Le tennis professionnel avant l’ère Open (1/5)

By  | 26 août 2009 | Filed under: Histoire

En 1968, les tournois du Grand chelem « ouvrirent » leurs portes aux joueurs professionnels et le tennis entra alors dans l’ère que l’on continue à appeler « Open » pour cette raison. Les joueurs qui étaient passés professionnels furent alors à nouveau admis dans les principaux tournois dont ils s’étaient eux-mêmes exclus en cédant aux sirènes des promoteurs du tennis dit « pro », parfois longtemps auparavant. Le tennis professionnel n’est pas, en effet, né dans les années 1960 mais dans les années 1920… Les informations contenues dans l’ouvrage essentiel de Bud Collins History of Tennis : An Authoritative Encyclopedia and Record Book permettent de reconstituer cette histoire tumultueuse. Tel est l’objet de l’article qui suit et  dont voici la première partie.

Partie I : Suzanne Lenglen ou les débuts du professionnalisme

A proprement parler, les premiers joueurs professionnels furent les professeurs de tennis rémunérés par leurs élèves et qui se voyaient de ce fait frappés de l’interdiction de disputer les tournois, réservés aux amateurs, hormis quelques épreuves qui leur étaient réservées.

Les débuts du tennis ‘pro’ tel qu’on l’entend aujourd’hui furent le fait de quelques entrepreneurs ou impresarios de spectacles, décidés à tenter de gagner de l’argent en organisant des rencontres de tennis, comme l’on organise des matches de boxe…Cette association n’est pas fortuite : la première salle ou furent disputés régulièrement des matchs de tennis entre professionnels n’est autre que le Madison Square Garden à New York.

Le premier joueur de tennis professionnel n’est pas un homme mais bien une immense championne, la meilleure joueuse de son époque, une star révolutionnaire qui drainait les foules comme aucune autre ne l’a fait et qui a établi plusieurs records, certains toujours inégalés. Suzanne Lenglen remporta le simple dames de Wimbledon de 1919 à 1925, sauf en 1924 ou elle déclara forfait après le 4e tour, étant tombée malade. Elle remporta ainsi 32 matchs à Wimbledon sans jamais avoir été battue. Elle s’imposa également deux fois aux Internationaux de France en 1925 et 1926, totalisant dix victoires. Elle fut battue une fois à Forest Hills en 1921 par Molla Mallory et ne perdit plus un seul match jusqu’en 1926. Cette année-là, au printemps, elle disputa contre la grande championne américaine Helen Wills la finale du tournoi du Carlton Club de Cannes. Ce tournoi, ordinairement peu important, fût le théâtre de l’unique confrontation entre les deux championnes.

Ce fût le match de l’année et l’un des évènements sportifs les plus médiatisés de l’époque qui fit, avant et après le match, la Une des journaux du monde entier. De nombreux spectateurs s’installèrent dans les arbres avoisinants, sur des échelles ou dans les appartements disposant d’une vue sur le court. Le prix des places atteignit 60 $, une somme considérable pour l’époque, correspondant à environ 750 $ aujourd’hui. Devant 3 000 personnes, et face à Wills qui déclara avoir joué l’un de ses plus grands matchs, Suzanne l’emporta 6-3 8-6 après avoir été poussée dans ses retranchements comme jamais elle ne l’avait été depuis sa finale victorieuse de Wimbledon en 1919… et comme jamais elle ne le fut par la suite. Il faudra ensuite attendre près de cinquante ans et la « bataille des sexes » entre Bobby Riggs et Billie Jean King en 1973 pour assister à un évènement aussi considérable. Trois mois plus tard, à la suite d’une controverse mémorable à Wimbledon, laquelle entraîna son retrait, elle mit un terme à sa carrière amateur.

