Björn Borg et Rafael Nadal sont nés à 30 ans d’intervalle. Le blond suédois, le 6 juin 1956 ; le brun majorquin, le 3 juin 1986 (les deux avaient donc l’habitude de fêter leur anniversaire à Roland Garros, petit clin d’œil du destin).
Cet écart de 3 décennies tout pile facilite les comparaisons entre leurs trajectoires, d’abord très similaires jusqu’au bug qui s’est produit pour Borg à la fin 1981 (mais qui n’a pas eu lieu pour Nadal fin 2011) ; puis opposées à l’extrême. Ce qui permet de nous adonner à une (double) uchronie : que se serait-il passé après 1q81 si Borg avait eu la longévité de Nadal ? Et que serait-il arrivé après 20i1 si le bug s’était produit pour Nadal ?
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Introduction : Les similitudes, de 197[200]4 jusqu’à 198[201]1
On le sait, Borg et Nadal sont quasiment des jumeaux pour ce qui est de la première partie de leur carrière, et ce, via trois aspects principaux : (1) leur précocité ; (2) leur suprématie quasi hégémonique sur terre battue ; et (3) leur capacité à aller gagner aussi sur les autres surfaces.
Précocité
Dans ce domaine, Borg a été un précurseur.
D’abord en Coupe Davis (il remporte ses deux simples et son double lors de sa première participation à la Coupe Davis en 1972, à 15 ans ; il est alors le plus jeune joueur à disputer une rencontre de Coupe Davis).
Puis en tournoi : première finale à Monte-Carlo en 1973 alors qu’il n’a pas encore fêté ses 17 ans ; victoire à Rome puis à Roland-Garros en 1974, fêtant ses 18 ans pendant le tournoi (il est alors le plus jeune joueur du tableau). Borg détient toujours le record du joueur le plus jeune à avoir remporté son 3ème tournoi du Grand Chelem (20 ans et 1 mois).
Nadal n’a pas été en reste, mais, globalement, avec un an de retard par rapport à Borg. Beaucoup d’entre nous l’ont découvert lors de la campagne de Coupe Davis 2004, l’année de ses 18 ans, lors de laquelle, en demi-finale, il contribue à l’élimination de l’équipe de France en dominant Arnaud Clément, puis, en finale, dans le stade Olympique de Séville, il bat le numéro deux mondial Andy Roddick lors du second match, ce qui contribue à la victoire de l’Espagne par 3 à 2. Absent de Roland-Garros 2004 pour cause de blessure, c’est donc en 2005 qu’il remporte son premier titre Porte d’Auteuil, fêtant ses 19 ans pendant le tournoi, juste après s’être imposé à Monte-Carlo et à Rome.
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Hégémonie sur Terre Battue
Borg et Nadal ont tous deux remporté Roland Garros à 6 reprises entre 197[200]4 et 198[201]1, soit 8 éditions, donc avec 75% de succès. Mais chacun d’entre eux n’a participé qu’à 7 de ces 8 éditions, soit un taux de succès réel de 6 sur 7 soit 86%. A ce stade là de domination, on peut parler d’hégémonie.
Borg a été privé de l’édition 1977 (interdiction de concourir, comme tous les joueurs en contrat avec la World Team Tennis, circuit parallèle et concurrent de l’ATP) tandis que, comme on l’a vu ci-dessus, Nadal a raté l’édition 2004 sur blessure. Ils n’ont donc été battus qu’une seule fois porte d’Auteuil entre 197[200]4 et 198[201]1 : Borg par Adriano Panatta en quarts en 1976 ; Nadal par Robin Soderling en huitièmes en 2009. Le reste du temps, leur domination a été sans partage. Ainsi, Borg et Nadal ont tous deux remporté 2 de leurs 6 titres à Roland Garros sans perdre un seul set, en 197[200]8 et en 198[201]0.
Pour ce qui est des autres tournois disputés sur terre battue, leur domination était équivalente, même si, chez Nadal, elle avait un côté nettement plus stakhanoviste. Il faut dire qu’à l’époque de Borg, le circuit n’était pas encore stabilisé comme il a pu l’être après 1990, et les top players de son calibre avaient un intérêt financier important à disputer des tournois annexes grassement payés, notamment aux USA, plutôt que d’aller enquiller des titres moins rémunérateurs à Monte-Carlo, Barcelone, Hambourg, Rome…
Le palmarès de Borg s’en ressent, ainsi entre 197[200]4 et 198[201]1, si on ne compte que les tournois sur TB considérés depuis 1990 comme des Masters 1000 :
- Borg : 3 titres à Monte-Carlo, 2 à Rome et 0 à Hambourg (total 5)
- Nadal : 7 titres à Monte-Carlo, 5 à Rome et 2 à Hambourg/Madrid (total 14)
Plus représentatif que son palmarès, son ratio de victoire sur TB : A partir de septembre 1976 (juste après sa défaite face à Jimmy Connors à l’US Open), Borg ne compte plus que deux défaites, contre Guillermo Vilas en mai 1980 à Düsseldorf (World Team Cup) et Victor Pecci en avril 1981 à Monte-Carlo, ainsi que deux défaites par abandon contre Dick Stockton en août 1977 à l’US Open et Eliot Teltscher en mai 1979 à Hambourg. Il cumule 96 victoires dans cet intervalle de temps, soit un ratio facile à calculer de 96% et même 98% hors abandon sur blessure.
Nadal n’est pas en reste, évidemment, et nous connaissons tous ses statistiques « plus-que-borgiennes » dans le domaine. En voici deux, particulièrement représentatives, réalisées entre 2004 et 2011 :
- L’Espagnol a enchainé 81 victoires sur terre battue (record) : série débutée face à Gaël Monfils au premier tour du tournoi de Monte-Carlo 2005, et achevée lors de sa défaite face à Roger Federer en finale à Hambourg en mai 2007.
- En juin 2010, Nadal devient le premier joueur (et le seul à ce jour) à remporter le « grand chelem rouge » : Monte-Carlo, Rome, Madrid, Roland-Garros.
Capacité à s’imposer ailleurs que sur terre battue
Sur ce point, la similitude entre les deux ogres de l’ocre reste notable, même si elle commence à s’estomper légèrement. En effet, ils ont été, tous les deux, capables d’élargir le champ de leur domination en dehors de la brique pilée, à l’opposé d’autres champions comme Vilas, Muster ou Kuerten, qui n’ont pas gagné grand-chose ailleurs que sur TB. Mais les lieux de leurs succès entre 197[200]4 et 198[201]1 ont été un peu différents. Si l’on s’en tient aux tournois dits « majeurs » :
- Borg a très vite dompté le gazon londonien (premier titre à Wimbledon en 1976, suivi par 4 autres consécutifs), mais il a au contraire toujours buté sur la dernière marche à l’US Open (4 finales et une demie). Et il ne se déplaçait pas à Melbourne. Quant à la Masters Cup, son bilan est plutôt positif car il l’a remportée à deux reprises (1979 et 1980) après deux finales perdues (en 1975 et 1977).
