Mais pourquoi il est pas N°1, Roger ?

By  | 27 septembre 2011 | Filed under: Regards

J’arrivais pas à dormir, alors je suis allé regarder quelques stats sur le site de l’ATP, les stats concernant les joueurs depuis le 1er janvier jusqu’à ce 26 septembre pour être précis. Je sais, c’est une sale habitude, et en plus j’ai pas réussi à me rendormir après, mais c’est comme çà ! Enfin, vous allez tout savoir. C’est à propos de Roger…

Tiens, on va jouer aux devinettes :

Savez-vous quel est le joueur qui a gagné le plus fréquemment le point derrière sa première balle depuis le 1er janvier ? Allez un effort ! Oui, c’est cette brute de Karlovic comme souvent : 80% de points gagnés derrière sa première. Mais Karlo compte pour du beurre ! Alors le second ? Pas d’idées ? Je vous le donne en mille : c’est Roger ! Il devance d’un cheveu Berdych (oui, Berdych le bourrin), puis Jo qui est donc 3e, Lopez et Raonic ; tous ces braves gens étant à 78%, puis Del Potro, Isner, notre ami Ivan, Roddick (tombé bien bas le natif d’Omaha, Nebraska – là j’avoue que j’ai corrigé à la demande de Guillaume ; j’avais écrit Texas ; je croyais que le Nebraska, ça n’existait que dans Lucky Luke mais non, Andy a bien vu le jour dans ce trou…), tous à 77% et des poussières. Figurez-vous que le Djoker n’est que 20e, derrière le Sod (pas terrible cette saison le Sod) et juste devant la Murène, à 74% tous les deux. Rafa ? Pas génial, comme d’habitude : 26e quand même, à 72%, entre son ami Ferrer et Richard. Enfoncés par Roger, en tout cas, le Djoker, la Murène et Rafa !!!

Bon, neutralisons les effets de la première balle pour regarder ce qu’ils valent sur une deuxième balle. Normalement, c’est ce qui donne la hiérarchie la plus intéressante. C’est là qu’on voit non seulement les types qui savent servir, mais les types qui savent jouer. Alors qui en premier ? Vous n’allez pas deviner ! Nadal ? Djoko ? Raté : c’est encore Roger ! Cela vous en bouche un coin, pas vrai !? 57% de points gagnés derrière sa seconde balle pour Roger ! 2e : Rafa, 3e : Djoko avec 56% et des brouettes tous les deux. C’est là qu’on voit les hommes et vous ne serez donc pas surpris si je vous dit que la Murène est 60e avec 48%…Inutile de rajouter que c’est pas avec une seconde balle aussi pourrie que la Murène peut espérer gagner un Grand chelem…

Évidement quand on est en tête aux deux classements, sauf si on passe vraiment peu de premières, normalement on doit être en tête sur la fréquences des points marqués sur son service. Les stats n’apparaissent pas sur le récapitulatif global de l’ATP mais si je vous dis que Nadal passe 67% de premières (6e), que Djoko est à 66% (12e) et que Federer est à 64% (15e… il a monté de deux points de pourcentage cette année, Roger), la différence n’est pas suffisante pour inverser la tendance : le mec qui marque le plus fréquemment le point sur son service cette année est bel et bien Roger. Roger, devant le Djoker, qui est lui-même devant Rafa. Il est même forcément devant Karlo parce que Karlo ne gagne qu’un point sur deux sur sa seconde balle… Et d’ailleurs, quand on va sur la rubrique stat de chaque joueur, et bien, on trouve la confirmation de ce que je vous raconte : Roger : 70% de points gagnés derrière son service, le Djoker 68% et Rafa 67% !