Elle décida d’accepter l’offre du promoteur américain Charles C. « Cash & Carry » Pyle qui organisa la première « tournée » professionnelle, une série de 38 matchs itinérants aux Etats-Unis et au Canada qui devaient l’opposer à Mary Kendall Browne, première professionnelle américaine, embauchée pour la circonstance par Pyle, de même que d’autres joueurs (Vinnie Richards, Howard Kinsey, Harvet Snodgrass et Paul Feret). Mary Browne avait alors 35 ans et avait connu son heure de gloire en remportant un triple triplé (simple, double, double mixte) au championnat des Etats-Unis, à Forest Hills, en 1912, 1913 et 1914. En 1926, elle était encore classée n° 6 mondiale. La star du groupe était bien sûr Lenglen. Chez les hommes, Richards était également n°6 en 1926 et  Kinsey n°9 au moment où ils renoncèrent à leur statut d’amateurs.

La première rencontre eut lieu le 9 octobre 1926 au Madison Square Garden devant plus de 13 000 spectateurs et généra environ 40 000 $ de revenus. La tournée qui suivit dura quatre mois, au cours desquels Suzanne remporta les 38 rencontres qui l’opposèrent à Browne, encaissant au passage un bonus de 25 000 $ qui s’ajoutait aux 50 000 $ garantis par Pyle, soit près d’un million de dollars actuels au total : une somme qui lui aurait permis d’acquérir plus de 250 Ford T ! A titre de comparaison, le sportif le mieux payé des Etats-Unis à cette époque était le joueur de baseball Babe Rutt qui, en 1930, signa un contrat de deux ans avec l’équipe de New York, les « Yankees », moyennant le montant record de 80 000 $ par an. La tournée fût un grand succès et l’on estime que Pyle gagna – lui aussi - 80 000 $ à cette occasion. Lenglen voyageait telle une star de cinéma dans un train spécialement aménagé pour elle avec cuisinier, camériste, agent de presse et son amant de l’époque, un riche Américain répondant au curieux nom de Baldwin Baldwin. Lenglen ne fit pas de deuxième tournée, se contentant par la suite de faire un peu de coaching, jusqu’à sa mort en 1938.

Les grands tournois professionnels

Peu après cette première « tournée » professionnelle, le nombre de joueurs ‘pros’ fut suffisant pour que puisse être organisé en 1927 le premier tournoi professionnel, l’US Pro, disputé à Brooklyn et remporté par Vinnie Richards aux dépends d’Howard Kinsey sur le score de 11-9 6-4 6-3. Richards empocha 1 000 $ (un peu plus de 12 000 $ actuels) sur les 2 000 $ distribués à l’occasion du tournoi. Il remporta également l’édition de 1928, disputée cette fois à Forest Hills dans le Queens, dans le lieu même où se tenait le Championnat des Etats-Unis, battant en finale Karel Kozeluh, classé n°10 mondial cette année-là ; un joueur considéré comme un maître bien que n’ayant jamais participé aux tournois amateurs. A partir de cette année, outre son activité de joueur, Vinnie Richards assurra le rôle de promoteur, succédant ainsi à Charles C. Pyle. Il fût ainsi le premier joueur-promoteur, un double rôle que Jack Kramer assumera par la suite, après la Seconde guerre mondiale. Richards, qui avait été n° 3 mondial en 1921 derrière Bill Tilden et Bill Johnson, gagna également par la suite l’US Pro en 1930 et 1933.

Jusqu’en 1930, l’US Pro fût le seul grand tournoi professionnel. Il fut disputé chaque année non seulement jusqu’en 1968, mais également au-delà puisque Marat Safin en remporta la dernière édition en 1999 (il se jouait alors à Boston). Il fût non seulement l’un des trois tournois Pros majeurs jusqu’au basculement dans l’ère Open, mais aussi souvent le premier d’entre eux. Il demeura un tournoi important jusque dans les années 1970. Le deuxième tournoi Pro majeur à voir le jour fût le French Pro Championships dont la première édition eut lieu en 1930 au stade Roland-Garros. En finale de cette première édition, Karel Kozeluh battit Albert Burke sur le score de 6-1 6-2 6-1. Les éditions suivantes furent également disputées à Roland-Garros sauf de 1963 à 1967, où le tournoi migra au stade Pierre de Coubertin. Contrairement à l’US Pro, le tournoi fût disputé pour la dernière fois en 1968 : Rod Laver battit John Newcombe en finale 6-2 6-2 6-3. Enfin, en 1934 fut organisée la première édition du London Indoor Pro Championships, plus connu sous le nom de Wembley Pro, remportée par Ellsworth Vines qui battit en finale Hans Nüssllein en cinq sets (6-1 6-3 5-7 3-6 6-3). En tant qu’amateur, et déjà doté d’un service de plomb, Vines avait remporté Wimbledon en 1932 et également remporté le championnat des Etats-Unis à Forest Hills en 1931 et 1932. Par suite, il avait été classé numéro un mondial en 1932. Comme le French Pro, le Wembley ne survécut pas à l’ère Open et Ken Rosewall en fut le dernier vainqueur en 1968, battant John Newcombe en finale (6-4 4-6 7-5 6-4).

