management.

    • Achtungbaby 23 mai 2023 at 18:36

      Pas sûr que le monde de marketing et de management soit plus vertueux en matière de prise de stupéfiants ! ;-)

  3. Rubens 24 mai 2023 at 14:20

    Super intéressante ta série Perse, j’apprends plein de choses.

  4. Jo 24 mai 2023 at 16:45

    Albatros Tsitsipas et Apollon Philippoussis. Deux demi-dieux semi-grecs. Un si beau couple, une passion fatalement éphémère.

    • Perse 24 mai 2023 at 19:43

      C’est joli mais Tsitsipas c’est Ajax !

      • Jo 25 mai 2023 at 06:03

        Il me paraît plus heureux de comparer l’envergure de Fanou à celle d’un albatros qu’à celle d’un canard (WC).

  5. Perse 26 mai 2023 at 20:06

    Retour de RG pour cette dernière journée de qualification.

    Déjà beaucoup de monde et si les joueurs prévus au programme ne sont guère connu du public suiveur de l’ATP (la plupart jouent en majorité en Challenger), le soleil, la clarté du ciel laissent augurer une belle journée de tennis.

    1ère observation : la proportion d’étrangers est très importante, la merchandisation s’affûte également chaque année.

    Pour ce qui est des matchs, j’ai fait le 14, un peu de 7 pour Karatsev et du 12.

    Le court 14 est le nouveau n°1 depuis la rénovation du stade, c’est un chaudron avec une ambiance de folie qui est toujours blindé : les trois matchs comprenaient des français et j’ai assisté au premier.

    Ce Lokoli-Colbolli fut moins serré que n’escompte le score (5/7 – 4/6) avec Lokoli souffrant d’une vraie tare au service : il n’avait manifestement aucune confiance dans ce coup et beaucoup de 2nd services étaient des slices à 110 km/h plein centre du carré de service.

    Le jeune italien (21 ans) était nettement plus solide dans l’ensemble et notamment en revers, il a irrésistiblement pris le dessus à mesure du match, et s’il a cédé un débreak en deuxième manche, c’est parce que Lokoli a pris son risque avec réussite mais ce n’était que pour retarder l’échéance.

    Puis départ vers le 7 pour aller voir Karatsev dont la récente performance madrilène et le classement Race (43ème) en faisait une anomalie dans ce tableau.
    Nous avons pu voir le second set contre Moreno de Alderan qui s’est d’abord détaché 3-0 en forçant comme un fou (services à 210 km/h et patates permanentes) puis a pris un 6-0 en 22 min contre le bulldozer russe dont la puissance du fond du court est très impressionnante : c’est plat mais lourd.
    Je confirme que ses mollets sont gigantesque et qu’il est raide dans sa gestuelle mais c’est un lance-balle !

    Par la suite, passage sur le 12 (où on peut suivre le 13 également) pour la fin de Townsend-Timofeeva où l’américaine malgré son gabarit généreux (lié à une maladie) a fait preuve de sa bonne main et de son excellence tactique pour gagner.

    Le match sympa de la journée a opposé le Kazakhe Stakov au Brésilien Meligini Alves en 3 sets.

    Stakov, petit gabarit assez coureur a bien dominé tactiquement le Brésilien à la frappe sèche en arrondissant les échanges et le faisant travailler beaucoup plus. A partir de 2/6 – 2/5, le momentum s’est totalement inversé.

    En terme de jeu, le métagame chez les hommes est toujours celui de la couverture de terrain supérieur au pouvoir offensif. Globalement, les gars ne frappent pas suffisamment forts pour se mettre hors de position en 2 coups, les échanges sont souvent prolongés avec de l’essuie-glace mais le plus souvent c’est celui qui court qui parvient à contrer ou obtenir l’erreur du joueur à l’offensive.

    Chez les filles, les déplacements latéraux nettement moins bons et leur grande agressivité sur les balles bombées expliquent des échanges plus courts, les filles puissantes et offensives sont moins souvent punies que chez les garçons.

  6. Perse 26 mai 2023 at 20:13

    Sinon, je suis content des qualification de Pouille et de Ferro qui n’ont pas eu des dernières périodes faciles (dépression liée aux blessures pour le premier, affaire d’abus sexuels pour la deuxième).

