Björn Borg et Rafael Nadal sont nés à 30 ans d’intervalle. Le blond suédois, le 6 juin 1956 ; le brun majorquin, le 3 juin 1986 (les deux avaient donc l’habitude de fêter leur anniversaire à Roland Garros, petit clin d’œil du destin).
Cet écart de 3 décennies tout pile facilite les comparaisons entre leurs trajectoires, d’abord très similaires jusqu’au bug qui s’est produit pour Borg à la fin 1981 (mais qui n’a pas eu lieu pour Nadal fin 2011) ; puis opposées à l’extrême. Ce qui permet de nous adonner à une (double) uchronie : que se serait-il passé après 1q81 si Borg avait eu la longévité de Nadal ? Et que serait-il arrivé après 20i1 si le bug s’était produit pour Nadal ?
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Introduction : Les similitudes, de 197[200]4 jusqu’à 198[201]1
On le sait, Borg et Nadal sont quasiment des jumeaux pour ce qui est de la première partie de leur carrière, et ce, via trois aspects principaux : (1) leur précocité ; (2) leur suprématie quasi hégémonique sur terre battue ; et (3) leur capacité à aller gagner aussi sur les autres surfaces.
Précocité
Dans ce domaine, Borg a été un précurseur.
D’abord en Coupe Davis (il remporte ses deux simples et son double lors de sa première participation à la Coupe Davis en 1972, à 15 ans ; il est alors le plus jeune joueur à disputer une rencontre de Coupe Davis).
Puis en tournoi : première finale à Monte-Carlo en 1973 alors qu’il n’a pas encore fêté ses 17 ans ; victoire à Rome puis à Roland-Garros en 1974, fêtant ses 18 ans pendant le tournoi (il est alors le plus jeune joueur du tableau). Borg détient toujours le record du joueur le plus jeune à avoir remporté son 3ème tournoi du Grand Chelem (20 ans et 1 mois).
Nadal n’a pas été en reste, mais, globalement, avec un an de retard par rapport à Borg. Beaucoup d’entre nous l’ont découvert lors de la campagne de Coupe Davis 2004, l’année de ses 18 ans, lors de laquelle, en demi-finale, il contribue à l’élimination de l’équipe de France en dominant Arnaud Clément, puis, en finale, dans le stade Olympique de Séville, il bat le numéro deux mondial Andy Roddick lors du second match, ce qui contribue à la victoire de l’Espagne par 3 à 2. Absent de Roland-Garros 2004 pour cause de blessure, c’est donc en 2005 qu’il remporte son premier titre Porte d’Auteuil, fêtant ses 19 ans pendant le tournoi, juste après s’être imposé à Monte-Carlo et à Rome.
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Hégémonie sur Terre Battue
Borg et Nadal ont tous deux remporté Roland Garros à 6 reprises entre 197[200]4 et 198[201]1, soit 8 éditions, donc avec 75% de succès. Mais chacun d’entre eux n’a participé qu’à 7 de ces 8 éditions, soit un taux de succès réel de 6 sur 7 soit 86%. A ce stade là de domination, on peut parler d’hégémonie.
Borg a été privé de l’édition 1977 (interdiction de concourir, comme tous les joueurs en contrat avec la World Team Tennis, circuit parallèle et concurrent de l’ATP) tandis que, comme on l’a vu ci-dessus, Nadal a raté l’édition 2004 sur blessure. Ils n’ont donc été battus qu’une seule fois porte d’Auteuil entre 197[200]4 et 198[201]1 : Borg par Adriano Panatta en quarts en 1976 ; Nadal par Robin Soderling en huitièmes en 2009. Le reste du temps, leur domination a été sans partage. Ainsi, Borg et Nadal ont tous deux remporté 2 de leurs 6 titres à Roland Garros sans perdre un seul set, en 197[200]8 et en 198[201]0.
Pour ce qui est des autres tournois disputés sur terre battue, leur domination était équivalente, même si, chez Nadal, elle avait un côté nettement plus stakhanoviste. Il faut dire qu’à l’époque de Borg, le circuit n’était pas encore stabilisé comme il a pu l’être après 1990, et les top players de son calibre avaient un intérêt financier important à disputer des tournois annexes grassement payés, notamment aux USA, plutôt que d’aller enquiller des titres moins rémunérateurs à Monte-Carlo, Barcelone, Hambourg, Rome…
Le palmarès de Borg s’en ressent, ainsi entre 197[200]4 et 198[201]1, si on ne compte que les tournois sur TB considérés depuis 1990 comme des Masters 1000 :
- Borg : 3 titres à Monte-Carlo, 2 à Rome et 0 à Hambourg (total 5)
- Nadal : 7 titres à Monte-Carlo, 5 à Rome et 2 à Hambourg/Madrid (total 14)
Plus représentatif que son palmarès, son ratio de victoire sur TB : A partir de septembre 1976 (juste après sa défaite face à Jimmy Connors à l’US Open), Borg ne compte plus que deux défaites, contre Guillermo Vilas en mai 1980 à Düsseldorf (World Team Cup) et Victor Pecci en avril 1981 à Monte-Carlo, ainsi que deux défaites par abandon contre Dick Stockton en août 1977 à l’US Open et Eliot Teltscher en mai 1979 à Hambourg. Il cumule 96 victoires dans cet intervalle de temps, soit un ratio facile à calculer de 96% et même 98% hors abandon sur blessure.
Nadal n’est pas en reste, évidemment, et nous connaissons tous ses statistiques « plus-que-borgiennes » dans le domaine. En voici deux, particulièrement représentatives, réalisées entre 2004 et 2011 :
- L’Espagnol a enchainé 81 victoires sur terre battue (record) : série débutée face à Gaël Monfils au premier tour du tournoi de Monte-Carlo 2005, et achevée lors de sa défaite face à Roger Federer en finale à Hambourg en mai 2007.
- En juin 2010, Nadal devient le premier joueur (et le seul à ce jour) à remporter le « grand chelem rouge » : Monte-Carlo, Rome, Madrid, Roland-Garros.
Capacité à s’imposer ailleurs que sur terre battue
Sur ce point, la similitude entre les deux ogres de l’ocre reste notable, même si elle commence à s’estomper légèrement. En effet, ils ont été, tous les deux, capables d’élargir le champ de leur domination en dehors de la brique pilée, à l’opposé d’autres champions comme Vilas, Muster ou Kuerten, qui n’ont pas gagné grand-chose ailleurs que sur TB. Mais les lieux de leurs succès entre 197[200]4 et 198[201]1 ont été un peu différents. Si l’on s’en tient aux tournois dits « majeurs » :
- Borg a très vite dompté le gazon londonien (premier titre à Wimbledon en 1976, suivi par 4 autres consécutifs), mais il a au contraire toujours buté sur la dernière marche à l’US Open (4 finales et une demie). Et il ne se déplaçait pas à Melbourne. Quant à la Masters Cup, son bilan est plutôt positif car il l’a remportée à deux reprises (1979 et 1980) après deux finales perdues (en 1975 et 1977).
- Nadal, lui, a réussi à remporter son premier US Open avant 2011 : c’était en 2010, dès sa première finale (il remportera, mais plus tard, 3 autres titres à Flushing Meadows). A Wimbledon, après deux défaites en finale face à Federer (2006 et 2007), il s’impose en 2008 puis en 2010 (sa 2ème et dernière victoire à Londres). Et à Melbourne, c’est dès 2009 qu’arrive son premier titre (un 2ème arrivera beaucoup plus tard). Aucune victoire en revanche en Masters Cup, ni entre 2004 et 2011, ni après, mais une médaille d’or aux J.O. (Séoul 2008).
Cela dit, d’un point de vue uniquement comptable, les bilans sont très proches entre 197[200]4 et 198[201]1, avec 5 titres en GC (et 2 Masters) pour Borg, contre 4 GC (et 1 J.O.) pour Nadal.