Là, je vous vous arriver. Vous allez me dire : mais si Roger est le gars qui gagne le plus fréquemment le point sur son service, il devrait gagner ses jeux de service très souvent, non ? Tout bon ! Parfaitement ! Et mis à part Isner et Karlo qui gagnent 90% de leurs jeux de service, Roger est le type qui gagne le plus fréquemment son service sur le circuit cette année. Épatant, non ? Il est 3e avec 89%, devant Del Po, Raonic, Roddick. Le Djoker, soit disant si bon cette année, n’est que 7e (87%), le Rafa n’est que 17e avec 83% ! Ca, c’est des stats de Goat messieurs dames ! Elle n’est pas belle la vie !

Mais vous me direz que si Roger est si bon que cela sur son service, comment se fait il qu’il paume des matchs et qu’il laisse le Djoker faire un Petit chelem comme ça, sans parler de toutes ces autres défaites ? Bonne question ! Vu que le type gagne si souvent le point sur son service, il doit pas avoir des masses de balles de break à défendre ? Et d’ailleurs, il doit pas s’en tirer trop mal vu que c’est lui qui, mis à part les deux fous Isner et Karlo, gagne le plus souvent ses jeux de service ??? Or, si je me trompe pas, un type qui perd jamais son service doit pas perdre des masses de matchs, non ? Parfaitement ! Vous avez raison…

Qui sauve le plus fréquemment des balles de break ? Allez, normalement, vu ce que j’ai écrit au dessus, vous devez trouver… Rien ? Ben si, c’est Karlo ! 70% de balles de break sauvées et c’est pour cela que Karlo est le type qui gagne le plus souvent ses jeux de service. Anderson 2e : ça c’était difficile à trouver. 3e ? Et non, paumé ! C’est pas Roger, c’est le Djoker : 67%, un poil mieux que Ferrer, Del Po, Lopez, Raonic, Roddick, Llodra, tous à 67% aussi. Jo est 10e à 66%, Verdasco 11e avec le même score. Rafa est 12e avec 65%, un score cohérent avec la fréquence avec laquelle il fait le point sur première et seconde balle et avec son pourcentage de premières. Démonstration de la cohérence, suivez bien :

0,67 (0,72) + 0,33 (0,56) = 66,7%, soit un chiffre plus précis que celui que donne l’ATP (on l’a vu, ils disent 67% en arrondissant) et pas très différent de 65%. Autrement dit quand Rafa a une balle de break contre lui, il gagne le point presque aussi fréquemment que quand il sert. Il a un petit déficit, le Rafa, mais pas bien lourd…

Et Roger dans tout cela ? Roger est 13e avec 64% de balles de break sauvées, juste derrière Rafa. Pas trop minable vous me direz, mais Roger est le gars qui gagne le plus fréquemment le point sur son service, et, très exactement cela donne cela comme fréquence :

0,64 (0,78) + 0,36 (0,57) = 70,4% (chiffre que l’ATP a arrondi à 70%)…Cela fait donc un déficit de plus de six points pour Roger, contre moins de deux points pour Rafa. C’est un big déficit pour Roger !

Et le Djoker ? Ben, lui gagne le point sur son service selon la fréquence suivante :

0,67 (0,74) + 0,33 (0,56) = 68,1%.(que l’ATP a arrondi à 68%)… Marrant, cela ! Le Djoker n’a qu’un point d’écart, puisqu’il sauve 67% de balles de break, encore moins que Rafa !

Bilan : le Djoker 1,1 point d’écart, Rafa 1,7 point… Roger 6,4 points.

Comme il marque le plus fréquemment le point sur son service et qu’il a donc moins de balles de break à défendre, il arrive néanmoins à gagner son service plus fréquemment que les deux autres, même s’il paume plus souvent les balles de break que ces derniers, alors que cela devrait être le contraire vu qu’en moyenne il gagne plus souvent le point sur son service… Z’avez pigés j’espère !? Je résume pour ceux qui n’ont pas suivi : Roger est un gros blaireau qui pisse dans son froc quand il a une balle de break à défendre mais il arrive quand même à tenir plus souvent son service que les deux autres guignols parce qu’au service, le meilleur, c’est lui !