    • Jo 27 mai 2023 at 09:05

      Vu la fin du match de Poupouille dont la joie maritale m’a tiré une gouttelette de larme. Et rebelote contre Rodionov ! C’est chouette les ambiances de Coupe Davis, du moment que l’adversaire est respecté, voire applaudi quand il joue de beaux coups. Vive les encouragements, les chants, les vivats.

  7. Sam 28 mai 2023 at 13:00

    Merci Perse pour cet article, j’apprends plein de choses. Et n’ai pas grand chose à commenter sur le fond, je n’y connaissais rien au Doping.

    Mon commentaire a donc pour objectif de partager mon premier choc de ce RG 2023: la tenue de Fucsovics.

  8. Sam 28 mai 2023 at 14:31

    Un RG qui démarre bien, se produit ce phénomène que j’apprécie particulièrement : au moment où je prends le match, mon joueur pref’ 6 en l’occurrence Kachanov -se met subitement à retourner la situation jusque là mal embarquée, à son avantage. Comme s’il m’avait attendu.

    Un rapide zapping pour tomber direct sur un énooooorme décalage coup droit de Tsi, sur une deuxième balle de Vesely, tout ça pour un retour mi-court pas terrible, à la suite duquel il se fait immédiatement punir. Et envoie un message : cette année, il a décidé de ne pas jouer un seul revers de la quinzaine.

    • Jo 28 mai 2023 at 16:12

      Nous voilà enfin débarrassés de Rafa, reste à s’occuper de Laurent Luyat et de « Mets-le-son Moins-fort » (© Philippe Candeloro). En revanche, je maintiens que Pat le Glou est un excellent consultant technique.

      Fanou nous a gratifiés d’un magnifique bois piolinien en fin de match. C’est pourtant sur ce coup, un revers d’attaque (désarticulé) gagnant lors de sa victoire contre Rogé à l’Open d’Australie, que je m’étais dit qu’il avait un truc en plus. Je l’engage à revoir les highlights de cet acte fondateur.

      • Anne 28 mai 2023 at 19:39

        En revanche, le Pat il pourrait s’abstenir de commenter les matchs de son Tsitsi même s’il n’en est pas le coach principal. Surtout quand il feint de découvrir dans la presse certaines de ses déclarations. En même temps, il a rarement été à un ou deux conflits d’intérêt près…

        • Jo 29 mai 2023 at 13:39

          Pat le Glou est surtout « super mentor » d’Holger désormais. Bon, on connaît ses travers, mais il apporte la seule chose dont je peux avoir besoin durant un match, un œil technique et clinique. Les gesticulations hystériques des animateurs de tête de gondole sont tout à fait superfétatoires.

  9. Jo 28 mai 2023 at 16:41

    Ces poignées de main escamotées entre Ukrainiennes et Russes me laissent dubitatif. Je n’arrive pas à avoir d’avis tranché sur la question. Je suis ukrainien et je perds contre Andrey Rublev, ce serait dommage de ne pas saluer ce mec bien, voire d’envoyer un message commun. Néanmoins, imaginons que je fusse mon grand-père maternel (prisonnier des nazis puis évadé) et que je participasse à Roland-Garros 1943. Aurais-je serré la pogne d’un Boche ?

    • Rubens 29 mai 2023 at 03:04

      Ton expérience de pensée a ses limites : en 1943 Roland n’était pas organisé, et même si ç’avait été le cas un tennisman Teuton aurait sans aucun doute été mobilisé sur le front plutôt que sur les terrains de tennis, ton grand-père n’aurait certainement pas eu à le rencontrer.

      Moi non plus je n’ai pas d’avis tranché, parce que je ne suis pas à la place de cette jeune fille, dont la famille vit quotidiennement les bombardements de Kiev. Sa réaction est une réaction émotionnelle, autrement dit elle est d’un poids absolument nul sur le cours de cette guerre. Quand tu vois le poids des gesticulations du Président français sur cette guerre, imagine les émotions d’une joueuse de tennis…

      • Jo 29 mai 2023 at 06:33

        Une auto-exégèse s’impose. Mon propos est d’être ici moins cartésien que littéraire, donc empathique. Cet état d’esprit repousse toutes les limites de l’expérience virtuelle. Dans un premier temps présent, je me mets à la place d’un joueur ukrainien dans le contexte actuel. Dans un deuxième temps passé, je vais plus loin en cherchant un point de comparaison faisant écho à la propre histoire de notre pays par le biais de l’uchronie. Je n’ai pas choisi 1943 par hasard. Une édition fictive de Roland-Garros cette année-là (remplacée par le Tournoi de France dans le monde réel) renvoie à 2023 et égratigne en passant les sempiternelles commémorations de « l’historique » 1983. Sur le court quand d’autres arpentent le champ de bataille, je me mets dans la position de l’opprimé, de l’envahi, devant faire face à l’opposant sur un terrain de sport, comme Marta Kostyuk aujourd’hui.

