Une passion et quelques souvenirs

By  | 12 juillet 2010 | Filed under: Bord de court

Mon amour du tennis : pourquoi ? Sait-on jamais pourquoi et comment naît une passion ?

Parfois c’est une rencontre, un professeur, ou bien ses propres parents ou frères et sœurs qui pratiquent déjà, l’exemple venant ainsi des ascendants ou d’un modèle.

Et puis je ne suis pas « bourgeois » ou « fils de » – bien que ce sport ne soit plus réservé à une élite depuis longtemps – plutôt descendant de prolo ordinaire.

Dans mon cas donc, aucune explication criante… Ou alors faut-il considérer la télévision comme un modèle ou une source d’inspiration ? Peut-être que je fus joueur dans une autre vie, durant les années folles, parmi les Mousquetaires qui sait ?

Car c’est elle qui fut la muse de ma passion dévorante et indéfectible pour ce sport, le seul sport que je peux passer des heures à visionner des heures à la télé ou en streaming – même tout pourri ! – sur l’ordinateur, ou dont je suis avidement les résultats et autres trajectoires de carrière de mes champions favoris et de leurs rivaux, au travers de magazines tels que feu  « Tennis de France » ou le plus durable « Tennis magazine ».

Des éditions papier qui ont fait long feu à l’heure du Net et de l’hyper-information – je ne lis désormais plus que les compte-rendus sur le site de ******* ou me renseigne et participe également aux blogs du style : “tout le monde peut devenir auteur (ou presque, surtout presque)” tels que 15-Lovetennis et ******* où sévissent de belles plumes en herbe et parfois semi-pros, surtout en herbe.

Cette passion me vient plus précisément – pour autant que je peux me souvenir -  de l’année 1985 et des larmes de Yannick Noah à l’issue de son huitième de finale perdu contre Henri Leconte à Roland-Garros. J’étais chez mon père et cette vision est la plus ancienne qui me revienne quand j’essaye de localiser la source de cet intérêt.

Peu après je suivis Wimbledon. À l’époque Antenne 2 le diffusait intégralement je crois (une autre époque) et j’assistais aux premiers exploits d’un gamin rouquin de 17 ans et demi aux initiales idoines pour un champion “biberonesque” : B.B pour Boris Becker.

Était née la passion ! Celle qui devait me faire acheter mes premiers magazines l’année suivante et suivre l’US Open américain sur la Cinq à l’époque, celle qui m’entraînait à la suite de mes héros, chevaliers modernes, opposés en duels de courtoisie (ou pas, voir McEnroe !), sauveurs de mon quotidien, si ordinaire en comparaison…

Curieusement, je n’ai pas de souvenir de Noah en 1983, de la folie qu’il avait suscitée en France, non, vraiment pas une once, j’avais plutôt la tête dans les Comics et leur irréalité à l’époque.

La passion ne me poussa pas pour autant à réclamer à ma mère des cours de tennis, non, trop timoré, trop inertiel comme garçon, je subissais sans rien dire des leçons d’escrime depuis des années sur les conseils de ma tante, un autre sport de duel, mais qui jamais n’éveilla en moi une étincelle comparable.

Et sans doute je suis d’une nature plus contemplative qu’active, et cette admiration à distance, à “télédistance”, me suffit, même encore.

J’ai tout de même fini par prendre dix leçons il y a une vingtaine d’années, après en avoir fini avec les fleurets mouchetés et autres épées électrifiées. Mais le prix exorbitant de celles-ci additionné aux locations des cours ne permettait pas à ma génitrice de poursuivre l’expérience. Et donc je restai un champion avorté, un ex-futur espoir des terrains, tout en continuant de développer ma technique télévisuelle et journalistique en écoutant les analyses pointues des Jean-Paul Loth, Patrice Dominguez , Jean Couvercelle et autre Hervé Duthu…

Et puis bon… Mon talent raquette en main n’a convaincu personne, pas même moi : ayant deux mains gauches, affublé d’une très médiocre intelligence spatiale, je n’aurais jamais percé dans quelque sport d’adresse que ce soit – en escrime mes perfs restèrent ultra-confidentielles également malgré sept ans de bons et loyaux services en salle d’armes. Et je crois que mon nom a été effacé des tablettes des inscrits des clubs, par respect envers l’histoire et la mémoire du sport.

