Le dopage sanguin, partie 4 : l’affaire Aderlass et les hémoglobines de synthèse

By  | 11 mars 2024 | 329 Comments | Filed under: Regards

AderlassOù l’on parle dopage – et l’on est très loin de la caféine ou du pot belge : la précédente partie ici.

Affaire Aderlass

Les grosses affaires de dopage ont souvent des noms amusants. L’arrestation du docteur Schmidt prenait ainsi place dans l’opération baptisée « Aderlass », ce qui signifie « saignée » dans la langue de Goethe. Contrairement à l’affaire Puerto en Espagne où beaucoup de choses sont restées secrètes, le procureur en charge de l’enquête, Kai Graber, a choisi la transparence. C’est ainsi que l’on connaît la nature des produits dopants confisqués au docteur Schmidt et notamment cette nouvelle hémoglobine recombinante humaine qui se présente sous forme de poudre. Injectée dans la circulation sanguine, elle se dissout dans le plasma et se met aussitôt à transporter de l’oxygène jusqu’aux muscles. Par rapport au sang classique, ce type de produit présente l’avantage de pouvoir se conserver à température ambiante pendant des années. Il ne paraît pas non plus très compliqué à fabriquer. Donc pas très cher. En somme, cela en fait un excellent candidat au dopage du futur et cela même si, pour le moment, on ignore tout de sa possible toxicité dans le cadre d’un effort intense.

A priori, on devrait pouvoir polymériser la molécule, ce qui diminue l’effet vasoconstricteur. Cela dit, il se pourrait qu’on lui découvre d’autres effets indésirables. La nature se montre souvent capricieuse et imaginative en la matière. Quant à l’efficacité de ces poudres d’hémoglobine, là encore, on ne peut faire que des supputations. Car de gros problèmes restent à résoudre dans la mise au point d’un sang artificiel. Comme de diminuer par exemple l’affinité de l’hémoglobine pour l’oxygène afin que ces nouveaux transporteurs puissent  relarguer leur cargaison. Il ne servirait à rien en effet d’avoir un sang très riche en oxygène si celui-ci n’approvisionne pas les cellules musculaires auprès des muscles qui en ont besoin. Enfin, il faudra aussi veiller à ce que ces produits ne déclenchent pas une vasoconstriction par voie réflexe, ce qui pourrait entraîner des accidents cardiaques. Là encore, la polymérisation semble constituer une bonne réponse. En même temps, elle augmente la durée de demi-vie du produit, facilitant sa détection en cas d’utilisation pour dopage. Dieu que la vie d’escroc est difficile !

Le marché mondial du traitement de l’anémie est tellement juteux que les grandes firmes pharmaceutiques rivalisent toutes d’imagination pour créer de nouveaux médicaments. Les unes travaillent sur la mise au point de molécules de synthèse. D’autres nourrissent l’espoir de pouvoir se servir d’hémoglobines animales, celle de bovins par exemple. Ainsi le laboratoire Sigma-Aldrich fabrique un produit (H2500) vendu comme réactif pour des travaux de biologie mais, bien sûr, d’autres usages sont envisageables. En médecine vétérinaire, on utilise bien une préparation similaire appelée Oxyglobin (HBOC-301) pour suppléer les carences en oxygène lors des grosses opérations chirurgicales. Des expériences de ce type ont aussi été réalisées en médecine humaine. Dans le dopage aussi ! Lors du Tour de France 2003, deux coureurs cyclistes ont tenté d’utiliser cette hémoglobine de bœuf pendant la course, le Danois Michael Rasmussen et l’Espagnol Jesus Manzano. En dépit des énormes dangers ! L’Oxyglobin entraîne souvent une augmentation de la pression artérielle pulmonaire et une diminution du volume d’éjection systolique. Ils auraient vraiment pu y laisser leur peau. Avec ce produit, les accidents étaient même si nombreux qu’on a stoppé les recherches l’année suivante.

Aujourd’hui, elles se poursuivent pour d’autres préparations comme pour Hémopure (HBOC-2021), une hémoglobine bovine polymérisée encore vendue en Afrique du Sud. Ici, l’effet vasoconstricteur est moindre. Mais on note toujours une augmentation de la résistance du sang à l’écoulement dans les veines et les artères et donc un risque augmenté d’infarctus ou de thrombose.

Compte tenu des énormes investissements dans ce domaine de recherche, on ne doute pas que les hémoglobines animales continueront à progresser en terme d’efficacité et de tolérance. Il se pourrait même que cela évolue plus vite que prévu !

Depuis une vingtaine d’années, les chercheurs s’intéressent en effet aux hémoglobines d’autres espèces animales que les bovins, notamment celle du ver de terre (Lumbricus terrestris). Cinquante fois plus grosse que l’hémoglobine humaine, cette molécule paraissait dans un premier temps assez peu intéressante pour une éventuelle exploitations à des fins médicales. C’est alors qu’en 2002, une autre espèce de ver retint l’attention d’un biologiste de Morlaix, le docteur Franck Zal, qui deviendra de ce fait un acteur important dans le développement de cette nouvelle pharmacopée. Il s’agit de l’Arenicola marina, un ver marin pourvu de branchies qui s’enterre dans le sable à marée basse, laissant de curieux tortillons sur la plage. Comment arrive-t-il à survivre plusieurs heures sans disposer de ce fait du moindre atome d’oxygène?

L’analyse précise de son hémoglobine en 2008 a permis d’apporter une réponse à cette question. L’hémoglobine d’Arenicola marina possède en effet des propriétés impressionnantes. Elle est capable de transporter quarante fois plus d’oxygène que l’hémoglobine humaine (156 atomes d’oxygène contre quatre). Grâce à sa structure en double hexagone, elle est 250 fois plus petite qu’un globule rouge. Aussitôt, on s’en est servi pour concevoir deux nouveaux médicaments : Hemo2Life (M-101) et HemoxyCarrier. Le premier est déjà utilisé en thérapeutique pour prolonger la durée de vie d’un organe à transplanter (greffon). Mais l’idée reste à terme de s’en servir comme transporteur d’oxygène directement dans le sang. L’armée est intéressée pour le traitement des blessures de guerre et des hypoxies cérébrales causées par le souffle d’une explosion.

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329 Responses to Le dopage sanguin, partie 4 : l’affaire Aderlass et les hémoglobines de synthèse

  1. Rubens 11 mai 2024 at 00:07

    Dominic Thiem passe l’arme à gauche. Personnellement il ne me manquera pas. Jamais accroché. Une puissance phénoménale, sans aspérité, brute de décoffrage, presque animale. Un cas extrêmement rare de bourrin au revers à une main. Pas particulièrement accroché à l’homme non plus. La seule trace d’humanité, je l’ai entrevue lors de sa finale contre Zverev. J’étais presque content qu’il s’en soit sorti. Pour le reste, une masse de travail, une masse de muscles. Je n’aurais jamais signé pour avoir son jeu, ni sa vie.

