Le dopage sanguin, partie 4 : l’affaire Aderlass et les hémoglobines de synthèse

By  | 11 mars 2024 | 73 Comments | Filed under: Regards

AderlassOù l’on parle dopage – et l’on est très loin de la caféine ou du pot belge : la précédente partie ici.

Affaire Aderlass

Les grosses affaires de dopage ont souvent des noms amusants. L’arrestation du docteur Schmidt prenait ainsi place dans l’opération baptisée « Aderlass », ce qui signifie « saignée » dans la langue de Goethe. Contrairement à l’affaire Puerto en Espagne où beaucoup de choses sont restées secrètes, le procureur en charge de l’enquête, Kai Graber, a choisi la transparence. C’est ainsi que l’on connaît la nature des produits dopants confisqués au docteur Schmidt et notamment cette nouvelle hémoglobine recombinante humaine qui se présente sous forme de poudre. Injectée dans la circulation sanguine, elle se dissout dans le plasma et se met aussitôt à transporter de l’oxygène jusqu’aux muscles. Par rapport au sang classique, ce type de produit présente l’avantage de pouvoir se conserver à température ambiante pendant des années. Il ne paraît pas non plus très compliqué à fabriquer. Donc pas très cher. En somme, cela en fait un excellent candidat au dopage du futur et cela même si, pour le moment, on ignore tout de sa possible toxicité dans le cadre d’un effort intense.

A priori, on devrait pouvoir polymériser la molécule, ce qui diminue l’effet vasoconstricteur. Cela dit, il se pourrait qu’on lui découvre d’autres effets indésirables. La nature se montre souvent capricieuse et imaginative en la matière. Quant à l’efficacité de ces poudres d’hémoglobine, là encore, on ne peut faire que des supputations. Car de gros problèmes restent à résoudre dans la mise au point d’un sang artificiel. Comme de diminuer par exemple l’affinité de l’hémoglobine pour l’oxygène afin que ces nouveaux transporteurs puissent  relarguer leur cargaison. Il ne servirait à rien en effet d’avoir un sang très riche en oxygène si celui-ci n’approvisionne pas les cellules musculaires auprès des muscles qui en ont besoin. Enfin, il faudra aussi veiller à ce que ces produits ne déclenchent pas une vasoconstriction par voie réflexe, ce qui pourrait entraîner des accidents cardiaques. Là encore, la polymérisation semble constituer une bonne réponse. En même temps, elle augmente la durée de demi-vie du produit, facilitant sa détection en cas d’utilisation pour dopage. Dieu que la vie d’escroc est difficile !

Le marché mondial du traitement de l’anémie est tellement juteux que les grandes firmes pharmaceutiques rivalisent toutes d’imagination pour créer de nouveaux médicaments. Les unes travaillent sur la mise au point de molécules de synthèse. D’autres nourrissent l’espoir de pouvoir se servir d’hémoglobines animales, celle de bovins par exemple. Ainsi le laboratoire Sigma-Aldrich fabrique un produit (H2500) vendu comme réactif pour des travaux de biologie mais, bien sûr, d’autres usages sont envisageables. En médecine vétérinaire, on utilise bien une préparation similaire appelée Oxyglobin (HBOC-301) pour suppléer les carences en oxygène lors des grosses opérations chirurgicales. Des expériences de ce type ont aussi été réalisées en médecine humaine. Dans le dopage aussi ! Lors du Tour de France 2003, deux coureurs cyclistes ont tenté d’utiliser cette hémoglobine de bœuf pendant la course, le Danois Michael Rasmussen et l’Espagnol Jesus Manzano. En dépit des énormes dangers ! L’Oxyglobin entraîne souvent une augmentation de la pression artérielle pulmonaire et une diminution du volume d’éjection systolique. Ils auraient vraiment pu y laisser leur peau. Avec ce produit, les accidents étaient même si nombreux qu’on a stoppé les recherches l’année suivante.

Aujourd’hui, elles se poursuivent pour d’autres préparations comme pour Hémopure (HBOC-2021), une hémoglobine bovine polymérisée encore vendue en Afrique du Sud. Ici, l’effet vasoconstricteur est moindre. Mais on note toujours une augmentation de la résistance du sang à l’écoulement dans les veines et les artères et donc un risque augmenté d’infarctus ou de thrombose.

Compte tenu des énormes investissements dans ce domaine de recherche, on ne doute pas que les hémoglobines animales continueront à progresser en terme d’efficacité et de tolérance. Il se pourrait même que cela évolue plus vite que prévu !

Depuis une vingtaine d’années, les chercheurs s’intéressent en effet aux hémoglobines d’autres espèces animales que les bovins, notamment celle du ver de terre (Lumbricus terrestris). Cinquante fois plus grosse que l’hémoglobine humaine, cette molécule paraissait dans un premier temps assez peu intéressante pour une éventuelle exploitations à des fins médicales. C’est alors qu’en 2002, une autre espèce de ver retint l’attention d’un biologiste de Morlaix, le docteur Franck Zal, qui deviendra de ce fait un acteur important dans le développement de cette nouvelle pharmacopée. Il s’agit de l’Arenicola marina, un ver marin pourvu de branchies qui s’enterre dans le sable à marée basse, laissant de curieux tortillons sur la plage. Comment arrive-t-il à survivre plusieurs heures sans disposer de ce fait du moindre atome d’oxygène?

L’analyse précise de son hémoglobine en 2008 a permis d’apporter une réponse à cette question. L’hémoglobine d’Arenicola marina possède en effet des propriétés impressionnantes. Elle est capable de transporter quarante fois plus d’oxygène que l’hémoglobine humaine (156 atomes d’oxygène contre quatre). Grâce à sa structure en double hexagone, elle est 250 fois plus petite qu’un globule rouge. Aussitôt, on s’en est servi pour concevoir deux nouveaux médicaments : Hemo2Life (M-101) et HemoxyCarrier. Le premier est déjà utilisé en thérapeutique pour prolonger la durée de vie d’un organe à transplanter (greffon). Mais l’idée reste à terme de s’en servir comme transporteur d’oxygène directement dans le sang. L’armée est intéressée pour le traitement des blessures de guerre et des hypoxies cérébrales causées par le souffle d’une explosion.

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73 Responses to Le dopage sanguin, partie 4 : l’affaire Aderlass et les hémoglobines de synthèse

  1. Guillaume 12 mars 2024 at 12:59

    Sur un temps « court » (les 90′s me semblent hier, ce doit être ça de vieillir), on perçoit à quel point l’approche scientifique de la performance a envahi la triche aussi. Les transfusions d’EPO paraissent de la Préhistoire de la dope. La question étant de savoir si les Dr Mabuse d’aujourd’hui ont plus de visibilité sur les conséquences à long terme de ce qu’ils font ingérer à leurs poulains, ou si les sportifs sont là encore des cobayes permettant de switcher des étapes de protocoles de tests.

    Ce qui est sûr me concernant, c’est que la fabrication de surhommes me laisse de marbre. J’étais revenu au cyclisme le temps de quelques années où les mecs me semblaient redevenir faillibles (les 2010′s ont eu leur lot de vainqueurs « limites » à côté des démonstrations des mobylettes Froome et Cancellara) mais la facilité des Pogacars, Vingo et même Van der Poel (certes, papy, m’enfin entre deux y’a papa qui était une grosse chaudière de son temps !) me blase complètement. On cherche les traces d’humanité dans leurs perfs monstrueuses à chaque sortie.

    Heureusement que tout cela ne concerne pas le tennis, à 2-3 Argentins près il y a 20 ans.

    • Perse 12 mars 2024 at 14:15

      Depuis que je lis ce magazine qui vulgarise énormément la recherche sur le sport et la physiologie, le rêve a clairement cessé.

      Ce qui me pose problème maintenant est cette stratification extrême dans le sport et la perte d’aléa.

      Les meilleurs sont les meilleurs certes, mais il y a également un cercle vicieux de privilèges qui accentuent les déséquilibres, sans oublier les longévités de plus en plus importantes dans les sports « plus » que physique (parce que seuls la natation et l’athlé ne béneficient pas tant de l’allongement de la carrière sportive, les performances sont trop dépendantes de la physiologie a contrario des sports nécessitant une dimension tactique et mentale importante ; collectif, tennis, golf etc…).

      Là, on se réfère au ski de fond mais les articles que je lis sur les performances physiologiques de ces athlètes me font penser qu’ils sont totalement sous-estimés. Avec l’aviron, ils me semblent être l’absolu pinacle de la performance physiologique et vasculaire.

      En effet, les skieurs de fond sont les seuls athlètes dont le système à l’effort ne connait pas de vaso-dilatation mais une vaso-constriction. Pourquoi donc ?

      En fait, le ski de fond combine le même volume d’effort qu’un kayakiste dans le haut du corps avec les efforts dans les jambes d’un cycliste, si bien qu’en réalité le corps humain n’a pas le débit vasculaire suffisant pour alimenter la totalité des muscles de façon « normale », et le système sanguin doit se rétracter pour augmenter le débit.

    • Guillaume 12 mars 2024 at 14:46

      « Ce qui me pose problème maintenant est cette stratification extrême dans le sport et la perte d’aléa. »

      Toutafé. Je prends l’exemple du vélo car c’est le sport, parmi ceux que j’aime(ais) suivre, où ça me paraît le plus flagrant. On est passé d’un sport individuel couru en équipe, où les états de forme tout autant que les stratégies de course faisaient la part belle aux vainqueurs surprises et aux grégarios anoblis le temps d’une course, à un sport où… où les équipiers ne servent plus à grand chose, en fait. Les leaders se chargent de tout faire péter à 80 bornes de l’arrivée et s’expliquent entre eux.

