Soul Sisters

By  | 4 juillet 2009 | Filed under: Les filles

Venus et Serena Williams (photo DR)Il y a quinze ans le paisible microcosme du  tennis féminin était secoué par un séisme de magnitude 6.0 sur l’échelle de Richter : deux étoiles noires s’écrasaient sur cette terre et la déflagration promettait d’en changer à tout jamais la face. Du moins si l’on en croyait les prophéties du démiurge responsable de cette cosmogonie nouvelle, un certain Richard Williams.

Venus et Serena, Serena et Venus, deux extraterrestres, deux supernovas qui déboulent attifées et fardées comme personne avant, et attirent sur elles tout micro errant, toute caméra oisive. Le déferlement médiatique est à la hauteur des promesses entretenues : elles apportent une explosion de couleur dans un monde tout blanc qu’elles ambitionnent de régenter en occupant les deux premiers rangs, rien de moins ! L’intérêt suscité se nourrit de ce mélange de fascination et de révulsion, d’admiration teintée de mépris, d’opportunité mâtinée de crainte pour le tennis féminin. Nous sommes en plein baby boom tennistique et les stars classe biberon éclosent désormais sans incubation: les Seles, Capriati, Hingis, Kournikova frappent aux portes de la gloire avant même d’avoir fini leur croissance.

Venus et Serena sont de cette épopée, mais à la précocité elles ajoutent leurs origines inusitées et Papa Richard sait habilement susciter l’effervescence médiatique en dosant avec parcimonie l’événementiel, le show, le marketing, l’arrogance de déclarations péremptoires et volontiers tapageuses, quelques affabulations ou au moins une certaine propension à la dramaturgie. Tout le monde s’émeut de l’histoire des deux panthères échappées du ghetto où elles ont appris à courir après les balles, en évitant les balles.

Quinze ans après, qu’en reste-t-il ? Je choisis sciemment l’option d’un grand écart temporel pour nous poser ce samedi 4 juillet, jour de la finale féminine de l’édition 2009 du tournoi de Wimbledon. Il met aux prises, comme l’an dernier, les deux étoiles noires qui quinze ans après déchirent toujours le ciel de la WTA. Présentation des protagonistes.

Venus

Venus Ebony Starr Williams. Quand  le nom choisi prend déjà l’option d’un destin unique. Venus sera une planète, un astre. Ebony sera ce que la couleur noire offre de plus beau. Starr sera une étoile, une vedette. Du haut de ses 185cm elle toise le circuit féminin dont elle arpente les cimes depuis 1994. Son jeu athlétique et puissant fait merveille sur gazon où son service supersonique, sa solidité en fond de court, son jeu d’attaque, et sa formidable couverture de terrain en font un rempart quasi-inexpugnable sur cette surface.  Du haut de ses cinq titres au All England Club elle parle de la pluie et du beau temps avec des Navratilova, des Graf, des King. Oui, sur cette herbe prestigieuse, Venus est tout simplement l’une des meilleures de l’histoire.

Serena

Serena Jameka Williams est un peu l’antithèse de sa sœur, bien qu’elles soient quasi-indissociables. Au caractère plus introverti et timide de sa sœur, elle répond par une assurance et un aplomb qui peuvent friser l’arrogance. Serena est une championne, point barre. Elle exacerbe encore plus que son aînée les qualités morales et mentales exceptionnelles que Richard semble avoir saupoudré au–dessus des berceaux de sa progéniture. Hargneuse, battante, parfois vindicative et mauvaise perdante, volontiers vantarde, Serena est surtout une compétitrice née. Son jeu se base sur un service qui, bien que rendant quelques km/h à celui de sa sœur, est certainement le meilleur de tous les temps sur le circuit féminin. Ses coups de fond de court perforants et son retour de service exceptionnel complètent sa panoplie. Elle reste moins à l’aise au filet que sa sœur, ralentie par un physique lesté par les formes dont dame nature a généreusement voulu l’honorer (à lire avec la voix de Nelson Montfort) « ah cette tenue noire catwoman à Flushing Meadows il y a quelques années, ce fffffffffessier reeeeeeebondi et gourmand qui bat au rythme de ses courses, ce sein lourd soumis à la constante gravitationnelle emprisonné dans une trop solide brassière dont on rêve qu’il puisse s’échapper dans un instant Marceau, je bbbbbbbénis l’invention du ralenti arghhhhhhhhhh) ».