Comme Wimbledon, le Wembley Pro fut souvent considéré comme le tournoi le plus important des trois mais cette observation mérite d’être largement nuancée selon les années en fonction des participants, et ce titre semble finalement devoir revenir à l’US Pro. De manière générale, le niveau de ces trois tournois fût très variable selon les années. En 1954 et 1955, il n’y eut d’ailleurs ni French Pro, ni Wembley Pro. Il n’y eut pas davantage de Wembley Pro entre 1940 et 1948, et pas de French Pro entre 1940 et 1952, de sorte que le seul tournoi disputé continuellement jusqu’en 1968 fût l’US Pro, à la seule exception de 1944. Ces tournois étaient relativement peu dotés en comparaison de ce que les meilleurs pouvaient gagner en tournée, de sorte qu’ils n’attiraient pas nécessairement tous ces derniers. En 1936 et 1937 par exemple, l’US Pro fut déserté par les meilleurs joueurs. Ces tournois furent néanmoins les « Grand chelems » des joueurs professionnels au cours de la période où la majorité des tout meilleurs joueurs du monde étaient professionnels, c’est-à-dire entre 1948 et 1967.

Deuxième partie : De Bill Tilden à Donald Budge, ou le développement des tournées.

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Né l'année ou Rod Laver réalise son premier grand chelem, suit le circuit depuis 1974, abuse parfois de statistiques, affiche rarement ses préférences personnelles, aime les fossiles et a parfois la dent un peu dure...

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25 Responses to Le tennis professionnel avant l’ère Open (1/5)

  1. Duong 26 août 2009 at 9 h 28 min

    Merci beaucoup pour ces infos !

    Moi, j’avoue que je suis toujours stupéfait et ai du mal à comprendre le succès populaire qu’ont pu avoir certains de ces événements.

    A l’époque, pas de télé, et le potentiel populaire me semble être beaucoup plus facilement draîné par les compétitions par équipes dans les villes, voire les nations pour les plus grands sports (football notamment).

    13000 spectateurs en 1926 pour Lenglen, ça laisse rêveur !

    Le tennis ancien, je vais être honnête, a pour moi une image élitiste : quand j’ai commencé à jouer au tennis, petit, fin des années 70, le tennis me semblait clairement encore un sport de « classe », presque comme le golf aujourd’hui.

    Alors en 1926 !!

    Comment draîner un tel public pour des compétitions individuelles, dans un sport un peu élitiste (et qui plus est qui a toujours été un peu long à suivre en comparaison de bcp de sports) ? … et qui plus est pour une compétition féminine pour ce qui concerne Lenglen ?

    Pour ce qui concerne Lenglen, il me semble qu’elle doit aussi beaucoup son succès « médiatique » à ses tenues et à son caractère de « personnage de mode ».

    Mais sinon, de manière générale, je vois certains des matches des grands joueurs anciens avec un public énorme !!

    Certes, il me semble que l’événement populaire le plus considérable de l’époque en tennis était une compétition par équipes : la coupe Davis … avec ce que ça implique de rivalités nationales et d’identification.

    Mais quand même, si quelqu’un pouvait un peu m’éclairer sur la dimension populaire du tennis pré-ère open (et surtout pré-télévision), pourquoi et comment il pouvait en être ainsi, je serais très intéressé.

