Découverte

By  | 9 juin 2012 | Filed under: Les filles

Je n’ai véritablement commencé à suivre de près le tennis qu’en 2009. Mais le premier match que j’ai vu en intégralité à la télévision remonte à des années auparavant. En ce samedi pluvieux de juin 1999, une revenante délivre son dernier récital sur le Central de Roland-Garros.

L’affiche de cette finale parisienne est inédite. D’un côté, Martina Hingis, n°1 mondiale, vainqueur du dernier tournoi du Grand chelem en date, en Australie, domine le tournoi dans toutes ses largeurs. N’ayant pas perdu une seule manche de la quinzaine, elle a écœuré Amélie Mauresmo au deuxième tour et Arantxa Sánchez, triple lauréate et tenante du titre, en demi-finales. C’est le dernier tournoi du Grand chelem qui lui manque : à seulement 18 ans, elle est en mesure de réaliser ce qui sera appelé plus tard « le Grand Chelem en carrière ».

En face d’elle, une revenante que personne n’attendait plus à ce stade de la compétition : Steffi Graf, qui fêtera ses 30 ans dans une semaine. Titulaire de 21 tournois du Grand chelem, de 8 années et 377 semaines passées à la place de nº 1 mondiale, l’Allemande est tombée à la sixième place mondiale et n’a plus atteint le dernier carré en Grand chelem depuis 1996. La revoir en finale de Roland-Garros, où elle a triomphé 5 fois déjà, relève donc de l’exploit pour cette joueuse qui a dû se débarrasser de la nº2 mondiale Lindsay Davenport en quarts, puis de sa grande rivale – et tombeuse du dernier Open d’Australie – Monica Seles en demies, à chaque fois en trois sets.

J’attends que la pluie s’arrête pour que le match puisse commencer. Ma préférence va à Steffi Graf : j’ai toujours aimé les vétérans. Les commentateurs prédisent la victoire de la Suissesse. La pluie cesse, les joueuses rentrent sur le court, s’échauffent sous le regard de l’arbitre de cette rencontre, Anne Lasserre-Ullrich. Elles sont prêtes, Graf est au service, le match commence !

Malgré la pression résultant de l’enjeu de compléter son palmarès, Hingis rentre d’entrée dans sa partie. On ne peut en dire autant de Graf qui multiplie les fautes directes. Très vite, le score défile : break 1-0, 2-0, 40-15 et balles de break pour Hingis dans le troisième jeu. C’est le moment que choisit l’Allemande pour enfin se réveiller. Son chop de revers trouve enfin sa longueur, le coup droit claque, Hingis est dépassée. Graf aligne 4 points consécutifs pour remporter son service, puis débreake dans la foulée. Hingis est dans les cordes et passe ses nerfs sur la raquette, avec un avertissement à la clef.

Néanmoins, Graf semble incapable de maintenir son niveau sur la durée et retombe rapidement dans ses errements de début de match. La Suissesse, plus régulière, utilise à merveille toute la panoplie technique dont elle dispose, en particulier le revers long de ligne et l’enchaînement amortie – lob. Tout va très vite, en quelque minutes Hingis se retrouve à servir pour le set à 5-2. Est-elle fébrile à l’idée de prendre une option importante  pour la victoire finale ? Toujours est-il que Graf parvient à revenir à 5-4 sans vraiment mieux jouer. Hingis est en difficulté, elle ne parvient pas à conclure malgré ses balles de set : une de ratée, une autre, encore une autre… La quatrième est finalement la bonne, première manche Hingis 6/4 en 44 minutes. Graf est sombre, elle sait qu’elle n’a aucune chance de l’emporter si elle n’élève pas son niveau de jeu. Paradoxalement, Hingis, le visage fermée, ne semble pas beaucoup plus sereine.

Le second set commence comme le premier : Graf multiplie les fautes tandis qu’Hingis utilise sa science du jeu pour breaker et mener 2-0. Graf sert pour recoller à 2-1, Hingis tente un retour en coup droit long de ligne jugé trop long… et tout bascule.

En effet, Hingis conteste la décision, et le ralenti télévisé semble confirmer ses dires. L’arbitre de chaise veut vérifier mais ne trouve pas la marque, le juge de ligne semblant incapable de la lui indiquer. Quand Anne Lasserre-Ullrich va dire à Hingis que le point est accordé à Graf, la Suissesse perd tous ses moyens. Passant de l’autre côté du filet, elle va indiquer la marque elle-même, puis s’assied, refusant de continuer à jouer. La discussion avec le juge-arbitre ne donne rien, et Hingis perd le point, avec un point de pénalité en plus pour avoir passé le filet.

Pourquoi diable Hingis a-t-elle totalement perdu son sang froid sur un point anodin ? La jeune femme ne le sait pas encore, mais elle vient de commettre une erreur fatale. Le public, jusque-là amorphe malgré sa préférence pour Graf, retrouve de la voix pour encourager sa chouchoute, mais aussi, avec le courage qui caractérise une foule de 15 000 spectateurs, pour conspuer l’insolente. Résister à un public hostile est difficile en temps normal, mais pour une jeune fille de 18 ans stressée par l’enjeu, il est tout simplement impossible de ne pas être perturbé.

Le jeu, lui, s’équilibre, jusqu’à 3-1 Hingis, service Graf. L’Allemande passe alors d’un seul coup la vitesse supérieure. Dépassée en puissance, prise de vitesse par une « Fraulein Forehand » qui ne fait plus de fautes, Hingis ne sait plus quoi faire et se retrouve menée 3-4 30-40, balle de break contre elle.

Mais Hingis possède l’orgueil des champions, elle ne veut pas laisser filer ce titre une deuxième fois, sa défaite deux ans plus tôt au même stade de la compétition lui ayant fait suffisamment mal. D’un revers croisé, elle pousse Graf à la faute pour sauver cette balle de break. L’échange qui suit est monstrueux, amorties et lobs s’enchaînent, Graf n’a plus qu’à smasher la balle dans le court vide… et l’envoie droit dans le filet ! Le public n’en revient pas, l’Allemande se cache les yeux pour ne pas voir ça tandis qu’Hingis accroupie essaie de retrouver son souffle. Elle y parvient puisque d’un superbe coup droit croisé en bout de course qui termine pleine ligne, elle remporte sa mise en jeu. La fin de set s’annonce superbe !

Ce n’est pourtant pas le cas : Graf multiplie de nouveau les fautes, Hingis breake et se retrouve en position de servir pour un Grand chelem en carrière. 15-0, plus que trois points.  Mais Hingis ne supporte plus la pression. 24 heures plus tard, Andre Agassi dans la même situation devra aller au bout de lui-même pour remporter ce dernier jeu et obtenir ce dernier titre qui lui manque. Mais Agassi a près de trente ans et toute l’expérience qui va avec, et il sera soutenu par le public. A 18 ans, Hingis n’est elle encore qu’une adolescente. Si près du Graal, elle craque tandis que Graf sort ses meilleurs coups, à l’image de ce passing de revers croisé. Débreak, 5-5. Le coup est terrible pour Hingis, elle n’y est plus, alors que Graf remporte son service blanc. A 6-5, dos au mur, incapable de maitriser le vent qui souffle sur le court depuis le début du match, Hingis fait une double faute, une faute directe en coup droit, c’est le break, set Graf 7/5. Le public est debout, Graf recommence à y croire, Hingis quant à elle semble sortie du match.