Preuve de leur capacité à gagner partout, et dernier point commun : Borg a fini n°1 mondial en 1979 et 1980, Nadal a fait de même en 2008 et 2010.
Terminons par un mot sur la concurrence : Borg avait en face de lui Connors, Vilas, McEnroe (et Lendl sur la fin), quand Nadal a dû se taper Federer, Djokovic, Murray et les autres. Nous n’en dirons pas plus car c’est un débat éternel et infini.
Chapitre 1 : 1q81 (…et si Borg avait eu la longévité de Nadal)
On sait qu’après sa finale perdue à Flushing Meadows en septembre 1981, face à McEnroe (par qui il avait déjà été battu en juillet à Wimbledon), Borg perd subitement le goût de la compétition. Il va traîner son mal-être encore quelques mois, avant d’arrêter définitivement à Monte-Carlo au printemps 1982 après une défaite face à Henri Leconte (nous ne parlerons pas de sa tentative piteuse de come-back en 1991).
Et si…
Et si Borg avait eu la longévité (et la grinta, et la haine de la défaite…) de Nadal ?
Après tout, Nadal après 198[201]1, ce sont pas moins de :
- 8 nouvelles Coupes des Mousquetaires, dont la dernière en 2022, l’année de ses 36 ans (donc 17 ans après la première),
- 4 autres sacres en Grand Chelem,
- 3 nouveaux titres de n° 1 mondial.
Hé bien dans ce cas, nous aurions pu assister à ceci :
- A Roland-Garros (en respectant l’écart de 30 ans avec les sacres de Nadal), des nouvelles victoires de Björn Borg en :
- 1982 (dommage pour Wilander)
- 1983 (dommage pour Noah)
- 1984 (dommage pour Lendl)
- 1987 (dommage pour Lendl (encore))
- 1988 (dommage pour Wilander (encore))
- 1989 (dommage pour Chang)
- 1990 (dommage pour Gomez)
- 1992 (dommage pour Courier) – il est ahurissant de se dire que Borg, s’il avait été nadalien, aurait été capable en 1992 de mater des joueurs tels que Courier, mais aussi Agassi, Muster, Sampras, Edberg, Becker, Ivanisevic… tandis que Lendl et Wilander, pourtant arrivés sur le circuit bien après lui, avaient déjà cessé d’être compétitif (Lendl) ou carrément disparu (Wilander)).
- Dans les autres tournois du Grand Chelem, au hasard :
- Encore deux autres titres à Wimbledon, par exemple en 1985 (dommage pour Becker) et 1987 (dommage pour Cash)
- Un unique titre à Melbourne, par exemple en 1984 (dommage pour Wilander)
- Enfin, pour couronner le tout, un unique titre à l’US Open, par exemple en 1985 (dommage pour Lendl).
- Et peut-être encore une ou deux Masters Cup, et la médaille d’or aux J.O. de 1992 à Barcelone (dommage pour Marc Rosset).
Bref, un bon paquet de joueurs auraient vu leurs palmarès sérieusement amputés à cause de ce Borg nadalien (à noter que les « one shots » tels que Noah, Cash, Chang et Gomez auraient sans doute souffert tout particulièrement).
Chapitre 2 : 20i1 (…et si Nadal avait craqué comme Borg)
198[201]1 a été l’année du gros bug pour Borg mais elle aurait pu l’être aussi pour Nadal. En effet c’est l’année de l’émergence de Djokovic en tant que n°1 (durable de surcroit), tandis que Federer refuse d’abdiquer. Sur terre battue, l’Ibère gagne à Monte-Carlo comme d’habitude, mais ensuite, chose encore jamais vue, il s’incline deux fois de suite en finale à Madrid et à Rome face au Serbe. A Roland-Garros, Federer sort en même temps le match de sa vie et Djokovic en demi-finale, mais cale (comme d’habitude) face à Nadal en finale (on ne saura donc jamais ce qui se serait passé en finale si Djokovic avait affronté le Terre-Minotaure : aurait-il pu réitérer le double exploit de Madrid et de Rome ?). Le reste de l’année verra Djokovic continuer de dominer, avec notamment des victoires à Wimbledon et à Flushing Meadows, dans les deux cas face à Nadal en finale.
Alors évidemment, malgré cette trajectoire très similaire en 198[201]1, Nadal n’a pas buggé comme Borg.
Et si…
Et si ç’avait été le cas ?
Hé bien dans ce cas, nous aurions pu assister à ceci :
- A Roland-Garros, des victoires de :
- Djokovic en 2012
- Djokovic (ou, moins probablement, Ferrer) en 2013
- Djokovic en 2014
- Wawrinka ou Thiem en 2017
- Thiem ou Del Potro en 2018
- Thiem ou Federer en 2019
- Djokovic en 2020
- Djokovic ou Zverev (qui ne se serait pas cassé la cheville) ou Ruud en 2022.
- Dans les autres tournois du Grand Chelem, des victoires de :
- Djokovic à l’US Open 2013
- Anderson ou Del Potro à l’US Open 2017
- Medvedev (ou, moins probablement, Berrettini) à l’US Open 2019
- Medvedev (ou, moins probablement, Berrettini) à Melbourne en 2022.
Djokovic aurait 5 ou 6 GC de plus et en serait aujourd’hui à 29 ou 30 titres (gloups…), quand le Nadal borgien serait resté bloqué à 10. Federer n’en aurait probablement qu’un seul de plus, à 21. Les joueurs « one shot » que sont Del Potro, Thiem et Medvedev compteraient probablement 2 ou 3 couronnes. Et, du coup, seraient remplacés par d’autres « one shots » (Zverev ? Ruud ?? Anderson ???).
Conclusion
J’ai découvert le tennis à travers Björn Borg, qui a été le héros tennistique (et sportif) de mon enfance, je peux donc comprendre tous ceux qui ont 30 ans de moins que moi et qui ont vécu la même chose à travers « Rafa ».
Mais si Borg avait poursuivi sa carrière après 1q81, en mode « Nadal » c’est à dire en continuant d’enquiller les Coupes des Mousquetaires comme des perles, il n’y a aucun doute que j’en aurais vite eu ma claque et que j’aurais fini, tel un renégat, par ne plus le supporter (dans les deux sens du terme) et souhaiter qu’il dégage enfin pour laisser la place aux jeunes. Sa disparition du gotha en pleine gloire participe donc de son aura et de son prestige immaculé.
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Nota 1 : Le texte en italiques a été copié depuis Wikipedia.
Nota 2 : Le titre de cet article est, bien entendu, un clin d’œil à Haruki Murakami.


Good job, messire Colin.
Quelques remarques.
La différence majeure entre les deux hommes, c’est leur rapport au tennis.
Totalement obnubilé et névrotique pour Borg. Tout au long de l’année 81, les signes avant-coureurs du burn-out étaient très nets. Il gagne un peu ric-rac sa finale contre Lendl, en donnant l’impression par moments de ne pas se sentir concerné. Il perd en finale de Wim en perdant sa concentration. Quant à sa finale à l’US, elle est juste triste, Mac était tout seul sur le court. Après 10 ans à manger, boire et dormir tennis, il n’en pouvait plus. Il a lui-même raconté une séance dans sa piscine après la défaite contre Mac à l’US. Ce qui l’a interrogé n’est pas sa défaite, mais le fait que cette défaite ne l’affecte pas plus que ça. C’est pour ça qu’il est parti en vacances, sans forcément décider, à ce moment-là, de mettre fin à sa carrière. Le fait est que dans les quelques tentatives de retour qui ont suivi, il a certes essayé de s’y remettre, mais outre la difficulté à retrouver ses marques après une longue coupure, le cœur n’y était plus.