    Mais je regrette la blessure au poignet qui a englouti sa carrière. J’ai failli l’apprécier à plusieurs reprises, quand il taillait des croupières à l’Immonde. Le tennis aurait eu un grand besoin de lui ces dernières années, ils étaient très rares à pouvoir rivaliser avec le Slip en Grand Chelem. C’est vraiment la seule facette que j’aie apprécié chez lui ; tant qu’il était là dans un Grand Chelem, je me disais que ce n’était pas encore joué pour le Phallostrate. J’étais déjà bon pour la PLS sans doute.

    Bon vent Dominic. Après toutes ces années de travaux forcés tu as bien mérité du repos.

    • Jo 12 mai 2024 at 08:22

      Un titre du Grand Chelem, un Masters 1000, un palmarès consistant, une flopée de belles victoires. Cependant, rarement champion de tennis n’aura à ce point incarné le « Capitole tarpéien » :

      Thiem vainqueur de l’US Open devant son coach, son chien et trois pauvres ramasseurs de balles dans un remake américain de la finale tragi-comique de Roland-Garros 2004 (qui donna lieu au plus grand quiz de tous les temps). Notons que Domi connaîtra le même sort funeste que les deux protagonistes argentins.

      Thiem le prince de la terre battue, le successeur désigné de Nadal, n’a remporté aucun titre majeur sur la surface. Deux fois finaliste à Madrid et à Paris, quatre fois battu, souvent sèchement.

      Thiem le laboureur a limé de toutes ses forces pour atteindre la finale du Masters et subir deux défaites crève-cœur.

      Etc.

  2. Jo 11 mai 2024 at 16:15

    Un Nadal atrabilaire et grabataire face à son antidote, un Anderdych aux relents rosoliens, c’est vraiment beau. On t’aime, Rafa ! Et si tu restais, finalement ? Tu pourrais mourir encore deux ans, jusqu’à quarante, ce serait chevaleresque.

  3. Nathan 12 mai 2024 at 18:13

    « N’es-tu pas l’oasis où je rêve, et la gourde
    Où je hume à longs traits le vin du souvenir ? »
    Le souvenir des victoires passées qui jamais ne reviendront ?

  4. Guillaume 13 mai 2024 at 09:57

    Moi j’ai beaucoup aimé Dominic. Rien de facile chez lui, y compris ce revers à une main qui était loin d’être extraordinaire ses premières années. Mais l’incarnation de la capacité de travail. La persévérance, aussi. La phrase de Beckett popularisée par Wawrinka lui convient très bien à lui aussi. Il a bien mérité son Chelem, même si à le lire le combo accomplissement + huis clos à NY l’a largement cramé. Il ne faudra pas dévaluer cet US victorieux. Il ne manquait que Nadal sur la ligne de départ (et s’il fallait dévaluer tous les GC ratés par Rafa depuis 20 ans…). Après Djoko a fait le con c’est autre chose (et ce Djoko-là, nerveux comme tout et dans le dur contre Carreno, aurait-il battu Thiem ? On part loin dans le tennis-fiction). Sur le court, il bat quand même Medvedev, référence indiscutable sur dur. Et cette finale contre Zverev… Il y avait plus de vie là-dedans que dans les 14 finales de RG de Nadal !

    Il me reste également une certaine… reconnaissance à son égard. Heureusement qu’il a été là ces années-là, notamment sur terre. Sur 2017, 2018, 2019… Il était tout seul à battre occasionnellement Nadal ou Djokovic. Le problème étant qu’il était trop seul, sans jamais personne d’autre pour faire l’autre partie du job qui aurait permis d’échapper à Charybde ET Scylla à la fin. Il partira quand même en ayant battu 4 fois Nadal sur terre, une fois par an : Buenos Aires 2016, Rome 2017 (seul à le battre sur terre cette année-là), Madrid 2018 (seul à le battre sur terre cette année-là), Barcelone 2019. Et deux victoires à Roland sur Djoko : 2017 où il l’écrase alors que Djoko est tenant (3 sets et 6/0 pour finir, avec cette photo impressionnante de Djoko par terre), et 2019 où il le bat 7/5 au 5e.

    2019 pour moi c’est l’année du What if. Dans le match à 3 prétendants « sérieux » au titre parisien, ceux qui se retrouvaient dans la même demie partaient déjà avec un handicap. Ce fut donc pour Djoko et Thiem, pendant que Rafa jouait une exhib sympa contre Roger. Mais double handicap en vrai tant la météo les a particulièrement plombés : quarts reportés du mercredi au jeudi, et demie disputée sur deux jours, vendredi et samedi. Bref, quand Thiem se présente devant Rafa le dimanche (qui, lui, a toujours eu les programmations de choix), il joue pour le quatrième jour de suite. On ne saura jamais s’il aurait gagné la finale dans des conditions normales, mais ce qui est sûr, c’est qu’il a explosé alors qu’il y avait un set partout et qu’il n’avait plus rien à donner les deux suivants. Même le score de la finale ne lui rend pas justice : quand on le verra dans X années, on dira « bravo Rafa, trop fort, il l’a détruit une fois de plus. » En oubliant le contexte particulier et la baston des 2 premiers sets.

    Il a finalement un palmarès limité par rapport à ce qu’il a « failli » accomplir. Pour reprendre le « Capitole tarpéien » de Jo : il était déjà tout proche en finale de l’OA contre Djoko en 2020 mais victime de la nouvelle mode du toilet break ; il perd 2 finales du Masters sur des matchs à suspense : tiebreak du 3e contre Fanou en 2019, 6/4 au 3e contre Medvedev en 2020 non sans avoir eu une balle de break qui ressemblait à balle de titre à 4-3 au 2e set. Gentil Domi, trop gentil. Par un killer comme les deux (trois) autres. C’est son mérite de s’être fait violence pour arracher un palmarès respectable (17 titres dont US Open, Indian Wells, Barcelone aussi qui « compte » toujours chez les terriens)… mais, c’est sa limite, pas non plus dingue pour le statut qu’il avait atteint. Mais on dire aussi que, Wawrinka excepté, c’est aussi le plafond des champions « normaux » qui ont eu à se coltiner le Big 4 (Del Potro, Cilic, même Medvedev qui n’est pas monté beaucoup plus haut pour le moment, alors même qu’il évolue depuis 2 ans dans un monde où il n’y a plus que Djoko des 4).

    • Rubens 13 mai 2024 at 11:06

      Salut Guillaume,

      En gros tout pareil, sauf que tout ceci n’a pas suffi à me le faire véritablement apprécier.

