Mes premiers souvenirs de tennis

By  | 22 novembre 2020 | Filed under: Bord de court

Le sport ne tient pas de grande place au sein de ma famille, en tout cas en termes de compétition. En effet, dans une tradition assez française, les études prennent rapidement le dessus et la pratique du sport est dans l’optique de Juvénal plutôt que de celui de la performance et de la domination.

La pratique de l’équitation, du tennis, de la course, du golf, du surf ou de la voile légère sont plus intenses l’été à Biscarrosse ou Arcachon où nous passons les grandes vacances et c’est vers 7 ans que j’ai eu mon premier cours de tennis.

Mais la découverte du tennis s’est d’abord faite en vrai, à Roland-Garros. En effet, nos parents « reçoivent » à Noël 1998 l’idée d’amener toute la famille à Roland-Garros. Le tennis est probablement à son apogée culturelle et Agassi est une idole chez mes parents tandis que Graf jouit d’une aura remarquable. Nous sommes en pleine Kournikovamania, probablement la première sportive à gagner plus qu’argent grâce à son look que les plus grands mannequins de l’époque (Claudia Schiffer, Cindy Crawford, Linda Evangelista & Naomi Campbell) dont la gloire était incomparable avec celle de Gisèle Bündchen dix ans plus tard.

Vient ce jour de mai 1999, l’excitation de mes parents me frappe quand nous sommes sortis du lit à 8h un samedi pour se préparer : nous aurons une place sur le Central pour les 8èmes de finale avec un programme démentiel : Agassi et Graf sont au programme !

L’expédition vers la Porte d’Auteuil commence dans la tension, car avec mes 3 sœurs, la répartition des places dans la Renault Espace est toujours une gageure. La glacière, la crème solaire et les fameux bobs Perrier sont tous bien présents au grand soulagement de ma mère qui s’assure toutes les dix minutes que c’est bien le cas.

Se garer dans le labyrinthe de la Porte Auteuil, faire la queue dans le désordre bien caractéristique n’entame pas notre enthousiasme d’aller regarder jouer les meilleurs joueurs du monde.

Le central : énorme bâtiment, nos places sont tout au-dessus, vers le milieu et en plein soleil, qui tape fort ce jour-là. Deux inconnus (dixit mon père) s’affrontent en premier : Hrbaty contre Safin. Lors des quelques points que nous avons regardés, Safin impressionne avec la puissance de sa première, des pointes à 209 km/h sont relevées.

Le pater familias décide d’entamer le tour des cours annexes où il est possible de voir les joueurs de près, les frappes tendues malgré le fort lift, et surtout la qualité d’anticipation et de déplacement. Le double est à l’honneur avec un style beaucoup plus dynamique et vif, où le coup d’œil est plus important que la persistance et l’endurance. De temps en temps, une balle s’élève très haut dans le ciel au-dessus du Lenglen : c’est le Québéco-Torontais-Britannique Rudsedski qui a boisé un revers.

Fidèle à moi-même, je me perds dans la foule à force de lire page par page Roland-Magazine 99, qui fait bien 150 pages d’articles assez holistiques sur l’organisation du tournoi, les caractéristiques de la surface et des courts de Roland-Garros, les principaux matchs historiques du tournoi. Enfin, la moitié des pages sont consacrées à la présentation des têtes d’affiches et des Français des deux tableaux avec une recension détaillée des points forts et points faibles, des performances passées, des attentes. En somme, mes prolégomènes tennistiques, je les dois à RG magazine 99 !

ROLAND GARROS MAGAZINE Hors-série N° 20 : ROLAND GARROS 99 | Rakuten

Par exemple, mon souvenir est vif que Federer était déjà présenté comme le plus grand potentiel du tournoi, mais avec un caractère de cochon, que le coup droit de Grosjean était présenté comme fumant et qu’Agassi n’était pas présenté comme favori du tournoi mais du public bien sûr.

Après avoir retrouvé la troupe, le premier match sur le Central qui est attendu avec des étoiles dans les yeux de mes parents peut enfin commencer : Le Graf vs Kournikova !

Un tour, un match de légende : Graf - Hingis (Finale 1999) - Roland-Garros  - Le site officiel du Tournoi de Roland-Garros 2020

French Open 1999

L’impression que me fait Steffi est bien plus forte que l’autre, sa grâce et son dynamisme des jambes, même son nez et les traits marqués du visage sont mémorables à défaut de correspondre aux représentations de la beauté. Le premier set est dominé par Graf tandis que le second est très serré mais clôturé avec expérience par la légende allemande.

Le deuxième match s’enchaîne avec Rios contre Berasategui !

C’est un thriller, entre le Tomic de son temps (mais le Chilien est bien meilleur) et le crocodile de terre battue le plus extrême de l’époque, le Basque à la prise de raquette tellement fermée que celle de Khachanov est ouverte comme la brèche de Roland en comparaison. Ce match est décousu mais ne manque pas de points spectaculaires avec la créativité, l’attitude arrogante et mercurienne de Rios. Le public alterne son soutien afin d’avoir un long match.

En troisième match, une française : Julie Halard-Decugis contre Monica Seles

Julie Halard s’avère être la meilleure française de métropole de sa génération et est une digne représentante d’un jeu classique et fin. Son gabarit n’est pas très développé, le contraste est patent avec Seles qui est vraiment costaude. Monica est plus puissante, et surtout plus hargneuse, mes autres venues les années suivantes permettront de mieux cerner le personnage. C’est une légende du tennis dont certes les résultats ont baissé pour les raisons que l’on sait, mais sa présence et son charisme continuent à opérer dans une certaine mesure.

En tribune, nous grillons sous la première journée de chaleur de l’année, le béton prend les photons, brûle les cuisses tandis que le public prend les photos et brûlent les pellicules. L’excitation montent à mesure que les corps s’épuisent à supporter l’astre hélien impitoyable puisque la plus grande star du sport va bientôt monter sur scène : Agassi contre Moya

Agassi vs. Moya in Paris, France in June, 1999 - Carlos Moya. Photo  d'actualité - Getty Images

C’est le sommet de la journée : l’idole des foules sur le retour, auteur d’un coup fabuleux le tour précédent. Moya est quant à lui le tenant du titre, et le sosie en version sportive d’Antonio Banderas qui a fait un carton avec Le Masque de Zorro

Le match est sympathique mais pas dramatique, finalement Agassi prend le dessus après s’être chauffé et brise la résolution de l’Espagnol au troisième set. Mes parents sont aux anges et applaudissent le divin chauve alors que la pénombre a gagné le site.

Le bilan de la journée est excellent et m’a définitivement inoculé le virus du tennis que je suis avec intérêt depuis. Ce fut vraiment ce que les marketeux d’aujourd’hui disent une « expérience »; en tout une activité que tout le monde a apprécié et adoré.

