Vous avez dit « polyvalents » ?

By  | 15 juin 2010 | Filed under: Regards

Aujourd’hui, il est courant de parler d’une « uniformisation des surfaces ». La différence entre l’herbe, le dur et la terre battue serait devenue moins nette qu’avant. Pour preuve la victoire du terrien Nadal à Wimbledon en 2008 et les deux finales parisiennes de Söderling, joueur catalogué « indoor  » non pas à Bercy mais bien à Roland-Garros. En réalité, cette homogénéisation semble beaucoup moins claire qu’on peut l’entendre dire. Tout d’abord, aux nouveaux 15-lovers, nous ne pouvons que conseiller d’aller lire l’article « De la vitesse du jeu dans les différents Grands chelems… » qui montre clairement que Wimbledon reste assez nettement la surface la plus rapide des quatre et que la vitesse sur terre battue dépend beaucoup des conditions atmosphérique.

Mais le but de cet article n’est pas d’étudier une nouvelle fois les différents types de surface. Nous nous attacherons plutôt à étudier les joueurs et leur polyvalence. En effet, en plus d’une homogénéisation des surfaces, on assisterait à l’émergence de joueurs complets multisurfaces et à la fin des spécialistes. Le Grand chelem en carrière de Federer et les victoires de Nadal en Grand chelem sur les trois surfaces (terre battue, gazon, dur) en seraient les premières manifestations. Or, force est de constater que ce n’est pas vraiment le cas.
Avant de nous lancer de le développement, exposons juste notre définition de ce que serait un joueur polyvalent : un joueur ayant une surface préférée, comme tout un chacun, mais qui se sentirait aussi à l’aise sur les autres surfaces, et surtout un joueur qui aurait des écarts de performance réduits entre les différentes surfaces.

Tout d’abord, étudions le palmarès sur les différentes surfaces. Très vite, un fait saute aux yeux : la concurrence sur surface naturelle (terre battue et gazon) semble  plus faible que sur dur. Une statistique suffit à le symboliser : sur gazon, trois joueurs se sont partagés l’affiche des six dernières finales (Federer par six fois, Nadal et Roddick trois fois), et sur terre battue ils ne sont que quatre (Nadal cinq fois, Federer quatre fois, Söderling deux fois, Puerta une fois). A mettre en comparaison avec l’Open d’Australie (huit joueurs) et l’US Open (sept joueurs). Autre chose, les joueurs dominants sur gazon et sur herbe semblent être des joueurs d’expérience alors que l’US Open et surtout l’Open d’Australie font régulièrement de la place pour de jeunes pousses et des surprises en finales. On remarquera d’ailleurs que le monopole Federer / Nadal sur terre et sur gazon n’a jamais été brisé ces cinq dernières années, alors qu’il a été bousculé une fois à New-York et deux fois à Melbourne.

Regardons maintenant surface par surface. En premier lieu la terre battue. De quelles armes doit disposer un joueur qui veut s’y imposer ? On peut en citer deux : un jeu de fond de court solide (en particulier au niveau de la défense), un coup droit redoutable. A partir de là, regardons nos trois joueurs (nous écarterons Puerta de l’analyse, et pas seulement pour son contrôle positif juste après Roland-Garros 2005). Nadal a tout à fait le jeu adapté à la terre battue : la réputation de son lift n’est plus à faire, tout comme la qualité de sa défense. Pour Federer, le coup droit ne pose pas de problème non plus, mais son niveau en défense de fond de court fut un temps problématique. Il a su s’améliorer néanmoins sur ce point : un petit homme vert n’a-t-il pas dit qu’il a gagné en 2009 « en jouant comme Murray » ? Söderling lui aussi dispose d’un coup droit redoutable, mais ses difficultés en défense expliquent peut-être ses défaites en trois sets en 2009 comme en 2010.

Maintenant le gazon. Quels sont les coups essentiels sur herbe ? En premier lieu, le service est une condition sine qua non pour qui veut l’emporter à Wimbledon. Si Justine Hénin n’a jamais réussi à s’imposer là-bas, c’est bien parce que ses services expédiés du haut de son 1,67m n’y ont jamais fait peur à quiconque. La volée a longtemps été l’autre coup essentiel pour espérer s’imposer à Londres. Aujourd’hui, elle a perdu de son importance, mais mieux vaut en disposer dans son arsenal. Un Américain pourra vous le confirmer… Regardons maintenant nos trois joueurs. Federer dispose des meilleures armes pour s’imposer : un service redoutable et un jeu d’attaque solide qui s’est encore vu lors de sa demi-finale contre Haas l’année dernière. Roddick dispose bien évidemment du service, son arme majeure. Son grand drame est de ne pas être un volleyeur naturel. Malgré toute sa bonne volonté, la volée du Texan, bien qu’acceptable, est encore loin d’être sans faille, et sa défaite l’année dernière n’aura fait que le confirmer. Pour Nadal, le problème semble plus délicat. A première vue, il semble n’avoir aucune des deux armes citées ci-dessus. En réalité, son service slicé est une arme très fiable qui lui permet de s’ouvrir le court et ainsi de prendre le contrôle de l’échange. Quant à sa volée, elle est incontestablement très propre : si l’Espagnol monte assez peu au filet, il est en revanche assez rare qu’il s’y rate. On remarquera néanmoins qu’en 2007, Nadal perd le match sur le service, et qu’en 2008 il devra livrer le match de sa vie en étant alors dans une période de pleine confiance pour l’emporter à l’arraché. Sa victoire de 2008 doit plus être vue comme la marque d’un exploit que comme la manifestation de la polyvalence de l’Espagnol. Nadal a remporté cinq grands chelems sur sept sur terre (71%) alors qu’il n’y en a qu’un sur quatre par an (25%). De même, il a remporté 13 Masters 1000 sur 18 (72%) sur terre alors qu’il n’y en a que 3/9 par an (33%). On a clairement affaire ici à un spécialiste dont le niveau de jeu change très nettement selon la surface, ce qui ne permet pas de le classer comme un joueur polyvalent selon la définition donnée en introduction, l’écart de performance étant trop important entre la terre et les autres surfaces.

Attachons-nous maintenant à étudier les autres joueurs du Top 8, spécialement les plus jeunes. En effet, l’évolution vers des joueurs polyvalents devrait particulièrement se voir chez eux. Qu’en est-il ? Tout d’abord, un fait évident apparaît ces joueurs ont chacun une surface « faible », et non pas « moins bonne » comme Nadal et Federer. L’herbe semble la surface la moins domestiquée. Djokovic, Davydenko et del Potro sont clairement moyens sur cette surface, même si c’est un peu moins net pour le Serbe qui peut d’ailleurs se faire quelques cheveux blanc pour Wimbledon vu l’efficacité actuelle de son service. La terre battue, elle, semble poser de réels problèmes à Roddick, Murray et Cilic. Ecartons les anciens (Davydenko et Roddick) pour nous attacher à l’étude des jeunes joueurs.
Djokovic semble le plus apte à pouvoir s’imposer à la fois sur gazon et sur terre. Il est d’ailleurs le seul des six joueurs cités à avoir atteint les demi-finales à la fois à Roland-Garros et à Wimbledon. Néanmoins, sur herbe, son service fait aujourd’hui défaut et son nouveau style de jeu type « contreur » pourrait lui poser un problème sur herbe vue la nécessité de pouvoir rapidement passer d’une position défensive à une position offensive au cours de l’échange. Le pire pour le Serbe est qu’il peut aussi se faire quelques soucis pour la terre : en effet, son style de jeu est adapté à la surface mais nécessite une caisse physique dont il ne dispose pas (plus ?). Serait-il finalement réduit à espérer des résultats uniquement sur dur ?