Breakée d’entrée au troisième set, Hingis quitte le court 7 minutes durant, sous les sifflets du public. Graf, elle, fait la « Ola » avec ce dernier. Le match est en réalité déjà fini. Hingis n’en peut plus mentalement et physiquement. A-t-elle fait une erreur en voulant aussi jouer le double ? Elle a perdu la finale la veille 8-6 au troisième set avec Kournikova contre les sœurs Williams. Menée 5-2 balle de match contre elle, elle la sauve d’un service à la cuiller. Le public avait applaudi Chang contre Lendl, Hingis ne reçoit que des sifflets. Ce ne sont plus des huées, c’est une mise à mort. Hingis craque complètement et perd son service : jeu, set et match Graf, 4/6 7/5 6/2.

Quittant le court sous les sifflets, Martina Hingis est ramenée en larmes par sa mère pour la cérémonie de remise des trophées. S’efforçant de parler en français, la Suissesse est, enfin, acclamée. Graf, très émue, déclare se sentir française. Elle ne sait pas encore que ce Grand chelem sera son dernier, mais elle n’en a cure. Elle avouera plus tard que cette victoire restera pour elle la plus forte émotionnellement parlant. Hingis non plus ne remportera plus de Grand chelem. Et Roland Garros manquera toujours à son palmarès.

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432 Responses to Découverte

  1. karim 9 juin 2012 at 11:32

    Ce match est un des plus dramatiques de l’ère open, il y avait tout pour en faire une tragédie et Quentin fait honneur à l’événement en le relatant à la hauteur de ce qu’il a été. Tu as le match en VHS ou quoi? Comment te rappeler d’autant de détails? J’ai l’impression que c’était hier. Je me revois quitter ma piaule après le premier set – à l’époque je préférais presque le tennis féminin au tennis masculin – en rage et degouté. Je détestais martina. Je suis allé faire des courses et une heure après alors que j’étais dans un rayon électroménager je vois sur les dizaines d’écrans que le match n’est pas terminé, que Graf vient de remporter le deuxième set. J’ai assisté au reste de la partie debout dans les rayons de l’équivalent ici d’un darty.
    Ce pétage de plomb montre à quel point les joueurs sont sous tension, comment tout ne tient en réalité parfois qu’à un fil, pourquoi une simple erreur de jugement peut tout faire basculer, un grain de sale gripper une V12 biturbo.
    Bel et bon article qui traite d’une époque qui conteste fortement avec les purges qui nous attendent ce week-end du côté de la porte dauteuil

  2. Pierre 9 juin 2012 at 12:11

    Merci Quentin, très bon papier sur cette tragédie en 3 actes. J’aimais les jambes de Steffi mais pas la tête de gorette de Martina. Plus tard, j’ai compris qu’elle avait vraiment la science du tennis, un talent fou.

    Cela me questionne d’ailleurs : pourquoi ai-je cette tendance à aimer sur le tard certains joueurs/joueuses ? Qu’on me coupe la zigounette si dans dix ans j’écris que je me suis trompé en aimant Fed et que Djokovic était plus talenteux. C’est dit.

  3. Renaud 9 juin 2012 at 12:14

    Je m’excuse je réagis à la fin de l’article précédent.
    Je vais ensuite réagir à celui ci.

    Principalement à Coach
    Je vais essayer de mesurer mon propos en étant le plus objectif possible tout en tentant de t’expliquer le malaise que je ressens quand je vois jouer Nadal sur TB principalement.

    1°/ A la décharge de Nadal la TB a toujours été une surface particulière avec moins de « grand » vainqueur à l’époque doré des Agassi, Sampras, Becker, Edberg, Mac, Connors.
    Dans ces grosso modo 20-25 annéés seul Agassi (volontairement mis 2 fois puisqu’il a fini par gagner de justesse ce tournoi avec des circonstances favorables) Willander, Lendl, courier et Borg ont su gagner ce tournoi qui était clairement à l’époque le plus lent des GC.

    2°/ Cela ne génait personne à l’époque car immédiatement après il y avait la saison sur herbe avec Wimb clairement le plus rapide des GC.
    Et en reprenant la liste précédente de l’époque dorée c’est le contraire.
    Les premiers ont tous gagnés Wimb et à part l’exception Borg les autres non.

    Un aparté puisque l’on compare souvent Borg avec Nadal. Borg à Wimb c’est 5 victoires en jouant le jeu sur gazon de l’époque. C’est à dire en moins de 2-3 semaines passer d’un jeu effectivement ultra sécurisé à un jeu d’attaque flamboyant.
    Rien mais alors rien à voir avec Nadal qui pratique peu ou prou le même tennis à Wimb surtout en dernière semaine quand il n’y a presque plus de gazon.

    3°/ Le problème avec Nadal c’est qu’il bénéficie par trop de l’avantage que confère aujourd’hui le mix surface lente avec les progrès en matériel (raquette, cordage et balle) et en préparation physique.
    Il n’a jamais dominé mis à part une brève partie de sa saison 2008 et reconnaissons la gestion des GC en 2010 le tennis mondial et pourtant il a effacé tous les autres grands de la période dorée, à part Sampras et Borg, alors que sur un stricte point comptable (hors le nombre de GC) il est TRES TRES nettement moins dominant qu’un Mac, Connors, et Lendl à leur époque.

    4°/ A contrario pour rester objectif il est sans problème au niveau des autres que sont Edberg, Becker, Willander et agassi.
    Courrier étant avec Bruguera, Kuerten en dessous bien entendu.

    5°/ Nadal domine nettement plus la TB que Sampras, Borg ou Federer n’ont jamais dominés à Wimb.
    Je ne crois pas que quelqu’un ai jamais gagné Wimb sans perdre un set par exemple (merci aux statisticiens du site de confirmer ou d’infirmer).
    Un bon serveur, cf Ivasinevic, pouvait tenir tête à Sampras est perdre Wimb sans avoir perdu son service.

    Je pourrais continuer mais disons que je vais en rester là.

    Ma conclusion,
    Jusqu’à la fin des années Sampras il y avait de la variété dans les styles de jeu, dans les surfaces, dans les oppositions.
    Les terriens dominaient la saison sur TB et règulièrement des cadors se faisaient balayer par un pur terrien.
    A l’inverse au départ de la saison sur herbe c’était le contraire à tel point que certains spécialistes de la TB ne faisaient même pas le déplacement à Wimb.

    Le débat sur le gazon a eu lieu puisqu’il est à priori admis par tout le monde ici que le gazon actuel est trop lent. Si faute il y a elle en incombre principalement à Sampras et à un degré moindre Becker et Edberg.
    C’est un fait.