Venus vs Serena

Venus contre Serena c’est l’affiche de la finale dames de ce Wimbledon 2009, la huitième finale du Grand Chelem les opposant. C’est le choc entre deux monstres sacrés, avec 41 tournois remportés dont 7 Grands Chelems pour Venus, et 33 titres dont 10 Grand Chelem pour Serena. C’est une égalité parfaite dans le tête-à-tête avec dix victoires chacune. Alors oui, ces duels crève-cœurs ont souvent accouché de matches où la moins mauvaise des deux l’a emporté, mais leur récurrence force l’admiration.

Venus et Serena

Venus et sa petite sœur Serena ce sont dix titres du Grand Chelem en double remportés ensemble, ce qui en fait l’une des paires les plus prolixes de l’histoire. Venus et Serena c’est également une harmonie, une entente, une solidarité, un Amour jamais démentis. Voir Venus présente dans les tribunes supporter sa sœur en finale de Grand Chelem quand elle-même a été éliminée huit jours plus tôt mais est restée vaut mieux qu’un long discours. Les défaites infligées n’ont jamais altéré le respect et l’admiration mutuels qu’elles se vouent, Venus ayant notamment survécu à un Grand chelem sur deux ans de finales perdues face à sa cadette. Des fratries se sont sabordées pour moins que ça.

Alors qui va gagner dimanche, laquelle des deux fera basculer le compteur en sa faveur et aura une victoire de plus dans sa besace ? Sur le niveau entrevu je serais tenté d’avancer le nom de l’aînée ; mais le grand vainqueur sera probablement Papa Richard, une fois de plus.

Richard Williams

Comment ne pas tirer son chapeau à cet homme exceptionnel ? Ses prophéties n’auront pas été un effet d’annonce, ses filles ayant occupé toutes les deux la première place mondiale. Richard avait un plan, il l’a exécuté. Plus qu’un coach, il a été un mentor, un gourou. Ce sont davantage les valeurs qu’il aura su insuffler à ses filles qui auront garanti leurs succès, que les heures passées à limer les courts sous le cagnard californien. Ces valeurs et cette philosophie de la vie font toute la différence entre le plan Williams, et celui des trop nombreux papas éleveurs de championnes aperçus depuis vingt ans.

L’amour du tennis

Steffi Graf. Monica Seles. Martina Hingis. Lindsay Davenport. Jennifer Capriati. Kim Clijsters. Justine Hénin. Sans aller jusqu’à mentionner des épiphénomènes comme Anna Kournikova, Iva Majoli ou Jelena Dokic, Venus et Serena ont croisé le graphite avec toutes ces championnes, ex-numéro un WTA. Leur point commun à toutes? Elles sont retraitées, soit pour date de péremption avérée, soit pour burn-out déploré. Les modes se font et se défont, les joueuses passent et parfois repassent, la carrière de sportif de haut niveau étant par essence fugace, éphémère. Dans ce méli-mélo de frivolité, les plus tenaces finalement n’auront pas été celles qu’on croit. Quinze années après leur début en fanfare, quasi-trentenaires et devenues institutionnelles, les ‘soul sisters’ sont encore là, tenant la barre du bateau ivre de la WTA. Que ceux qui auront cru à l’origine à un soufflet vite retombé, à des carrières Kournikovaesques, quittent la salle. Il fait bien froid tout à coup. Quinze années après, malgré des éclipses Agassiennes nombreuses pour blessures physiques, morales, ou simples prises de recul, les ‘soul sisters’ sont encore là. Presque seules rescapées d’une génération dorée. On les a souvent soupçonnées de ne pas aimer le tennis « plus que ça », mais leur présence encore aujourd’hui n’est-il pas la meilleure preuve du contraire? Car à respectivement plus de 22 et 24 millions de dollars de gains, ce n’est sûrement pas après le cachet qu’elles courent ces jours-ci.

