Le chaos, vraiment ?

By  | 2 juin 2026 | 78 Comments | Filed under: Actualité

Joao FonsecaCe Roland-Garros 2026 restera comme le tournoi qui a rappelé ce qu’est vraiment la terre battue.

Pour la première fois depuis 1968, la seconde semaine d’un tableau masculin de Grand Chelem se dispute sans aucun ancien vainqueur de Majeur, et six joueurs classés hors du top 50 ont atteint les huitièmes, du jamais-vu depuis la création du classement ATP en 1973.

On a crié au chaos ; j’y vois plutôt la nature de la surface poussée à son comble. L’ocre est le terrain de la variance maximale et de l’attrition : les échanges s’allongent, les marges se resserrent, et chaque manche supplémentaire multiplie les chemins de traverse pour l’outsider.

Ajoutez à cela le forfait d’Alcaraz et un Djokovic rattrapé par l’âge : le tableau grand ouvert cesse d’être une anomalie pour devenir une conséquence logique.

La hiérarchie n’a pas baissé de niveau ; elle a rencontré la surface qui la dilue.

João Fonseca incarne ce basculement mieux que personne, et ses chiffres dessinent un joueur plus subtil que le simple cogneur.

Contre Djokovic, il l’a emporté en signant moins de coups gagnants et davantage de fautes directes que le Serbe : 68 contre 70, 47 contre 39. Il a perdu la bataille de la propreté statistique et gagné celle des moments.

La clé n’est pas le courage, mot trop commode, mais l’architecture de son jeu.

Son fond de court vit dans la haute variance, l’éclat et le déchet mêlés ; son service, lui, offre une régularité de métronome : 67,8 % de premières balles, 71,7 % de points gagnés derrière, et surtout 95 % de secondes balles mises en jeu, soit presque aucune double faute.

Ce socle agit comme une quille : il autorise la voile du coup droit à prendre tous les risques.

Voilà pourquoi, lorsqu’il bascule en mode Conan, son coup droit flashé jusqu’à 181 km/h évoque la signature balistique de Sinner, mais d’un Sinner qui se cherche encore : même vitesse de bras, marge en moins.

Toute sa maturation tient dans cet écart ; ses 47 fautes contre Djokovic en sont autant l’indice que la promesse.

Contre Ruud, la symétrie a confiné au troublant : les deux hommes ont terminé à égalité parfaite, 51 coups gagnants et 52 fautes chacun.

Pourtant l’un sortait, l’autre passait : la valeur loge dans la hiérarchie des points, jamais dans leur somme.

Jakub MensikSon quart contre Menšík oppose deux philosophies. Le Tchèque aligne 12,1 aces par match : c’est un serveur pur. Fonseca, lui, bâtit son avantage au retour et sur les balles de break.

Or la terre rabote précisément l’arme du premier et récompense celle du second.

Sur cette surface, face à un Menšík qui n’a appris que cette saison à gagner ses matchs en cinq sets, trois sur trois en 2026 après un seul succès dans ses sept précédents, l’avantage tactique penche nettement du côté brésilien.

L’Italie, elle, livre le paradoxe le plus instructif.

Privée de Musetti sur blessure, puis très vite de Sinner et Darderi, elle a tout de même hissé Berrettini, Cobolli et Arnaldi au cœur de la seconde semaine.

Ce n’est pas un accident, c’est un dividende : la preuve qu’au-delà de ses stars, le tennis transalpin est devenu un système capable de tenir même lorsque ses figures de proue disparaissent.

Le symbole en est un revenant : Berrettini, longtemps perdu pour les blessures, a gagné jusqu’à 85 % des points derrière sa première balle, puis offert la plus belle des vengeances par procuration en éliminant le bourreau de Sinner.

Son retour rappelle une vérité que le tennis d’aujourd’hui avait un peu oubliée : sur terre battue lente, un grand service adossé à un grand coup droit achète encore des points faciles, pourvu que le corps suive.

Reste Zverev, dont le dossier est une étude sur l’écart entre accumuler et conclure.

Les chiffres disent un sang-froid d’élite dans les moments secondaires : sixième quart consécutif à Roland-Garros, 25 de ses 27 derniers tie-breaks gagnés Porte d’Auteuil, quatre balles de break converties sur sept face à Jesper de Jong.

Et pourtant, trois finales de Grand Chelem, trois défaites.

Alexander ZverevLe paradoxe est fin : il maîtrise les bascules intermédiaires et se dérobe à la bascule ultime, ce qui ne désigne pas une nervosité diffuse, mais un blocage propre à la dernière marche.

« J’ai gagné sur toutes les scènes, sauf celle-ci », reconnaît-il ; le piège n’est plus tactique, il est intérieur.

Et le tirage lui tend un miroir : Jódar, désormais joueur le plus victorieux sur terre cette saison, est exactement ce profil de frappeur sans peur, capable d’accélérer des deux ailes, qui a toujours déréglé l’Allemand.

Comme ils ne se sont jamais affrontés, aucun tissu cicatriciel ne protège Zverev.

C’est là que ce tournoi trouve sa signature.

Son fil rouge est la remontée de deux sets à zéro, réussie deux fois par Fonseca, par Jódar, par d’autres encore ; le drame fondateur de Zverev en est l’exact négatif, un avantage de deux sets à zéro dilapidé en finale, à New York, en 2020.

Même chiffre, valence inverse.

La passation de pouvoir tient peut-être tout entière là : les gamins ont appris à gagner d’où l’on perd, au moment précis où Zverev, jadis, apprenait qu’on pouvait perdre d’où l’on gagne.

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78 Responses to Le chaos, vraiment ?

  1. Colin 2 juin 2026 at 10:03

    Sam 2 juin 2026 at 07:56
    Fait tout seul aussi ça ?

    >>Guillaume 2 juin 2026 at 09:41
    >>Mieux qu’un post: un article ! :smile:

    >>>>Sam 2 juin 2026 at 09:55
    >>>>Je me serais contenté du prompt !

  2. Sam 2 juin 2026 at 10:34

    « Ces 1/4 de finale, ça n’est pas un accident. C’est une suite logique. Parce que Carlito l’a souvent bobo. Parce que Jannick n’aime pas quand il fait chaud. Parce qu’il est très très vieux Djoko (…) ».

  3. Kristian 2 juin 2026 at 11:00

    Interessant en effet ce post. Pas forcement d’accord avec l’argument central
    « La hiérarchie n’a pas baissé de niveau ; elle a rencontré la surface qui la dilue. »

    Je pense que c’est le contraire, c’est sur gazon qu’un bon serveur dans un bon jour peut creer des surprises. Pas (ou peu) sur Terre battue. La terre, c’est la surface ou le plus souvent, les meilleurs vont au bout.

    Apres, il y a des annees ou tout pete. De ce point de vue, ce tournoi me rappelle l’edition 1997 ou on s’etait retrouve avec 4 improbables demi-finalistes : 1 qualifie, 2 inconnus, et 1 « has been » seule tete de serie restante (modeste numero 16). Avec le recul les 2 inconnus se sont reveles etre des cadors (Kuerten et Rafter), et le tounoi 97 s’est affirme comme le plus rafraichissant et rejouissant de sa decennie.

  4. Nathan 2 juin 2026 at 12:15

    Je dois avouer que j’ai un peu de mal à comprendre la logique du propos. C’est sans doute parce que j’ai regardé trop de matches, que je suis trop vieux et que je suis un peu fatigué.

    Il y a une affirmation de départ : ce n’est pas un chaos, c’est « la nature de la surface poussée à son comble » et « La hiérarchie n’a pas baissé de niveau ; elle a rencontré la surface qui la dilue. »

    Très bien mais après où est la démonstration ? Il y a plein de choses dites qui sont intéressantes ou pas d’ailleurs, que Fonseca a été très brillant, ce qui est vrai, que les Italiens sont massivement très forts, ce qui est vrai aussi, que Zverev est régulièrement fort et régulièrement battu en finale, etc. Mais je ne vois pas la cohérence, le lien, l’argumentation logique. On a l’impression d’un Procuste qui veut faire rentrer des trucs dans le lit de l’affirmation de départ.

    En fait, je ne comprends pas bien le sens logique de l’article.

  5. Riton_Laver 2 juin 2026 at 13:21

    Mon com un peu boîteux passé en article avec des visuels ? Merci beaucoup !
    Je ne m’y attendais pas d’autant que j’ai dû écrire maximum 10 posts en 10 ans, je suis essentiellement un lecteur silencieux.

    @Kristian, Nathan, je vous rejoins assez largement.

    Nathan, ton image du lit de Procuste touche juste : mon texte initial portait une thèse forte, mais il ne l’étayait pas toujours assez nettement. Je crois que j’ai mélangé deux choses.

    D’un côté, une idée sur la terre battue ; de l’autre, une série de portraits et de motifs du tournoi : Fonseca, l’Italie, Zverev, les remontées de deux sets à zéro. Tout cela avait du sens dans ma tête, mais je reconnais que cela ne formait pas une démonstration linéaire.
    La formule « la surface qui dilue la hiérarchie » était donc mal choisie.