About 

Venu au tennis en 98, immense fan de Sampras, préfère un tennis plus dense au sommet. Un bon service, suivi d'une accélération coup droit long de ligne me fera toujours plus plaisir qu'un rallye de 70 frappes avec remises du cadre qui tombent invariablement à 10 cm de la ligne de fond.

84 Responses to Mes premiers souvenirs de tennis

  1. Perse 22 novembre 2020 at 14:35

    Je me jette à l’eau avec ce récit écrit au kilomètre à la réception de mon hôtel où l’activité est intense.

    C’est évidemment sans aucune mesure avec la plume de Karim à Abidjan.

  2. Colin 22 novembre 2020 at 15:57

    Hopopop !!! On passe ici, sur ce sympathique article de bord de court et de souvenirs enfantins offert par Perse.

    • Paulo 22 novembre 2020 at 18:26

      Donc si je comprends bien, pour la TRWC Masters : 5 points pour une V en poules, 2 points pour une qualif pour les 1/2, 10 points pour une V en 1/2 et 10 points pour une V en finale (soit un maximum 37 points, ce qui est logique) ?

    • Colin 22 novembre 2020 at 20:03

      You got it. La TRWC Masters Cup est donc à mi-chemin entre un Super GP (50 points pour le vainqueur) et un GP standard (25 points). Une victoire peut y rapporter 37, 32 ou 27 points selon le nombre de matches gagnés en poule.

      • Paulo 22 novembre 2020 at 23:02

        Pourquoi pas 8 points pour la victoire en 1/2 et 12 points pour la victoire en finale, par exemple ? Bon, je chipote…

      • Colin 23 novembre 2020 at 00:32

        Oui ça aurait pu tout aussi bien être ça :mrgreen:
        L’idée était d’être entre les Super GP (14 points entre le 1er et le 2ème) et les GP (7 points entre le vainqueur et son dauphin). Donc 12 aurait pu faire l’affaire… je n’ai pas passé tant de temps que ça à y réfléchir.

  3. Paulo 22 novembre 2020 at 23:01

    Belle victoire de Medvedev. Il est allé la chercher. Le tennis de Thiem s’est quelque peu effiloché à partir de la fin du 2ème set, mais c’est le jeu.
    Le Russe finit l’année en boulet de canon, battant Zverev deux fois, Nadal, Djokovic, Thiem, Schwartzman. Sur dur, c’est devenu un très gros client…

  4. Sam 22 novembre 2020 at 23:15

    Super cool cet article, Perse, merci !

    J’ai regardé le troisième set avec un stream qui n’avait pas de son. Au final, j’ai juste eu l’impression de regarder Thiem s’énerver parce que les choses n’allaient pas comme il voulait, ce qui n’a pas été sans me rappeler son match contre Gaston à RG, comme s’il était perturbé par ces espèces de bidouilleurs… Bon, Medvedev, ça n’est pas que de la bidouille, c’est sûr, mais il a aussi ce truc totalement imprévisible. Moche comme tout, mais tout de même super intéressant à regarder celui-là. Bravo !

    • Perse 23 novembre 2020 at 08:06

      Merci Sam!

      Le run de fin d’année de Medvedev est très impressionnant et il est en train de combler, voir dépasser Zverev au sein de la Next-Gen.

      Le joueur a plus que quelque chose, vu ses résultats mais tout de même, en termes de style de jeu, il semblerait que le « metagame » soit passé du côté de la défense, de l’attrition et de la contre-attaque, même quand on fait 2m.

    • Laslo 23 novembre 2020 at 09:59

      Je n’ai pas pu tout regarder, mais j’ai adoré ce que j’ai pu voir. Thiem a vraiment une puissance, une longueur et une sécurité de balle qui lui donne parfois des airs d’invincibilité. En prenant le match à un set zéro pour lui, je pensais Medvedev foutu.

      Et pourtant pas du tout. J’ai trouvé Medvedev très intelligent, loin de l’image que l’on a parfois de lui (un Davydenko bis sans plan B voire une sorte de Neo-Djoko avec 10cm en plus, un mur).
      De ce que j’ai vu, il alternait entre les balles cotonneuses, les slices, les courtes, les longues, les revers décroisés improbables et les montées au filet imprévisibles malgré que ça ne soit clairement pas sa zone de confort.
      Ce faisant, il a brillamment empêché Thiem d’entrer dans son rythme destructeur (un peu comme Wawrinka qui, une fois lancé, te roule dessus comme un tractopelle).

      Djoko était aussi beaucoup plus agressif qu’à son habitude lors de la première manche de la finale de l’AO cette année (prenant la balle étonnamment tôt), et Rafa est toujours plus porté vers le filet lorsqu’il joue Thiem, me semble-t-il. Comme si le battre « normalement » du fond du court était devenu trop difficile. (Entendons-nous, rien n’est trop difficile pour Nadal à RG mais bon)
      Thiem devra réfléchir à comment contourner ce genre de stratégies.

      Bref, j’étais plutôt pour l’Autrichien mais je suis ravi du vainqueur, j’aime les joueurs malins, qui s’en sortent face à des adversaires techniquement meilleurs.

      Le commentateur de mon stream faisait remarquer que Medvedev était le meilleur joueur actuel pour « reculer depuis le filer jusqu’à sa ligne ». « Une drôle de capacité à avoir » disait-il, mais à y regarder de plus près, il s’en sortait souvent !
      Bref, un original, je l’aime bien. Même si, on ne le dira jamais assez, esthétiquement ça relève du droit pénal.

      • Rubens 23 novembre 2020 at 10:44

        Pas mieux, Laslo ! Des coups droits slicés, ça faisait un moment que je n’en avais pas vu. Medvedev a un répertoire technique tellement étendu que c’est hyper compliqué pour lui de jouer le coup juste au bon moment. Mais quand il y est c’est une purge de le jouer, il a une réponse à tout.

        Et par contre, effectivement, qu’est-ce que c’est laid…

      • Nathan 23 novembre 2020 at 11:48

        Un tennis foutraque, complet, qui défie les lois du beau tennis. Ce n’est plus une raquette qu’il a en main, c’est un moulinet ! Le plus étonnant est son coup d’oeil et son physique étonnant pour un grand qui font qu’il est sur toutes les balles. Tout est moche chez lui, le physique comme le tennis… moche mais pourtant diablement sympathique et futé.