Le parfait équilibre

Lorsqu’elles se projettent, les sœurs évoquent la possibilité de jouer en double aux JO d’été de 2016, si la candidature de Chicago était retenue. Elles ne se fixent donc pas de limite temporelle pour leur implication dans le tennis, un peu à la Navratilova. Cette fraîcheur finalement qu’elles témoignent encore à presque trente ans est le fruit du parfait équilibre qu’elles ont pu initier dans leurs vies respectives, la place accordée au tennis n’ayant jamais consumé la Vie justement. Là où on leur a reproché leur dilettantisme parfois et leur implication dans d’autre domaines – Venus a monté sa propre agence de design d’intérieur et Serena sa propre ligne de vêtements, les deux sœurs sont notamment impliquées dans de nombreux projets communautaires et honorées de nombreux prix y-relatifs – on voit finalement que le développement de passions et activités connexes leur aura permis de se réaliser, et continuer à goûter au tennis là où tant d’autres régurgitent, dégoûtées.

La place dans l’histoire

Au moment de refermer le chapitre tennistique de leurs vies, j’espère que les sœurs Williams seront honorées et reconnues pour ce qu’elles auront finalement été, des figures marquantes de l’histoire de ce sport, du sport en général. On pourra regretter qu’elles ne se soient pas données à 100% au tennis (Serena notamment aurait pu avoir un palmarès à la Graf), mais soyons-leur reconnaissants pour la part d’elles qu’elles auront bien voulu y investir, et de porter encore aujourd’hui la WTA à bout de bras.

Que la meilleure gagne aujourd’hui. Aujourd’hui. Mais la victoire est collective et totale sur l’ensemble de leurs vies.

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135 Responses to Soul Sisters

  1. benja 6 juillet 2009 at 8 h 52 min

    En fait,si Fed n’avait flanché vs Nadal à 50% en finale de l’ausopen, il aurait sans doute fait coup double: Record de GC et véritable Grand Chelem. Dommage.

    Enfin, il a battu le record et il le mérite, mais les records sont faits pour être battus….même si celui là risque de tenir longtemps… sauf si le genou de Nadal se solidifie un peu, 9 GC à gagner, il peut faire en 3,4 ans!

  2. Antoine 6 juillet 2009 at 9 h 44 min

    Marc, ce n’est pas que je le trouve hautain et méprisant, ce que je critiquais c’est le fait qu’il ait, à mon avis, sousestimé Roddick. En ce qui concerne ses déclarations d’après match, il est parfait comme toujours, langue de bois incluse. Les rares fois ou il dit ce qu’il pense, c’est lorsque l’émotion est trop forte et qu’il ne maitrîse plus sa communication de gendre idéal..

    Mais tout cela est bien secondaire au regard du résultat qui est considérable. N’ayant jamais fait partie de ceux qui l’estiment en déclin depuis qu’il ne gagne plus systématiquement, c’est à dire depuis l’OA 2008, je trouve assez savoureux de constater que sur les 4 derniers GC, il en gagne trois et fait une finale..

    Quel déclin !!

    L’absence de Nadal lui vaut de surcroît de récupérer la place de numéro un pour un moment qui sera plus ou moins long selon les résultats de l’Us Open à venir. Je pense qu’il va essayer de la conserver suffisamment longtemps pour battre cet autre record de Sampras.

    Un mot tout de même sur Wimbledon et son incapacité à lire le service de Roddick, sauf pendant quelques jeux à partir du milieu du deuxième set ou j’ai alors eu l’impression qu’il y arrivait.

    En dépit de tout ce que l’on raconte sur le ralentissement de l’herbe, les courts étaient exceptionnellement rapides cette année car compte tenu de l’absence de pluie, le sol était dur comme de la terre cuite d’ailleurs lézardée un peu partout avec un rebond très haut, plus haut qu’à l’OA comme l’a montré une simulation du hawheye diffusée sur la BBC pendant les demies finales dames. Plusieurs joueurs en ont d’ailleurs parlé.

    Disons que c’étaient des conditions idéales pour le service de A. Rod et particulièrement de sa seconde balle avec ce kick énorme qu’il parvient à imprimer à la balle. D’ailleurs, sur seconde balle, il a gagné un pourcentage de points particulièrement élevé. Federer dit d’ailleurs qu’il a la meilleure seconde balle du circuit.