Petit bilan de l’année en cours :

- Roger : 236 balles de break contre lui, 151 de sauvées (en prenant les pourcentages de l’ATP, en fait le nombre est compris entre 150 et 152), et donc 85 fois ou il s’est fait breaker…
- Djoko : 298 balles de break à sauver, 200 balles de break effectivement sauvées, et donc 98 fois ou il s’est fait breaker.
- Le Rafa : 392 balles de break à sauver (il doit ramer le Rafa !), 255 de sauvées et donc 137 break concédés…

Mais si au lieu de pisser dans son froc, Roger avait un déficit pas plus important que le Djoker ou que Rafa, qu’est ce que cela donnerait ? C’est pas compliqué : si Roger sauvait 69% de balles de break en ayant un déficit limité à 1,4 point (la moyenne des deux autres), alors il aurait sauvé 163 balles de break, au lieu de 151, ce qui veut dire que Roger aurait gagné 12 jeux de service de plus depuis le début de l’année, soit 675 au lieu de 663… Et cela veut dire un certain nombre de sets gagnés en plus au lieu d’avoir été paumés par Roger. Combien ? Bonne question mais on ne sait pas. Il faut faire des simulations de Monte Carlo pour le savoir (rien à voir avec le tournoi qui appartient à Rafa) mais au pif, à vue de nez, disons la moitié ou les deux tiers : 6 à 8 sets paumés par Roger…

Bon d’accord, tapez pas chef ! Mais dites moi quand même, c’est bizarre non ? Parce que si Roger, même en pissant dans son froc est quand même le type qui gagne le plus souvent ses jeux de services à part les deux fous Karlo et Isner, comment se fait-il que Roger ne soit pas le mec qui gagne tous les tournois comme d’hab plutôt que le Djoker ? Bonne question ! Ben oui, pourquoi c’est pas Roger ? Parce que si on paume jamais son service, normalement on paume pas de matchs, non ? Ben non ! Fallait réfléchir là ! Parce que s’il suffisait de gagner le plus fréquemment son service pour être le type qui gagne le plus fréquemment des matchs, cela ferait belle lurette que le numéro un mondial ce serait Karlo ou Isner ! Y a le retour aussi, ça compte aussi les jeux de service du type en face !!

OK, OK… Et qui c’est qui gagne le plus fréquemment les points quand le type en face sert une première ? Non, c’est raté, c’est pas Roger ce coup-ci ! Et ben oui, c’est le Djoker, suivi de la Murène, tous les deux à 37% (vraiment bon sur premières balles ces deux là…) et le troisième c’est Rafa avec 35% et des poussières, comme Chela, Troicki et Monaco, puis Fognini à 34% (Troicki mis à part, les trois autres, c’est sûrement parce qu’ils jouent plus sur terre que les autres ou parce qu’ils se dopent)… Roger, il est 8e au classement avec 33% des points gagnés. C’est pas le Djoker, la Murène ou le Rafa, mais c’est pas trop mal non plus…

Bon, OK, mais sur seconde balle ? Ben, sur seconde balle, c’est un peu pareil sauf que c’est Rafa en 1er, suivi de Djoko, tous les deux avec 58%. Ferrer est 3e avec deux points de moins, comme la Murène puis, avec encore deux points de moins, y a Berdych, Gilou, Tipsi, Mayer, Stepanek (qu’est ce qu’il fout là, le vieux mérou ?), Garcia Lopez, Kunitsyn, Volandri puis, avec encore deux points de moins, Del Po (14e donc), Verdasco, Soderling (pas si bon que ça le Sod en retour, même sur seconde balle !), Haase, Davydenko (il existe encore, lui ?), Bogomolov Jr (c’est qui, lui ?), du beau monde quoi ! Et Roger dans tout cela ? Roger ? Il est 22e avec 51% et des poussières, juste derrière Almagro, pourquoi cette question ? Ah ben dites donc, c’est pas terrible ça ! Non, c’est pas terrible et c’est aussi pour cela que quand on additionne les points marqués sur premières et sur seconde balle pour voir le pourcentage de points marqués au retour, Roger, il est dans le vent : Djoko 45% au total, Rafa 44%, Roger 40% seulement…