Rien de tel avec Rafa, qui jamais ne donna le moindre signe de fléchissement mental. En témoigne son propos tenu en présence de Federer, en 2016 je crois, alors qu’ils étaient tous deux en phase infirmerie. Le journaliste lui demandait comment il voyait la fin de sa carrière. Il a répondu qu’il ne se voyait pas l’annoncer à l’avance, du type « cette saison sera ma dernière ». Parce que pour lui, faire une telle annonce, ça voulait dire qu’il n’avait déjà plus envie. Ce qu’il imaginait par contre, c’est d’aller un jour s’entrainer et suer, et de se rendre compte une fois sur le court qu’il n’en avait plus envie, ce qui aurait mis fin de facto à sa carrière. C’est la sortie qu’il espérait. Mais ce moment, manifestement, n’est jamais arrivé, parce que son corps a lâché avant. Ses efforts en 2023-2024 sont ceux d’un champion à la détermination intacte mais incapable physiquement d’encaisser les doses d’entrainement que son jeu exigeait. Mais il essayait, encore et encore, et il a fallu ses quelques courtes sorties sur terre en 2024 pour se rendre compte que son corps disait stop.
Pas mieux. C’est une constante chez tous les joueurs marquants de leur génération, d’ailleurs : Federer aussi n’a arrêté que contraint et forcé par son genou ; Djoko n’envisage toujours pas de raccrocher et n’en finit pas de repousser les échéances qu’il se fixait lui-même (la question obsède d’ailleurs visiblement plus les suiveurs que lui), Murray a raccroché parce que sa hanche métallique a lâché, Wawrinka continue à 41 ans tout comme Monf à 40, les deux n’arrêtant cette année que parce que le corps est usé. Richard l’a dit aussi l’an passé : il n’a arrêté que parce que son classement plongeait et que ça devenait trop dur de rééditer les enchaînements hebdomadaires. Mais ça n’était nullement une question de manque d’envie. Cilic prolonge le plaisir autant qu’il peut, Bautista aussi… En vrai, on a retrouvé des standards de vieillesse tennistique renvoyant aux débuts de l’ère Open, quand les vieux Rosewall, Roche, Newk, Ashe, Smith jouaient encore les premiers rôles dans les 70′s.
L’amour du jeu et la longévité de ceux-là n’en rendent que plus intrigante la différence de perception avec leurs cadets de 10 ans qui passent leur temps à se dire en burnout et se lamenter de combien la vie sur le circuit est dure, d’ailleurs…
Je crois en effet qu’on en revient aux années 70 pour les standards de vieillesse, mais pas du tout pour les mêmes raisons.
Les vieux australiens dominent les années 70 dans le contexte d’un sport dont la densité était nettement moindre à celle d’aujourd’hui. La différence de niveau entre le 1er et le 100ème était alors abyssale. Et par ailleurs, jouer avec des raquettes en bois était beaucoup moins traumatisant pour l’organisme, et encore moins sur gazon, la surface reine. Je serais curieux de voir combien de matchs sur gazon Rosewall, Roche, Laver, Newk et autres Orantès disputaient chaque année.
Rien de tel aujourd’hui, avec le gazon réduit au rang de quasi-vestige, un circuit où ça cogne et ça court beaucoup plus vite, mais où la qualité des soins a fait des progrès inouïs au point de rallonger significativement les carrières au plus haut niveau. J’avais lu quelque part que le Newk, vainqueur ou vaincu, pouvait partager avec son adversaire un petit moment de convivialité avec une bière dans la main gauche et une cigarette dans la main droite
Une autre époque…
En y regardant bien, Borg semble être un cas unique dans l’histoire du tennis, en explosant en vol à 25 ans juste parce qu’il n’avait plus envie de jouer. Et qui n’a pas fait semblant de s’arrêter, puisqu’il n’a plus disputé le moindre GC. Le Suédois a arrêté sa carrière en étant n°2 mondial, la suite s’écrivant en pointillés pour lui.
Il n’y a que trois cas proches, mais qui n’ont pas, en tout cas pas tout de suite, mis fin à leur carrière :
– Mac, qui se croyait à tort capable de continuer à dominer le tennis sans véritablement s’entrainer. Pause de 6 mois en 86, mais un vrai retour tout de même à l’été 86. Curieusement, ce n’est qu’à l’aube de la trentaine, en 89, qu’il amorce un véritable été indien (3 demis en GC en 89, 90 et 92 avant de tirer le rideau).
– Matsou, qui devenu n°1 mondial n’avait plus d’objectif à se fixer. Deux saisons (89, 90) de lent déclin, avant une rupture à Roland 91 (battu par Santoro en marquant… 7 jeux, mon pire souvenir à Roland). Revenu entre 93 et 96, pour s’amuser mais en essayant un peu quand même, avec quelques victoires sur des top 10 mais sans résultats significatifs.
– et enfin Jim Courier, qui n’a jamais arrêté ni mis entre parenthèses sa carrière entre 93 et 2000, mais qui est rentré dans le rang en perdant, dans cet ordre, l’armure de confiance qui l’avait portée au sommet du tennis, puis la discipline nécessaire pour être un tennisman de haut niveau. Blessure sérieuse en 97, quelques scories ensuite, dont un superbe Wimbledon 99, mais rien de comparable avec sa domination de la période 91-93.
Beaucoup d’exemples, par contre, de joueuses ayant arrêté au sommet. Hingis et Hénin, connues pour avoir fait une vraie coupure puis réussi un vrai come-back, sans toucher au but en GC toutefois. Et évidemment Ashleigh Barty, mais qui elle n’est pas revenue
Et Petou alors ? Lui pour le coup a totalement tourné la page sans tournée d’adieu grabataire (certes sauvé par les circonstances et l’orgueil du super-champion).
Perse, les circonstances pour Pitou en 2002 ne sont pas les mêmes. Cela faisait 2 ans qu’il accumulait les déconvenues et les sorties précoces, et plusieurs mois que d’aucuns insistaient lourdement pour qu’il s’arrête. Il avait 31 ans. Sa victoire est magnifique, mais c’est une sortie par le haut. Il est parti là-dessus, parce qu’il n’avait à prouver aux autres (un grand mantra de sa carrière), et au bout de quelques mois il s’est également rendu compte qu’il n’avait plus rien à se prouver à lui-même.
Pour Borg, cette dernière finale à l’US n’a rien d’une sortie par le haut. Personne, d’ailleurs, n’imaginait que ç’allait être une sortie.
Cette conclusion de qualité
j’ai failli en recracher mon café !
J’ai découvert que De Minaur comptait déjà 7 quarts en GC. C’est fou à quel point le circuit s’est stratifié à tous les niveaux de classement ces dernières années (on va pouvoir commencer bientôt à parler en décennies si on marque la tendance à la deuxième partie des 2000′s). Sur le strict plan des chiffres, il compte autant de quarts en Grand chelem que Pat Rafter
C’est aussi un seul de moins que Kuerten ou Cash et plus très loin des 10 de notre plus-grand-français-de-l’-ère-Open-qui-heureusement-a-vendu-plus-de-disques-que-De-Minaur.
Rublev est dans les mêmes eaux que De Minaur et son total de 8 quarts en GC le met sur les talons immédiats de son coach Safin (9). C’est deux fois plus (j’ai gardé le meilleur pour la fin) que Sergi Bruguera, 4x en quarts de Majeurs en tout et pour tout mais qui a préféré à la régularité partout le pic sur une surface et un temps donné : titre, titre, demie et finale à RG en quatre ans, épicétou !
On pourra avancer plein de raisons à ça (les impasses sur l’OA pour les plus vieux des champions que j’ai pu citer, les spécificités de surfaces qui rendaient le grand écart terre – gazon périlleux, les blessures dont on se remet aujourd’hui mieux / plus vite qu’hier) mais je comprends mieux mon impression de voir toujours les mêmes têtes
« Sur le strict plan des chiffres, il compte autant de quarts en Grand chelem que Pat Rafter
»
Ce qui me fait penser d’ailleurs à un truc : Pat Rafter ne serai-il pas un cas unique ayant remporté les 7 quarts en GC qu’il a disputés ?
