Génération 86-87: Destins croisés

By  | 21 octobre 2009 | Filed under: Regards

Prologue (mythologico-féérique)

Young Guns

Le 1er juin 1986 à midi, les Dieux du Sport se réunirent sur le Mont Olympe sous la Présidence de Jesse Owens. A l’ordre du jour de cette réunion au sommet, le tennis. Ils avaient donc convoqué la fée du tennis masculin, laquelle se reposait depuis quelques années, non loin de là, sur une île des Cyclades.

Il faut dire à sa décharge qu’elle avait eu pas mal de boulot en début de décennie, notamment un chantier «kolossal» à Bâle en août 1981. Les Dieux du Sport, sous l’influence des rapporteurs Tilden, Lacoste et Budge, craignaient d’avoir engendré à cette occasion un monstre du jeu appelé à régner sans rival, et donc à leur faire une ombre funeste. Ils autorisèrent donc la fée du tennis masculin à recommencer la distribution généreuse de dons, et ce, pendant une période de 365 jours.

Celle-ci commença donc son travail illico. Le printemps était doux sur la Méditerranée et elle décida de rester dans le secteur. Pas à Chypre, non, car elle avait déjà fait un petit tour à Limassol un an plus tôt. Elle appareilla donc vers les Baléares, dont elle gardait un excellent souvenir depuis son précédent séjour (en août 1976). Elle n’eut pas à chercher longtemps le berceau sur lequel déverser sa poudre de perlimpinpin, puisque dès le 3 juin à Manacor un nouveau-né était arrivé dans une famille qui avait déjà goûté aux joies du sport de haut niveau (en la personne de l’oncle Miguel Angel). La fée y alla très fort ce jour là, puisqu’elle n’oublia quasiment aucun don, tout juste laissa-t-elle au bébé, comme jadis à Achille au talon, une légère faiblesse dans les pieds et les genoux, parce que quand même, hein, faut pas exagérer.

Traversant la Méditerranée dans le but de passer son été au soleil sur la Côte d’Azur, elle laissa tomber le 18 juin sur une maternité de Sérignan dans l’Hérault, quelques grains de sa poudre, contenant notamment un don pour un somptueux revers à une main qui n’avait pas servi à Manacor.

Elle passa l’été à buller au soleil puis se rappela ses engagements. Elle aurait bien aimé aller visiter les Antilles, mais jugea qu’elle n’avait pas le temps de parcourir le globe et décida finalement de rester en Europe. C’est à Paris le 1er septembre qu’elle trouva un bébé prometteur, et, de plus, dont les parents étaient originaires de Martinique et Guadeloupe, ce qui la consola d’avoir dû abandonner ses velléités de voyages transocéaniques.

L’automne fut peu productif: aucun nouveau-né ne semblait mériter ses grâces. Elle passa l’hiver en quasi-hibernation dans la forêt de Brocéliande. Le 1er mai 1987 les feux du printemps la réveillèrent en sursaut, et elle réalisa qu’elle n’avait plus qu’un mois pour finir d’accomplir sa tâche. Elle traversa donc la Manche, car cela faisait des lustres qu’elle n’était pas allée rendre visite à ses amis les Leprechauns, Banshees et Korrigans de Grande-Bretagne. Il lui fallut remonter jusqu’en Ecosse pour trouver, le 15 mai, un bébé digne de recevoir ses dons. Elle n’était d’ailleurs pas la seule à se pencher sur ce berceau, puisque la fée de la chance était présente aussi ce jour là, ce qui valut à l’heureux élu d’échapper au massacre de l’école de Dunblane huit ans plus tard. Certains racontent que la sorcière «Turkeyface» était également présente autour du berceau, mais ce ne sont que des médisants.

Redescendant vers la Grèce pour faire le compte-rendu de sa mission aux Dieux du Sport, elle se rendit compte en chemin que son grand sac à poudre de perlimpinpin n’était pas vide. Aussi elle déversa précipitamment tout ce qui restait sur la ville de Belgrade qui était encore à l’époque la capitale de la Yougoslavie. Par chance ces dons ne furent pas perdus puisqu’ils retombèrent le 22 mai sur le berceau d’un bébé issu d’une famille de skieurs.

Jugeant qu’elle avait bien travaillé, les Dieux du Sport dirent à la fée du tennis masculin de se reposer, et qu’ils l’appelleraient quand ils auraient à nouveau besoin d’elle.