Mais dites-moi, avec ces pourcentages là, il doit pas obtenir des milliards de balles de break Roger, non ? C’est exact. D’ailleurs, depuis le 1er janvier Roger n’a obtenu que 495 balles de break alors que Djoko en a eu 636 et Rafa 649 (marrant cela : Rafa qui marque moins fréquemment le point au retour que Djoko est néanmoins parvenu à obtenir plus de balles de break que lui. Il est costaud le bestiau !)… OK, et qui c’est qui gagne le plus fréquemment les balles de break quand il en obtient ? Là, vous n’allez pas deviner ! C’est Xavier Malisse Monsieur ! Parfaitement, Xavier Malisse, citoyen belge de son état, qui a converti une balle de break sur deux ! Et le deuxième ? Ben, le 2e, c’est le Djoker (48%), suivi de Rafa bien sûr (47%), puis le Sod et d’autres types, la Murène est 8e avec 45%… Et Roger dans tout cela ; il est pas bon ? Non pas terriblement bon, il est même loin du compte Roger…Bon, mais combien, dites un peu pour voir…Roger ? Il est 41e avec 40%… Ca vous en bouche un coin, non ? Alors comme cela, Roger n’est pas très bon sur première balle adverse, seulement 8e, encore moins bon sur deuxième balle, seulement 22e, et a donc peu de balles de break, et que croyez vous qu’il fasse quand il en obtient une ? Et bien il n’est pas terriblement bon sur les balles de break qu’il obtient, voilà ce qu’il fait Roger ! Je ne vais pas vous refaire les calculs que j’ai fait plus haut sur les services, je sens que vous avez déjà du mal à suivre mais avec cela, on peut dire que Roger s’en tire bien en étant 15e au classement de ceux qui gagnent le plus fréquemment des jeux de retour. Il se démerde quand même pour gagner 27% de ses jeux de retour…

Évidemment, il est loin du Djoker, 1er avec 41%, du Rafa, 2e avec 36%, de la Murène, 3e avec le même pourcentage. La vache ! Il fait le trou, le Djoker, là ! Après, il y a Ferrer, Chela, Fognini, Volandri, Andujar, des types qui jouent beaucoup sur terre, puis Berdych et Gilou (10e), Monaco, Mayer, Troicki et Berlocq. La seule consolation, c’est que Roger est juste devant Del Po et le Sod. C’est maigre !

Bon, vous allez me dire : mais c’est normal que Roger convertisse moins les balles de break qu’il obtient que le Djoker ou le Rafa puisque de toute façon il marque moins fréquemment le point qu’eux sur service adverse. Cela ne veut pas forcément dire que Roger fait dans son froc quand il obtient une balle de break, c’est juste qu’il est moins bon sur les points de retour que les deux autres… Très juste ! Ca vaut un bon point !

En effet, Roger gagne en moyenne 40% des points de retour qu’il joue et gagne également en moyenne 40% des balles de break qu’il obtient. Roger ne fait donc pas dans son froc quand il obtient une balle de break, CQFD ! Y a pas de déficit sur les balles de break qu’obtient Roger !

Sauf que le petit problème, c’est que quand Djoko ou Rafa obtiennent des balles de break, ils font mieux qu’en moyenne sur les points de retour qu’ils jouent ! Y’a excédent côté Djoko et Rafa ! En effet, Rafa convertit 47% des balles de break qu’il obtient alors qu’il ne gagne que 44% des points qu’il joue au retour, soit un excédent de 3 points. Et c’est pareil pour Djoko : 48% de balles de break converties alors qu’il ne gagne que 45% des points qu’il joue au retour… Même la Murène a un petit excédent d’un point.