    Pourquoi refuser de voir la réalité en face.
    * Les surfaces se sont uniformisées.
    * Le style de jeu, FED excepté dans les top players, est grosso modo le même partout = plus d’opposition de différent style.
    En cela FED est bien l’arbre qui à lui tout seul masque la forêt de l’uniformité du jeu.
    * Le matériel et le physique sont devenus les 2 critères principaux pour réussir aujourd’hui ce qui ne veut pas dire que Nadal, Djoko ou même n’importe quel joueur n’ont pas de talent.

    Il est évident à mes yeux que si Nadal, Djoko ou Murray avaient joué à l’époque doré ils auraient bien entendu fait jeu égal avec les Connors, Lendl, Mac, Edberg….

    Nadal est le produit de son époque mais il est le reflet de ce qui fait mal au tennis.

    Djoko n’a pu gagner Nadal que lorsqu’il a poussé lui aussi son physique à l’extrème. La dernière finale de l’USO et de l’OA ne sont que le triste reflet d’un affrontement physique avant d’être un affrontement de tennis.

    • Coach Kevinovitch 9 juin 2012 at 12:59

      1) C’est justement là que la révolution Nadal se situe. Après des années champion vainqueur non légende des légendes (Gaudio, Costa, Bruguera, Muster, Moya), Nadal a apporté un champion légende du jeu à la terre battue comme à Roland-Garros: lui-même. De plus, tout le monde sait que la terre battue est victime de la dictature du Beau!

      2) Borg a gagné cinq fois le jeu de gazon de son époque. Nadal a fait cinq finales à Wimbledon dont deux victorieuses sur ses cinq dernières participations en jouant le jeu de gazon de son époque qui n’est pas le jeu de terre actuel. La seule différence est que Nadal a dû affronter un mythe du gazon Federer. (Pour 2011, pas d’excuse, il a vraiment déconné!)

      3) Le problème avec Sampras c’est qu’il bénéficiait par trop de l’avantage que confèrait le mix surface rapides avec les progrès en matériel (raquette, cordage et balle) pour frapper plus fort ses services notamment et en préparation physique.

      Nadal est moins dominant que McEnroe, Connors car son jeu le défavorise dans cette tâche pour qu’il est très typé dans la surface qui ne ressemble à aucune autre (les écarts à faire d’une surface à l’autre sont plus grands) et qui pèse moins que d’autres. Il joue moins de tournoi que les trois gus cités. Moi, je retiens qu’il a gagné 30 tournois où les meilleurs sont censés être tous présents, ce qui était effectivement le cas pour la plupart et ce en pleine période du grand Roger Federer.

      4) Il est largement devant eux car il est plus souverain qu’eux que sa surface en GC et à égalité avec eux en enlevant sa surface alors que les différences de surface lui sont défavorables comparés à Becker et Edberg.

      5) Borg en 1976 pour Wimbledon sans perdre un set. Sampras et Federer sont autant dominateurs sur herbe que Nadal sur terre. Ils ont gagné dix ou plus tournois sur herbe et la majorité de ces tournois étaient Wimbledon. Je pense qu’on a du mal à se rendre compte de ce que cela représente.

  4. Renaud 9 juin 2012 at 12:26

    J’ai vu ce match, j’étais pour Graf car c’était ma préfèrée, ahh ces jambes mon dieu, mais avec le recul le public fût odieux et injuste comme seul peut l’être effectivement une foule.
    Après cet incident + la pression de l’évènement elle n’avait plus une chance.

    Je suis fasciné et je comprends que l’on puisse passer sa vie entière a essayer de comprendre la sociologie d’une foule comme le font certains chercheurs
    Les hooligans, les manifs qui dérapent, les jeunes qui cassent…
    Je sors du sujet.

    Hingis était une anomalie physique à l’époque.
    Il fait se souvenir des soeur William, de Davenport, de Mauresmo, de Sanchez et autres grand gabarit.

    On en revient finalement toujours au talent.
    Il en fallait pour contrôler, maîtriser des joueuses nettement supérieures d’un point de vue physique.

    Hingis c’est un peu la Belge Hénin avant l’heure.

    Un article et un commentaire sans parler des hommes, je m’étonne.
    Allez je me lâche. Djoko, Fed, Nadal, Murray, Ferrer, Tsonga… je vais mieux !!!

  5. Arno, l'homme des antipodes 9 juin 2012 at 13:26

    Superbe, Quentin !! Un match dont je me souviens bien, moi aussi, et je devais être à un des rares à supporter le génie absolu qu’était Martina Hingis.

    Elle reste encore aujourd’hui ma joueuse favorite, avec un tennis fait de prises précoces, de trajectoires improbables, de variations, d’angles, de coups gagnants sans forcer… La Federer au féminin, la puissance et le mental de tueur en moins. Elle a percé trop jeune, pas assez mûre… Je me suis souvent demandé si Fed aurait eu la même carrière s’il avait gagné Wimb dès 2001, après sa victoire contre Pete.

    Bref, pour moi Martina possédait le tennis le plus élégant qu’il m’ait jamais été donné de voir chez une femme. Et l’âge aidant, boudiou qu’elle est devenue canon…

    Du haut de mes 14 ans, j’ai été proprement scandalisé de l’attitude du public. Innommable.

    Heureusement que ce craquage de Martina et du public s’est fait à l’avantage de Steffi, l’incontestable GOOE, et accessoirement ma deuxième joueuse favorite ! ;)

    Une époque où le tennis féminin était splendide, putain que j’aimerai que ça revienne !!

    Je reviens à l’actualité: ce RG est le plus incroyablement chiant depuis… Ben, depuis que je regarde RG, bientôt 20 ans.
    Tout se passe comme prévu, faut dire que tout était fait pour une énième purge Nadal/Djoko: 2 joueurs pour qui c’est l’objectif principal (voire vital pur Rafa) de la saison, un numéro 3 pour qui ce n’est pas le cas, le reste du monde est trop mauvais pour avoir quoi que ce soit à dire, et les conditions (météo + balles) avantagent les jeux des 2 furieux.

    Nadal va sanibroyer Djoko comme les autres. Ici, sur le Central, impossible qu’il se fasse dessus.

    J’ai déjà dit que je m’étais fait chier ??? Ah, on me souffle que oui. Pour ceux à qui ça plait: enjoy !!
    Mais heureusement qu’il y a le gazon juste derrière…

  6. Coach Kevinovitch 9 juin 2012 at 13:29

    Superbe article qui nous détaille magnifiquement la finale la plus dramatique de Roland-Garros chez les dames. Le Capriati-Clijsters en terme de suspense était pas mal non plus mais il y avait moins de charge émotionnelle.

    Le grand problème du début de match d’Hingis est qu’elle a été très nerveuse dans ce match. Elle a eu un mal fou à rester calme, ce qu’elle a échoué à faire même quand elle menait.