      « ce qui est sûr, c’est qu’il a explosé alors qu’il y avait un set partout et qu’il n’avait plus rien à donner les deux suivants »

      Exact, mais là franchement on peut refaire toute l’histoire du tennis si l’on part dans cette direction. Le nombre de circonstances où un joueur arrive en fin de tournoi du Grand Chelem carbonisé par un parcours du combattant, c’est aussi vieux que les Grands Chelems. Et au hasard, on pourrait dire la même chose de… Nadal, à Wimbledon 2007, obligé de terminer son 3ème tour contre Soderling (5 sets particulièrement serrés) le mercredi de la deuxième semaine, puis son huitième contre Youyou (5 sets) le jeudi, puis son quart contre Berdych (3 sets) le vendredi, puis sa demi contre le Renégat (3 sets, abandon) le samedi. Pendant que Doudou a bénéficié d’un jour de repos entre chaque match jusqu’à la finale… Au cinquième set de la finale, partaient-ils à armes égales ? :mrgreen: Bon, c’était un peu la réponse du berger à la bergère, et d’ailleurs mon exemple n’est pas forcément le mieux choisi. La meilleure réponse, elle est venue de Thiem lui-même, qui a expliqué après cette finale qu’il ne se sentait pas capable de battre Nadal au meilleur des cinq sets sur terre. Il parlait du vrai Nadal évidemment, le seul qu’il a connu à Roland :smile: Ils sont une poignée à avoir été capables de rivaliser sur un set, deux sets, et à ma connaissance le Slip est le seul à avoir rivalisé sur 5 sets, à Roland 2013.

      La finale de l’AO 2020, par contre, me laisse un gros regret. Elle est évidemment à ajouter au dossier à charge contre le Phallostrate, mais s’il est une finale où j’aurais vraiment aimé voir Dominic gagner, c’est bien celle-là…

    • Guillaume 13 mai 2024 at 11:46

      J’ai pourtant mis les circonvolutions de rigueur : « 2019 pour moi c’est l’année du What if » + « On ne saura jamais s’il aurait gagné la finale dans des conditions normales »… Je n’aime pas les réécritures de palmarès (d’où mon refus de minimiser l’US 2020 de Domi sous prétexte que Djoko s’était fait disqualifier). Mais qu’il faille remonter à Rafa 2007 pour trouver finaliste de GC aussi désavantagé par rapport à son adversaire montre bien la rareté de la chose – Thiem sera probablement d’ailleurs à jamais le dernier vu qu’il y a dorénavant des toits partout sur les Centraux de GC. Disons juste que ça restera une conviction perso, de celles qu’on ne « lit » pas sur les données chiffrées mais sans lesquelles on n’aurait rien à faire sur des forums :smile: : en config à la régulière, la bagarre ne se serait pas arrêtée aussi abruptement au bout de 2 sets.

  5. Guillaume 13 mai 2024 at 18:15

    N’empêche… Vous les voyez venir, ces six prochains mois où vont s’arrêter tour à tour ou en simultané Nadal, Murray, Wawrinka, Thiem, Cilic, Fognini, Goffin, Gasquet, Schwartzman et Paire… voire, ce qui serait le troll ultime, Djoko médaille d’or autour du cou ?

    • Rubens 13 mai 2024 at 21:21

      Et si tout cela se réalisait, nous n’aurions alors plus que 3 vainqueurs de GC en activité (Meddy, Carlitos et le Béornide). En voila un record hallucinant de l’histoire du tennis :mrgreen:

    • Sam 15 mai 2024 at 12:29

      Sans oublier ‘Nando, qui, raisonnablement, à 40 piges…

  6. Rubens 14 mai 2024 at 21:16

    Et Daniil vient de tomber à son tour à Rome. Pour rester dans l’ambiance de Monte Carlo et de Madrid, je propose une finale Hurkacz/Zverev. Nous serons bien avancés en vue de Roland :smile:

    • Jo 15 mai 2024 at 06:55

      En vue de Roland-Garros, je préconise une finale entre les élégants Sascha & Fanou. C’est le moment idéal pour l’un ou l’autre de faire sauter la banque.

      • Perse 15 mai 2024 at 10:07

        Ce serait très bien pour Zverev qui mérite pour l’ensemble de sa carrière effectivement et valider pour de bon son comeback (mine de rien, c’est très fort ce qu’il a réalisé après sa très grosse blessure de 2022).

        Tsitsipas mérite également bien sûr, idéalement pour 2025 (je pense qu’il doit encore mettre des choses en place niveau revers pour tenir le rythme sur les surfaces rapides).

        En tout cas, les relativement bons résultats de HH me font bien marrer. Mine de rien il est spectaculaire à voir jouer même s’il n’est pas charismatique ni n’a de nationalité intéressante pour faire du business (il réalise des volées et des spins incroyables notamment)!

        De même pour Fritz qui joue bien d’ailleurs en ce moment.

  7. Sam 15 mai 2024 at 12:23

    C’est un peu le bordel, mais c’est plutôt chouette de voir l’ancienne Next Gen reprendre un peu les commandes ! Un tennis générationnellement normal, avec des mecs de 26 ou 27 ans qui gagnent.
    Je crois en une espèce de décompression finale de Djoko. On dirait un type qui se réveille dans un bar après une grosse virée, qui s’aperçoit que ses potes ne sont plus là et qu’il est entouré d’inconnus, de jeunes inconnus qui plus est, « il faut sortir monsieur, vous êtes fatigué ». 38 ans, sérieux…

  8. Rubens 15 mai 2024 at 16:57

    Puisqu’on est au rayon des pronostics, en voici un.

    La Pleine Lune de la Porte d’Auteuil s’ouvrira par le forfait du Béornide, pas encore remis de sa gêne à la hanche droite. Et celui de Gaël Monfils, auteur, lors de la journée Benny Berthet la veille de l’ouverture du tournoi, d’un magnifique Slam Dunk… et d’une mauvaise réception.
    Carlitos, lui, tentera sa chance, mais abandonnera dès le deuxième tour, sa blessure à l’avant-bras se réveillera au pire moment pour lui. Dans la foulée, il ne défendra pas sa couronne à Wimbledon.

    Le Terreminotaure va rater sa sortie en s’inclinant au deuxième tour contre un Nicolas Jarry guère gêné par le lift désormais inoffensif de son adversaire. Rafa aura exactement la sortie qu’il ne voulait pas, consistant à venir, puis à perdre sans être compétitif.