Murray semble pour sa part avoir des problèmes sur terre. Si sa défense est l’une des meilleures du circuit, la relative faiblesse de son coup droit est rédhibitoire dans l’optique d’une victoire à Paris. Sur herbe, la question d’une victoire à Wimbledon mérite d’être posée. En dehors du fait que le britannique semble avoir beaucoup de difficultés à supporter l’énorme pression qui pèse sur ses épaules,  Murray ne dispose clairement pas des deux atouts nécessaires pour l’emporter. Son style de jeu ultra-défensif est critique à Wimbledon, et s’est montré insuffisant contre Roddick l’année dernière. Mais c’est surtout le service qui pose problème chez lui. Produire une première balle de qualité lui demande un énorme effort de concentration, effort qu’il ne peut soutenir tout au long d’un match serré en trois sets gagnants. C’est l’énorme différence entre le Britannique et Roddick ou Federer qui, eux, sont capables de claquer des aces en pagaille au cinquième set sans que cela ne nécessite un effort mental trop important. Toute la différence entre un coup inné et un coup acquis. Finalement, c’est Cilic qui semble être le jeune joueur le plus apte à l’emporter sur gazon. Il avait fallu un excellent Haas pour l’arrêter l’année dernière. Néanmoins, le Croate semble avoir lui aussi des difficultés avec sa première balle ces derniers mois.

Reste la question des cogneurs comme del Potro et Söderling. Söderling (déjà âgé de 25 ans) a montré de réelles capacités sur terre, mais la question reste posée sur herbe. S’il a eu la malchance de tomber sur Federer dès les huitièmes de finales l’année dernière, ce Wimbledon pourrait nous éclairer sur ses capacités. Le problème est équivalent pour del Potro qui après un Roland-Garros réussi en 2009 était tombé à Wimbledon sur un Hewitt en feu dès le deuxième tour. Ces deux joueurs ont le service nécessaire pour s’imposer sur herbe et le coup droit pour l’emporter sur terre. En revanche, leur jeu « d’attaquant de fond de court », efficace sur dur, peut poser problème sur surface naturelle. Sur gazon, avoir une volée convenable reste nécessaire, et certains coups comme le slice doivent être maîtrisés. Sur terre, l’amortie est très utile et la capacité de tenir l’échange du fond du court est indispensable. Federer avait battu del Potro et Söderling à grand renfort d’amorties et de variations lors de Roland-Garros 2009. Cette année, Söderling, laminé dès que l’échange s’installait contre Nadal s’est révélé incapable de développer un plan B une fois que ses missiles sols-sols se sont transformés en missiles sols-air.

Que conclure de tout cela ? Votre serviteur a tendance à penser que l’hypothèse d’une émergence de joueur polyvalents mutisurfaces est erronée. Au contraire, il semblerait plutôt qu’aujourd’hui, la quasi-totalité du plateau, s’il s’avère très bon sur dur, a de réelles difficultés à produire le même niveau de jeu sur surface naturelle. Autrement dit, une fois Federer, Nadal et Roddick partis, on peut craindre une baisse de niveau des vainqueurs à Roland-Garros et à Wimbledon. On assisterait aujourd’hui non pas à un accroissement de la polyvalence des joueurs, mais au contraire au développement de leur spécialisation sur dur, tout comme il y a eu un développement des surfaces dures au détriment des surfaces naturelles (particulièrement l’herbe) sur les circuits ATP et WTA au fil des ans.

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186 Responses to Vous avez dit « polyvalents » ?

  1. May 15 juin 2010 at 21 h 03 min

    Quentin, ton analyse est très consise et tes arguments convaincants, ce que l’on peut déduire de ce parallèle Gazon / terre battue c’est que se sont 2 surfaces naturels et qu’à la fin c’est toujours les mêmes qui gagnent et sur dur c’est presque encore toujours le cas.
    Je ne pense pas que le niveau hors top 2 soit faible et non concurrentiel, je pense que les deux tennisovores ont élevé le jeu ces dernières années à un autre niveau, surtout Fed qui a tout dévoré sur son passage en laissant à Nadal son petit jardin rouge et quelques miettes pour le reste de la meute.

    La tendance est de bien jouer toute l’année et sur toutes les surfaces avec un petit plus pour le dur que l’on retrouve au 3/4 de la saison.

    J’adhères aux posteurs qui affirment que le faible nombre de tournois sur herbe a fait disparaître les spécialistes du gazon. Si un ou des petits malins ou bébêtes c’est selon, ils pourraient tout miser sur les mois de juin/Juillet en se spécialisant sur herbe mais c’est un pari un peu fou il est vrai et très très risqué car 1 GC + 3 / 4 Atp250 c’est faible. Mais comme le dit Quentin après Fed, Roddick & Nadal le tournoi sera + ouvert…
    J’ai aussi du mal a reconnaître Hewitt comme spécialiste de gazon avec son jeu, son palmarès sur herbe ne fait que confirmer le manque de vrai spécialiste sur la surface mais en même temps lors de sa période faste, que ne ne regrette pas de ne pas avoir connu, je pense qu’il raflait pas mal de tournois tout court.

  2. May 15 juin 2010 at 21 h 20 min

    Apparemment il faisait beau ce jour là
    http://4.bp.blogspot.com/_PmO3S4oGWjI/S4eObzIMj_I/AAAAAAAABFg/6trOeOxRkLc/s640/a%20best-Wimbledon-moments.jpg

    Désespérant, même dans le monde virtuel on ne joue pas à la volée, c’est dire…

    http://blog.crdp-versailles.fr/england2009jmoulin/public/Wimbledon_.gif

    • Colin 16 juin 2010 at 23 h 33 min

      Le pauvre Malivaï Washington ne s’en est d’ailleurs pas remis

  3. May 15 juin 2010 at 21 h 30 min

    C’est clair, net & précis… Ça date un peu mais c’est d’actualité, j’ai trouvé ça sur un autre blog tennis.

    http://www.nytimes.com/interactive/2007/08/25/sports/tennis/20070827_NADAL_GRAPHIC.html?scp=2&sq=nadal&st=cse#

    • Sylvie 15 juin 2010 at 23 h 54 min

      Intéressant ton lien

  4. Damien 15 juin 2010 at 23 h 03 min

    Bravo et merci pour cet article très intéressant. Ce que je retiens des différents commentaires c’est finalement que les notions de spécialiste/polyvalent sont très subjectives, chacun classant tel ou tel joueur selon son ressenti ou sa définition propre.

    Pour ma part je te suis quand tu dis que la majorité du circuit ne sait bien jouer que sur dur, et donc qu’ils ne sont pas polyvalent. Cependant, depuis que je regarde le tennis (années 80), les polyvalents sont l’exception et il n’y en avait pas plus avant que maintenant.

    Acutellement, les polyvalents/multi-surfaces sont Fed bien sûr, Djoko (il l’a été en tout cas), Gasquet, Nalbide (quand il joue) et c’est à peu près tout. Fed c’est le joueur quasi-ultime, fort sur toutes les surfaces, la définition même de la polyvalence.
    Safin aurait pu presque figurer parmi les polyvalents, il en avait le jeu, mais son aversion pour le gazon était trop forte.

    Nadal reste pour moi un spécialiste, probablement le dernier grand spécialiste de TB. Il a en plus cette capacité à être très bon sur Gazon, mais c’est quand même moins naturel pour lui que l’ocre. Sur dur, il a tellement haussé son niveau qu’il a réussi à s’y imposer une fois, mais il y a pris ses plus grosses roustes, ce qui prouve que le dur reste sa surface la moins facile.
    Quant aux spécialistes de gazon, bin il reste que quelques français, mais aucun top 10 : Llodra, Mahut. J’ajouterai quand même Hewit pour son palmarès et sa facilité sur cette surface et Roddick pour qui l’herbe reste sa meilleure surface.

    • Coach Kevinovitch 16 juin 2010 at 12 h 53 min

      Je pense que Roddick est un joueur de dur avant tout. Sa surface favorite est le ciment. Oui, c’est vrai que récemment Roddick a eu des meilleurs résultats sur herbe que sur dur mais cela est dû à deux choses:

      1) Il y a moins de concurrence « crédible » sur dur que sur herbe
      2) Son service

      Malgré cela, Roddick joue sur herbe comme il le fait sur dur, il ne fait pas de slice ni de retour bloqué ou même de chip and charge et il n’avait pas vraiment de volée à la base.

      • Le concombre masqué 16 juin 2010 at 13 h 36 min

        Ah non! Lêle si sa volée reste merdique Roddick slice et chip and charge sur gazon, et ce depuis 2 ans maintenant. Même sur dur il slice avec pas mal de réussite maintenant. Il a un slice un peu à la Grosjean avec un effet latéral sympa.