Bien possible chez un joueur en ayant disputé autant !
Dans le genre, j’aime aussi beaucoup la petite stat inutile de Guga : à chaque fois qu’il a passé les quarts d’un Grand chelem (3x), il a pris le titre à la fin.
Et celle de ce brave Gaston Gaudio est encore meilleure : il a atteint une seule fois les quarts de finale en GC, mais à cette occasion il est allé au bout
Oui chez les one shots on a plein de stats baroques de ce genre : Vladimir Voltchkov aussi (pour invaincu en quarts), et sans doute que l’improbable Chris Lewis est dans le même cas (flemme de regarder).
Et je crois bien, Monsieur le taulier, que j’ai failli te reprendre sur Bruguera. Il me semblait qu’il avait atteint les quarts à Wim en 94. Mais non, il a perdu en huitièmes contre Chang, qui a atteint à cette occasion son seul last eight sur le gazon sacré. Ma mémoire me joue décidément des tours
C’était pas l’objet mais Colin me file le blues. Je revois ma raquette Donnay. Souvenir, souvenir, que me veux-tu ?
…sans compter que j’ai encore deux ou trois autres articles de boomer en chantier, Nathan
Héééé oui cher Rafa, n’est pas Borg qui veut. C’en est même triste de voir à quel point le Majorquin a pu abimer sa propre légende dans les années qui ont suivi sa retraite. Déjà cette reconversion quand même assez surprenante dans les sous-vêtements pour hommes avait de quoi inquiéter, c’est d’ailleurs à ce moment là qu’il s’est séparé de sa copine, avant de se « fiancer », quelques années plus tard, vers 2018 je crois, à Christina Aguilera, oui, la fille de.
Bien entendu ses problèmes avec le fisc espagnol n’ont rien dû arranger, c’est clair. Mais de là à entendre parler ce cette histoire de tentative de suicide (2018), quand même quelle tristesse. C’est vraiment sympa que Fed et Djoko soient intervenus pour l’empêcher de vendre ses raquettes…Par contre, ils auraient aussi pu lui conseiller d’éviter le come back de 2020, prendre 3 et 2 contre Moutet, c’était déjà pas top, que dire des 6 défaites qui ont suivi (et finir au Challenger de Rennes, toi, Rafa…).
Mais en tous cas, Rafa, merci pour tout. Ok, pas évidente ta reconversion post tennis, mais plus intéressante et plus on va dire « humaine » que celle d’un Borg par exemple : quand finira-t-il d’inaugurer des parcours de golf en Arabie Saoudite celui-là ?
Et tu es bien gentil de ne pas mentionner son addiction à la coke !
Ni son implication absolument nulle dans le développement du tennis (suédois ou autre). Il n’est apparu que pour des événements officiels où il était question de le célébrer. On me répondra que son aura mystique des années 70 a constitué à elle seule un levier incroyable pour le tennis suédois, ce qui n’est pas faux. Mais créfieu, n’a-t-il pas envisagé une seule fois, depuis ses 25 ans, de faire vraiment quelque chose ?
Cet Open d’Australie est pour l’instant nullissime. Le Djoker n’en menait pas large, et il avait bien raison. Ah Lorenzo, Lorenzo, mais que va-t-on faire de toi ?
Et c’est pourquoi j’ai pour la première fois décidé de souscrire à une chaîne payante, ne pas en louper une miette. Mon abonnement a donc été validé très exactement au moment où Lorenzo abandonnait, j’ai vu en tout et pour tout un service, un retour et un revers. Trop hâte de la suite.
Martinez
Maestrelli
Vand De Zandchulp
WO
Ab. à deux sets à rien contre lui
J’ai déjà vu des demi-finales chanceuses mais alors là, Djoko a sans doute pété tous les records de l’ère Open, hors peut-être l’OA dévalué des 70′s
C’est surtout que tu sous-estimes l’emprise psychologique de Nole, qui conduit ses adversaires à abandonner, même quand ils mènent.
Vraiment bien cet abonnement, je peux donc admirer le « potentiel 3ème Homme », Ben Spring Break Shelton, se faire désosser par Sinner.
Tu oublies son légendaire parcours à l’US 2016 : un forfait, deux abandons et une parodie d’adversaire en demi avec Gaël Monfils. A ce niveau de chance, la réalité dépassait la fiction. Heureusement que Stan a remis les pendules à l’heure en finale, sinon ç’aurait été un immense gag.
J’avoue que je l’avais oublié, celui-là : deux matchs joués dans leur intégralité pour aller en demies, très fort ! C’est ça, l’AURA.
Quant au match contre Gaël, peut-on véritablement appeler ça un match ?
Bon, remettons quand même l’église au centre du village : dans cet US 2016, il a certes eu de la chance, mais il n’a jamais non plus été en danger avant la finale, ce n’étaient pas non plus des matchs qu’il était en train de perdre. Là contre Musetti, il avait clairement un pied dans l’avion du retour.
Et ben si c’est ça le prétendant le plus crédible au titre de 3e homme du circuit…
Shelton a un très bon service, et puis… Je cherche. Un revers hasardeux (lui-même a l’air étonné quand il trouve l’ouverture de ce côté), un coup droit qu’il réussit je ne sais pas comment à laisser dans le filet alors qu’il le lifte à fond (coup droit lifté = normalement, tes fautes sont au contraire en longueur, façon Carlos). Et puis alors terrible à quel point il ne sent pas le jeu. A chaque fois qu’il doit faire un choix pour partir d’un côté, que ce soit en attaque ou en défense, il réussit à opter pour le mauvais. A ce niveau de sabordage – parce que la qualité de service est là, encore une fois – c’est du grand art.
On comprend les 21 sets de suite gagnés maintenant par Sinner dans leur H2H. On va pouvoir l’ajouter à Musetti et De Minaur à la liste de ses sparrings favoris.
Ah, mais ça c’est pas moi qui le dit, c’est Mon Abonnement que J’ai !
Break donc, sans trop forcer pour Jannick, l’autre a vendangé au moins 2 coups droits, dans les grandes largeurs, effectivement. Dans une heure c’est plié. L’intelligence tennistique fait-elle partie du cursus Universitaire US ? Pas évident.
« Ah, mais ça c’est pas moi qui le dit, c’est Mon Abonnement que J’ai ! »
Je sais, on a publié en même temps donc pas de lien entre nos allusions à ce statut que tout le monde veut manifestement lui accorder. C’est aussi comme ça que L’Equipe et Eurosport nous le (sur)vendent
A défaut d’intelligence de jeu, Ben Hur a quand même du toucher. Le problème, c’est quand il est étouffé par la puissance adverse, et là il est sans solution. Face au Béornide, c’est couru d’avance. Ceci étant dit, il peut se passer bien des choses quand un joueur mène 2 sets à 0
Il a du toucher mais encore une fois, toujours au service de la mauvaise option, cf au premier set où il jouait ses volées et smashs systématiquement plein centre… où Sinner se trouvait et avait toute latitude de le contrer. Tu devines derrière la stratégie définie en amont avec papa (« n’ouvre pas les angles, joue dans l’axe »), mais se rendre compte au bout d’un set que ça n’est pas la bonne dans les coups de finition, ça me semble un peu long à la comprendite.
Il a aussi bien compris qu’il faut faire des amorties – bon point. Mais s’obstine à les faire côté revers – mauvais point, alors que son revers à deux mains l’oblige à un changement de prise très net qui donne l’info trèèèès tôt à Sinner.
Je ne peux pas te répondre, tu es manifestement devant le match, moi pas
Et en plus 0 instinct clutch. Deux balles de débreak, sur autant de secondes balles de Sinner : retour de coup droit dans le filet sur la première, frappe trop flottante à l’échange du fond qui sort alors que Sinner ne l’agressait pas outre mesure sur la seconde. Le spring breaker va pouvoir retourner à ses études.