- Nadal, lui, a réussi à remporter son premier US Open avant 2011 : c’était en 2010, dès sa première finale (il remportera, mais plus tard, 3 autres titres à Flushing Meadows). A Wimbledon, après deux défaites en finale face à Federer (2006 et 2007), il s’impose en 2008 puis en 2010 (sa 2ème et dernière victoire à Londres). Et à Melbourne, c’est dès 2009 qu’arrive son premier titre (un 2ème arrivera beaucoup plus tard). Aucune victoire en revanche en Masters Cup, ni entre 2004 et 2011, ni après, mais une médaille d’or aux J.O. (Séoul 2008).
Cela dit, d’un point de vue uniquement comptable, les bilans sont très proches entre 197[200]4 et 198[201]1, avec 5 titres en GC (et 2 Masters) pour Borg, contre 4 GC (et 1 J.O.) pour Nadal.
Preuve de leur capacité à gagner partout, et dernier point commun : Borg a fini n°1 mondial en 1979 et 1980, Nadal a fait de même en 2008 et 2010.
Terminons par un mot sur la concurrence : Borg avait en face de lui Connors, Vilas, McEnroe (et Lendl sur la fin), quand Nadal a dû se taper Federer, Djokovic, Murray et les autres. Nous n’en dirons pas plus car c’est un débat éternel et infini.
Chapitre 1 : 1q81 (…et si Borg avait eu la longévité de Nadal)
On sait qu’après sa finale perdue à Flushing Meadows en septembre 1981, face à McEnroe (par qui il avait déjà été battu en juillet à Wimbledon), Borg perd subitement le goût de la compétition. Il va traîner son mal-être encore quelques mois, avant d’arrêter définitivement à Monte-Carlo au printemps 1982 après une défaite face à Henri Leconte (nous ne parlerons pas de sa tentative piteuse de come-back en 1991).
Et si…
Et si Borg avait eu la longévité (et la grinta, et la haine de la défaite…) de Nadal ?
Après tout, Nadal après 198[201]1, ce sont pas moins de :
- 8 nouvelles Coupes des Mousquetaires, dont la dernière en 2022, l’année de ses 36 ans (donc 17 ans après la première),
- 4 autres sacres en Grand Chelem,
- 3 nouveaux titres de n° 1 mondial.
Hé bien dans ce cas, nous aurions pu assister à ceci :
- A Roland-Garros (en respectant l’écart de 30 ans avec les sacres de Nadal), des nouvelles victoires de Björn Borg en :
- 1982 (dommage pour Wilander)
- 1983 (dommage pour Noah)
- 1984 (dommage pour Lendl)
- 1987 (dommage pour Lendl (encore))
- 1988 (dommage pour Wilander (encore))
- 1989 (dommage pour Chang)
- 1990 (dommage pour Gomez)
- 1992 (dommage pour Courier) – il est ahurissant de se dire que Borg, s’il avait été nadalien, aurait été capable en 1992 de mater des joueurs tels que Courier, mais aussi Agassi, Muster, Sampras, Edberg, Becker, Ivanisevic… tandis que Lendl et Wilander, pourtant arrivés sur le circuit bien après lui, avaient déjà cessé d’être compétitif (Lendl) ou carrément disparu (Wilander)).
- Dans les autres tournois du Grand Chelem, au hasard :
- Encore deux autres titres à Wimbledon, par exemple en 1985 (dommage pour Becker) et 1987 (dommage pour Cash)
- Un unique titre à Melbourne, par exemple en 1984 (dommage pour Wilander)
- Enfin, pour couronner le tout, un unique titre à l’US Open, par exemple en 1985 (dommage pour Lendl).
- Et peut-être encore une ou deux Masters Cup, et la médaille d’or aux J.O. de 1992 à Barcelone (dommage pour Marc Rosset).
Bref, un bon paquet de joueurs auraient vu leurs palmarès sérieusement amputés à cause de ce Borg nadalien (à noter que les « one shots » tels que Noah, Cash, Chang et Gomez auraient sans doute souffert tout particulièrement).
Chapitre 2 : 20i1 (…et si Nadal avait craqué comme Borg)
198[201]1 a été l’année du gros bug pour Borg mais elle aurait pu l’être aussi pour Nadal. En effet c’est l’année de l’émergence de Djokovic en tant que n°1 (durable de surcroit), tandis que Federer refuse d’abdiquer. Sur terre battue, l’Ibère gagne à Monte-Carlo comme d’habitude, mais ensuite, chose encore jamais vue, il s’incline deux fois de suite en finale à Madrid et à Rome face au Serbe. A Roland-Garros, Federer sort en même temps le match de sa vie et Djokovic en demi-finale, mais cale (comme d’habitude) face à Nadal en finale (on ne saura donc jamais ce qui se serait passé en finale si Djokovic avait affronté le Terre-Minotaure : aurait-il pu réitérer le double exploit de Madrid et de Rome ?). Le reste de l’année verra Djokovic continuer de dominer, avec notamment des victoires à Wimbledon et à Flushing Meadows, dans les deux cas face à Nadal en finale.
Alors évidemment, malgré cette trajectoire très similaire en 198[201]1, Nadal n’a pas buggé comme Borg.
Et si…
Et si ç’avait été le cas ?
Hé bien dans ce cas, nous aurions pu assister à ceci :
- A Roland-Garros, des victoires de :
- Djokovic en 2012
- Djokovic (ou, moins probablement, Ferrer) en 2013
- Djokovic en 2014
- Wawrinka ou Thiem en 2017
- Thiem ou Del Potro en 2018
- Thiem ou Federer en 2019
- Djokovic en 2020
- Djokovic ou Zverev (qui ne se serait pas cassé la cheville) ou Ruud en 2022.
- Dans les autres tournois du Grand Chelem, des victoires de :
- Djokovic à l’US Open 2013
- Anderson ou Del Potro à l’US Open 2017
- Medvedev (ou, moins probablement, Berrettini) à l’US Open 2019
- Medvedev (ou, moins probablement, Berrettini) à Melbourne en 2022.
Djokovic aurait 5 ou 6 GC de plus et en serait aujourd’hui à 29 ou 30 titres (gloups…), quand le Nadal borgien serait resté bloqué à 10. Federer n’en aurait probablement qu’un seul de plus, à 21. Les joueurs « one shot » que sont Del Potro, Thiem et Medvedev compteraient probablement 2 ou 3 couronnes. Et, du coup, seraient remplacés par d’autres « one shots » (Zverev ? Ruud ?? Anderson ???).
Conclusion
J’ai découvert le tennis à travers Björn Borg, qui a été le héros tennistique (et sportif) de mon enfance, je peux donc comprendre tous ceux qui ont 30 ans de moins que moi et qui ont vécu la même chose à travers « Rafa ».
Mais si Borg avait poursuivi sa carrière après 1q81, en mode « Nadal » c’est à dire en continuant d’enquiller les Coupes des Mousquetaires comme des perles, il n’y a aucun doute que j’en aurais vite eu ma claque et que j’aurais fini, tel un renégat, par ne plus le supporter (dans les deux sens du terme) et souhaiter qu’il dégage enfin pour laisser la place aux jeunes. Sa disparition du gotha en pleine gloire participe donc de son aura et de son prestige immaculé.
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Nota 1 : Le texte en italiques a été copié depuis Wikipedia.
Nota 2 : Le titre de cet article est, bien entendu, un clin d’œil à Haruki Murakami.


Moutet franchement j’adore!