    Quant au public, il a été d’une idiotie spectaculaires, ces réactions ont été disproportionné aux regards des motifs invoqués.

    L’intrusion de l’autre côté du terrain est un crime borné par des règles qui ont été appliquées à juste titre. Ceci aurait dû s’arrêter là et se serait arrêté là dans tout autre stade que celui de Roland-Garros où on siffle même celui qui demande à l’arbitre de vérifier les marques! J’imagine déjà les sifflets retentir à chaque demande de challenge si l’oeil du faucon est un jour appliqué.

    Le service à la cuillère? De une, on remarquera que c’est très drôle quand c’est Chang qui le fait sur Lendl et beaucoup moins quand c’est Hingis qui le fait sur Graf. De deux, même avec mes 9 petites années, j’avais compris que c’était un cri de désespoir et non pas un « manque de respect à sa majesté Stefanie Maria Graf », une idée qui démontre une certaine folie de la part du public.

    La réalité est que le public voulait se payer Hingis depuis le début car dès son entrée sur scène, elle avait le mauvais habillage.

    Elle est très jeune et très dominatrice au moment où le grand public, la connait vraiment (1997). Le public à Roland est régicide s’il y a roi, on préfère qu’il soit arrivé de zéro à héros lors de son premier titre ou qu’il présente un visage humain ou (un) beau (jeu). Manque de bol, Hingis est inhumaine dans le sens où elle est super-précoce, elle n’a que seize ans et demi et détruit déjà tout sur son passage.

    Bien sûr, la personnalité d’Hingis un peu catin bourgeoise sur les bords creusait sa tombe mais bon ce n’était qu’une adolescente en train de grandir devant des millions de personnes et médias du monde entier après tout.

    Après les déclarations vis à vis de Mauresmo notamment ont sans doute parachever l’oeuvre mais l’extrême jeunesse du personnage aurait dû appeler à plus de tempérance.

    Toujours est-il que cette défaite est l’une des trois défaites destructrices d’Hingis.

    La première est celle deux ans plus tôt contre Majoli qui brise le mythe de la jeune invincible puisqu’elle perd en deux sets contre une joueuse finalement très normale pas légendaire pour un sous (c’était la première finale de RG que j’ai regardé et j’étais choqué de cette défaite très logique contre une joueuse « pas star » mais bon j’avais sept ans!)

    La seconde défaite brisera sa confiance inexorable poussée par un credo « mia san mia » (moi c’est moi qui sous-entend derrière (la devise) un « toi, t’écrases ») puisque ce jour là, des éléments extérieurs l’ont fortement affectés (la pression, le public).

    La troisième défaite a lieu en Australie en finale de l’OA 2002 avec un scénario terrible: défaite en menant 1 set et 4-0 au second avec plusieurs balles de matches. Cette défaite a scellé une impossibilité à vaincre dans les épreuves majeures face aux joueuses très grandes et beaucoup plus puissantes.

    Allez, je vous mets en lien la plus belle de ses finales en GC: http://www.youtube.com/watch?v=a9A_L8xyg8g

  7. William 9 juin 2012 at 13:53

    Merci Quentin. Un article en faveur d’Hingis ou de Graf, en fait on ne sait pas trop et c’est tant mieux. La narration du match est très bonne, on y est !

    Hingis, c’est comme Agassi pour moi : j’ai l’impression de l’avoir toujours vu jouer. J’ai toujours aimé son jeu, dont Murray pourrait être le rejeton braillard et bodybuildé. Tout le monde le souligne donc j’y vais aussi, le public a été odieux et j’imagine bien la détresse de Martina Hingis. C’est un peu à cause de cela qu’elle perd. Public de « connaisseurs » nous dit-on tout le temps. Mouais.

    • Quentin 9 juin 2012 at 19:01

      Je soutenais Graf ce jour là.
      J’ai eu deux grand amours dans le tennis: Graf depuis cette finale mais malheureusement elle a pris sa retraite dans la foulée, et Federer depuis sa demi à RG 2009 contre Del Potro. C’est d’ailleurs depuis ce match que j’ai recommencé à suivre de près le tennis.

  8. Arno, l'homme des antipodes 9 juin 2012 at 14:18

    Ah, je viens de lire la plupart des comms d’hier, notamment ceux suivant le coup de gueule flamboyant de Coach K !!

    Je pense qu’il est allé très loin pour marquer le trait, mais qu’il a raison sur le fond: beaucoup de gens déprécient trop ce que fait Rafa; ce n’est certes pas spectaculaire, mais c’est efficace, et le but en sport c’est quand même bien de gagner…
    Personnellement, je n’aime pas le personnage et encore moins son tennis, mais ce type est monstrueux, rien à dire là-dessus. Il a porté le jeu sur TB à des niveaux jamais atteints, c’est le spécialiste ultime. Et le spécialiste ultime du jeu sur TB, et ben il est la quintessence de tous les autres avant lui: le chiant ultime.
    C’est magnifique d’une certaine façon de le voir contenir l’adversaire, puis le compresser encore et encore jusqu’à avoir l’impression qu’il se fait désintégrer. Mais enfin moi je suis pas fan, d’autres le sont, c’est comme ça !!! De la tolérance, bordeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeel !!!!!!

    @ Marc, tu as écrit ça: « Pour finir, je rapppelle qu’à l’époque où Sampras, Ivanisevic, Krajicek et autres faisaient des concours d’aces à Wimbledon, de nombreux débats ont été engagés pour repenser les conditions de jeu à sur herbe, car là aussi, cela ne devenait guère intéressant. Pourquoi a-t-on pu revoir la rapiditié des surfaces à Wimbledon, et ne peut-on pas en discuter pour les autres surface ? Pourquoi avoir ralenti toutes les surfaces, au point d’avoir tué toute diversité dans le jeu ? On voit bien que dès que les surfaces sont plus rapides, on a des Federer et des Tsonga qui se régalent et nous régalent aussi. Pourquoi n’ont-ils pas droit, eux-aussi, à des surfaces en GC qui favorisent leur jeu ? Doit on être comdamnés pour toujours à Nadal/Djoko, sachant qu’on est en train de prépérer des jeunes en batterie dans des tas de apys pour jouer ce même tennis ? »

    Marc, je t’aime.

    @ Nath: j’ai commis l’odieux affront de ne pas saluer ta présentation ?????? Je te présente mes plus plates excuses… ;)

    @ Quentin: pas de Maj RYSC avant le résultat final. Je laisse planer le doute… Gniark gniark.

    • Coach Kevinovitch 9 juin 2012 at 15:14

      En fait c’est pas tant de la tolérance que je demande. C’est juste que Rafa a redonné la lumière à Roland-Garros en gagnant car:

      1) c’est un grand joueur qui gagne alors qu’on se plaignait avant d’avoir des victoires de « petits » grands joueurs monosurfaces

      2) Il a permis de donner lieu à de grandes finales alors qu’on disait souvent avant lui que le tournoi dames de ces dernières années avant 2005 était plus intéressant.