      Mais c’est sans doute déclinable à tous les sports. Ce n’est pas un hasard si tous les sports ou presque ont connu leur GOAT statistique ces dernières années. Et parfois plutôt deux ou trois fois qu’une : on pensait Schumacher inatteignable, il n’a fallu qu’une décennie à Hamilton pour le dépasser… en attendant Verstappen. On pensait Bjorndaelen inatteignable, Fourcade lui a piqué presque tous ses records… et Boe est déjà sur leurs traces. On pensait Sampras inatteignable, Federer a mis 7 ans (!) à le dépasser, avant que Nadal le mette dans le rétro, puis que Djoko ne déboule… And so on. Génération spontanée de GOAT’s à tous les étages ? Mouais…

      • Guillaume 12 mars 2024 at 14:51

        L’écueil de la natation, je crois, est que c’est un sport prédisposant au burnout. Tu fais tes longueurs de bassin, encore tes longueurs de bassin, toujours tes longueurs de bassin. Quand tu les écoutes en itw, les Manaudou, Phelps… ils disent tous l’absence de fun, d’épanouissement dans leur discipline. Tu n’as pas l’aspect ludique, le « jeu » de certains sports de balle, pas la nature, les grands espaces et la variété de terrain de jeu d’autres sports (cyclisme, running…) et, conjugué à la précocité des athlètes, notamment les filles, tu t’y uses vite. La natation c’est tu es au top avant la majorité et en burnout à 22 ans. Avant éventuellement de revenir vers la trentaine si le coeur t’en dit.

        Ce qui n’empêche que le GOAT statistique de la natation est aussi estampillé XXIe siècle.

        • Perse 12 mars 2024 at 16:04

          Effectivement la natation présente bien cet aspect. N’empêche, hors du cas Earvin (sur 50m), le progrès « technique » (dans le sens technique de nage) fait que 10 ans en natation représente une génération représente un gap technique que même les plus grands talents antérieurs ont du mal à suivre. Il suffit de voir que les temps combinaison de 2009 ont été dépassé en moins de 10 ans.

          L’athlétisme, à part en endurance a la même usure pour le moment, les athlètes sont essoré à l’âge traditionnel de 32 ans environ cf Bolt.

          Pour ce qui est de l’inflation statistique, cela a voir avec l’augmentation du nombre de compétition : à l’époque de Schumacher, c’était entre 12 et 17 GP par an (1 à 2 GP par mois), maintenant on en est à 24 GP, ça aide. Itou pour tous les autres sports, sauf le tennis et le ski, mais là c’est vraiment la disparition de l’aléa qui explique ce fait.

        • Guillaume 12 mars 2024 at 17:00

          L’augmentation du nombre de GP explique l’augmentation du nombre de GP gagnés et de pole positions, mais n’est pour rien dans le passage d’un référentiel de 3 à 5 titres mondiaux pour les géants de ce sport au XXe siècle, à 7 si ce n’est 8 (cas litigieux d’Hamilton, où la FIA elle-même reconnait avoir merdé pour le 8e record) au XXIe. Plus l’ami Max qui a à instant T 4 ans d’avance sur les temps de passage de Lewis. J’y vois comme ailleurs le « cercle vicieux de privilèges qui accentuent les déséquilibres » dont tu parlais plus haut.

          Oh l’athlé même sur la longévité les lignes bougent. Outre le fond/demi-fond, tu as les lancers (Zelezny, Alekna, la Polack au marteau Wolmachin encore championne olympique à 36 ans, MRM vu de France), au saut on y arrive doucement (Barshim va avoir 33 ans et le déclin est certes entamé m’enfin il reste relatif et je ne parierais pas contre lui à Paris, on peut penser que Lasitskene aussi serait dans le coup si elle pouvait concourir avec les autres, Jenny Suhr battait le record du monde de la perche à 34 ans et son RP en plein air à 36)… Ne reste réellement que le sprint… quoique je rappelle que Justin Gatlin est, à 35 ans, le plus vieux champion du monde jamais enregistré sur 100 m, et qu’il était encore vice champion du monde à 37 :mrgreen:

          • Perse 12 mars 2024 at 17:12

            En F1, aussi étonnant que cela puisse paraître, les réglements ont connu plus de stabilité, ce qui a allongé les cycles. Comme en général, c’est un « winner takes it all », Hamilton a pu bénéficié durant 8 ans d’un réglement stable entre 2014 et 2021 pour gagner (2017 n’étant pas une révolution dans la conception, seulement une extrapolation pour accroître la performance).

            Bien vu pour les lancers, je n’y avais pas songé même si ce sont surtout les explosions des performances qui sont plus significatives (en poids et javelot notamment) à mon humble avis. Toutefois, Zelezny demeure le GOAT absolu du lancer et il est des 1990, presque égalé une fois par un allemand (Vetter je crois) mais son niveau moyen, palmarès et longévité demeurent loin devant le reste. Pour le sprint, Gatlin est un cas hyper litigieux, une énorme chaudière prouvée. D’ailleurs dans le même magazine, jamais lu un articles sur la persistance dans le temps des effets de produits dopants, notamment des anabolisants (ce sont des produits abominables en termes d’effets secondaires et surtout psychologiques) mais il y avait une hypothèse robuste que le corps créait plus masse musculaire performante que normal même longtemps après la prise de tels produits.

            • Guillaume 12 mars 2024 at 19:00

              D’où mon smiley pour Justin. On va dire qu’il permettait de revenir à l’article :smile:

            • Guillaume 12 mars 2024 at 19:13

              J’ajoute Katie Moon dans les profils « aberrants », au sens inhabituel. Je ne connais pas spécialement son parcours, si elle est sulfureuse, quels contretemps l’ont freiné, mais on parle d’une nana plus que tardive, qui n’arrive au premier plan qu’à 27/28 ans, devient la 5e meilleure perchiste all-time à 30, et est toujours une solide numéro 1 mondiale à 32.

  2. Guillaume 12 mars 2024 at 13:08

    Sans transition, mais un qui s’approche de manière tangible de la 1ère place mondiale, c’est bien notre ami Jannik. Sa grosse lancée depuis Wimbledon conjuguée au début d’année poussif de Djoko et Carlo = le voilà à quoi, 1000 à 2000 points du trône à la fin d’Indian Wells, selon son résultat. Sachant que lesdits Djoko et Carlo ont ou sont en train de laisser filer le créneau où ils pouvaient encore engranger (l’OA pour Carlitos, IW/Miami pour Djoko) et qu’après c’est montagne de points à défendre jusqu’à l’US pour l’un, fin d’année pour l’autre. Sinner a encore cette tournée US à bien négocier (finaliste à Miami l’an passé) puis après c’est boulevard avec quasi-rien à défendre sur terre battue. Il s’est mis en situation favorable, reste à conclure : s’il garde sa dynamique sur terre, la place de 1 devrait être à portée vers Roland / passage au gazon.

    • Perse 12 mars 2024 at 14:02

      Sinner est effectivement sur une dynamique extrêmement vertueuse. Au-delà des progrès tangibles (exploitation tactique des brèches créées par son jeu de fond de court pour conclure vers l’avant), on sent une véritable armure de confiance et de sérénité qui le rend assez irrésistible en ce moment.

      En plus, comme lui aussi se déplace comme une mobylette à 8 bras, son niveau est véritablement impressionnant. Là, je suis toujours ébahi par la sécheresse des accélérations en coup droit qu’il est capable de faire.

    • Guillaume 12 mars 2024 at 14:32

      Et pas (pas encore ?) de contrecoup / digestion post-dépucelage en GC, comme ça arrive en général. Il est sur sa lancée et a enchaîné après l’OA comme on enchaînerait après une victoire au 250 de Bois-le-Duc. Je lisais qu’il est le premier à gagner son tournoi de reprise après ouverture de palmarès en GC depuis Lleyton Hewitt, qui avait gagné Saint-Pétersbourg ou un truc du genre pour sa reprise post-US Open 2001. Chose donc que n’ont pas réussi ensuite : Johansson, Costa, Ferrero, Federer (finaliste à Gstaadt), Roddick, Gaudio, Nadal (aie, passage au gazon), Djokovic (Nikolay en Davis et, pour ce qui est des tournois, Gilou à Marseille), Murray, Wawrinka, Cilic, Thiem, Medvedev, Alcaraz… Et il y du beau monde là-dedans !

  3. Nathan 12 mars 2024 at 13:42

    Il semblerait qu’il n’y ait plus de vers Arenicola sansglutena (forme génétiquement dérivée de la célèbre Arenicola marina) dans les bas fonds humides et boueux de la pyramide boisée de Visoko en Bosnie Herzégovine. Tout a été nettoyé. N’est-ce pas du beau travail ? Et Nardi a fait le reste. Il fallait y penser, pardi !

  4. Rubens 13 mars 2024 at 12:15

    Oyé camarades,

    Perse, un grand merci, vraiment, pour cette série. Je n’ai malheureusement pas la moindre chose à apporter ou à discuter sur le sujet, vu que je n’y connais rien, mais je ne t’en remercie pas moins.

    Je vais quand même essayer de m’insérer dans la discussion sous l’angle de l’aléa. Vous avez évoqué d’autres sports où l’aléa est, à l’instar du tennis, en voie de disparition. Dans le cas du tennis, seul sport que je sois en mesure de discuter, je constate en effet que Federer, Nadal et Djokovic ont construit leur palmarès en poussant la notion de domination aux confins de la certitude mathématique. Une défaite surprise de l’un des trois était un événement rare, très rare.

    Le dopage en est-il la cause ? Pour ma part je n’y crois pas. J’ai de sérieuses interrogations sur un Novak Djokovic enchainant une demi-finale de 5h contre Murray puis une finale de 6h contre Nadal à l’AO 2012. Et les tribulations de l’intéressé ces dernières années ont assis ma conviction qu’aucun des documents médicaux fabriqués dans son pays, la Serbie, n’est à prendre au sérieux.

    En revanche, si dopage il y a, je ne crois pas qu’il permette d’expliquer la constance de la domination du Renégat, pas plus que celles de Roger ou de Rafa.