    Kristian a raison : si l’on entend par là que la terre rapproche tout le monde, c’est faux. La terre est même probablement la surface qui protège le plus souvent les meilleurs, parce qu’elle oblige à rejouer, à construire, à défendre, à répéter l’effort, à gagner les points plusieurs fois. Sur gazon, un gros serveur dans un grand jour peut voler deux jeux décisifs et sortir un favori sans qu’on ait vraiment vu le match s’ouvrir. Sur terre, c’est bien plus difficile : on ne contourne pas l’épreuve, on doit la traverser.

    Donc je modulerais ma formule ainsi : la terre ne dilue pas la hiérarchie, elle la recompose. Plus précisément, elle déplace la hiérarchie officielle vers une hiérarchie de surface. C’est là que je voulais aller, et je l’ai mal dit.

    Le classement ATP donne une hiérarchie générale. La terre, elle, demande autre chose : de la patience, du lift, de la glisse, de la résistance, une capacité à supporter la répétition et la fatigue. Quand un joueur moins bien classé en bat un meilleur sur terre, ce n’est pas forcément que la surface a créé du chaos. C’est parfois qu’elle a révélé une valeur spécifique que le classement général ne disait pas encore, ou pas assez.

    C’est dans ce sens que le parallèle de Kristian avec 1997 me paraît excellent. Sur le moment, le dernier carré Dewulf, Kuerten, Rafter, Bruguera pouvait ressembler à un tournoi parti dans tous les sens. Avec le recul, il dit autre chose. Kuerten n’était pas un accident : il allait devenir triple vainqueur à Roland-Garros et numéro un mondial.

    Rafter, qui pouvait sembler presque incongru en demi-finale à Paris, allait remporter l’US Open quelques mois plus tard et devenir lui aussi numéro un. Le chaos apparent était donc, au moins en partie, une avance du réel sur notre lecture.

    Mais Nathan a raison aussi, et c’est le point que je veux concéder franchement : on ne peut pas transformer chaque élément du tournoi en preuve de cette idée. Fonseca, oui, illustre bien une valeur de terre : tenir physiquement, rester lucide sous la fatigue, gagner les points qui comptent, survivre à la durée.

    Mais l’Italie, c’est autre chose : Berrettini, Cobolli et Arnaldi disent surtout la profondeur actuelle du tennis italien, pas la nature de la surface. Et Zverev, c’est encore autre chose : un motif narratif, celui du joueur qui accumule sans conclure, bien plus qu’un argument sur la terre.

    Donc oui, mon post était moins une démonstration qu’une lecture perso du tournoi à travers un fil rouge. Je le dirais comme ça : ce Roland-Garros ne me semble pas être un simple bazar statistique. Il me semble révéler que plusieurs hiérarchies coexistent toujours, et que cette année elles se sont brutalement désalignées.

    Je dirais plutôt : la terre ne détruit pas la hiérarchie, elle oblige à se demander de quelle hiérarchie on parle.

    Celle du classement ?
    Celle de la surface ?
    Celle du corps disponible cette quinzaine-là ?
    Celle de la capacité à gagner après quatre heures de jeu ?

    Et si la terre pose cette question plus crûment que les autres surfaces, c’est qu’elle donne un poids particulier à deux hiérarchies que le classement général écrase parfois : celle de la surface et celle du corps. L’usure et la répétition y comptent davantage que le rang.

    Quand ces hiérarchies cessent de coïncider, le tournoi donne une impression de chaos (réjouissant !!!). Non parce qu’il a perdu sa logique, mais parce que la logique qui affleure n’est plus celle que le classement nous avait appris à lire.

    Bonne fin de tournoi à tous !

    • Perse 2 juin 2026 at 16:51

      La terre battue est en tout cas la meilleure surface formatrice parce qu’effectivement les 2 premiers coups de raquettes sont un peu moins déterminants, et donc il est nécessaire de développer la persévérance, la gniaque et la résolution de problème pour l’emporter.

      C’est la leçon qu’en a tiré le monde anglo-saxon (les Australiens, US & UK) qui tentent d’augmenter la proportion de terre battue dans les surfaces de tous leurs tournois satellites. En tout cas, depuis 20 ans la corrélation est très forte en « Européen », « Top 100″ et l’immense proportion de TB lors de la formation et des tournois satellites en plus de leur nombre important.

  6. Sam 2 juin 2026 at 17:00

    Bon, Fonseca ou Mensik seront autrement plus dangereux que Jodar, mais tout de même, le Z est en train de rappeller qu’il est le Z et qu’être N°3, c’est un métier.

  7. Nathan 2 juin 2026 at 18:24

    Certes, à la réserve près que Fonseca a été battu récemment par Jodar sur terre battue. Mais bon, la logique n’est pas transitive au tennis mais bien particulière à chaque match. La défaite de Jodar était prévisible, le gars doit être un peu fatigué et son parcours à Roland ne m’avait pas complètement convaincu. Et là, contre Zverev, il a fait illusion, une belle illusion (5/2) puis s’est écroulé.

    Je parie contre l’opinion générale sur Mensik. Il faut toujours se méfier des survivors. Pour l’instant, Fonfon met beaucoup dedans. mais quand il arrose, c’est un jardinier généreux… Wait and see (attendre et voir, je traduis pour Rubens qui ne parle pas anglais).

    • Nathan 2 juin 2026 at 18:44

      Et n’oublions pas que Mensik avait battu, lui aussi, Djokovic l’an dernier à Miami, en finale, sur dur, la meilleure surface du Vieux. En fait, il perd beaucoup contre les jeunes de valeur Djoko, sauf contre Sinner. Sinner m’inquiète (hypoglycémie, coup de chaleur, blocage de la hanche annonciateur d’une arthrose débutante, blocage psychique dû à un investissement libidineux sur les grands chelem… va savoir !).

      • Sam 2 juin 2026 at 18:58

        Fonseca est mon prono du coeur, comme beaucoup je crois. Mais je trouverais aussi imprudent de le donner vainqueur contre Mensik, qui me semble avoir une sorte de stabilité plus avérée. Autrement dit, il faut qu’il arrose à l’intérieur, le Joao.

        • Nathan 2 juin 2026 at 21:38

          Animé par l’esprit survivor, s’appuyant sur un très gros service, Mensik fait douter Fonfon.

  8. Rubens 3 juin 2026 at 00:38

    Oh que voila un joli texte Riton_Laver, et que ton commentaire vient ajuster…

    Je suis d’accord avec bien des points, en particulier avec l’idée qu’on ne peut pas tricher avec la terre battue comme on peut tricher avec le gazon. Un type totalement en feu au service peut réussir un hold-up sur gazon, mais un type ne maîtrisant pas la glissade et les trajectoires de la terre battue, quelles que soient ses sensations du jour, ne pourra pas aller bien loin sur terre car la balle revient plus souvent. La terre battue n’a pas d’imposteurs.

    Et j’y vois un lien direct avec la mainmise de l’Europe, berceau de la terre battue, sur le tennis mondial. Depuis les premiers Fedal de 2004-2005, il est clair que la domination du tennis s’offre à des types ayant grandi sur terre. Ils auront moins de mal à ajuster leur jeu à des surfaces dures que l’inverse. Hewitt et Roddick sont les contemporains de Federer, pas de Nadal. Et je ne parle pas simplement de la petite différence d’âge : autant Roger fut leur bourreau à Wimbledon et à l’US Open, autant leur palmarès famélique sur terre battue aurait été peu ou prou le même si Rafa n’avait pas existé.

    Sur la comparaison avec la cuvée 1997, je suis plus nuancé. En 1997, le tennis n’était pas verrouillé par deux types raflant tous les Grands Chelems. La fragilité sur terre du n°1 Sampras était de notoriété publique, et sa défaite n’a pas brusquement ouvert le tableau.

    L’histoire de cette édition 2026 est l’histoire d’une défaillance conjointe des deux tauliers, qui a totalement rebattu les cartes. C’est l’histoire d’un jeune loup brésilien qui a enfin ramené Djoko à ses limites physiques, qui sont déjà bien visibles depuis plus de 3 ans mais qui, canicule aidant, ne se sont traduites sur le court que cette semaine. C’est l’histoire des suiveurs immédiats au classement, soit absents (Musetti), soit dans une forme moyenne (De Minaur, Shelton), soit allergiques à la surface (Medvedev, Fritz). C’est dans ces conditions, assez exceptionnelles, que les joueurs ayant de vraies affinités avec la terre battue ont bénéficié d’une fenêtre unique pour s’exprimer.

    A la fin, il est probable que cette édition appartiendra au Z, qui aura eu le mérite de rester debout au milieu de ce champ de ruines. Mais qui imagine le Z de 2026 (ou les autres encore en course, d’ailleurs) rivaliser tennistiquement avec les Sinner et Alcaraz de la finale de 2025 ? Pas moi. Ce que je veux dire par là, c’est que ce millésime 2026 restera probablement une parenthèse enchantée au cours de laquelle des circonstances bien particulières auront fait voler en éclats la hiérarchie solidement établie depuis plus de 2 ans. Mais pour autant, je ne vois aucune raison pour que cette hiérarchie ne reprenne pas ses droits dès le prochain Wimbledon, et pour de longues années. Le Béornide rasséréné marchera sur tout le monde avec sa puissance dévastatrice parce que, Carlitos absent, personne n’est en mesure d’y faire face. Je ne vois donc pas dans ce Roland 2026 le signe annonciateur d’une tendance pour les prochaines années comme l’a été le Roland 1997.