Bah non, le clutch, c’est pour Sinner, vedette italienne des montagnes: la star skie et clutch.
Bon, sur ce…
Depuis un très bon match à RG face à Alcaraz, je trouve Shelton décevant. Un un peu plus régulier en revers frappé, mais pour le reste, franchement…
C’est ça. J’étais curieux d’étalonner ses progrès après avoir gagné un M1000 et monté top 5, mais force est de constater, un an plus tard, même lieu, même heure, même adversaire, qu’un revers un poil meilleur n’a pas suffi à combler l’écart, loin de là. 10 jeux marqués en demie l’an passé, et là on est sur les mêmes bases (7 en fin de deuxième set). Et encore, au moins l’an passé il s’était procuré des balles de premier set (sur son service !), ce dont il est loin de s’approcher pour l’instant…
Il n’est pas assez régulier, même sur ces points forts, et son jeu manque de surprise. Face à la crème, la puissance brute ne suffit pas. Le filet est peut-être son avenir mais face à Sinner, le filet… dur.
Djoko va tout perdre. S’il remporte le saladier, il sera en chocolat. Et comme franchement, il n’est pas de niveau, il va prendre une branlée des familles par le chouchou de Rubens.
L’Immonde va donc se frotter à son miroir de 15 ans de moins. C’est triste comme un jour sans pain.
Vraiment dommage ces dernières éditions des tournois du GC, l’absence de run et de belles histoires dans le tableau masculin. Pas de Verdasco, pas de Hyung pour donner des frissons.
Une stratification énorme du circuit. Tout le monde se moque de Zverev mais il est présent mine de rien, même si on doute qu’il prenne un set à Alcaraz.2 Ceci dit, son match contre Tien a montré une vrai agressivité sur les + 1, dont il a parlé comme axe de travail de l’intersaison d’ailleurs.
Pour ce qui est de Shelton, ce qui m’étonne au fond est justement un manque relatif de punch en coup droit : il a des épaules de déménageur mais finalement son lift n’est pas particulièrement gênant.
Quand on regarde les tennis Insights, cette édition Sinner est lourdement favori : tous ses coups sont valorisés à plus de 8 et il y a un gouffre sur sa qualité de retour où il met 0,3 point au n°2 !
Tout schuss en demies le géantiste des Dolomites. Direction Daytona Beach pour le spring breaker. 10 jeux l’an passé, 11 cette année. S’il continue à ce rythme de progression, il marque les 18 jeux nécessaires (sans TB) en 2033.
Côté WTA, Rybakina avec son style « WTA » a enfoncé en puissance Swiatek avec beaucoup de méthode et d’application.
Côté Pegula, magnifique défense et jeu de contre parce qu’Anisimova a une puissance et des trajectoires de balle vraiment incroyables. Mais le fait que des gabarits tels le sien et celui de Sabalenka sont au somment montre bien que le metagame féminin récompense nettement plus la surpuissance que le metagame masculin où l’efficacité et la vitesse priment d’autant plus qu’il n’y a plus de coups neutres maintenant.
J’ai lu un article technique très intéressant sur le coup droit ATP et ce qu’il signifie de l’évolution de la vitesse de jeu : en gros, le temps manque tellement à l’ATP qu’il faut une synchronisation parfaite des chaînes musculaires pour avoir une puissance de frappe qui auparavant était obtenue avec d’énormes boucles.
A force de gros ralentis à haute définition, on voit par exemple les nuances entre Tsitsipas et Hurcakz, Zverev et Paul etc… Et finalement c’est Sinner qui a le sweetspot en terme de vitesse de raquette et laps de temps nécessaire pour l’atteindre. Arthur Fils ayant les meilleurs résultats dans l’absolu mais un geste grand et long (mais parfaitement emboîté), son défi sera de faire comme Thien et de réussir à le compacter sans perdre en synchro.
Le fait que Carlos, coup droit déjà hors norme, éligible aux débats des plus grandes droites ever, ait ressenti le besoin d’y toucher pour raccourcir son geste, est d’ailleurs significatif.
Je me marrais aussi l’autre jour à voir Tiafoe, qu’on identifie assez facilement dans la plus pure tradition « brutasse ricaine à gros coup droit et pas de revers », s’avérer incapable de déborder De Minaur même en étant les deux pieds dans le terrain à envoyer des sacs en CD. Mais tout revenait, encore et encore, parfois aussi vite que c’était parti (ADM en a fait 2 comme ça assez dingues à Alcaraz lui-même, où Carlos a frappé pleine bourre en croisé sur le CD d’ADM… qui, en bout de course, a bloqué et juste renvoyé la balle encore plus vite, en rase-motte du filet et s’écrasant au rebond).
ça m’intéresse, le papier auquel tu fais référence. Tu as un lien à dealer par hasard ?
PS : Learnic Thien ?
https://hughclarke.substack.com/p/death-of-a-forehand-part-iv-or-best
C’est fatoune mais vraiment intéressant. C’est une saga aussi, celui-ci étant le 4ème opus.
Et Thiem bien sûr !
Les 4 premières têtes de série en demis, les 2 premières très probablement en finale, et un seul absent (Félichou) des quarts, ses copains Shelton, De Minaur et Musetti étant exactement à leur place.
Pas de suspense. Pas de matchs au couteau. Les quarteux marchent sur la concurrence jusqu’en quarts, où ils se font à leur tour marcher dessus. Tien restera comme la seule surprise (relative) de cette édition. Yipeeee…
Cela confirme que les joueurs, depuis une vingtaine d’années désormais, n’ont plus de bons et de mauvais jours. Leur niveau est incroyablement stable au fil des matchs et des tournois. Et une grande part de l’incertitude porte sur l’état physique des joueurs.
C’est peu.
C’est ça. Il ne reste que certains paramètres extérieurs extrêmes pour brouiller les cartes, et encore, de plus en plus traqués, cf la heat policy qui a sauvé Sinner le seul jour où un aléa incontrôlable pouvait le faire dérailler. On peut saluer le souci de la santé des joueurs dans ce cas précis de la chaleur, on peut aussi noter que tout le monde n’est pas égal dans sa capacité à encaisser les fortes températures ou humidité (Sinner et Djoko n’aiment pas, Nadal adorait, c’est comme ça) et qu’on a donc encore annihilé un facteur périphérique d’incertitude sportive. Idem avec la manie de dégainer les toits parfois même sans que la pluie soit au rdv, au nom du principe de précaution télévisuel, le coaching autorisé et même facilité en Australie avec la présence du coach sur le court, les pauses toilettes / douche à loisir (Gauff qui en pose une après 31 minutes de jeu l’autre jour
), je ne sais plus quel tournoi souhaitait déployer ses toits même en cas de vent… tout est fait pour que rien n’empêche les trains d’arriver à l’heure.
Gauff est partie se prendre une douche en plein match ? Je croyais que la jurisprudence Tsi² à l’US 2021 avait conduit les autorités du tennis à réglementer la durée des pauses. M’aurait-on menti ?
En l’occurence, c’est pas une douche qu’elle a prise, c’est une trombe, un torrent, une drache, que dis-je, un déluge !