      3) Il porte à son paroxysme le style terrien.

      Rien que pour cela, ses « aventures » à Roland-Garros méritent d’être suivis et apprécier. Et pourtant ses demi-finales sont vides!

      Bien sûr, Roland-Garros est plus grand que Rafa mais Rafa a quand même contribué à la grandeur du tournoi.

    • Marc 9 juin 2012 at 17:44

      Arno, quelle déclaration ! je suis troublé par un tel élan :-)

  9. Antoine 9 juin 2012 at 14:44

    Excellent cet article Quentin !

    Il décrit très bien le match et ses épisodes; je suis assez en phase avec ce qu’écrit Coach également.

    Clairement, non seulement le public soutenait Graf dans sa presque totalité, ce qui n’est guère surprenant car elle était l’outsider et en fin de carrière. C’était l’une de ses dernières chances de gagner encore un titre du GC et cela a d’ailleurs été le dernier, mais le public voulait également se payer Hingis.

    Assez compréhensible aussi vu son arrogance. Une véritable tête à claques qui a fait oublier qu’elle jouait formidablement bien, avec un sens tactique remarquable et un manque de puissance qui ne paraissait pas constituer un handicap tant elle jouait bien et juste.

    Elle a fait à peu près tout sur ce match pour se faire détester un peu plus du public et elle a payé le prix maximum..Graf ne jouait pas très bien et Hingis aurait du gagner ce match sans problèmes mais très nerveuse, elle a complètement pété les plombs et cela s’est très très mal terminé pour elle. J’ai trouvé à l’époque l’attitude du public non seulement excessive mais, à quelques occasions, parfois ignoble. Cela n’a pas calmé Hingis bien au contraire: elle en a rajouté. Le service à la cuillère n’était pas une provocation vis à vis de Graf, mais du public. mal lui en a pris, même si elle a gagné le point. De toute façon, elle n’était déjà plus en état psychologique de jouer depuis un bon moment…

  10. Nath 9 juin 2012 at 14:53

    Merci Quentin, il est top cet article ! Et il me parle puisque j’ai vu ce match. Je me rappelle bien de la contestation d’Hingis, du service à la cuiller et même du smash dans le filet. Absolument pas du moment où Hingis a quitté le court dans le 3° set (par contre j’ai encore la ola en mémoire). Et il avait plu ce jour-là ?

  11. Nath 9 juin 2012 at 15:13

    Je vous ai dit qu’Errani a à nouveau pendant sa demie, fait plus de points gagnants que de fautes directes ?

  12. hamtaro 9 juin 2012 at 15:28

    Magnifique article Quentin, qui me parle tant j’ai supporté Martina, et j’ai haï le public.
    Oui Martina pouvait être peste mais comme certains l’ont rappelé plus haut, elle s’est faite devant les caméras, que peu on attendre d’une jeune fille de 18 ans? Qui n’a pas été arrogant, bête, tutti quanti à cet âge là?
    Même moi du haut de mes 14 ans je comprenais ça, je ne comprenais pas comment ces vieux croulants (ma pensée ce jour là) pouvait être aussi intolérants.
    Elle ne devait JAMAIs perdre cette finale. Elles rejoueraient 20 fois cette finale, Martna la gagnerait 21 fois

    • Nath 9 juin 2012 at 15:39

      Salut toi, ça faisait longtemps !

      • hamtaro 9 juin 2012 at 15:45

        Coucou ma soeur amazone, j’ai vu qu’on était tutes les deux sur le court 7 au moment du match de Juanqui ;)

    • Quentin 9 juin 2012 at 18:59

      Hamtaro, je suis heureux de te voir que mon article te fait ressortir du bois!

  13. Antoine 9 juin 2012 at 15:42

    Maintenant, je vais m’attaquer au cas de Coach dont j’ai lu hier soir tard le post, ainsi que les réactions qu’il a suscité et auxquelles il a lui même répondu..

    Coach qui a fort aimablement accepté d’être l’avocat du Sieur Nadal dans le procès qui lui est intenté et pour lequel je suis le Procureur général a fini par pondre son mémoire en défense visant directement mes propos qui avaient pour objectif de le faire sortir du bois. C’est chose faite. Tant mieux !

    Ce faisant, Coach a décidé d’adopter ce que Maître Vergès a théorisé comme étant ce que l’on appelle désormais la défense de rupture consistant plus qu’à défendre l’accusé à attaquer les juges, le procureur, le système dans son ensemble, ici les médias, les forumeurs, les experts auto-proclamés, les faux esthètes et le public qui, tous, dénigreraient injustement son client alors qu’il serait de leur devoir de le glorifier et de vendre la chose positivement, pour ce qui concerne les médias..

    Parmi ces divers coupables aux yeux de Coach, les médias seraient les principaux, les autres des suiveurs..

    Ce mode de défense-attaque soulève une première question: Pourquoi les médias devraient ils glorifier Nadal et vendre la chose sous un jour positif ? A priori, dans un société démocratique, les médias ne sont pas supposés être aux ordres, et pas davantage aux ordres du clan de Nadal que de ceux de n’importe qui..Deuxième question: Est il bien vrai que les médias dénigrent ils Nadal ? Pas vraiment quand on lit les journaux, l’Equipe par exemple. je n’ai jamais lu d’article le dénigrant ou expliquant que son jeu est soporifique, qu’il tue tout suspense sur terre battue et que tout ceci n’a guère d’intérêt..

    Je dirais même que c’est plutôt le contraire de ce que raconte Coach: on nous présente au contraire les finales entre Djoko et Nadal comme étant de proportions historiques, comme ce qui s’est jamais fait de mieux et, faute d’argument vraiment pertinents pour étayer cette thèse absurde, on se rabat sur le fait que la finale de Melbourne a été la plus longue dans un tournoi du GC, un brillant record qu’elle ne doit d’ailleurs qu’aux dépassements de temps entre les points car sinon elle aurait duré 45 minutes de moins..

    De dénigrement envers Nadal, je n’en vois pas car il n’en existe pas. C’est un mythe forgé de toute pièce par Coach..

    Au demeurant, il est de surcroit douteux que les goûts du public soient forgés par ceux des médias et ce serait plutôt le contraire: les médias ont naturellement tendance à écrire ce qu’ils croient que le public veut entendre pour vendre leur papier et j’imagine mal que le public de Roland Garros, largement composé de licenciés de la FFT, soit particulièrement sensible à ce qui est écrit dans l’Equipe ou ailleurs. ils sont assez grands pour se forger leur opinion..