        Il m’amuse, notre président, surtout quand il dit ce qu’il pense.

  10. Rubens 28 mai 2023 at 18:04

    Vu la fin de Tsi². Je m’interrogeais suite au post de Guillaume sur son revers, le pire du top 100 apparemment. Je plussoie. Il joue avec le frein à main bien serré, en revers c’est une catastrophe. Il donne l’impression de devoir mobiliser toute sa concentration pour faire un pauvre petit slice sans vitesse qui atterrit au milieu du terrain. Quant à son attitude, elle me semble refléter un ressentiment contre la terre entière. C’est un miracle qu’il se soit épargné un cinquième set. Je ne le vois pas aller bien loin, à moins qu’il ne lâche enfin ses coups.

    • Sam 28 mai 2023 at 18:37

      Exactement ça. Il m’a fait l’effet d’un type qui vivrait dans une secte et qui aurait été exceptionnellement autorisé à sortir.
      Où plus exactement à Britney Spears quand elle avait encore son père sur le dos.
      Je ne vois pas Britney aller bien loin.

      • Rubens 29 mai 2023 at 02:55

        Céki Britney Spears ?

        • Sam 29 mai 2023 at 13:24

          Tsss…Là tout de même tu pousses Rubens !

  11. Rubens 28 mai 2023 at 18:41

    Et je me régale devant le Musetti-Ymer.

  12. Colin 28 mai 2023 at 20:28

    Question pour les fous des stats : c’était quand la dernière fois qu’un match du 1er tour (en l’occurrence, Pouille-Rodionov) est la répétition à l’identique d’un match de dernier tour des qualifs?

    Il n’y a pas si longtemps (à Madrid je crois) Struff et Karatsev se sont retrouvés en demi-finale, et le lucky loser Struff avait pris sa revanche. Mais ils avaient quand même eu le temps tous les deux de jouer d’autres adversaires avant de se retrouver en demie…

  13. Sam 29 mai 2023 at 11:53

    Alors là, franchement, dansla ribambelle d’hommages à Yan 83 tout ça, un truc super – du Benjamin Rassat, c’est toujours super – , regardez ce docu !

    https://www.youtube.com/watch?v=Rxy0Cilnan8

  14. Rubens 29 mai 2023 at 16:22

    Je crois bien que depuis la retraite de Roger, c’est Stan qui a le plus beau jeu du circuit.

    • Jo 29 mai 2023 at 16:59

      Si l’on s’en tient au strict plan esthétique, je dirais Deuni, Grigri & Lolo.

      • Sam 29 mai 2023 at 17:05

        Hmmm…Je dirai 1° Grigri, ce qui est assez logique vu son ascendance. Il y a qq chose de bordélique chez Deuni que j’apprécie moins. Et…Lolo ? Je demande un éclairage, c’est qui ?
        Dans la série joli, j’aime bien Musetti, mais ce coup droit…
        Waw, bien sûr, mais il y a quelque chose de lourd là dedans qui gâche un peu l’ensemble.

        • Sam 29 mai 2023 at 17:06

          Et en tous cas, après ce 4ème set de repos, je continue de miser sur une victoire de Waw, à l’ancienne.

        • Jo 29 mai 2023 at 17:13

          Lolo… Musetti… Allez, un p’tit effort, Sam. ;-)

          • Sam 29 mai 2023 at 17:22

            Ah oui, suis-je bête. En fait c’est un classement des R1M. Et Waw vient d’en lâcher un maousse long de ligne, comme au bon vieux temps…

          • Jo 29 mai 2023 at 17:45

            Quand Lolo a explosé sur le circuit en faisant un bon parcours à Acapulco en 2021, j’ai, comme d’autres ici, tiqué sur le coup droit de Lolo. J’ai néanmoins l’impression qu’il a changé quelque chose dans ce coup que je trouve désormais charmant.