Tout se passe comme si les joueurs qui doivent sauver une balle de break contre Djoko ou Rafa faisaient dans leur froc et ont donc un déficit dans le nombre de balles de break qu’ils sauvent contre ces deux-là, alors que Roger ne fait peur à personne et les types en face sauvent des balles de break aussi fréquemment qu’ils font le point sur leur service ! Enfin, quand je dis qu’ils font dans leur froc quand c’est Rafa ou Djoko en face, je suis méchant parce que si on dit qu’il font dans leur froc avec un déficit de 3 points, qu’est ce qu’il faut dire à propos de Roger qui a un déficit de plus de 6 points quand il doit sauver une balle de break, lui ? Et pas seulement devant Djoko ou Rafa mais en moyenne depuis le premier janvier, c’est-à-dire en moyenne devant des tocards ! A ce compte là, il peut facile faire de la pub pour Pampers, Roger !

Et comme Roger n’obtient pas des masses de balles de break, à l’arrivée, cela donne ça depuis le 1er janvier :

Le Djoker : 305 breaks réussis, Rafa 305 breaks, Roger : … 195 breaks!

Bien ! Réfléchissons un peu: combien de breaks supplémentaires aurait obtenus Roger si les types en face fouettaient comme contre Djoko ou Rafa et que Roger avait lui aussi un excédent de 3 points ? Fastoche : Roger aurait breaké 217 fois… 22 breaks de plus depuis le premier janvier, 22 jeux de retour gagnés en plus donc… Et ça fait combien de sets en plus ça ? Réponse : on ne sait pas mais si on se dit que cela fait entre la moitié et les deux tiers comme tout à l’heure, cela aurait fait entre 11 et 15 sets de plus dans la besace de Roger…

Au total, le déficit de Roger sur le sauvetage ou la conversion des balles de break lui coûte donc 17 à 23 sets selon que l’on prend la moitié ou les deux tiers des balles de break qu’il aurait gagné s’il les jouait comme un mec qui en avait… Ben dites donc, cela fait un paquet de matchs, tous ces sets non ? Ben oui, d’autant que Roger n’a joué que 61 matchs depuis le 1er janvier et en a paumé 12. Et en prenant l’estimation basse de 17 sets paumés parce que Roger fait dans son froc quand il doit sauver une balle de break ou parce qu’il ne fait plus peur à personne quand il en obtient, cela représente quel pourcentage des 12 matchs paumés ?? Ben, on n’en sait rien, mais je dirais que la réponse c’est : presque tous…

Bon, on va résumer tout cela :

Roger n’est pas super bon au retour cette saison, surtout sur secondes, du coup il n’obtient pas des masses de balles de break mais en plus comme il ne fait peur à personne, les types les sauvent aussi souvent qu’ils font le point sur leur service quand ils mènent 30-0. A cela se rajoute le fait qu’à côté de son déficit sur les balles de break qu’il doit sauver, celui de la Grèce, c’est peanuts ! Après ça étonnez-vous que Roger ne gagne pas tout le temps comme le Djoker ! Bref, Roger est un gros blaireau qui retourne encore plus mal les secondes que les premières, qui ne fait pas plus peur à qui que ce soit que Fabrice Santoro aujourd’hui, et qui en plus fait dans son froc quand il doit sauver une balle de break ! Résultat : il finit par paumer des matchs alors qu’il devrait normalement tout gagner comme d’hab, le Roger !

Moralité : Y aurait pas de balles de break au tennis, Roger serait toujours numéro un, fingers in the nose ! Mais, même si les balles de break continuaient à exister mais que Roger avait le même déficit que Rafa ou le Djoker quand il doit en sauver une, et le même excédent qu’eux quand il en obtient une et bien, messieurs dames, Roger, il aurait sans doute pas paumé plus de matchs que le Djoker cette année et je passerais pas une nuit à essayer de comprendre comment il fait pour foirer autant avec les stats qu’il se chope encore, hors balles de break bien sûr… Tout cela pour 34 balles de break qui sont allés dans le mauvais sens…

Voilà, il me reste plus qu’à modifier légèrement le texte avant de d’envoyer le diagnostic à Roger pour qu’il nous corrige tout cela pour 2012. C’est pas la mer à boire quand même, 34 points ! Je suis quasi sûr qu’il va le faire sans problème et par conséquent, 2012, c’est l’année du Grand chelem de Roger les amis !