  2. Guillaume 26 août 2009 at 11 h 19 min

    L’irruption en force d’Antoine dans le cercle des auteurs du site. Pour avoir déjà eu l’honneur de tout lire, je suis admiratif de la somme de travail abattu. Dire que tu étais en vacances, Antoine ! C’est con, mais je dois bien avouer que je suis un peu fier de lire ça sur ce site.

    Cette saga me conforte d’ailleurs dans ma pensée – j’aurai occasion d’y revenir sur les articles suivants – que ce sont les GC qui ont clairement fait la légende du tennis, et non les joueurs. Comme dit Christian Prud’homme, « C’est le Tour qui fait les coureurs, et non l’inverse ». Je transpose volontiers ça au tennis. Un Karel Kazeluh, kézako ? Il avait beau être l’un voire le meilleur des pros, j’avais jamais entendu parler.. Et bien oui, il n’a pas joué en amateurs, et donc pas joué les GC. Alors que Norman Brookes ou John Bromwich sont des noms qui, s’ils ne me sont pas familiers, me sont au moins connus.

    C’est là je trouve que l’on verra la supériorité des Grands Chelems… et sans doute l’intelligence de Roy Emerson de n’être pas passé pro ! Au moins, à défaut d’avoir été le plus fort, lui est passé à la postérité ;) Pendant que des Segura ou Gonzalez en sont réduits à être réhabilités tant le professionnalisme les a un peu plongé, le temps passant, dans un relatif anonymat.

  3. Alex 26 août 2009 at 11 h 50 min

    Énorme travail on s’en doute,bravo et merci de nous éclairer sur cet aspect des choses peu connu.

    Le Wembley pro disparu à l’ère open ? Le tournoi de Wembley,disputé jusqu’en 89 (victoire de Chang) n’était donc pas sa survivance dans l’ère open,à l’instar de Boston pour l’us pro ?

    Autre question : tu parles de Vinnie Richards numéro 3 mondial et de deux autres numéro 6 et 9,comment le savait-on et comment cela se mesurait-il à l’époque en l’absence de classement officiel et d’ordinateur ?

    • Franck-V 26 août 2009 at 13 h 38 min

      Us pro à Boston et US pro indoor à Philadelphie.

      De même que Wembley, ces tournois étaient intégrés au circuit jusquà la fin des 80′s mais comme pour ..l’US Open (dont Open n’est plus justifié), le qualificatif « pro » est resté associé à ces tournois.

  4. MarieJo 26 août 2009 at 12 h 11 min

    pour avoir eu l’occasion de trainer à RG assez souvent les jours de pluie, il y a une biblio très fournie au tennis muséum, et je crois bien qu’on y trouve la fameuse encyclo de bud collins, et aussi de nombreuses bio et autres… les mag tennis us, portugais, espgnols, anglais etc… bref on peu y retourner gratos avec un billet de l’édition de l’année en cours.

    ce cher antoine pourait y passer des heures ;)

    c’est sûr qu’avec la série historique qu’antoine nous porpose pour les prochaisnes semaines, on va apprendre des choses surement surprenantes.
    si emerson avait été pro, i’l n’y aurait eu que laver au top des GOAT avec finalement sampras en fin de carrière. C’est sûr que la manière d’apprécier ces champions aurait été différente.
    mais on aura l’occasion de revenir sur le sujet :)

  5. Antoine 26 août 2009 at 13 h 29 min

    Merci pour vos commentaires sympathiques et quelques éléments en complément, en réagissant à ceux-ci.

    Duong se demande comment le tennis pouvait avoir autant de succès, et particulièrement Lenglen. Je m’était fit la même remarque et j’ai été surpris d’apprendre que peu de temps après la création du jeu en 1874, ce sport a connu un développement très rapide, s’établissant un peu partout ou se trouvait des britanniques dès 1880. Le championnat des Etats Unis date ainsi de 1881, quatre ans après Wimbeldon. Ceux qui l’ont rendu populaire étaient les frères Renslaw dans les années 1880 et il y avait pas mal de monde dans les tribunes dès avant la première guerre mondiale au point d’ailleurs qu’il a fallu contruire de nouveaux stades beaucoup plus grands: Forest Hills en 1915, l’actuel stade de Wimbledon en 1922. Mais c’est dans les années 20 que le tennis, comme d’autres sports est vraiment devenu populaire.