            Stan, à l’instar de son petit frère Thiem, possède une élégance brutale à défaut de beauté cristalline. Si je devais établir une comparaison douteuse avec une jeune femme, je dirais que leur technique est « désirable » (je vous laisse traduire en langage de pulsion masculine).

            • Sam 29 mai 2023 at 17:49

              Yep, Stan, Domi, même combat. Et pas même résultat manifestement, si j’en crois le live score.
              Bref, allez Stan, boucle ça please.

      • Rubens 29 mai 2023 at 23:19

        C’est marrant parce que Deuni, je le regardais aussi ce matin. C’est magnifique en effet, mais pas aussi délié, Deuni c’est plus une sauterelle. Et Musetti, c’est magnifique mais pas aussi efficace quand même. Jo, je crois que tu as la bonne formule pour Stan avec « élégance brutale ». Puissant, mais aussi compact. Avec Musetti et Shapo je suis toujours surpris que ça aille aussi vite. Stan, c’est vraiment la combinaison de la puissance, de l’élégance et de l’efficacité. A 38 ans, je vois bien que le physique n’est plus au niveau et que c’est un baroud d’honneur, mais quel revers, mais quel revers… Son revers n’a manifestement pas fini de lui payer des steaks dans son congélateur, il prend toujours autant de plaisir à le lâcher et moi à le regarder les lâcher.

        • Perse 30 mai 2023 at 10:06

          Deuni, pour moi est le pus coordonné, d’ailleurs c’est le seul qui réussit les revers sautés à une main !

          Musetti a certes une joli gestuelle mais elle est renforcée par la beauté de l’athlète (il a de bonnes proportions et des traits fins sans être efféminé).

          Wavrinka a le charisme simplement viril d’un tempérament un peu bouillant mais jugulé par l’expérience. D’élégance, la gestuelle de Wavrinka n’en présente pas mais c’est celui qui transmet le mieux la force efficace (par opposition à un Kachanov dont le coup droit est l’archétype de l’énorme dépense d’énergie qui semble vaine).

          • Jo 30 mai 2023 at 14:18

            Le service de Stan est raide et compact et son coup droit concave, mais son revers est majestueux.

  15. Rubens 29 mai 2023 at 23:09

    @ Sam,

    Britney Spears…

    Tout ça me renvoie 30 ans en arrière, quand je passais une fois par semaine acheter une revue de programmes TV proposant en plus les jaquettes des films de la semaine, avant de filer au lycée. Je me trimbalais donc au lycée avec le magazine dans le sac pendant la journée.

    Un jour, mon voisin (un de mes meilleurs amis) remarqua la revue dans mon sac, en couverture il y avait Hélène Rollès, actrice en vogue à l’époque pour le sitcom « Hélène et les garçons ». Il me fit un regard goguenard, affligé, faussement sérieux, et finit par me lâcher à voix basse « Tu me fais pitié ». Je m’employai à lui expliquer que je n’achetais la revue que pour les jaquettes, il me fit un regard encore plus appuyé, sur le mode « N’aggrave pas ton cas par une défense maladroite ». J’ai explosé de rire.

    Sam, à 30 ans de distance, je voudrais t’avoir en face de moi pour te faire le même regard caustique et te lâcher à voix basse « Tu me fais pitié ». :smile:

    Et pour le coup, ma question initiale lâchée sur le mode de la boutade a été en fait l’occasion d’une session de rattrapage pour moi puisque Britney Spears, dans mon souvenir, c’était la Spice Girl en couple avec un footballeur anglais (ou qatari, je ne sais plus), David Beckham. C’est pour te dire à quel niveau je me situe dans l’ignorance…

    • Jo 30 mai 2023 at 07:27
      • Rubens 30 mai 2023 at 08:56

        Je vois que tu as subi les mêmes sévices que moi. Luchini était partout sur les plateaux à ce moment-là, je crois que c’est avec Beaumarchais l’insolent qu’il explose. Ce qui permet de dater ma revue encore plus précisément…

        • Jo 30 mai 2023 at 14:19

          Cette rencontre du troisième type est aussi improbable que jubilatoire.

  16. Rubens 30 mai 2023 at 14:09

    J’ai cru entendre Medvedev ronfler sur le Central. Qu’est-ce que c’est que cette bouse Daniil ?

