Le tennis professionnel avant l’ère Open (4/5)

By  | 11 septembre 2009 | Filed under: Histoire

En 1968, les tournois du Grand chelem « ouvrirent » leurs portes aux joueurs professionnels et le tennis entra alors dans l’ère que l’on continue à appeler « Open » pour cette raison. Les joueurs qui étaient passés professionnels furent alors à nouveau admis dans les principaux tournois dont ils s’étaient eux-mêmes exclus en cédant aux sirènes des promoteurs du tennis dit « pro », parfois longtemps auparavant. Le tennis professionnel n’est pas, en effet, né dans les années 1960 mais dans les années 1920… Les informations contenues dans l’ouvrage essentiel de Bud Collins History of Tennis : An Authoritative Encyclopedia and Record Book permettent de reconstituer cette histoire tumultueuse. Tel est l’objet de l’article qui suit et  dont voici la quatrième partie.

Partie IV : l’empereur Pancho

Une domination sans équivalent….

En 1954, Kramer se retira de la compétition sans avoir perdu une tournée depuis 1948 et il organisa une tournée « round robin » comprenant Gonzalez, Sedgman, Segura et l’éternel Donald Budge afin de déterminer son successeur. Gonzalez remporta la tournée, battant Segura et Sedgman (30-21 contre chacun d’entre eux, tandis que Segura terminait devant Sedgman 23-22) et put ainsi connaître une deuxième vie professionnelle en tant que nouveau numéro un des pros.

Il avait 26 ans et était arrivé à son meilleur niveau. Après Tilden, Budge et Kramer, son heure était venue. Un très grand service est souvent un gage de longévité et Pancho, qui frappait apparemment sans effort le sien à plus de 200 km/h, survécut à l’arrivée de l’ère Open. Il devait jouer pendant encore 18 ans, remportant son dernier tournoi pro en 1972 à Des Moines, à l’âge de 44 ans. Il est toujours le joueur le plus âgé à avoir remporté un tournoi professionnel. Sa personnalité dominatrice et ombrageuse, pour ne pas écrire caractérielle, ses conflits ouverts et récurrents avec le boss du monde pro, Jack Kramer, son aura considérable, font que Pancho Gonzalez symbolisa le tennis professionnel durant une quinzaine d’années.

Il n’y eut ni Wembley pro, ni French Pro en 1954 et 1955, mais Gonzalez remporta en 1954 son deuxième US Pro consécutif, battant Sedgman en finale en quatre sets.

Les années suivantes devaient être marquées par l’hégémonie absolue de Gonzalez, qui domina à son tour le « circuit » pro comme Kramer l’avait fait avant lui, mais plus longuement encore. Gonzalez est ainsi considéré comme ayant été le meilleur joueur du monde jusqu’en 1960 au moins, une longévité inégalée (7 voire 8 années consécutives) au premier rang mondial. Pancho Gonzales remporta l’US Pro durant sept années consécutives, de 1953 à 1959 et devait encore le remporter une ultime fois en 1961, un record absolu bien sûr. Il remporta également le Wembley Pro en 1956 pour la quatrième fois. Il finit par personnifier à lui seul le monde professionnel et en demeura l’incontestable tête d’affiche jusque tard dans les années 1960 où, à plus de 35 ans, il continuait régulièrement à battre Ken Rosewall et Rod Laver, pourtant à leur apogée.

En 1955, chez les amateurs, Tony Trabert devint le quatrième homme après Crawford en 1933, Perry en 1934, et bien sûr Budge en 1938, à remporter au moins trois des quatre tournois du Grand chelem la même année, ce qui en faisait une recrue idéale pour être opposé, chez les pros, à Pancho Gonzalez. Jack Kramer le recruta, de même que Lew Hoad et Ken Rosewall, afin de disputer une tournée sur le modèle de la Coupe Davis où lui-même et Trabert seraient opposés à Hoad et Rosewall, mais le deal capota. La société Slazenger, qui employait Rosewall, accepta de lui verser un bonus pour le conserver chez les amateurs, tandis que l’épouse de Lew Hoad le persuada de faire une dernière année chez les amateurs… Ce qu’il fit en remportant à son tour un Petit chelem en 1956, échouant en finale de Forest Hills – comme Crawford avant lui – à remporter le Grand chelem.