    Lenglen est certainement responsable du fait que l’on suivait tout aussi assidument les matchs de ces dames que ceux des hommes. Contrairement à aujourd’hui, les doubles étaient également très prisés, en particulier le double mixte. Il y a énormément de choses à dire sur Lenglen et j’écrirais peut être un article sur elle mais il faut bien comprendre que c’était une véritable star, controversée en raison de sa tenue (robe qui découvrait la partie inférieure des jambes et les bras, un objet de scandale absolu pour les prudes anglaises, un très vif intérêt pour les hommes..La photo que Guillaume a mise a je crois été prise lors du match de Cannes en 1926 cité dans l’article), de ses opinions féministes, de ses moeurs (elle buvait du brandy entre le sets, ne se cachait pas d’avoir des amants) et de son jeu très « masculin » (elle jouait souvent service volées. On dit que l’actuel stade de Wimbledon a été construit pour elle ce qui est sans doute un peu exagéré mais toujours est il que pour son premier match à Wimbledon en 1922 (son premier tour), la file de gens qui faisaient la queue pour pouvoir entrer commençait à la station de métro: 1,5 mile ! Il faut dire qu’elle a dominé comme personne ne l’a fait avant ou après elle: un match perdu à Forest Hills en 1921, une unique défaite en huit ans (1919-1926); 116 victoires de rang avant cette défaite, 182 après celle-ci….250 tournois gagnés dont 83 en simple dont 7 sans perdre un seul jeu..Qui dit mieux ? Même si je partage l’opinion de Guillaume et qu’effectivement les tournois du GC (et la Coupe Davis) ont fait la légende, certains joueurs et joueuses y ont contribué assez largement…

    Pour répondre à Alex sur les classements, chacun sait que l’ATP édite un classement informatique depuis 1973 mais nombreux étaient ceux qui établissait leur classement avant cette date. D’ailleurs, les différentes fédérations nationales continuent toujours à établir leur propre classement national. Mais au plan international, la fédération internationale ne l’a jamais fait à ma connaissance et ces classements étaient établis par des journalistes spécialisés. Le classement qui fait le plus autorité avant 73 est celui du « Daily Telegraph » publié continuellement depuis 1913 sauf pendant les guerres. ce n’est pas la Bible mais le classement de l’ATP non plus, du moins s’agissant des deux ou trois premières places..

    Il faudrait réhabiliter Roy Emerson qui est passé pro au début de 68 juste avant qu’apparaissent les premiers tournois « open ». Ce n’est qu’après avoir gagné ses 12 GC que ce dernier a appris qu’il détenait le record. Comme il le disait modestement « on ne s’intéressait pas à ce genre de truc comme on le fait maintenant ». Il a continué à jouer jusqu’en 1978 et a gagné 3 tournois pro après 68 mais ses belles années étaient passées (il avait 32 ans). Il a gagné 100 tournois amateurs en simple dont ses 12 GC. En 1967, année ou il gagne 3 tournois du GC, il gagne 109 matchs sur 115. Ce n’était pas un mauvais, loin de là…

    Enfin, pour répondre à Alex, il est exact que le tournoi de Wembley a existé jusqu’il y a qq années mais si j’en crois Collins, ce n’est pas le successeur du London Indoor Pro Championnships…J’essaierai de vérifier cela au Tenniseum un de ces jours, un endroit fort agréable comme le souligne Marie JO…

    • Duong 26 août 2009 at 15 h 33 min

      Merci, oui je suis sidéré par cette queue d’1,5 mile pour voir Lenglen au premier tour de Wimbledon !

      Sinon, pour les classements, et pour ceux qui ne connaissent pas (je sais que ce n’est pas le cas d’Antoine), moi j’ai une référence simple :

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Joueurs_de_tennis_num%C3%A9ros_1_mondiaux

      • Antoine 26 août 2009 at 15 h 42 min

        C’est une très bonne synthèse qui s’appuie d’ailleurs assez largement sur les mêmes sources que Bud Collins.