Son tournoi de Marrakech était succulent avec des trickshots en veux en tu en voilà notamment le match contre le vieux Trungelliti (je me demande si on traduirait »le tringlé »’en francais. Des traducteurs ici?). Les HL sont de véritables délices.
Sympa egalement son match contre Ruud, qui reste un étalon sur terre tout de meme… defaite en 2 sets mais il n’a pas été ridicule et a tout tenté pour faire déjouer Ruud, l’opposition de style était cool.
Mais bon.. ca reste un cran en dessous de Dolgopolov tout ca, ah ah ! Quel joueur c’etait nom d’une pipe.
Kaelin, en direct de Phnom-Penh, deja 6 ans ici. Je suis passé au running depuis 3 ans j’ai (honte à moi), presque arrété le tennis … mais je retourne de temps en temps lire discrètement 15love, je ne suis jamais bien loin eheh.
La saison sur terre me fait sortir du bois khmer!
La course avec les tuktuk à Phnom-Penh, c’est fort ! Comment ça va, le commerce des épices ? Tu vas bientôt doubler « La plantation » et son poivre de kampot ?
Ahah oui pas facile de courir ici mais ça va on se débrouille, faut se lever à 4h30 du mat pour pas mourir de chaud c’est tout et on a une piste sympa au stade olympique pour s’entraîner avec mon club le PPAC (Phnom Penh athletic club) !
Sinon je ne risque pas de doubler La Plantation puisque c’est moi le « country sales manager » de l’entreprise eheh.
Ca se passe bien, merci de demander ;).
Pas possible ! Tu sais que le « grand chef » me l’a fait visiter perso ainsi que les ateliers. J’en garde un très bon souvenir, il faisait super beau, l’endroit est un des plus chouette du Cambodge.
Oui l’endroit est sympa.
Le « grand chef » c’était un belge chauve de 70 ans environ, lunette fumées ?
Oui, anciennement dans l’informatique. C’est lui qui a recrée le domaine avec sa femme. Le poivre de Kampot de sa plantation vaut le détour. je continue d’ailleurs à en acheter.
Ok oui c’est bien Guy en effet. Cool que tu ait une visite privée :).
Que tu ai eu*
@Kaelin, on peut tout à fait lire discrètement lire 15L à Phnom-Penh, la preuve, c’est exactement ce que je suis en train de faire à cet instant (non sans avoir fait un point sur l’état du tennis au Cambodge avant de venir, histoire de voir s’il y avait pas une place en CD Senior ++ à gratter).
Sans blague, tu es à PP ?? Faut qu’on se voit si oui!
Folie,
Jodar comme Sinner ? Machac met fin à la série de Sinner en attendant peut-être plus ? En tout cas, c’est un joueur bien plus sympa à regarder que son compatriote à cuissot berdychiens. Il fond souvent une durite mais son côté Lapin Duracell et sa vitesse de jeu sont bien souvent superbes à admirer. Et puis le coup droit sauté est son coup signature.
Valentin ahead. Toujours pas fan de son jeu, mais il fait plaisir à voir.
Je me sens de plus en plus en décalage avec les commentaires d’Eurosport.
Il paraît que Jannik a eu un coup de pompe au deuxième set. Petite baisse de régime en effet, mais pas un mot pour son adversaire, journalistiquement voué à être la victime et dont la prestation n’intéresse visiblement pas grand monde.
Découvert Machac cet après-midi, ce type a une vitesse et une pureté de frappe hallucinantes. Le frigo de Cortina ne rigolait pas, il ne parvenait pas à le dominer en puissance et il était obligé de reculer. Alors que j’étais totalement scotché devant l’écran, Machac m’a montré pourquoi il n’était que 53ème mondial : au 3ème, il vendange totalement son jeu de service à 1/1, une double-faute puis 3 erreurs particulièrement grossières, break offert sur un plateau. Rebelote à 3/5, 4 grosses fautes pour offrir le match. Machac est un fou furieux, hallucinant de talent mais un fou furieux quand même.
Rien de tel avec Etcheverry, qui n’avait vraiment rien à opposer à Carlitos. Ce dernier a aligné les fautes au deuxième set, il s’est compliqué la vie tout seul face à un adversaire qu’il dominait sur tous les plans et qui n’est parvenu à rien sinon profiter des fautes adverses.
Voila comment deux outsiders ont ébranlé, sur des scores proches, le duopole régnant sur le tennis actuel. Pour moi, deux matchs TRES différents. Carlitos, il va vraiment falloir arrêter de sortir du match comme tu l’as fait aujourd’hui.
Etonnant que tu ne l’aies jamais vu auparavant, cela fait 2 ans que Machac a des résultats intéressants même si comme tu le notes bien, sa gestion d’émotion est perfectible.
Ce n’est pas tant sa puissance que sa vitesse de jeu avec prise de balle précoce et changement de direction à foison qui impressionne. C’est un lapin Duracell en somme mais qui a trouvant des trous d’air en plus d’avoir un physique vraiment fragile.
Sa spécialité est le coup droit bondissant, pendant du revers sauté de Shapovalov. Vraiment très sympa.
A noter que Jodar lui était sur le corps la semaine dernière en route pour le titre de Marrakech.
Effectivement, comme le dit Perse, Machac est un excellent joueur (rapidité, pureté de frappes) mais tellement inconstant. Son dernier jeu contre Sinner en est une illustration parfaite avec 4 fautes directes et une prise de risque disproportionnée face à un Sinner pas au mieux de son tennis.
Alcaraz, c’est différent. Les 8 premiers jeux (6/1 1/0) sont le fruit d’un tennis proche de la perfection. Un pourcentage de 1er services au top, l’utilisation complète de la géométrie du court, un jeu très pur en quelques coups de raquettes mêlant accélérations et lifts, l’Argentin à 2 mètres de la balle allait connaître la correction de sa vie.
Et puis 3 fautes de finition de suite, l’Argentin qui emporte un jeu sans dire merci alors que franchement… la confiance renaît de l’autre côté, pire le niveau monte, l’Argentin frappe de plus en plus fort, coupe les trajectoires, ne rate plus une balle, et Alcaraz toujours sur courant alternatif l’emporte on s’efforçant au sérieux qui lui va mal.
Bref on n’a rien appris qu’on ne sache déjà sur l’Espagnol : que quand il joue bien, il est injouable, mais dès que la mécanique s’enraye, il a peur de l’abîme et là, tout devient possible aux joueurs sérieux et constants.
En fait, il n’y a pas de vrai plaisir sans incertitude. C’est pour cela aussi que j’aime voir évoluer l’Espagnol. Quand on veut prendre du plaisir avec Alcaraz, il faut accepter d’être un spectateur intranquille.
Carlos a un côté Gasquet amélioré, pas par le jeu mais par les failles. Je pense que, comme Richard, il a été trop doué trop jeune. Du coup, ils n’ont pas assez gouté à l’amertume de la défaite dans leur jeune âge, du coup ils ne savent pas vraiment comment l’affronter, une fois adultes, quand on ne peut plus jouer seulement dans l’insouciance. Peut-être d’ailleurs faut-il voir dans le limogeage de Ferrero, trop sérieux, trop professionnel, trop exigeant, avec raison d’ailleurs, cette difficulté d’Alcaraz à jouer autrement que dans une forme allégée, atténuée, d’insouciance.