    Au nombre d’aces, A. Rod est loin derrière Federer (27 vs 50) mais au total, il a expédié plus de services non retournés que le Suisse. Sur le nombre d’aces, en moyenne au cours des 18 premiers matchs qu’ils ont disputés (je n’ai pas actualisé la stat), j’avais constaté que Federer passait en moyenne 25% plus d’aces que A. Rod contre lui. Il est presque au double hier et c’est dire à quel point il a très bien servi lui aussi….

    Dans ces conditions, c’était une finale d’herbe classique avec deux très gros serveurs..

    Enfin, sur un autre sujet, j’ai lu les déclarations de Nadal disant que dorénavant, il va se consacrer davantage aux GC. C’est un mea culpa implicite qui est de bon augure pour lui.. Il repart dès Montréal et, si ce n’est pas trop tôt, après Montréal et CIncy, il devrait donc être en grande forme pour l’US Open..

    S’il gagne, il redeviendra sans doute numéro un et pourra en tout cas faire état de deux GC comme Federer..

    S’il ne gagne pas, le meilleur joueur de l’année 2009 aura été le Suisse.

    Et si Federer gagne, le débat est clos…

    • Antoine 6 juillet 2009 at 9 h 55 min

      Correctif:

      En réalité, 42% des services d’A. Rod n’ont pas été retournés par le Suisse mais ce dernier a fait encore mieux: 46% de service non retournés.

      Sinon, quatre service vollées pour Roddick (3 gagnantes) et sept pour Federer (seulement trois gagnantes). Chat échaudé craint l’eau froide..

      Idem pour les amorties: le Suisse en rate deux ou trois et renonce…

    • karim 6 juillet 2009 at 9 h 58 min

      Fed met un point d’honneur à battre Roddick au petit concours d’aces à chaque fois qu’il le rencontre. C’est un détail qui m’avait frappé il y a trois ou quatre ans. Sûr il lit mieux le service de Roddick (surtout à une période où de son propre aveu le service de l’américain était devenu facile à lire) mais surtout lui même cherche beaucoup plus l’ace quand ils se rencontrent. Je ne sais pas si c’est une petite friandise qu’il s’accorde, mais ça m’a toujours inspiré le fait que Fed est loin de son réel potentiel en matière d’aces. Sa philosophie de la mise en jeu est différence de celle des bombardiers style Roddick ou Karlo qui cherchent quasi-exclusivement l’ace sur première balle.

      Hier Roddick a servi très intelligemment. Il a notamment exploité à merveille deux choses: l’incapacité de Fed à relancer côté revers aux égalités (la moitié de ses aces au té, sinon plus) et sa lenteur pour se dégager des services au corps.

      • Antoine 6 juillet 2009 at 10 h 38 min

        Je suis complètement d’accord avec toi.

        Il y a d’ailleurs d’intéressantes déclarations du Suisse du Suisse à ce sujet après son match contre Haas. Il a alors dit qu’il avait constaté qu’il servait un peu plus vite que d’habitude, ce qui prouve qu’il suis ses stats de très près car effectivement contre Karlo, il servait en moyenne à 120 mph alors qu’il tourne normalement à 118. Du coup il ajoutait que contre Haas, il avant parfois servi un peu moins vite pour obtenir plus de précisions et cela avait très bien marché. Il était retombé à 118 en premières mais son pourcentage était passé de 62 à 75% dans l’intervalle. Il cherchait à mettre sa première dedans pour se mettre à l’abris des retours de Haas qu’il craignait moins que ceux de Karlo.En finale, il est resté à 118 en moyenne mais avec un pourcentage tombé à 64%, inférieur à celui de ses finales contre Nadal ou à Wim, il tournait à 70%.

        En seconde, il sert presque toujours à 98 mph; cela a été le cas en demie et en finale également. Sa marge de progression résiduelle est sur sa seconde mais il ne veut pas augmenter ses doubles fautes. Il en commet très peu, tout comme Roddick qui, comme tu le soulignes, a visé l’homme avec beaucoup de succès…

  3. Kristian 6 juillet 2009 at 10 h 24 min

    Ah non, Antoine. Il faut savoir ce qu’on veut. L’effet des conditions meteo sur l’herbe de Wimbledon s’ajuste a la tete du vainqueur ces dernieres annees. L’an dernier: temps chaud et sec, donc herbe usee terrain plus dur, rebond plus haut et plus lent. Donc avantage Nadal (et tout le mode crie au scandal).