On raconte qu’elle a repris une activité notable le 23 septembre 1988 du côté de Tandil en Argentine, et qu’elle a (encore une fois) fini de vider son sac de dons en rentrant vers l’Olympe, au dessus de la ville de Medjugorje en Yougoslavie, 5 jours plus tard. Pour cette mission, il paraît qu’elle était accompagnée par la fée «6pieds6pouces», qui ne l’aurait plus quittée depuis…

Que sont-ils devenus ?

Qu’ont fait nos cinq héros de tous ces dons?  Plus de vingt ans se sont écoulés depuis ces évènements et il est temps de tirer un premier bilan de cette génération dorée, puisque, pour la première fois, un joueur plus jeune qu’eux vient de remporter un Grand chelem.

Calendrier des naissances 1983-1988. En gras les joueurs ayant atteint le top 10. Entre parenthèse leur classement ATP (meilleur - actuel 19/10/09)Sur le registre de la précocité, les plus remarquables ont été… les deux plus âgés.

Petit RichardNadal et Gasquet ont été tous les deux des Mozart du tennis, habitués à faire les gros titres des journaux dès leur plus jeune âge. En France tout le monde se souvient de cette fameuse Une de Tennis Magazine dès 1996 («Richard G… 9 ans»), puis des exploits d’adolescent de Gasquet : victoire au tournoi des «Petits As» de Tarbes en 1999, champion du monde junior en 2002 (en remportant notamment Roland-Garros et l’US Open), et victoire la même année au 1er tour du tournoi de Monte-Carlo contre Franco Squillari (alors nº54 à l’ATP), le faisant devenir le plus jeune joueur (15 ans et 10 mois) à gagner un match en Masters Series.

Pequeño RafaelCôté espagnol, Rafael Nadal Parera est presque aussi précoce puisqu’il remporte les «Petits As» de Tarbes en 2000, puis en décembre est le porte-drapeau de la sélection ibère pour la finale de la Coupe Davis qui se déroule à Barcelone. Wikipedia nous apprend qu’en mai 2001, le jeune Nadal, alors âgé de 14 ans, bat Pat Cash (36 ans) lors d’un match exhibition sur terre battue à Majorque (Rafa avait été appelé pour remplacer au pied levé Boris Becker qui s’était blessé). Il ne fera en revanche pas grand-chose chez les juniors : juste une demi-finale à Wimbledon 2002, l’année où Gasquet termine n°1, préférant se concentrer sur les tournois Futures voire Challengers.

L’année suivante (2003), c’est Marcos Baghdatis, d’un an plus vieux que Gasquet et Nadal, qui devient n°1 mondial chez les juniors, tandis que nos deux prodiges grimpent déjà à vitesse V les échelons du classement mondial séniors.

2004 sera l’année de l’explosion pour Rafael Nadal, s’affirmant à cette occasion comme le major de la promo (ce qui ne s’est jamais démenti depuis, malgré deux ou trois éclipses bien compréhensibles): première victoire en tournoi ATP à Sopot, et surtout première victoire en Coupe Davis qui le révèle au grand public, grâce à ses matches gagnés face à Clément en demies et Roddick en finale.

Cette même année 2004, qui voit donc Nadal et, à un degré moindre Gasquet, faire leurs armes au sein du Top 100, verra enfin nos trois autres «élus» se distinguer sur le circuit des juniors, à un âge «normal» dira-t-on. A ce petit jeu c’est Gaël Monfils qui se montre le plus impressionnant, réussissant un tonitruant petit chelem. Seul l’US Open lui échappe, au profit de… Andy Murray. Quant à Novak Djokovic, c’est le cancre de la classe cette année-là chez les juniors, avec une maigre demi-finale à l’Open d’Australie. A sa décharge il faut dire qu’il est alors classé devant les deux autres au classement ATP (largement au-delà de la 150ème place quand même) grâce à des très bons résultats en Futures et Challengers. Il faudra attendre 2005 pour que nos trois compères arrivent à se hisser dans le Top 100, respectivement en avril (Monfils), juillet (Djokovic) et septembre (Murray).