    • Paulo 23 novembre 2020 at 13:21

      Je suis comme vous tous : autant la gestuelle de Medvedev est aussi moche qu’improbable, autant la variété de ses coups et le fait qu’il se sert de sa tête sont intéressants, pour ne pas dire fascinants.
      À la façon dont il alterne les balles molles et les accélérations, on peut ajouter les angles, notamment en revers, le slice, les montées au filet (où il n’est pas si maladroit que cela si on se fie aux stats : environ 2 sur 3 font le point, et cela malgré une gestuelle là aussi spéciale), les deuxièmes frappées comme des premières. Il a un arsenal beaucoup plus complet qu’un Gilles Simon, par exemple, à qui il a parfois été comparé. Il est capable de frapper plus fort, aussi, du fait de son gabarit.
      Ce n’est pas mon tennis favori, au départ, mais comparé au jeu robotique qu’on voit trop souvent, c’est tellement plus fun !

      PS : rien à voir avec ce qui précède, mais je me faisais hier la réflexion qu’à l’instar de son compatriote Davydenko en 2009, Medevedev a battu sur ce Masters les 3 vainqueurs de GC de l’année : pas mal…

  5. Sam 22 novembre 2020 at 23:18

    Après vérification hallucinée, je constate que le partenaire de double de Vasselin est bien l’authentique J.Melzer, ni son fils ni son neveu. Increvable.

    • Colin 23 novembre 2020 at 00:28

      Jurgen, quoi.

    • Colin 23 novembre 2020 at 00:33

      A ce rythme l’année prochaine Vasselin devrait jouer le double avec papa (qui ne se prénomme pas Roger, mais Christophe, comme chacun sait).

  6. Rubens 23 novembre 2020 at 10:52

    Et je n’ai même pas encore réagi à l’article de Perse. Bravo pour ce carnet de voyage, dans la seule édition dont je n’ai pas suivi une seule balle en direct. Je crois me rappeler être entré dans un bar où un mini-téléviseur diffusait Meligeni-Rafter, mais les triomphes de nos tourtereaux, je les ai suivis en différé, via Tennis Mag. Tu restitues bien l’ambiance de Roland, on s’y croirait.

    • Perse 23 novembre 2020 at 11:59

      Merci Rubens, c’est sympa. Revoir les images des matchs, les quelques plans aériens ont été un petit choc, presque une génération s’est écoulé depuis et il est indéniable que la société a changé en tribune, le jeu a changé sur le court, le temps même est différent.

      RG est une très bonne expérience dans l’ensemble même si le top d’un point de vue prix est de prendre un billet du soir en première semaine où on peut voir des beaux noms sur les courts annexes, voir même être assis près des staffs de joueurs comme ça m’est arrivé en 2010 avec Tommy Haas.

      Regarder Dementieva sur le 2 fait partie des beaux souvenirs, ainsi que d’avoir été assis à côté du père de Wozniacki (et Caroline à 2 rangs de moi).

      Le joueur qui m’aura le plus impressionné en vrai est de très loin Serena en 2002, suivi de Pierce en 2000.

      Souvenir marquant également de la défaite de Safin contre Ouanna en 2009, lors de la journée des enfants où Safin s’était fait huer et récriminé par le public tandis que j’étais le seul à soutenir Safin et me marrer de sa mauvaise humeur.

      Le RG magazine m’avait vraiment marqué, car j’avais trouvé le contenu respectueux du consommateur, avec des articles détaillés et didactiques, et les joueurs étaient particulièrement bien analysés et mis en valeur. Les années subséquentes, ce contenu éditorial s’effilochera et l’app maintenant ne fait que de l’incitation à la consommation et ne parle que du Big 3.

    • Colin 24 novembre 2020 at 20:34

      C’est marrant je me disais aussi en lisant le texte de Perse que le RG99 doit être l’un des seuls dont je n’ai pas vu un seul match masculin… Le seul match que j’ai vu de toute la quinzaine étant la (restée fameuse) finale féminine Graff – Hingis.

  7. Alex 23 novembre 2020 at 12:33

    « Le joueur qui m’aura le plus impressionné en vrai est de très loin Serena en 2002,  » . :lol:

    • Perse 23 novembre 2020 at 12:54

      Hé hé, j’aime bien Serena et la blague des Guignols est éculée. J’ai utilisé le mot de façon épicène, et ne faisait pas référence au sexe avec cette phrase.

      Serena était incroyable en 2002, une fluidité fascinante pour obtenir une vitesse dans ses balles d’une autre dimension au sein du tennis féminin. Opposée à Petrova, elle-même pas la plus faible, l’écart était sidéral.

  8. Montagne 23 novembre 2020 at 18:13

    Merci Perse pour cet album souvenir de Roland au vingtième siècle.
    Donc, il s’en passait des choses au siècle dernier !

    A propos de la gestuelle de Medvedev qui est laide d’après plusieurs d’entre vous, j’attends de le voir « en vrai » et non pas à la télé pour en juger. Moi, comme je le disais après sa victoire à Bercy, j’aime bien son côté géomètre du court.
    Laid ou pas, c’est d’une efficacité redoutable. t

    • Colin 24 novembre 2020 at 20:32

      Comme disait l’autre:
      La beauté cachée des laids, des laids,
      Se voit sans délai, délai

  9. Bapt 23 novembre 2020 at 18:54

    Personnellement, je ne trouve pas la gestuelle de Medvedev moche. Pas académique c’est sûr, mais il a une espèce de nonchalance dans ses frappes qui me plait pas mal.
    Par contre, c’est vrai qu’en terme de charisme, il n’envoie pas franchement du bois, oui.
    Mais son jeu est franchement rafraichissant. Pour dire, je préfère le jeu de la next gen (sauf peut-être encore Zverev) à celui des deux générations antérieures (Fed mis de côté). Cette finale m’a fait très plaisir.

  10. Sebastien 24 novembre 2020 at 01:12

    Superbe article de Perse !
    Concernant l’écart entre classement officiel et vrai classement 2020 on le voit ici :

    • Sebastien 24 novembre 2020 at 01:13
    • Paulo 24 novembre 2020 at 12:51

      Merci !

      Ce classement est le même que le mien, pour les 8 premiers, après addition des points gagnés au Masters (et cela même si j’ai fait quelques petites erreurs, vu que j’ai été assez vite et que je n’ai pas considéré les conditions de nombre de tournois 500 et 250 admissibles).
      Federer en revanche perd « seulement » 24 places.

      Ton tableau est issu du site https://live-tennis.eu/fr/classement-atp-live ?

    • Sebastien 6 décembre 2020 at 15:00

      Salut Paulo, non je l’ai trouvé sur un Twitter, je ne crois pas qu’il soit sur les sites ATP live

  11. Sam 24 novembre 2020 at 12:48

    Moi non plus je ne vois pas une grande ressemblance Medvedev / Davydenko. Il ressemble plus à une sorte de Dolgo efficace, légèrement matiné de Zverev au service, même si celui de Medvedev est encore plus moche, vu que tout est plus moche chez lui. Tellement moche que ça en est très personnel et ça, effectivement, c’est plutôt chouette.