    Cette annee, temps encore plus chaud, et on aurait un court plus rapide? Je n’y croit pas un instant. La logique de l’herbe, c’est temps sec, gazon lent. Temps humide, balle qui fuse. C’est ce qui faisait la difference historique entre Kooyong et Wimbledon.
    Un bon Nadal aurait certainement fait tres mal sur ce gazon la.

    • Antoine 6 juillet 2009 at 10 h 42 min

      Pas d’accord: par temps sec, le rebond est plus haut, cela est sur mais la balle va plus vite après le rebond au service, pas moins vite..

      Par temps humide, c’est plus lent, la terre absorbe davantage de vitesse de la balle, mais elle rebondit très peu et fuse en slice ce qui ne donne pas nécessairement plus de temps pour l’attraper avant qu’elle ne rebondisse pour la deuxième fois..Cela peut donner sur ces coups là qu’elle est plus rapide mais ce n’est pas le cas..

      • Antoine 6 juillet 2009 at 10 h 43 min

        donner l’impression…

    • karim 6 juillet 2009 at 12 h 12 min

      Finalement est-ce qu’il y a une règle incontestable pour ec qui est des conditions de jeu et leur influence sur la vitesse? on a dit qu’avec le toit fermé ça irait plus vite, Murray a dit que c’était plus lent. On a lu toutes les interprétations pour la terre battue d’Hambourg qui est plus lente les jours pairs, et plus rapide les jours impairs. En tant que spectateurs et théoriciens on ne peut pas apprécier. Et pour les joueurs je pense que leur perception dépend beaucoup de leur état d’esprit. le débat sur la rapidité ou pas des courts me semble sans fin ni but. A l’USO ils ont changé la surface y’en a qui ont dit que c’était plus lent que RG et pourtant ça reste le GC le plus « rapide »? Foutaise que tout ça, les joueurs racontent tout et son contraire.

      • Antoine 6 juillet 2009 at 14 h 29 min

        En fait, je pense que Kristian et moi parlons de deux choses différentes: vitesse des balles ou vitesse du jeu..

  4. Franck-V 6 juillet 2009 at 10 h 43 min

    Bon, vu que RG-Wimbledon devient le doublé le plus facile à faire en GC ces derniers temps, un prono sur qui va le faire l’an prochain? :-)

    Là est le paradoxe, pas fait pendant 30 ans.. et là, 2 ans de suite par deux joueurs différents (certes pas n’importe lesquels)… ça tend quand même vers une homogénéisation des surfaces et donc à une polyvalence accrue des joueurs.

    Si on s’en tenait à une logique classique de surface, le doublé le plus accessible serait AO-US, mais là, l’obstacle est le grand écart dans la saison (l’AO est presque plus la conclusion de l’année N que l’ouverture de la saison N+1)..et surtout, les états de forme fluctuants des candidats… à 7 mois d’intervalle.

    • colin 6 juillet 2009 at 12 h 50 min

      Si tu suis ton raisonnenement jusqu’au bout, le doublé le plus accessible serait donc US (N) / AO (N+1)

      …ce qui jusqu’à présent (i.e. depuis que l’AO ne se joue plus sur gazon) a été fait 6 fois, par:

      Sampras (93-94 puis 96-97)
      Agassi (94-95 puis 99-00)
      Federer (05-06 et 06-07)

      …Alors que si on prend le même doublé, mais calendaire, ça a été fait seulement 4 fois:

      Wilander (88)
      Federer (04, 06 et 07)

      • colin 6 juillet 2009 at 12 h 58 min

        edit: plutôt que « calendaire », lire « dans la même année »

    • Franck-V 6 juillet 2009 at 13 h 21 min

      Tout à fait.

      La facilité du doublé RG-W était plus de l’ordre de la boutade, j’espère avoir été bien compris..

      Un autre élément qui situe la différence des gazons Kooyong AO ante 88-Wimbledon est que le dernier doublé remonte à Connors 74..mais on en revient toujours au même poncif constaté de l’absence des meilleurs , alors.