    • MarieJo 26 août 2009 at 15 h 44 min

      dis mois ça représente combien de pages lu dans l’encyclo ton petit résumé ici ? car j’ai apperçu le fameux bouquin et c’est un sacré pavé !

      lenglen la grande star du tennis avant tout le monde… finalement mis à part le gigantisme des US et de l’oz pour les nouveau stades, je suis bien contente que wimb et RG n’aient pas cédé dans ce domaine, même si Rg prend le chemin :(
      rien que l’idée de devoir sortir de l’enceinte de RG me déplait… et ça ruine évidement mes combines !

      • Antoine 26 août 2009 at 15 h 57 min

        C’est un gros pavé de 750 pages. J’ai tout lu et repris à peu près tout ce qui concernait le tennis pro avant 68. Au total mon article fait 15 pages en word et Guillaume l’a scindé en cinq qu’il souhaite faire paraître chaque semaine. J’ai fait aussi un autre article sur un autre sujet qui paraitra la semaine prochaine.

        Le bouquin est remarquable: il y a un résumé de quatre ou cinq pages de chaque année depuis 1919, les bio de chaque joueur significatif, les stats, scores et records de chaque GC ainsi que de la Coupe Davis, de la Fed Cup etc..Bref, il y a pratiquement tout et cela ne coûte que 25 € chez Amazon…

  6. Franck-V 26 août 2009 at 14 h 27 min

    Humm, du lourd (en info.. je précise), bravo Antoine.

    Bien sûr, je n’ai qu’à lire en savourant et apprendre de cette genèse du professionnalisme , n’ayant rien à rajouter en anecdotes de ma connaissance… quand même pas le précambrien, ça fait trop loin pour moi… ;-)

    Sauf que… d’après la légende les 2 tourelles de façade du Carlton à Cannes auraient été inspirées à l’architecte du palace …par la poitrine de sa maîtresse, eh oui, ça peut meubler la rubrique rétro :-)

    Pas de doute, « La » Lenglen était une vraie star, bien dans le ton de l’émancipation féminine des années folles. Elle mérite à elle seule un article..comme le géant de ton prochain opus, Big Bill.

  7. Cedric 26 août 2009 at 14 h 50 min

    Très intéressant, et écrit dans un style limpide, sans fioriture très propice à ce qu’on lise tout d’un trait. Super boulot
    J’en redemmande !!

    Après pour l’engouement qu’a suscité Lenglen, est il possible de voir dans ce qu’elle représenta à un moment donné, dans une époque au clivage homme/ femme très marqué, un « espèce » de monstre de foire, trimballé de ville en ville ?
    Peut être même une icône sexuelle, genre femme fatale. A comparer la miss à la plupart de nos arrières grand mères, pétrifiées par le poids des traditions de l’époque : pas ou peu de travail, souvent pas glorifiant, pas vraiment de liberté, pas de droit de vote, …. A voir sur nos photos de familles, si sévères dans leur costume sombre.

    , … » venez voir l’invicible Lenglen aussi jolie que redoutable et diantre qu’elle est redoutable, et peut être serez vous présent pour sa seule et unique défaite, … »

    évènement qui dépasse les classes et le fait que le tennis reste essentiellement pour les riches.

    De plus, ce spectacle de dames qui bougent dans tous les sens et qui ont les gambettes nues ne devait pas déplaire aux messieurs ….

  8. Duong 26 août 2009 at 16 h 03 min

    Tiens, j’avais déjà signalé ce lien, mais à défaut de se taper le bouquin de Bud Collins, j’ai adoré lire ce site :

    http://bmarcore.club.fr/tennis/index.html

    notamment la partie « MESSIEURS : 42 EPISODES »

    Franchement ça m’a passionné !