Allez, un dernier post pour dire de ne pas s’acharner sur l’ambulance Shelton : à sa décharge, il n’est pour rien dans cette étiquette de « 3e homme en puissance » qu’il trimballe dans son dos. C’est toute la limite du moment : hors le Z qui comme disait Perse tient son rang (terminer une saison ratée en tant que 4e mondial, not bad), et Djoko a qui on ne peut décemment en demander plus à son âge, les autres ne sont pas au niveau. Musetti, ADM, Fritz, Shelton, Bublik… c’est du bon top 15 voire fin de top 10, pas du top 5. Pour pousser le comparatif de l’ère Big-4, aucun là-dedans ne vaut DelPo, Cilic, Jo, Ferrer et autres membres du Little 4. Les mettre dans le match avec Richie, Verdasco, Almagro et ceux qui faisaient les gatekeepers du top 10, ok. Mais pas plus. Du coup médias et journalistes, qui doivent bien vendre leur came, nous les survendent. Je n’avais pas vu Shelton depuis un bail et j’ai regardé eu égard aux commentaires louangeurs : si j’avais su que ses progrès étaient si minces j’aurais occupé ma matinée à autre chose. Le discours de ces gens qui sont alors commerçants (vendre un journal ou des abonnements) plutôt que journalistes (rendez la carte de presse
) devient contre-productif puisqu’alimentant la déception (toute ressemblance avec des sujets autrement plus sérieux…) à la fin d’une affiche vendue choc et qui a fait pschitt.
Allez, je sauve le consultant Nicolas Escudé qui n’a pas trop été interrogé sur le sujet en avant-match mais dont la moue dubitative en disait long
Le seul que je voudrais revoir et à qui j’accorde encore un bénéfice du doute c’est Draper : son niveau de jeu entre IW et Madrid était intéressant, et sa palette différente (gaucher, gros lift, revers fusant à plat, bon service, intensité physique) laisse un minimum de suspense quant à ce qu’il peut amener de challenge face aux deux autres.
C’est toi-même, Guillaume, qui a raconté récemment qu’à part Carlitos le seul que tu avais plaisir à regarder jouer était ce cher Corentin. Je serai (un peu) moins blasé que toi, j’aime bien voir Musetti et Shelton tenir une raquette.
Concernant ce dernier, il a aussi l’avantage d’être Américain, et de bénéficier d’un apport marketing naturel qu’un Medvedev ou un Bublik n’ont jamais eu, va savoir pourquoi
Il y a 25 ans, au moment de la campagne des « new balls », il y avait Gambill dans le lot, le seul sur la photo (avec Zabaleta) à n’avoir jamais confirmé, mais heureusement vite remplacé par Roddick qui lui a tenu ses promesses. En 2000, Gambill était déjà bien à la traîne en termes de résultats par rapport aux autres, mais il fallait sur cette photo, coûte que coûte, un Américain, ça se sentait. Le choix d’un Gambill plutôt qu’un Nicolas Massu ou un Juan Ignacio Chela n’avait rien de neutre. La mécanique marketing aujourd’hui me semble assez proche : l’ami Fritz a été vendu comme un troisième homme potentiel, avec un jeu à peu près aussi émouvant qu’un big board un lundi matin
Avec Shelton au moins, ils ont quand même autre chose à vendre que la Star-Spangled Banner.
Indépendamment de toute considération de nationalité, je reconnais à Ben Hur un jeu présentant des variations quasi-miraculeuses désormais à ce niveau. A l’instar de Carlitos, il propose un cocktail de violence et de caresses qui dénote dans le paysage actuel. Le passing de revers slicé croisé court contre Carlitos à Roland est l’un de mes rares moments de frissons de l’année écoulée.
Je retiens au passage la dégringolade absolue du tennis au cours des 15 dernières années : Ben Hur a peu ou prou le même jeu que Verdasco, mais le jeu de ce cher Nando n’a jamais été vendu à l’époque comme un modèle de finesse et de variations
Retrouvé mon post, outre Carlos et Corentin, je faisais aussi état de « Tsitsipas et Musetti quand ils évoluent sur terre battue », la surface sur laquelle leur jeu peut vraiment être kiffant. Sur dur je suis moins conquis, surtout par Lolo d’ailleurs que son manque de puissance et sa prépa de cd obligent à jouer depuis les bâches tout en mettant moins en valeur ses variations.
Non, mais Guillaume, tu es Mouratogliste là ou quoi ?!
J’ai vu Jo prendre feu contre le Big 3 et, parfois, les battre. J’attends encore que Shelton me montre qu’il est à l’occasion capable de rentrer pareillement « in the zone » et estourbir Sincaraz
Ce qui est rassurant quand même dans ce déluge de puissance, c’est que ceux qui ont de la main, qui sont capables de varier, qui jouent avec leur tête (encore que l’expression ne soit pas la bonne, je ne pense pas qu’on ait le temps de jouer avec sa tête) arrivent, pas toujours mais parfois, à faire dérailler les monolithes chatbots et Ben-Hur, s’ils ont aussi la puissance dans leur arsenal. Ils ne sont pas très nombreux, c’est vrai.
Tien Learner est une surprise sans l’être vraiment. Je ne le rangerai pas dans les joueurs qui ont de la main mais parmi ceux qui jouent plus vite que les autres et qui ont la géométrie du court collée dans leur bras. Je l’ai suivi dans le dernier Nextgen où il avait débuté piam piam sans bien jouer mais suffisamment pour se retrouver en finale face à Blockx qui envoyait des mines dans tous les sens, partie où Tien avait fini par le faire déjouer de la plus belle des manières. Maintenant, il a un déficit de puissance qu’il aura du mal à combler.
Toujours pas de poignée de mains de Svitolina à une adversaire russe. Que ce soit un manque de respect pour l’adversaire c’est clair, que ça œuvre à la cause ukrainienne sur le front ça reste à prouver. Je ne vais pas reprendre mon couplet sur le mélange entre le sport et la politique, mais je suis toujours aussi choqué de voir ça.
Sujet sensible, complexe. Il y a les instances, il y a la règle. Et puis il y a sa mère, son père, ses soeurs, ses frères. Il y a les bombes, les drones, la douleur, la mort. Et il y a aussi la vie facile, l’argent, la Suisse, la culpabilité et l’impératif moral de faire quelque chose. Le refus de serrer la main, ce n’est pas un manque de respect. C’est une solidarité. C’est l’équivalent du « Silence de la mer » de Vercors. Ne pas oublier que dans ce livre, l’officier allemand est pourtant un lettré féru de culture française. La joueuse Ukrainienne qui refuse de serrer la main n’est pas la représentante de la WTA. Elle n’a pas le choix
« Elle n’a pas le choix »
??????????
Oui, elle n’a pas le choix. Tu as le choix de défendre ta mère ? Je ne pense pas.
Bien entendu qu’elle a totalement le choix. Et donc elle choisi d’exprimer sinon sa solidarité, du moins a priori sa préoccupation de cette manière. Pas bien compliquée d’ailleurs. Et probablement plus touchy pour des joueurs/ses Russes, si certain(e)s le pensent, de dire des « fuck you Poutine » ou ce qu’on veut de ce genre. Pour autant, on ne leur sert pas la main.
Elle a le choix de voir ou non un rapport entre le fait de serrer la main d’une adversaire et celui de défendre sa mère.
Il est une chose que personne ne choisit en effet, c’est sa nationalité, date et lieu de naissance. Mais nous avons le choix d’approuver ou non nos dirigeants, de considérer ou non que la nationalité que nous partageons avec eux nous solidarise de leurs décisions. Et cette liberté de choix sur nous-mêmes, nous pouvons accepter qu’elle concerne aussi les autres.
Je ne me sens ni coresponsable des décisions de notre président français, ni comptable de son bilan. Et ça, c’est un choix de ma part. Elena a le même, Aryna aussi.
Ce n’est pas ça le sujet, Rubens. Le sujet n’est pas l’obligation de se sentir coresponsable de la politique menée par le dirigeant de son pays du fait de sa nationalité.
Lis ou relis « Le silence de la mer » qui est merveilleuse compréhension affective et sensible dans des situations extrêmes de l’obligation d’être en désacord avec l’inacceptable, quand bien même l’inacceptable se présente sous les traits de l’amabilité, de la courtoisie, de la main tendue. Il y a des moments où on ne peut pas faire autre chose que refuser de serrer cette main tendue.
Il me semble que le sujet ici, c’est la guerre en Ukraine, et de savoir si les choix de Poutine impliquent Aryna Sabalenka, de nationalité russe comme Poutine. Elena Svitolina répond oui, c’est sa réponse et elle est libre de la maintenir ou de réfléchir à une autre.