    Reste une question. Ayant vu une partie des empoignades féroces de cette première semaine hallucinante, j’ai vu des types faire fonctionner leur cerveau, et ça leur a été bien utile car ils étaient incapables de dominer en puissance leur adversaire. C’était absolument génial, et si j’avais à choisir je préfèrerais que le tennis en revienne à ça : moins de vitesse mais plus de créativité. Quel doux rêveur je suis…

  9. Rubens 3 juin 2026 at 12:01

    Bien que le tournoi ne soit pas terminé, je voudrais lister ici les héros de ce Roland. Pas tous, mais du moins ceux que j’ai vus. La plupart sont désormais tombés, mais tous ont laissé leur cœur sur le court. Je leur dois plus d’émotions sur cette édition que sur les 10 derniers Grands Chelems réunis. Merci messieurs.

    • Altmaier
    • Arnaldi
    • Auger Aliassime
    • Berrettini
    • Carreno Busta
    • Les Cerundolo Brothers
    • Collignon
    • Comesana
    • De Jong
    • Djokovic
    • Faria
    • Fonseca
    • Jodar
    • Khachanov
    • Kouamé
    • Landaluce
    • Mensik
    • Michelsen
    • Nakashima
    • Navone
    • Paul
    • Rublev
    • Ruud
    • Svajda
    • Tiafoe

    Et si je devais ne garder qu’une séquence, ce serait peut-être le dernier jeu du Tiafoe-Arnaldi. Un point de défense complètement dingue de Matteo, jusqu’à faire faire à Big Foe le smash de trop. Frances plié en deux à l’issue de ce point, il est à genoux physiquement. Le sourire lumineux et épuisé de Matteo au moment de la victoire. L’accolade prolongée et non calculée. Un tonnerre d’applaudissements du public du Lenglen, emporté par cet affrontement d’une violence inouïe et ému par son dénouement. Le salut enflammé de ce même public à Frances torse nu quittant le court totalement rincé. L’histoire ne dit pas s’il a eu la force d’aller jusqu’aux toilettes pour vomir d’épuisement.

    Le tennis, tout simplement. Dans toute son essence et toute sa splendeur.

    • Sam 3 juin 2026 at 14:23

      En tous points d’accord avec cette liste de héros, à laquelle j’ajouterais une sorte d’accessit héros à ce bon vieux Kokkinakis, un tour c’est déjà beau.

  10. Nathan 3 juin 2026 at 12:17

    Je suis emballé par ce RG 2026 mais il faut effectivement raison garder. Je dirai que quand les chats sont malades les souris dancent. Et la chaleur de la première semaine a fait le reste avec des épuisements, des remontadas, etc.

    J’ai adoré le 3ème set Fonseca Mensik. Quel niveau, quel suspense, des montées au filet, des smashes en veux-tu en voilà, cela ne jouait pas dans l’axe. Fonseca a sauvé 6 balles de matches. Et Mensik !

    D’abord, Mensik, a validé mon pronostic. Ensuite, je pense que Z a des soucis à se faire. Enfin, un joueur crampé comme il l’était face à Navone au 5ème set, avec une jambe qui se baladait dans tous les sens et qui malgré cela, pour gagner contre cet adversaire joue son va tout, envoie un service, comme s’il n’avait rien, puis se précipite, comme s’il n’avait rien encore, pour frapper un coup droit long de ligne, puis s’écroule pas très loin de la tétanisation généralisée, ce mec-là a le mental et l’envie de gagner ce Roland.

    Dernier point,, Mensik a posé beaucoup de problèmes techniques à Fonseca (qui n’a pas démérité loin de là, très loin de là). Il n’y a pas de raison qu’il ne pose pas les mêmes à Z.

  11. Kristian 3 juin 2026 at 12:19

    Bien d’accord avec Rubens, meme si je vois aussi un anti-heros dans cette histoire.

    Avec un peu de recul, et les hectolitres de sueurs et de douleurs déversés ces derniers jours, je reste terriblement déçu par Jannick Sinner. Quand tu mènes 6/3-6/2-5/1 et que tu es N.1 mondial, tu gagnes. Et même si tu te sens mal, et même si tu as un coup de mou, tu te sors le doigts du cul et tu finis ton match. La manière dont il a renoncé est indigne du tournoi auquel on assiste. Imagine-t-on Nadal ou Djokovic perdre un match pareil en Grand Chelem?

    Il a besoin d’un Marat dans son box qui le secoue un bon coup. La communication de Marat a Rublev, pour l’avoir écoutée en VO, c’est littéralement ça : »Putain, remue toi, on n’a pas fait le voyage pour rien. Bouge ton cul, ou je te ramène a la maison »

    • Nathan 3 juin 2026 at 13:55

      Je ne suis pas sinnérien, c’est le moins qu’on puisse dire, mais je doute fort que ce garçon manque de volonté, de courage et d’abnégation. D’ailleurs, il est allé jusqu’au bout en buvant le calice jusqu’à la lie.

    • Sam 3 juin 2026 at 14:52

      Tu comprends le Marat en vo Kristian ? Je t’envie. J’aurais vraiment voulu comprendre ce qu’il lui racontait, quasiment entre chaque point dès que Rublo était de son côté du court.
      Le journaliste a dit qu’il avait compris qu’en début de rencontre, Marat avait dit « arrêtes de jouer pour ne pas perdre. Joue pour gagner ». J’ai trouvé ça très juste au vu de ce que Rublo produisait.

      • Kristian 3 juin 2026 at 15:31

        J’ai longtemps vecu dans son pays. Je l’ai meme croise une fois. Pour revenir a ce qu’il dit a Rublev, il y a disons, 3 categories. Les phrases de motivation generale comme tu viens d’en citer une, les moments ou il l’engueule franchement comme je l’ecris plus haut, et aussi quand meme pas mal de conseils techniques et tactiques du genre « met du kick sur ta premiere balle, avance, prend la balle plus tot, etc.. »

        Apres quoiqu’il dise, il le dit sur un ton tres direct et directif.

        • Sam 3 juin 2026 at 15:49

          Intéressant, merci ! Effectivement, le ton laissait peu de doute sur le côté directif. Mais ça n’a pas suffit à ce qu’Andrey aille chercher en permanence les 10% qui lui manquaient pour passer. J’ai l’impression d’ailleurs que c’est ça que Marat voulait aller chercher.

  12. Rubens 3 juin 2026 at 16:12

    Je n’ai pas mentionné Sinner dans ma liste. Je n’ai pas mentionné Kokkinakis non plus, mais j’ai bien précisé que je ne mettais que ceux que j’avais suivis en direct. Ce qui n’est le cas d’aucun des deux.

    Je reste également perplexe devant la faillite du Moine soldat à un petit mètre de l’arrivée. Une sacrée panne sèche semble-t-il. Mais cela fait un moment, de toute façon, que la santé du personnage m’interroge, et pas seulement en raison de sa suspension. Ses déboires sous le cagnard australien en janvier dernier. Ses tremblements à Rome lors de sa demi contre Daniil, match certes très intense. On peut certes identifier sa mauvaise tolérance aux fortes chaleurs. Mais en termes de préparation physique, n’a-t-il pas autour de lui les compétences de pointe que ne peut se payer un Arnaldi, qui lui aussi a bravé la canicule parisienne la semaine dernière ?

    Un point à saluer tout de même, son refus d’abandonner, son refus d’abréger son calvaire, ce qui aurait été une solution de confort.

    Au passage, je salue les héros de cette édition, et entre autres les trois Italiens encore en course. Mais je retiens aussi l’écho hallucinant de la presse italienne, qui semble s’en être prise à la programmation du tournoi qui a obligé son Béornide préféré à braver la canicule. L’argument est qu’il aurait au contraire dû être protégé des fortes chaleurs. En l’absence de Carlitos, la présence de Jannik et la perspective qu’il boucle le Grand Chelem en carrière étaient le seul intérêt que la Gazzetta dello Sport voyait à ce tournoi.

    La Gazzetta dello Sport semble avoir oublié que les night sessions réservées à Roger en Australie entre 2018 et 2020 avaient déjà fait l’objet d’une polémique, les programmateurs se voyant soupçonner, au-delà de l’attraction naturelle de le mettre en prime time, de favoriser le Maestro en espérant le préserver physiquement et le voir ainsi aller le plus loin possible. Ma mémoire me joue souvent des tours, mais je crois que son quart de finale contre Sandgren en 2020 (qu’il avait failli perdre) avait justement été programmé en plein jour pour éteindre l’incendie.

    Quoi qu’il en soit, le n°1 mondial, qu’il soit Italien en chasse de son premier Roland ou Rafa monarque absolu de Roland Garros, n’a pas à bénéficier de quelque traitement de faveur que ce soit. Roland Garros, et Rome aussi d’ailleurs, sont plus grands que les joueurs qui s’y produisent, fussent-ils de grands champions. Et si malgré l’équipe qui l’entoure Jannik a sombré sous la chaleur, c’est à ses propres insuffisances qu’il le doit. Je lui reconnais d’ailleurs un autre mérite, celui de ne pas s’être plaint ni abrité derrière cette excuse de la chaleur.

  13. Sam 3 juin 2026 at 20:03

    3 en 1/4, 1 ItalienquinestpasSinner en finale, le président de la fédé Italienne et tout son staff en tribunes, Morretton doit être vert…Et c’est assez marrant la manière dont la question Française se pose en creux et en comparaisons dans les commentaires à la télé. Paire a eu beau s’y prendre le plus gentiment qu’il pouvait, impossible de ne pas entendre que nous, à côté…

    Bon, on dira ce qu’on voudra du Z, mais dans le genre gardien de la maison quand tout se barre en couilles, il fait fort.