Après, l’histoire est bien connue:

  • Palmarès comparés (ATP)Nadal qui gagne Roland-Garros (et 10 autres tournois !) en 2005, et qui, depuis, collectionne les titres, à un point tel qu’il est devenu l’une des deux stars incontestées du circuit (et d’ores et déjà dans le Top 10 des meilleurs de l’ère Open);
  • Gasquet qui bat Davydenko et Federer à Monte-Carlo 2005 (mais qui, déjà, cale face à Nadal en demies),  fait deux finales en Masters Series, remporte quelques tournois, atteint les demies à Wimbledon 2007, et, petit sommet d’une carrière qui a pour l’instant un goût d’inachevé, se qualifie pour les Masters 2007 à la faveur d’une victoire sur Murray en quarts de finale à Bercy. Depuis, il n’a fait que redescendre;
  • Djokovic qui se révèle à Roland-Garros 2006 avec une place en quarts, puis qui explose au printemps et à l’été 2007 (finale à Indian Wells puis victoire à Miami, demi-finales à Roland-Garros et Wimbledon, victoire à Montréal en battant successivement les n°3, 2 et 1 (Roddick, Nadal et Federer), finale à l’US Open), avant d’atteindre en 2008 la consécration à Melbourne en janvier (puis en novembre aux Masters);
  • Murray qui voit sa progression freinée par des blessures, et, qui, en gros, fait tout comme Djokovic mais avec un an de retard, et sans avoir (encore) réussi à décrocher ni Grand chelem ni Masters; cependant sa régularité impressionnante dans les Masters Series et les petits tournois, et ses « head-to-head » positifs face aux autres topguns lui valent d’être devenu leur égal ou presque;
  • Et enfin Monfils, le plus tardif de la bande, qui a dû attendre mars 2009 pour enfin atteindre le top 10, grâce entre autres à une demie-finale à Roland-Garros’08, et qui reste pour l’instant le moins titré du club des cinq.

Le graphique ci-dessous permet de visualiser l’évolution de nos héros au classement mondial depuis leur tout premier point ATP. On a utilisé une échelle logarithmique. Ce graphique fait bien ressortir la grande précocité de Gasquet et Nadal, dont les courbes sont, au départ, en avance de deux ans sur celles des trois autres, alors qu’ils n’ont que 3 mois de plus que Monfils et 11 mois de plus que Murray et Djokovic.

Classements ATP comparés de nos cinq protagonistes

On voit, par ailleurs, clairement apparaître un plafond pour les trois meilleurs d’entre eux, solides membres du Top 4. Nadal a été comme d’habitude le premier à toucher le sien, dès juillet 2005 (et a même réussi à le percer pendant un an à la faveur d’un triplé historique et inédit Roland-Garros / Wimbledon / J.O. 2008). Nole a atteint le sien deux ans plus tard, en juillet 2007. Murray est le moins précoce de la bande, ayant attendu septembre 2008 pour atteindre son rang, mais pas forcément le moins talentueux puisque depuis mai 2009 il a fait bouger les lignes, échangeant son rang avec Djokovic et même, pendant quelques semaines, avec Nadal. A l’heure où Djokovic reprend sa troisième place, à la faveur d’une blessure au poignet de son conscrit, on peut imaginer que la phase de stabilité est terminée et que les cartes vont être rebattues dans les mois à venir du fait des résultats – et des blessures – des uns et des autres (et aussi grâce à l’arrivée de del Potro). Rien n’indique cependant que les 3 cadors soient en danger de sortie du Top 5 à moyen terme.

Les deux Français, eux, montrent des courbes beaucoup plus irrégulières, quoique Gaël Monfils semble, pour la première fois de sa carrière, se stabiliser (en l’occurrence autour de la 13è – 15è place). Gasquet, qui avait connu les joies du Top 10 bien avant son compatriote, semble avoir atteint le climax de sa jeune carrière en 2006 et 2007, à seulement 20 ans. La question est de savoir s’il va être capable d’aller se construire une deuxième carrière au plus haut niveau, après les soucis qu’il a eus cette année avec les lignes blanches, ou s’il va se traîner ad vitam aeternam au delà de la 20ème place mondiale.

Promotion 86/87 (montage d'après photos http://www.atpworldtour.com (c) Getty Images)

Si la fée du tennis masculin revenait aujourd’hui pour voir où en sont les élus de cette prolifique cuvée 1986/87, elle constaterait avec fierté que si deux d’entre eux n’ont été «que» des n°1 mondiaux juniors (2002 et 2004) et d’éphémères membres du top 10, les trois autres forment désormais l’élite du tennis mondial. Et que, s’ils n’ont pas réussi à renverser le roi Federer, ils ont par moments fait vaciller son trône, et l’ont empêché de régner de façon trop autocratique, nous préservant ainsi de la monotonie.

Elle se délecterait également des exploits récents de ses deux jeunes protégés de septembre 1988, del Potro et Cilic.