  5. Marque 15 juin 2010 at 23 h 32 min

    Pourquoi, quand on parle d’intelligence tactique sans puissance (qui est la notion phare ces temps ci, et je le regrette), parle-t-on toujours de Murray et jamais de Santoro?

    Pourquoi des serveurs voleyeurs comme Llodra(qui est à la mode en ce moment grace à Antoine , et je le regrette) et Stepaneck sont considérés comme des spécialistes du gazon , alors qu’ils n’y ont pas de résultats?

    Est ce que la notion de spécialiste est associé à un style de jeu propre à une surface ou sont-ce les résultats sur une surface qui definissent que le style de celui qui les obtient en devient une spécificité?

    Edberg est le dernier Serveur volleyeur à avoir remporté Wimbledon, et ça fait 20 ans maintenant, alors pourquoi considére -t-on encore qu’un serveur volleyeur est automatiquement un joueur de gazon?

    • Sylvie 15 juin 2010 at 23 h 49 min

      Question intéressante ? C’est vrai après tout.Pourquoi le jeu de gazon serait-il obligatoirement service-volée en 2010 ? l’important est de s’adapter au mieux à la surface, de l’exploiter au mieux.

      Edberg ne jouait pas service-volée que sur gazon. Ce type de jeu a quasiment disparu du circuit et les derniers volleyeurs ne sont pas les plus performants aujourd’hui.
      D’ailleurs Federer montait plus à la volée à ses débuts sur herbe et a changé son jeu tout en restant performant.

      Pourrait-on encore jouer sur gazon à l’ancienne aujourd’hui et s’imposer. Rien n’est moins sûr.

      • Marc 16 juin 2010 at 6 h 31 min

        Sylvie,

        Edberg faisait service/volée quelle que soit la surface, pas que sur gazon, comme McEnroe.

        • Sylvie 16 juin 2010 at 14 h 35 min

          Oui, c’est ce que je dis.

  6. Marque 15 juin 2010 at 23 h 41 min

    Pour Karim, qui s’emmerde dans la jungle, je la remets parceque j’en suis trés content:

    « Est ce que la notion de spécialiste est associé à un style de jeu propre à une surface ou sont-ce les résultats sur une surface qui definissent que le style de celui qui les obtient en devient une spécificité? »

    Tu me fais un petit topo là dessus en attendant Wimbledon

    • Jeanne 16 juin 2010 at 7 h 25 min

      Karim ne s’emmerde jamais dans la jungle, j’y veille personnellement, en tant que généralissime de ses armées.

  7. Marc 15 juin 2010 at 23 h 47 min

    Très bon article, bien argumenté.

    Pour moi (cf article écrit en son temps), les joueurs actuels ont un tennis avec moins de gros trous, mais moins complets quand même que bon nombre de leurs prédécesseurs.

    Je m’explique :

    1/ comme cela a été dit, dans les années 80, des Lendl, Borg et Wilander étaient capables de transformer leur jeu et de faire service/volée sur surface rapide tout en jouant les crocodiles sur TB

    2/ en revanche, il y avait un certain nombre de joueurs qui présentaient des lacunes incroyables sur certains coups, qu’ils sublimaient par leurs autres qualités : le coup droit d’Edberg était pitoyable, le revers de Noah à mourir de rire, le jeu de fond de court de McEnroe assez risible, le coup droit de Connors très irrégulier. Tous ces joueurs sublimaient leurs lacunes avec des jeux adaptés à leurs qualités, et c’est pour cela qu’on avait des profils très variés.

    3/ A l’arrivée des Agassi et Becker, et plus encore Stich et Sampras,on a clairement des joueurs complets, notamment coup droit et revers, qui savent servir, retourner, accélérer des 2 côtés, passer et volleyer, et qui renvoient à leurs chères études les hémiplégiques formés à la chaîne chez Bolitieri et qui ne savent faire qu’un coup droit (Arias, Krickstein, et toute la horde de frappeurs bornés). Courier et Agassi se distingueront en ayant un revers digne de ce nom…au contraire de la cohorte espagnole des Sanchez, Berasategui, Bruguera et autres.

    4/ Sampras reste le dernier grand volleyeur avec Rafter : après lui, Wimbledon se gagne au fond de court (Hewitt) ou un attaquant du fond de court (Fed, sauf 2003 au filet). La volée disparaît des coups de base à l’orée des anées 2000, remplacée par un arsenal complet service/coup droit/revers surpuissant, matérialisé par l’arrivée de Safin, qui préfigure les Soderling et Delpotro : dorénavant, les joueurs sont grands, précis, puissants, sans lacune majeure, mais incapables de 2 choses :

    -varier les effets, alterner jeu court et jeu long, slicer
    -volleyer

    Aujourd’hui, on ne verrait plus de joueur hémiplégique au + haut niveau, et ni Djokovic, ni Murray, ni Davydenko n’ont de coup faible. Même les joueurs un peu faible sur un côté (Nadal, Verdasco) ont progressé à mort en revers et en ont fait un coup de très bon niveau.

    En ce sens, ils sont plus complets que bien d’autres joueurs du passé, mais la tendance actuelle n’est pas encourageante : le physique a pris le dessus sur la technique, et mis à part les coups de base, les joueurs actuels n’ont pas la maîtrise technique permettant d’avoir des options de rechange, de changer de tactique, d’alterner attaque et défense. Bourrinage et parpinage sont devenus les 2 mamelles du tennis modernes, et c’est dommage, car c’était sympa de voir des mecs gaulés comme McEnroe et Mécir, des sportifs du dimanche, humilier leurs adversaires par leur génie de l’improvisation. Aujourd’hui, ils seraient pulvérisés par moins forts qu’eux techniquement, mais plus puissants.

    La faute au matériel, qui permet à n’importe quel boeuf qui sait à peine centrer une balle de taper comme une bête dedans et qu’elle reste dans le court. Au-delà des surfaces qui ont été homogénéisées, refilons à tous des raquelles en bois, on verra les joueurs dotés d’une vraie technique et les impostures !

    • Marque 16 juin 2010 at 0 h 15 min

      Là j’adhére complétement
      La notion de puissance semble être devenu la valeur étalon de tennis actuel
      Et que l’on arrive à considerer comme un joueur sans lacune un mec qui ne sait ni varier les effets, ni alterner jeu court et jeu long,ni slicer, ni volleyer est en soi pour moi la perte de la notion de « jeu », le tennis devenant un simple « bras de fer »

      En cela, regarder jouer Soderling en finale à RG m’a fait réaliser que , une fois les deux arbres tombés, on allait bien se faire chier

      Delpo et Cillic sont sympathiques , mais je ne pense pas qu’ils surprendront à chaque match, ils executeront parfaitement ce que l’on attend d’eux

    • Jeanne 16 juin 2010 at 7 h 40 min

      Si l’ATP se soderlise, oui on risque un ennui ferme.

      En revanche si des joueurs comme Delpo émergent on peut gagner en spectaculaire (je fais une nette différence entre des joueurs comme Soderling et Berdych d’une part et Delpo d’autre part, la puissance est extrême mais le système de guidage des missiles beaucoup plus abouti et varié chez Delpo).

      A mon sens il ne faudrait pas trop uniformiser les surfaces (lenteur ou rapidité) de façon à ce que les exceptions au jeu de terminator sur dur puissent exister. Au-delà de la polémique sans doute inutile de l’épaisseur de la terre battue de RG, il semble que depuis 2009 l’environnement serve mieux les cogneurs à plat : on s’éloignerait peut-être d’une tb style Monaco qui les englue trop ?