    Pour prouver ma bonne foi, je vais rester sur Novak. En 2007, à Roland Garros, il est à la peine au troisième tour face à un Français inconnu, Olivier Patience. Ce splendide attaquant de terre battue mène 2 sets à 1 en prenant le filet dès que possible, obligeant le Serbe à un exercice de haute précision sur ses passings. Pendant plus de 3 heures, le jeune Djoko (20 ans) fait le dos rond, jusqu’au tie-break du 4ème où il gagne les points qu’il lui faut à tout prix gagner, avant de faire plier le Français au cinquième. Il poursuivra sa route jusqu’à sa première demi-finale en Grand Chelem (défaite face à Nadal).

    J’ai bien observé le Slip pendant ce match. Je ne l’avais pas beaucoup vu jouer avant, mais j’en savais bien assez pour constater qu’il touchait vraiment très mal sa balle ce jour-là, avec un nombre de fautes directes très inhabituel, notamment en passings, face à un adversaire aux attaques parfois un peu téléphonées. Je l’ai vu à de nombreuses reprises marmonner dans sa barbe, mais jamais il n’a perdu son calme, devant un public évidemment acquis à la cause de son adversaire. Il a plié, mais il n’a pas rompu. Et il est sorti du court sous les applaudissements nourris du public, déçu du résultat mais respectueux de ce jeune Serbe qui avait montré dans l’adversité un tempérament de champion.

    Cette hagiographie s’arrêtera évidemment ici, il n’a jamais cessé de se battre sur le terrain mais il a cessé de s’y tenir correctement, nourrissant chez moi une animosité grandissante devenue au fil des années un rejet intégral.

    Reste que pour ma part, c’est ce jour-là que j’ai senti que ce jeune trublion serbe allait probablement tailler de sacrées croupières au duo de tête déjà bien en place. Ce n’est certainement pas en raison de son niveau de jeu (franchement médiocre ce jour-là), mais bien plus pour sa capacité à identifier les moments-clés d’un match et à ne pas se trouer dans ces moments-là. Bref, sa capacité de résilience, que j’ai retrouvée évidemment chez Federer et chez Nadal. Leur palmarès d’Avengers, ils le doivent à leur talent, mais aussi à ce nombre incalculable de matchs où ils sentaient mal la balle mais parvenaient tout de même à trouver des solutions pour s’en sortir. Et là, aucun dopage ne saurait les aider à réussir cette prouesse – car c’en est une.

    Et c’est ici que je ne peux que dresser un constat accablant pour ce cher Carlitos. En quarts du dernier AO, il était à un cheveu de se prendre 6/1 6/3 6/3 face à Zverev, et c’est à une déconcentration temporaire de l’Allemand qu’il doit une défaite un peu plus honorable que son niveau de jeu ne le méritait. Quand ensuite il déclare qu’il doit travailler pour que ces jours sans n’existent plus, je me dis qu’il est à des années-lumières du Novak Djokovic de 2007, qui avait justement accepté sa nullité du jour et qui s’était employé à en faire quelque chose de suffisant pour passer tout de même.

    • Perse 13 mars 2024 at 16:43

      Le tennis est un sport extrêmement mental et le big 3 a clairement dominé cet aspect effectivement.

      ***************

      Passons à l’actualité tennistique avec Indian Wells au rythme bien trop lent.

      Sinner semble continuer sur sa lancée et son match prévu contre un Alcaraz en regain de forme sera intéressant. Je trouve que la maturité globale du joueur et du jeu de Sinner l’avantagent même si Alcaraz est un talent aux capacités physiques extraordinaires.

      Tsitsipas continue à creuser. Je l’amais bien en 2018, c’est vraiment un joueur que l’ère des réseaux sociaux a tué avec sa communication débile à base d’aphorisme creux. Et sa dégaine etc… est de plus en plus pathétique, c’est triste alors que c’est un magnifique joueur.

      Djokovic qui se fait battre par un jeune loup hors top 100 est une bonne nouvelle. De toute façon, vu leur âge, la chute sera brutale et il est tout à fait concevable que Djoko soit beaucopu plus proche de la Roche Tarpéienne que l’on le pense. C’est bien ce qui est arrivé à Nadal (dont je doute très fortement qu’il défendra son titre à RG cette année).

    • Bapt 14 mars 2024 at 19:38

      Personnellement je n’ai pas trop de doutes sur le dopage dans le tennis de haut niveau. Par contre, même si on l’admet que les performances sont boostées par le dopage au profit de certains, on n’arrive pas à comprendre pour le Big 3 a tout écrasé durant une vingtaine d’années. À moins d’imaginer que les autres joueurs soient incapables ou refusent de se doper pour des raisons éthiques, ce que je ne crois pas un seul instant. Ou d’imaginer que les produits dopants du Big 3 (et notamment Djoko et Nadal) soient nettement supérieurs à ceux utilisés par les autres joueurs, ce qui ne semble pas du tout crédible.
      Sans parler du fait que dans le tennis, comme tu le fais remarquer Rubens, il ne s’agit pas juste de taper fort ou de courir vite et longtemps, il faut un coup d’œil, une main, de la technique, du mental, la capacité à se reconcentrer rapidement. C’est douteux qu’un produit dopant puisse fournir tout cela.

    • Guillaume 20 mars 2024 at 15:25

      Une fois n’est pas coutume, je ne suis pas trop d’accord. D’abord parce que le dopage est certes un paramètre parmi d’autres, mais pas forcément le moins important du lot. Je garde moi aussi un souvenir amer de cet enchaînement de Djoko à l’OA 2012, mais il peut aussi permettre de relever que Djoko est devenu une machine à gagner en même temps qu’il est devenu infaillible physiquement. C’est un double effet kiss cool, en fait : non seulement être fort physiquement, mais aussi le savoir, avec toute la confiance et les certitudes qu’on en retire de savoir « qu’au pire » on fera plier l’autre dans la durée.

      Au-delà de l’aspect physique le doping c’est vaste, et on peut aussi booster par des produits illicites des aspects cruciaux comme la concentration, le calme ou la lucidité. Ou encore la récupération, ce qui n’est pas du luxe à une époque où les tops guns fonctionnent plus que jamais par séries de victoires et pourrait expliquer à elle seule la « constance dans la domination » à laquelle tu fais référence. Après, méthodes scientifiques / méthodes discutables / méthodes interdites… C’est toujours la zone grise. En tout cas l’optimisation de la perf, qu’elle soit légale ou non (ou qu’elle soit légale à un moment et devienne interdite ensuite, cf le Meldonium de Sharap, ou qu’un « repenti » officiellement devenu clean tire toujours profit de sa consommation de produits dopants 10 ans plus tôt, cf théorie autour du cas Gatlin), ce n’est clairement pas juste pour les cyclistes pédaler plus fort et les haltérophiles soulever plus de fonte, on peut agir sur plein de leviers différents en réalité.

      Après pour la balle perdue à Alcaraz. Attends, tu as vraiment comparé Olivier Patience à Alexander Zverev ? :lol: Parce que des matchs mal embarqués qu’il a fait basculer en jouant pourtant mal, j’en ai déjà vu une tripotée chez Alcaraz. Tout son Masters 1000 de Cincinnati est dégueu sur le plan du jeu, que des matchs sur un fil, où il gagne au caractère, et pourtant il arrive en finale et passe à 1 point du titre vs Djoko (match que l’on perçoit pivot dans sa saison). Son US n’est pas bon non plus dans le jeu, et il faut tout de même un super Medvedev pour l’arrêter en demie. En 2022, sa finale d’US Open contre Ruud est très bof mais il est dans le cas typique du « clutch player » qui serre le jeu en fin de 3e set, quand on sent que ça peut basculer de l’autre côté. Si ça, ça n’est pas digne de ses aînés…

      Si on compare ce qui est comparable, des matchs où Djoko a baissé l’échine ces années-là face à des mecs vraiment forts, j’en compte un paquet. Lui il choisissait même d’abandonner quand ça ne tournait pas comme il voulait, cf Roddick en Australie dans un tournoi où Djoko était pourtant tenant du titre pour la première fois de sa carrière (genre de config où normalement tu mets un point d’honneur à être digne de ton statut). Ou la fameuse demie de Monaco contre Federer, celle du « Be quiet », où il abandonne à un set et break contre lui parce qu’il a… mal à la gorge. Paye ton dur au mal :lol: (il gagnera Rome 10 jours plus tard, au passage) https://www.eurosport.fr/tennis/ms-monte-carlo/2008/djokovic-pas-de-risques_sto1554075/story.shtml

      Encore une fois, je ne sais pas, et je me fiche de savoir, si Carlitos finira dans les mêmes eaux que les 3 autres en termes de palmarès. Il peut se passer tellement de choses… Mais c’est indéniable qu’il est du bois dont sont fait ces mecs-là. Et la manière dont le diablotin est ressorti de sa boîte à Indian Wells en est une preuve de plus. Honnêtement, j’avais trouvé du mieux dans son match contre Maroszan m’enfin j’aurais pas parié qu’il allait embrocher tout de suite après Zverev, Sinner et Medvedev. A Miami peut être, sur terre sûrement, mais pas si vite après avoir joué si mochito depuis un bail et être apparu encore un brin fragile / fébrile dans ses premiers tours à IW… Parce que c’est ça le pire : il ne jouait pas son jeu A+. Allez, peut-être au 2e set contre Medvedev, quand il s’est vraiment relâché à mesure que la perspective du titre se concrétisait. Mais pas avant.

      • Rubens 20 mars 2024 at 17:29

        Guillaume, je crois qu’il faut dissocier deux choses dans mon petit billet.