Tony Trabert fut donc le seul à être recruté pour faire une tournée classique contre le tenant du « titre », Pancho Gonzalez, durant l’hiver 1955 et le printemps 1956. Compte tenu des rapports détestables qu’il entretenait avec Gonzalez, Jack Kramer recommença à s’entraîner pour disputer lui-même la tournée contre Trabert mais finit par renoncer. Gonzalez écrasa Trabert durant la tournée 74-24. Comme l’année précédente, il battit également Segura en finale de l’US Pro et ces deux finales de 1955 et 1956 eurent un score atypique en ce sens que fut testé un système de points dérivé du tennis de table (21-15 13-21 21-14 22-20 pour la finale de 1956). En 1956, Gonzalez battit également Sedgman en finale du Wembley Pro au cours de l’un des meilleurs matchs de l’époque (4-6 11-9 11-9 9-7). C’est à cette époque que le Wembley commença à être considéré comme le plus grand tournoi professionnel. En revanche, il perdit en finale du French Pro qui avait connu deux années d’interruption, Trabert prenant le meilleur sur lui (6-3 4-6 5-7 8-6 6-2).

La menace Lew Hoad

Fin 1956, Jack Kramer tenta à nouveau de recruter Lew Hoad qui avait gagné 15 tournois dans l’année, mais échoua. Il se rabattit alors sur Ken Rosewall afin de monter une tournée contre Gonzalez pour l’année suivante, tournée que « l’empereur Pancho » remporta facilement 50-26. Peu après le début de la tournée qui commença en Australie au Nouvel an de 1957, Lew Hoad accepta enfin de passer pro. Jack Kramer subodora par la suite que c’est le moment où Hoad commença à ressentir les problèmes de dos qui devaient finalement mettre un terme prématuré à sa carrière, et que ce dernier n’accepta qu’après avoir réalisé qu’il valait mieux signer avant qu’il ne soit trop tard. Le contrat ne fut dévoilé qu’après Wimbledon, qui fut le dernier tournoi amateur disputé par Lew Hoad. Il l’emporta brillamment, ne perdant qu’un set en quarts de finale, et écrasa Ashley Cooper en finale en 57 minutes (6-2 6-1 6-2), assurément l’une des plus impressionnantes victoires de l’Australien. Tandis que Gonzalez battait Segura en finale de l’US Pro pour la troisième année consécutive, Rosewall remporta le Wembley Pro de 1957, son premier grand titre chez les pros, battant en finale Segura en cinq sets.

A la suite du recrutement de Hoad, Kramer s’occupa de le préparer sérieusement pour la tournée à venir contre Pancho Gonzalez, organisant une série de « round robin » autour du monde (Europe, Afrique, Inde et Asie du sud-est) contre lui-même, Segura et Rosewall. Il espérait que Hoad viendrait à bout de Gonzalez et qu’il en serait ainsi débarrassé, ce que Trabert, puis Rosewall, n’avaient pas réussi à faire. Gonzalez en était bien entendu furieux.

La tournée de 1958 qui débuta en Australie commença comme Kramer le souhaitait. Hoad, qui jouait extrêmement bien, gagna 8 des 13 premières rencontres face à un Gonzalez hors de forme. A San Francisco, lieu de la première rencontre disputée aux Etats-Unis, Hoad s’imposa 6-4 20-18. La soirée suivante, dans sa ville natale de Los Angeles, Gonzalez s’imposa 3-6 24-22 6-1 puis, devant 15 237 spectateurs rassemblés au Madison Square Garden, récidiva 7-9 6-0 6-4 6-4 lors de l’unique rencontre de la tournée disputée au meilleur des cinq sets. A ce moment là, Hoad avait été supérieur à Gonzalez dans tous les compartiments du jeu ou presque, et menait la tournée 18-9. Mais ses problèmes de dos le rattrapèrent à Palm Springs et il n’évolua plus qu’épisodiquement à son meilleur niveau jusqu’à la fin de sa carrière.