Pour changer de sujet, jaime par le jeu de Vacherot, mais j’ai vachement aimé son dernier match. C’est la victoire du désir sur la biomécanique et la pureté stylistique. Tout son jeu est moche, il s’en fout, mais quelle énergie !
Sinon côté WTA, Lili Tagger, 18 ans un revers à 1 main (geste à la Thiem et à la Schiavone, qui est son entraîneur) est en train de s’installer au sein de la WTA cette saison.
Elle rentrera dans le Top 100 la semaine prochaine suite à son bon parcours à Linz où elle a battu Samsanova, n°21.
Certes, elle a le même âge que l’extraordinaire Andreeva (qui connaît son premier véritable creux actuellement) mais elle m’a semblé avoir du potentiel, surtout côté coup droit où sa mécanique raccourcie avec un grip extrême doit encore s’adapter à la vitesse de jeu du grand circuit (trop de balles courtes même si elles ont de l’effet).
Sinon elle a des segments avec de bons leviers, une mécanique au service qui semble saine. Son revers à une main pourrait peut-être ne pas tenir les filles les plus puissantes mais que de jolis angles déjà trouvés !
En tout cas chouette jeu à regarder.
Pas vu le match d’hier, mais je suis tombé sur le tableau des statistiques.
Et comme lors de la finale de l’US, c’est sur la séquence service-retour que se joue le match. Carlitos ne gagne que 58% des points sur sa première balle, et… 56% des points sur sa deuxième balle. Le Jésuite a lu son service sans problème.
La finale de l’US 2025 reste pour moi le match de référence de Carlitos. Si son service – et notamment sa première balle – est illisible, il a la main sur l’issue du match. Mais depuis septembre 2025, donc, il a essuyé deux défaites contre son rival parce qu’il n’est pas parvenu à le surprendre avec son service. C’est là-dessus, et pas ailleurs, que se joue le rapport de force entre les deux.
Moui. Je vois aussi un joueur en amélioration sur certains points (Sinner et ses ajustements terriens), tandis que l’autre lutte pour stabiliser/ne pas perdre ses acquis des derniers mois (le service mais aussi le revers, qui a gardé la perforation de l’été passé mais est devenu instable, avec trop de fautes en longueur dans la diago en pêché récurrent des trois derniers tournois). L’un est en phase ascendante, l’autre essaie de stabiliser un plateau/ne pas redescendre.
C’est vraiment dommage que Carlos n’ait pas plus capitalisé sur l’OA. En général quand tu gagnes à Melbourne tu es lancé comme une balle jusqu’à Roland. Là il a grillé tout connement, tout seul comme un grand ou presque, le capital confiance né de Melbourne et de ses 12 derniers mois.
J’ajoute qu’il est vaguement en train de perdre le facteur « clutch » contre Sinner. Quantité de 0-30 ou 15-30 pas exploités, balle de set non convertie et finalement tiebreak pas inspiré en finale du Masters, exactement même schéma à Monaco… Rien d’irréparable encore mais il rend du terrain à Sinner sur ce plan-là aussi.
Après peut-être que le n°1 le saoule et qu’il aspire à redevenir le challenger. Il ne serait pas le premier à préféré être chasseur que chassé. Alors que Sinner vit très bien d’être la cible. Mais non seulement ils n’ont pas le même âge (deux ans d’écart, ça compte), mais ils n’ont pas le même niveau de maturité. Sinner a déjà une longue carrière, a traversé pas mal d’orages (le contrôle positif, la suspension, mais aussi les 2 années d’apprentissage à la dure entre le moment où on l’a annoncé en next big thing, vers 2020-2021, et son avènement concret en 2024). Il a développé un côté dur au mal qui est LE point que Carlos peut lui envier, au moins autant que son service.
Plutôt de l’avis de Guillaume.
https://www.tennisabstract.com/cgi-bin/player-classic.cgi?p=JannikSinner&f=ACareerqq&q=CarlosAlcaraz&q=CarlosAlcaraz
https://www.tennisabstract.com/cgi-bin/player-classic.cgi?p=CarlosAlcaraz&f=ACareerqq&q=JannikSinner&q=JannikSinner
Tu as les chiffres des 18 matchs opposant les 2 et globalement , on voit que Sinner sert relativement mal vs Alcaraz. Au contraire Alcaraz sert globalement mieux contre l’Italien.
Pour moi la dynamique depuis l’US Open tend à confirmer mon opinion que Sinner est le meilleur joueur de tennis actuel et un loser patenté au choc des volontés. Il est juste tellement fort qu’il y a 3 matchs dans la saison où il ne fait pas la différence sur le niveau technique et qu’il doit se dépouiller et ça ne passe pas.
Enfin, je vois une grande ironie au fait que ce soit Sinner qui développe le côté Servebot alors que le traitement journalistique de 2025 et certaines autocongratulations d’Alcaraz le mentionaient l’année dernière au sujet de l’autre. En effet, les perfs derrière le service de Sinner cette année sont meilleures que le meilleur Federer !
In fine, Alcaraz est le plus spectaculaire, inspiré et génial joueur de tennis des 15 dernières années mais c’est Sinner qui a les cartes en main in abstracto.
Qui aime bien châtie bien donc c’est le moment de dire que je n’aime pas trop ce que j’ai vu et entendu de Carlos ces dernières semaines. La sortie agacée sur « les gars qui se transforment en Federer quand ils me jouent » à Indian Wells, l’acte de présence inutile à Miami alors qu’il n’avait manifestement pas envie d’être sur le court (va pas te plaindre après que les mecs jouent leur chance à fond contre toi si de temps à autres tu leur donnes des victoires « accessibles »… Sinner, quand il sent qu’il n’est pas dans les dispositions pour jouer la gagne, il ne vient pas ; c’est comme ça qu’une aura se construit), puis le renoncement de Monte-Carlo « Je vais perdre la place de n°1″ alors qu’il avait toujours son destin entre ses mains sur le Rocher et qu’à partir de Madrid Sinner en aura fini des points « à reprendre » de sa suspension… Sans parler d’une espèce d’irritation qui affleure tout de suite dès qu’il rate un coup ou l’autre, comme ça il était au-dessus de ça. Au mieux il a une baisse de motivation persistante consécutive au Grand chelem en carrière de Melbourne (ce qui s’entendrait), au pire il y a là une certaine attitude d’enfant gâté (capricieux ?) à laquelle il ne nous avait pas habitués. Je me souviens que quand il a gagné son premier RG en 2024, terminant par deux matchs en cinq sets en 1/2 et en finale, il avait lâché « Il faut aimer souffrir », véritable profession de foi. Je n’ai pas l’impression ces dernières semaines qu’il prend beaucoup de plaisir à souffrir sur le court. Et le timing est particulièrement préoccupant alors qu’on aborde le tronçon à la fois le plus important et le plus dense de l’année. Si t’es pas dans l’état d’esprit à aller au charbon alors qu’arrive la surface des chiffonniers, et que deux Grands Chelems vont s’enchaîner avant la prochaine pause, c’est embêtant. Et autant la disparition de Ferrero du paysage ne m’inquiétait pas outre mesure sur la technique (Lopez avait pris sur le lead sur ce sujet depuis un moment), autant maintenant que Ferrero n’est plus là qui dans l’entourage a l’autorité/la crédibilité pour jouer le père Fouettard s’il faut recadrer l’élève qui se relâche ?