        Que le dopage aide à la concentration et pas seulement à la performance physique est une évidence. Mais ce dont je parle moi, c’est de la concentration que mobilise le champion pour sortir le coup de mutant au moment le plus opportun. Le Djoker est un grand maître en la matière, ce n’est pas Federer qui dira le contraire. Le premier à m’avoir vraiment impressionné sur ce plan-là, c’est Sampras, avec sa capacité phénoménale à sortir un ace sur première ou sur seconde balle au moment où toute autre option le condamnait à coup sûr. J’en ai quelques-uns en mémoire, Agassi, Chang, Ivanisevic, Becker et autres Kafelnikov s’en souviennent sans doute aussi très bien. Et c’est en ce sens que je crois pas au dopage, parce que ces points-là ne s’annoncent pas à l’avance et le type ne va pas prendre de la potion magique juste avant. A moins que des traitements de 13h26 permettent à un joueur d’être plus concentré à 16h04 qu’il ne l’était à 15h56 ou à 16h01 :smile:

        Pour Carlitos, je ne compare pas Patience et Zverev, je compare le non-match du Slip en 2007 à celui de Carlitos à l’AO 2024. Avec deux attitudes totalement différentes, deux résultats différents aussi, face à deux adversaires qui en effet n’évoluent pas aux mêmes altitudes. Ce qui me dérange dans le match de Carlitos, ce n’est pas son non-match, c’est l’absence de plan B, de révolte, de changement, dans le cadre d’un quart de finale en GC – une paille – face à un adversaire de taille mais où il y avait un peu de place pour passer (un Meddy en mode survie s’est bien chargé de le démontrer en demi).

        Le pire, c’est que je suis le premier à trouver ça hallucinant quand il aligne ses coups droits gagnants et quand à l’occasion, en 1/10 de seconde, il switche sa prise pour glisser une amortie parfaite. Le problème, c’est quand ses sensations sont mauvaises et quand il se met à rater. Il y a l’option Carlitos, qui consiste à tenter tout de même de mettre des avions en coup droit, à en rater 60% et à se prendre une tôle (ou, comme tu le dis, à passer ricrac contre des seconds couteaux), et il y a l’option Slip, Pitou, Dédé (phase Gilbert et son Winning Ugly), Roger, Rafa, Andy et quelques autres, consistant à temporiser, contrer, défendre, faire service-volée, lever un peu la balle, varier les trajectoires et les vitesses, bref, réfléchir à autre chose que tenter des coups dont il est manifeste qu’ils ne rentreront pas aujourd’hui car les sensations du jour ne le permettront pas.

        Tu amènes un autre sujet sur la table, celui du comportement du Phallostrate à l’AO 2009. C’est précisément à ce moment-là que j’ai commencé à m’interroger sérieusement sur l’éthique du personnage. Je crois pour ma part qu’il était réellement malade ce jour-là, mais que la mise en scène de son abandon était destinée à faire comprendre à tout le monde que c’est son état de santé, et non son adversaire, qui lui posait problème. Le Renégat était né. Mais ça, ça veut juste dire qu’il a un comportement ignoble sur le terrain (depuis 15 ans, mon Dieu, le temps passe :smile: ). Jimbo et Mac l’ont fait avant lui, et personne ne conteste que ce sont des champions. Pas au niveau de Lendl et de Wilander ( :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: ) mais des champions quand même.

      • Guillaume 22 mars 2024 at 10:40

        J’entends bien les 2 parties distinctes. Mais qui se rejoignent en fait. L’aspect « clutch », faire le dos rond en jouant mal pour mieux planter « le coup de mutant » qui fait mal au moment de serrer le jeu, s’exprimera toujours mieux chez le joueur bardé de confiance, de certitudes… Confiance et certitudes bâties pierre après pierre au fil des matchs et des séries de victoires – nous faisant donc retomber sur les secteurs où l’optimisation de la perf / la triche (c’est comme l’optimisation fiscale et la fraude fiscale) ont une plus-value évidente, et qui contribue à construire ta confiance en toi… en même temps que l’aura qui fait que l’adversaire te donnera autant de ces points clés que tu n’en gagneras de manière hallucinante (je garde en tête quelques « toiles » XXL de Berdych sur une poignée de points clés comme ça contre le Big 3, c’est le rapport de force profond qui se joue là, celui qui a été établi au fil de X matchs aux résultats tournant toujours du même côté). En fait, dans la construction d’une cuirasse, d’un rapport de force, tu ne peux pas « isoler » un secteur de perf. C’est la somme de ce que as construit avant qui paye. Dans tes certitudes à toi… et les doutes de l’adversaire, qui a « intégré » le fait que tu étais meilleur (il suffit d’écouter les discours d’allégeance au Big 3 de leurs contemporains : ce n’est pas avec cette approche-là que tu déboulonnes les statues). Et ce que tu as construit avant, étape par étape, il me semble qu’on est tous deux d’accord pour dire que le dopage y a tout son intérêt. C’est un tout, et s’il est impossible d’attribuer des % précis, on ne peut pas cloisonner tel aspect (physique) / tel aspect (mental) / tel aspect (récup/nutrition/que sais-je) comme si l’un ne dépendait pas ou ne s’enrichissait pas de l’autre. En gros, tu ne peux pas prendre des produits pour être meilleur à 16h55 qu’à 16h38, mais tu peux prendre des produits qui aideront à ce que, sur les points clés, le rapport de force établi te rend « serein » que ton adversaire pour les négocier.

        Et c’est là, quand on évoque « ce que tu as réalisé avant », qu’on retombe sur le comparatif Djoko / Alcaraz. Les accomplissements king size du Big 3 tendent à figer a posteriori un panorama uniformément idyllique… quitte à réécrire l’histoire (et à minorer en miroir ce que fait Carlos). Parce que Djoko aussi fait, ou a fait, des coups tout pourris sur des points cruciaux ! Tu as choisi le Djoko en pleine ascension du printemps 2007 pour illustrer son côté clutch, et le Alcaraz en plein doute de janvier 2024 pour démontrer l’inverse chez l’Espagnol (et c’est vrai que je ne l’avais jamais vu aussi paumé et brouillon que lors de ce match contre Zverev). Mais on peut aussi trouver les exemples validant la thèse inverse : le Alcaraz dans une courbe ascensionnelle similaire à Djoko’07 te gagne plein de matchs qu’il devait perdre (j’étais dans les gradins pour le voir livrer un match assez laid contre Albert Ramos à RG22, mais sortir 2 fois ces fameux « points de mutant » sur balle de match contre lui et pour faire le break décisif au 5e set). Et le Djoko des années 2009-2010 délicates (en termes « d’absence de révolte », je l’ai vu perdre 3×6/4 face à Kohlschreiber à RG en 2009, tu n’aurais pas reconnu le joueur qui t’avait bluffé 2 ans plus tôt) ou des tournois de terre pré-RG l’an passé est loin d’être un monstre de réalisme ou de combativité. Même un immense champion connaîtra un jour ou l’autre des phases « creuses ». Tout ça s’inscrit toujours dans une dynamique générale, bonne ou mauvaise. L’important, c’est comment ils s’en relèvent, et sous combien de temps – avant que ça ne conditionne des rapports de force ou des situations trop profondément gravées pour les inverser.

  5. Sebastien 14 mars 2024 at 22:25

    Bravo Perse pour cet article époustouflant de précision, de recherche et d’érudition !
    Les échanges sont également passionnants.

    @Bapt, un produit dopant sans doute pas mais quid d’un cocktail qui optimise tout un tas de choses ? Un protocole très étudié. On a certainement tous des souvenirs de résultats du Big 3 trop anormaux pour être crédibles.

    Pour Indian Wells, Sinner semble intouchable et à force d’étudier Djokovic, il en est devenu un clone (en beaucoup plus agréable) plus puissant.

    On verra après Miami, mais 2024 pourrait, en tout cas sur le début, être un petit équivalent du début 2011 de Djokovic. Il a une maturité que n’a pas Alcaraz qui est un bestiau physique fragile façon Nadal, qui cesse d’exister après septembre.

    Sur ce qu’il produit depuis plusieurs mois, Sinner n’aura pas volé une place de #1 mondial.

    Sinon on peut s’attendre à un Djokovic monstrueux à partir de Rome. Je regrette Tsitsipas qui n’a cessé de décliner doucement depuis la finale RG 21 et Thiem depuis encore plus longtemps, qui est méconnaissable.

  6. Nathan 15 mars 2024 at 13:16

    Ce que fait Sinner à Indian Wells, c’est très puissant, très solide, très impressionnant. Et un peu emmerdant aussi.

    Son tennis me fait penser à ce que Bobin disait sur la « parole sale ». La parole sale, c’est la parole malade de sa trop bonne santé, de son aptitude à ne jamais manquer, à faire en sorte que tout se passe bien. Parole sale qu’il oppose à la parole arrachée à l’épaisseur des jours, du quotidien.

    C’est très difficile ce que fait Sinner. Il ne faut rien connaître au tennis pour croire que c’est facile. Il y a du talent, il y a de l’entraînement, il y a du mental, il y a un énorme physique. Mais ce n’est pas le tennis que j’aime. Il n’y a pas d’abîme dans ce tennis. Et pas d’enchantement, non plus.

    • Sebastien 16 mars 2024 at 00:45

      Carlos Alcaraz est incomparablement plus magique que Jannik Sinner, mais Jannik est devenu une pyramide. J’aimerais bien voir le talent/génie pur d’Alcaraz poser des problèmes à Sinner mais le cadet des deux n’a pas la stabilité ni même la caisse physique suffisantes. Dans leurs derniers matchs, l’Espagnol finit toujours par rendre les armes physiquement.
      Mentalement Alcaraz perd encore trop souvent le focus. Mais c’est bien Alcaraz va devoir travailler, il était trop obsédé par Djokovic et cela l’a perdu, entretemps Djokovic v2 est arrivé.

      • Nathan 17 mars 2024 at 15:50

        Il suffisait de le demander !

      • Nathan 17 mars 2024 at 15:54

        « mais Jannik est devenu une pyramide ». La pyramide n’est plus ce qu’elle était. Sic transit gloria mundi. Ainsi passe la gloire du monde..