    • Rubens 30 mai 2023 at 14:43

      On se réveille Daniil, on se réveille… En face ce ne sont pas les Panzerdivizions, juste une escouade estonienne, mais si personne n’est là pour défendre Moscou…

  17. Rubens 30 mai 2023 at 15:02

    Et Hugo Gaston déjà dehors, en 3 sets. Ses amorties sont toujours de classe mondiale, mais ça ne suffit pas. Son jeu est insuffisant.

    • Jo 30 mai 2023 at 16:02

      La taille compte.

  18. Perse 30 mai 2023 at 15:45

    La beauté de la première semaine permet de voir des grands joueurs sur les courts annexes, surtout s’ils jouent le double comme le fait actuellement Tsitsipas sur le court n°9.

    De même Dimitrov (qui n’est pas un grand joueur proprement dit) jouera sur le 13 en dernière rotation.

    C’est très sympa !

    • Jo 30 mai 2023 at 16:04

      La grandeur de la première semaine permet de voir de beaux joueurs sur les courts annexes.

      • Rubens 30 mai 2023 at 16:31

        Comme par exemple l’Italien Vavassori, auteur à l’instant d’une magnifique remontada sur le 8 face à Kecmanovic. Avec le soutien massif du public, qui ne connaissait sans doute aucun des deux joueurs mais qui spontanément a pris fait et cause pour l’adversaire du Serbe. Il faut dire que Kecma sait de qui tenir, en se tournant sans arrêt vers son camp d’un air exaspéré quand il se prend un point gagnant.

        Amélie n’échappera pas à une mise au point sur le graffiti de Djoko, et tout cela laissera des traces. Soit on accepte le mélange du sport et de la politique, soit on ne l’accepte pas. Et dans ce cas une lourde amende pour Djoko, mais une lourde amande aussi pour celles et ceux qui refusent de serrer la main de leur adversaire russe.

        • Jo 31 mai 2023 at 11:11

          Je pense moi aussi que les sportifs ukrainiens ont grand besoin d’intransigeance et d’intolérance dans la période actuelle.

          • Perse 31 mai 2023 at 11:18

            Je pense que l’action de Kosyuk ne lui apporte pas grand chose en fait.
            Elle a tous les micros ouverts pour militer et dire tout le mal qu’elle pense de la politique de la WTA, de la guerre etc… mais serrer la main à la fin d’un match fait partie des règles du jeu, et permet de faire le distinguo entre les personnes et les gouvernements.

            A moins que Sabalenka et al soient dans le vestiaire de grandes jingoïstes racistes, je pense que ceci dessert sa cause. Elle peut lui serrer la main en détournant le regard, c’est courant chez les filles.

            • Jo 31 mai 2023 at 13:14

              Ton discours se tient mais on ne saurait considérer l’attitude de Marta & les autres comme une « action ». Il n’est ici question ni de règle juridique ni de stratégie géopolitique mais davantage de psychologie, d’émotions dans un moment (une rencontre sportive) où les nerfs sont à fleur de peau.

              Une poignée de main est un geste hautement symbolique, un signe de considération, souvent de réconciliation. « Vais-je pouvoir me regarder dans la glace ? » « Que vont penser mes proches, mes compatriotes ? »

              Serrer la main en détournant le regard, c’est niet (si je puis dire). Ce genre d’attitude relève d’une infâme arrogance qui serait vraiment contre-productive, pour le coup. Pour celles et ceux qui ne peuvent se résoudre au contact, je préconise le contraire. Un signe de la tête (ou de la raquette, comme Elina à Strasbourg) en prenant le temps de regarder son vis-à-vis dans les yeux. « Je te respecte en tant que personne, mais comprends qu’en l’état actuel des choses, si je te serre la main, j’aurais l’impression de trahir les miens.

              Nul doute que les athlètes, victimes eux aussi de la situation, préfèreraient se donner l’accolade après une bataille qui ne serait que sportive.

              • Perse 31 mai 2023 at 13:57

                J’ai bien compris et j’ai de l’empathie pour Kostyuk mais la foule , elle, n’en a pas et l’a passablement hué.

                La tactique parfaite est effectivemen t le signe de la raquette façon Covid-19 mais le snobage théâtrale de la poignée de main occulte par ailleurs le fait qu’elle a micro ouvert pour critiquer les Russes & Biolérusses.