Et enfin, elle pourrait nous rencarder sur l’identité des prochains maîtres du jeu: Grigor Dimitrov, né en mai 1991 à Haskovo (Bulgarie) ? Bernard Tomic (Australien mais né à Stuttgart en octobre 1992) ? Ou encore Carlos Boluda-Purkiss, né à Alicante en janvier 1993 (pour le coup, en l’absence de la fée « 6pieds6pouces », remplacée par sa petite soeur « 5pieds5pouces ») ?

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Sous d'autres cieux et en d'autres temps, je fus connu sous le sobriquet de "Colin Maillard et Tartempion".

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97 Responses to Génération 86-87: Destins croisés

  1. Sam 23 octobre 2009 at 12 h 33 min

    Pour les monomaniaques du revers à une main, l’après Fed, c’est très inquiétant. Et j’ajouterais, non seulement revers à une main, mais aussi service souple et délié (ref. absolue: Noah), option tendance à aller vers l’avant. Del Po. est très sympa, mais il incarne à lui tout seul le risque récurrent de l’invasion des géants. En face, je ne vois guerre que Julien Ory.

  2. benja 23 octobre 2009 at 21 h 06 min

    On sait tous que ce forum est très majoritairement représenté par des fans de fed, qui ne voient donc pas d’interêt à suivre le tennis après sa retraite.

    Je m’étais dit la même chose deux fois déjà: après Lendl (dont j’étais le seul fan en Belgique…si heureux lors de se retournement en finale de RG 84) et Andre bien sur.

    Malgré tout, j’ai continué à suivre ce sport où s’attache très facilement à une personnalité, un style, un mental.

    Le seul sport que j’ai complétement zappé après un départ, c’est la F1, le décès de Senna a tout changé, pour toujours!

    • Antoine 23 octobre 2009 at 22 h 03 min

      Depuis la retraite de Tilden, Benja, c’est foutu…Je ne cesse de le dire mais on ne me prend pas au sérieux…Il reste encore cinq ans, peut être, au tennis pour représenter quelque chose d’intéressant mais après la retraite de Federer, et Marie Jo fait bien de le souligner, celle de Rafa qui sera simultanée, ou presque, ce sera rideau pour tout le monde…

      Le trou noir…le néant…

  3. karim 23 octobre 2009 at 23 h 23 min

    Ben dites donc c’est la carré nostalgique anticipé là ou quoi? c’est quoi ces digressions de fin de règne et d’antéchrist? Fed s’en ira, d’ailleurs il s’en va déjà un peu non? Et il y aura une vie après. C’est sûr que la grâce et la légèreté sont désormais visibles uniquement sur youtube et les archives, mais il va quand même rester de quoi s’éclater. Hewitt c’est quand-même la dêche quoi, et on n’est pas à ce niveau avec Djoko ou JMDP quand même!

    ce qui manque réellement ce sont des joueurs complets et déliés, au jeu vif plus que surpuissant. Il y a bien quelques extraterrestres mais il ne percent plus. Après Fed il y aura autre chose. je pense au contraire qu’il a donné des idées à tous les entraîneurs et éleveurs de champions. Moi en tout cas si c’était mon boulot, je ne jurerais que par le relâchement, la fluidité, le jeu vers l’avant en deux ou trois frappes, la volée, bref je ferais visionner du Fed, du Haas, ou plus loin de nous du Sampras ou du Stich à tous mes élèves.

    tout le monde va vers le même style de jeu, avoir un jeu différent justement se le facteur déstabilisant qui fera émerger. avec Fed et Nadal, on a touché du doigt l’aboutissement de deux systèmes opposés. ce sera très dur de faire du Fed, mais tout autant de faire du Rafa parce que trouvé une bête de somme capable d’encaisser tout ce que Rafa a encaissé comme boulot et charge d’entraînement sur et hors du court, il va falloir un extra terrestre.

    je suis persuadé que l’école Fed va faire des adeptes. ils ont actuellement entre 12 et 15 ans, et ils arrivent. à cet âge là ça paye pas contre les apprentis Nadal, mais ils le savent et garderont le cap.

    l’avenir est à la fluidité, j’en suis sûr. ou du moins je veux le croire. mais c’est certain qu’il y a une génération à laisser passer. n’allez pas trop loin, d’ici quelques années (4-5) on sabrera le champagne à nouveau.

  4. Elmar 24 octobre 2009 at 0 h 45 min

    Fin 2004, je me souviens m’être dit qu’il faudrait que je m’habitue à voir Federer moins gagner et que ca ne serait pas évident. J’en ai encore eu pour mon argent pendant un bon moment.