  7. Sam 15 mars 2024 at 18:34

    Je ne comprends rien aux histoires de Doping – qui de toutes manières n’existe pas en tennis, comme chacun sait – , il faut que je prenne le temps de lire attentivement cet article. Mais jusqu’à récemment, entre 2 Challs de Breaker – cet Indian Wells était surtout intéressant grâce aux exploits de Gaël. Et « exploit », c’est à peine exagéré.Forcément, chaque tournoi nous rapproche un peu plus de la prochaine blessure, lapalissade, mais en attendant, puta madre, Gael pas si loin de passer aussi sur Ruud, non, pas si loin loin, Paul derrière…Gael qui a aligné Hubbie et Norrie. A ce train là, sauf blessure, Gael est celui qui va finir le plus – sauf blessure – dignement sa carrière de la bande des – sauf blessure – quatre.
    Suis assez ok avec l’hypothèse de Perse, si j’ai bien compris, que la chute de la maison Djoko soit rapide, brutale, et sans retour. Sur quoi je me fonde pour dire ça ? Absolument rien, vu que tous « ces tennis », en réalité ce sont les mêmes, se ressemblent et que ça fait bien longtemps que j’ai renoncé à cerner les vagues différences.
    Bref, salut les Breakers, allez Gael.

  8. Jo 18 mars 2024 at 11:53

    Poil de Carotte et Carlitos pour remplacer Djokovic et Nadal, je dis : pourquoi pas. Quant à Dany le Moche, on est plus proche de Rogé – un muscadet ! – la chèvre que de Federer le GOAT. Qui imagine un seul instant Marilou Berry tenir le rôle titre dans le biopic sur Catherine Deneuve (et François Fillon mis en examen) ?

  9. Rubens 22 mars 2024 at 15:26

    @Guillaume,

    Bon, là je commence à me dire qu’on dit peu ou prou la même chose. Je le formulerai ainsi : le dopage, via les suppléments qu’il t’apporte, peut t’aider à construire une dynamique de succès, notamment en facilitant ta récupération, mais aussi en t’aidant à la concentration. Et c’est sur cette dynamique positive – construite sur des pratiques illégales, donc – que tu puises le supplément de calme et de confiance dans les moments les plus importants.

    Mais je crois que la capacité à sortir le coup nécessaire au moment où il est nécessaire, elle est en fait observable à tous les niveaux de l’échelle, jusqu’à la 4ème série. C’est l’histoire banale du type qui se fait accrocher par un autre type moins bien classé mais qui lui fait un gros match, avec la circonstance aggravante que lui-même ne touche pas bien sa balle. Ca donne un match serré, au cours duquel le mieux classé – qui est en principe le meilleur des deux – peut s’appuyer sur des certitudes et s’ébrouer au moment le plus opportun. Le revers de la médaille, c’est qu’il est tout aussi fréquent de faire un gros match contre un type mieux classé, dont on sort vaincu avec le sentiment assez amer qu’il y avait la place pour passer. Et là, tu refais le match dans ta tête, et tu constates que parmi les quelques points qui t’ont manqué, il y a ici ou là un ace ou un passing infaisable de ton adversaire, et aussi ton attaque superbe qui sort de quelques centimètres. Bref, tu constates que le type n’a pas très bien joué sauf quand il le fallait, alors que toi tu as bien joué sauf quand il l’aurait fallu. Ce que je te raconte là, c’est l’histoire de ma vie sur le court, j’ai régulièrement connu les deux positions et c’est extrêmement banal. Et même si rien ne t’oblige à me croire, sache que je n’ai jamais rien pris d’illicite hormis la bière d’après-match :mrgreen:

    Pour Carlitos, ce que tu dis est vrai, mais je crois que là où il pêche vraiment, ce n’est pas sur le mental, mais sur le plan tactique/stratégique. C’est ta référence au Djoko/Kohly qui m’y fait penser. Tu étais dans les tribunes, j’étais derrière mon écran :smile et j’en garde le souvenir d’un match où toutes les tentatives du Slip débouchaient sur un déchet énorme. Je l’ai vu faire des cloches du fond du court, alterner les balles longues et courtes, monter au filet à contretemps, rien de tout cela n’était faisable sans un gros déchet. Sans oublier son retour de service, catastrophique ce jour-là. Le commentateur (la Chamouille peut-être, ou Forget ?) insistait sur l’absence de fil directeur dans son jeu, ce qui n’est pas entièrement faux : il essayait plein de trucs, mais rien ne marchait. Ce qui n’est pas la même chose que de s’enfermer dans une tactique unique consistant à lâcher des bombes du fond du court, et tant mieux si ça passe (2GC à 20 ans tout de même), mais donnant la fâcheuse impression que tu ne sais absolument rien faire d’autre.

    Je ne peux pas donner de meilleure illustration que la trajectoire d’Agassi. A partir de 90 il se consolide sérieusement sur le plan physique avec Gil Reyes, et il ne perdra plus jamais pour cause d’épuisement. En revanche, son jeu consistant à prendre du temps à l’adversaire rencontre une opposition de plus en plus marquée, et il glisse lentement dans la hiérarchie, seule sa victoire à Wimbledon (rétrospectivement la plus surprenante de toute sa carrière) lui épargnant une trajectoire de pétard mouillé. A 24 ans, largué par Bollettieri et de retour d’une grave blessure au poignet, il engage Brad Gilbert. J’ai beau chercher, je ne vois aucune amélioration significative d’un secteur de son jeu entre le Kid de 91 et celui de 95 ou 99. Ce que Gilbert lui a appris n’est pas technique, c’est juste tactique : apprendre à temporiser plutôt que de tenter directement le KO en 2-3 frappes du fond du court. Dédé va ainsi gagner en consistance ce qu’il perd en fulgurance. Au bout de quelques mois, il peut regarder Sampras dans les yeux, ils font un match hallucinant à Bercy et ce n’est qu’un préambule.

    Je ne souhaite rien d’autre pour Carlitos que de rencontrer un Brad Gilbert, ou un autre, capable de canaliser et de tempérer ses assauts sans dénaturer son jeu. Du reste, peut-être Ferrero est-il l’homme de la situation, car il n’était pas dépourvu de sens tactique en tant que joueur. Dans la défaite du Slip contre Kohly, je vois un joueur fragilisé qui ne parvient pas à endiguer le flux de déchet malgré ses efforts pour tenter d’autres choses. Dans la défaite de Carlitos contre Zverev, je vois un joueur qui ne sait faire qu’une seule chose et qui ne semble même pas conscient qu’autre chose serait possible. Ce qui m’inquiète tout de même un peu plus.

    • Montagne 27 mars 2024 at 14:35

      Je me reconnais dans la description du joueur empêtré dans ses choix tactiques, battu avec des regrets par un joueur (légèrement) mieux classé avec l’impression d’avoir laissé passé une perf sur 2/3 balles qu’il a mieux négocié que moi.
      Effectivement, je crois que ça joue à tous les niveaux.

    • Guillaume 27 mars 2024 at 16:03

      Argh déloggué alors que j’allais poster un pavé argumenté, deg (bon la bonne nouvelle par contre c’est que, pour une fois, on a renouvelé les droits du site dans les temps, cette année il ne devrait pas tomber en rade :lol: )

      M’enfin je ne me remets pas de « la tactique unique consistant à lâcher des bombes du fond du court, et tant mieux si ça passe (2GC à 20 ans tout de même) » je croyais qu’on parlait d’Alcaraz, moi, pas de Rublev :mrgreen: Faut vraiment que tu ne sois pas sensible du tout à ce qu’il produit !

      • Rubens 29 mars 2024 at 09:54

        Et précisément, puisque tu prononces le nom de Rublev, je te précise que je ne parlais pas de Carlitos en général, je parlais de Carlitos quand il n’a aucune sensation. Comme ce quart à l’AO contre Zverev, où là je crois pouvoir parler en effet de sous-sous-Rublev.

        Je n’attends pas de Rublev qu’il sorte autre chose quand il est dans un mauvais jour. Mais Carlitos dans une telle situation, il devrait avoir d’autres arguments dans son jeu. Encore faut-il qu’il cherche les solutions.

        Et le monde est décidément petit puisque Grigri vient de lui en coller une (désolé Perse :smile: ). Pas vu le match, je ne me fie jamais à des highlights pour commenter un match, mais Grigri semble avoir sorti le manuel du parfait opposant à Carlitos : il n’aime pas être agressé.

      • Guillaume 29 mars 2024 at 11:15

        Ta parenthèse relative aux 2 GC de Carlos me semblait étendre le constat au-delà du seul quart de finale d’OA 2024 contre Zverev, my bad si ce n’était pas le cas.

        Mais prendre pour valeur étalon le pire match de la pire période connue par un joueur depuis son irruption au top 3 ans plus tôt, et tirer de grandes vérités sur la foi de ce seul (non-)match, me semble à la fois peu représentatif et extrêmement dur, quand tout le reste du parcours du gamin démontre qu’il sait faire le dos rond les mauvais jours (le Ramos à RG que je t’ai cité, le parcours jusqu’en finale à Cincy l’été dernier, souvenir même d’un Madrid entier poussif l’an passé qu’il a pourtant gagné, même sa finale d’US 22 n’est pas du grand tennis hors la fin de 3e set où il fait tourner le match de manière clutchissime) autant que s’ajuster en cours de partie (encore à IW où il fait tourner les matchs contre Sinner et Medvedev en changeant totalement positions de retour, choix de zones et d’effets, arrondissant énormément en cd, retrouvant l’usage – perdu ces derniers mois – du slice en revers…).