    • Perse 24 novembre 2020 at 13:15

      A noter que le succès de Medvedev fait écho aux propos de Gilles Simon dans son bouquin, ou le podcast de TennisLegend.

      L’ironie de la situation étant que son développement s’est fait sous la supervision de Français. Quelque part, le cartésianisme français, une certaine rigueur, la détermination de principes incontournables fournit un bagage sans équivalent dans beaucoup de domaines, mais exercé dans un contexte franco-français, cela mène à un esprit étriqué et obtus.

      Quand on voit les résultats obtenus par des compétences françaises hors de la FFT, au Canada, sur la WTA, Medvedev maintenant, il est frustrant de constater l’échec en France.

      • Rubens 25 novembre 2020 at 13:32

        Salut Perse,

        Je ne suis pas certain qu’une règle puisse être de mise concernant les « méthodes » de fabrication d’un champion. Il est à noter, en effet, que des entraineurs français montent leur propre structure en totale indépendance de la FFT et de ses moyens. Et ils sont de plus en plus en vue, avec Tsitsipas, Medvedev, la filière canadienne de Borfiga, etc. Mais ça n’a rien à voir, je crois, avec un « mental à la française » qui serait rétif à la gagne, indépendamment de l’entraineur qui le suit. Tsonga, Monfils et Simon sont passés sous les fourches caudines de la FFT, leurs structures privées ne sont arrivées que plus tard, à leur maturité.

        En revanche, j’écoutais récemment un podcast avec Gillou, où il explique que les entraineurs fédéraux n’ont pas cru à sa réussite, ils le lui ont fait savoir, et oui ça a eu un impact négatif sur son mental. Le problème ici n’est pas spécifiquement français, le problème c’est que des types pareils aient sévi (et sévissent probablement encore) dans les structures d’entrainement de haut niveau à la FFT.

        Devant une telle situation, il ne faut pas s’étonner que des entraineurs compétents et ambitieux ficèlent des projets de structures alternatives, et au bout de quelques années en recueillent les fruits.

        Nous y sommes, et il serait intéressant de voir comment Giudicelli défend son bilan sur ce point, et ce que propose Moretton concrètement pour redresser la barre.

        • Perse 25 novembre 2020 at 18:27

          Désolé que mon expression écrite soit insuffisante, et ne parvienne pas expliquer ma pensée.

          Je ne critiquais pas un « mental à la française » mais c’était un tacle plus holistique, au niveau des structures et organisations françaises, qui malheureusement sont étriquées d’esprit.

          D’un côté, elles transmettent des bases, développent des compétences, sont capable d’appliquer une stratégie mais le tout est dans un cadre tellement rigide, normé et étroit que beaucoup de monde se retrouvent réprouvées.

          C’est une explication possible qui expliquent le succès des entraineurs français hors de France, et la densité des joueurs français au haut niveau malgré tout.

    • Colin 24 novembre 2020 at 20:37

      Moi j’aime bien le service de Zverev. C’est d’ailleurs l’un des rares coups que je trouve remarquable chez lui, le reste étant assez impersonnel, formaté, pour ne pas dire robotique.

      • Perse 26 novembre 2020 at 20:25

        Son revers est pas mal chez lui également.

  12. Rubens 25 novembre 2020 at 15:39

    En relisant le fil, je suis retombé sur le petit commentaire sur Serena.

    La blague des Guignols est certes éculée, mais si mes souvenirs sont bons, cette année-là Serena avait joué avec la tenue de l’équipe de foot du Cameroun. J’étais devant la télé avec mon père, quand l’image est passée ; mon père a eu un moment d’hésitation, et il s’est tourné vers moi : « C’est une femme ? » J’ai répondu que oui…

    Je suis tombé sur votre discussion endiablée autour de l’élection de « Miss 15 Love » qui remonte à quelques années, c’est du grand art et c’est à mourir de rire ! Le goûts et les couleurs ne se discutent pas hein… Mais Serena, non, je n’y arrive pas.

    • Perse 25 novembre 2020 at 18:30

      Je vais être lourd, mais Serena, il faut la regarder jouer en vrai pour avoir la révélation. Elle est extraordinaire.
      Après pour l’attraction, elle remplit bcp des critères des anthropologues pour être un bon partenaire, même si elle n’est pas mannequin (et que à titre je m’en fiche).

      • Rubens 25 novembre 2020 at 19:25

        Mais non Perse, tu n’es pas lourd. Tu n’es pas le premier à écrire un truc de ce genre à propos de Serena. La voir en vrai semble « faire quelque chose » à beaucoup de monde. Elle a une aura, une présence, une prestance, appelle ça comme tu veux, qui la rendent unique.

        Mais, étant totalement froid à son charme, et totalement hermétique à son personnage absolument infect dans sa manière d’être sur le court, il ne me reste plus, pour apprécier Serena, que son tennis lui-même. Une technique très propre et très simple, une mécanique bien réglée. Cette technique simple lui revient instantanément en cas de reprise de blessure. La première conséquence, c’est qu’elle est capable de taper un GC même avec 10kg de trop. Et l’autre conséquence, c’est que sa technique bien maîtrisée lui permet de maîtriser sa propre puissance, ce qu’elle est la seule à faire, et ce qui la met à des années-lumières au-dessus des rivales que son époque lui a proposées, hormis Justine Hénin.

  13. Rubens 25 novembre 2020 at 19:08

    Perse, je ne pensais pas seulement à ton commentaire. Le discours sur le « mental à la française » qui serait insuffisant, ça fait des années qu’on l’entend. L’anecdote de Gillou est parlante, tout comme, en remontant un peu, l’histoire de Grosjean qui s’est fait virer de l’INSEP (il avait une quinzaine d’années) pour cause de petite taille. Qu’ils aient atteint respectivement la 6ème et la 4ème place à l’ATP est leur meilleure réponse. C’est plus élégant que de pointer leur majeur en direction de la FFT, et c’est beaucoup plus efficace. Je n’ai pas encore lu le bouquin de Gillou, mais je crois qu’il développe bien plus tout cela que je ne pourrai le faire. Medvedev arrive à pic pour rappeler qu’une gestuelle élégante n’est pas, et de loin, le seul chemin pour arriver au sommet, pas plus que le panache ou le tempérament d’attaquant. Car c’est bien au nom de ces principes que la FFT trie parmi les espoirs ceux qui sont dignes de bénéficier de ses structures d’entrainement de haut niveau.