Mais j’ai quand même fini par trouver un ou deux partenaires réguliers à une époque ! On allait pouvoir imiter les Muster, Sampras, Ivanisevic et Agassi !

Ça se passait sur un petit terrain lézardé attenant à un mur de pala, où une fois sur deux le filet était démonté et on pouvait alors – au choix – regarder les joueurs de pala se démonter l’épaule à ne faire que des coups droits contre le mur, ou repartir le manche et les balles entre les jambes comme des grands couillons et aller taper la pétanque dans le jardin du pote.

Mais les fois où les conditions étaient réunies, sans concurrence pour squatter le dur municipal “Mahastien Erdian” gratuit et lézardé, sans pluie, et les joueurs de pala absents, on pouvait se la donner, faire les pros du dimanche, surtout du dimanche.

On pouvait faire des cuillères services slicés, des essuies-glaces pour récupérer les balles passées par-dessus le grillage du fond de court, des chips de merde, de brillants coup droits liftés, et faire de véritables parties entre gros tricheurs quant à l’impact des balles près des lignes, gentlemen sans aucune contestation !

Des parties endiablées ! Et souvent au meilleur des cinq sets ! Le gars plus technique que moi envoyait des parpaings au service et des coups droits avec du vrai lift dedans, mais devait se coltiner une masse graisseuse, hum… une surcharge pondérale éléphantesque ou Philippousique – d’ailleurs je le soupçonnai d’être à l’origine des fendillements du ciment – tandis que je me déplaçais comme une souris, partout à la fois. Un croisement de Nadal/Murray des plus agaçants mais en revanche tout juste bon à taper un coup droit dépouillé à plat et un revers à une main coupé par force de pas savoir faire autre chose.

Et je gagnais ! Plus souvent que lui … La proportion du physique contre la technique était à son désavantage, et à son grand désarroi ! Mais c’est le jeu ma pauvre Lucette… Au tennis les jambes battent souvent les bras.

Des fadas ! On avait fini une partie dans la nuit, avec pour seul éclairage les phares d’une Renault 5 TL 73 rouillée sur les ailes, et le type qui se retrouvait contre les phares – pas moyen d’éclairer autrement, le court étant entouré de vignes – se retrouvait aveuglé au moment du changement de côté face au terrrrrible monstre rouillé, et perdait invariablement les points et les jeux.

Le vainqueur fut mathématiquement le dernier à jouer dos au tas de ferraille (R.I.P). Un souvenir assez énorme quand j’y repense…

On a aussi joué sous la pluie aussi et la canicule forcément ! Pas fait sous ou sur neige en revanche, il nous aurait fallu deux raquettes supplémentaires sous les pieds et j’avais que ma « Pro Kennex » à la main moi !

J’avais même gagné par un 6-0 au troisième set contre lui alors que je venais de me tordre la cheville bien salement. Après un ‘medjokovic time’ de bon aloi entre gentlemen, on avait repris la partie qu’il dominait plutôt d’ailleurs, et la fameuse gêne du gars en face du blessé lui avait fait perdre toute lucidité – il faut dire que même en boitillant j’arrivais à sautiller et tout rattraper ! (il faut toujours casser les DEUX genoux à tout Nadal, fut-il du dimanche… SURTOUT celui du dimanche).

Depuis ces temps glorieux de titanesques duels au soleil ou pas, je suis retourné au tennis sur mousse… de canapé et devant écran, et je me suis mis au vélo, moins traumatisant et ne nécessitant pas de partenaire!