    Reprocher au dit public de ne pas venir assister en masse à une demie finale opposant Nadal à Ferrer est un reproche qui correspond à celui que pourrait faire le vendeur d’un produit avarié, s’en prenant aux consommateurs qui refusent désormais de lui acheter son produit. Quand le produit est mauvais, le public se détourne du produit. C’est la faute du public ou la faute du produit à votre avis ? J’aurais pu, pour ma part assiter gratuitement à cette demie finale dans une loge. j’ai poliment refusé l’invitation car même si le prix est égal à zéro, j’estime que mon temps vaut plus que le spectacle affligeant offert par MM. Ferrer et Nadal…

    En ce qui concerne le prinicipal intéressé et son jeu, Karim, Marc et Jérome ont largement répondu aux arguments de Coach. Ce dernier prétend que le jeu de Nadal serait créatif. C’est une carctéristique de son jeu qui m’a également largement échappée. J’observe pour ma part que Nadal fait très peu de points gagnants et que son jeu consiste essentiellement à pousser l’autre à la faute. C’est efficace mais il se trouve que le public, et particulièrement le public à Roland Garros, préfère voir des points gagnants et des joueurs qui prennent des risques, particulièrement à Roland Garros parce que c’est plus difficile à faire sur terre battue qu’ailleurs..

    Coach prétend également qu’autrefois les joueurs de fond de court étaient désavantagés, même sur terre battue, car il était impossible de faire un point gagnant du fond du court..Cela ne les empêchait pourtant pas de gagner les matchs, à commencer par Borg qui gagnait à Roland Garros du fond du court, comme presque tous les joueurs qui ont gagné Roland Garros depuis 1925…

    Enfin, dans son dernier post Coach prétend que si Nadal est moins dominant que d’autres joueurs comme Connors, Lendl ou d’autres c’est parce les écarts entre surfaces seraient plus grands qu’avant..Là encore, je ne saisis pas bien: les écarts entre surfaces sont nettement plus faibles qu’avant..

    Coach prétend enfin que si Nadal n’a pas gagné 5 Wimbledon comme Borg, c’est parce qu’il avait en face de lui un monstre du gazon en la personne de Federer. Pourtant, Nadal n’a perdu que 2 fois contre Federer à Wimbledon et s’il a perdu les autres fois, ce n’était pas de la faute de ce dernier. Par ailleurs, Borg avait lui aussi une très sérieuse concurrence sur gazon à commencer par Connors et Mc Enroe..Non, si Borg a gagné 5 fois à Wimbledon et Nadal seulement deux jusqu’à présent, c’est pour une autre raison: c’est que Borg était beaucoup plus fort que Nadal sur herbe et d’ailleurs beaucoup plus fort que lui sur toutes les surfaces, terre battue exceptée ou pour l’instant Nadal a égalé son record de six titres à Roland Garros…

    Jusqu’à ces jours derniers, j’étais enclin à souhaiter que Nadal en gagne un 7ème pour éviter que le Djoker ne gagne son GC sur deux ans, mais j’ai changé d’avis et j’irai même plus loin que Jérome.

    Je souhaite désormais que le Djoker gagne cette finale.

    Pas tellement pour Borg qui ne souffrira pas du fait que Nadal battrait son record. De toute façon, Borg est un bien plus grand joueur que Nadal.

    Pas non plus pour le Djoker que je n’apprécie guère et qui deviendra encore plus déplaisant s’il parvient à ses fins demain.

    Simplement parce que comme l’a fait remarquer Mathias (?;,je crois), il est étonnant que Nadal ne soit pas mentalement fatigué de la purge qu’il s’inflige à lui même.J’avais réopndu que Nadal arrêterai quand il se ferait battre régulièrement.Ce que je n’avais pas réalisé c’est que si Nadal perd demain, il aura établi un record: perdre 4 finales de GC de suite, contre le même adversaire de surcroît. Or Nadal dit que des 7 défaites contre le Djoker, celle qui lui a fait le plus mal, c’est celle de Melbourne. Celle qui lui ferait encore beaucoup plus mal, c’est celle de demain, s’il perd..

    Si Nadal perd, il devra constater que non seulement il est surclassé par le Djoker sur surface rapide (Wimbledon, Flushing), mais également incapable de le battre sur surface lente, y compris chez lui à RG. Or Nadal sait probablement qu’il ne pourra pas faire évoluer suffisamment son jeu pour lui repasser devant..

    Après Flushing en 81 ou Borg a perdu pour la troisième fois de suite en finale de GC contre Big Mac, il en a eu marre et a arrêté. Quelque part, il était conscient du fait qu’il aurait le plus grand mal à reprendre le dessus…Après 4 défaites, il y a donc une bonne chance que Nadal soit enfin victime du même burn out et que l’on en soit débarrassé..

    C’est pourquoi, j’espère finalement que le Djoker batte Nadal demain.

    Contrairement à ce que j’ai pu lire, je pense pour ma part qu’il a une très bonne chance d’y parvenir…

    Mesdames et messieurs les membres du jury, j’ai donc l’honneur de requérir la peine la plus lourde contre le Sieur Nadal: la peine de mort tennistique.

    • William 9 juin 2012 at 15:54

      Post plein de bon sens comme d’habitude.

      Je pense désormais aussi que le Djoker a une bonne chance de rafler la mise, et ce, depuis leurs quarts respectifs. Djokovic, sans très biens jouer, sauve 4 balles de match contre un Tsonga survolté et à son meilleur sur terre. Quand il joue ces fameuses balles, son regard change. Je suis persuadé qu’il s’est remis à croire en ses chances à ce moment-là. En témoigne son match très solide contre Federer hier. Il le veut et il est prêt. Schwank, Monaco et autres Istomin, tout cela ne voulait rien dire et on s’en rendra compte demain, ou après demain, si le Djoker l’emporte… Je ne souhaite qu’une chose, qu’ils s’entretuent comme ils savent si bien le faire.

      Au fait, Del Po forfait au Queen’s. Le genou dont il essayait de ne pas se soucier fait des siennes…

    • fieldog, vainqueur 2010 de l'odyssée (la seule, l'unique!) 9 juin 2012 at 16:02

      Réquisitoire qui ne laisse que peu de chances à l’adversaire maître Antoine…
      A peu près d’accord avec tout ce que tu dis, je valide !
      Que la sentence tombe demain et qu’ils s’achèvent mutuellement dans l’arène ! Peut-être que là le public sera heureux et exultera…
      Rien de neuf sous le soleil : du pain et des jeux.

    • Oluive 9 juin 2012 at 16:23

      « Simplement parce que comme l’a fait remarquer Mathias (?;,je crois), il est étonnant que Nadal ne soit pas mentalement fatigué de la purge qu’il s’inflige à lui même. »

      C’est moi qui faisait cette remarque, Antoine.
      J’ajoutais que c’est ce qui m’étonne le plus concernant Nadal au fond : Wilander en a tellement eu marre de ramer qu’il a décider d’attaquer en 88… Pour plonger l’année d’après.

      Je suis d’accord avec toi : Nadal ne carbure qu’à la victoire. Pas au plaisir du jeu, pas à l’amour du tennis. A la victoire. Et le carburant qu’il consomme est tel que la victoire se doit d’être nombreuse. En ce sens, et depuis le début de sa carrière, il a été passablement servi. C’est sans doute d’ailleurs pour ça qu’il a tant de rage sur le court : c’est une question de survie. C’est aussi pour ça qu’il propose des « réformes » complètement égoïstes : il sent qu’il ne pourra survire au déclin.