Je n’ai pas abordé le sujet Ferrero dans le post précédent, mais en effet il ne faut pas le mettre de côté. Depuis des mois, on sent à des petits riens que le type est dans la position de la proie, et qu’il préfère de loin celle du chasseur. Je ne sais pas ce que nous réserve la suite, mais dans son attitude quelques doutes se font jour sur sa motivation quotidienne. Son titre à l’AO n’a rien de particulièrement impressionnant d’un point de vue sportif. Au sortir de sa demi contre Sasha je n’avais guère de doutes sur le verdict final, et je gage que Djoko lui a rendu un immense service en le débarrassant de son grand rival. Depuis, pas grand chose, et notamment une implication un peu fluctuante.
Carlitos est à peine plus jeune que Becker quand il a perdu en finale de Wim en 91 contre Stich, inaugurant une longue période de vaches maigres parce que son investissement dans le tennis en prenait un coup (valable également avec Agassi post-US 95). Je ne souhaite surtout pas à Carlitos le même destin, parce qu’en 91 l’avenir du beau jeu, et du tennis en général, ne reposaient pas sur les épaules du seul Becker. En 2026 la créativité générale du tennis est au plus bas, les muscles ont massivement remplacé les neurones et le cocktail d’ogives et de caresses que propose l’Espagnol est vraiment la principale chose qui dépasse, Musetti et Shelton étant nettement en retrait. Carlitos, ce n’est VRAIMENT pas le moment d’avoir des soucis existentiels avec la rigueur quotidienne qu’exige ton rang.
Bon je crois que nos analyses se sont croisées, cf au-dessus, avec les mêmes mots
A 22 ans, surtout dans ce domaine-là, on n’a plus vraiment besoin d’un mentor pour endosser la pression, la rigueur, de l’univers d’un champion. Le projet doit être intégré par le joueur.
Cela ne veut pas dire qu’il n’a besoin de personne. Nullement. Mais pas d’une personne qui endosse l’étayage de son projet. Et c’est là où le bât blesse, à mon avis. Tout a été trop facile, pour Carlos, eu égard à son talent qui est immense. Maintenant, il se rend compte de la pression. Et a quelques difficultés à y faire face.
Il n’y a pas de coach irremplaçable pour un champion. Mais je crains que le clan Alcaraz en congédiant Ferrero a cru congédier la pression qu’il sentait poindre chez « le petit prince ». Erreur. La pression était d’abord dans la tête du prince. A cet égard, la phrase sur « le retour à la maison » est terrible, si on y réfléchit quelques instants.
Pour ceux qui suivent le tennis chez les juniors, le tennis des jeunes est plein de joueurs très brillants qui se font doubler par des jeunes plus laborieux mais dont « le projet » est mieux structuré dans leur tête. La différence ici, dans le monde professionnel, c’est que les laborieux sont aussi très bons, voire excellents. Ce sera intéressant de voir comment Carlos va affronter cette situation.
Pour le tennis, c’est regrettable, car, comme le dit si bien Rubens, ce tennis à tendance monomaniaque commence à devenir lassant.
Comme disait De Gaulle : « On peut regretter les temps des lampes à huile et de la marine à voile ». Comme nous, ou moi plutôt, je regrette le temps des raquettes en bois (ah!! ma Gauthier des années 60 !!) et de Laver, Nastase et Mc Enroe. Mais il faut vivre avec son temps et le tennis de son temps et donc admettre que Sinner représente le tennis actuel. Plus que Alcaraz et son côté plus ludique, moins robotique.
« Vivre avec son temps », hélas oui ! Avec Rafaël Jodar ? C’est vrai que, dans l’esprit du jeu, il a quelque chose de l’Autrichien maquillé en Italien. Mais il est moins vidéo-game dans sa façon de jouer que le héron au nez à piquer des gaufrettes. Moins précis aussi. Il est très pressé comme Agassi sur le terrain. Il sait à peu près tout faire. Il prend la balle très tôt. C’est un tueur en retour sur le deuxième service adverse. Il a littéralement marché sur Munar qui, certes revenait de blessure, mais quand même, Munar sur terre battue, c’est un client. Pourtant, dans ce match, Jodar n’a pas servi de façon extraordinaire, ce qu’il peut faire parfois. On parle beaucoup de Fonseca mais franchement Jodar, c’est pas mal.
Grosse dégringolade de KK ce matin, qui pointe au ranking 16.
@Kaelin, déso, me réveille un peu tard, mais je ne suis resté que 24H à PP, pour filer ensuite à Koh Rong, dont je commence à être un habitué.
ah oui sympa, profite bien. J’etais à Koh rong samloem il y a quelques semaines, avec ma compagne. Sur la plage principale, Saracens beach … mais J’aime bien Koh rong aussi. Tu es sur quelle plage ?
Hésite pas si tu veux boire un café ou une biere ou se faire une bouffe quand tu repasses sur PP, ca serait avec plaisir … tu peux m envoyer un mail à tisonhugo@gmail.com (sur 15love je risque de louper l’info).
Je suis commercial donc flexible, meme si ton hotel n’est pas près de chez moi (quartier marché russe).
Kaelin, suis à Koh Rong Lonely Beach, très précisément au Lily’s Beach Bungalows, best resort in the world (si quelqu’un me cherche dans le monde).
Suis back to PP dimanche, te contacte (et je cherche Roger Federer’s song existe en karaoké).
Ahahah ça peut se trouver :D. See you Sunday I hope !
Et profite bien de KR d’ici-là.
Sinon même si Tsitsipas a gagné son match aux forceps, le naufrage continue sans que je n’ai plus de sympathie. Comme son ex meilleur pote (Kyrgios), c’est triste et quelque part assez hallucinant qu’ils aient réussi à me retourner à ce point-là : initialement je les aimais bien et maintenant ils sont pitoyables.
Jodar a réussi à retourner le match, c’est très impressionnant quand même parce que De Jong avait bien mené sa barque ! Mais que c’est ennuyeux ces mega M1000 : il ne se passe rien durant 10 jours.
Lois Boisson a déçu en mal, totalement perdu et incapable de lire les trajectoires, un vrai lapin fasciné par les phares. Pas simple…
Je vous l’avais bien dit, il y a quelques temps, que la nouvelle génération (Jodar, Blocks…) allait arriver aux premières places avant Fonseca. Ce n’est pas encore fait mais bon, c’est bien parti. Manque à l’appel Martin Landaluce mais ce n’est pas fini pour lui ainsi que pour, quoique moins jeune, Buse qui porte si mal son nom car il est plutôt parti pour être le Phénix de la terre battue. Etonnant Tsitsipas, dont le 1er match fut presque une Bérézina, et le voilà, on ne sait pourquoi, transformé lui aussi en Phénix de Madrid. Est-ce le fait d’avoir traité son père d’e….é en plein match (ce qui d’ailleurs est une pure vérité) qui l’a libéré ? J’en doute un peu puisqu’il est paraît-il coutumier de ce genre de propos, loin des sermons sur la montagne dont il nous abreuve.
Non, non, point de pessimisme, il se passe des choses intéressantes à Madrid, moins qu’au Cambodge, il est vrai.