J’attends pour bientôt les refus de serrer la main des Américains pour protester contre les dévastations du droit international de Trump et de sa mafia. Ca nous promet des lendemains qui chantent dans les vestiaires ATP/WTA.
Je suis tout simplement effrayé par cette idée de voir dans l’Autre juste une nationalité.
Imaginons que Trump ne se contente pas de dévaster le droit international mais qu’il s’empare de de Saint Pierre et Miquelon parce que c’est à côté, de la moitié de la France pour faire main basse sur les métaux rares qui se trouveraient dans cette partie de notre beau pays, et qu’il envoie drones, missiles et que sais-je encore pour réduire au silence les « nazis » qui résistent dans le sud de la France, comme dirait Poutine.
Imaginons que tu n’es plus seulement 4/6 mais l’un des meilleurs joueurs de tennis professionnels français (c’est un objectif encore accessible, vu le niveau du tennis français).
Imaginons que tu rencontres Taylor Fritz qui vient de serrer la main de Trump et de Vance et qui a bien rigolé avec eux, comme Sabalenka rigole bien avec Loukachenko, parce qu’ils sont sympas ces mecs-là.
Tu viens d’avoir ta mère au téléphone qui pleurait en t’expliquant que son frère et sa femme venaient de mourir sous les bombes qui les avaient pulvérisées, qu’elle n’avait plus de chauffage parce que le centrale électrique avait été bombardée, et qu’il faisait -15° depuis 3 jours.
Toi, tu joues contre Taylor Fritz à Wimbledon.
Tu lui sers la main ?
Bon, on va donc pouvoir lancer le Sincarazothon n’est ce pas ? Je commence avec mes pronos:
- 10 jeux pour le Z (genre 7/5 6/3 6/2)
- 12 jeux pour le Nole (genre 6/4 6/4 6/4)
Je me trouve assez généreux là, mais go, je valide.
Je ne suis pas dans les coulisses du circuit mais je ne suis pas sûr qu’il n’y ait « que » la nationalité qui entre en ligne de compte. On ne connaît pas les rapports entre les unes, les autres au-delà de la com’ lissée de la WTA, les marques de solidarité ou de désolidarisation qu’on exprime en off… Même si le symbole de ne pas serrer la main perdure, il n’a jamais empêché les petits gestes de sympathie, un sourire, une raquette tendue, un signe de tête, entre Svitolina et Kasatkina, par exemple. Avec Sabalenka il y a une vraie tension, je trouve, jusqu’à ne pas se regarder à la fin du match aujourd’hui. Elles se sont totalement ignorées. Comme toutes les Ukrainiennes d’ailleurs semblent avoir un antagonisme franc avec Sabalenka (cf Kostyuk), que je n’ai pas remarqué de manière aussi nette avec Aza pour rester dans le BLR. De là… On ne sait pas tout de ce qui s’exprime, ce qui se dit, dans le hors champ caméra, que ce soit entre les joueuses ou les staffs, d’ailleurs.
L’Ukrainienne qui a perdu contre Keys au 2ème tour a très bien verbalisé ce pourquoi Sabalenka est « honnie » par les ukrainiennes. Sabalenka est beaucoup plus « proche » du pouvoir belarusse (que son image soit ouvertement employée par le pouvoir est net en tout cas même si on peut accorder le bénéfice du doute sur une contrainte et des menaces) que ne l’est Azarenka qui en pratique est une « assimilée » américaine.
De même, Kasatkina qui a ouvertement pris une position courageuse dès 2022 et in fine posé des actes cohérents (elle a changé de nationalité sportive et s’est totalement désinvestie de la Russie) a toujours eu des marques de sympathie visibles des ukrainiennes quand elle avait encore un drapeau neutre.
Sinon, tout à fait d’accord avec Nathan, cela reste de l’ordre symbolique mais il est devenu impératif. Pour suivre Russian Media Monitor et avoir lu pas mal de travaux académiques sur le sujet, le péril que subit l’Ukraine est indéniable et beaucoup se joue actuellement là-bas.
Absolument. Ne pas serrer la main devient alors un geste symbolique, une façon d’accompagner leurs frères de combat qui se battent au premier degré contre l’inacceptable. Et ce qui se passe en coulisse, effectivement on ne sait pas, cela doit être variable selon affinités.
Juste, Nathan, plus haut, je suis l’adversaire de St Pierre et Miquelon colonisé, etc, évidemment que si je rencontres « Taylor Fritz qui vient de serrer la main de Trump et de Vance et qui a bien rigolé avec eux », je vais probablement y réfléchir à deux fois avant de lui – ne pas, d’ailleurs ,probablement. Pas si je rencontre un Yankee lambda.
Et sinon, sur le cas Sabalenka qui rigole bien avec Loukachenko,je ne suis pas au courant. Ca me fait froid dans le dos, à peu près comme le délire Dubai d’à peu près toutes les grosses vedettes.
Bon, là j’ai plusieurs réponses à faire. Je propose de répondre à Nathan, qui va au bout de la question, ça devrait me permettre de vous répondre à tous.
Réponse courte.
Oui Nathan, je serre la paluche de l’ami Fritz.
Réponse longue.
1. Pour commencer, permets-moi d’apporter quelques précisions à ton expérience de pensée : malgré l’agression dont mon pays fait l’objet et le danger quotidien qui guette mes proches, je me sens capable de poursuivre ma carrière au plus haut niveau. On est déjà dans un monde qui défie mon imagination. Sur ce point, respect total à Madame Monfils, car je ne sais vraiment pas où elle va chercher des ressources pareilles.
2. Ceci étant dit, si donc j’ai le coeur suffisamment solide pour vivre sur le circuit et aller sur le court, j’en respecterai tous les codes, sans exception. Serrer la main de mon adversaire à la fin d’un match, quels que soient l’adversaire et les circonstances, en fait partie. Au moment de croiser le fer avec l’ami Fritz à Wimbledon, il sera un adversaire à battre, tout comme Tiafoe, Shelton, le Béornide ou n’importe qui.
3. Ma mère crève de froid à Saint-Pierre, en tant que top joueur je devrais avoir les moyens de lui payer un groupe électrogène et de lui faire parvenir de quoi tenir l’hiver. Et d’ailleurs, puisque ça fait 4 ans que Trump agresse Saint-Pierre-et-Miquelon, je n’ai même pas eu à en arriver là : en février 2022, j’ai rapatrié ma mère avec nous. Elle m’a dit et redit que ça l’emmerde, que je l’emmerde, qu’elle ne compte pas laisser son île à un facho américain. Je lui ai répondu que je préfère préserver sa vie à satisfaire son égo. Elle a insisté, alors je lui ai confisqué son passeport en loucedé, elle ne pouvait plus quitter la France.
4. Henri Leconte a été reçu par le président Mitterrand à l’Elysée en décembre 1991. Il est probable qu’ils se soient serré la pince. Riton n’en était pas moins pote avec Sarko et Balkany, déjà à cette époque. DONC avant de prendre pour argent comptant les rumeurs de proximité de Fritzou avec Donald, je prendrai la peine de vérifier de quoi il retourne exactement. Ca c’est une parenthèse dans la parenthèse, mais je préfère quand même le dire. Si l’ami Fritz avait gagné la finale de l’US en 2024, peut-être bien que le président l’aurait invité à la Maison-Blanche, et s’il s’était agi de Trump une photo immortalisant la scène n’aurait pas manqué de faire le tour des réseaux sociaux. Poutine le fait avec Sabalenka, Trump peut aussi le faire avec l’ami Fritz.