Gonzalez remporta finalement la tournée 51-36 mais ce fut l’unique fois où il fut sérieusement en danger. De nombreuses années plus tard, Gonzalez dit d’ailleurs du jeu de Hoad que c’était le plus fort qu’il ait jamais vu et qu’à son meilleur, Hoad lui était supérieur même lorsqu’il était lui-même à son meilleur. Cette année-là, Gonzalez battit également Hoad en finale de l’US Pro, remportant ainsi son cinquième titre consécutif, au cours d’un match très mal engagé (3-6 4-6 14-12 6-1 6-4). Sedgman remporta le Wembley contre Trabert en trois manches tandis que Rosewall emportait le French Pro en battant Hoad (3-6 6-2 6-4 6-0). Comme l’a indiqué Kramer après coup, la tournée de 1958 fut la dernière occasion de gagner beaucoup d’argent, Hoad raflant 148 000 $ (environ 1,1 M$ d’aujourd’hui), tandis que Gonzalez gagna plus de 100 000 $.

En 1959, Mal Anderson et Ashley Cooper passèrent pros et se joignirent à Hoad et Gonzalez pour une tournée « round robin », mais l’enthousiasme et l’excitation de la tournée précédente avaient disparus. Gonzalez demeura le boss durant la tournée et battit à nouveau Hoad en finale de l’US Pro, en trois sets cette fois, remportant ainsi son sixième titre consécutif. Anderson s’imposa à Wembley, battant Segura en finale en cinq sets, tandis que Trabert remportait le French Pro, battant Sedgman en trois sets en finale. La société de Kramer, World Tennis Inc., jusque-là prospère, commença à connaître des difficultés. Pour le monde pro, le vent avait tourné, retardant d’une décennie l’arrivée de l’ère Open…

Cinquième partie : L’échec du putsch de Kramer, le déclin du monde pro, et finalement, « l’ouverture »…

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Né l'année ou Rod Laver réalise son premier grand chelem, suit le circuit depuis 1974, abuse parfois de statistiques, affiche rarement ses préférences personnelles, aime les fossiles et a parfois la dent un peu dure...

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22 Responses to Le tennis professionnel avant l’ère Open (4/5)

  1. Ulysse 11 septembre 2009 at 11:17

    Excellent comme d’habitude. Lew Hoad est un joueur mythique pour moi. Il avait un physique exceptionnel avec des mains et des bras énormes. Il est rapporté qu’il avait un jeu très complet et était capable de dominer en puissance.
    Non seulement Pancho Gonzalez le considérait comme le GOAT, mais je ne sais plus quel joueur jouant encore dans les années 70 interrogé sur la question du GOAT entre Federer et Laver avait répondu que de toutes façon en niveau pur ça ne pouvait pas être Laver qui était nettement dominé par le meilleur Hoad.

    • Duong 11 septembre 2009 at 11:35

      sur le jeu « très complet » de Hoad, j’ai quand même lu qu’il passait son temps à frapper très fort dans toutes les positions.

      On peut dire qu’il jouait « à l’instinct », mais on peut aussi dire qu’il n’avait pas de tactique.

      Bref, Kramer insistait aussi que Hoad était très très irrégulier.

      C’est toujours le débat entre régularité et niveau maximum.

      Pas mal de gens tendent à être impressionnés par le niveau
      maximum.

      Avec les arguments utilisés pour Hoad et Gonzales, on dirait aussi bien que Nadal est bien meilleur que Federer puisqu’il ne joue que 2 mois par an à son meilleur niveau, mais que quand c’est le cas, il gagne.

      D’où le blabla sur le fait que Federer ne gagne que quand Nadal est blessé, etc …

      Les prises de position sur Hoad ressemblent pas mal à ça.