              • Jo 31 mai 2023 at 15:08

                La foule n’a pas de légitimité face au peuple qui s’exprime via ses hérauts/héros.

  19. Rubens 30 mai 2023 at 15:52

    Meddy vient de revenir, in extremis. Il est passif, il fait beaucoup de fautes. Mais le mental entrant en ligne de compte, Seyboth-Wild a vendangé la fin du tie-break en sentant l’exploit au bout de sa raquette. Le pauvre garçon ne s’est même pas rendu compte que s’il faisait abstraction du classement de l’adversaire, il devrait être en tête 6/3 6/4 sans problème. Mais c’est le n°2 mondial, donc c’est forcément un exploit, donc il tremble au moment de l’achever…

    Troisième set, donc. Daniil, souviens-toi que la ligne de service ne concerne justement que le service, le reste du temps du as le droit de la dépasser.

  20. Perse 30 mai 2023 at 16:51

    Le radar du 6 yoyote, j’avais déjà un soupçon hier quand j’ai vu que McDonald avait servi ç 236 km/h, et là Janicevic contre Océane Dodin aurait servi à 212 km/h, soit le record féminin de vitesse. Vu son gabarit et sa mécanique de service, c’est plus que douteux !

  21. Rubens 30 mai 2023 at 17:22

    Euh… Daniil, ARRETE de subir le jeu. ARRETE.

  22. Sam 30 mai 2023 at 17:43

    Les choses commencent à devenir un brin inquiétantes, Daniil.
    Je prends à 3/3 40A, je vois cet espèce de sosie de Rodg le mettre à 3 mètres de la balle fastoche, suite à deux coups moyens mi-court de Medvedev, puis ce dernier plante un horrible revers dans le couloir.
    Pour autant, je reste optimiste pour ce cher Daniil.

    • Rubens 30 mai 2023 at 17:49

      Le match a cette tournure depuis le début. Daniil est incapable d’allonger ses balles. Et c’est vraiment un miracle pour le Russe que ce ne soit pas terminé depuis longtemps.

      • Sam 30 mai 2023 at 17:59

        Je reste optimiste pour Daniil, mais pas nécessairement en matière de RG 2023 voulais-je dire.

  23. Perse 30 mai 2023 at 17:56

    Seyboth Wild avait fait un petit run il y a 2-3 ans et il a dû connaître des blessures qui l’ont entravé.

    Ce match me rappelle le match PHH-Sinner d’il y a 2 ans où PHH avait eu 2 balles de match, à la différence que TSW a un plafond et potentiel plus élevé.
    Quels sacs il a mis !

    • Jo 31 mai 2023 at 11:08

      Thiago est le fils caché conçu entre deux matches de Ferrero et d’une danseuse de samba. Les appuis très ancrés au sol avant de décocher une attaque de coup droit, la légèreté, la vitesse, la sécheresse, c’est du Mosquito qui pique !

  24. Jo 30 mai 2023 at 18:05

    Rafa mort, Dany dehors, on va passer une putain de bonne quinzaine.

  25. Sam 30 mai 2023 at 18:35

    Ça ouvre le tableau de qui, en bas, cette histoire de Daniil ? Sinner ? On peut l’imaginer.
    Mais je reste impressionné par le premier tour de Tiafoe (et optimiste).

  26. Montagne 30 mai 2023 at 18:37

    Sam, tu avais tort de rester optimiste pour Medvedev, bien pâlichon.

  27. Sam 30 mai 2023 at 20:19

    Waouh, j’allume l’écran, Ritchie gagne genre 12 points de suite.

  28. Rubens 30 mai 2023 at 21:36

    Et fin de match au couteau entre Halys et l’un de mes marronniers préférés du début de quinzaine à Roland, Guido Pella. Le gaucho vient de gagner au tie-break du 5ème, mais j’ai bien aimé voir jouer Halys. Tennis solide et agréable, serein sur le terrain, ce qui n’empêche pas d’être accrocheur. Le match lui échappe d’un rien, mais il en gagnera d’autres.

    • Guillaume 31 mai 2023 at 06:47

      Le problème d’Halys en 2023, c’est qu’il n’est pas foutu de gagner un tiebreak. Flemme de vérifier, mais j’ai l’impression qu’il en joue énormément, et perd les trois quarts d’entre eux.