Un pèlerinage à faire pour tout religieux (au sens large) qui se respecte : aller à Roland-Garros un jour ! J’ai frôlé pour la première fois ses grilles récemment, avenue Gordon-Bennett, et j’ai cru entendre les appels d’une foule de passionnés en shorts. Les frissons du live m’ont parcouru l’échine en droite ligne depuis les centres de mon imaginaire…

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169 Responses to Une passion et quelques souvenirs

  1. Alex 14 juillet 2010 at 16:06

    Le coup de Chang ça m’avait fait une impression bizarre à l’époque : ce type plus jeune de quelques mois que moi qui gagne Roland SÉNIOR alors que je ne parvenais pas à passer la seconde…

    Coming out : j’avais bien aimé moi le fourbe Chinois qui cassait les codes convenus du sacrosaint tennis sérieux en faisant tomber le Dark Vador rigoureux de l’époque -qui sortait quand même d’un doublé Forrest-Hills/Hambourg et faisait figure d’hyper favori- en lui distillant des coups d’amateur que même moi je pouvais faire : cuillère et moon balls !!
    Et puis c’était un avant-goût, les jaunes vont tout bouffer, ils ont déjà le teint des balles de tennis. (pas taper Duong, humour, enfin j’essaye)

  2. Franck-V 14 juillet 2010 at 16:10
    • Coach Kevinovitch 14 juillet 2010 at 18:13

      Karim, LOOK AT THIS!!

    • Jeanne 14 juillet 2010 at 19:23

      Franck-V je comprends mieux pourquoi tu t’infliges Bodo :mrgreen:

    • karim 14 juillet 2010 at 21:56

      Que c’est bon…

    • Jeanne 14 juillet 2010 at 22:08

      Méfie-toi Karim, c’est une manoeuvre du perfide Franck-V pour t’affaiblir. N’oublie pas de tenir tes positions

      • karim 14 juillet 2010 at 22:30

        Je peux simultanément tenir mes positions, ramoner Serena et tuer Franck-V tout en regardant Arte. Ne t’en fais pas!

      • Jeanne 14 juillet 2010 at 22:35

        je t’admire surtout sur le dernier point « regarder Arte », c’est là qu’on voit la force d’un chef historique.

  3. Alex 14 juillet 2010 at 16:18

    Je pense qu’aimer Lendl très jeune, c’est signe d’une maturité précoce. C’est admirer la puissance du sérieux et du travail.Comme Pete en 88 lorsqu’il avait fait un stage chez lui et s’était déclaré impressionné par la méthode.
    Après, être « fan » du tyran sec et peu riant,au faciès peu avenant et assez naturellement antipathique, la notion m’est inconcevable, surtout quand on débute cette passion à l’adolescence. Jeune on rêve de beauté, de flamboyance (Becker),de pureté (Edberg) de figure christique (Borg) ou shamanique (Noah), on est fasciné par un caractère hors du commun ou une tête de lard (Mac et Jimmy), ou séduit par la sympathie (Wilander)..
    Lendl n’incarnait rien de tout cela….Mais j’ai appris à apprécier son œuvre en grandissant.

  4. benja 14 juillet 2010 at 17:57

    j’adorais aussi lendl que j’ai découvert en finale de
    RG contre ma première idole: Borg. Ensuitz Yvan a pris le relai!!
    Et oui, on remarque 25 ans après que Lendl avait une foule de fans. Il parait qu’il était charmant en dehors du court, contrairement à Mac et Jimmy.

    Il a inventé le jeu puissant de fond de court, pas encore l’attaque de fond court arrivée plus tard avec Agassi. Avec Becker cogneur en service et coup droit, ils sont les inventeurs du jeu moderne, celui que l’on voit tous les jours aujourd’hui.

    Des coups en touché de Mac, et les passings de Borg à 20 à l’heure, les montées d’Edberg: il ne reste pas grand chose, sauf de magniques souvenirs et de l’émotion.