      Et si on utilisait ce critère du « niveau maximum », il y a énormément de joueurs qui seraient réévalués par rapport à leur niveau moyen.

      • Antoine 11 septembre 2009 at 11:36

        Nos coms se sont croisés..

  2. Antoine 11 septembre 2009 at 11:36

    Thanks. En fait Ulysse, Gonzalez ne le considérait pas comme le GOAT, il considérait que c’était le joueur qui avait le plus fort jeu qu’il ait jamais vu et qu’à son meilleur il était imbattable même si lui même était à son meilleur..

    Le problème, c’est que cette période n’a duré qu’un an en 1956 et que peu après Hoad a commencé à être attrapé par ses problèmes de dos. Même s’il a continué à jouer longtemps, il n’a semble t il jamais retrouvé, ou occasionnellement seulement, le niveau de jeu qu’il avait à ce moment là..

    En ce qui concerne Hoad et Laver, il ne faut pas oublier que Hoad avait quatre ans de plus et qu’il est passé pro cinq ans avant lui. Quand Laver s’est pointé, Hoad lui était encore supérieur mais cela n’a pas duré, même si Hoad était capable de le battre..

    D’une façon générale, quand on compare deux joueurs, on peut distinguer deux choses: à leur meilleur, qui est le meilleur ? Mais c’est assez théorique car les matchs ou deux joueurs sont à leur meilleur sont rares..ou plus prosaïquement, en moyenne qui est le meilleur ? A cette dernière question, entre Hoad et Laver, la réponse est simple: Laver a été meilleur que lui.. mais il n’est pas impossible que le plus fort jeu jamais vu ait bien été celui de Hoad à son top..

    Si quelqu’un l’a vu jouer, je suis preneur d’infos…

    • Duong 11 septembre 2009 at 11:57

      disons que c’est classique qu’un type dont le jeu est de taper très fort dans toutes les positions peut avoir, certains jours, « le meilleur jeu jamais produit ».

      Mais il est aussi habituel que le même, un autre jour, il mettra tout dehors.

      Alors ?

      Certains joueurs choisissent de développer un jeu tactiquement plus complet, plus régulier, sans frapper le plus possible systématiquement :

      c’est un choix, plus porteur à moyen terme, normalement les tout meilleurs doivent être capables de ce choix.

      • Antoine 11 septembre 2009 at 12:06

        Il y a une petite différence Duong, c’est que durant toute l’année 56, Hoad ne ratait rien..Autrement dit, il était super fort presque tous les jours,pas seulement les bons jours…

      • Duong 11 septembre 2009 at 12:16

        n’empêche que Gonzales l’a battu sur l’ensemble de la tournée quand Hoad est arrivé chez les pros, et que Rosewall l’a battu en finale de Wimbledon alors que Rosewall n’était pas à mâturité, manifestement bien moins fort que Gonzales, et qu’il était bien moins un spécialiste de surface rapide.

        Donc cette année amateur 56 de Hoad n’était pas si grandiose.

        • Antoine 11 septembre 2009 at 13:43

          Ce n’est pas à Wimbledon que Rosewall a battu Hoad, c’est en finale de Forest Hills, match qui si Hoad l’avait emporté lui aurait valu de rentrer dans la postérité comme le deuxième type à l’avoir fait après Budge..

          Rosewall, qui avait le même âge que Hoad à qq jours près, 21 ans tous les deux, n’était pas moins que Hoad capable de jouer sur surface rapide, en l’espèce l’herbe. ce n’était pas non plus un novice puisqu’il avait déjà gagné l’Australien Open en 1953 à 18 ans et récidivé deux ans après en 55 en battant déjà Hoad en finale.

          En 56, Hoad a pris sa revanche à l’Australian Open en finale, puis à Wimbledon, l’emportant à chaque fois en quatre sets.

          Tout cela pour dire que côté amateurs, Rosewall et Hoad étaient les deux meilleurs et que le fait que Hoad perde en quatre sets également la finale de Forest Hills ne signifie pas que Hoad n’était pas exceptionnellement bon cette année là ou il gagna un nombre record de 15 tournois..