    Et quand je vois un jeune français pointer le bout de son nez, je ne me dis pas « il aura un mental pourri qui le freinera », par contre je me demande, dans l’hypothèse d’un parcours fédéral, quelles conneries les pontes de la FFT ont été capables de lui mettre dans la tête pour lui mettre le doute. Hugo Gaston bénéficiera peut-être de la jurisprudence Grosjean, mais je ne serais pas surpris que quelqu’un du haut niveau lui ait déjà signifié que sa taille sera rédhibitoire pour percer au plus haut niveau. Si c’est bien comme ça que ça se passe, on a la méthode Coluche : on veut les noms. A dégager, du haut niveau en tout cas.

    Le succès des entraineurs français hors de France est aussi un succès en France, puisque Tsitsipas et Medvedev en sont des produits, au même titre que Baghdatis par exemple. Ce qui importe surtout, c’est que ce sont des structures indépendantes de la FFT. Et si aucun français n’en est sorti jusqu’à présent, c’est à mon avis parce que ces structures ont accueilli très peu d’élèves, et pas plus de français que d’étrangers.

    Je réfléchissais à un post précédent, de Paulo je crois, sur les immigrés de deuxième ou troisième génération. Je ne crois pas qu’on puisse établir une règle sur les « origines » des champions. Ce sont des exceptions de la nature, entendre ici qu’un type qui atteint ne serait-ce que le top 100 est exceptionnellement doué. A de très rares contre-exemples près, un joueur qui atteint le top 100 est un joueur qui a arrêté très tôt les études, ou qui ne les a suivies que par correspondance, qui a passé sa jeunesse à écumer les terrains de tennis, et qui a donc été sorti très jeune de son milieu familial, parfois même de son pays. Mais, précisément parce qu’ils sont exceptionnels et que leur parcours est exceptionnel, ils ne sauraient représenter quoi que ce soit de la mentalité de leur pays ou de la communauté dont ils sont issus.

    Je ne crois pas que s’exprime une spécificité suisse, espagnole ou serbe dans les parcours de Federer, Nadal et Djokovic. Par contre, tous ont rencontré les bonnes personnes au bon âge. Pour Roger ça a été le centre national d’Ecublens, pour Rafa son île de Manacor marquée tennistiquement par le succès de Moya et habitée par une croyance forte dans le travail, quant à Djoko il s’est construit en Allemagne et non pas en Serbie. Quant aux Américains, ce sont tous des immigrés de la Xième génération, et je ne crois pas que leurs origines soient d’une grande importance. La dimension iranienne du personnage d’Agassi, ou grecque de Sampras, j’ai du mal à les percevoir. Avec leurs tempéraments totalement différents, ils ont incarné une certaine idée de la confiance en soi au moment crucial. Est-ce là une caractéristique spécifiquement américaine ? J’en doute, en tout cas c’est la marque des grands.

  14. Jo 25 novembre 2020 at 19:40

    Dieguito est mort.

    • Jo 26 novembre 2020 at 10:57

      Domi aussi.

      • Guillaume 26 novembre 2020 at 11:14

        Et Jacques Secrétin.

        • Sam 26 novembre 2020 at 14:00

          J’ai cru à une blague de Guillaume, mais non. C’est l’hécatombe. Rugby, Foot, Tennis de Table…Heureusement les Dieux du tennis veillent sur nous.

          • Perse 26 novembre 2020 at 20:23

            Et là, Laver met le clignotant à gauche…

            • Jo 29 novembre 2020 at 11:36

              Et le grand Jacques aurait 88 ans aujourd’hui.

              • Jo 3 décembre 2020 at 11:05

                Lequel va désormais pouvoir ferrailler avec Valéry au paradis des présidents.

  15. Kaelin 28 novembre 2020 at 12:07

    Merci beaucoup pour cet article Perse, j’aime beaucoup cet exercice type « bords de courts ».

    Je suis un peu trop jeune pour avoir suivi cette édition mais le souvenir qu’elle te laisse donne envie ! Je pense qu’à l’époque un des joueurs que j’aurais le plus suivi auraient été Rios.

    Sampras et Agassi m’auraient passionné tous les 2 à leur manière je pense : Sampras pour son jeu, Agassi pour son histoire et sa personnalité.

    Graf devait être une joueuse absolument géniale à suivre également, c’est l’effet qu’elle me fait après tout ce que j’ai pu voir, après-coup, et lire, sur elle. Sans parler de ses jambes et de son nez cléopatrin.

    Kournikova m’aurait probablement émoustillé mais des raisons moins tennistiques.

    J’aime bien quand tu abordes comment le numéro du magazine édition 1999 t’as marqué. Tout comme toi j’ai des éditions favorites de certains magazines de qualités que je conserve au chaud. Il est désormais tellement difficile voire impossible de trouver quelque chose d’aussi qualitatif à l’ère numérique. Quand j’habitais en France, j’achetais de temps en temps So Foot que j’adorais pour la qualité de ses articles et son humour alors que je ne suis pas plus fan de foot que ça. Dommage, jamais trouvé de So Tennis, mais c’est peut etre plus dur à mettre en place, à être rentable. Guillaume saurais tu m’éclairer sur cela ?

    2021 sera sympa avec toutes ses nouvelles tetes qui arrivent. En esperant un Australian Open jouable dans des conditions correctes … l’année dernière c’était chaud chaud (énormes incendies, juste avant covid) voire dangereux.

    • Perse 28 novembre 2020 at 17:02

      Merci pour ton commentaire, le cambodgien d’adoption! J’avais 9 ans et c’était un peu comme une sortie au parc d’attraction avec 4 chenapans dissipés. Sauf que l’enjeu du spectacle est pour ses protagoniste beaucoup plus important, et l’investissement émotionnel des spectateurs également (quand le match prend, parce que voir Santoro se faire démantibuler par Ferrer a fait bailler tout le stade par exemple).
      De mon souvenir, le souci du marketing et du consumérisme étant moins prégnants que maintenant avec une ambiance et un service assez élitiste, tourné vers les licenciés, donc forcément un peu connaisseurs.

      Kournikova ne m’a jamais émoustillé, mais peut-être est-ce parce que j’ai toujours été très terre-à-terre à propos des filles qui me faisaient effet: de ma génération et à proximité, et sans relation d’autorité. Pour l’anecdote, ça me vaudrait des démêlés avec ma prof d’anglais plus tard, jeune femme bien foutue et qui le savait et qui en jouait en permanence (laissant déborder son string, faisant une réflexion sur le mot « exciting » au cours d’une lecture voix haute en classe par un garçon). Je lui ai dit dans un anglais châtié (j’étais dans le mauvais niveau d’anglais suite à un séjour de 3 mois dans une grammar school anglaise) que se comporter comme une allumeuse ne comblait pas son incompétence pédadogique :)

      • Kaelin 7 janvier 2021 at 09:15

        excellent ton anecdote sur ta prof d’anglais ahah, j’aurais bien voulu assister à la scène !