    Programmé le premier dimanche, notre Richie national va faire honneur à la préférence que lui auront témoignée les organisateurs en lui accordant une Wild Card aux dépens de Dominic Thiem, qui il est vrai ne peut rivaliser question palmarès Porte d’Auteuil. Au bord de l’asphyxie au bout d’une heure de jeu, le Biterrois va abandonner. Pas de quoi miner son moral : il sera venu, une fois de plus, pour avoir la chance de se produire sur un grand court. En conférence de presse, un journaliste aventureux se hasardera à lui demander s’il a jamais espéré quoi que ce soit d’autre tout au long de sa carrière. Trois malabars darmaniens expulseront l’impétrant manu militari, dispensant notre Richard de toute réponse à cette question. Quant à Pierre-Hugues Herbert, autre poids-lourd de ces Wild Cards, il chutera lui aussi lourdement dès le premier tour.

    Sur les 11 Français – dont 6 Wild Cards – engagés dans le tableau principal, seuls deux survivront au premier tour, parmi lesquels Ugo Humbert vainqueur d’Arthur Rinderknech. Hugo Gaston se fera disqualifier pour avoir balancé sa raquette avant même le deuxième rebond, c’est-à-dire avant que le point en cours ne soit accordé à son adversaire.

    Daniil va connaître un tournoi difficile. Confronté à deux qualifiés ukrainiens refusant de lui serrer la main lors de ses deux premiers matchs, il ne terminera même pas son troisième tour. Une foule chauffée à blanc, suivant le sillon creusé par celle de Bercy il y a quelques mois, ne manquera pas de siffler le Russe jusqu’à le faire dégoupiller et quitter le terrain.

    Rublo fera son bonhomme de chemin, jusqu’à un quart de finale improbable à l’issue duquel il ne vaincra pas le signe indien. Hors de lui après une décision arbitrale, il hurlera sa rage à la juge de ligne coupable, jusqu’à se faire à son tour disqualifier – et expulser de force par les malabars darmaniens. Contre toute attente, son adversaire l’ami Fritz, terrien bien connu, atteindra sa première demi-finale en Grand Chelem à Paris.

    En phase régression mormone orthodoxe, Fanou tombera sans gloire au troisième tour, non sans une engueulade mémorable avec son père dans les tribunes, paternel dont il obtiendra finalement l’expulsion par les malabars darmaniens. Deunis et Lorenzo n’iront pas loin non plus. Casperito, en manque de sensations, sombrera dès le deuxième tour.

    Quant à ma pépite de l’année dernière, Daniel Altmaier, il ne connaîtra pas le même succès cette année. Opposé au premier tour à Djoko, il ne pèsera pas bien lourd. La grande affaire de ce match, ce sera une scène surréaliste du Slip demandant l’expulsion de l’arbitre, auteur selon lui de plusieurs décisions litigieuses. Un Slip bien remonté (c’est le cas de le dire) expliquera au juge-arbitre qu’il connaît cet arbitre, et qu’il est à moitié Kosovar par alliance. Le match sera interrompu, le temps qu’arrive le verdict de la directrice en personne, Amélie Mauresmo. Conforme à la tradition française, Amélie essaiera bien de copiler en urgence avec ses homologues les autres levées du Grand Chelem pour leur demander ce qu’ils feraient à sa place, mais ils seront indisponibles. C’est donc toute seule comme une grande qu’Amélie décidera que la présence de Novak Djokovic est plus importante que celle d’un arbitre ; a posteriori, et après une enquête d’une implacable rigueur, Amélie précisera qu’en effet l’arbitre est à moitié Kosovar par alliance.

    Poussé dans ses retranchements en huitièmes de finale face à Laslo Djere, le Slip va mimer l’agonie pendant toute la deuxième partie du match. En conférence de presse, il expliquera qu’il a le fémur droit fracturé. Devant les commentaires, disons prudents, sur la réalité de cette blessure, Slip publiera le lendemain une radio de son fémur fracturé – la radio aura même été prise avec la hache encore enfoncée dans l’os. Il faudra quelques jours à Die Welt pour indiquer que le fémur est un gauche, et que manifestement il appartient à un primate de petite taille et non à un humain. Questionné à ce sujet, Slip annoncera ne plus souhaiter répondre à ces questions. Il engloutira l’ami Fritz en demi-finale.

    Dans une moitié basse de tableau décimée par les défaites de Carlitos et Meddy, Sasha Zverev tracera sa route jusqu’en quarts de finale. Mais il va tomber sur un os, en la personne de Karen Khachanov. Un grand thriller en cinq sets, un concours de poètes symbolisé par un service de Sasha où la balle restera coincée dans la terre sans le moindre rebond. Il faudra 3 ramasseurs de balles pour aller la déterrer.

    Dans ce concert totalement désordonné, la tête à claques Holgruge sortira du bois, terrassant successivement Hurkacz, De Minaur et Khachanov en demi, non sans multiplier les gestes de provocation à l’égard de l’adversaire et du public.

    Au point que lors de la finale contre Slip, le public hésitera sur lequel est le plus détestable. La finale sera de toute façon sans suspense, Slip ne laissant que 5 jeux à son adversaire. En conférence de presse, le vainqueur insistera sur le défi émotionnel, bien plus que tennistique, qu’aura été cette quinzaine sur l’ocre parisien. A une question sur ses méthodes pour aller puiser un supplément d’âme lors de la deuxième semaine, Slip répondra qu’il expérimente une nouvelle méthode basée sur l’alignement des astres pour ouvrir ses chakras et communier avec Pepe Imaz.

    Le meilleur pour la fin : Roger Federer, longtemps pressenti pour remettre la Coupe des Mousquetaires au vainqueur, sera récusé par le Slip dès le vendredi soir, pour cause de potentielle concurrence déloyale à l’applaudimètre. Amélie tentera là encore un COPIL en Duplex avec Melbourne, Londres et New York, pour voir ce qu’il y a lieu de décider. En vain. En désespoir de cause, Amélie se rabattra sur ce cher Bébert Costa, sans aucun doute le plus charismatique des vainqueurs du demi-siècle écoulé. La photo finale rassemblera donc Slip, Bébert et Holgruge, avec Moretton et Amélie tout sourire au second plan.

    Guillaume, je t’ai crayonné ton grand CR du prochain Roland. A toi d’ajuster :mrgreen:

    • Perse 15 mai 2024 at 23:11

      Excellent !

      Et chez les femmes ? A quand Kostyuk sortant un flingue pour descendre Sabalenka à un changement de côté?

    • Colin 16 mai 2024 at 18:55

      Passionnant mais tu oublies de faire un pronostic sur ce qui pourrait bien arriver à Corentin Moutet lors de sa défaite au premier tour face à un qualifié Ouzbèke. Et pourtant, ça devrait stimuler ton imagination car on sait bien que tout peut arriver, y compris le plus improbable, avec le MacEnroe de Neuilly-Sur-Seine.

    • Jo 17 mai 2024 at 07:29

      Les événements récents le montrent, le grand remplacement, c’est du grand n’importe quoi.