  29. Babolat 31 mai 2023 at 00:11

    Thiago Seyboth Wild, un nom pareil ne passe pas inaperçu et je scrute les tableaux depuis 2018 pour voir ce qu’il devient après son titre junior à l’Us Open en 2018 ou il avait battu Musetti en finale et surtout la tête de série 1 Tseng que l’on annonçait comme le futur crack du circuit mais qui peine à confirmer. Un titre en 2020 à Santiage, devenant ainsi le premier joueur né dans les années 2000 à inscrire son nom au palmarès d’un tournoi ATP (avant Félix) puis des blessures et un manque de motivation après le Covid mais depuis 6 mois il a gagné 500 places avec de bonnes victoires en Challenger. En le voyant coller deux fois 6/1 à Koepfer au dernier tour des qualifs, je me suis dit… « Bigre, il risque de faire des trous dans le tableau le gaillard »… ce qu’il fit. (je me suis ravisé quand j’ai vu qu’il tombait sur le Daniil en me disant tout de même que ce ne serait pas simple pour le russe).

  30. Rubens 31 mai 2023 at 03:10

    Vu les trois tomes du Rassat consacré à la victoire de Yannick en 83. J’aurai 3000 choses à dire là-dessus, c’est richissime, mais ce sera pour plus tard.

    Je n’évoquerai qu’une seule chose, parce qu’elle a une résonance immédiate sur l’actualité. C’est John Alexander qui évoque les champions Noirs, avec Althéa Gibdon qui pose les fondations, Arthur Ashe qui constitue l’ossature, et donc Yannick qui représente le dernier étage, trois personnages centraux dans l’effacement des distinctions raciales dans le monde du tennis. Trois exemples qui ne concernent que le tennis, mais qui sont des pierres essentielles dans l’essor du sport en tant que vecteur d’effacement des distinctions sociales ou raciales.

    Aujourd’hui, certains sacrifient à l’une des règles de bonne conduite les plus élémentaires du tennis en refusant de serrer la main de leur adversaire. Aujourd’hui, certains utilisent les caméras pour délivrer des messages politiques tout en se défendant de faire de la politique. Aujourd’hui, priées de se positionner sur le sujet, les autorités du tennis bafouillent des communiqués qui se gardent de condamner qui que ce soit. Sachant que tout ce petit monde, pour qui le concept de nation semble si important, porte par ailleurs une lourde responsabilité dans la liquidation de la Coupe Davis.

    A ce rythme, un jour prochain, des grillages seront installés dans les tribunes afin d’éviter que les communautés nationales, ethniques, religieuses, sexuelles, n’en viennent aux mains. Les agents de sécurité seront deux fois plus nombreux, et ils seront armés. L’US Open ne se déroulera plus sous le vacarme des avions de l’aéroport de la Guardia, mais sous celui des hélicoptères du NYPD. Les joueurs devront essuyer des injures sexistes, nationalistes et racistes, y compris venant de leur adversaire. Quand ce jour arrivera, peut-être qu’un journaliste sera là pour demander à ramener Amélie Mauresmo, Marta Kostyuk et Novak Djokovic à leur responsabilité dans ce désastre. Ce Roland 2023 fera date. Du moment qu’on baptise des jardins au nom de Rosa Parks, tout semble aller pour le mieux. On a les noms, disait Coluche. Oui, on a les noms.

    • Sam 31 mai 2023 at 08:56

      Merci, Rubens, 100% d’accord avec toi. Et je lis le titre « La FFT botte en touche pour le message de Djoko »… C’est la grande démission des adultes, et du cadre.

      • Rubens 31 mai 2023 at 09:27

        Le pire dans tout ça, c’est que la FFT tend elle-même les verges pour se faire battre, en mentionnant sa charte de bonne conduite. Une charte ne vaut que si elle s’accompagne d’un système de sanctions. Le Phallostrate a annoncé la couleur, il est prêt à récidiver et à payer des amendes s’il le faut. La réponse doit être proportionnée : ce serait excessif de l’exclure tout de suite. En revanche, une amende salée, assortie d’un communiqué officiel conjoint des 4 Grands Chelems, indiquant le tarif de l’amende, et précisant qu’en cas de récidive le fautif sera exclu du tournoi en cours. Je ne vois que ça pour le faire taire, pour rappeler au passage que la politique n’a pas sa place dans les stades, et accessoirement pour bien faire comprendre à tout le monde qu’on est des gens sérieux puisqu’on n’hésite pas à sanctionner Novak Djokovic.