  5. Ulysse 14 juillet 2010 at 19:20

    Haha ! Mes ravisseurs ont fini par me libérer.

    Texte d’Alex qui sent bon l’odeur de l’enfance ou au moins l’adolescence. A lire l’article et les commentaires, on était apparemment tous un peu les mêmes, en tous cas avec pas mal de points communs…

    Ça m’amuse d’autant plus que j’ai écrit depuis longtemps un morceau du même genre sur ma naissance au tennis, avec un coté précaire et « guerre des boutons » encore plus marqué mais je n’ai pas publié parce que je trouvais ça trop personnel. En fait ça passe bien sur 15-Love, un peu à la manière de la trilogie de Karim.

  6. Jeanne 14 juillet 2010 at 20:45

    Quel malheur ! Simon qu’on sentait renaissant, battu par Greul. Tout repose désormais sur Monfils

  7. karim 14 juillet 2010 at 21:26

    Antoine, quand Chang fait son service à la cuiller Lendl fait un retour de coup droit puissant au centre et monte au filet mais Chang tire un passig de coup droit qui dévisse la volée de revers d’Ivan et le public devient fou. On voit notamment sur les images de France télévision Enrico Macias qui se tient la tête, pété de rire. SI quelqu’un se sent l’âme de nous retrouver ça sur youtube…

  8. Serge 14 juillet 2010 at 21:30

    http://www.blip.tv/file/3881073
    C est pas la video de Chang/Lendl, c est Edberg/Leconte l annee derniere, et pour une fois un match « veteran » vaut vraiment le coup d’oeuil. Qule bras ce Leconte!

    • Jeanne 14 juillet 2010 at 21:36

      Etonnant ! C’est comme si son bras était libéré de toutes les contraintes du cerveau

    • Franck-V 16 juillet 2010 at 15:23

       » C’est comme si son bras était libéré de toutes les contraintes du cerveau » :-)

      Avec le recul, quand on voit le jeu actuel stéréotypé, autant à la Wta qu’à l’ATP, on a été sévère avec Henri. Quel bras! Même maintenant, tenir une raquette, c’est encore ce qu’il fait de mieux…

      J’accepterais volontiers de revoir arroser les bâches si on me propose du jeu pareil.

      Maintenant tout est puissance assistée par le matos et épicerie de limeur… :-(

      Et puis ça me ferait 20 ans de moins…

  9. Sylvie 14 juillet 2010 at 21:46

    Du parles de ça, karim ?

    http://www.youtube.com/watch?v=7zGKBUynynw

    • Sylvie 14 juillet 2010 at 21:47

      « Tu », faites pas attention, je reviens d’Allemagne.

    • Jeanne 14 juillet 2010 at 21:51

      Stuttgart ?

      • Sylvie 14 juillet 2010 at 22:15

        Non, Berlin

    • Antoine 14 juillet 2010 at 22:30

      Tu as raison Karim, l’ami Ivan a réussi à la remettre au desus du filet ! Mais en fait de retour puissant, c’est surtout un retour à mi court sur le coup droit de Chang, assez puissant certes, mais beaucoup trop court et bien que le passing soit loin d’être hors pair, l’ami Ivan foire lamentablement sa volée..Cela fait plaisir de revoir celà..merci Sylvie !

  10. Marc 14 juillet 2010 at 23:11

    Je suis pour ma part né au tennis en 78, assistant à la finale de RG chiantissime entre Borg et Vilas.

    Heureusrmment, j’ai très vite découvert le prince de l’attaque, Mc Enroe, qui est venu apporter un peu de lumière dans cette période où les limeurs (Borg, Vilas, Barazutti, Dibbs, Solomon…) s’opposaient aux spécialistes du service/volée, pas mauvais (Tanner, Gerulaitis, Gottfried, Ramirez…) voire géniaux (Vijay Armitraj), mais pas carossés pour gagner un GC. Au milieu, un Connors en fin de cycle, perdant assez régulièrement contre Borg, lequel ne limait pas à Wimbledon, mais changeait son jeu pour attaquer.