      P.-S. – Que vient faire Marius Copil dans cette histoire ?

    • Rubens 17 mai 2024 at 09:23

      Oh oui Colin, mais comment ai-je pu oublier ce cher Corentin Moutet ? Je vous propose d’ailleurs un petit devoir à rendre : imaginez le destin de Corentin Moutet lors du prochain Roland. Vous avez 3 heures.

      Ce n’est pas si simple, il a placé la barre à des hauteurs insoupçonnées. Ce type défie l’imagination.

      Voici ma copie.

      En guise de préambule, je dois préciser, au cas où vous ne l’auriez pas encore deviné, que toute ma bafouille précédente liste ce que je ne souhaite ABSOLUMENT PAS. Pour Corentin, je vais faire une exception.

      Vous vous attendez tous à ce que Corentin perde au premier tour (bon, là c’est facile) et qu’il ne termine même pas son match (presque aussi évident). Vous aurez raison, mais il ne va pas être disqualifié, il va devoir abandonner.

      Corentin sera opposé à un Lucky Loser kazakh, ou tatar, ou bohémien, bref, une de ces contrées situées à l’est du Périgord.

      Son sort à long terme sera scellé dès l’entame du match : le juge-arbitre aura la très mauvaise idée de lui mettre l’arbitresse Marijana Veljovic dans les pattes. Au moment du toss initial, il va tenter de l’amadouer en lui mettant le bras sur l’épaule. Pendant le match, #balancetonporc aiguisera ses dagues.

      Déjà sanctionné à deux reprises – avertissement, puis point de pénalité pour comportement anti-sportif – Corentin va nous faire une Gaudio (https://www.youtube.com/watch?v=X_9nmpp4zO0) en plein deuxième set.

      Fouillant dans son sac à la recherche d’un deuxième short, il va alors constater avec horreur qu’il n’en a pas. Il est assez c… pour ne pas éteindre son téléphone pendant un match, je lui fais entièrement confiance pour oublier un short de rechange. Son adversaire mort de rire, qui se nourrit exclusivement de blattes et de cailloux albanais, pèse 25kg de moins que lui et ne pourra pas lui prêter un short.

      Confronté à un public chauffé à blanc qui avait prévu de lui apporter du café mais pas un short, Corentin va en être réduit à demander à l’arbitre si elle veut bien lui prêter sa jupe. Devant son refus ferme, Corentin va devoir abandonner, non sans avoir tenté de claquer la bise à Marijana en guise de poignée de mains.

      La carrière tennistique de Corentin Moutet – ou du moins ce qu’il imagine sans doute être une carrière tennistique – connaîtra là son point final. Exclu par l’ATP pour harcèlement sexuel caractérisé sur un membre du corps arbitral, il écopera d’une suspension longue. Cible de choix pour #balancetonporc, il fera l’objet d’éditoriaux réguliers chez Hanouna, mais plus jamais dans les médias parlant de tennis, et nous en serons enfin débarrassés.

      • Colin 18 mai 2024 at 19:58

        Triste fin pour le Rod Laver du 92. Je n’ai pas du tout envie d’en être débarrassé. Le circuit ATP serait tellement plus ennuyeux sans lui…

  9. Jo 16 mai 2024 at 08:57

    Et pendant ce temps-là, Cloclo Federer, disparu à l’âge immémorial de 39 ans, poursuit sa tournée posthume et pécuniaire. Vivement le biopic !

    https://youtu.be/lRr1w8ZogY4?si=dXUmS7vv33EurUYt

  10. Jo 19 mai 2024 at 13:04

    Retour vers le futur. Ce tournoi de Rome a donné lieu à un charivari, un chamboule-tout, un tohu-bohu. Pour quoi ? Je vais vous le dire. Un scénario que l’on eût pu prévoir dès le début de la décennie : un face-à-face final entre deux types de 2 m qui savent servir, courir et tenir l’échange. Comme quoi.

    • Perse 20 mai 2024 at 15:32

      Et comme le plus souvent, c’est celui qui court et tient le mieux l’échange qui remporte la mise : Zverev est expert dans la bataille du centre avec sa longueur, sa régularité et son volume. Alors quand il sert à 90% de 1ères balles tombant de 2m50 du sol à 215 de moyenne, c’est difficile de l’attaquer.

      Jarry a toujours eu du talent et des capacité de robot soviétique mais sa suspension pour dopage ne peut que jeter une ombre sur ses résultats : c’est en tout cas un sacré battant qui peut faire des points spectaculaires.

      • Jo 21 mai 2024 at 14:42

        Je trouve Nico tout à fait regardable avec ses grandes frappes déliées. Il a sa place en tant que second couteau de haut niveau.

  11. Sam 20 mai 2024 at 19:35

    Formidable cette idée de retransmettre / marketer les qualifs !
    Je viens de voir Pouille se faire sortir sans discussion par ce jeune XXXic, une belle brute qui pourrait aller loin, même en tennis.
    Et à présent, Paire qui donne le premier set en 20 mn, avec ces commentaires que l’on croirait copiés collés d’innombrables matchs précédents : « il n’y est pas du tout », « il se débarrasse de la balle », etc…

    • Jo 21 mai 2024 at 15:03

      Papouille devrait faire comme son conscrit Tim-Tim, prendre sa retraite. Il n’y arrive plus, à moins de se reconvertir en joueur de Challenger. Il a sauvé ce qu’il fallait prendre : performances en Grand Chelem, victoire en Coupe Davis, quatre finales en France dont deux titres, un ATP 500.

      Je serai plus indulgent avec le look de Pépaire. Sur ce point, il peut se permettre certaines excentricités. Sa barbe de ZZ Top lui sied quoiqu’il fût encore plus beau gosse en la raccourcissant. Quant à sa tenue, elle se marie (mariait) harmonieusement avec la terre battue, qui atténue le côté orange vif.

    • Guillaume 22 mai 2024 at 17:27

      « Y’a un style, une patte Rinderknech », vient de me sortir de ma torpeur le commentateur du lénifiant Tiafoe / Rinderknech sur BeIn. Disons pudiquement que ce n’est pas forcément sur ce joueur-là que j’aurais sorti cette expression précise (surtout sur cette surface qui leur brûle les pieds à tous les deux).
      Ce matin, c’était la nana préposée aux qualifs de RG sur l’app France TV qui haussait le ton pour s’exclamer à l’issue d’un rallye « qu’est-ce qu’il (Enzo Couacaud) a dû mettre pour percer la barrière Vacherot ». Vous connaissiez le mur de l’Atlantique, voici la muraille de Roquebrune-Cap-Martin.