Tout à fait. Tsi qui enchaine 1 ou 2 matchs, c’est intéressant. D’une certaine manière, Carlito forfait à RG aussi, ça laisse une place à X – « et la France se prend à rêver… » blablala – . X ou Z, j’ai du mal à voir qui que ce soit de crédible en face, mis à part, indestructiblement Djoko. Musetti a-t-il vraiment progressé depuis l’année dernière ? Ca saute pas aux yeux.
Ici, le Cambodge vit et respire tennis, c’est évident, pas Kaelin qui va me contredire. Enfin, en gros, il y a une étonnante pub sur écran géant géant, pour une marque de flotte Cambodgienne, qui montre un court, avec des joueuses et joueurs qui se désaltèrent. Entre deux gorgées, on voit un coup droit ou un service et là, c’est assez étrange : ils ont manifestement pris des amateurs/trices et leurs gestes sont assez…Basiques genre un peu badmington, je mets la raquette au-dessus de la tête et hop, j’envoie la balle de l’autre côté !
Que devient Kenny Bun ? Meilleur joueur cambodgien de tous les temps ? Il a quand même été 995 mondial…
Kenny Bun a arrêté…Et la relève se fait attendre…
« Est-ce le fait d’avoir traité son père d’e….é en plein match (ce qui d’ailleurs est une pure vérité) qui l’a libéré ? »
Juste mort de rire. Nathan, tu es en pleine forme !
Je retiens religieusement les noms de jeunes que tu me suggères. Le fait est que j’ai très peu de temps pour regarder du tennis, Monte Carlo a été une exception. Et je dois avouer qu’en attendant le retour de Carlitos, j’ai un peu de mal à m’enthousiasmer pour ce qui se passe.
Est-ce que Shapo joue encore ?
Non, Shapo a déliveré le pire match de sa vie contre je ne sais plus qui, battu 6/2 6/1 ou l’inverse, je ne sais plus.
Sur les prestations réalisées et les oppositions rencontrées, les joueurs en forme du moment, même si je suis loin d’avoir tout vu sont :
Blocks
Jodar
Fils
Tsitsi
Cobolli
Je crains que Carlito ne revienne jamais, en tout cas, pas au même niveau. Je me souviens de ce que j’écrivais sur ce site, hélas, sur les faiblesses de Carlito, à la suite de sa demie perdue à Roland contre Djoko en 2023. Il jouait un tennis de rêve, démarre en trombe et pftt… perclus de crampes de stress. On s’améliore mais on ne change jamais. Les joueurs blessés n’ont pas tous des problèmes de stress. Mais les joueurs stressés collectionnent souvent les blessures. Opinion personnelle qui ne peut s’étayer sur rien de tangible (pas sur Tennis abstract, la statistique faite vérité !) Carlos est un joueur stressé (à ne pas confondre avec un manque d’implication, même si le stress peut revêtir l’apparence du manque d’implication). « L’avenir tranchera », comme on dit dans les mauvaises dissertations.
Pour ne pas parler des valeurs certaines : Sinner, Ruud…
Le spectre Del Potro rôde, je ne serais pas si optimiste. Nadal a pu jouer jusqu’à 36 ans au plus haut niveau en étant un éclopé notoire, et Alcaraz n’a pas encore ce track-record.
Quant à la pique sur TennisAbtract, c’est le pouvoir fascinant des très grands nombres qui montre que finalement, les tendances lourdes se confirment avec des chiffres suffisamment importants. Par exemple, la corrélation entre % de points gagnés en carrière et palmarès est excellente (Ainsi Djokovic > Nadal > Federer > Sampras > Agassi). Les marges sont ténues mais à la fin tirent dans le même sens.
D’ailleurs, sur cet indicateur, Sinner vient de passer devant Alcaraz (les 2 sont situés devant entre Federer et Sampras) et cela enverrait vers une trajectoire à + de 10 GC et 150 semaines n°1 mondial, ce qui semble plausible pour les 2.
*pessimiste bien sûr.
A quoi ça sert d’avoir le boulard si t’as pas le pétard (au service) ?
Pour parler Abstract, j’adore, le DR de Fils n’est pas celui d’un Maître !
Sinner continue sa domination. C’est impressionnant. Elle ne me dérange pas puisque j’aime bien l’Italien et que je « saisis » mieux sa domination que celle de Djokovic à l’époque, même si le génie véritable actuel du jeux est Alcaraz.
Zverev est rentré perdant d’office sur le court et ce fut un peu pathétique. N’empêche, j’ai trouvé la démonstration de force de Sinner contre Fils en demi impressionnante ainsi que son accélération en fin de partie contre Jodar (11 points consécutif) inouïe aussi.
En terme de constance et de visibilité des progrès, je trouve que Sinner est assez inédit, et c’est particulièrement manifeste au service où sa 1ère balle maintenant flirte avec les 220 km/h en touchant les lignes presqu’en permanence (il n’y a que 2 ans, c’était 195 km/h avec des pointes à 205 max).
Autre chose, où il fait une différence énorme par rapport à Zverev est la capacité à changer de direction et passer pleine ligne en revers aisément : globalement, il maîtrise les trajectoirs à un niveau supérieur et il peut entrer dans la brèche aisément, ainsi qu’une grande sûreté technique pour les balles au-dessus de l’épaule (le coup droit décalé en rebond haut est un pénalty assuré, la volée liftée également).
Pour ce qui du Tennis Abstract, ce qui est intéressant est de constater l’asphyxie du classement ELO dont où maintenant Sinncaraz a 200 pts d’avance sur le reste (soit une proba de victoire de 64% à minima, Sinner a presque 300 pts d’avance sur Zverev dorénavant, soit 85% de probabilité de victoire, hahurissant).
En pratique, cela signifie que Sinner ne peut plus vraiment améliorer son classement ELO au vue de l’écart abyssal qu’il a avec le reste et c’est ce qui va le limiter par monter dans les rangs statistiques. Là, il a atteint une performance samprassienne mais il lui manque 150 points par rapport au meilleur Djoko. En pratique, pour atteindre ces 150 supplémentaires, il devrait encore gagner 6-7 tournois consécutifs, en battant de préférence à chaque fois Alcaraz, Djoko & Zverev dans le lot.
Cela semble difficile quand même.
Le tennis est mort. Le BR, le dernier indicateur de Tennis Abstract, l’illustre parfaitement (BR, le Boredome Ratio). L’italien rieur ne pourra plus améliorer son ELO, les jeunes sont encore trop jeunes, le vieux est trop vieux et son aura n’est plus qu’un bouclier de papier, l’Espagnol flamboyant est à l’hôpital pour un temps indéterminé. Alors ? Bonzi, peut-être ? Ou le Padel, pourquoi pas ?
Oui le padel. Essayons le padel.
Mon humeur du jour : trouver le huitième-de-finaliste en Grand Chelem le plus insignifiant de l’histoire. Ne cherchez pas les mécanismes internes qui m’habitent, tout au plus devinerez-vous que question tennis, en ce moment, n’importe quel sujet m’intéresse davantage que l’actualité
Mon cerveau reptilien vient d’exhumer un sacré client, Lawson Duncan. En personne. Joueur américain, né en 1964. Meilleur classement : 47ème en 1985. Six finales sur le circuit ATP, toutes perdues. Là où ça devient un chouia intéressant, c’est que ces six finales ont toujours eu lieu sur terre battue, l’allergie habituelle des Yankees à cette époque. Sur ces six finales, je n’en vois que deux sur le sol US, c’est-à-dire sur hartru. Les quatre autres se sont jouées sur la terre battue européenne.