    Passion absolue pour McEnroe pendant 6 bonnes années, à partir de 85/86, intérêt pour Becker et surtout Edberg 91/92, puis impressionné par Sampras sans en être un grand fan. J’ai moins suivi le tennis de l’époque des matchs Sampras/Ivanisevic, avec pourtant quelques super matchs Sampras/Agassi, toujours gagnés par Sampras, petite pique à mon pote Benja qui ne peut s’empêcher d’allumer systématiquement Fed sur ce forum pour chanter les louanges de son dieu Agassi, qui a mis quasiment 20 ans pour gagner 8 malheureux GC dont 4 quand il n’y avait plus personne).

    Et enfin, l’admiration pour Fed, peut-être pas autant que McEnroe, mais pas loin.

    Bref, je suis toujours pour l’attaquant, celui qui fait des points gagnants, et ne supporte ni les limeurs, ni les bourrins… Plus de 30 ans que cela dure !

    • Jean 14 juillet 2010 at 23:13

      Quel beau post.

      • Coach Kevinovitch 14 juillet 2010 at 23:33

        Pour chambrer le grand fan de McEnroe que tu es, je te rappelle deux choses:

        1) Lendl a dépassé McEnroe dans tous les domaines (sauf le double)

        2) Depuis juillet 2010, Nadal est pour moi « plus grand » que McEnroe puisqu’il l’a dépassé en nombres de GC

        Vive les génies limeurs et bourrins!

        • Le concombre masqué 15 juillet 2010 at 10:08

          Haha Nadal plus grand que Mc Enroe…pas encore même si Fed nous a conditionnés pour ne parler que de ça, ya pas que le nombre de GC qui compte…Etre numéro 1 c’est pas anodin, et survoler son sport (MC 84) ça n’arrive qu’aux plus grands…Nadal ne fera JAMAIS une année avec 3 défaites. JAMAIS.

        • Sylvie 15 juillet 2010 at 10:26

          Mac Enroe est unique. Ce qu’il a proposé sur un court de tennis c’était de la magie pure. Finalement, son nombre de GC, on s’en fiche un peu. Il a laissé une empreinte indélébile autant par son jeu que par sa personnalité. j’ai adoré ce type lorsque j’étais ado. Il avait ce côté rebelle et génial qui me convenait parfaitement même si avec le recul et des yeux d’adultes ce n’était pas forcément un chic type. Mais j’adore toujours autant le voir jouer, même sur le senior tour. Johnny Mac est un grand, un génie, une des raisons qui m’a ait aimer ce sport et vibrer.

          Lendl a un meilleur palmarès mais il aura moins marqué ma génération que l’Américain caractériel.

        • Jean 15 juillet 2010 at 10:56

          J’allais répondre mais Sylvie et Concombre ont été parfaits.
          Cette folie de l’accumulation n’existait pas, Coach, c’est du marketing et Borg à 11 se tamponnait des 12 d’Emerson.

          L’intérêt chez Mac, c’est effectivement la valeur ajoutée, son approche technique et tactique si personnelle. Si le public est pour Lendl en 84, c’est Mac qui fait se lever les foules.

          L’époque a tellement changé : Nadal et Lendl sont des militaires, sans fantaisies, je l’ai déjà dit mais aucune chance que Nadal fasse des gosses à une actrice déglingo un peu ratée et beaucoup cockée. Trop sérieux.

          Il faut savoir si l’on aime les chiffres ou l’émotion (il n’y a qu’à voir la chiantissime finale de Wim09), mais la victoire de Noah à RG en vaut facile dix de Nadal.
          Après, ça dépend comment l’on compare : Mac, 7 sans quasiment s’entraîner, sans coach et en allant à des concerts pendant les GC ; Nadal et Lendl, 8 en bossant comme des chiens et en passant leurs temps dans les hôpitaux, pas si doués finalement, pis ça m’étonnerait qu’ils sachent jouer Voodoo Chile à la guitare.