    • Quentin 16 juin 2010 at 11 h 20 min

      La grande différence entre del Potro et Soderling, c’est le temps de préparation des coups qui est nettement plus court chez l’argentin. Ce qui explique peut-être que Del Potro préfère le decoturf quand Soderling avoue être plus à l’aise sur terre. Et ce qui me fait aussi penser que l’argentin a au moins autant de chance de s’imposer sur gazon que le suédois: service moins bon mais volée meilleure que Soderling, déplacement correct pour son grand gabari. On verra en 2011…

  8. Jeanne 16 juin 2010 at 7 h 31 min

    Comment les bouleutes ici présents expliquent-ils la disparition des spécialistes de terre battue ? Uniformisation des styles de jeux certes, mais encore ? Que se passe-t-il en Espagne ? Ne parlait-on pas d’un mini-Nadal ado qui risquait de tout renverser sur son passage ? Il semble qu’il n’advint jamais et Nadal reste donc comme un Monstre du Loch Ness esseulé ?? :roll:

    • Franck-V 16 juin 2010 at 8 h 04 min

      Dieu merci le mini Nadal en question, Carlos Boluda, semble voir sa croissance bloquée à 1m20, :-) taille rédhibitoire dans le jeu actuel… parfois, la nature (du tennis)se venge de ce qu’on veut lui imposer :roll:

      http://estaticos01.marca.com/imagenes/2009/01/26/opinion/firmas/1232889109_0.jpg

    • Guillaume 16 juin 2010 at 9 h 16 min

      Faut lire les articles sur la relève, Jeanne ! ;)

      Ceci dit, pour l’avoir revu il y a deux semaines à Roland, je confirme que c’est mal barré pour Carlito.

      Ayant pas mal arpenté le tournoi junior cette année, je pense que je referai un pointage des jeunes après Wimb.

    • Ulysse 16 juin 2010 at 10 h 36 min

      Boluda avalait déjà des caddies de balles gauche / droite à 8 ans tous les jours. En catégorie de jeunes il était monstrueux mais il s’est musclé trop tôt et c’est pas bon pour la croissance…

    • Jeanne 16 juin 2010 at 22 h 30 min

      merci d’avoir éclairé ma lanterne, messieurs ! J’ai beaucoup de retard sur tous les articles et les dizaines de milliers de coms, c’est un peu la panique ! Le pauvre petit Boluda, ça me fait toujours un pincement au coeur ces bébés champions qui ne confirment pas, qu’est-ce que ça doit être dur à vivre !

  9. karim 16 juin 2010 at 10 h 01 min

    @ Marque: c’est une question très intéressante que tu poses. On associe un type de jeu à une surface parce que les dépositaires de ce type de jeu ont obtenu les meilleurs résultats sur la surface, ensuite ça s’inscrit durablement dans notre subconscient. Gazon = service/volée semble gravé dans le marbre. Dans cinq ans, dans dix ans, pour ceux qui auront 20 ans alors et qui arrivent au tennis aujourd’hui, le gazon ne sera pas associé au service-volée. Je suis d’accord que ce qui devrait définir un spécialiste de la surface, ce sont les résultats qu’il y obtient ET la fréquence avec laquelle il y joue. Sur gazon on a grosso modo la possibilité de faire quatre tournois dans l’année, cinq peut-être. Dans l’élite, on se contente de deux tournois; une préparation au Queen’s ou Halle et ensuite le seul vrai passage sur herbe, Wimbledon. Mais certains jouent la semaine avant Wimbledon, puis celle d’après, parmi les joueurs moins bien classés mais qui jouent mieux sur cette surface. Tout comme certains sont allés jouer à Lugano sur TB au lieu d’aller sur herbe. Ce sont ces choix qui déterminent la spécialisation ou pas. Fed a de bien meilleurs résultats sur TB que Montanes, mais c’est bien Montanes le spécialiste de la TB parce qu’il y joue l’essentiel de sa saison, même quand les cadors ont quitté la surface depuis, ou n’y sont pas encore posés. C’est ce mix de jeu privilégié, de résultats et de fréquence d’apparition qui vous définissent un spécialiste.

    @ Marc: je suis d’accord quand tu dis que le physique prend le dessus sur la technique, mais je pense que ce n’est pas propre au tennis. En NBA aujourd’hui un arrière moderne ça ne pèse plus 93kgs mais 108kgs. Pour le même 1,98m. Aujourd’hui tout le monde claque des alley-hoops même Nate Robinson et ses 170cm. Ils ont une puissance terrible, fracassent les cerceaux, font des lay-ups incroyables, mais rares sont ceux qui shootent 85% et plus aux lancer-francs. La simple technique du shoot se perd. On attaque le cercle comme on claque des aces. Tout est basé sur la puissance, ou en tout cas au moins la vitesse. Parker a un shoot très moyen mais marque beaucoup beaucoup beaucoup en pénétrations.

    Cette évolution vers plus de vitesse, de puissance et moins de fondamentaux, de technique, c’est propre à beaucoup de sports. En F1 les pilotes ont des niveaux de préparation physique inimaginables il y a 20 ans, des connaissances poussées en informatique ou technique/technologie avec ces bagnoles k2000, mais leur coup de volant, leur côté funambule, à quel niveau se situe-t-il par rapport à leurs aînés?

    Vaste débat.

    ps: hier j’ai vu des images d’Almagro vs Kubot. Rien à faire, les joueurs qui jouent du fond sur gazon donnent vraiment l’impression d’avoir peur que la balle s’envole, ils ont l’air de ne pas savoir jouer au tennis. je n’aime pas du tout. et je réalise qu’effectivement l’herbe est différente à Wimbledon où on n’a pas cette impression de volatilité des coups. j’ai comme le vertige quand je les vois évoluer sur vrai gazon. je hais.

    • Guillaume 16 juin 2010 at 10 h 31 min

      Tu hais le vrai gazon où les gars qui savent pas jouer dessus ?

      Sur la question de la puissance des joueurs, Adriano Panatta, interviewé par l’Equipe à l’occasion de la finale de Roland, disait que, autant que le matériel, c’était la condition physique effarante des joueurs qui ôtait le côté créatif du tennis. Il expliquait qu’à ses yeux, le jeu aujourd’hui était devenu tellement rapide que les joueurs ne pouvaient plus être créatifs sur le court, pour la simple et bonne raison que le créatif a besoin de quelques dixièmes de seconde pour réfléchir à ce qu’il va proposer. Or, ces dixièmes, la vitesse du jeu actuelle les sanctionne cash. D’où, toujours selon Panatta, la multiplication des mêmes schémas reproduits par tous, essentiellement à base de gros service et parpinnage en coup droit. Ne surtout pas réfléchir pour ne pas se faire dépasser. Ou, pour faire court, « réfléchir, c’est la mort ».

      A revenir aussi sur cette vision du jeu à la volée comme la définition même du tennis sur gazon. Point n’est besoin d’attendre cinq ou dix ans comme tu le penses : déjà, moi, quand je lis les trentenaires ou quadras de ce site, je perçois le décalage. Si j’ai connu Rafter, Sampras, Goran, Henman, le jeune Federer, j’ai aussi vu à part égale le Fed dit de « la maturité » qui joue surtout du fond, le Hewitt à gambettes à réaction et ses impitoyables qualités de contre… J’ai même vu le lift de Nadal s’imposer à Wimb. Pour moi, l’équation « gazon = service-volée » est DEJA obsolète. Ou du moins ce n’est qu’une technique parmi d’autres pouvant prétendre briller sur gazon.

  10. Kristian 16 juin 2010 at 10 h 45 min

    Je suis bien d’accord avec Karim, Marat Safin et Guillermo Vilas, l’herbe la vraie celle du 20e siecle, ou celle du Queens, c’est pour les vaches. On ne joue pas au tennis sur herbe. On se jette au filet vers un quitte ou double hasardeux parceque celui des deux qui a le malheur de voire la balle rebondir devant lui est foutu. Si on pouvait se positionner au filet des le retour de service et relancer a la vollee, certains l’auraient fait. Tactiquement tout cela n’avait aucun interet. Et je ne comprends pas la nostalgie qu’on peut avoir pour la periode imbuvable des finales Sampras/Ivanisevic. C’etait comme regarder un match de foot, limite a une longue seance de tirs au but.

    L’herbe de Wimbledon actuelle est une vraie reussite. Elle garde des specifites (hauteur du rebond, deplacement, vitesse), et meme des specialistes (ou en tout cas des joueurs qui s’y sentent tres a l’aise et d’autres pas du tout)tout en permettant d’avoir du jeu. Et du beau jeu.