      Vous me direz, il y a plus d’effets de style là-dedans que dans les « il en a trop mis », « il n’en a pas mis assez » et autres variations à base de « il en mis plus » de rigueur chez Eurosport.

      En matière de commentaire, je garde le rappel que faisait Hervé Duthu l’an passé, ramené de ses îles pour les 40 ans de la victoire de vous-savez-qui : il faut aussi savoir se taire, et laisser le match parler. En poussant un brin, on pourrait même dire que s’il y a trop de bla-bla, c’est que le match est mauvais, le commentateur réduit à meubler / survendre :mrgreen:

  12. Sam 20 mai 2024 at 19:38

    En termes de look, tout de même, le Benoît, c’est quelque chose : vous vous imagineriez avec une longue barge, vêtu d’un short et d’un polo…Oranges vifs ?

  13. Jo 22 mai 2024 at 14:18

    IT’S THE WOOORST… WONDERFUL THIIIEM… OF THE YEAAAAAAR…

  14. Sam 24 mai 2024 at 19:03

    Quelques matchs du premier tour sympas pour cette édition du French :
    - Fognigni – Van de Zandt, je ne savais pas que Fabio pouvait encore intégrer un tableau final de majeur,
    - La nouvelle vague de spécialistes US de la TB, Fritz et Paul, Vs l’Argentine de Cachin et Coria,
    - Arthur – Aka La Patte – Rinderkuche, Vs Walton,
    - Mpetschi Perricard Vs Goffin, le jeune Français va-t-il confirmer sa perf Lyonnaise et sa maîtrise du retour de service à la cuillère contre le vieux Belge ?
    -Evans – Rune, le match des branleurs, à fond derrière le hooligan rosbif,
    - Fuscovic Vs Tsi : je sais pas pourquoi j’ai une sympathie toute particulière pour Fusco, bref, des R1M quoi,
    - Shelton, y’a l’téléphone qui son,
    - Korda et sa montre à 30 K €, Vs Mayot…
    - L’Artiste Du 9-2 Vs Jarry Le Solide !
    - Wawrinka Vs Murray Vs Gasquet Vs Coric : le coin des jeunes !

    Avec tout ça, on ne va pas s’ennuyer lundi…Je crois n’oublier personne.

  15. Perse 24 mai 2024 at 21:42

    De retour des qualifications aujourd’hui. De plus en plus de monde dès cette « Opening Week » et avec l’ouverture (libre !) du Lenglen comme nouveauté. J’ai eu la chance de pouvoir me mettre tout en bas dans l’axe, meilleure position !

    Comme d’habitude, il est toujours difficile de gérer la chaleur : soleil et les courts sont des chaudrons où on cuit rapidement, nuage et on sent le courant d’air vivifiant, presque trop.

    Pour les matchs, ce dernier tour a été avare de gros combats et de tripes sur la tables, le programme étant terminé dès 18h.

    D’abord au court n°7 pour regarder JJ Wolf vs Jesper de Jong.

    JJW a bien la même gestuelle particulière qu’à la télé, et paraît nettement plus costaud en vrai. En fait il fait 1,82m et non pas 1,69 comme Hugo Gaston que l’on pourrait penser.

    Jesper De Jong est un petit gabarit : 1,80m et 70 kg nettement plus sec qui fait partie du dernier quartile parmi ses compatriotes et confrères.

    En revanche, sa première balle dépote et il joue bien à l’inverse de Wolf qui a une grosse panne sur ce coup (il a traversé des jeux entiers avec des DF et pas une seule balle à plus de 150 km/h dans le court).

    Résultat des courses : branlée 61 / 62 pour Jesper De Jong le néerlandais.

    Par la suite, j’ai suivi sur le court n°14 qui est le « nouveau n°1″ pour l’ambiance ; un vrai chaudron situé au fond du complexe le match entre Meligeni Alves le brésilien déjà vu l’année précédente opposé dans un derby brésilo portugais à Jaime Faria.

    Alves comme l’année dernière est un attaquant de fond qui met beaucoup de volume dans ses frappes ; Faria a une grosse première balle, un jeu plus à plat et un répertoire du fond plus anodin.

    Par conséquent, Faria était en danger dès que la première ne passait pas, et avait des difficultés en retour. Le 1er set emballé après un break précoce, le 2ème a été une leçon de gestion de momentum et a bien démontré l’aspect mental du tennis.

    En effet, Faria dans de bien meilleures disposition remporte le jeu inaugural puis menace enfin sérieusement le service d’Alves sans réussite.

    Malheureusement à 2-3, une séquence de 3 points très intenses et chauds où Alves mets des balles tout justes bonnes frustrent Faria qui sort du match et perd les derniers jeu en 8 min.

    Victoire du Brésilien 64-62.

    Passage au Lenglen où on arrive à se glisser à la meilleure place : premier rang en bas, je peux presque toucher les joueurs.

    C’est la finaliste 2012, Sara Errani opposée à Elena-Gabriela Ruse pour une opposition de style.

    En effet, Ruse a une gestuelle très longue et ample, Errani est ultra-compact tout en contre. Errani a un service légendaire, c’est rare de voir le radar afficher des valeurs inférieures à 100 km/h et c’est pourtant courant pour elle.

    En vrai, Errani est incroyable : c’est un pur morpion qui ne rate pas un seul coup et qui provoquent les fautes avec des balles neutres qui ne font que nourrir l’agressivité adverses qui finit par pousser à la faute. En plus, Errani contre de façon exceptionnelle, ce qui fait l’effet d’un coup de surin supplémentaire.

    L’ambiance était et assez gauloise sur le Lenglen dans l’ensemble avec forces applaudissements et slogans, des holas de temps en temps etc…

    Ce match-là, un fan-club autodéclaré d’Errani très vocal situé juste à côté de moi entaché par un membre qui flirtait avec la limite trop souvent en s’en prenant à la roumaine.

    La voyant à 1m, il était clair que cela l’affectait.

    Victoire « phasmique » d’Errani 76 / 76.

    Dernier match sur le Lenglen : Zizou Bergs vs Mathias Bourg

    Très sympa en terme de spectacle même si Bergs était nettement supérieur. Le match a pris 25 min de rab à cause de l’incapacité du Belge à conclure où sa fébrilité lui fit commettre DF & autres mauvais tactiques combiné à un retour de balancier niveau chance/initiatives du Français.

    Bergs s’en est sorti 62 / 76.

    Comme toujours une super expérience, et cela coûte moins qu’une séance de cinéma dans un cadre très beau et un niveau de jeu qui demeure très homogène.

    A noter que j’ai trouvé une grande différence sur les hauteurs de rebonds entre le Lenglen (vraiment très bas sur les balles à plat) par rapport aux courts annexes.