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Né l'année ou Rod Laver réalise son premier grand chelem, suit le circuit depuis 1974, abuse parfois de statistiques, affiche rarement ses préférences personnelles, aime les fossiles et a parfois la dent un peu dure...

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82 Responses to Mais pourquoi il est pas N°1, Roger ?

  1. Guillaume 29 septembre 2011 at 20 h 07 min

    Pendant que Roger soigne ses problèmes de retour sur seconde balle, Baby-Fed décroche son 3e quart de finale ATP à Bangkok. Bonne perf puisqu’il a battu Dodig, et aura le droit de défier Andy Murray en quarts.

    Confirmation aussi que Donald Young a enfin passé un cap. Après tout il n’a encore que 22 ans. On dirait que l’Oncle Sam voit doucement une relève arriver (Young, Harrison, Sock, Kudla).

    • William 29 septembre 2011 at 21 h 45 min

      Ne manquait plus qu’Harrison, justement, et Tomic pour compléter l’armada des jeunes. Mais chut ou mon prochain article tombe à l’eau.

  2. Antoine 30 septembre 2011 at 15 h 59 min

    ET IL A BAISSE OU PAS, ROGER ??

    En me communiquant (Cf. plus haut) les coordonnées d’un site ou les stats de Roger figure, Nath permet de répondre à une question très intéressante portant sur la mise en perspective.

    OK, en 2011, Roger a un déficit de 6 point lorsqu’il doit sauver des balles de break et, contrairement à Djoko et Rafa, n’a pas d’excédent lorsqu’il doit en convertir une. Par ailleurs, ses stats de retour sur seconde balle sont médiocres. Bien.

    Mais tout ceci est il nouveau ou pas ? Le site en question permet de répondre à cette puisqu’y figurent toutes les stas du Suisse depuis 2006 inclus (j’imagine qu’avant l’ATP ne le faisait pas). C’est assez intéressant :

    1) Au cours de chacune des années allant de 2006 à 2011, Roger a toujours remporté 70% des points sur son service. La seule exception est l’année 2009 ou le pourcentage atteint 71% et il n’est pas impossible que cette légère augmentation soit simplement l’effet de la longue finale qu’il a disputé sur herbe face à Roddick. Bref, Roger a toujours les mêmes stats au service, en moyenne, que lorsqu’il était au top.

    2) Le déficit de 6 points qu’il a cette année sur le sauvetage des balles de break auxquelles il doit faire face, atypique par rapport aux autres joueurs, est également atypique pour lui. En 2010, 2009, 2008, ce déficit n’était que de deux points ce qui le met dans la norme. En 2007, ce déficit était de 4 points mais en 2006 il n’y avait aucun déficit.

    3) En cette année 2011, Roger a remporté 40% des points au retour en moyenne. C’était le même pourcentage en 2010 et c’est un pourcentage plus élevé qu’en 2009 (38%). En 2008, il était à 40% comme aujourd’hui. Si l’on remonte à ses meilleures années, on voit que le pourcentage était plus élevé : 41% en 2007 et 43% en 2006.

    4) Sur seconde balle adverse, Roger a remporté 51% des points cette année, soit le même pourcentage qu’en 2010 et 2009. Pas de progrès donc, mais pas de déclin non plus depuis qu’il est entraîné par Annaconne. En revanche, il a incontestablement baissé par rapport à la période antérieure puisque son pourcentage était de 53% en 2008, 52% en 2007 et de 54% en 2006

    Globalement, au retour, Roger a perdu 3 points par rapport à 2006 qui est sans doute sa meilleure année.

    5) Aujourd’hui, comme déjà indiqué, Roger n’a pas d’excédent sur la conversion des balles de break : il en convertit 40%, comme la fréquence avec laquelle il marque le point au retour.