    • MarieJo 16 juin 2010 at 11 h 13 min

      tout pareil !

      d’ailleurs si vous allez lire le dernier article de peter, il a pris un extrait de son bouquin avec pat mcenroe sur le jeu et le gazon à wimb… pas mal et ça rejoint en partie ce que tu dis, il fallait faire évoluer le gazon, car le tennis avait lui même déjà bcp changé…
      je sais que karim va sans doute me lyncher pour ce que je vais dire : et si c’était la faute à sampras ? pas que lui, mais on peut rajouter tous les gros serveurs de son époque (kraji, goran, rusedski…) ça mérite un débat, non ? kristian, t’a pas un peu de temps là ;)

      bon, j’ai une valise à terminer ! ciao tutti !

  11. Jean 16 juin 2010 at 11 h 20 min

    Moi je ne peux plus blairer Wimbledon, le plus grand tournoi du monde, qui n’a pas su conserver sa spécificité et qui de la tradition n’a gardé que le décorum (le blanc, les fraises, …). Je ne peux pas non plus blairer Federer sur herbe (là où un Nadal est bien plus supportable que sur terre).

    Pour autant, les plus belles finales de la décennie y ont trouvé leur cadre (Iva/Rafter, Fed/Nad08).

    Wimbledon quand j’étais gamin c’était LE tennis, on pouvait voir des Wilander/Lendl de cinq heures en mai, pas grave puisque l’on aurai l’antidote quelques jours après, le jeu risqué, sur le fil, fragile et donc magnifique, où le talent de main pouvait s’exprimer. Un truc d’équilibriste où la concentration devait en permanence être à son maximum, et surtout, où l’on pouvait voir le talent des joueurs au filet, compartiment du jeu qui comportera toujours un part d’instinct.

    Chacun dans son style, l’art si naturel de mettre la balle là où personne ne s’attend pour Mac, les plongeons hallucinants de Becker (et ses revers poignet bloqué), la classe de l’aéroglisseur Edberg (jamais retrouvé ce satané lob à 4-4 cinquième en 90), le roc Cash planté sur ses cuisses de quater back, les volées-laser de Pistol…

    Là encore, ce sont les Bollettieri’s boys qui ont commencé à faire sentir le fennec au bordel : alors que des Lendl ou Wilou faisaient l’effort, les Agassi ou Courier qui n’avaient pas de volée avaient décidé de faire fi de l’histoire. Je n’ai jamais pu blairer Agassi mais sa victoire de 92 est pour moi l’un des exploits majeurs de l’open. J’imagine que beaucoup se sont dit après ça « Ah oui, on peut le faire comme ça ». Et c’est cela qui s’est imposé (désolé MarieJo, mais Nadal n’est précurseur de rien du tout dans ce domaine).

    Regardez juste le premier point, cette volée d’Edberg … http://www.youtube.com/watch?v=m13cOk-3Vu4

    Changer le gazon, c’était la plus grosse connerie à faire, et ils l’ont fait.

    • karim 16 juin 2010 at 11 h 51 min

      « plongeons hallucinants de Becker (et ses revers poignet bloqué), la classe de l’aéroglisseur Edberg (jamais retrouvé ce satané lob à 4-4 cinquième en 90), le roc Cash planté sur ses cuisses de quater back, les volées-laser de Pistol… »

      ça c’est pour le meilleur. et c’était super. Mais Ivanisevic vs Sampras c’était tout pourri avouons-le.

      Pete n’a pas tué Wimbledon Miss Kornati (toi par contre tu me plais de plus en plus et je sens que je vais t’éliminer sous peu) il avait bien plus de choses à dire sur un court qu’Ivanisevic ou Krajicek, ou même Agassi!! Parce qu’il savait tout faire sur herbe, TOUT!! Servir, jouer au filet, retourner, passer, jouer du fond contre Agassi. Il savait tout faire. Il savait faire boom-boom contre Ivanisevie au besoin mais lui-même confiait redouter et détester ces foires d’empoigne au service et la tension qui allait avec.

    • Jean 16 juin 2010 at 12 h 23 min

      Mais comment se fait-il qu’une modification supposée minime du gazon ait eu une telle conséquence sur le jeu ? Car cette évolution du jeu avait bien commencé avant 2002, par l’intermédiaire principalement d’Agassi.

      Au final, on se retrouve avec une surface toujours rapide et donc, les raquettes le permettant, avec toujours autant d’aces, une centaine en 2009, mais sans le jeu au filet. Pour moi, Roddick 2009 ne propose pas plus de jeu que, par exemple, Krajicek (au contraire, Kraji avait été énorme en retour en 96).

      En fait, j’ai tendance à penser que cette évolution, en gros vers moins de prise de risques mais plus de puissance globale, n’est pas dépendante des conditions extérieures.

      Imaginons que nous en soyons restés aux raquettes en bois, elle aurait eu lieu dans le même sens principalement du fait de l’augmentation des capacités physiques des joueurs, de la « libération des corps » qui suit une évolution continue (on aurait pas eu l’idée de se « mettre minable » sur un court ou de plonger dans les 60’s), ainsi que du mouvement général qui fait que plus il y a d’enjeu dans un sport, plus il est abordé de façon sécuritaire (il n’y a qu’à voir les matchs de la Coupe du Monde où il s’agit bien plus de ne pas encaisser de but que d’en mettre). Le paradigme moderne y compris sur herbe, c’est avant tout de ne pas faire la faute, ce qui correspond à la philosophie du tennis pourcentage. On l’a bien vu à Halle.

      Il est tout à fait logique que l’évolution du matériel aille dans le sens de cette libération des corps, les objets qui nous entourent étant à mon avis des extensions de nous-mêmes, mais cela fait trop de trucs qui vont dans le même sens.

      C’est toujours la même dichotomie (j’ai toujours aimé le jeu rapide, certains parquets, même), mais on trouvait que gros Boris servait trop fort en 85 alors qu’aujourd’hui, ses matchs ne me choquent pas du tout, pas plus que les matchs de Sampras (en tout cas beaucoup moins que le Vilas/Wilou dont on parle en ce moment). Le truc étonnant, c’est qu’on trouvait le filet trop haut, le gazon trop rapide, …, mais que personne ne remettait alors en question le matériel, c’est pourtant à cette époque qu’il aurait fallu le faire car c’est aujourd’hui trop tard.

      Je ne comprends absolument pas que cela n’ait jamais été fait quant bien des sports ont eu cette réflexion (F1, saut à ski, natation, …). Le tennis moderne est complètement conditionné par les possibilités offertes par les nouveaux matériaux, les évolutions de surface ne sont que des ajustements.

    • Jean 16 juin 2010 at 12 h 38 min

      En fait, je trouve ça un peu dingue : on part des Sampras/Iva considérés comme de l’extrémisme pour arriver juste après la modification à une finale immonde Hewitt/Nalbandian, et tout le monde est content ! Il y a une prise en compte de la plus-value qui n’arrive pas à se faire dans ma caboche. Hewitt/Nalbandian, putain…

    • Guillaume 16 juin 2010 at 11 h 40 min

      Ca se défend, au moins à l’époque des raquettes en bois et/ou des tous premiers composites.

      Mais le gazon fin des 90′s c’est devenu le paradis des matchs où on ne fait plus que compter les aces. Vladimir Voltchkov qui n’a qu’un service et arrive en demies, Goran qui remporte le titre alors que, si l’on dépasse l’extraordinaire aspect humain de cette victoire, son jeu n’est plus que l’ombre de ce qu’il a pu proposer avant ses problèmes d’épaule… Je me souviens aussi d’un 8e Krajicek/Philippoussis en 2002, alors que les deux relèvent de blessure et ne retrouveront plus jamais leur meilleur niveau, où ils sont tellement bons au service/mauvais dans le jeu que ça se termine sur un 7/6 6/7 7/6 6/7 6/4… Ben oui y’a pas de tie-break du 5e à Wimb ! Et, étant pour la paix des ménages, je ne parlerai même pas de « Pistol Pete » qui, comme l’indique son surnom, ne donnait pas sa part aux chiens question machine à jeux blancs où l’adversaire ne touche pas la balle.