        L’enjeu pour lui sera/était d’identifier pourquoi il avait la tête au fond du seau depuis l’été dernier et d’apprendre de cette « mauvaise » séquence – je n’ai pas trop suivi les années juniors et les débuts Futures / CH de Carlos, mais ce n’est pas impossible qu’elle ait été une grande première dans sa carrière. Or ces périodes délicates sont inévitables, Djoko / Fed / Nadal en ont connu aussi (et Djoko est, des trois, celui qui en a encore connu le plus une fois ouvert son palmarès majeur, comme quoi…). L’important, c’est ce que tu en retires en vue d’être plus fort la fois suivante. Carlos a dit à IW qu’il avait perdu la notion de plaisir, primordiale chez lui. On peut penser que digérer une victoire dans le plus grand tournoi du monde, en battant le joueur référence de sa jeunesse au bout des 5 sets, était plus dur que lui-même ne pensait ; quid de pépins physiques non dévoilés… Là-dessus, c’est beaucoup de supputations pour l’oeil extérieur. Perso, tu vois je me suis demandé jusqu’où, aussi, il ne s’était pas laissé griser par son statut de joueur « hotshot » et ne se compliquait pas la vie / ne s’embrouillait pas l’esprit à tenter le coup « wahou » plutôt que le coup efficace…

        Par contre je te rejoins pour l’épisode Grigri, faisant suite à l’épisode Jarry, les épisodes Tommy Paul sur sol US… Il n’aime pas se faire agresser (or son service ne l’en préserve pas assez). Mais, aussi, j’ai la sensation qu’il est dans le mauvais ‘entre-deux’ dans la perception que les adversaires ont de lui : il a gagné ses galons d’affiche de gala à disputer, mais les gars ne partent pas encore battus face à lui. Résultat : tous sortent leur match du trimestre/du semestre/de l’année face à lui. J’espère que Grigor me fera mentir d’ici dimanche parce que je trouve que c’est un joueur exceptionnel (désolé Perse bis :lol: ) mais je le vois plus se crasher sans éclat sur Zverev, avec le sentiment du devoir accompli d’avoir sorti le grand jeu contre Carlos et d’avoir gagné les points Youtube qui tournent ce matin sur les réseaux sociaux… C’est la prochaine étape pour Alcaraz : arriver au niveau d’aura supérieur, le niveau ultime, celui où les mecs ne cherchent plus à jouer leur match de l’année face à toi, mais partent déjà résignés. Comme Grigou fait si bien contre Djoko :smile: Mais ça, c’est encore une autre histoire.

  10. Jo 27 mars 2024 at 07:00

    Retranscription de l’échange au filet après la balle de match :
    - HubHur : Grigri, je t’aime bien. Tout le monde t’aime bien, toi, ta gestuelle et tes entrechats, à part quelque frustré de la vie jaloux de ton physique de boys band à toi tout seul. Néanmoins, peux-tu arrêter de me torturer, s’il te plaît ? À chacune de nos rencontres, sur toutes les surfaces, c’est entre le supplice de Tantale et celui de la goutte d’eau. Je souffre, je me meurs.
    - Grigri : (Sourire désarmant) I’m sorry, my friend.

    • Perse 27 mars 2024 at 13:33

      Je trouve au contraire que Grigou a pris un énorme coup de vieux au niveau du visage cette année, et c’est particulièrement flagrant lors de ce tournoi.
      Et comme je suis un frustré de la vie, je ne ressens aucun homoérotisme à la vue de Dimitrov que je continue à trouver fade et quelconque.

      D’ailleurs en terme de gestuelle, quand O’Connell lâche son revers à une main, c’est tout aussi joli. Et en terme d’esthétisme gestuel, Shapo continue à demeurer devant (2 victoires consécutives youhou !).

      Mais en fait on peut renverser les fronts parce que ton Grigou à moi, c’est Musetti. Lui il a des traits fins et la prestance dont est totalement dénué le Bulgare.

      ——————————–

      Personne ne réagit sur la Garcia coupeuse de tête au fait ?

      Sinon Alcaraz a retrouvé la bonne carburation de début d’année : c’est une machine à highlights et au talent inconcevable, quelle vitesse de déplacement et quelle main. Vivement un nouveau match contre Sinner !

      Sinon Maszoran fait son bonhomme de chemin et a bien progressé depuis Rome l’année dernière et vient de se payer la mobylette australienne.

      • Jo 27 mars 2024 at 14:10

        J’aime tous les jolis : Deuni, Grigri, Fanou, Lolo… Quant à toi, tu t’es regardé ? Le petit caviste de Saint-Jean-Pied-de-Port ! :mrgreen:

        Bonjour Jo,

        Je pense que tu as franchi la limite sur la dernière phrase même si tu voulais faire de l’humour. C’est un dénigrement ad hominem, est-ce que je t’envoie des scuds sur tes mésaventures à la Réunion ? Il y a déjà suffisamment de matière avec mon avatar « Perse » pour rigoler (le fait que j’aime les servebot et que Sampras est mon idole par exemple, ou que j’oublie souvent d’écrire des mots dans mes phrases). Par conséquent, j’ai enlevé la dernière phrase, inutile et méchante et faisant référence à des informations privées inexactes. Cette modification ne travestit pas ton message et reste dans l’aire de jeu (même si ça n’est pas ton meilleur message).

        Bonne journée,

        Perse

        • Jo 29 mars 2024 at 13:07

          Bonjour Perse,

          « Le petit caviste de Saint-Jean-Pied-de-Port », c’est une référence humoristique au « petit télégraphiste de Varsovie ». Je pensais qu’un homme aussi cultivé que toi la saisirait. Néanmoins, je comprends ta réaction. On prend toujours un risque à faire une blague.

          Je ne ferai pas de commentaires sur tes pires messages mais je considère que la monomanie se traduisant par l’arrogance, l’absence de nuance, voire la mauvaise foi, sous couvert d’érudition, n’apporte rien. Tu affirmes une sapience à longueur de phrases, donc, comme je te l’avais écrit une fois, nous attendons de toi que tu nous éblouisses à travers tes articles ou tes posts.

          Cela étant dit, revenons à l’actualité tennistique… qui ne peut que m’inciter à la taquinerie. 2 et 4 ! Le farceur farci (farsi !), comme disait ma grand-mère. ;-) Vive les jolis ! Grigri dans le Top Ten, vite ! Puis le retour de Fanou ! Le grand retour de Deuni ! Et l’arrivée de Lolo !

          Belle journée, bon week-end et (surtout) beau tennis.

          Jo

  11. Guillaume 29 mars 2024 at 12:15

    Il n’avait pas l’air détruit en conf, en tout cas, le Carlos. Et là aussi ça change des itws post-défaites de l’US / Shanghai / Masters / OA où dans les mots aussi on le sentait atteint. Là je ne crois pas que la défaite ternira sa tournée US.

    Ce qui nous envoie donc encore Sinner, Medvedev et Zverev dans le dernier carré. Avec Alcaraz et évidemment Djoko sur la foi de sa fin 2023 (et 1/2 à Melbourne, quand même), on a clairement 5 mecs qui se sont détachés ces derniers mois. Je dis 5 parce que Zverev est sacrément régulier dans les gros tournois, surtout que son classement lui fai(sai)t prendre du gros poisson dès les quarts. Mais globalement ça fait un moment qu’il n’y a que les 4 autres qui l’arrêtent sur les grandes scènes.

    A voir si la terre battue rebat un peu les cartes. Meddy aurait tout intérêt à gagner Miami sous peine d’arriver bientôt au cap des 1 an sans titre.

    Côté reste du monde, ça bougera forcément considérant que c’est Alex De Minaur le « meilleur des mauvais ». Mais déjà qu’il plafonne au niveau ATP500 sur ce qui est pourtant sa meilleure surface…

  12. Rubens 29 mars 2024 at 14:28

    « Perso, tu vois je me suis demandé jusqu’où, aussi, il ne s’était pas laissé griser par son statut de joueur « hotshot » et ne se compliquait pas la vie / ne s’embrouillait pas l’esprit à tenter le coup « wahou » plutôt que le coup efficace… »

    On est bien d’accord, et c’est précisément là que je l’attends au tournant. Carlitos est un fabuleux joueur de Yam’s, c’est super mais il va falloir maintenant qu’il apprenne aussi le poker.

    Si je fais une fixette sur ce quart de l’OA, c’est parce que l’échéance était importante, mais aussi parce que le « confort » de la distance des 3 sets gagnants te laisse la possibilité de faire bouger les lignes stratégiques d’un match. Quand tu prends 6/1 en ne mettant qu’une balle sur deux dans le terrain, tu as toute latitude pour te recentrer, bouger tes jambes et te fixer pour premier objectif de garder la balle dans le terrain, même si ça n’aura pas la flamboyance que tu espères. D’autant que je soupçonne vaguement Carlitos d’avoir vu un peu trop de Gaël Monfils dans sa jeunesse, et de s’ajouter la pression de la flamboyance qu’il espère donner au public.

    Toujours est-il qu’en effet Carlitos est dans un entre-deux inconfortable, l’adversaire étant bien conscient qu’il peut le battre, entre autres parce qu’il ne sait pas « mal » jouer.

    Tu ne peux pas le deviner, mais notre échange me ramène à un tournoi que j’ai joué, un seul, qui à lui seul m’a fait monter 2/6 à l’issue d’un parcours picaresque improbable et grandiose, alors que mes impressions tout du long étaient que mon jeu était à jeter à la benne :mrgreen: De ce tournoi date mon respect éternel (je n’ai pas dit ma préférence automatique) pour les types qui proposent des variations sur le terrain, comme Matsou avant-hier, Gillou hier, Meddy et Casper aujourd’hui. Et c’est d’ailleurs de ce tournoi également que date le culte absolu que je vous à la moquette intérieure, la meilleure surface au monde, qui permet à tous les styles de jeu de s’exprimer tout en étant beaucoup moins traumatisante pour l’organisme que les terrains en dur.