          Comme le dit Sylvie, Mac est unique, irreproductible, incomparable donc, et ainsi indépassable (c’est scientifique).

          La dernière fois que j’ai hurlé de joie chez moi à cause du tennis, ça reste en septembre 2002. Parce que Pete est comme un chien affamé et se jette vers l’avant sur chaque deuxième balle adverse, celles de Roddick (déjà considéré comme le meilleur serveur) notamment en quarts.

          • Marque 15 juillet 2010 at 11:14

            Jean, ton goat en wonder-brat devant l’prisu!

          • May 15 juillet 2010 at 12:40

            Le débat de « qui est le Goat? » est relancé, le nombre de GC ne compte pas, voilà de quoi ré-alimenter le sujet, chouette!

            Tu ne prétends pas que faire un gosse à une toxico c’est bien, hein? Rassure moi.

            J Mac ne s’entraînait pas? ah oui? humm pas convaincue… enfin si tu l’dis c’est que tu as une source sûre…

          • Sylvie 15 juillet 2010 at 13:35

            Avec Mac Enroe on n’est pas dans le débat du GOAT, (débat sans intérêt à mon goût). Johnny Mac c’est autre chose. Il a marqué le tennis, records ou pas.

          • Ulysse 15 juillet 2010 at 18:32

            Marc et Sylvie, je vous aime.

            Mac n’a gagné que 7 GC mais vous exprimez parfaitement sa supériorité dans l’émotion, ce domaine inconnu de Ivan ou Rafa.

            Sa demi-volée sautée, son jeu quintessence de l’économie de moyens, et même ses putains de résultats en 1984 s’il faut absolument des chiffres (3 défaites dans l’année, 4 fautes directes en finale de Wimbledon) sont des tueries.

        • Coach Kevinovitch 15 juillet 2010 at 17:42

          Pour essayer de répondre à tout le monde (avec plaisanterie):

          -Sylvie: Lendl a marqué les générations FUTURES de par son style de jeu et sa préparation. L’influence de Lendl sur le tennis surpasse très largement celle de Bigmac. 3/4 du circuit joue comme Lendl tandis que personne ne sert le dos parallèle à la ligne de fond!

          -Jean (et Sylvie aussi): Le coup des GC, c’était pour charrier et te faire réagir, cela a donc fonctionné à la perfection. Le nombre de GC ne fait pas les légendes à lui seul, c’est pour cela que j’ai mis « plus grand » avec les guillemets qui veulent tout dire. Je n’ai pas le culte du GC ou rien que le débat du GOAT nous inculque, c’est juste que parmi les grandes légendes, le point « faible » de McEnroe se situe dans les GC (parce qu’il y en a 6-7 qu’ont fait mieux que lui) donc j’ai visé là ou ça fait mal!

          • Sylvie 15 juillet 2010 at 23:34

            Je ne conteste absolument pas l’influence de Lendl (hélas) ni ses qualités. Reste que, pour les gens de ma génération, il incarne en majorité le mec qui nous a gonflés sur un court là où, lorsqu’on évoque Mac, on a les yeux qui brillent. Ce n’est pas un hasard si Mac Enroe, Connors ou Borg sont plus souvent cités que Lendl malgré son palmarès. Lendl ça reste un mauvais souvenir pour certains d’entre nous même si c’est injuste.

            Pour moi Mac Enroe est une légende, personne n’en doute et, en ce qui me concerne, tu ne vises pas là où ça fait mal, je m’en fous de ses GC. Mac c’est Mac, un génie au-delà des contingences matérielles.

            Tu as des gens qui ont marqué l’histoire de la littérature ou de la musique avec une oeuvre restreinte mais magistrale. C’est la même chose pour Mac.

          • Jean 16 juillet 2010 at 11:27

            J’avais compris Coach, j’en ai juste profité pour me dérouiller un peu. Ce qu’on n’avait pas de forum, nous, à l’époque Mac/Lendl.
            Peut-être pas plus mal, ça aurait saigné.