      Quand on voit que Karlovic a fait une ou deux finales sur l’herbe dite « traditionnelle » du Queen’s, on est aussi en droit de penser qu’il fallait faire quelque chose. Le gazon fusant était adapté au jeu tel que pratiqué dans les 80′s, mais là c’était juste plus possible. Le jeu avait changé, il fallait aussi que les conditions s’y adaptent. Sinon pour le coup, même si on peut penser que Federer leur aurait fait la nique a la fin, les Karlo, Isner, Querrey and co auraient vu ça comme une bénédiction, un encouragement à servir comme des brutes pour squatter le dernier carré du plus grand tournoi du monde. Si les organisateurs n’avaient pas tenté de rééquilibrer les choses, pas dit que Wimb ne serait pas en train de périr doucement sous les coups des troncs-serveurs.

    • Guillaume 16 juin 2010 at 13 h 50 min

      Ouais enfin la refonte du gazon nous a aussi valu deux Federer / Nadal somptueux, et au moins un Fed / Roddick de très grosse qualité (2004).

      Quant au Hewitt / Nalbandian « immonde », en même temps on va peut-être pas non plus reprocher à Nalbide d’être passé à côté de sa finale : il avait 20 ans, n’avait jamais passé les 8e d’un GC avant ça… On peut pas lui en vouloir d’avoir fait un non-match. D’autres, et des plus grands, ont aussi raté leur première finale majeure.

      On verra dans le temps. Pour moi, il était devenu obligatoire de faire quelque chose pour enrayer l’accélération du jeu. L’herbe et l’indoor ce n’était plus du tennis mais comme l’a bien dit Karim une simple séance de penaltys au foot : soit un ace, soit un retour gagnant (Dédé style). Avec parfois des Popp ou Voltchkov en grands gagnants de cette loterie.

      Par contre, je te rejoins sur le fait qu’on a mal diagnostiqué (ou pas voulu diagnostiquer, d’ailleurs) la source du problème et que, plutôt que toucher aux revêtements sous les pieds des joueurs, il fallait s’intéresser à leur outil de travail. Mais bon, business is business, comme on dit… C’est la rançon de la gloire que de voir les intérêts économiques passer au-dessus du sport.

  12. Ulysse 16 juin 2010 at 12 h 59 min

    Je suis d’accord avec Jean sur le fait que l’évolution du matériel n’explique qu’une petite partie de l’évolution du jeu.

    On peut frapper des mines phénoménales avec une raquette en bois. Le composite et les nouveaux cordages ont permis de plus grands tamis et une wone de contrôle étendue qui fiabilise les coups puissants, et surtout le matériel ne casse plus.

    Mais la grosse différence est l’implication physique qui fait du parpaing le standard avec son corrolaire le déplacement et la défense de dingue.

    On le voit dans d’autres sports comme par exemple le foot où les joueurs actuels sprintent comme des possédés et subissent une pression terrible en milieu de terrain, là où l’équipe Platini trottinait gentiment avec un jeu à une touche de balle, l’équivallent de la magnifique légèreté Edbergienne.

    L’accent est mis sur le physique dans tous les sports actuellement au détriment de la bonne main. La détection, la sélection régionale ou nationale chez les jeunes favorise les plantes mlontées en graine et
    les grands gabarits que ce soit au tennis, au foot, rugby, etc… Une des raisons est que èa donne des résultats court terme. L’autre est que c’est plus facile pour les responsables de cette sélection de trier sur des indicateurs chiffrés : VO2 max, Test de Cooper, Sprint, parcours de vivacité, impulsivité, … tout ça se met dans des colonnes Excel très facilement, plus facilement que le talent.

    • Guillaume 16 juin 2010 at 13 h 58 min

      « tout ça se met dans des colonnes Excel très facilement, plus facilement que le talent. »

      Olivier Rochus a du talent, pas de physique. Sam Querrey a un physique, pas vraiment de talent. Devine qui s’est taillé en 12 mois le palmarès que l’autre a mis 12 douze ans à atteindre ?

      Les joueurs sont le reflet des conditions qu’on leur propose. C’est regrettable mais c’est ainsi.

      S’ils voulaient changer les choses, il faudrait qu’ils tapent un peu du poing sur la table (il existe bien un syndicat des joueurs, non ?), mais va demander ça à des gars à qui on enseigne la réussite individuelle depuis qu’ils sont gamins…

  13. Djita 16 juin 2010 at 14 h 08 min

    Federer logiquement tête de série numéro 1. ;) Ah ces anglais. :lol:

  14. Marque 16 juin 2010 at 14 h 15 min

    Kontinen s’est fait broyer 6/2-6/1 par Benjamin Becker
    Il y encore du chemin avant de voir les nouvelles têtes

  15. Nath 16 juin 2010 at 18 h 39 min

    Entre ça et le post d’Antoine sur la page « ballon rond », il y a des jours où l’on se demande si on est bien réveillés : http://www.google.com/hostednews/canadianpress/article/ALeqM5hqOrMTEtzuMP_8grOdSNNzC6raZQ

    • karim 16 juin 2010 at 19 h 58 min

      Encore un…

      On devrait les perdre en forêt quand ils prennent leur retraite. Histoire de s’assurer qu’ils ne reviennent jamais.

      • Jean 17 juin 2010 at 12 h 19 min

        Oui mais là, nan, il serait capable de nous ranger la forêt en billots d’un mètre avant de faire son come back, le Thomas. Les écolos sont contre.

    • Jeanne 17 juin 2010 at 0 h 23 min

      C’est fini pour Nadal :lol:

  16. Le concombre masqué 16 juin 2010 at 20 h 31 min

    @ Antoine : Je pense que Karim vient d’avancer un pion sur l’échiquier. Prochain tour à Eastbourne : LLodra/Simon. Gillou va pourrir le jeu de ton poulain, briser ses certitudes, insinuer le doute et la frustration dans son esprit, pour le mettre « hors service » juste avant Wimbledon. Pense à ce qu’il aurait pu faire…

  17. Antoine 16 juin 2010 at 23 h 47 min

    Je n’ai pas eu le temps de commenter ce bon article de Quentin ni de participer au débat qui s’en est suivi et ce sera la même chose au cours des prochains jours. J’ai juste eu le temps de prendre connaissance de la liste de TS pour Wimby et d’apprendre que je ne sais plus combien de roastbeefs se sont fait étendre au premier tour des qualifs hier ce qui est logique puisqu’on n’ose plus leur donner de wild card, enfin presque plus…

    En un mot sur le jeu sur herbe aujourd’hui: les deux coups qui comptent le plus désormais compte tenu du nombre de très bons serveurs et du fait que la volée n’a plus guère d’importance sont la deuxième balle de service (mais cela n’a pas changé, cela a toujours été crucial) et le retour. Ce n’est pas nouveau sinon Agassi, Connors, Hewitt et d’autres n’auraient jamais gagné mais ce dernier coup va prendre de plus en plus d’importance…

    Sinon, à part cela, Wimby, c’est du tout cuit pour Llodra cette année mais je vous l’ai déjà dit…Salut à tous !

  18. Marc 17 juin 2010 at 6 h 52 min

    @ Ulysse : comme Guillaume, je pense que l’évolution du matériel a permis un développement de la puissance des coups et l’uniformisation du jeu, mais je reconnais comme Karim que le poids du physique s’est accru dans tous les sports, en allant du meilleur (de vrais athlètes super bien préparés, avec un entrapinement professionnel, une vraie hygiène vie, la diététique) au pire (dopage, transfusions, anabolisants…).

    Mais concernant le tennis, j’ai l’impression que le nouveau matériel a permis à des joueurs très frustres sur le plan technique de passer outre leurs lacunes techniques (centrage, placement) et de taper très fort dans la balle sans qu’elle ne parte n’importe où.

    J’en veux pour preuve le passing shot : même si Borg avait le meilleur passing du monde, il était possible de monter au filet, de le déborder et de lui coller des volées gagnantes. Aujourd’hui, même si on n’a plus de vrais volleyeurs, on voit qu’il est quasiment impossible de monter au filet sans se prendre des passings supersoniques, tirés à 200 à l’heure, qui soit te laissent à 3m de la balle, soit t’obligent à faire une volée de remise neutre qui conduit à un 2è passing.