    • Rubens 4 juin 2026 at 12:00

      « Elle est l’emblème du tennis français. La seule à avoir l’assurance de retrouver Roland-Garros chaque année au printemps, et ce depuis plus d’un siècle, pour être martyrisée pendant une quinzaine de jours par les meilleurs joueurs du monde. Présente encore cette année en majesté sur l’affiche du tournoi, la terre battue est pourtant une denrée de plus en plus rare en France. Seule une minorité de joueurs peut encore raconter les glissades, les faux rebonds et l’ocre qui tache les vêtements. Alors qu’au milieu du XXe siècle plus de 95 % des courts de l’Hexagone en étaient recouverts, seuls 16 % des terrains du pays sont aujourd’hui faits de terre battue. Un ratio particulièrement bas par rapport à nos voisins : plus de la moitié des terrains d’Espagne, d’Italie, de Belgique ou des Pays-Bas sont toujours en terre battue. Un chiffre qui grimpe même à 80 % en Allemagne. Un comble quand on sait que l’idée de jouer sur de la brique pilée est née à la fin du XIXe siècle dans le sud de la France. »

      Libération, 24 mai 2026.

      What else ?

      • Sam 4 juin 2026 at 12:09

        Oui, tout est dit. Et ça n’est pas nouveau. Sauf que là, comme ce sont nos voisins Italiens qiu raflent tout ou presque, et qu’ils sont par définition très proches, et que personne n’aurait parié là dessus il y a encore 10 ans, l’échec Français saute encore plus aux yeux.

        • Rubens 4 juin 2026 at 12:19

          Sachant que Moretton et sa clique, élus en 2020, sont désormais coresponsables de ce bilan.

          Ceci étant, il me manque des billes pour comprendre comment les voisins parviennent à s’en sortir mieux que nous. Le problème de la terre battue, on le connaît, c’est que son entretien coûte une blinde, que ce soit en France, en Italie ou en Allemagne. Qui prend cette charge financière en France, en Italie, en Allemagne ? Sont-ce les clubs, les municipalités, la FFT, un mélange des trois ?

          Les tauliers, vous avez la réponse ?

  14. Rubens 4 juin 2026 at 13:02

    Je viens de poser la question au Chat, en la limitant à la comparaison France-Allemagne (en Italie et en Espagne, le climat plus sec baisse les coûts d’entretien et fausse en partie la comparaison) et la réponse du Chat est très intéressante :smile:

    1. La France et l’Allemagne ont en commun au départ une même culture de la terre battue.

    2. Les deux pays ont également partagé, pendant longtemps, une organisation de la pratique du tennis reposant essentiellement sur un modèle associatif complet. Les associations géraient les installations, l’entretien des courts était réalisé en grande partie par les bénévoles, en complément du recours à des sociétés spécialisées, et cet entretien faisait l’objet de journées entières mobilisant un maximum de membres, ce qui était un élément important de la vie des clubs. La contrepartie de ce système, c’est que le montant des cotisations annuelles était élevé, réservant la pratique du tennis à des hauts revenus.

    3. Ce modèle de gestion est, encore aujourd’hui, prédominant en Allemagne.

    4. En France, la victoire de Noah à Roland a créé un important appel d’air en faveur de la pratique du tennis, auquel les clubs existants ne pouvaient pas répondre seuls. Devant une demande brusque et massive, les municipalités ont été mises à contribution, faisant basculer le modèle économique vers une gestion beaucoup plus mixte reposant sur les subventions publiques. C’est dans ce contexte que de nombreuses municipalités ont peu à peu privilégié la construction de terrains de tennis à faible coût, tout en favorisant la démocratisation du tennis par des tarifications modérées.

    5. C’est ainsi que les clubs sont devenus directement dépendants des arbitrages budgétaires des municipalités. Et dans le contexte d’assèchement des finances publiques des 30 dernières années, ces dernières ont privilégié des surfaces moins coûteuses à l’entretien, aboutissant au remplacement progressif de la terre battue par du dur.

    Le point qui m’intéresse le plus dans la démonstration du Chat – outre l’influence paradoxalement négative du triomphe de Yan :mrgreen: – c’est la différence majeure entre les deux pays sur l’implication des bénévoles. Les journées de travaux collectifs pour entretenir les courts en terre battue impliquant tous les membres du Verein, je suis scotché, parce que je n’ai jamais entendu parler de quoi que ce soit d’approchant en France. Les membres du club sont les usagers des terrains, seulement les usagers, l’entretien ne les concerne absolument pas.

    Et pour le coup, je doute que la FFT puisse faire grand chose contre cet état d’esprit…

  15. Guillaume 4 juin 2026 at 14:17

    C’est un vaste sujet. MAIS, un peu en vrac :
    Je n’en peux plus du narratif sur la santé éclatante du tennis italien. Santé éclatante du tennis MASCULIN italien, oui. Mais à côté les filles, qui se portaient très bien depuis 20 ans (Schiavone, Pennetta, Errani, Vinci, Giorgi, des Chelems, des « vraies » Feds Cup) sont au fond du seau (derrière Paolini, elle-même rentrée dans le rang depuis un an d’ailleurs, c’est Cocciaretto et Bronzetti les têtes de gondoles quoi). Alors quoi ? ça travaillait bien chez les filles et pas chez les gars ? Et aujourd’hui ça bosserait bien chez les gars et plus chez les filles ? Je ne suis pas expert en tennis italien, mais cette dynamique inverse, de « vases communicants », m’interpelle grandement – ainsi que la manière dont tout le monde la passe sous silence pour se contenter de louer « un » modèle, « une » réussite totale à l’italienne (volonté plus ou moins honnête de forcer le trait et le contraste avec le bilan sportif de notre Fédé ? Ou preuve de plus que personne n’en a rien à carrer du sport féminin ?).

    Sur la terre j’avais bossé sur le sujet l’an passé. Il faut savoir que derrière « la » terre battue, il y a en réalité « des » terres battues. En France, on est un peu victime du syndrome RG, à vouloir reproduire partout la sacro-sainte terre battue du Grand-chelem-de-la-Porte-d’Auteuil-meilleure-terre-battue-au-monde. Mais qui oui, coûte cher en frais, en énergie et en expertise à l’entretien. Les Allemands par exemple, pays de terre de manière un peu contre-intuitive, se montrent une fois de plus bien plus terre à terre (ah ah) que nous et utilisent une terre plus « simple » ou basique, je ne sais quel est le mot, en purgeant certaines strates de composition du revêtement (vous savez, le truc qu’à RG ils offrent aux retraités, où on voit que la terre c’est en réalité 4 ou 5 strates différentes), le rendant ainsi plus facile à entretenir et moins sujet aux aléas climatiques comme le gel. Ils sont aussi moins fermés à la solution des terres artificielles en complément, là où nous on se la joue puristes.

    L’autre point pécunier est lié à la taille des clubs : puisque la terre coûte cher à entretenir, il faut beaucoup de licenciés pour contribuer. Ce qui va à l’encontre du modèle de tennis-club municipal à la française. On en a tous vus, des tennis-clubs ruraux ou de quartiers à moins de 100 adhérents et 2-3 courts, tous en durs. Plus le club est petit, plus il tendra à n’avoir que des quicks (hérités des 5000 courts de Chatrier ?). Plus il est gros, et privé, plus il aura de terres battues.

    • Perse 4 juin 2026 at 15:40

      Oui, le retour du vieux sexisme ordinaire sur le sport féminin est là, alors que le tennis est l’un (le seul) sport professionnel mixte où les amateurs suivent les 2 sexes sans dénigrement.

      Il y a tout de même des effets « grappes » dans ces sports individuels avec des générations assez spontanées même si certaines fédérations ont une meilleure continuité. Pour moi, dans l’ensemble, ce serait plutôt les Tchèques qui ont la meilleure école avec du roulement, du renouvellement et toujours des joueurs au haut niveau, dans des styles assez divers de surcroît.

      Il y a quand même une forte stratification dans le tennis maintenant avec 2 places au soleil et in fine, la logique singulière prévaut sur la logique systémique. Sinner & Alcaraz ont assez rapidement émergé comme des monstres en devenir avant 15 ans et bénéficié d’énormes ressources dans les 2 cas. Arthur Fils itou.

      • Rubens 4 juin 2026 at 18:20

        Tout de suite je pensais aussi aux Tchèques. Mais tu n’oublies pas les Russes ? Présence continue au plus haut niveau depuis une trentaine d’années, chez les garçons comme chez les filles.

    • Guillaume 4 juin 2026 at 16:42

      Ils viennent de montrer uu gros plan, la terre battue a donc 6 couches différentes, plus ou moins indispensables.

      Avec Caro Garcia, a FFT innove encore dans le trip nostalgique : la double cérémonie. Une l’an passé pour son dernier match, une cette année pour la… la quoi, d’ailleurs, la première année où elle ne le joue pas ?

      • Perse 4 juin 2026 at 17:34

        Pour la baby shower. C’est ballot que le bébé sera espagnol et certainement natio catalan à reprendre la rhétorique de Puidgemont !