  11. Jean 14 juillet 2010 at 23:12

    Des fans de Lendl, j’en avais déjà vu, mais le devenir pendant le finale de l’USO 83, ça c’est étonnant. Peut-être le plus gros craquage de slip de l’open.

    En 82, Lendl avait juste été attentif, il l’avait joué un peu à la Murray et n’avait jamais entrevu la victoire. Mais en 83, Connors a un an de plus et est blessé à un orteil, il boitille entre les points et s’écroule régulièrement sur ses appuis, c’est un festival de fautes directes. Le match est très moyen, Lendl n’a qu’à se baisser pour prendre le trophée, 3-6, 7-6, 5-4, avantage, l’autre est complètement cuit quand Lendl sur sa balle de set sert une deuxième de fillette dans le filet.
    Il est tellement dégoûté de s’être fait dessus à ce point là qu’il ne va pas s’en remettre et ne plus faire un jeu, Connors est comme un fauve qui a senti le sang et la peur, juste avant que Lendl ne serve le point suivant, il fait appeler un ramasseur pour faire éponger le court et ne va plus le lâcher. L’ambiance devient énorme, Lendl a les yeux comme enfoncés dans le crâne.

    La double de Lendl à 4’35’’, ça peut faire plaisir à Antoine ET à Sam (le match est en entier sur YouTube). Regardez la tête de Lendl : http://www.youtube.com/watch?v=de1RKgNYPbQ&feature=related

    Tout le monde a été fan de Michaël Chang au moins une fois dans sa vie.

    • Colin 14 juillet 2010 at 23:46

      « En 82, Lendl avait juste été attentif » C’est bien la moindre des choses pour une finale de GC, manquerait plus qu’il ait été tête en l’air :lol:

      • Nath 15 juillet 2010 at 00:01

        mdr, je me demandais si quelqu’un allait relever ! C’est qu’il en avait des choses à apprendre, Ivan :)

    • Serge 15 juillet 2010 at 10:03

      Merci Jean pour le lien. Et j ai meme de la peine pour ce pauvre Lendl en voyant cet extrait… Mentalement superbement joue de la part de Connors!

    • Antoine 15 juillet 2010 at 15:36

      C’est sur que cela fait plaisir Jean ! d’autant que je n’avais jamais revu une seule image de cette finale depuis le direct de 83..Connors était nettement moins bon que l’année précédente mais ce bon Ivan a trouvé le moyen de se comporter comme une larve..J’avais exulté quand il s’était pris une bulle au quatrième et suis presque aussi content qu’à l’époque de revoir cela ! Quel tocard !..

      C’est le match qui m’avait convaincu que Lendl n’était rien et malgré ses titres amassés ensuite, je n’ai toujours pas changé d’avis sur le triste sire..

      Il n’a jamais gagné que contre des types pas au niveau; tant qu’il y avait Borg, Connors à moins de 33 ans, ou Mc Enroe pas encore déclinant, il n’a jamais rien gagné..Il n’a gagné qu’ensuite en établissant quand même un record qui sera difficile à battre: 11 finales de GC paumées..

      Non, vraiment Lendl, ce n’est rien dut tout, juste un bourrin absolu qui s’est mis à la muscu et à la diététique avant les autres…

    • Marque 15 juillet 2010 at 16:29

      Je n’avais jamais vu cette finale
      Et n’ayant connu Lendl que dans sa période Terminator, c’est trés étonnant de le découvrir sous cet angle de gros looser

      Par contre sur la balle de match, c’est vraiment un coup gagnant de Connors ? Ou un énorme coup d’intox pour en finir?
      Ca ne m’étonnerait de la part de ce vieux salopard…

  12. Sam 15 juillet 2010 at 00:01

    Je le crois pas. Les mecs postent Chang ET Flushing 83. Marcel Beliveau va sortir, c’est sûr.