En écho à cette affinité avec l’ocre, c’est bien à Roland Garros que notre ami Lawson a atteint la deuxième semaine, en 1989. Ses victimes ? Thierry Champion, puis Andrew Sznajder le Canadien, et enfin sa Majesté Jérôme Potier au troisième tour. Seul le premier nommé parvint à prendre un set à mon nouvel ami, avant que Matsou ne le renvoie à ses études en trois sets en huitièmes. Les fines lames de ce site auront fait la reconstitution : la tête de série rôdant dans les parages de Lawson Duncan, c’était Yannick, battu par Luis Mattar au premier tour, lui-même vaincu en cinq sets par Potier au tour suivant.
Ce qui est resté à la postérité, c’est l’analyse légendaire de Potier à l’issue de sa défaite contre Duncan : « J’ai joué comme une merde ». Ah ! qu’en termes galants ces choses-là sont mises
Mais je trouvais injuste que l’identité de l’adversaire du Français soit passée sous silence. Lawson bafoué, Lawson outragé, mais Lawson réhabilité en 2026. Nul doute qu’il le mérite
Pas la peine de me montrer la sortie, je connais le chemin.
Autre poids lourd dans le même registre : Jan Vacek, à ne pas confondre avec Daniel Vacek). Deuxième semaine à Wimbledon, en 2002. Vainqueur par abandon de Golmard au premier tour, puis de Mario Ancic en trois sets, et enfin d’Adrian Voinea en quatre sets. Finalement battu en trois sets par Sjeng Schalken en huitièmes. Là encore, les érudits se souviendront que Mario Ancic, alors âgé de 18 ans et issu des qualifications, avait battu Federer au premier tour. Tout ça pour se faire étendre par un no-name, qui atteindra quelques semaines plus tard le 61ème rang mondial, le meilleur de sa carrière.
En dehors de ce Wimbledon, le gus a gagné, en tout et pour tout, un seul match en Grand Chelem. Signalons tout de même un titre en simple, à Costa do Sauipe en 2001, sur dur.
Voila voila…
Supers grands récits sur Gaël Monfils par Eurosport. Bien écrit et riche d’informations, comme d’habitude.
Où je retrouve mon Guitou et ses œillères sur le tennis d’attaque, le sien, le seul qu’il connaisse et le seul qu’il ait jamais été capable de transmettre.
Si un jour je le croise le Guitou, je l’inviterai à imaginer l’impact sur son jeu et sa carrière d’une longue litanie d’entraineurs qui lui auraient servi le couplet sur le lift en fond de court. Après tout, Borg avait popularisé l’école, Wilander avait pris le relais, et ce sont des références majeures de la jeunesse de Guy. A supposer qu’il me laisse finir mon expérience de pensée sans éclater de rire, il me répondrait, non sans raison, que Mac, Geru, Boris, Stefan, étaient également des références. Et si je le travaillais un peu pour lui demander de choisir, il finirait sans doute par me dire que c’était dans sa nature de se penser comme attaquant, et qu’en le forçant à devenir une limeuse du fond du court ses entraineurs l’auraient probablement détruit. Dont acte. Mais dis-moi, Guy, est-ce qu’à l’inverse tu es capable d’imaginer ce qu’aurait ressenti un Gaël forcé à jouer le service-volée systématique par ses entraineurs de l’INSEP ?
Il y a donc bien, selon Guy Forget, une seule bonne manière de jouer. Jamais il ne s’est demandé la raison de ses échecs répétés à Roland Garros. De mémoire, Guitou détient le record du plus long bail de capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis, bail qu’il aurait d’ailleurs encore prolongé s’il n’était parti de lui-même. Personne à la FFT ne semble donc avoir trouvé à redire à sa vision unilatérale du tennis. Or, de nombreuses huiles de la période 1999-2012 sont encore là aujourd’hui, ce qui ne me semble pas témoigner d’une évolution des mentalités.
Rafa a gagné 14 fois Roland Garros, et la FFT lui a dressé des hommages à la hauteur de ses exploits. Mais y a-t-il quelqu’un pour s’interroger sur les raisons de cette razzia ? Ou est-ce qu’ils vont enfin formuler clairement le fond de leur pensée, à savoir que Rafa avait un jeu que la morale réprouve et qu’en aucun cas il ne peut servir d’exemple pour la jeunesse ?
Je crois que Gilles Simon dit à peu près la même chose sur l’obsession française pour une sorte de « beau jeu », forcément d’attaque. Combien de fois entendons nous nos commentateurs avisés insister pour que le joueur soit « plus agressif », » rentre dans le court », « aille au filet »…
J’ai l »impression qu’en matière de cérémonies et d’hommages, ce RG est parti pour battre des records. Comme si les retraites des 3 premiers « Mousquetaires » avaient servi de brouillon à la sortie du dernier, là, avec Gael, on va voir ce qu’on va voir… Si jamais ce dernier passe Gaston – ce qui n’est pas impossible du tout – on est partis pour quasi toute la première semaine à bouffer du Gael à longueur d’antenne…Tout en ayant un oeil sur Stan.
Ah, en matière de Vieux, l’affiche Cilic Kouamé est assez marrante (perso, jamais je n’aurais donné une WC au gamin d’ailleurs).
En même temps, je ne crois pas avoir vu arriver un Roland avec aussi peu d’intérêt. La der de Gaël et celle de Stan sont vraiment les seules perspectives un peu alléchantes, et je crois que la mayonnaise autour de Gaël – sans perdre de vue qu’il l’a lui-même voulue ainsi – est en partie liée à ça.
Je me rabattrai sur les no-names des courts annexes et sur le ballet de la trajectoire de leurs balles sur terre battue en première semaine. J’espère que Casper et Daniil iront loin, histoire d’alimenter en neurones le Central durant la deuxième semaine (sinon je me rabattrai sur les doubles et les juniors). Mais sans Carlitos, sans Lorenzo, et avec le Janséniste certifié ISO lancé comme une flèche, je crains de rester sur les courts annexes au cours de la deuxième semaine.
Je crois que j’en arrive à regretter la grande époque de Rafa
Je suis d’accord, on sent une montée en puissance dans les commémorations patriotiques. Les adieux de Jo en 2022 avaient été, comparativement, très légers. Une petite vidéo, quelques copains, un discours, et merci pour tout. Idem pour Gilles la même année à Bercy. Avec Richard l’an passé on était monté d’un cran. Les grands tralalas médiatiques, les entretiens fleuves AVANT le tournoi, la cérémonie à son tour, les best of (je pense avoir vu plus tourner la bdm de Richie contre Roger à Monaco que, par exemple, les highlights de Jo contre Rafa à l’OA 2008)… Et alors pour Gaël c’est parti, faites péter les longs formats en 5 ou 6 parties sur Eurosport, les soirées de gala sur le Chatrier… et alors qu’il n’a toujours pas joué son dernier match ! Rappelons qu’il doit encore disputer son RG… et qu’il va étirer les nouilles jusqu’à Paris – Lyon en novembre. On va faire une indigestion de Gaël pour les fêtes.