  16. Kaelin 1 décembre 2020 at 02:54

    https://www.eurosport.fr/tennis/geant-au-pied-agile-medvedev-l-incarnation-ultime-du-joueur-moderne_sto8009182/story.shtml

    Article au top de Eurosport, concernant la monopolisation du top ranking par les géants désormais « polyvalents » type Medvedev / Zverev qui ont réussi à dépasser le paradigme classiques des géants au tennis qui gagnaient surtout grâce à un jeu très agressif (énorme service, jeu au filet, grosse percussion mais … faible dans les longs échanges et nuls en retours), en quelques coups de raquettes type Karlo, Isner, Anderson …

  17. Jo 5 décembre 2020 at 10:27

    https://www.youtube.com/watch?v=jSUXf5hhjGo

    Un Leconte sincère, toujours, posé, profond. C’est comme ça qu’on t’aime, Henri.

    • Sebastien 6 décembre 2020 at 14:55

      En effet, merci Jo de nous l’avoir signalé. Henri Leconte très loin de son image de consultant fou-fou, et attachant !

  18. Paulo 10 décembre 2020 at 10:18

    Rafael Nadal – Interview after Roland-Garros 2050 Final :

    https://www.youtube.com/watch?v=9ce_z9rW_EU

  19. Anne 14 décembre 2020 at 00:31

    Traditionnellement à cette période de l’année, les Suisses élisent leurs sportifs de l’année. Année 2020 oblige, ils ont décidé de remettre plutôt les prix des meilleurs sportifs suisses des 70 dernières années. Sans surprise, chez les hommes, c’est Roger Federer qui a remporté le titre avec 49,1% des voix.
    Avant la cérémonie, puis pendant il a évoqué deux choses. D’abord qu’il aurait espéré être à 100% en octobre mais que ce n’était pas le cas aujourd’hui. Que les choses allaient crescendo mais lui et son équipe se laissent du temps. Il a laissé entendre que même décalés de trois semaines, l’Open d’Australie, où il serait obligé de se rendre sans sa famille, risquait d’arriver trop tôt. Il a parlé de Wimbledon, US Open, JO, et peut-être Roland Garros comme objectifs de l’été.
    Quand il s’est vu remettre le prix, il a également ajouté qu’il espérait pouvoir jouer sur un court en 2021. Mais que si ce n’était pas le cas, finir sa carrière avec une telle cérémonie serait aussi incroyable…

    https://twitter.com/simongraf1/status/1338230558145572873?s=21
    https://twitter.com/simongraf1/status/1338244018317250560?s=21

    A noter que Simon Graf hier disait que RF était en retard dans sans préparation par rapport aux saisons précédentes
    https://twitter.com/simongraf1/status/1337822350516113408?s=21

    • Anne 29 décembre 2020 at 10:41

      Pas de RF à Melbourne en 2021, qui, selon son agent pourrait reprendre la compétition fin février… ni de Pouille d’ailleurs qui lui choisit le circuit challenger pour, selon son communiqué, « monter en puissance »

  20. Jo 29 décembre 2020 at 18:47

    https://www.youtube.com/watch?v=TwLaSI2l07c

    Noah dans ses oeuvres. Au-delà de ses frasques et foucades, cet homme est un influenceur de génie, au noble sens du terme.

    • Montagne 3 janvier 2021 at 12:35

      Il a été enregistré où cet interview ?
      On voit des courts de tennis en gazon, c’est à Deauville ?

    • Guillaume 4 janvier 2021 at 15:27

      Alors pour ce qu’on en avait abondamment parlé au lancement, le gazon à Deauville a fait long feu puisque c’est déjà fini. En gros, rien n’allait dans leur modèle économique : les infrastructures ne permettaient désespérément pas d’accueillir le tournoi ATP escompté (ils avaient dû se rabattre sur un CNGT) et, contrairement à ce que les promoteurs imaginaient, la possibilité de jouer sur des courts en gazon n’a pas émoustillé plus que ça les licenciés français et la fréquentation est demeurée bien en-dessous de leurs espoirs/besoins. Du coup, liquidation fin 2019.

      • Kaelin 7 janvier 2021 at 09:17

        Merci pour les news Guillaume. J’avais oublié ce complexe sur gazon, pourtant normand, ma région d’origine, dont on avait fait tout un tintouin…. tout ça pour ca finalement. Un bon gros soufflé qui retombe.

  21. Sam 1 janvier 2021 at 14:21

    Je viens d’obtenir le pitoyable score de 7/20 au quizz « connaissez vous l’année 2020″ de l’Equipe…
    A part ça, le « Dictionnaire amoureux du tennis » de L.Binet et A.Benneteau est vraiment savoureux, je vous le conseille. Avec au passage deux anecdotes un peu improbables : Noah qui raconte que lors de sa victoire au tournoi de Milan en 88, quand les choses commençaient à se tendre il s’envoyait une gorgée de cognac au changement de côté. Ce qu’il affirme donc avoir fait à 6/5 au troisième set de son match contre Becker, en profitant pour lui souffler au visage son haleine alcoolisée. Le Yannick affirme alors qu’à la poignée de main, Boris lui aurait demandé : « Yannick, did you drink ? ». Vérification youtube faite, pas trace du moindre mot de Becker à cet instant. Sacré Yannick …

    Autre anecdote savoureuse : vers 69, G.Goven est au bar d’un hôtel à Miami et attendu en France pour raisons tennistiques. Mais il rencontre une a priori charmante américaine qui lui propose après une tendre nuit de l’accompagner dans son boulot, à savoir choriste d’un groupe de Rock. Et c’est comme ça que notre bon Georges se retrouve dans le tour bus …Des Doors. Mais bon, je tique un peu chers auteurs : vous avez déjà vu les Doors avec des choristes ?!

    Bonne et heureuse année et surtout longue vie à 15 love !
    (Pas de flash Rennes cette année en raison d’un problème de pandémie mondiale).

    • Paulo 4 janvier 2021 at 15:37

      Pas beaucoup mieux : 8/20. Des coups de bol la moitié du temps, tant les questions sont vachardes. Franchement, qui se rappelle à 1/4 d’heure près l’heure à laquelle Nadal a fini son quart face à Sinner à Roland ?

    • Guillaume 4 janvier 2021 at 15:40

      Mais bon, je tique un peu cher posteur : vous imaginez George Goven au beau milieu d’un groupe de rock !? :lol: Surtout le Miami 69 des Doors, justement le concert apocalyptique marquant le début de la fin de Morrison. Je ne sais pas, j’avoue que croiser George Goven là-dedans a quelque chose d’a minima décalé, limite perturbant. Et pourquoi pas François Jauffret tant qu’on y est ?