    • Capri 15 juillet 2010 at 07:02

      Oh, il y a bien pire à venir, je le crains.

  13. Jean 15 juillet 2010 at 14:56

    Vraiment, elle est bien cette Sylvie, elle sait que McEnroe était le Goat intrinsèquement, pas besoin de le prouver (on ne cherche d’ailleurs à prouver que ce dont on doute). Un sanglier surentraîné, injecté et qui se couche à 20h peut peut-être prendre à la course un guépard fainéant, un peu maboul et qui aime sortir, mais intrinsèquement, le guépard est plus rapide.

    Et puis Johnny n’avait rien à envier à Nadal : http://www.tias.com/stores/finds/pictures/4398a.jpg

  14. karim 15 juillet 2010 at 19:06

    McEnroe c’est très fort,ce qu’il a réalisé, surtout avec son jeu de fond de court…

  15. Franck-V 15 juillet 2010 at 20:04
    • Sylvie 15 juillet 2010 at 23:38

      :D

  16. Kristian 16 juillet 2010 at 12:59

    Mcenroe est un mystere. Gagner 7 GC et passer x semaines numero 1, sans coup droit et sans revers et meme pas la presence physique d’un Noah pour compenser, c’est tout de meme phenomenal. En le voyant depasse des 26 ans par des gars beaucoup plus complet techniquement et physiquement, je me suis dit qu’il etait representatif d’une epoque ou on pouvait gagner malgre d’enormes lacunes. ET puis j’ai vu des videos de Laver et Rosewall, et je me suis rendu compte que 10 ans plus tot, ils jouaient deja « mieux » au tennis que Mcenroe. C’est donc un mystere et/ou un genie. Un peu comme McCartney dont on dit qu’il composait les premiers morceaux des Beatles sans avoir fait de solfege..

  17. Sam 16 juillet 2010 at 13:07

    Ben pourquoi il faudrait avoir fait du solfège pour composer ?

    Rien à voir, une humiliation suplémentaire du Ivan, dont j’ignorais l’existence:

    « In a recent book Adriano tells his version of the seventies circus with Borg, Mac, Jimbo, Nasty, Vitas, Newk and all the others. One story has Ivan walking up to Ashe and Panatta in Indian Wells talking in rather self-confident way, Ashe stops him and tells him something like « As far as I know you’re not a member of the Club yet. You know the Club of the holders of a Grand Slam tournament title. Until you’re out of that club, for you it will be mister Ashe and mister Panatta ».

    Même Ashe, c’est dire.

    • Sam 16 juillet 2010 at 13:13
    • Coach Kevinovitch 16 juillet 2010 at 13:13

      C’est fou mais plus j’en apprends, plus je suis convaincu que Lendl n’aurait jamais gagné de Grand Chelem s’il n’y avait pas reçu toutes ces humiliations.

      • Sam 16 juillet 2010 at 13:27

        Hé oui, c’est un vrai principe éducatif. Et c’est pour ça que l’on s’acharne sur Richard et Gael. Pour leur bien.

    • Nath 16 juillet 2010 at 13:44

      C’est fou ce que l’on n’imagine pas lire un truc pareil à propos des joueurs actuels. En même temps, avec une attitude pareille, un certain argentin se sentirait seul sur le circuit challenger :mrgreen:

    • Colin 16 juillet 2010 at 14:54

      Call me Mister Gaudio

  18. Coach Kevinovitch 16 juillet 2010 at 13:15

    Sinon, je viens d’apprendre que McEnroe va ouvrir une académie de tennis! Le retour du service-volée?

  19. franckie 17 juillet 2010 at 14:29

    j’ai pas lu tout l’article.mais le titre me plaît car je me reconnais là dedans.ici au cameroun je vous assure qu’on les compte ceux qui suivent constammment le tennis.moi y’a ce sport et le football; quand j’ai très faim,il suffit que j’attrape un d’eux et paf cette faim disparait peu à peu

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