  16. Jo 25 mai 2024 at 07:33

    Il est fort ce Rafa. Grâce à la main de Dieu (et de Marie-Jo Pérec et des Chinois de l’IA), il va quitter la scène sur une finale à l’envers. Grosse affiche, remise des prix, discours, séquence émotions. Qui sait, après avoir tyrannisé le tournoi pendant vingt ans, il va peut-être même nous offrir cinq sets !

  17. Perse 26 mai 2024 at 11:32

    Allez, renouons avec la tradition du match-calling.

    Quel plaisir d’avoir le retour de RG et rien de tel sur le Lenglen qu’un Humbert-Sonego pour se mettre en jambe.

    Certes pas du jeu de TB mais j’aime leur trajectoire, leur grâcilité et puis Sonego alterne mauvais caractère et sourire d’appréciation des jolis points.

    Equilibré pour le moment.

  18. Jo 26 mai 2024 at 13:53

    Ouverture du tournoi, c’est le premier jour du reste de ta vie. PLUS COOONFIDEEENTIEEEEEEL…

    • Sam 26 mai 2024 at 17:05

      Ah oui, effectivement, je découvre le Plus Confidennntielll du joueur Rennais, alors que j’encourage ma joueuse préférée, qui joue contre Garcia.

  19. Sam 27 mai 2024 at 16:16

    6/3 logique. Zverev ne donne pas du tout l’impression de forcer. Nadal est juste, trop juste. A ce rythme là, même chaparder un set au courage, à l’honneur, au mourir sur le court et au Vamos semble très hypothétique.

  20. Kristian 27 mai 2024 at 16:33

    Zverev est quand meme super solide. Probablement a son niveau d’ici meme il y a 2 ans. Nadal n’est pas mauvais, mais il n’y est plus lui a ce niveau la

    • Perse 27 mai 2024 at 16:37

      Je pense que c’est surtout Nadal qui s’est affaibli même si évidemment Zverev joue bien. Quoique ce début de 2ème set est très équilibré.

      Au moins Tsitsipas a bien joué contre Fuscovics qui était réduit à l’impuissance.

  21. Nathan 27 mai 2024 at 17:01

    il est bon Zverev !

  22. Nathan 27 mai 2024 at 17:03

    Et voilà, je lui porte malheur !

  23. Kristian 27 mai 2024 at 17:35

    Nadal est quand meme pas mauvais du tout. Sur les 127 joueurs qu’il aurait pu rencontrer au premier tour, il en aurait peut etre bien battu 120. Mais la c’est un peu trop dur

    • Perse 27 mai 2024 at 17:47

      Il n’est pas évident de bien appréhender le niveau de jeu de Nadal. Je note surtout que Zverev débreake à chaque fois relativement facilement, ce qui me fait penser que Zverev fait du cadrage mais est très loin de tout mettre. Contrairement au commentaire France TV, je pense que Zverev joue à 90% et en contrôle : Nadal n’est fondamentalement pas dangereux et Zverev peut monter dans les tours sur commande s’il se fait un peu malmener comme c’est le cas en ce moment.
      Au global, c’est un chouette baroud d’honneur de Nadal mais pas vraiment un match compétitif. De beaux points cela dit.

  24. Nathan 27 mai 2024 at 17:44

    Le match devient très intéressant.

  25. Sam 27 mai 2024 at 18:12

    Tout à fait ok avec Perse. Z est loin du surrégime.
    Nadal aurait pu passer devant pas mal de top 30, mais là, non. Un paquet de points fin de deuxième où clairement, il écourte.

  26. Perse 27 mai 2024 at 18:34

    C’est fini.

    Vraiment le combat du vieux vieux lion alpha contre un Jeune Turc : défaite inéluctable par la force du temps même si l’orgueil et l’honneur du vieux brouillent la réalité du rapport de force.

    Le match a été plus serré que le PHM-Kuerten de 2007 (où PHM l’a dit, que c’était une exhibition et qu’il a fait des efforts pour mettre en valeur son adversaire qui jouait équivalent -15 de l’époque) mais il aurait vraiment fallu que Zverev se prenne la foudre pour ne pas gagner ce match.

    • Kristian 27 mai 2024 at 18:59

      Ce n’etait pas du tout comparable ou PHM-Kuerten de 2008 que j’avais vraiment trouve pathetique pour le coup. ET meme assez stupefait qu’on gache un WC pour une prestation aussi indigne d’un GC

      • Perse 27 mai 2024 at 19:11

        Ce n’était pas tout à fait comparable et Nadal a nettement mieux présenté mais il y aura un énorme hiatus entre le traitement journalistique et médiatique de ce match et celui opéré par la sphère sportive (Nadal ne joue pas mieux que Murray et a perdu son « step »).

  27. Coach Kevinovitch 27 mai 2024 at 18:45

    C’est con, Nadal aurait pu gagner un match ou deux s’il n’était pas tombé sur Zverev qui aura finalement eu la maîtrise des évènements.

    • Perse 27 mai 2024 at 18:51

      Rien de regrettable. Il meurt exécuté par une grosse tête de série plutôt que par l’équivalent d’un Benjamin Becker, cela permettra de cacher le fait qu’il était grabataire en 2024.

      La légende s’en emparera dans le futur pour continuer à chanter sa gloire. Au moins pour le tournoi de cette année, on va pouvoir mettre les projecteurs sur les surprises et vivre dans le présent plutôt que dans l’idolâtrie du passé.

      • Sam 27 mai 2024 at 18:58

        Encore d’accord. Mieux valait cette défaite plus que digne devant un cador que qui que ce soit d’autre, voire même un ou deux tours laborieux avant de tomber.

  28. Perse 27 mai 2024 at 19:22

    Place à Van Assche contre Shapovalov.

    Dingue comme VA est longiligne alors qu’il fait 180cm. Sinon Shapovalov a toujours sa belle gestuelle qui attire le public. Il plafonne cette année mais je le trouve nettement plus proche et capable du retour que ne l’était Thiem ces dernières années.

    Sinon hécatombe chez les Français.

  29. Colin 27 mai 2024 at 21:57

    Pour une fois Gasquet a fait mieux que Nadal à Roland Garros.
    Bon, ceci dit, j’ai vérifié, ce n’est pas la première fois. Il y avait eu un précédent en 2016 (quart contre forfait au 3ème tour).
    Et puis 2002, 2003 ou 2004 où Richie n’avait pas vraiment fait mieux puisqu’il n’avait pas passé le 1er tour, pendant que Nadal était absent.

  30. Perse 28 mai 2024 at 17:06

    Les toit permettent de sauver le flux télévisuel aujourd’hui.

    Pas de grosses surprises jusqu’à maintenant, Cazaux s’est pas mal battu mais trop irrégulier.