    Mais ca fait au bas mot trois ans que j’essaie de me préparer à l’après-Fed. En sachant que ce serait difficile. En ayant la sensation que « le tennis, c’est fini ». Cela étant dit, ce qu’il montre en terme de niveau de jeu depuis 2007 rendra sa retraite moins pénible, parce que mine de rien, ses plus belles partitions ne sont déjà que des souvenirs désormais (hormis quelques pépites de ci de là ces deux dernières années). Pour polémiquer un peu, si on se dit qu’un sport doit mourir après avoir atteint un zénith, le tennis est mort après l’AO 2007.

    Pour garder espoir, je conserve toujours dans un coin de ma tête de ce que le grand Hervé Duthu avait dit à la fin de la finale de l’US Open 04: « Le jeu est le plus grand, le tennis est le plus grand » et d’enchaîner en disant qu’il pensait qu’on ne trouverait rien après Mac, et qu’il y avait eu Sampras; idem après Pete, et il y avait eu Fed.

    Le jeu est plus grand que les joueurs. J’y crois dur comme fer.

    Par ailleurs, petite réflexion : prenez comme ingrédients deux joueurs présentant un niveau de jeu, disons, juste passable; ajoutez-y néanmoins ce qui fera toute la différence, à savoir des rebondissements et du suspens jusqu’au bout; faites mijoter cela dans un four de luxe (Grand Chelem ou Coupe Davis). Et bien, la majorité du public sera ravie par le plat ainsi concocté, peu importe le niveau des joueurs.

    • Duong 24 octobre 2009 at 10 h 31 min

      oui, mais pour relier deux choses que tu dis, je me souviens aussi que l’AO 2007 était le dernier tournoi commenté par Hervé Duthu (un type qui compte aussi dans mes souvenirs tennistiques : l’époque Noah c’était lui).

      Et qu’après la finale (commentée avec Noah d’ailleurs), son discours (même si pas dit aussi clairement) c’était un truc du genre « après ça, je peux mourir en paix », « c’est le meilleur joueur/sommet tennistique que j’aie jamais vu » (enfin il avait dit quelque chose comme « depuis Laver », qu’il avait vu aussi) … et après ça toc, le Federer décline : après coup, ça a tout l’air d’un sommet symbolique (comme quoi je peux faire aussi dans la mythologie de temps en temps…).

  5. Elmar 24 octobre 2009 at 0 h 47 min

    Sinon, je tiens à féliciter les rédacteurs des 3 derniers articles. Rentrer de vacances et avoir de la lecture aussi passionante, c’est pour le moins agréable.

    Fantastique boulot, tous les 3.

  6. Jérôme 25 octobre 2009 at 13 h 19 min

    Petite dérive nostalgie ?

    Karim, je suis assez pessimiste sur l’éventualité de trouver un successeur qui reprendrait avec succès le style de jeu de Fed que tu l’es sur la possibilité un futur champion qui reprendrait le style extrème de Nadal.

    Ces 2 joueurs sont des exceptions. Réunir tous les paramètres du jeu de Fed pour en faire la formule gagnante me paraît même encore plus improbable que la formule gagnante de Nadal.

    Fed, c’est entre autres choses un poignet exceptionnel, et un jeu de jambes alliant à la fois précision et rapidité d’une manière telle qu’on n’en voit qu’une fois tous les quarts de siècle.

    Malheureusement, il y a des choses qui disparaissent sinon de manière définitive, du moins pendant très longtemps jusqu’à ce qu’un choc exogène en permettent la réémergence. Le service-volée est mort (dans les sommets du classement), et la principale coupable de cette mort est l’évolution des matos, raquettes et cordages permettant de frapper de tels parpaings avec une telle zone de contrôle que le relanceur/passeur a un avantage énorme.

    La prochaine victime, ça risque, comme on l’a dit, d’être le revers à 1 main. Quand je parle d’interdire le revers à 2 mains, c’est un peu une boutade, mais en même temps il faut faire attention à ce que le tennis masculin ne connaisse pas la même évolution que le tennis féminin. Cette dérive aurait pu avoir lieu il y a 6 ans si on n’avait pas eu l’émergence de Federer. Mais le Fed est bien l’arbre qui cache la forêt.

    On n’a jamais trouvé la formule pour dupliquer le talent. C’est bien pourquoi le jeu dominant est celui combinant bon service, gros coup droit et gros revers à 2 mains. Avec le risque d’une évolution façon basket.