    Cela n’a pas toujours été le cas : Roger avait un excédent d’1 point en 2010, de 3 points en 2009, d’1 point en 2008 et d’1 point également en 2006. Il n’y a qu’en 2007 que Roger n’a pas eu d’excédent, comme aujourd’hui.

    Cette mise en perspective conforte donc assez largement ce que j’ai pu écrire : Roger n’a pas de problème au service ; en revanche il a, cette année un déficit anormal sur la balles debreak qu’il doit sauver…

    Au retour, il n’a, en moyenne assez stable depuis 2008-2009. C’est en 2008 que Roger a décroché d’environ 2 points par rapport à ses meilleurs années au retour en général mais sur seconde balle ce décrochage date plutôt de 2009….

    Le seul phénomène propre à 2011 est donc sa sous performance sur les balles de break, thème de l’article. 2011 semble marquer la disparition du léger excédent qu’il avait sur la conversion des balles de break mais c’est un peu faible pour en tirer des conclusions. Il aura peut être retrouvé son excédent habituel d’ici la fin de l’année. En revanche, il ne rattrapera pas le déficit anormal et très important sur le sauvetage des balles de break qu’il est tentant de lier à une certaine perte de confiance….

  3. Jérôme 2 octobre 2011 at 11 h 01 min

    Avec quelques jours de retard, je tombe sur ce superbe article et ces géniales réfutations développées par Antoine, Antoine, Antoine, et quelques autres. ;-)

    Comme il a été dit par certains, je ne crois pas que les statistiques et les moyennes suffisent à expliquer des résultats qui relèvent avant tout du champ du relatif et qui s’inscrivent dans un état non pas statique mais évolutif (cf. Le concombre).

    L’objection la plus pertinente soulevée, c’est celle selon laquelle ces stats mélangent les torchons et les serviettes : les seconds couteaux avec les vrais cadors rencontrés en tournoi, les grands matches avec les matches besogneux voire médiocres qu’il arrive à tout champion de réaliser.
    Version Oscar Wilde, ça donne les 3 catégories de mensonges : lies, damned lies, and statistics.
    Version un de mes excellents profs d’économie, ça donne : « j’ai la tête dans la congélateur et les pieds dans le four, donc la température moyenne de mon corps est tout à fait satisfaisante. »

    Tu as toi-même, Antoine, relevé que sauver un pourcentage plus important de balles de break n’augure en rien du fait que Fed aurait gagné plus de sets ou de matches. Version je ne sais plus qui, ça donne : « en tennis, on peut tout perdre, sauf le dernier point ».
    Dit encore autrement, ça donne que l’essentiel est de gagner les points importants, quitte à avoir des stats pas folichonnes sur un match. Combien de fois, dans des gros matches, avons-nous été frustré de voir Fed breaké après avoir sauvé je ne sais combien de balles de break ? Trop souvent à mon goût.

    Donc il vaut mieux en revenir à une approche qualitative : même si c’est moins facile à étayer sur des chiffres, je trouve que c’est intuitivement plus juste.

    Un pourcentage de 1ères balles et de secondes balles de service, et de points gagnés sur ces 1ère et 2ème balle de service dit-il tout du niveau de service et des chances de gagner un match ? A mon avis non.
    Moi, ce qui me frappe ces 2 dernières années, voire depuis l’OA 2009, c’est que souvent Federer a un bon pourcentage de 1ères balles mais qu’il claque nettement moins d’aces et de services gagnants qu’avant dans certains matches qu’il perd.
    Or un type qui est un des meilleurs serveurs, à la fin ça finit par l’user de jouer beaucoup d’échanges assez longs sur son propre service. Même si Federer sait le faire et a un magnifique jeu de fond de court, il n’a pas un mental de métronome réglé sur du 1-2-1-2-1-2-1-2-1-2…etc.
    Je ne sais pas si cette baisse de la performance du service de Fed est dûe à des problèmes de dos venant avec l’âge ou au ralentissement des conditions de jeu ou aux deux, mais c’est quelque chose que je ressens assez nettement.
    Si Federer tenait un peu mieux son propre service, sur les points importants notamment, on ne le verrait pas connaître les gros passages à vide qu’on lui a vus dernièrement.