    Là je regarde un peu Mladenovic contre Martic et je suis atterré de voir que Mladenovic n’est plus capable de servir au-delà de 150 km/h, elle qui avait l’une des cannonball les plus rapides du circuit en jeunesse.

    Je pense qu’en fin de journée, le court 7 sera bien rempli avec Boulter/Badosa toutefois.

  31. Rubens 28 mai 2024 at 18:14

    Vassiliovitch Gamella sur le 10. Il m’avait manqué.

  32. Rubens 29 mai 2024 at 09:09

    J’ai découvert David Goffin en 2012. Issu des qualifications, il avait mis fin à la carrière d’Arnaud Clément sur un court annexe. Je me souviens de quelques matchs que David a livrés à Roland contre des Français : Chardy en 2015 (défaite), Monfils en 2019 (victoire). Des matchs disputés devant des publics partisans mais jamais antisportifs.

    Un cérébral le David. Jamais un mot plus haut que l’autre pendant un match, serré ou non, qu’il soit devant au score ou non. Une personnalité faisant écho à son jeu : calme, posé, réfléchi.

    Mais là il en a gros le David. D’aucuns, l’an dernier, avaient mis Taylor Fritz sur le grill à la fin de son match contre Rinderknech. Il faut dire qu’il était surexcité, l’ami Fritz. Quatre sets à se faire injurier, ça crée un paquet de soupapes à libérer. Aujourd’hui c’est David Goffin. Je répète : David Goffin.

    A quel moment les autorités de Roland Garros vont-elles prendre vraiment conscience qu’il y a un problème avec le public ? Faudra-t-il attendre que Jannik Sinner, Casper Ruud, Karen Khachanov et Félix Auger-Aliassime craquent à leur tour ?

    • Kristian 29 mai 2024 at 09:37

      Certes. Ceci dit, d’ici demain soir il n’y aura plus de francais a Roland Garros et tout cela devrait vite se calmer.

      • Rubens 29 mai 2024 at 10:50

        En effet, il y a des chances bien réelles que ce cirque prenne fin demain soir. Cela ne le rend pas plus acceptable.

    • Perse 29 mai 2024 at 12:44

      La dégradation de la civilité du public à RG ne date pas d’hier mais c’est vrai que depuis quelques années, il arrive qu’une partie trop importante se délecte de la fange en étant grossier, agressif et surtout irrespectueux et inculte du circuit.

      Déjà vendredi dernier avec le club des « supporteurs d’Errani » dont 1 jeune outrepassait largement la limite avec la joueuse roumaine.

      Partisan, oui absolument, odieux et insultant comme souvent en Amérique du Sud, non ! Toutefois, on peut regretter que la plupart des têtes à claques du circuit actuellement sont françaises (Moutet, Paire) et que le public prennent fait et cause pour eux n’apporte rien de bon non plus.

      Pour moi, j’ai commencé à le noter dès 2009 lors d’un 2ème tour Safin/Ouanna où le premier se faisait huer et insulter alors que Marat était égal à lui-même et pas insultant vis-à-vis de son adversaire ou du public ; simplement en pleine autodestruction comme cela lui arrivati parfois.

  33. Rubens 29 mai 2024 at 10:28

    J’ai sciemment laissé passer le premier jour du reste de nos vies, hier, pour prendre mon clavier à propos de Rafa.

    Je lis ici ou là que seuls quelques joueurs auraient été en mesure de le battre, qu’hélas Zverev étaient un de ceux-là, qu’il faudra faire très attention à lui aux JO, etc.

    Je ne le pense pas.

    Tout d’abord, il faut prendre en compte le contexte émotionnel de ce match. En lisant la conférence de presse de Zverev, je crois qu’il touche juste en disant que ce match était un moment à part, et que son vrai tournoi commencera au tour suivant. Que valait Zverev lundi ? C’était solide à n’en pas douter, mais à chaque fois qu’il a eu besoin d’appuyer sur l’accélérateur pour s’épargner une perte de set et d’énergie inutile (notamment au deuxième) il l’a fait. Ce match ne dit pas grand chose, en fait, de l’état de forme de Sacha. Lors de son deuxième tour contre Goffin, la dimension émotionnelle de son match contre Rafa aura disparu, nous verrons alors s’il est ou non en mesure d’aller loin dans le tournoi. Pour ma part, je pense et j’espère qu’il ira loin, et ce n’est sûrement pas à cause de sa prestation contre Rafa.

    Mais si ce match ne dit rien de l’état de forme de Sacha, il est en revanche révélateur de celui de Nadal. Et là cher Rafa, à toi qui a construit ton palmarès de titan à partir de faits et non à partir d’histoires pour Bisounours, il va bien falloir dire deux ou trois choses qui fâchent.

    Ton lift, qui t’a valu 14 couronnes sur l’ocre parisien, était gênant lundi. Gênant, donc. Pas neutre. Mais pas non plus insurmontable pour l’adversaire. De tous tes adversaires potentiels du grand tableau, ils n’étaient pas une poignée à être capables de soutenir ta cadence, ils étaient sans doute une bonne quarantaine. A ta grande époque, personne n’y parvenait.

    Le nombre de fautes directes… Elevé. Trop élevé. Engagement variable dans les frappes, beaucoup de fautes sur des balles anodines. Beaucoup trop. Tu as remporté 14 fois Roland en commettant 1 à 4 fautes directes par set. Tu sais mieux que personne combien tu en as commis lundi, et tu sais aussi que jamais tu n’aurais remporté Roland Garros en faisant autant de fautes. Trop de balles courtes, aussi. Des balles attaquables par beaucoup de joueurs.

    Et je terminerai ce sombre tableau en rappelant qu’à Madrid et à Rome, tes deux victoires en trois sets contre Cachin et Bergs ont été suivies de deux défaites indigentes face à Lehecka et Hurkacz. Autant de défaites étranges par leur déroulement, qui évoquent possiblement une difficulté à récupérer d’un match long. Nous ne savons rien de l’énergie que Rafa aurait pu déployer lundi en cas de quatrième set, et sa défaite en trois sets lui a donc peut-être épargné une défaite pour déficit d’endurance.

    Pour dire les choses clairement, je crois que Rafa a eu beaucoup de chance de tomber sur Zverev au premier tour. Il a fait une prestation honorable face au n°4 mondial, il s’est incliné sur le Central en trois sets serrés. Puisqu’il semble être question des JO, je ne suis pas certain que le sort lui sera aussi favorable. Et je préfère, pour lui évidemment, une sortie par le haut comme celle de lundi, à une sortie par la toute petite porte aux JO contre un 60ème mondial face auquel ses lacunes en termes de vitesse, de puissance et d’endurance éclateraient au grand jour. Ses sorties de route à Barcelone, Madrid et Rome ressemblent fort à cela, et c’est bien cela qui le guette.

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