    • Antoine 26 août 2009 at 17 h 00 min

      Je ne connaissais pas..Il est très bien ce site…

  9. Fabien 26 août 2009 at 20 h 50 min

    Wouah, j’ai appris plein de trucs merci!
    ça fait plaisir de se plonger un peu dans la préhistoire du tennis. Quelqu’un sait si on peut trouver quelque part des vidéos de vieux matchs de tennis? Bon j’imagine que 1920 faut pas rêver mais les années 40 ou 50?

    En tous cas vivement la suite.
    Et après on s’étonne qu’il n’y ait pas plus de rédacteurs, mais allez passer après des articles pareils…

  10. Kristian 26 août 2009 at 21 h 08 min

    Tres interessant tout ca. Ca me rappelle un auteur qui avait entame sur un site defunt une trilogie sur les grands joueurs de l’ere pro en la commencant par un passionnant article sur Pancho Gonzales. La trilogie s’est malheureusement arretee au premier volet, l’auteur ayant commis un hara-kiri virtuel. Mais je ne desespere pas d’en lire la suite.. un jour..

    • Antoine 26 août 2009 at 22 h 06 min

      ..En fait Kristian, j’avais commencé par Laver, puis Gonzalez et m’étais arrêté là..Ces articles sont en cours de récriture avec d’autres d’ailleurs..

  11. karim 26 août 2009 at 23 h 11 min

    Et tu en as fait cinq comme ça? Je suis admiratif, quand tu lis un truc comme ça ou les articles de Mus sur Ali (il est mort Mus ou quoi?) ou ceux d’un poisson devenu grand sur l’athlé, tu te dis qu’on ne vient pas sur ces sites avec les mêmes armes. y’a d’authentiques journalistes d’investigation et des vrais passionnés planqués parmi les glandeurs que nous sommes pour la majorité.

    Je n’ai aucun commentaire à faire sur l’article, j’attends juste la suite pour m’enrichir culturellement. Tout est dit dans cette phrase. Merci Antoine. Ah juste pour l’anecdote, vu que les visages de la plulpart d’entre nous restent inconnus, j’ai cette manie de vous en inventer. Et Antoine c’est Jean Réno dans Nikita, Victor le nettoyeur.

  12. Jean 27 août 2009 at 16 h 26 min

    Très bel article, qui aurait à mon sens supporté un peu plus de longueur. Lenglen en Piaf/Holiday du tennis, si bien sûr les évènements survivent aux personnes, celles-ci lorsqu’elles ont une personnalité exceptionnelle peuvent faire faire des bonds à leur discipline. J’attends la suite.

    • Antoine 27 août 2009 at 18 h 32 min

      Pour la longueur tu vas être servi. Il ne s’agit que des trois premières pages à peine d’un article qui en fait 15 ! Sinon les news côté fossile c’est que pour le quarantième anniversaire de son chelem de 69, Rod Laver sort son bouquin écrit avec Collins..Je crois que je vais commander..

      • fieldog38 27 août 2009 at 23 h 33 min

        Bravo pour ce travail journalistique! On sent que tu es un vrai passionné du jeu et ta passion est communicative car la lecture de ton article m’a donné envie d’acheter ce bouquin ;)

      • Franck-V 27 août 2009 at 23 h 45 min

         » Rod Laver sort son bouquin écrit avec Collin »

        Avec Colin?

        NONNNNNNNNNNNNNNNN ???????????

        J’aurais dû m’en douter….  » pour le quarantième anniversaire …. »

        On a le Bud Colin de 15LT :-)

      • colin 29 août 2009 at 10 h 41 min

        Hé oui je l’avoue, c’est pour ça que je poste beaucoup moins sur 15love ces dernières semaines: mon travail avec mon vieux pote Rod L. occupe tout mon temps!!!

  13. Lionel 28 août 2009 at 12 h 56 min

    Une bien belle saga que l ami Antoine propose.

    Baldwin Baldwin, ça me rappelle le Humbert Humbert de Lolita. Difficile de se rendre compte aujourd hui de l importance de Lenglen.

  14. colin 31 août 2009 at 20 h 48 min

    Super travail, très bien écrit. J’ai attendu d’avoir assez de temps pour le lire et le déguster.

    J’attends la suite avec impatience.

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