      Perdre 4 fois de suite contre le même adversaire serait incroyable.
      Cela pourrait effectivement lui donner un coup sur la tête semblable à celui reçu par Borg contre Mac en 81, et qui lui a brutalement fait comprendre qu’il ne voulait plus tout sacrifier à une première place mondiale qui ne lui était plus promise. Ou pas.
      Dans le même genre, aucun doute que Loeb ne rempilera pas l’année où il ne sera plus champion, Esther Veerger ne fera pas long feu après un éventuelle défaite.
      Un peu comme si ces champions n’arrivaient pas à décrocher de leur drogue de victoire tous seuls, et avaient besoin d’un concurrent pour enfin retrouver leur « liberté ».

      Je pense moi aussi que Djokovic a une chance (je l’ai « misé » au RYSC), même s’il n’est pas favori.

      • Antoine 10 juin 2012 at 01:14

        Désolé de t’avoir confondu avec Mathias, Oluive..

  14. fieldog, vainqueur 2010 de l'odyssée (la seule, l'unique!) 9 juin 2012 at 15:45

    Superbe récit Quentin, merci !

    Certainement un des matchs à la dramaturgie la plus intense du French. Si je me souviens très bien avoir regardé la finale hommes le lendemain avec là-aussi un scénario rocambolesque, je n’ai pas souvenir d’avoir vu la finale dames (preuve probable qu’à l’époque déjà, la WTA m’interessait au plus haut point. Quelle mysoginie…).
    On peut faire beaucoup de reproches au public parisien qui, sur ce coup, a fait étalage de toute sa connerie mais à la lecture de ton article, on s’apperçoit que Martina Hingis avait encore toutes les cartes en main pour s’imposer à Paris bien après son accès de colère de début de second set.
    Mais sa jeunesse couplée à une sensibilité à fleur de peau plus courante chez la gente féminine explique parfaitement son effrondement mental…
    Comment ça je suis sexiste ??? :mrgreen:

  15. Renaud 9 juin 2012 at 15:51

    Coach quand j’essaye d’ête objectif si tu réponds avec sur certains points avec une totale subjectivité tu m’exciuses alors de t’envoyer un scud !!!
    Pour les grands vainqueurs en GC
    Sampras 50 % de titre sur sa meilleure surface
    Borg 54,5 % de titre sur …
    Lendl sauf erreur (j’ai la flemme ) 37,5%
    Agassi 50 %
    Connors 37,5 % (je crois pas 50 pareil flemme)

    Pour les 2 encore actif
    Fed 37,5 %
    Nadal 60% et s’il gagne demain 64%. Donc loin devant tous les autres.

    En carrière pour Nadal 71% de titre sur TB
    Sur ces 31 titres importants (10+21) c’est encore 22 titres soit toujours le 71% de titre sur une seule surface.
    Pas lourd sur les autres surfaces

    A toi de te taper les stats des autres grands et de m’en trouver avec des ratios pareils.

    Concernant la TB justement j’aimerai que tu me dises, hors Ferrero qui gagne un Nadal diminué par une ampoule, la concurrence qu’a dû et continue d’affronter Nadal.
    C’est à dire pour être clair quel autre joueur de la même filière a gagné Nadal sur TB depuis 2004.
    Il n’a pas de concurrence sur cette surface.
    Il faut compter sur des spécialistes d’autres surfaces c’est dire CERTE l’avance énorme de Nadal sur les autres terriens mais aussi la faiblesse de l’opposition.

    Sur dur la surface la plus représentée Fed se cogne Murray, Djoko, Del Potro, Hewit, Tsonga, Davydenko, Nalbandian, Safin….
    A son époque Sampras se cognait des Agassi, Lendl, Edberg, Becker….

    Sur gazon Sampras a gagné des autres grands joueurs de gazon, Ivasinevic, Becker, Edberg et d’autres
    Pour Fed c’est pareil il y avait Roddick, Hewit, Philipoussis..

    Sur la dictature du beau ce n’est pas exact de dire cela.
    C’est la définition même du jeu de tennis qui est en cause. Sans vouloir revenir à l’époque des hommes en pantalon blanc immaculé il faut reconnaître le style du jeu dont on parle.
    Un sport qui devrait être technique avant d’être physique.
    tant pis pour la TB si c’est la surface qui représente le mieux aujourd’hui la dérive physique que prend le tennis et Nadal en est l’archétype.

  16. Coach Kevinovitch 9 juin 2012 at 15:53

    Maria n’est qu’à un set de la gloire! Un set seulement! Davaï!

    • William 9 juin 2012 at 15:56

      Et break d’entrée !

  17. William 9 juin 2012 at 15:59

    Ce que j’aimais surtout avec Hingis, c’était que son physique collait complétement avec son jeu et sa mentalité. Enfant surdouée, pas spécialement grande, pas spécialement taillée comme une déménageuse, un front proéminent qui évoque un jeu plus cérébral que la moyenne… Et surtout une sacrée tête à claques ! Comme McEnroe en fin de compte ! L’archétype de l’enfant-reine. Capillotractage, certes, mais c’est sympa de faire un peu de physiologie.

  18. Renaud 9 juin 2012 at 16:15

    Avec la louche d’Antoine, la coupe est pleine, n’en jettez plus.
    Les chiffres et PARTICULIEREMENT le nombre de POINT GAGNANT est un indicateur précis du style de joueur à qui nous avons affaire.

    Donc désolé Coach mais tu ne pourras jamais faire passer Nadal pour autre qu’un infatigable limeur de fond de court qui a d’ailleurs perdu les 3 dernières finales de GC contre un joueur plus complet que lui, qui avait juste, dans cette période, gommé le différentiel physique.

    C’est loin d’être ma tasse de thé mais Djoko a eu le mérite d’amener son physique au même niveau que celui de Nadal. On a vu le résultat en 2011.

    Maintenant je ne pense pas, malheureusement, que Djoko soit aussi monomaniaque que Nadal et lui aussi va se lasser, non pas de gagner, mais de devoir lutter à chaque fois plus de 5h pour espérer gagner en finale de GC contre Nadal.
    Il en aura marre avant Nadal je le prédis.

    Ce qui tient et habite Djoko pour l’instant c’est la chance d’égaler définitivement les plus grands (Borg, Sampras, Fed) dans l’histoire du jeu alors même qu’il n’aurait au compteur que 6 victoires en GC.
    CQFD
    Mais s’il venait à réaliser cet exploit, car oui incontestablement s’en serait un et même énorme malgré l’uniformisation des surfaces, je ne lui donne pas une seule chance à Wimbledon.