    Murray ? Je pense comme d’autres que, même s’il peut rafler 1 ou 2 majeurs, ce qui serait déjà en soi un exploit formidable, il n’a pas ce qu’il faut pour dominer le tennis.
    Murray avec un coup droit et un service plus performant ? Ce n’est plus Murray.
    Edberg a eu beau bosser, il n’a jamais résolu sa faiblesse en coup droit. Lendl a eu beau bosser comme un damné, il n’a jamais réussi à enchaîner avec aisance une volée derrière un service.

    Pour revenir à l’article de Colin, c’est encore une fois un plaisir.

    (Help ! comment fait-on pour coller au format image des tableaux dans un article ? J’ai un paquet de tableaux que je voudrais insérer dans mes articles)

    J’ai du mal à mettre Simon dans la même liste que Nadal, Djoko et Murray. Ils ne boxent pas dans la même catégorie.

    Ce qui m’intéresse le plus dans la courbe, c’est l’exception Nadal qui est devenu un des meilleurs joueurs du monde avant même d’atteindre 18 ans. Ca, c’est très très rare. Le rapprochement avec Gasquet est trompeur. Gasquet n’avait tout simplement pas ce qu’il fallait pour suivre le train. Il a un peu été un junior hyper-précoce mais plafonnant très tôt.

    • colin 25 octobre 2009 at 14 h 13 min

      Salut Jérôme. Je mets la réponse ici plutôt que par e-mail car ce petit intermède informatico-technique intéressera peut-être d’autres auteurs. Pour transformer un tableau ou graphique excel en image, sous Windows : (1) je l’affiche à l’écran à la taille souhaitée. (2) J’utilise la fonction « Imprimer écran » (touche « imp écr » ou « PrtScr » du clavier) qui te met tout ton bureau dans le presse papier. (3) J’ouvre un éditeur d’images (genre IrfanView ou XnView dans les gratuicels) et je colle (4) je découpe l’image aux extrémités du graphique ou du tableau (fonction « recadrer » de Irfanview) (5) Je sauvegarde l’image au format PNG (ou GIF) qui respectent mieux que le JPG le texte et les graphiques.

      Télécharger IrfanView :

      http://www.irfanview.net/

      • Jérôme 26 octobre 2009 at 7 h 15 min

        Merci Colin.

    • Antoine 25 octobre 2009 at 15 h 57 min

      Noah a fait qq déclarations concernant Gasquet qui sont reproduites dans l’Equipe de ce matin:

      Il considère qu’il faut qu’il bosse sur le plan mental en particulier et affirme que Gasquet n’est pas le plus doué des français, mais simplement un joueur qui a commencé plus tôt que les autres. Sur le qualificatif de Mousquetaires employés à propos des frenchies, il dit que si cela leur pèse tant que celà, « ils n’ont qu’à jouer aux billes » ! (sic).

      Il ne mâche pas ses mots Yannick….

      Sinon, Jérome, je suis bien d’accord que les tamis actuels ou la surface de frappe utile est quatre ou cinq fois plus importante qu’avant, a donné un avantage décisif à celui qui défend et que c’est bien là la cause essentielle de la disparition de la volée. Un moyen simple, et suffisant, d’y remédier serait de limiter la surface des tamis à un chiffre inférieur aux standards actuels mais il est peu probable qu’une telle réforme ait des chances de passer..

  7. Jérôme 26 octobre 2009 at 7 h 22 min

    Improbable actuellement, oui. Mais dans quelques années avec une conjonction fin de carrière de Fed et évolution façon tennis féminin qui entraînerait une désaffection marquée pour le tennis, je pense que ça réagirait.

    Il y a déjà eu une action appuyée il y a une dizaine d’années pour limiter les excès des serveurs bombardiers. Ca pourrait se reproduire, et il ne serait pas nécessaire de prendre une mesure réac comme un retour obligé aux raquettes en bois (encore que le bois c’est recyclable dans le chauffage donc plutôt écoresponsable).

    Je reviens sur mon précédent propos pour en corriger les excès. Dire que Lendl n’a jamais été capable d’aligner avec aisance un service-volée, c’est vraiment injuste pour Ivan, surtout si on se réfère à ses saisons 1989 et 1990 sur gazon. C’est plutôt qu’il n’a jamais vraiment été à l’aise dans ce type de jeu et que ça le faisait plus gamberger qu’ailleurs dans les grands moments.

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