      Nous n’avons donc que 4 éditions pour en juger sérieusement(83-84-85-87).

      On remarque tout de même que ces fameux doublés sur dur AO-US ( soit calendaire ou à cheval sur N, N+1) n’ont pas été faits par n’importe qui… (on peut me rétorquer à juste titre.. tout doublé en GC implique cette évidence..)

      Toujours est-il qu’un spécialiste avéré en la matière comme Lendl en est curieusement absent..même si on peut considérer que c’était alors le versant descendant de sa carrière, ça restait encore dans ses cordes, se retrouvant au moins 2 fois finaliste et vainqueur dans cette configuration (F US 88-89 – V AO 89-90).

      Dernière chose, bien sûr, le dur c’est le dur, mais le decoturf n’est pas le plexicushion..que n’était pas le rebound ace.

      La réussite d’Agassi particulièrement à l’aise là-bas, là-dessus (et en cette saison?) est parlante… comme pour l’instant les 2 échecs répétés de Federer sur le PX dans les conditions que l’on sait néanmoins.

      On peut faire le même constat pour le moment avec le decoturf new-yorkais et Nadal, mais encore une fois, le moment de la saison a toute sa place, on verra pour cette année où la donne a changé.

      Reste à voir aussi si Federer peut être le 1er vainqueur de 4 GC.. sur 5 surfaces différentes..en plus d’un autre record particulièrement délicat à rallier..

      Je veux bien sûr parler de celui de Fabrice Santoro et ses (en principe après l’US 09) 69 participations en GC… ;-) dont il a précisé qu’il le tentait également.

      • Franck-V 6 juillet 2009 at 13 h 24 min

        Enfin, statistiquement, le doublé W-US reste traditionnellement le plus prolifique, le plus prolixe comme dirait Karim.

        ça doit donc être parlant quelque part..

      • colin 6 juillet 2009 at 13 h 33 min

        Oui mais pas tant que ça finalement, 7 fois sur la même période 88-08:

        Becker 89
        Sampras 93 et 95
        Federer 04, 05, 06 et 07

    • Franck-V 6 juillet 2009 at 13 h 45 min

      En effet, Sampras et Federer y donnent une consistance dans l’époque récente, mais en remontant un peu plus loin, on a également Mc 81-84, Connors 82.

      Je ne vais pas plus loin en arrière, car au-delà on a le gazon pour les 2 tournois qui de toutes façons étaient de loin les plus courus depuis des lustres, bien avant même l’ère Open.

      Donc cette constance de doublé W-US est moins surprenante.

    • Franck-V 6 juillet 2009 at 15 h 33 min

      Colin,

      Pour rendre justice à Borg et à son absence récurrente au « little grand slam », j’ai commis une petite soustraction pour rendre à chacun sa place dans cette ..configuration… et surtout pour tenter de nous débarrasser de .. »l’encombrant » Emerson. ;-) même si sa razzia « amateur » ne s’efface pas comme ça…

      1. 12 Sampras (-2), Federer (-3) Cette égalité me convient tout à fait.

      2. 11 Borg (très bien placé, forcément)

      3. 8 Laver (subit toujours la fameuse scission amateur-pro)

      4. 7 Connors (-1), McEnroe (la qualité , c’est la qualité, justice leur est en partie rendue)

      5. 6 Lendl (-2) et… Emerson (-6) toujours là celui-là, il a la peau dure, j’ai fait ce que je pouvais :-(

      6. 5 Nadal (-1)

      7. 4 On a du beau monde et beaucoup à dire.. Rosewall(idem que Laver..en pire), Wilander, Becker, Edberg (c’est salaud) et… Agassi (qui subit de plein fouet cette chirurgie à la tronçonneuse)!

      J’épargne Vilas et Courrier qui rejoignent alors Rafter et Hewitt à 2 unités.

      Safin et Kafel deviennent des « one shot » ce qui tend un peu vers l’absurde à ce niveau au regard de l’AO 05 du Russe…

      Bref, pas évident de trafiquer les palmarès, pour le coup faudrait vraiment zapper les 2 grands Australiens.. et le petit à cause de la rupture en question.