        Troll mis à part, Chwalinska était la première joueuse que j’ai vu cette année lors des qualifs puisqu’elle s’entraînait sur le SZ dès 10h le lundi.

        J’avais été interpellé par sa prise de raquette en revers et je trouvais qu’elle frappait bien la balle avec des trajectoires variées même si elle est vraiment petite.

        La voir si loin dans le tableau est vraiment improbable mais elle a vraiment écrabouillé ses adversaires avec ses guimauves presque à la Errani. Belle histoire !

        L’AO a fait une publication assez nostalgique puisqu’au moment où se jouait l’échange mythique de la finale de 2017, se tenait la cérémonie du double fille où c’étaient Chwalinska et Swiatek qui faisaient leurs discours. Chwalinska d’un gabarit digne des petits as. Très charmant ce petit renvoi au passé.

        • Rubens 4 juin 2026 at 18:26

          Et là je suis carrément largué… De quoi tu parles au début Perse avec les Catalans ?

          • Perse 4 juin 2026 at 18:38

            C’est un gros troll d’une grande mauvaise foi que je fais : son mari est catalan et Caroline Garcia attends un enfant. C’est une vacherie de ma part tirée par les cheveux qui ne méritait pas d’être relevée.

            Pour ta question sur les Russes, c’est le côté « hachoir » des pratiques à la Russe qui m’incite à la réserve même si en pratique chez les hommes, ce sont ceux de la filière espagnole (Safin, Rublev) ou méditerranéenne (pour Medvedev), délocalisée en tout cas qui ont émergé.

            Chez les femmes, c’est plus disparate même si la meilleure russe est acculturée depuis 30 ans américaine (Sharapova). Andreeva est cornaquée par Martinez et établie dans le sud de la France.

      • Rubens 4 juin 2026 at 18:06

        Pas suivi… Ils ont fait une cérémonie sur Caro ?

        Si t’as plus rien à fêter, viens donc faire un tour à Roland…

  16. Riton_Laver 4 juin 2026 at 23:54

    Je sors de ma tanière et prends le risque du trois-en-un, en espérant que Nathan ne me renverra pas trop vite au lit de Procuste et Sam à des prompts de grand paresseux.

    Il me semble que les trois sujets qui viennent d’apparaître, la terre battue française, le modèle italien et la programmation de Sinner, racontent en réalité une même tentation : nous aimons transformer des structures en récits simples.

    Premier récit : la France n’a plus assez de terre battue, donc elle décline. Le constat de départ est accablant, évidemment. 16 % de courts en terre chez nous, 80 % en Allemagne, environ 70 % en Italie et en Suisse, 60 % en Espagne : pour le pays de Roland-Garros, c’est presque grotesque.

    Mais je crois qu’il faut se méfier de la causalité trop directe. La terre battue est une condition de formation très forte, pas une baguette magique. L’Allemagne aligne 80 % de terre et ne produit pas pour autant une armée de vainqueurs à la Porte d’Auteuil.

    Zverev est un immense joueur, formé sur l’ocre, mais il illustre justement la limite de l’argument : la surface donne une grammaire, elle ne donne pas automatiquement le dernier mot dans les très grands rendez-vous.

    Ce que produit un tel parc, c’est peut-être moins une fabrique de champions qu’une culture de club, une densité, une habitude commune de la glissade, du point construit, de l’entretien collectif aussi.

    C’est déjà énorme, mais ce n’est pas la même chose que garantir des titres du Grand Chelem. La terre élève le niveau moyen d’une formation ; elle ne choisit pas à elle seule celui qui survivra au dernier dimanche.

    Le vrai problème français me semble donc moins moral que structurel. Ce n’est pas seulement : « nous avons abandonné la terre ». C’est plutôt : nous avons organisé le tennis de telle manière que la terre devenait de plus en plus difficile à maintenir.

    Le modèle français a beaucoup démocratisé la pratique, notamment à travers les clubs municipaux, les petits équipements, les deux ou trois courts de quartier ou de village. C’est une réussite d’accès, il ne faut pas l’oublier. Mais c’est aussi un modèle qui fragmente les moyens.

    Un petit club municipal de deux courts et de moins de cent adhérents ne peut pas entretenir de la terre traditionnelle comme un grand club privé ou associatif. Et s’il dépend des arbitrages de la mairie, le réflexe sera presque toujours d’aller vers ce qui promet moins d’entretien visible, moins de technicité, moins de fonctionnement annuel.

    Guillaume ajoute un point essentiel : derrière « la » terre battue, il y a des terres battues. Nous avons peut-être été victimes d’un syndrome Roland-Garros : vouloir partout la terre noble, complexe, stratifiée, presque patrimoniale, celle de la Porte d’Auteuil.

    Les Allemands semblent avoir été plus pragmatiques : des terres plus simples, moins puristes, parfois artificielles ou hybrides, mais jouables, entretenables, reproductibles. À la française : le modèle idéal, puis la renonciation. À l’allemande : le compromis robuste.

    Deuxième récit : le modèle italien triomphe, donc il suffirait de l’imiter. Là aussi, je comprends la tentation. Voir les Italiens rafler presque tout sous nos fenêtres, le président de leur fédé en tribune, pendant que la question française s’entend en creux à la télévision, c’est pénible. Sam a raison : la comparaison pique d’autant plus qu’elle vient de tout près.

    Mais Guillaume a raison de rappeler que la santé éclatante du tennis italien est d’abord, aujourd’hui, une santé éclatante du tennis masculin italien. Le point est d’autant plus important que l’Italie féminine a longtemps été un modèle : Schiavone, Pennetta, Errani, Vinci, Giorgi, des titres majeurs, des finales, de vraies campagnes de Coupe de la Fédération.

    Aujourd’hui, le paysage individuel est moins profond. Paolini reste une joueuse de très haut niveau, encore installée parmi les quinze premières mondiales ; Cocciaretto existe, autour de la quarantième place ; Errani continue même de faire vivre une culture collective et de double assez admirable. Mais on ne retrouve pas, en simple, l’épaisseur générationnelle des années 2006 à 2015.

    Je ne dirais donc pas que les Italiennes sont « au fond du seau », ce serait trop brutal et pas tout à fait juste, surtout au regard de leurs deux derniers sacres en Billie Jean King Cup.

    Je dirais plutôt que le cas italien oblige à distinguer réussite fédérale, génération dorée, profondeur réelle et récit médiatique. Un vrai système se mesure à sa capacité de renouvellement dans le temps, chez les hommes comme chez les femmes. Là-dessus, Perse a raison : il existe dans les sports individuels des effets de grappes, parfois très puissants, qui donnent l’impression d’une école quand on voit surtout une génération qui tombe bien.

    C’est pour cela que les exemples tchèque et russe sont intéressants. On peut discuter des méthodes, notamment côté russe, et Perse a raison d’être prudent sur le côté hachoir. Mais si l’on parle de continuité, de présence régulière au plus haut niveau chez les hommes comme chez les femmes, sur plusieurs générations, alors ces pays compliquent davantage le sujet que le seul emballement italien du moment.

    Troisième récit : Sinner aurait dû être protégé parce que le tournoi avait besoin de lui. Le sujet paraît d’une autre nature, je l’admets : on quitte les clubs, les surfaces, les filières, pour entrer dans la programmation, les diffuseurs et la gestion d’une vedette.

    Mais je crois qu’on reste dans le même problème. Là encore, le récit cherche à simplifier une structure : non plus celle de la formation, mais celle d’un tournoi, de ses contraintes horaires, de ses équilibres médiatiques, de son devoir d’impartialité.

    Sur ce point, je rejoins Rubens, mais je crois qu’il faut séparer deux choses : le fait de coulisses, qui demande prudence, et le principe, qui me semble beaucoup plus net.

    Le fait de coulisses, d’abord. On nous raconte un tournoi qui aurait jeté son numéro un en pâture à midi, en plein cagnard, par négligence ou par cynisme de diffuseur. Or, si l’information sortie dans la presse française est exacte, ce créneau de midi n’a pas été subi par le camp Sinner : il aurait été demandé ou, à tout le moins, validé par son entourage. La logique se défend, d’ailleurs.

    Après une session de soirée, une première rotation en journée peut apparaître comme le moins mauvais compromis : elle évite la nuit suivante saccagée par une nouvelle nocturne et, en théorie, elle expose moins que les heures les plus lourdes de l’après-midi. Amélie Mauresmo n’a pas voulu entrer dans le détail, refusant de mettre sur la place publique les demandes des joueurs comme celles des diffuseurs. C’est plutôt sain.

    Si cette information est exacte, le récit du martyr programmé se complique sérieusement : la presse transalpine reprocherait au tournoi un horaire que le clan de son champion aurait lui-même accepté, pour expliquer une défaillance que le champion lui-même a refusé d’attribuer principalement à la chaleur. Mais même si cette information était incomplète ou mal interprétée, le fond du problème resterait le même.

    Le principe, donc : un Grand Chelem ne doit pas protéger son numéro un parce qu’il porte l’intérêt narratif de l’épreuve. Roland-Garros n’est pas un décor au service du Grand Chelem en carrière de Sinner, pas plus que Rome ne l’était, pas plus que l’Australie n’était un décor au service de Federer, même si l’on comprend très bien pourquoi les programmateurs aimaient l’installer en nocturne. Dès lors que la grille semble protéger une vedette, le soupçon naît aussitôt : protège-t-on le spectacle, le diffuseur, le champion, ou la compétition ?