    Je ne peux pas croire que les joueurs d’aujourd’hui aient des meilleurs passings que Borg ou Wilander, certes, les volleyeurs sont moins bons que McEnroe ou Edberg, mais franchement, on a des passings qui sont des coups de fusil quasiment frappés les yeux fermés, en déséquilibre et mal placés, et qui font mouche : j’ai du mak à imaginer que cela aurait été possible avait l’ancien matériel…

    • Capri 17 juin 2010 at 10 h 24 min

      Bonjour, je suis peu présent actuellement car j’interviens pas mal sur Sportatoo au sujet de la CDM. Outre que je trouve l’article de Quentin très intéressant (pas vraiment le temps de développer, désolé Quentin) je voulais juste dire que je suis tout à fait en phase avec le post de Marc. Ayant eu l’occasion de jouer avec différents types de raquette j’ai été très surpris des avantages que conféraient les modéles à partir des mid 80′s (acceptation de centrages approximatifs, beaucoup moins de vibrations, une puissance accrue transmise à la balle…). Tous les gamins qui rigolent en voyant des rallys entre Vilas et Borg ne comprennent pas que parfois leurs raquettes ne permettaient simplement pas les frappes fréquentes aujourd’hui. Les angles aussi sont plus faciles à trouver avec les nouveaux modèles je trouve.

  19. Marque 17 juin 2010 at 8 h 13 min

    Entendu ce matin à la radio :  » le Mexique est plus fort techniquement, mais les Français partent favoris car ils sont plus forts physiquement »
    Effectivement , la tendance est générale dans le sport : Priorité au physique, la technique, c’est pour faire joli, mais c’est pas essentiel
    Ca eut payé, mais ça paye plus

  20. Ulysse 17 juin 2010 at 10 h 59 min

    @ Marc et Capri,

    Les raquettes récentes sont plus tolérantes au décentrage. Le contrôle du comportement modal de la raquette apporté par l’utilisation du composite a relaxé l’ancien compromis puissance / contrôle. Le grand tamis permet aussi des effets plus importants pour un poids réduit. A noter que le carbone entre assez peu dans la fabrication des raquettes qui sont principalement en fibre de verre, même s’il entre beaucoup dans leur marketting.

    On pouvait taper tout aussi fort ou presque avec les raquettes en bois, simplement avec une fiabilité faible sur la trajectoire. La puissance aussi dépendait du centrage. La raquette en bois était un instrument parfois très efficace mais pointu et capricieux : impossible donc de taper de toute ses forces en démultipliant la vitesses de tête de raquette avec un coup de poignet. Le geste manquait de la « répétabilité » nécessaire. Le « fouet Bolletieri » est maintenant devenu le coup droit standard mais n’était pas du tout enseigné fin 70 /début 80. Le coup droit était un geste d’épaule principalementjusqu’au contact avec la balle. Quand j’essayais gamin de retarder la tête de raquette avec le poignet, mon prof – qui par ailleurs était excellent – me disait « on n’est pas au badminton ».

    Donc oui l’évolution du matériel a rendu possible de taper de toutes ses forces mais surtout à cause du meilleur contrôle possible. Le tennis de haut niveau est devenu un sport violent, traumatisant, éviter la blessure est devenu une compétence importante dans la conduite de carrière. D’ailleurs les blessures du poignet sont légion et on n’entend plus parler du tennis elbow.

    • Alex 17 juin 2010 at 11 h 32 min

      Très intéressant Ulysse.
      C’est vrai que depuis Agassi opéré du poignet en 93 on en a vu de ce genre de blessures : Haas,Del Potro,Davydenko,Monfils..le phénomène semblant s’accélérer.
      Il serait intéressant d’avoir des statistiques en ce sens pour étayer ou infirmer cette impression et de réaliser pour l’occasion un article de ce style,Ulysse ?
      Ton post est très éclairant sur le pourquoi de la généralisation de la puissance,on voit que le bois et encore plus les raquettes en métal (Connors) permettaient dans l’absolu de générer déjà beaucoup de puissance,mais l’accroissement des tamis et le perfectionnement des cordages a amélioré le contrôle de cette puissance et son utilisation plus systématique.
      Et sans contrôle la puissance n’est rien…

      Quentin,il semble que la polyvalence des joueurs actuels est essentiellement due à l’uniformisation des matériels et des surfaces : tout le monde joue pareil sur de simples variantes d’une même surface désormais,et tout le monde tape pareil avec des raquettes semblablement surpuissantes.(pour grossir le trait)

    • karim 17 juin 2010 at 11 h 39 min

      Aux temps médiévaux les chevaliers portaient des armures de 60kgs qu’il fallait se mettre à quatre pour leur enfiler et ensuite les hélitreuiller sur leurs canassons (de trait) et ils se battaient à 2km/h. Vive le progrès.

        • Capri 17 juin 2010 at 12 h 13 min

          Ca c’est du champignon hallucinogène !!!

      • karim 17 juin 2010 at 12 h 46 min

        Ben oui Jean, les raquettes graphites à très grand tamis, les chaussures à coussins d’air et la bombe H. C’est comme ça.

    • Elmar 17 juin 2010 at 12 h 50 min

      Oui Ulysse. Et c’est pour cela que la qualité des retours aujourd’hui est hallucinante. Auparavant, une balle mal centrée en retour, c’était un service gagnant. Aujourd’hui, c’est non seulement un retour dans les limites du terrain, mais même souvent un retour dangereux.

  21. Jean 17 juin 2010 at 12 h 37 min

    Pete ne savait pas glisser sur terre, mais il pouvait marcher sur l’eau, ça compense. Finale 1999 contre Dédé la Fripouille en intégralité, je n’arrive pas à trouver ça trop rapide. La séquence fin du premier set/début du deuxième (à partir de 35’) est… goatique : http://www.tudou.com/programs/view/LZppFngLYj4/

    • karim 17 juin 2010 at 12 h 48 min

      Oui mais Pete c’est pas du petit GOAT feutré de salon, c’est du sang, de la sueur et de la thalassémie. Pete c’est du vrai. Pete est plus fort que tout.

  22. Djita 17 juin 2010 at 12 h 59 min

    Nalby encore forfait pour Wimbledon. Dire qu’il est encore dans ma team! Mais qu’est-ce que j’ai fais.

    • Elmar 17 juin 2010 at 13 h 06 min

      Pfff… J’espère qu’il reviendra un jour. Il apporte bcp à ce sport. Mais faire saison blanche sur saison blanche, c’est carrément frustrant.

  23. Ulysse 17 juin 2010 at 13 h 00 min

    Petit historique de ma perception perso de l’évolution du matos.

    Quand je joue au tennis maintenant, ça fait Tchac ! Tchac ! Tchac !
    Je me rappelle distinctement qu’avec les anciennes raquettes ça faisait rarement deux fois le même bruit d’affilée. Tchouing ! Tchac ! Bong ! J’exagète à peine. Un décentrage imperceptible et ça faisait un bruit différent et ça partait nettement moins vite. Ma deuxième raquette faisait un coup anormalement surpuissant quand c’était parfaitement centré une fois sur vingt.

    Ensuite sont apparues les premières raquettes composites abordables. J’avais acheté vers 1983 une Head d’occase toute argentée petit tamis qui était la prunelle de mes yeux. En fait elle était moins puissante que mon ancienne raquette en bois mais plus égale. Paradoxalement je pouvais taper plus fort car ça rentrait quand même.

    J’ai fini par la casser en cours d’échange un jour de bourrinage – c’était possible avec le matériel de l’époque et ça m’était déjà arrivé avec ma première raquette en bois. J’ai lu quelque part que Tanner avait une raquette spécialement renforcée car il cassait facilement n’importe quelle raquette du commerce en servant. Les nouveaux cadres et cordage c’est aussi ça : on peut tendre plus (pour les grands tamis) et taper plus fort sans que ça pète.

  24. Antoine 17 juin 2010 at 13 h 31 min

    Le complot de la guérilla vient d’échouer: le All England Club vient d’interdire les vuvuzellas à Wimbledon !:

    http://www.wimbledon.org/en_GB/news/articles/2010-06-17/201006171276772513646.html

    • karim 17 juin 2010 at 17 h 08 min

      Peut-être que vuvuzella pas mais en tout cas nunuzella et bien là!!!