      Mais c’était surtout en pensant à Borg, qui pour disputer le choc au sommet devrait se situer tout de même à présent à 4 AO remportés (même au rabais).. ce qui commence à faire… pas mal.

  5. Jean 6 juillet 2009 at 12 h 52 min

    J’avais pris un rendez vous à 20h hier, c’est malin, j’ai raté les deux derniers jeux.

    Je suis globalement d’accord avec toutes vos analyses, probablement fatigué de voir Federer si peu gêné par son arme maîtresse, Roddick a varié les zones au service, cela va dans le sens de l’évolution globale de son jeu. Mais même si j’ai également eu l’impression qu’il « méritait » de gagner, il n’a tout simplement pas su enfoncer le clou sur cette volée facile qui sort de trois mètres. Dommage, je ressentais une excitation agréable à voir enfin une surprise de taille se produire en finale d’un GC, mais Roddick ne doit s’en prendre qu’à lui-même, à 2 sets 0, on aurait peut-être senti un petit vent de panique chez le Suisse, d’autant plus avec la brochette de légendes présente dans les tribunes.

    Roddick a progressé tactiquement, pas de révolution non plus, son revers reste assez friable lorsqu’il est attaqué. Je trouve qu’il pêche sur ses attaques de revers slicées, systématiquement décroisées et trop flottantes, ce que Federer a bien exploité en lui proposant des balles courtes (surtout en retour bloqués) pour le passer croisé en coup droit.

    Federer a retrouvé son service et sa régularité en coup droit, il frise la perfection technique sur les ralentis, avec un peu de confiance (notamment grâce à un physique hallucinant), ça passe, même en étant attentiste.

    • karim 6 juillet 2009 at 13 h 26 min

      Curieusement je l’ai trouvé assez moyen sur ses coups de fond de court. Pas mal d’erreurs en coup droit, et de mémoire je n’ai pas vu la moindre accélération gagnante de revers en quatre heures. Fed n’a été superbe qu’au service, ce qui est déjà ça.

  6. Jérôme 11 juillet 2009 at 18 h 17 min

    Franck-V, je ne pense pas qu’on puisse rétablir l’équilibre en biffant l’Australian Open des palmarès au motif que Borg n’y allait pas. Ca reviendrait à retirer la moitié de leurs victoires et de leurs pôles positions à Prost, Schumacher et Senna au motif que, lorsque Jim Clark a remporté ses titres mondiaux en 1963 et 1965 le championnat ne comptait que 10 courses.

    Ca reviendrait aussi à retirer Roland Garros dans la mesure où Connors n’y a pas joué entre 1974 et 1978, précisément les années où il était au top.

    En revanche, je trouve que quand on veut vraiment prendre en compte les très grands titres des champions, il faut intégrer le Masters, actuellement dénommée finale ATP. Ca rend un peu plus justice à de grands joueurs qu’on a tendance à sous-estimer au motif qu’ils n’ont pas tant que ça remporté de titres du GC.

    Et là, à ce jour, en cumulant titres du GC et Finale ATP, on aurait :

    1 – Sampras et Federer à égalité avec 19 titres (mais série en cours pour le suisse).

    2 – Borg et Lendl avec 13 titres.

    3 – Laver avec 11 titres.

    4 – Mac Enroe et Becker avec 10 titres.

    5 – Connors et Agassi avec 9 titres.

    6 – Newcombe, Wilander et Edberg avec 7 titres.

    7 – Nastase, et Nadal avec 6 titres (série en cours pour l’espagnol).

    8 – Kuerten et Hewitt avec 4 titres.

    Quant à Emerson, je suis tenté tout simplement de le zapper au motif que ses résultats ne sont pas comparables puisqu’il a fait la preuve de son incapacité à gagner des titres du GC une fois l’ère open venue, contrairement à Laver, Newcombe et Rosewall.

    Laver et Rosewall restent problématiques dans la mesure où leurs résultats sont sous-estimés par leur longue période de non-participation aux tournois du GC. Il faudrait trouver une solution intégrant de manière pondérée les Wembley Pro, French Pro et US Pro qui étaient alors les tournois les plus prestigieux mais étaient quand même moins longs et moins prestigieux que ne le sont les tournois du GC depuis l’ère open.