    • Guillaume 29 mars 2024 at 15:59

      En vrai pour l’instant il sait gagner, et même aller au bout, en jouant mal… quand ça va bien, qu’il est dans une bonne spirale générale. C’est ce qu’il a fait à Madrid l’an passé, à la fois chahuté par des profils ultra-agressifs (Khachanov, Struff) et alors que lui était un peu « usé » par 3 semaines espagnoles (Barcelone avant) très énergivores pour lui. Ou au Queen’s un peu plus tard, sur une surface alors largement hierba incognita, 10 jours à peine après les crampes de RG et sans Ferrero dans son box – rien que ça. Mais la dynamique générale était bonne donc le bulldozer avançait, peu importe les obstacles. Reste à apprendre à le faire quand il est dans le trou, oui. M’enfin en être déjà là à 20 ans et sortir aussi spectaculairement de sa boîte à Indian Wells après avoir touché le fond à l’OA, c’est plus prometteur qu’autre chose quant à sa capacité à tirer quelque chose de positif de la séquence. Comme je l’ai dit, j’ai vu son 8e(?) contre Maroszan et, clairement, vu comment les choses étaient encore fragiles, je n’aurais pas misé mon PEL sur le fait qu’il allait embrocher Zverev – Sinner – Medvedev derrière.

      « Bouger les jambes et garder la balle dans le terrain. » L’école espagnole, ça, en plus ;) Nadal et Ferrer étaient des cas d’école. Tu pouvais leur mettre 6/1 au premier set, ils mettaient la mobylette en route au 2e, arrondissaient à outrance pour jouer, courraient… et progressivement (re)trouvaient des sensations et (re)lançaient la machine. Ni plus, ni moins que ce que Nadal fait à Meddy à l’OA 2022. Tout le monde relève le 2 sets 0 et 3 balles de break pour Meddy mais, quand on regarde bien le match, le gain du 2e set est déjà un hold-up. De largué au 1er set, Rafa avait déjà fait tourner le rapport de force au cours du 2e et Meddy passe par un trou de souris. Alors après, à 2-0, bien sûr que Meddy aurait pu/du gagner, mais on peut aussi se souvenir qu’il s’en faut de peu pour qu’on tourne à 1-1 et qui sait alors si Rafa ne roule pas en 4 sets… Bref. Il y a souvent plusieurs « turning points » dans un même match !

  13. Perse 29 mars 2024 at 15:15

    Félicitation à Dimitrov qui a super bien joué et le match a l’air d’avoir été superbe.

    Le succès du Bulgare ne gâche en rien ma journée puisque je n’ai aucun attachement avec ce joueur. Sa belle gestuelle alliée avec un certain délié en font un excellent joueur dont les limites mentales corroborées par 15 ans de carrière faites de haut et de bas l’empêchent de le classer parmi les « exceptionnels » joueurs.

    Au final, je ne trouve pas son palmarès significativement supérieur à celui d’un pataud par exemple et je pointais vraiment le décalage entre ses capacités, ses réalisations et les attentes et le suivi admiratif à mon sens exagéré.

    Pour moi, Sinner est un bien meilleur joueur que Dimitrov, Zverev aussi sans oublier le Meddy. Et dans la catégorie « enfant à problème », j’ai envie d’envelopper sous mon aile d’albatros le pauvre Shapovalov ou Musetti, c’est tout.

    Parmi les 4 restants, je suis pour Sinner puis Zverev, Meddy et enfin Dimitrov (j’ai plutôt envie de le voir performer sur terre battue même s’il semble manquer un peu de puissance).

  14. Rubens 30 mars 2024 at 00:03

    Et le pauvre Daniil s’est faire rouler dessus… Le Béornide est absolument effrayant.

  15. Jo 30 mars 2024 at 07:10

    La première fois que j’ai observé attentivement Sinner, c’était il y a tout juste trois ans, lors de sa première grande finale à Miami. Durant le premier set, je n’ai regardé que lui et sa qualité de frappe exceptionnelle. Je suis parti, il a perdu, puis poussé tel un bourgeon. L’été dernier, Jannik est devenu un homme, à Wimbledon puis à Montréal. Encore fallait-il, durant les mois qui suivirent, faire sauter les derniers verrous et percer des blindages aussi épais que ceux de Medvedev et de Djokovic.

    L’avènement de Sinner en Australie fut un non-événement car programmé, prévisible. Injustice mais ce triomphe, certes amplement mérité, n’était rien d’autre que celui de l’un des grands favoris du tournoi. Demain, Jannik va bien évidemment remporter Miami, devenir numéro deux mondial et bientôt numéro un. Tant mieux car, faute d’esthètes, Carotte & Carlitos doivent dominer le tennis.

    Mieux, ils doivent enfin nous donner la finale de Roland-Garros en cinq sets que nous attendons depuis des lustres. Au-delà des remontadas de 2021, 2004 et 1999, il faut probablement… remonter à Bruguera-Courier pour retrouver la trace d’un combat équilibré et haletant. Trente piges ! C’est loin mais c’est loin, comme disait (presque) l’autre.

    Le revers à une main n’est pas mort. Vivement Wimbledon !

  16. Rubens 31 mars 2024 at 22:35

    J’ai une bonne nouvelle pour les amateurs du jeu de Novak Djokovic : son héritage est entre de bonnes mains. Son clone ne tardera pas à lui succéder sur le trône.

    Pour tous les autres : le Béornide dégage une telle marge… Je commence à redouter qu’on en prenne pour 15 ans de plus.

    • Perse 1 avril 2024 at 00:26

      « le Béornide dégage une telle marge… Je commence à redouter qu’on en prenne pour 15 ans de plus »

      Si tu écris ça, c’est que tu as vu l’intégralité du match non ?

      Les highlights sont plutôt Dimitroviens mais il n’empêche qu’il y a vraiment un point qui s’est énormément amélioré depuis 18 mois chez Sinner ce sont les montées à contre-temps.

      Globabelement sa position sur le court est toujours la meilleure possible, il ne prend que rarement des contre-pieds et il arrive à achever les points au filet dans de très bonnes situations.

      Après il a toutes les qualités « bread-and-butter » du tennis moderne que sont la couverture de terrain, l’excellence des passings et des coups de fond de courts solides.

      C’est vrai que c’est un décalque de Djoko qui a le bon goût de vraiment fermer sa gueule et de ne pas faire de vagues.

      Pour le plaisir pur du spectateur, Alcaraz est le joueur frisson des 20 dernières années et le mariage de leur jeu est plutôt très bon, la rivalité est assez équilibrée jusqu’à maintenant en plus !

      Gardons nous bien de la culture de l’instant, c’est la configuration du sport moderne aussi qui explique ces razzias permanentes et Sinner n’est pas non plus fait en titane (il fait rarement des saisons complètes) ; mais je suis satisfait que ce soit ce profil qui gagne parmi ce qui est « disponible » (in petto, j’aurai aimé que Tsitsipas soit moins simplet parce que c’est lui qui a l’esthétique gestuelle la plus jolie avec un background culturel intéressant).

      • Rubens 1 avril 2024 at 01:43

        Oui, j’ai vu. Pas en entier d’ailleurs, mais la plus grosse partie. Ca ne m’étonne pas que les highlights soient favorables à Grigri, il n’avait que ses fulgurances à opposer. Mais ce n’étaient justement que des fulgurances, qui ne disaient rien de la dynamique générale du match.

        What else ? Avec 4 fautes directes par set, le mur de Sesten est aussi solide que celui de Belgrade. Grigri n’est pas le plus mauvais serveur au monde : tous les retours revenaient à 10cm de la ligne de fond. Grigri a tenté de splendides attaques croisées : les longs ciseaux du Béornide et son coup d’œil l’ont perforé de passings. Slip n’aurait pas fait mieux. Ne surtout pas donner d’angles, donc. Mais si on joue au centre, même long, notre ursidé carottivore les trouve, lui, les angles. Les montées à contretemps, bien sûr… mais surtout, quasiment aucun déchet. 9 fautes directes en deux sets, c’est deux fois moins que ce qu’il produisait depuis 3-4 ans. Il ratait un peu, il ne rate plus rien.

        Et donc, en effet, je ne vois qu’un Carlitos en mode « je tape et ça rentre » pour rivaliser.

  17. Jo 1 avril 2024 at 07:07

    ENS VS ENA. À gauche, le normalien. Essentiellement brillant, éperdument élégant, pétri de culture, inspiré des classiques, hérité des anciens. Une quête un brin utopique du beau, du vrai, de soi. À droite, l’énarque, passé par Sciences Po ou pire, HEC. Une organisation sans faille au service d’une domination viscérale. Le but n’est pas d’avoir raison mais de donner tort à un vis-à-vis qu’il faut contrer, cadenasser, annihiler. C’est la victoire du gestionnaire sur le littéraire, une allégorie du quotidien, en somme, qui n’est pas ma conception de la vie.

  18. Perse 4 avril 2024 at 19:44

    La fin de carrière de Nadal se rapproche de façon de plus en plus inéluctable et seuls la sphère économiquement dépendante de Nadal se complaît à penser qu’il reviendra un jour et aura des résultats un tant soit peu compétitif.

    Sa longévité était déjà miraculeuse mais à l’instar de Federer, la chute est brutale une fois la rupture actée. Cela ne m’étonnerait pas que la même chose arrive à Djoko d’ici peu d’ailleurs.

    L’ATP est devenu ultra-âpre et les retours prennent du temps quand on n’est pas Big Four de moins de 35 ans (récemment seul Zverev a fait un retour réellement probant après un grosse blessure ; Berretini & Nishikori pour le moment c’st pas jouasse).

    Hommage quand même à Monfils qui joue globalement très bien depuis environ 9 mois après 6 mois vraiment compliqués (mais il n’était pas aussi usés que le Big Four qui a dû jouer 30 à 40% de matchs en plus en raison de leurs résultats).

    J’espère voir sur TB une résurgence du compagnon de Badosa histoire d’avoir un deuxième revers à 1 main en deuxième semaine de tournoi avec le Grigou. Une victoire en M1000 de Zverev me conviendrait également.

    Pour RG, si la carotte atomique l’emporte, je serais heureux.