  25. Franck-V 17 juin 2010 at 14 h 37 min

    Après Nalbide (désespoir de ma team); Karlovic forfait, à son tour.
    Are you prend la TS 32.

  26. Thomas 17 juin 2010 at 15 h 36 min

    Du coup, ça fait un bail qu’il n’a pas joué le David, on peut pas le remplacer tout de même??

  27. Sylvie 17 juin 2010 at 16 h 31 min

    Karlovic et Stepanek forfaits également pour Wimbledon

  28. Nath 17 juin 2010 at 16 h 42 min

    Et Mahut joue encore un match à rallonge en qualifs, contre Koubek : 6-7 3-6 6-3 6-4 mais seulement début du 5°. Est-ce que le dernier tour des qualifs se joue en 3 sets gagnants dans tous les GC ou seulement à Wimby ?

    • Antoine 17 juin 2010 at 17 h 00 min

      Seulement dans les vrais tournois, donc seulement à Wimby…

      • karim 17 juin 2010 at 17 h 10 min

        vrai tournoi de tapettes oui. un tournoi qu’on peut remporter sans se doper c’est un tournoi de meuf. Roland Garros, la terre battue, voilà ce que j’appelle un tournoi de mecs. Cinq heures d’échanges inter-minables, 4.5kgs de sueur par set, tu finis le match à 61% de ton poids de corps usuel. Wê, y’a que ça de vrai.

        • Humpty-Dumpty 17 juin 2010 at 17 h 31 min

          En même temps c’est des tafioles ceux qui gagnent à RG.
          Pour débuter le tournoi principal, Mahut vient de disputer 130 jeux (si je ne me suis pas planté dans mon addition).
          Avec à peu près le même nombre, Nadal est en 1/2 à RG, non ?

          • Antoine 17 juin 2010 at 18 h 11 min

            La guérilla fait dans l’homophobie maintenant ?

            Mahut est le Goat caché !

            • Humpty-Dumpty 17 juin 2010 at 20 h 58 min

              Réponds ça à Karim si tu veux mais ne m’associe pas à la guerilla s’il te plaît !
              (Et je croyais que le Goat caché était ton nouvel avatar… Mahut c’est sympa mais avoir gagné au moins un tournoi ça fait mieux pour un goat même cryptique, quand même, non ?)

          • Ulysse 17 juin 2010 at 18 h 48 min

            Mdr Mahutle Goat caché !
            On voit poindre le concept de Best Hidden Goat of All Times.

        • karim 17 juin 2010 at 18 h 24 min

          Oh que non Antoine, la guérilla n’est pas homophobe, je vais même te surprendre parce que nous avons dans nos rangs actuellement …

          (Oui Hamtaro? Comment? Ah? Comment ça on l’a exécuté? Qui a donné l’ordre? Moi? Ah? Ok…)

          … désolé Antoine, je disais rien.

          • hamtaro 17 juin 2010 at 23 h 16 min

            :mrgreen:

    • Nath 17 juin 2010 at 17 h 21 min

      6-4 au cinquième, je suis presque déçue ! Mahut intègre donc le tableau principal, mais que ce fut long et difficile !

  29. Le concombre masqué 17 juin 2010 at 17 h 50 min

    Tiens, pour ceux à qui, comme moi, ça avait arraché une larme d’en reparler… :
    http://www.youtube.com/watch?v=ghhk_XYBBi8

    C’est la tronche à qui qui nous avait fait aborder le sujet déjà?

    • Colin 17 juin 2010 at 23 h 07 min

      Ahhh les souvenirs que ça réveille, moi j’y jouais sur un Macintosh en N&B.

      Sinon dans le même genre, mais encore plus vieux (1987?) en voilà un autre spécialement pour Ulysse:
      http://www.youtube.com/watch?v=VSGqnzK7xYg

    • Bastien 18 juin 2010 at 3 h 49 min

      C’est moi qui avait lancé le truc en voyant Soderling jouer Berdych à Roland Garros.

      Leur jeu miroir me faisait furieusement penser au joueur encapuchonné de Shufflepuck !

  30. Baptiste 17 juin 2010 at 18 h 46 min

    J’arrive bien longtemps après la bataille et je ne peux que féliciter l’auteur pour son article.

    Je ne sais plus qui le mentionnait plus haut, mais effectivement le gazon est la surface traditionnelle dans tous les pays du Commonwealth et les plus grands stades dans tous les sports sont en gazon (lord’s et the oval pour le cricket par exemple).

    Je ne sais pas si le changement de surface frappe le cricket par contre, quelqu’un peut confirmer?

    Enfin, bravo Mahut, le dernier vrai spécialiste sur herbe :)

    • Ulysse 17 juin 2010 at 18 h 58 min

      Le cricket envisagé sur autre chose que du gazon ? Tu rigoles Baptiste ? L’état évolutif du gazon au cours du match est avec la meteo un élément stratégique fondamental du cricket. Le cricket sans gazon c’est comme … je trouve pas l’équivallent tellement c’est pas pensable.

      Dans très longtemps, quand j’aurai épuisé plein d’autres sujets plus intéressants, je ferai un article sur le cricket pour que vous compreniez à quel point c’est un truc à part, farfelu d’apparence mais qui a fondé la compétition sportive moderne et qui en quelque sorte définit les Britanniques.

      • karim 17 juin 2010 at 19 h 03 min

        « quand j’aurai épuisé plein d’autres sujets plus intéressants, je ferai un article sur le cricket  »

        ou comment perdre ses amis en 150 lignes.

        • Baptiste 17 juin 2010 at 19 h 41 min

          le cricket est effectivement un sport a part. On part plein d’aprioris et on se rend compte 4 heures plus tard qu’on regarde toujours le match…c’est vraiment une ambiance a part ;)

          Je pense que beaucoup ici ont habite ou habitent toujours en Angletterre. Au bout d’un moment on fini tjours par s’y interesser d un oeil. Moi c’etait pour les ashes series il y a deja 4 ans en australie :)

          Un jour quand Ulysse aura ecrit son article, je posterai un commentaire ;)

        • karim 17 juin 2010 at 21 h 31 min

          Et moi j’écrirai un article sur le curling et un autre sur le macramé.

          • Djita 18 juin 2010 at 0 h 15 min

            curling ce serait sympa tiens.:D

  31. Sylvie 17 juin 2010 at 21 h 31 min

    Gasquet forfait, je ne sais plus quoi dire. Ce type a été envoûté, ce n’est pas possible.

    • Colin 17 juin 2010 at 23 h 09 min

      Gasquet c’est l’anti-Federer; l’un ne vit que pour les GC, l’autre que pour les ATP250.

      • Marc 17 juin 2010 at 23 h 32 min

        très bien vu Colin !

      • Marque 17 juin 2010 at 23 h 49 min

        L’un ne vit que pour le panache et le beau geste, l’autre ne vit que pour les records, l’Histoire, le pognon et les femmes

      • Djita 18 juin 2010 at 0 h 16 min

        Purée, c’est pas possible. Même lui, je l’ai gardé d

        • Djita 18 juin 2010 at 0 h 17 min

          Je l’ai gardé dans ma team. Bon Gasquet,on peut rien tirer de lui en GC.

  32. Antoine 17 juin 2010 at 23 h 45 min

    Michaël Llodra, le futur vainqueur de Wimbledon, n’a pas fait de détail face à Gilles Simon: il lui a laissé quatre jeux dans ce qui est sa cinquième victoire consécutive face à ce dernier..

    ..ce qui n’est pas donné à tout le monde, même quand on prétend être Goat..

    Llodra, Goat caché, en passe de devenir l’unique Goat incontestable..!

    • Marque 18 juin 2010 at 0 h 00 min

      Je remarque avec plaisir que le retour de Wimbledon est à deux doigts de faire naitre l’ombre de la naissance d’un enthousiasme honteux sur ton facies de marbre, allant jusqu’à esquisser un semblant furtif de sourire caché sous des redemontades bourrues

      Antoine, tu te laisses aller

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