    Et pour le coup, je trouve Sinner plus digne que le récit qui l’entoure. Il n’a pas abrégé par confort. Il n’a pas fait de la chaleur une excuse centrale. Il a bu le calice jusqu’au bout, pour reprendre Nathan, poussant son calvaire jusqu’à une cinquième manche après avoir mené deux manches à rien et servi deux fois pour s’imposer.

    On peut s’interroger sur sa tolérance à la chaleur, sur son état du matin, sur l’enchaînement récent des efforts, sur ses précédents épisodes physiques. Ce sont des questions sportives parfaitement légitimes. Ce n’est pas une raison pour demander au tournoi de plier son ordre autour de lui.

    Au fond, ces trois discussions ramènent à la même prudence. La terre battue ne suffit pas à produire des champions, mais elle révèle une structure de formation. Le modèle italien n’est pas un bloc parfait : c’est une réussite masculine actuelle, traversée par des cycles, des creux et des angles morts. Et Sinner n’est pas le tournoi, même si le récit médiatique aurait voulu que le tournoi tourne autour de lui.

    Le tennis adore les histoires : le génie national, la surface perdue, le champion à protéger, la génération miraculeuse. Nous aussi, d’ailleurs. Sans ces récits, nous ne resterions pas éveillés devant des rencontres de quatre heures.

    Mais quand on veut comprendre un peu ce qui se passe, il faut parfois regarder moins les héros que les conditions qui les produisent : les courts, les clubs, les coûts, les calendriers, les générations, les fédérations, les familles, les entraîneurs, les hasards aussi.

    Et c’est peut-être le point le plus cruel pour nous : le problème français n’est pas seulement que nous avons moins de champions.

    C’est que nous avons trop souvent préféré raconter notre grandeur passée plutôt que d’entretenir patiemment les conditions matérielles de sa reproduction.

    • Rubens 5 juin 2026 at 01:51

      Riton, c’est juste hallucinant de te voir apparaître pour pondre des pavés pareils. Et ça fait du bien :lol:

      Je ne reviens pas sur le cas Sinner, je cosigne tout ce que tu dis.

      Sur la TB en France…

      La TB synthétique. Je ne sais pas s’il y en a beaucoup, moins, plus, en Allemagne qu’en France. Je sais en tout cas qu’il y en a en France. J’ai même habité en face d’un club où il y en avait, j’étais allé discuter avec l’entraineur du club au sujet de cette surface que moi, ancien joueur de seconde série des années 90, je ne connaissais pas. Il m’a indiqué que l’avantage de cette surface était de nécessiter peu d’entretien et d’être jouable pratiquement toute l’année. Par contre, ça glissait beaucoup moins que la « vraie » terre battue, et le rebond était très différent. Et quand je lui ai demandé si c’était une réponse solide à la raréfaction des terres battues en France, il m’a répondu cash. Non. Ce sont des fausses terres battues, il ne faut pas s’étonner ensuite que les meilleurs Français aient des faux résultats sur terre battue. Ce n’est évidemment qu’un témoignage.

      Terres battues vraies ou fausses, économiques ou pas, entretenues ou pas, le fait est que 80% en Allemagne contre 16% en France, ça veut dire quelque chose. Ca veut dire qu’un gamin en Allemagne, même s’il s’entraine sur dur dans son club, va voir le panel des tournois à sa portée géographique se réduire singulièrement s’il refuse de s’y mettre. En France, le même gamin pourra contourner l’obstacle. Mais 10 ou 15 ans plus tard, il ne faudra pas s’étonner que le Français et l’Allemand ne partent pas à armes égales à Roland.

      Et de fait, tu peux prendre n’importe quel joueur (ou joueuse) allemand des 40 dernières années, tu verras des palmarès plus ou moins fournis évidemment, mais où n’apparaît aucune allergie particulière à l’ocre. A une exception près, mais de taille, Boris Becker. Et il est significatif que Guillaume parle de « contre-intuition » en évoquant les affinités des Allemands avec la terre. Boum-Boum a tellement marqué son époque qu’il a également introduit l’illusion d’optique que le profil tendanciel des joueurs allemands serait un profil d’attaquants comme les Australiens. Mais Boris est en réalité le seul dans ce cas. Stich a un palmarès moins fourni que celui de Becker, mais plus multi-surfaces, et jamais la TB ne lui a posé de problèmes, bien que son unique titre en GC soit à Wimbledon.

      Grandir sur TB ne garantit aucun titre en GC évidemment, chaque joueur a ses propres limites. Si le Z remporte le titre dimanche, je n’en ferai pas pour autant un spécialiste de la terre battue et si une surface lui pose plus de problèmes que les autres, c’est bien le gazon (il n’a jamais dépassé les huitièmes à Wim). En revanche, quand tu regardes tous les vainqueurs en GC depuis l’avènement de Federer en 2004, tu constateras que TOUS ont grandi sur TB. A commencer par Djoko, formé en Allemagne, et Murray, formé en Espagne (et peu récompensé au niveau palmarès, ce qui est l’un de ses grands regrets car il avait de vraies affinités avec l’ocre). Et comme avec Becker, il y a une exception : Daniil Medvedev, que je me garde bien de considérer réellement comme un allergique à la terre battue au vu du niveau qu’il est capable d’atteindre. La demi de Rome contre Jannik était absolument splendide, mais tout n’est pas rectiligne dans sa tête.

      Je suis insensible au récit de ces jours-ci sur la filière italienne. Il n’y a rien à chercher de commun dans le parcours des Italiens en vue cette année, hormis la nationalité, et tu peux y ajouter Sinner et Musetti, tu ne feras que corser encore l’équation, d’autant que, comme le dit Guillaume, les garçons explosent mais les filles plongent.

      Je fais le constat qu’aucun joueur français ne s’est distingué cette année à Roland Garros. Comme l’année dernière, comme il y a 2 ans, comme chaque année en gros depuis le déclin de la génération Tsonga. On a eu Hugo Gaston une année, le lutin malicieux. On a eu Corentin Moutet chef d’orchestre de la mise à mort de l’adversaire par le public. Cette année, on a eu une belle promesse avec Kouamé. Il paraît qu’on a Arthur Fils, pour ma part j’aurais aimé le voir à l’œuvre sur le format 5 sets face aux galériens qui ont illuminé le tournoi cette année. Mais pour l’instant, je l’imagine mal en redresseur du tennis français dans la mesure où il ne joue que 3 mois dans l’année.

      Et oui, je fais un lien direct entre l’insuccès répété des nos tricolores à Roland et les 16% de TB sur le sol français. J’ai listé plus haut les héros de cette édition, et j’aimerais pouvoir un jour y mettre un peu plus de Français.

    • Sam 5 juin 2026 at 08:23

      Vraiment sorry, Riton, étant d’un naturel un brin pessimiste quant à l’évolution de l’espèce – je ne parle pas du R1M -, quand j’ai vu apparaître ton pseudo et ton long post intelligent, j’en ai hativement conclu que ça ne pouvait être que l’oeuvre de l’IA. Comme quoi, y’a de l’espoir finalement.

  17. Perse 5 juin 2026 at 07:15

    La demi Chwalinska-Shnaider a été super agréable, serrée, créative avec 2 profils précis et construits.

    Je crains que la surpuissance d’Andreeva mette fin au rêve de la polonaise mais pour le coup ce match a été superbe !

    • Rubens 5 juin 2026 at 11:56

      Enorme l’article :mrgreen:

      Je seul truc auquel je ne crois pas, c’est la légende faisant dire à Lendl « De toute façon ça ne va pas durer ». On ne peut pas, d’un côté critiquer le professionnalisme exacerbé du personnage qui n’incitait pas à la rigolade, et de l’autre lui prêter une fanfaronnade en plein milieu d’un match important.

      Le souvenir que je garde de cette édition, c’est surtout Pernfors. Qui bat mon Boris en quarts, j’étais dégoûté. Qui bat ensuite Leconte en demi, j’étais indifférent. Mais j’aurais bien aimé, par contre, qu’il batte Lendl en finale. Ce qui était totalement impossible.

      • Guillaume 5 juin 2026 at 14:38

        Hum ce ne serait pas la première fois que j’ai des échos d’Anciens expliquant que le Lendl de ces années-là n’était pas le dernier à donner dans la vacherie assénée avec le plus grand détachement, laissant l’autre se demander si c’est du lard ou du cochon, de l’humour à froid ou du pur trash talking.

        • Rubens 5 juin 2026 at 15:11

          Yes, je sais. Lendl, le champion dont tout le monde se foutait. Article d’Eurosport. Qui contient notamment une flèche en direction de Pernfors, racontée par Wilander témoin de la scène dans le vestiaire, juste après qu’Ivan ait mis une branlée mémorable à Mikael. Quelque chose comme « Aujourd’hui Mikael, quand tu courais derrière la balle, tu ressemblais à un chien quand on la lui lance ».

          A ceci près que ça se passait dans le vestiaire. L’article d’hier sur la légende Kriek-Lendl prête à Ivan des propos sur le terrain en plein match. C’est à ça que je ne crois pas une seconde.

          • Colin 5 juin 2026 at 20:14

            D’après l’article, il a dit ça avant que le match commence, alors qu’il négociait le fait de pouvoir garder son pantalon de survêt’. Il se peut donc que seul l’arbitre l’ait entendu (et soit ensuite allé le raconter à quelques journalistes).