      Tes deux anecdotes issues du Binet/Bennet illustrent les dérives de la course à la Sainte parole des anciens combattants : la course à l’anecdote ou quand, par difficulté de sourcer et/ou par souci de la belle histoire, on finit par imprimer la légende plutôt que la réalité.

      Et bonne année, bien sûr !

      • Sam 4 janvier 2021 at 17:21

        Oui, c’est sûr…Sur Noah, les auteurs disent clairement que le père Yannick adore raconter des anecdotes, dont celle-ci et il semble clair que c’est lui qui grossi le truc. Faudrait visionner intégralement tous ses changements de côté du Milan 88 pour en avoir le coeur net.
        L’affaire Goven est encore plus invérifiable (Jauffret, c’était avec Alice Cooper).

    • Colin 5 janvier 2021 at 09:13

      Et pourquoi pas… regardez par exemple cette photo de 1971 :
      https://www.gettyimages.ch/detail/nachrichtenfoto/am%C3%A9ricain-arthur-ashe-et-le-fran%C3%A7ais-georges-goven-nachrichtenfoto/1137527382?language=fr
      Un jeune de son temps non? D’ailleurs Arthur et Georges ont l’air un peu fatigué, faut dire que la veille au soir ils avaient écumé ensemble les clubs de jazz de la capitale.
      Et celle-ci, du 4 mai 1967, un après-midi de Coupe Davis :
      https://www.gettyimages.co.uk/detail/news-photo/les-fran%C3%A7ais-georges-goven-et-fran%C3%A7ois-jauffret-%C3%A0-lissue-de-news-photo/981783628?adppopup=true
      Après avoir collé un facile 2/0 aux Norvégiens, Jauffret et Goven se précipitent hors de Roland-Garros sous les yeux de leurs 2 partenaires médusés, afin de se préparer pour aller assister au concert des Stones donné le soir même à l’Olympia. C’est d’ailleurs ce soir-là que Jauffret initiera Goven à la fumette, tradition restée ensuite bien ancrée dans le tennis français jusqu’à un certain Yannick Noah.

      Allez, sur ce, une très bonne année à tous ! Les seuls vœux qu’on puisse faire décemment, en ces temps bizarres, c’est de pouvoir retrouver le plus vite possible les activités qui nous font vibrer en groupe, notamment les spectacles et rassemblements festifs en tous genres, et bien sûr le sport dans toutes ses formes et à tous les niveaux.

      • Rubens 5 janvier 2021 at 12:39

        Bonjour à tous, et meilleurs vœux 2021 pour vous et vos proches !

        Colin, je m’apprêtais à te répondre sur Goven, car j’avais en tête l’article suivant : https://www.eurosport.fr/tennis/les-grands-recits/2018/mai-68-roland-garros-l-autre-revolution_sto7811794/story.shtml

        Où Goven apparaît pour une histoire de raquette à récupérer dans le Quartier Latin. Mais ma mémoire a vacillé, le réac, c’est Patrick Proisy qui est « saoulé » par les événements, et qui malgré sa jeunesse est en décalage avec ce mai 68 révolutionnaire…

        D’une manière générale, ces anecdotes, si elles sont vraies, permettent d’en savoir beaucoup plus sur ces personnages que ce qu’ils ont pu raconter ultérieurement en tant que cadres fédéraux. Goven, je me souviens qu’il a été capitaine de Coupe Davis pendant deux ans (1993-1994), mais je cherche en vain quelque chose d’intéressant qu’il aurait pu dire à l’époque…

        Donc pour Goven reconverti en groupie des Doors, ne connaissant rien de Goven je ne me hasarderai pas à dire que c’est une fake. Par contre, le sieur Jauffret, le sieur de la Villa Primrose à Bordeaux, l’un des clubs les plus huppés en France, expert en fumette, là les bras m’en tombent effectivement.

    • Kaelin 7 janvier 2021 at 09:17

      pareil, je trouve ça un peu trop alambiqué et beaucoup trop dur ahah

  22. Colin 5 janvier 2021 at 09:19

    Finalement, le seul avantage de cette pandémie, c’est qu’elle a réussi à avoir la peau de la saleté de pseudo-coupe davis à la sauce Kosmos. Crève, salope, on ne te regrettera pas, et que revienne celle dont tu n’as été qu’une lamentable usurpatrice.

    • Kaelin 7 janvier 2021 at 09:18

      ah crénom d’une pipe, ça c’est une bonne nouvelle!!!

      Ca fait un peu penser au tournoi de Madrid sur terre battue bleue de l’ami Ion Tiriac… ahah

  23. Rubens 5 janvier 2021 at 12:54

    Et sinon, une triste nouvelle avec la mort de Bob Brett.

    Un entraineur de renom, qui a débuté le coaching sous la houlette de Harry Hopman en 1974. Il a hérité des méthodes du « sorcier », tout en les modernisant et en les adaptant à son époque. Coach de Becker à partir de 1987, il s’en sépara à l’issue de l’Open d’Australie 1991 : sa mission était d’amener Boris à la première place mondiale, mission accomplie. Il se mit alors au chevet de Goran Ivanisevic et d’Andréi Medvedev, avec un peu moins de succès. Il se centra ensuite sur l’accompagnement des jeunes vers le haut niveau, et fonda une structure dédiée, l’une des meilleures au monde, en région parisienne. Nicolas Kiefer, Mario Ancic, Marcos Baghdatis ou encore Marin Cilic y firent leurs premières armes, avant que Bob ne laisse les clés de son académie à un jeune français, Patrick Mouratoglou. On connaît la suite.

    Repose en paix l’ami.

    • Kaelin 7 janvier 2021 at 09:20

      Ah je ne connaissais pas les faits et gloires du personnage (étant trop jeune), donc merci pour cette info. Visiblement un grand monsieur du tennis sur le plan mondial. Et je vois que Mouratouglou s’est distingué par son opportunisme encore une fois vis à vis de lui … Ca m’etonne pas trop ceci dit, niark niark.

  24. Kaelin 10 janvier 2021 at 14:54

    Hello,

    hier j’étais dans un bar français de Phnom Penh avec un ami, à boire des bière et jouer au billard, quand tout à coup 2 Français plus âgés, la 50aine, sont venus vers nous pour nous défier. On les connaissait pas mais ils avaient l’air cool on a acceptés, d’autant plus qu’ils avaient l’air bien alcoolisés et on pensait la victoire possible voire probable.

    Mal m’en a pris, les 2 loustics étaient bien forts et on a perdu 2-0, même si la2eme partie était bien plus serrée.

    En discutant avec un cambodgien francophone autour d’une table après la partie, j’apprend qu’un des 2 loustics qui nous a battu, est coach de tennis au Sofitel de Phnom Penh, entre autres, et qu’il est assez connu dans la sphère tennistique Phnompenhoise (certes, très petite, et encore plus dans la spère francophone, qui était la notre ce soir là).