    Avec l’âge, le problème est que les passages à vide du Doudou sont beaucoup plus longs. C’est normal qu’il lâche un set après avoir fait le gros du boulot (le 3ème set de ses 2 demies contre Djoko à RG et à l’USO cette année, ou même le 3ème set du quart contre un Tsonga en feu à Wimby) : il est humain.
    Mais lâcher le 4ème set contre Djoko 6/2 à l’USO, ça illustre d’abord une grosse défaillance au service. Et que dire de son incapacité à claquer un service gagnant alors qu’il servait pour le match à 5/3 avec 2 balles de match ?

    Autre faiblesse qualitative, son coup droit. Oui, je sais, vous allez hurler, mais regardez le coup droit de Fed aujourd’hui et ce qu’il était encore voici 2 ans. Ce n’est plus tout à fait la même chose. Ca claque moins, beaucoup moins de points gagnants, et il commet souvent des fautes gratuites en coup droit. Son revers, grâce aux longues séances de torture infligées par Nadal de 2006 à 2009, est devenu plus régulier, plus sûr que son coup droit.

    Et donc on en revient à des analyses développées par Karim : une petite perte de la vitesse (donc de la précision) de placement qui faisaient de Fed un véritable président du conseil de l’ordre jedi, et la belle mécanique s’enraille.

    Ma conclusion est donc partagée.

    Effectivement Federer pêche sur de l’acquis : son mental dans les gros matches contre des cadors où il lui a toujours été difficile de gagner dans un combat de rue (je parle là d’un Nadal, d’un Agassi, d’un Del Potro, d’un Safin, d’un Djokovic, bref de vainqueurs de GC, pas d’un Berdych, d’un Andreev ou d’un Haas).
    Même quand il était au sommet, pour lui ça n’est jamais bon signe d’être poussé aux 5 sets contre un cador : il est le maître, celui qui domine par son talent et sa supériorité technique et artistique absolue. Si ça ne suffit pas, c’est qu’il est mal. Techniquement et artistiquement, les autres ne sont que des challengers besogneux qui ont développé un mental de Rocky parce que sinon ils n’auraient aucune chance.

    Mais l’inné est aussi atteint : service et coup droit clairement moins performants qu’avant.

    Ceci étant dit, en toute objectivité, on est bien d’accord sur le fait que, quand Federer rassemble à 30 ans tous les éléments de son jeu et ne connaît pas de passage à vide sur plus d’un set, il est et reste le meilleur et bat le Djoko qu’il aurait du battre à l’USO, comme il aurait du battre Tsonga et remporter ce Wimbledon 2011, comme il aurait du gagner le 1er set contre Nadal en finale de RG cette année, comme il aurait du gagner la finale de l’OA 2009 et de l’USO 2009, et j’en passe.

    La question est donc aussi : pourquoi ces passages à vide et cette baisse qualitative sur les points forts historiques du Fed ?

    • Jérôme 2 octobre 2011 at 11 h 09 min

      Ah oui, j’oubliais le sujet retour de service.

      Avec une question : est-ce vraiment nouveau que Fed retourne moins bien les secondes que les 1ères ? Je veux dire par là : est-ce que tout simplement il ne serait pas plus géné par des balles très travaillées que par des balles frappées mais plus lisibles ? J’ai des souvenirs de matches contre Nadal où l’espagnol le gène plus avec ses secondes qu’avec les 1ères.

      Et par ailleurs, n’y a-t-il pas un biais statistique ? Si Federer tente plus sur secondes balles, il y fait plus de fautes directes en retour ou se fait passer s’il fait une montée en chaussettes sur un chip and charge.

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