      • Sam 5 juin 2026 at 14:42

        L’année de La Valise. Elle avait eu l’immense avantage d’empêcher un affrontement entre mes deux joueurs pref’, Yann et Ivan. Je sais, no comment please.

        Me souviens très bien de cette demie. Yann n’étant plus là, j’avais adoré voir Ivan découper le moustachu (là je viens de regarder les 2 derniers jeux, effectivement, c’est épouvantable, à part peut être Clara Burel, n’importe qui aurait tollé Kriek ce jour là).

        Le petit Pernfors nous aura quant à lui privé d’une alléchante finale Ivan / Henri, mais ce dernier aura l’occase de nous refaire comprendre son jeu. C’est l’époque où Gérard Holtz se fait lui aussi la coupe G.I en disant « un suédois peut en cacher un autre ». Heureusement qu’Ivan était là pour remettre un peu de sérieux dans tout ça.

      • Guillaume 5 juin 2026 at 14:46

        Je ferai un best of des Ivan Lendl facts, un jour.

        • Sam 5 juin 2026 at 15:00

          Bonne idée. D’autant plus qu’il s’est quand même assoupli avec le temps. Un peu trop.

        • Rubens 5 juin 2026 at 15:13

          Ne serait-ce que pour faire revenir Antoine, je ne peux que t’y encourager :mrgreen:

        • Rubens 5 juin 2026 at 15:21

          Et il me semble que tu avais déjà fait quelque chose d’approchant sur Goran. C’est d’ailleurs grâce à ton article que je connais la saillie « J’ai décidé de changer ma façon de faire. Je vais donc organiser une conférence de presse dans ma tête. Je vous dirai ce qui en ressortira. » :lol:

  18. Perse 5 juin 2026 at 13:30

    Je regarde un peu les légendes pour le plaisir et je suis impressionné par le niveau physique des filles (elles restent dans l’absolu encore jeunes évidemment) mais Safarova joue encore sacrément bien.

    Ivanovic, Kerber et Cornet aussi. Les mecs ont tous grossi et clairement ne font plus vraiment d’efforts mais c’est tout de même fascinant de voir à quel point le mode « effort » vs le mode « trankil » offre une béance énorme.

  19. Kristian 5 juin 2026 at 20:38

    C’est sur qu’en terme d’intensité cette deuxième semaine n’est pas du tout au niveau de la première. C’est qui est finalement humain. D’ailleurs ces demi-finales opposaient ceux qui avaient le plus souffert en première semaine à ceux qui en étaient sortis indemnes. Une certaine logique a donc été respectée puisque Zverev et Cobolli sont justement ceux qui ont passé le moins de temps sur le court en première semaine

    • Rubens 6 juin 2026 at 10:17

      Les combats de gladiateurs n’ont qu’un temps, et effectivement je me doutais que les gladiateurs ayant survécu au jeu de massacre de la première semaine n’auraient plus grand chose à donner en deuxième semaine. Félix décevant, Jodar décevant, Mensik décevant en demi, Berrettini qui abandonne. On pouvait s’y attendre, mais c’est quand même dommage. Je retiens quand même le splendide troisième set du Mensik-Fonseca.

      Arnaldi ne méritait pas ça. Franchement. Il méritait de tomber les armes à la main.

      Dans ma liste de héros ci-dessus, je me rends compte que Cobolli et Zverev sont absents. Ils ne sont pas moins méritants que les autres, mais ils ont gagné trop rapidement leurs matchs pour être associés au souffle épique de la première semaine. En revanche, qu’ils s’affrontent en finale est tout à fait logique.

  20. Perse 5 juin 2026 at 23:51

    C’est assez fou la trajectoire de Cobolli que j’avais vu aux qualifs de RG il y a 3 ans battre Jaime Faria (qui a fait 1/8 cette année d’ailleurs). Il jouait bien mais à l’instar de Chwalinska, mon oeil inepte n’avait rien décelé d’incroyable.

    Or Cobolli est déjà très solide au niveau 500 et à défaut d’être brillant sur 1 point est en réalité très constant.

    Finale remake de Munich entre 2 joueurs qui entretiendraient de très bonnes relations. Normalement, Zverev est quand même sensé avoir le dessus en termes d’expérience et de niveau. Mais Cobolli sait bien le jouer.

    Pas nécessairement un match très excitant sur le papier même si en réalité Cobolli a une gestuelle esthétique et qu’il y aura une opposition de style où l’intensité de Cobolli aura pour but de dérégler la routine du fond de court de Zverev qui reste le meilleur joueur de rallyes dans la diagonale derrière l’hydre bicéphale.

    • Colin 6 juin 2026 at 18:01

      Le H2H, c’est 3-1 pour le Z. A noter que les deux ne s’étaient jamais rencontrés avant… Roland-Garros 2025 !
      Leurs 4 rencontres datent donc toutes d’un an et moins.

      Year Winner Event Round Surface Score
      2026 Zverev Madrid Quarterfinal Outdoor Clay 61 64
      2026 Cobolli Munich Semifinal Outdoor Clay 63 63
      2025 Zverev Halle Quarterfinal Outdoor Grass 64 76
      2025 Zverev RG Round of 32 Outdoor Clay 62 76 61

  21. Perse 6 juin 2026 at 12:50

    Je regarde le tennis fauteuil et franchement, c’est impressionnant ce qu’ils font !

  22. Perse 6 juin 2026 at 17:12

    La finale n’a pas été trop moche mais Andreeva était trop forte. Je suis un peu surpris par l’évolution physique de Mary Pierce qui a gonflé en 2 ans, ça surprend. Mais sourire radieux de tout le monde !

  23. Colin 6 juin 2026 at 18:03

    Si Zorglub s’impose demain, il va falloir relancer le débat « qui est le meilleur joueur de l’ère open à n’avoir jamais gagné de GC? » (aka « la distinction que personne ne rêve de décrocher ») vu que, à l’instant t, il est assez largement en tête sur la « concurrence »…

    • Rubens 6 juin 2026 at 18:56

      Leconte
      Mecir
      Medvedev-le-Vieux
      Nalbandian

    • Kristian 7 juin 2026 at 19:06

      N’oublions pas Casper. 3 fois finaliste, jamais vainqueur
      Et Soderling, 2 fois finaliste en ayant éliminé le numéro 1 mondial et tenant du titre en route a chaque fois
      Et Tsitsipas, si proche..

  24. Sam 6 juin 2026 at 23:18

    Tout ça pour peut être rejoindre le grand camp des vainqueurs d’un unique GC. Je sais pas si ça vaut le coup.

    • Colin 6 juin 2026 at 23:50

      Etre dans le même club que Yan et Del Po, ça a de la gueule. Dans le même club que Petr Korda et Thomas Johansson, un chouïa moins, certes. Mais c’est le même (club), en fait.

      • Sam 7 juin 2026 at 10:47

        Vrai, et il pourra même être le meilleur joueur à n’avoir gagné qu’un GC, ça se défend aussi.

  25. Sam 7 juin 2026 at 17:05

    Waouh, il a suffit que Cobbo se libère et joue pour que tout à coup, il y ait match. Bon, je dois être trop sensible, mais je trouverais vraiment trop cruel que le Z ne gagne pas, et ça serait mieux en 5.

  26. Sam 7 juin 2026 at 18:28

    Cette finale se Coriagaudioise.

    • Kristian 7 juin 2026 at 19:13

      Oui, 4e set qui est allé dans tous les sens. Avec un niveau de jeu, disons, aléatoire

    • Rubens 7 juin 2026 at 19:22

      La volée ratée de Flavio sur la première balle de set est collector. Corentin n’aurait pas fait mieux :mrgreen:

  27. Colin 7 juin 2026 at 20:59

    Et voilà, maintenant je n’ai plus qu’à écrire un article sur l’élection du nouveau « Meilleur joueur de l’ère open à n’avoir jamais remporté de GC ». Merci le Z.
    J’avais tellement peu confiance en lui que je ne me serais jamais risqué à commencer à écrire cet article avant la fin de la balle de match.

    • Sam 7 juin 2026 at 23:25

      En tous cas, on peut se demander s’il n’est pas d’emblée le meilleur des joueurs de l’ère Open à n’avoir remporté qu’un GC. Pas encore tout épluché, mais déjà la constance de son classement plaide pour lui. Mieux que Cash ou Noah par exemple. Et, n’en déplaise à Teacher ou Tanner, RG, c’est autre chose que l’AO 77.

      • Rubens 8 juin 2026 at 08:44

        Tout dépend comment on pose la question.

        S’il la question est de comparer les palmarès des one-shoters, Zorba est probablement sans rival. Le seul qui me viendrait en tête serait sans doute Geru, mais pas besoin de vérifier, l’Allemand est devant.

        Mais s’il est question de comparer le niveau atteint par les one-shoters au moment de leur titre, alors justement Noah et Cash sont à des années-lumière devant le Z. Ils n’ont certes pas un palmarès aussi fourni, mais ils ont non seulement été, au moment de leur titre, les meilleurs de la quinzaine – lapalissade – mais en plus ils ont écarté de leur chemin plusieurs des principaux favoris. Léger doute sur Cash, qui n’a pas eu à affronter Becker, mais aucun doute sur Noah, qui s’est coltiné Lendl et Wilander et n’y a laissé qu’un set. Yan a été, pendant un tournoi du GC, le meilleur joueur du monde, et peu importe qu’il ne l’ait été ni avant ni après. Selon ce critère-là, Krajicek est également un meilleur candidat que le Z.