5. J’en viens à ce que tu dis toi, à savoir que l’ami Fritz est un suprémaciste blanc qui a été un généreux donateur de la campagne de Donnie, qu’à chacun de ses passages du côté de Washington il ne manque pas l’occasion de venir se prendre une petite binche avec son Président adoré et qu’il ne manque pas de s’en vanter sur TikTok. Dans ce cas, je guetterai l’occasion d’en discuter tranquillement avec lui au Player’s Lounge, pourquoi pas autour d’une binche (mais sans cigarette en ce qui me concerne
). J’ignore s’il acceptera de me parler, à moi le Frenchie. Mais s’il accepte ça pourrait donner quelque chose d’intéressant. Peut-être qu’il m’expliquera qu’oncle Don lui a dégoté une belle affaire pour l’achat de son duplex new-yorkais. Peut-être qu’il m’expliquera qu’il ne devait jamais gagner sa demi de 2024 contre Tiafoe, mais il a puisé un supplément d’âme dans le refus absolu de voir un s… n… être le premier Yankee depuis des lustres à atteindre une finale majeure. Peut-être qu’il m’expliquera qu’il aime bien à l’occasion se faire griller quelques saucisses au barbecue, et qu’il aimerait bien pouvoir continuer à le faire sans se faire traiter de mâle à déconstruire. Je n’en sais rien. Mais quoi qu’il en soit, je l’écouterai attentivement parce que son pays est à bien des égards un miroir du mien, et que nous sommes à 16 mois de prendre une trajectoire analogue. Je tiens à avoir une focale bien réglée sur ce qui se passe et tenter de comprendre l’enchainement qui conduira à l’apparition de Marine ou de Jordan sur les écrans. A cet égard, l’ami Fritz est susceptible de m’apporter un témoignage précieux.
6. Une guerre met aux prises deux appareils militaires, reposant sur deux appareils industriels, eux-mêmes soutenus par deux appareils économiques. Le plus puissant de ces deux appareils l’emporte. Aucune considération morale ni aucun symbole ne pèsent quoi que ce soit face à cette réalité. Ce que je dis est d’un cynisme effarant, je le sais bien, mais depuis 1940 au moins nous devrions savoir qu’une démocratie n’a pas vocation à l’emporter par nature sur une dictature. En 1940, nous étions dans le camp du bien, si les réseaux sociaux avaient existé nous aurions sans doute emporté haut la main le concours de cœurs et de pouces levés, mais à la fin ça n’aurait pas empêché les Allemands de rentrer dans Paris en moins de 6 semaines. Je ne sais si à cette époque certains tennismen français ont refusé de serrer la main à leurs adversaires allemands ; et je m’en contrefous, parce que ça ne s’est pas joué sur des terrains de tennis mais quelque part du côté des Ardennes et de la Meuse.
Carlito a gagné, c’est bien pour la finale. Même si cela s’est fait en piétinant la règle du jeu.
Si j’étais toi, Rubens, par logique, je défendrai Zverev pour défendre la règle. On ne mélange pas sport et politique. Eh bien, de la même façon, la règle du jeu s’applique à tous et de façon égale.
En fait, Rubens, tu es Kantien. Pour Kant, on ne doit jamais transiger avec la règle morale qui doit rester dans sa pureté immarcessible.
C’est beau, tout à fait respectable, mais au fond un peu terrifiant.
Je crois que c’est Péguy qui disait : « Kant a les mains pures. Mais il n’a pas de mains ».
Moi aussi, je crois que sport et politique ne font pas bon ménage. Oui, je crois à cela. Mais quand je dis ça, je pense à Camus qui disait « Je crois à la justice, mais entre la justice et ma mère, je choisirai toujours ma mère ».
En tout cas, le côté sympa, c’est que le tennis ça fait discuter.
C’est très fort ce qu’a fait Alcaraz aujourd’hui. très fort.
Allez, je te serre bien la pince.
Permettez, vu que pour une fois je m’intéresse à l’actualité tennistique internationale.
Grace à mon Abonnement. Et à la différence d’hier, le joueur n’abandonne pas à l’instant où je me connecte. J’ai eu droit à une fin de set. Pour autant, de toute évidence, Carlito ne va pas aller au bout…
Oui, on pourrait meme avoir une finale d’imposteurs entre Zverev et Djokovic
Pffff….Remboursez ! J’ai l’impression d’assister à un demi-match poussif et à un 3/4 de Alcaraz.
Tout ceci me semble commencer à devenir un brin inquiétant, Carlitos.
Malheureusement je ne peux pas voir le match, mais si je comprends bien, Alcaraz crampe, ne court plus vraiment et on se retrouve dans une situation analogue au Alcaraz-Norrie de Rio 2021 où l’Espagnol au talent et au bras restait dans le match ?
D’après le score, Zverev a l’air de la jouer comme contre Nadal à RG 2024 : méthodique, fébrile mais « dominant » par la force des choses quand même.
C’est exactement ça.
Bon, point abonnement : le score board de l’Equipe a environ 2 jeux d’avance à présent sur le « live », qui n’arrête pas de planter. Je vais retourner à mes 15/2 sur You tube.
Et donc, un Carlitos sur une jambe l’a emporté au physique sur Zverev. C’est juste énorme, mais le verdict final me semble écrit d’avance…
D’après le liveboard d’Eurosport, la courbe physique des deux hommes s’est inversée lors du 5ème set et Zverev a fini encore plus rincé qu’Alcaraz, qui a remporté les 4 derniers jeux.
ça n’a pas l’air d’avoir été du beau tennis en tout cas.
Chapeau à Alcaraz, c’est un immense champion. J’espère néanmoins que Sinner le croquera.
Il est admirable le Vieux. Ca ne suffira pas dans la durée, on s’en doute, mais c’est une masterclass… et un camouflet pour tous les « 3e hommes potentiels » du circuit
Nathan, il m’a fallu quelques secondes pour voir le rapport avec Zverev. Si tu parles du MTO à cause de crampes, je crois en effet qu’Alex avait raison. On ne peut demander un MTO à cause de crampes. Et Carlitos semble bel et bien avoir joué sur les mots en parlant de blessure alors que le kiné lui massait la deuxième jambe après la première.
Donc oui, l’arbitre n’aurait pas dû accorder de MTO à Carlitos, et ça jette un voile sur le résultat final. Je crois que la charmante Marijana Veljovic et le kiné vont devoir s’expliquer.
Et, Perse si tu me lis, rien de tel avec le Moine sous azote qui crampait au moment de la fermeture du toit l’autre jour. L’interruption a eu lieu au moment optimal pour lui, il a eu de la chance, mais le processus n’en est pas moins légal.
Je confirme en effet que pour moi, Carlitos aurait dû jouer avec ses crampes. Ce qui aurait débouché sur sa probable défaite (peut-être sur abandon), j’en aurais été dégoûté, ne serait-ce que parce qu’il est le seul à tenir tête au Béornide et que pour le bien-être général du tennis la défaite du Béornide importe plus que la victoire de Carlitos
Mais je ne confonds justement pas mes préférences avec la règle. En cela, je suis peut-être kantien en effet
Un vrai roublard aurait carrément posé un bon gros MTO pour sortir 10 minutes se faire masser loin de toutes les caméras et toutes les interrogations, cf leur maître à tous Novak ou Sinner pas plus tard que l’an passé quand il était dans le dur contre Rune
D’une pierre, deux coups : ça évite d’être pris en flag de transgresser le réglement et ça rapporte trois fois plus de temps de récup. Trop gentil une fois encore, Carlos !
Sans oublier feu (?) la douche. Il va falloir que Carlitos se mette à la page
Et 2 sets à 1 pour le Formol…
Il est bon quand même le Méchant (le vieux méchant, je précise). Je trouve le jeune anormalement friable en revers au delà d’un niveau de jeu correct mais je l’ai vu mieux jouer. Est-ce dû à son adversaire ? Va savoir…
« Alors c’est qui les troisièmes hommes ici hein ? », peuvent déjà dire Djoko et le Z.
C’est peut être ça au final que ce tournoi est en train de principalement raconter.
Oui.