    A la louche, je dirais que Laver et Rosewall doivent être placés à peu près au même rang que Sampras et Federer, Laver ayant gagné plus de GC que Rosewall mais Rosewall plus souvent que Laver les 3 tournois pros susmentionnés.

  7. Franck-V 11 juillet 2009 at 20 h 41 min

    Je sais bien, Jérôme, ma remarque était de l’ordre de la boutade .

    C’est un débat qui a longtemps été tenu en croisant le double fait que l’AO ante 1983 a été un tournoi secondaire et que par ailleurs Borg ne s’y est jamais rendu (sauf une insignifiante participation en 74).

    Colin a d’ailleurs motivé ces débats par ses très bons articles sur le GOOE et little big slam.

    Zapper l’AO des palmarès n’a aucun sens, mais à l’heure qu’il est, dire que Borg exploserait les stats si il y avait régulièrement participé tend à en avoir de moins en moins également…

    Car ça impliquerait à présent, de sa part, un parcours « Wimbledonien », style quintuplé de 76 à 80 pour arriver à 16 titres en GC… et mener d’une seule unité ?

    Je précise cela aussi, car j’ai lu je ne sais plus où, que Borg aurait déclaré qu’il aurait mis tout le monde d’accord si il avait fait le déplacement en Australie… et donc, qu’au passage, on aurait comptabilisé plein pot des AO des 70′s pourtant réputés de si bas niveau…

    Bien sûr, je ne parle que d’un hypothétique bilan comptable, ça ne remet pas en cause son triple doublé RG-W et quintuplé successif à Wimbledon.

    Pour ma part, je pense qu’un Borg Himalayen au palmarès passait , non par détour en Australie, mais par une carrière prolongée au delà de 25 ans et 3 mois… et pourquoi pas par une station rédemptrice à Flushing Meadows.. mais on refait déjà l’histoire là.

    Pour le reste tout à fait d’accord, les Masters ont leur place historique dans l’ère Open, mais ils n’apportent une valeur ajoutée qu’aux cadors que tu cites..

    Pour un one shot (pour le moment) comme Djokovic, ou un « no slam » comme Corretja ou Naldandian, c’est une médaille en chocolat (certes.. Suisse ;-)).

    Néanmoins les Masters viennent juste derrière les 4 GC… mais pendant 15 ans (1970-1985 en gros) la finale WCT de Dallas valait bien un Masters également et peut dès lors se rajouter au palmarès des Mc, Connors, Borg etc..

    Pour Emerson, Laver et Rosewall, on se rejoint aussi: « faudrait vraiment zapper les 2 grands Australiens.. et le petit à cause de la rupture en question. »

    Mais en appelant les parcours pro à la rescousse, on doit alors aller chercher Pancho Gonzales également et on est fatalement contraint à se disperser.

    • Franck-V 11 juillet 2009 at 20 h 44 min

      Je rajouterai que prêter fictivement 5 ou 6 AO à Borg dans ces conditions tenderait à … « l’Emersoniser ».. ce dont il n’a vraiment pas besoin ;-)

  8. Jérôme 11 juillet 2009 at 21 h 21 min

    Surtout que rien ne permet d’attester que Borg aurait gagné à l’AO, ni a fortiori qu’il aurait gagné de nombreux titres à l’AO. Après tout, combien de fois a-t-il gagné l’US Open alors que celui-ci s’est joué 2 ans (1976-1977) sur hard-tru, une terre battue américaine où lui le roi de la TB était sensé être imbattable ?

    Zéro. Les extrapolations de palmarès au bénéfice de Borg ne tiennent donc pas la route.

  9. Franck-V 11 juillet 2009 at 21 h 48 min

    La tentation fut grande de prêter fortune à Borg sur le gazon de Kooyong au regard des parcours victorieux de Vilas (78-79) et surtout de Wilander (83-84) à l’AO, à savoir des terriens , vainqueurs de RG, sur l’herbe sèche australe prenant bien le lift… mais ces derniers n’ont jamais convaincu à Wimbledon, preuve supplémentaire qu’on ne peut extrapoler d’un cas à un autre.

    Le passage de la TB européenne au har-tru US de 75 à 77 a donné à Borg, au delà du changement de lattitude, d’autres indications en ce sens…

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