De la même manière, c’est le jour et la nuit dans la manière qu’il y a eu de célébrer la fin de carrière de Fed en 2022 et celle de Rafa trois ans plus tard. Beaucoup moins de flonflons et de tralalas pour Roger, alors même qu’il était aux manettes de l’organisation de l’épreuve où il a fait ses adieux. Et pourtant Godsick and co en ont moins fait des tartines que RG pour Rafa.
Mais oui, pareil pour Stan, Goffin, même Cirstea dont je découvre seulement maintenant qu’elle serait une joueuse qui a marqué les quinze dernières années sur le circuit (ah bon ?). Le business de la nostalgie tourne à plein régime.
De là à avancer que cela pose un contraste avec le manque d’attachement aux personnalités qui leur ont succédé… Le storytelling est compliqué avec le Top 10 actuel. Entre les très lisses et les trop sulfureux (parfois les 2 à la fois, cf Sinner dont le seul fait saillant hors terrain est son contrôle positif), le manque de variété et de fantaisie (le lien avec Stan et Monf vient aussi de là : le jeu devenu assez unique de l’un, les coups et la personnalité fantasques de l’autre). Même Djoko en devient sympathique en comparaison, juste parce qu’il produit des trucs un poil différents et qu’il sait rigoler (ou se fâcher, d’ailleurs, mais au moins il y a de la vie, quoi).
Ajoutez-y la déprime générale dans laquelle le circuit masculin est plongé depuis que Sinner joue tout seul et ça devient les Idées noires. A titre perso, j’ai rarement senti si peu de hype pour un RG. Même au temps de Rafa tu pouvais au moins te demander si Roger, puis Djoko, allaient cette fois-ci y arriver. Le suspense était mince mais avait le mérite d’exister. Là… Casper Ruud peut-il le faire ? Ou Alex De Minaur ? Taylor Fritz ? Insérer ici le GIF de Diabolo en train de pouffer de rire tellement c’est ridicule rien qu’à l’énoncé – alors sur le terrain j’en parle même pas… Le top 3-7 mondial a gagné 2 matchs en cumulé sur Madrid et Rome. C’est affligeant. Et ce niveau faible du Top 10 tombe pile au moment où le #1 est fort. Parce que sinon encore, si tous étaient suspects, ça aurait pu nous offrir un grand portenawak à la 2004 finalement assez réjouissant. Là on risque de finir en procession aussi lénifiante qu’une étape de plaine en première semaine du TDF dans les années 90, quand papy ronfle dans le canapé.
Bref… Si, j’ai kiffé la finale de Rome… féminine. Y’avait plus de vie dans le Svitolina – Gauff que dans les trois M1000 de terre cumulés. Parce que franchement, et pourtant j’aimerais bien les apprécier, mais si l’avenir de tennis c’est Jodar / Landaluce / Blockx, des « Sinner-like » moins aboutis (et s’ils finissent par l’être plus est-ce vraiment une bonne nouvelle ?), faut-il s’en réjouir ?
Bon allez, je vais me jeter dans la Seine.
Guillaume, nos posts se sont croisés. Je propose un club d’entraide à la Fight Club. Je m’imagine venir à l’estrade pour vous annoncer fièrement, sous vos applaudissements, qu’à ce stade de ma PLS je suis parvenu à ne même plus redouter une victoire du Moine
« De la même manière, c’est le jour et la nuit dans la manière qu’il y a eu de célébrer la fin de carrière de Fed en 2022 et celle de Rafa trois ans plus tard. Beaucoup moins de flonflons et de tralalas pour Roger, alors même qu’il était aux manettes de l’organisation de l’épreuve où il a fait ses adieux. Et pourtant Godsick and co en ont moins fait des tartines que RG pour Rafa. »
C’est le seul point où je ne suis pas d’accord. Le souvenir que je garde de la der de Roger, c’est justement le déversement à flux régulier d’un luxe ostentatoire qui m’avait semblé légèrement hors de propos dans une période de vaches maigres post-Covid. Cette édition, du reste, en se transformant en un cirque à la gloire de Roger, avait brillamment démontré que la Laver Cup n’a jamais été quoi que ce soit d’autre que cela, puisque c’était bien l’argument utilisé en amont et que cette édition 2022 fut nettement plus suivie que les autres.
L’impression que je garde de Roland pour Rafa, c’est effectivement que l’organisation en avait fait des grosses caisses, mais que Rafa lui-même en était un peu gêné. C’est lui qui a accepté la simple pose d’une empreinte, mais je crois qu’ils auraient été prêts à mettre sa statue au fond du terrain s’il l’avait demandé
Ceci dit, pour revenir à Gaël, j’ai tout de même trouvé très intéressante la série d’Eurosport. Les anecdotes sur la Davis sont croustillantes, elles permettent d’ailleurs d’affiner le portrait du personnage. Il était capable de se mettre lui-même une pression telle qu’il ne parvenait plus à la canaliser.
En lisant ce passage, je repensais à sa demi de l’US contre Djoko. Gaël semble avoir zappé des rencontres de Coupe Davis parce qu’il sentait qu’il allait être englouti sous la pression, indépendamment du niveau de jeu qu’il affichait. Se retirer, c’était possible en Davis, un autre pouvait prendre sa place. Par contre, ressentant probablement la même chose en amont de sa demi de l’US, il ne pouvait cette fois pas se dérober et demander à Richard d’y aller à sa place. Ca a donné un match totalement balancé, que Gaël aurait peut-être été plus avisé de ne pas jouer du tout. C’est là tout le mystère du personnage : il a préféré un non-match plutôt à un match mauvais (mauvais seulement) pour cause de stress.
Il faut rajouter que le joueur Monfils est totalement matrixé par Djokovic aussi, il nourrit un complexe dénigrant autoréalisateur. Malgré les quelques saillies qu’il nous aura gratifié en 20 ans de carrière, Monfils n’a finalement jamais été très confiant et arrogant et n’a jamais eu la même foi en soi qui fait bouger des montagnes qu’a eu le Panthéon majeur du tennis (cf : les autobio de Sampras, Agassi, Djokovic, Nadal, Murray, Lendl, Fed aussi).
Cirstea a eu une carrière anonyme eu égard à son quart à RG en 2009 qui était relativement prometteur mais elle faisait partie des « jolis » meubles agréables de la WTA.
Et je crois aussi que d’une manière générale, au-delà de la dimension purement nostalgique, que les happy fews en marge des grands tournois sont en pleine expansion. Pendant longtemps, les 14 jours – pas 15 – étaient précédés de la seule journée Benny Berthet. On est passé à 15 jours, puis à des concerts, des exhibitions, des commémorations, les lipdubs, la cérémonie décennale du triomphe de Yann, Aya Nakamura sera bientôt au générique en duo avec Henri Leconte, voire en trio avec Nabilla. Patrick Bruel a été approché cette année, mais il a gentiment répondu qu’il avait d’autre préoccupations
Show must go on, cher Rubens !
Oui, je regarde encore du tennis, à un niveau inférieur, celui qui nous évite le jeu monomaniaque parfait et la petite équipe en uniforme le doigt sur la couture du pantalon.
Quel talent ce Tien ! Résister à ce Navone-là, en grande forme, sur une surface qui n’est pas forcément la sienne, au terme d’un match de très haut niveau, c’est du très bel ouvrage ! Vive les ATP 250 !