      • Rubens 8 juin 2026 at 08:53

        Et d’ailleurs, même si l’on regarde le palmarès brut, je pensais seulement à Vitas, mais je crois que Chang et Roddick sont également des rivaux sérieux pour le Z.

        Bref, Micha, si tu veux que l’on cesse de faire la fine bouche sur ton titre d’hier, je te suggère d’en remporter un deuxième :lol:

      • Kristian 8 juin 2026 at 09:30

        Il y a Daniil quand meme. 6 finales de GC jouees, une seule remportee. Et de quelle maniere! et numero 1 mondial pendant quelques mois

        • Rubens 8 juin 2026 at 09:34

          Yep. Daniil en effet. Et Goran est bien placé aussi non ? Muster, monstre sur TB récompensé par un seul titre à Roland, itou.

  28. Rubens 8 juin 2026 at 09:31

    Et Laurent Vergne sur Eurosport fait le taf, précisément sur le sujet qui nous intéresse. Il a en grande partie raison. La « légitimité » d’un titre en GC ne se discute pas, le Z n’a rien fait d’autre que battre les adversaires qui se dressaient sur sa route. Et comme « pire » vainqueur, le procès est une farce, nul besoin d’aller chercher très loin des vainqueurs en GC ayant bénéficié d’un concours de circonstances favorables et bon nombre d’entre eux étaient loin d’avoir son pédigrée.

    Oui aussi au regard du grand public sur le personnage. Zorba est, au mieux respecté, mais sûrement pas aimé. Son jeu ne fait pas rêver grand monde, ses histoires de violences conjugales ne plaident pas pour lui. C’est précisément pour des raisons analogues que je place Djoko parmi les Armstrong et les Ben Johnson, et non aux côtés de Federer et Nadal.

    Le seul point sur lequel je ne suis pas d’accord avec Vergne, c’est sur la postérité, point que nous ne pouvons évidemment pas trancher maintenant.

    Thomas Johansson est régulièrement appelé à comparaître en tant qu’accusé n°1 parmi les impostures en GC. Sur ce point-là, l’article de Guillaume ici-même consacré à la question est en porte-à-faux, puisque sa « finale » oppose Teacher à Bébert Costa. Ce qui est oublié aujourd’hui, ce sont les circonstances de la victoire de Johansson : les 8 participants du Masters 2001 étaient, à l’AO 2002, soit absents, soit tous tombés à l’issue du deuxième tour. Notre suspect suédois, 16ème mondial je crois, devenait dès lors un outsider crédible (parmi d’autres) pour la victoire finale. Ce qui est extraordinaire, c’est cette levée australienne de 2002, bien plus que l’identité du vainqueur.

    Et de la même manière, mon regard sur cette édition 2026 de Roland, qui ne sera évidemment que le mien, retiendra avant tout cette formidable première semaine, d’ores et déjà ma préférée tous GC confondus. Cette nébuleuse de matchs en cinq sets entre seconds couteaux se déchirant jusqu’à la dernière goutte de sueur est ce que je retiendrai de cette édition, loin devant le nom du vainqueur.

  29. Guillaume 9 juin 2026 at 09:45

    C’est sûr que la gueule de bois est sévère en deuxième semaine après la joyeuse orgie de la première. On est passé de matchs enthousiasmants à tous les étages à des matchs globalement fades… voire pas de matchs du tout (Berrettini – Arnaldi, Cobolli – Arnaldi). Et un scenario esquissé dès les huitièmes (dès la défaite de Sinner, en vrai ?) qui n’est plus sorti des rails, nous emmenant droit à la victoire annoncée de Zverev. Le théorème s’est vérifié à l’extrême : quand la première semaine est emballante, ça se paye en deuxième. Ou alors il faut vraiment qu’AUCUN favori n’ait échappé au jeu de massacre initial. Sinon, quand il en reste un, qui plus est frais, au milieu d’invités surprises inhibés, fatigués voire éclopés, c’est le pire scenario possible. On a quand même eu une finale rigolote, pas si loin de rappeler Gaudio – Coria par les petits nerfs des deux protagonistes, les fautes hénaurmes et le petit bras qui pointait au 4e set (quelques échanges où personne ne tentait plus rien dignes de la 2e série). Il a manqué un « vrai » 5e set digne de ce nom pour titiller le Mythe des deux Argentins. Pas compris pourquoi Cobolli (fra)cassait sa dynamique en prenant un toilet break alors qu’il avait le momentum.

    Là en l’état, en se montrant si tremblant en finale (franchement, il y avait la place pour Cobolli), Z a fait le job et réussi ce qui lui tenait le plus à coeur, mais on ne peut pas dire qu’il ait envoyé un message à la concurrence, ni sur ses nerfs, ni sur la qualité de son coup droit : s’ils ont regardé la finale, Sinner et Alcaraz n’ont pas dû éteindre inquiets devant l’envergure nouvelle prise par le Z…

    Sur la question du « pire vainqueur », il faut déjà savoir si on parle réellement du pire vainqueur (états de service globaux) ou du pire parcours de vainqueur ? Parce que je vois les refs à Zverev ou Johansson, mais il n’y a dans le second cas aucune raison d’écarter les usual suspects des palmarès de Grand chelem. Dans la litanie de leurs succès majeurs, eux aussi ont à l’occasion fait fructifier des parcours bien crades. L’US Open 2017 de Nadal, le Wim 21 de Djoko, l’OA 2003 de Dédé… A l’opposé effectivement certains one shot sont extrêmement solides (Stich, Noah, Krajicek, Panatta, Delpo…). Qui combine les deux, unique GC costaud + grosse carrière au global ? Chang, Muster (sacrée bizarrerie que son RG95 soit même sa seule finale de Chelem, eu égard à son niveau sur terre durant une demi-douzaine d’années)… et plus récemment, effectivement, Daniil qui restera à jamais l’homme qui nous a sauvé du Calendaire.

    Un vieux, aussi, trop vieux pour qu’on le voit jamais cité dans les potentiels « meilleurs one shot », alors je le réhabilite : Tony Roche. Un unique titre du GC à Roland en 66, mais au total 6 finales de GC (comme Medvedev), un H2H à l’avantage face à Laver en 69 (5-4) mais sans gagner les matchs qui comptent le plus en GC (1/2 de l’OA et finale de l’US), 5 Coupes Davis dont un retour du caveau (et d’un tennis-elbow) en 1977 pour battre Panatta en simple en finale et offrir le titre à une Australie déjà plus dominante. Et puis une pelletée de titres prestigieux mais aujourd’hui assez difficiles à calquer sur nos grilles de lecture et nos calendriers : la finale du WCT en 1968 (n°1 de ce circuit parallèle cette année-là), l’US Pro en 70 (plus un GC Pro donc mais toujours un tournoi prestigieux, où il bat Laver en finale), et puis Rome, Hambourg, le Queen’s aussi en fin de parcours, en 78, battant McEnroe en finale… Estimé n°2 mondial à son meilleur, il ne fait clairement pas tâche parmi les « one shots » très, très solides.

    • Rubens 9 juin 2026 at 14:12

      « quand la première semaine est emballante, ça se paye en deuxième. Ou alors il faut vraiment qu’AUCUN favori n’ait échappé au jeu de massacre initial.  »

      C’est exactement pour cette raison que je souhaitais que le Z rejoigne Sinner et Djoko au cimetière. Je n’avais en fait rien de particulier contre le Z, simplement il restait la dernière vigie hiérarchique encore en course, le seul homme empêchant cette promesse enivrante d’un tournoi totalement ouvert. Et il l’est resté jusqu’au bout, pendant 10 jours, enlevant à la deuxième semaine le parfum chaotique qui avait dominé la première semaine.

      +1 pour Tony Roche. Très consistant en tant que one-shoter en effet. Mais j’en reviens à ce que je disais plus haut : soit la question est de voir qui a eu le parcours le plus insignifiant sur la route d’un grand titre (et là en effet certains Avengers seront convoqués sur le banc des accusés), soit on regarde le palmarès global des one-shoters, et ce sont deux questions bien distinctes. Zorba a un palmarès tout à fait respectable pour un one-shoter, mais son titre n’a rien de formidable sportivement parlant. S’il avait battu Carlitos en Australie et avait enchaîné par une victoire contre Slip en finale, ce serait autrement plus significatif.

      Je suis bien plus déçu pour Cobolli que lui-même ne semble l’être. Parce que le Z était nettement à sa portée, parce que Flavio a très mal servi pendant tout le match, parce qu’effectivement il a lui-même cassé une dynamique qui lui était favorable au début du cinquième.

      Mais surtout, supposons que Flavio réussisse un nouveau parcours royal en GC dans les prochaines années et atteigne une nouvelle finale, et supposons que cette fois il se prenne trois petits sets contre un Béornide surpuissant ou un Carlitos génial. Notre ami Flavio pourra alors se retourner vers cette finale contre Zverev, se rendre compte que tous les adversaires en finale ne se valent pas et prendre enfin la mesure de l’occasion qu’il aura laissé passer lors de ce Roland 2026.

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