        Et même tarif pour celles et ceux qui refusent de serrer la main de l’adversaire.

      • Rubens 31 mai 2023 at 10:50

        Ou alors, autre option, ce cher Nick Kyrgios pourrait écrire sur la caméra « Vive le Kosovo libre » lors du prochain Wimbledon. Et se fendre ensuite d’une magnifique conférence de presse comme il sait si bien les faire :

        – Je vais prendre une amende, je n’en suis pas à une près. Je me ferai une joie de la payer, à condition que Novak paie la sienne pour Roland.
        – J’accepte avec plaisir un recadrage des instances du tennis me menaçant d’exclusion du tournoi en cas de récidive. Il va de soi que ce sera valable aussi pour Novak.
        – Je n’ai strictement rien à dire sur la situation du Kosovo, je ne sais même pas où c’est. S’il est une faute que je ne commettrai pas une deuxième fois, c’est bien de parler du Kosovo.
        – En revanche, les dirigeants de Roland Garros n’ayant pas fait leur boulot, il faut bien que quelqu’un les renvoie à leurs insuffisances.

        Dans le rôle du bouffon, je verrais bien Medvedev ou Bublik faire un truc de ce genre. Mais pour Roland c’est désormais trop tard pour eux, et pour Wim ils ne seront pas les mieux placés puisqu’ils seront déjà bien contents que Wim les laisse disputer le tournoi. Alors va pour Kyrgios. Allez Nick !

        Allez savoir pourquoi, je pense que ça aurait son petit effet, et j’imagine mal les dirigeants de Wimbledon se refuser le plaisir de gourmet de remettre leurs homologues parisiens à leur place…

  31. Perse 31 mai 2023 at 11:09

    C’est le phénomène du « pas de vague » et de tout le monde se tient par la barbichette.
    C’est un problème de contrôle social qui aboutit à une lâcheté générale parce qu’il ne faut pas heurter les sensibilités et qu’il y a de la morale à géométrie variable.

    La description de Rubens m’a bien faire rire et si Kyrgios le fait, j’en serais épaté mais comme il est dans une opposition systématique plutôt qu’intelligemment trollesque, je le crois capable de prendre position pour le Playmobil deuis qu’ils sont « frères ».

    Pour en revenir sur le Kosovo, les Balkans ont une histoire très entremêlée et entrelacée. Le Kosovo est un vrai sac de noeuds, et si techniquement Djoko n’a pas tort (Le Kosovo est bien un berceau serbe), les Serbes ont fait tellement de conneries depuis les années 90 dans le coin qu’ils ont perdu la légitimité à gouverner la région, un peu à l’instar des Allemands post 2nd GM à propos de l’Alsace-Lorraine.
    D’un autre côté, la société albanaise et le comportement de son gouvernement sont un sujet délicat à aborder – ce ne sont pas blanches colombes avec un rameau d’olivier dans le bec.

  32. Perse 31 mai 2023 at 11:22

    Sinon la victoire de Monfils est tout de même une très belle surprise et la preuve que l’on peut se transcender dans certaines circonstances.

    En effet, vu la difficulté du retour de Gaël Monfils cette année (aucune victoire dans le jeu cette saison pour rappel), battre Baez qui est un bon joueur de TB est un exploit.

    Il me semble que le public a été de plus assez digne dans le soutien à son chouchou : partisan et enthousiaste mais sans dénigrement de la partie adverse. Cela fait du bien et tranche avec mes expériences du public sud-américain particulièrement violent dans son chauvinisme.

  33. Perse 31 mai 2023 at 12:50

    Tsitsipas est un beau joueur mais un Janus du fond de court. En effet, son revers est bien flingué par rapport à quelques années en arrière (le nombre de bois…)

    En revanche, le coup droit est vraiment vif et puissant, pénétrant. Son niveau de jeu est globalement supérieur à l’Espagnol mais gare à ne pas se déconcentrer.

    Sinon le Suzanne-Lenglen est mon préféré parmi les courts principaux avec une meilleure aération qui permet d’éviter de trop cuire (même si RG au soleil, c’est une plancha).

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