    • Anne 4 avril 2024 at 22:34

      Et puis Monfils joue bien mais il n’enchaîne rarement plus de deux matchs dans un même tournoi… il n’a pas la caisse physique pour plus la plupart du temps

    • Bapt 7 avril 2024 at 11:38

      C’est vrai que la chute de Nadal est assez brutale. Quand on pense qu’il avait gagné deux grands chelems en 2022. Certes, les conditions étaient abracadabrantesques mais les résultats étaient là.
      Pour Djoko, le physique ne semble pas flancher par contre son tennis n’est pas là et il ne semble pas très bien savoir où aller. Le départ d’Ivanisevic montre qu’il semble un peu désorienté.
      Si ça se trouve il ne gagnera rien cette année continuant sur son début extrêmement médiocre depuis janvier.
      Franchement le départ des vieux ferait du bien au tennis.

    • Jo 7 avril 2024 at 15:17

      Rafael Nadal a un rapport à la réalité sensiblement équivalent à celui de Christine (Dupont) de Ligonnès.

  19. Rubens 8 avril 2024 at 10:25

    Je me souviens avoir lu une interview de Rafa, où le journaliste lui demandait comment il imaginait la fin de sa carrière. Il espérait se lever un matin et reculer devant l’obstacle, se disant que non, il n’avait plus envie. Mais il n’imaginait pas prévoir à l’avance ce moment, en annonçant officiellement au début de la saison X que ce serait sa dernière, car pour lui une telle démarche signifiait en fait qu’il n’en aurait déjà plus envie.

    Je crains pour lui qu’il n’ait pas la sortie qu’il espère. Et pour le coup, au vu de la trajectoire qui a été la sienne, j’avoue mon pessimisme de l’époque où j’avais lu cette interview. Au vu du compétiteur qu’il est, je l’imaginais mal en avoir marre du tennis de haut niveau, discipline pour laquelle il s’est infligé des souffrances inouïes depuis 20 ans. Et par contre, son corps me semblait clairement être le maillon faible qui allait lâcher en premier.

    La phase où il se trouve, c’est une phase où sa détermination est plus intacte que jamais et où son corps ne lui a pas encore envoyé le signal ferme que non, il ne pourra plus redevenir compétitif au plus haut niveau. Je pense que ce signal approche désormais, et je soupçonne par exemple que rater un deuxième Roland consécutif sera le signal décisif. Car franchement, je l’imagine mal redevenir compétitif en si peu de temps.

    Du reste, j’avais légèrement tiqué il y a deux ans en le voyant gagner un dernier Roland grâce à la cortisone. Il sacrifiait à une éthique qui, ma foi, me semblait avoir été sa ligne de conduite tout au long de sa carrière. Et j’aurais trouvé un certain panache à ce que Rogé (qui était à Paris ce jour-là) vienne lui remettre la Coupe des Mousquetaires et que les deux annoncent simultanément leur retraite sur le Philippe Chatrier. Un peu lord peut-être pour Rogé, qui aurait sans doute volé un peu la vedette à son rival. Mais ça aurait eu un peu plus d’allure que ce que nous avons eu sous les yeux avec Rogé, et ce que nous avons sous les yeux avec Rafa.

  20. Perse 8 avril 2024 at 13:45

    La saison de TB a commencé par des petits tournois mais de beaux matchs et quelques surprises.

    En effet, la victoire de HH à Estoril en est une bonne, et sans jouer trop de tie-breaks de surcroît ! Je l’aime bien Hurckaz et son extraordinaire qualité de service, il n’est pas plus grand que le reste mais il sert rapidement, avec des zones précises et certainement peu de lisibilité, sans oublier les effets maîtrisés à la perfection !

    Ruud a été battu par un Martinez très offensif et la fin de match au couteau était très sympa !

    A Marrakech, c’est Berretini qui gagne et c’est le joueur le moins bien classé depuis 2 ans à gagner un ATP. C’est top pour lui, le retour n’étant pas évident mais il a quand même des qualités exceptionnelles qui en font un Top15 pérenne hors blessure. Quelle lourdeur en coup droit !

    A Houston, les américains en feu ont fait le ménage et c’est Shelton qui l’emporte, il commence à être performant sur les petits tournois, signe d’amélioration de la régularité. Sinon, son comportement – démonstratif et pas méchant en soi – ne m’est pas très agréable et sa gestuelle est pire que celle de notre Albatross russe francophone, Daniil de son prénom.

    • Jo 8 avril 2024 at 17:13

      Cher farceur farsi, je ne saurais dire si tu es sincère, subjectif, sacripant ou les trois à la fois. Shelton pire que Dany le Moche (!?), tout de même. Ben a un service à la Rusedski, ce qui est un compliment, Greg fait aisément partie des vingt plus grands de l’histoire sur ce seul coup. Il est offensif, avec des trajectoires typiques de gaucher réjouissantes (maintenant que l’autre est six pieds un pouce sous terre battue). Sur l’échelle esthétique, je le mettrais au niveau d’un Kyrgios. Un tennis singulier, percutant, spectaculaire. Avec Fils, Shelton est un des jeunes que j’ai envie de voir exploser au plus haut niveau, il est d’ailleurs proche du Top Ten.

    • Rubens 8 avril 2024 at 17:37

      Perse, c’est vrai que tu y vas fort quand même :smile: Ben-Hur, je le classerais quelque part entre Verdasco et Blake, qui doivent avoir à peu près sa corpulence. Puissants et compacts. Et à peu près aussi poétiques :mrgeeen:

      • Perse 8 avril 2024 at 19:20

        Subjectivité, Shelton est très puissant, mais son coup droit me gêne à ne jamais finir le geste par manque de maîtrise par exemple.

        Kyrgios n’a pas du tout la même gestuelle en coup droit (un peu plus en revers). D’ailleurs, à son grand dam, il a du comprendre que le tennis n’avait pas besoin de lui pour faire venir des gens dans le stade. Alcaraz est au moins aussi spectaculaire sur le terrain et meilleur à tous autres égards sportif par exemple.

        Vivement la fin 2025 et que le Big 3 cesse et que l’on assiste à la nouvelle génération écrivant sa propre histoire.

        • Jo 11 avril 2024 at 10:02

          Tu effectues un virage à 180° concernant Sir Nicholas, puisque tu as écrit un jour dans un post que « dans un monde idéal, Shapovalov et Kyrgios lutteraient pour le trône ».

        • Perse 14 avril 2024 at 10:30

          Pas plus que ça :mrgreen !

          Finalement, cela fait presque 2 ans que Kyrgios ne joue plus et il ne manque à personne ; j’ai été extrêmement conciliant pendant très longtemps mais comme avec tout le monde, Twitter l’a tué.

          Shapovalov n’a eu de résultat significatifs depuis longtemps, mais ça reste une joie esthétique à regarder. Mais le tennis avance inexorablement et on n’a plus l’espace pour les what if.

  21. Perse 9 avril 2024 at 15:30

    Cela faisait longtemps que je n’étais pas allé faire un tour sur Tennis Abstract ou Ultimate Tennis Statistic et plein de « nouveautés » j’ai découverte.

    J’ai bien aimé ce billet sur le revers de Tsitsipas : https://www.tennisabstract.com/blog/2024/03/13/the-downward-slide-of-stefanos-tsitsipass-backhand-return/

    Pour Tsitsipas, c’est vraiment au retour de service qu’il perd du terrain et en particulier en revers.

  22. Jo 11 avril 2024 at 16:07

    Sascha & Fanou forment un très beau couple. On les aurait bien vus devenir numéros un et deux mondiaux au tournant des années 2020. Les chiens aboient, les trains passent. N’empêche, c’est toujours un plaisir de retrouver ce duo slavo-hellène côte à côte, face à face, avec une pensée émue et nostalgique pour Marat & Mark.

    • Perse 14 avril 2024 at 10:26

      Tu m’as mis l’arme à l’oeil ! Mais je dirais que tant Zverev que Tsitsi ne sont des succédanés (pour leurs caractéristiques « positives » à comparer) de Marat et Mark.

      Ni l’un ni l’autre n’ont l’esprit et l’humour de Marat ni la puissance animale du surfeur australien.

  23. Rubens 12 avril 2024 at 10:48

    Vu Ugo Humbert hier soir contre Sonego. On sent bien le type qui n’a pas la terre battue dans le sang. Ça se sent à des petits riens, comme le retard dans le replacement après un coup d’attaque. Sur une autre surface, le coup ne reviendrait pas. Ceci dit, il a de belles frappes de gaucher. Allez, une deuxième semaine à Roland est peut-être envisageable pour lui. Ça dépendra évidemment de son tableau.

    Le Béornide et l’Immonde me semblent lancés vers la finale.

  24. Rubens 12 avril 2024 at 15:08

    Et Holgruge est vraiment à baffer.

  25. Rubens 14 avril 2024 at 15:34

    Confortablement installé devant la finale. Tsi² semble avoir retrouvé son revers.

    • Rubens 14 avril 2024 at 16:27

      Et Casper est inexistant. Un Gasquet des grands jours, qui est content d’être là et qui est incapable d’allonger ses balles. Inoffensif. Fanou se régale.

    • Rubens 14 avril 2024 at 16:53

      Finale sans grand intérêt. J’ai entrevu Casper dans le fameux 7ème jeu si cher à Jean-Paul Loth. Sur ce jeu, il a frappé deux fois plus fort que le reste du match, il a failli breaker. Il n’y a pas de secret.

      Ceci dit, Fanou a été super solide.

    • Jo 14 avril 2024 at 16:54

      C’est le grand retour de Guga Tsitsipas et ses longs de ligne (à ne pas confondre avec les chandelles de Fanou Pioline).

  26. Jo 17 avril 2024 at 19:12

    Et pendant ce temps-là, Renaud Nadal poursuit sa tournée d’adieux, courageuse et chaotique. Le concert devient requiem, le public se recueille à l’unisson. J’ai embrassé Rafa.

    • Colin 18 avril 2024 at 16:26

      La tournée des adieux de Rafa s’appellerait donc « Dans son cordage » (et sponsorisée par Babolat).

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