    Il aura une telle décompression mentale qu’il ne sera plus en état mental de se battre durant quelques mois.
    A l’USO c’est une autre histoire puisque c’est là qu’il est le meilleur depuis 2007
    2007 défaite en finale (Fed)
    2008 en demi (Fed)
    2009 idem (Fed)
    2010 en finale (Nadal)
    2011 victoire (Nadal)

    Et j’aimerai être optimiste comme Antoine mais Nadal va au boulot tous les jours depuis qu’il a commencé le tennis comme un travailleur bosse 41,5 ans sans nécessairement prendre le moindre plaisir dans sa carrière.
    Même s’il perdait demain, je peux vous livrer le texte de la conf de presse de Nadal.
    : » Oui j’ai perdu contre plus fort que moi et dés ce soir je me remets au boulot. Fatiqué aprés cette finale de 7H07 oui bien sur mais je suis fier d’avoit presque gagné avec mes 6 BDM et je me dis que je me rapproche.. »

    Borg en a eu marre d’être iceborg et au dela de ne plus gagner je pense qu’il a eu un crammage mental énorme. Il suffit de voir les années qui ont suivi sa retraite.
    Des anciens grands il me semble que seul Borg a eu une quasi « morbide » attitude durant quelques années.

    Mais regarder les autres grands champions en tennis ou autres sports.
    C’est souvent les « génies » ou les artistes qui continuent de rester dans l’environnement de leur sport initial et souvent les « travailleurs » les « bosseurs fous » disparaissent des radars pendant des années.
    Je généralise bien sur mais c’est le sentiment que j’ai.

  19. Renaud 9 juin 2012 at 16:25

    En clair, pardon, il y a ceux qui ont pris plaisir dans l’excercice particulier du « métier » de sportif et ceux qui ont, du fait de certaines limites techniques, bossé le physique, le mental, la hargne, la haine de la défaite au paroxysme mais qui en paye les conséquences lors de l’arrêt de l’activité.

    Tout en sachant que les 2 types de joueur décrits sont, et pour le coup à égalité, bien souvent incapable de vouloir voir s’écrire le mot FIN.
    Pour une sortie réussie à la Sampras qui permet par ce dernier exploit de gommer 2 ans de disette combien de sorties ratées.

  20. karim 9 juin 2012 at 16:30

    Comment capturer Antoine, la est la question…

  21. Nath 9 juin 2012 at 16:31

    Joli ce débreak d’Errani, surtout après avoir perdu le jeu précédent interminable. Bon, je ne crois pas que ça changera grand chose, d’ailleurs 0-40 aussi sec !

  22. Coach Kevinovitch 9 juin 2012 at 16:32

    Cher Antoine et cher Renaud, nous avons pris note de vos arguments. Les notres qui seront les réponses à vos plaidoiries sont déjà prêtes et seront déballées des paquets cadeaux bientôt mais vous devrez attendre.

    En effet, vous n’êtes pas sans savoir que ce week-end tennistique peut être le plus heureux pour nous surement à égalité avec le dimanche 6 juillet 2008. Nous nous préparons donc à faire la fête.

  23. karim 9 juin 2012 at 16:34

    Sharapova n’a qu’un mérite, retirer le sceptre à cette tocarde d’Azarekna. Pour le reste je ne lui trouve rien, mais rien d’intéressant pas meme son physique surcoté.

    • fieldog, vainqueur 2010 de l'odyssée (la seule, l'unique!) 9 juin 2012 at 16:41

      Physique surcôté ??? Soit ce sont les restes vaporeux du Jack’ d’hier soir, soit t’aimes les bas-du-cul, pas possible autrement…

    • karim 9 juin 2012 at 16:47

      Certes je me tape la pire gueule de bois que j’aie eue en cinq ans mais non, je suis lucide, son physique ne me plaît pas. Ivanovic, Serena, kirilenko, sciavone sont nettement plus appétissantes. Surtout sciavone!!

      • Coach Kevinovitch 9 juin 2012 at 17:05

        « Surtout Schiavone »

        J’appelle l’ambulance pour anticiper ton futur coma éthylique.

        Mieux vaut prévenir que guérir!

    • Coach Kevinovitch 9 juin 2012 at 16:52

      Physique surcôté??? Les goûts et les couleurs….

  24. William 9 juin 2012 at 16:35

    Elle sert pour le match, la Sharapov… 0-15.
    Federer passe apparemment numéro 2 mondial si le Djoker gagne, quelques dizaines de points devant Nadal… A vérifier par les fous des chiffres, moi, ça me fait peur ! 15-15.

  25. fieldog, vainqueur 2010 de l'odyssée (la seule, l'unique!) 9 juin 2012 at 16:35

    Blagounette inspirée par Masha :
    Deux joueuses en mission, ça donne quoi ?
    Une missionn(p)aire…

    C’est bon, c’est bon je sors. Ohla, doucement le gorille…

    • karim 9 juin 2012 at 16:50

      Je pense que c’est la pire vanne de l’année. Sérieux.

      • fieldog, vainqueur 2010 de l'odyssée (la seule, l'unique!) 9 juin 2012 at 17:23

        Tu dis ça parce que tu ne serais pas quoi faire des jambes de Maria, nabot.

  26. Coach Kevinovitch 9 juin 2012 at 16:36

    Quel coup pour donner une balle de titre!

  27. William 9 juin 2012 at 16:39

    Pour ceux qui n’ont pas vu le fameux point d’hier entre Federer et Djoko : http://www.youtube.com/watch?v=i5jtjL9RmoU&feature=player_embedded#!

  28. William 9 juin 2012 at 16:41

    Gros manque de lucidité pour jouer le deuxième coup de raquette là… Attention…

  29. William 9 juin 2012 at 16:43

    Sa joie fait plaisir à voir ! Un match très maitrisé et ma foi plutôt agréable.

  30. hamtaro 9 juin 2012 at 16:43

    Bravo Maria, c’est excellent

  31. Coach Kevinovitch 9 juin 2012 at 16:44

    Ahhhhh voilà, c’est bon, c’est fait! Ca fait plaisir! Elle a enfin gagné Roland-Garros! Félicitations Maria!

  32. William 9 juin 2012 at 16:47

    Nelson Monfort : « Vous voudriez dire quelque chose au public français ? » Et là, tout de suite, j’ai pensé à ça : http://www.youtube.com/watch?v=gNPYU4TZBb4

    • Coach Kevinovitch 9 juin 2012 at 16:57

      Moi j’y ai pensé juste après l’ace qui a suivi le point gagné par Errani à la suit duquel tout le public a crié « Sara, Sara »

      Lol la speakeuse qui dit « finaliste des Internationaux de France 2012… » et qui finit par « Maria Sharapova!! »

      Bon c’était drôle, tout le monde a ri même les deux joueuses et moi aussi.

  33. Nath 9 juin 2012 at 16:49

    La réaction de Sharapova après la balle de match victorieuse, ça va faire de jolies photos tout ça. C’est vrai qu’il est chèrement payé ce GC pour elle. Ça change quand même de voir des joueuses atteindre la place de numéro un dans un tournoi du GC qu’elles gagnent.
    Finale pas désagréable, les deux joueuses ont fini avec un ratio (très légèrement côté italien) positif.

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