    Une fois que le coach, dénommé Bruno, vient s’asseoir avec nous, je le questionne évidemment sur le tennis, sa venue au Cambodge etc.

    Il s’avère que ce Bruno Brobecker, a entrainé longtemps en Suisse, et à cotoyer les meilleurs. Il a meme entrainé un jeune qui a atteint le top 300-350; dont j’ai oublié le nom, et a déjà discuté avec Rodg, Wawrinka, il connait bien Luthi, m’a livré quelques anecdotes sur Marc Rosset, Laaksonen, etc, ahah c’était super comme rencontre. Puis il y a 2 ans, il est retourné au Cambodge qu’il connaissait déjà un peu, pour y passer sa retraite et continuer un peu à exercer son métier de coach de haut niveau.

    https://www.cambodgemag.com/post/sports-tennis-le-cambodge-%C3%A0-la-conqu%C3%AAte-de-la-coupe-davis

    C’est dans ce cadre qu’il a entrainé pour la Fédé Cambodgienne l’équipe de Coupe Davis cambodgienne; avec quelques bons résultats à son actif.

    J’adore ce genre de rencontre, assez fréquente dans le monde expat car c’est un petit monde, et du coup j’ai tapé dans un nid de passionné de tennis et on va jouer ensemble prochainement probablement. J’ai repris moi même la raquette depuis quelques semaines … ça dérouille, j’adore ça !

    Dans les Suisses du site (Elmar et d’autres?), vous connaissez ce Bruno Brobecker ?

    Ciao et bonne années !!

  25. Sam 19 janvier 2021 at 11:03

    Hum…A l’approche de l’Open d’Australie, c’est l’effervescence sur le site…La question récurrente « le rock est-il mort » deviendrait-elle valable pour le tennis…?

    • Rubens 19 janvier 2021 at 14:49

      Salut Sam,

      Je suis bien présent, mais je ne vois pas grand chose à commenter dans l’actu. L’AO est mal barré avec les mises en quarantaine successives. Bon…

      Je serais davantage disposé à parler de l’élection du président de la FFT qui arrive, car elle me semble importante, mais je n’ai rien structuré en article (Guillaume, si tu me lis…), faute de temps.

  26. Perse 2 février 2021 at 23:15

    Qui suit la reprise du tennis? C’est un peu l’orgie, avec un niveau disparate, quarantaine oblige mais ça fait plaisir.

    L’ATP Cup a l’air de bien fonctionner, l’étape suivante serait – s’il y a fusion de la WTA/ATP- d’organiser une Hopman Cup a l’échelle de l’Australie sur 1 mois suivi de l’AO.

    • Laslo 3 février 2021 at 13:57

      J’ai vu la fin du match de Kyrgios aujourd’hui, je me suis bien amusé. Ses enchaînements amortie-lob pour défendre des balles de set (oui oui, il en a fait plusieurs) m’ont bien plu. Il gagne 6/2-7/6(7), et devra affronter Coric au prochain tour (lequel m’a toujours beaucoup ennuyé, au contraire de Nicky-la-guindaille).

      J’ai aussi vu une bonne partie du Tsitsipas-De Minaur (6/3-7/5 pour le grec). Je n’ai pas trouvé Tsitsi si convaincant, obligé de s’appuyer sur les erreurs de son adversaire sans pour autant les provoquer. Dans le premier set sa cadence relativement rapide semblait embêter De Minaur, mais lorsque l’australien a semblé s’y habituer dans le deuxième, Tsitsipas ne trouvait pas facilement la solution.
      Bref, bien que j’espère me tromper, je ne le vois pas battre Nadal demain. Malgré tout, il est parfois capable de coups tout à fait étonnants, notamment en revers long de ligne ou en coup droit décroisé aux angles étranges.

      • Laslo 3 février 2021 at 14:19

        À propos de Tsitsipas, j’ai une question : que pensez-vous de sa volée ? Vu son profil plutôt offensif, j’ai toujours imaginé qu’il se débrouillait bien au filet, mais j’ai très souvent été déçu en le voyant jouer. Suis-je le seul ? A-t-on des stats éclairantes sur la question ?

        • Paulo 4 février 2021 at 11:35

          Les stats sur la volée, je ne sais pas si ça existe.
          Par contre, pour l’avoir vu jouer régulièrement, les stats affichées en fin de match sont bonnes, de l’ordre de 70% des points gagnés au filet, avec un nombre de montées au filet supérieur à la moyenne. Dans le style en revanche ce n’est pas toujours académique.
          Ce qui m’ennuie davantage chez lui est son revers, irrégulier : parfois très bon notamment long de ligne, parfois médiocre, en particulier quand il défend où il a tendance à raccourcir et à donner des balles pénalty à ses adversaires, ou encore son slice de revers, très haut et peu gênant. D’une façon générale il est très bon quand il attaque, nettement moins quand il défend.

          • Laslo 5 février 2021 at 11:08

            OK, tant mieux si mon impression est fausse ! Je préfère être un mauvais analyste qui regarde du bon tennis, plutôt que l’inverse !

  27. Sebastien 4 février 2021 at 08:15

    La génération 2003 pointe le bout de la raquette : Carlos Alcaraz, déjà présenté comme le futur Nadal, vient de battre Goffin à un tournoi préparatoire à Melbourne. Encore un qui sera intéressant à suivre, comme ses aînés Musetti et Sinner et qui a 10 ans de moins que Thiem !

  28. Rubens 4 février 2021 at 15:13

    Bonjour à tous,

    Petit post d’insurgé, pour protester contre le classement d’Eurosport des plus beaux matchs masculins de l’Australian Open. Où le Nadal-Djokovic de 2012 finit 1er, devant le Safin-Federer de 2005.

    D’une part, le Safin-Federer mérite la première place, nettement selon moi. Avec en deuxième place le Sampras-Courier de 1995. Et je pense aussi au Sampras-Agassi de 2000, LE plus beau duel de leur rivalité.

    Et d’autre part, le Djoko-Nadal de 2012 est loin, me semble-t-il, de rivaliser en qualité avec d’autres matchs entre les deux hommes, parmi lesquels, notamment, la finale de l’US 2011 quelques mois plus tôt. Épique le match le fût en effet. Sauf que le Serbe a été bien près de liquider l’affaire en 4 sets, et là la qualité du match serait apparue plus nettement comme assez moyenne. Si la longueur et le suspense du match doivent être un critère, alors le Mahut-Isner de Wimbledon mérite haut la main le titre de plus grand match de tous les temps.

    Voilà. C’est juste histoire de s’échauffer avant la levée australienne, qui semble maintenue à l’heure où j’écris ces lignes.

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