          Chez les pro, seul Gonzalez était sans doute aussi fort, voire plus fort que Hoad en 56..

  3. Antoine 11 septembre 2009 at 12:08
  4. Duong 11 septembre 2009 at 12:13

    Concernant Hoad et Rosewall, il faut savoir qu’ils avaient le même âge, jouaient en double ensemble et étaient surnommés « les jumeaux » dans leur jeunesse :

    http://bmarcore.club.fr/tennis/apres52/whiz-53.html

    Concernant l’épisode du passage professionnel de Rosewall avant Hoad :

    http://bmarcore.club.fr/tennis/apres52/hoad-56-57.html

    En tout cas, Hoad et Rosewall sont emblématiques du débat sur le « jeune génie sans tactique » et le joueur moins génial mais ayant la tactique et la longévité.

    J’ai souvent lu que Hoad dominait Rosewall dans leur jeunesse, etc … il est vrai qu’il le faisait plus que l’inverse (Kramer disait d’ailleurs que Hoad n’était hyper-motivé que quand il jouait Rosewall, son « jumeau »).

    Mais :
    1. Rosewall s’est manifestement amélioré avec le temps, c’était un joueur fort tactiquement, aussi très fort sur terre battue
    2. tandis que Hoad a eu le chemin inverse.

    Certes on évoque toujours les problèmes de dos de Hoad, mais j’ai l’impression qu’il faudrait aussi évoquer les progrès de Rosewall avec le temps.

    A l’époque où Hoad battait Rosewall, les deux étaient jeunes, Rosewall n’était pas encore à mâturité (je ne parle même pas de Laver, qui était bien plus jeune … ce qui explique d’ailleurs en partie que Gonzales le dédaigne).

    Mais manifestement le jeu même de Rosewall était un jeu fin qui allait progresser, alors que sur ce que je lis de Hoad, un jeu où on tape dans toutes les positions, ça n’est pas un jeu tellement destiné à progresser.

    Enfin dernière chose : dans les tournois pro de l’époque, j’ai lu qu’on jouait le plus souvent sur des surfaces très rapides, notamment du parquet, ce qui manifestement était favorable au jeu de Gonzales et son grand service, sa volée … mais aussi apparemment à Hoad dans la mesure où le type était un frappeur.

    Rosewall et Laver étaient en revanche des joueurs « tout-terrains ».

    Imaginons un Sampras ne jouant que sur surfaces rapides : personne n’évoquerait même que ce type était bien moins fort sur terre battue, il serait le GOAT comme on dit pour beaucoup plus de gens qu’il ne l’est.

    Gonzales, j’ai l’impression qu’il est dans cette veine.

    Manifestement, Rosewall avait sa meilleure surface sur terre, et Laver était tous-terrains, c’est très différent (en outre encore une fois, Laver était plus jeune, donc il ne faut pas forcément se fier à ses débuts pros contre Gonzales et Hoad).

    Autre chose : on évoque souvent les souvenirs de Gonzales sur cette époque, et ses jugements sur les autres joueurs, mais une chose est claire : le type était un sacré crâneur !

    Imaginez si on ne connaissait les joueurs des années 70 que par les commentaires de Nastase ou Connors …

    • Antoine 11 septembre 2009 at 13:57

      C’est sût que Rosewall a progressé et n’a atteint son meilleur niveau qu’à partir de 1961. Il est d’ailleurs sans doute le vrai numéro un des années 61-63 avant que Laver qui a quatre ans de moins ne vienne le supplanter, sans jamais d’ailleurs le dominer outrageusement, bien au contraire. C’est de peu que Laver peut être considéré comme le meilleur joueur du monde durant les six années 64 à 69.

      De son côté, Hoad décline dès 57 en réalité même s’il continue à faire partie des meilleurs et qu’il le sera longtemps; un déclin très rapide puisque dès l’âge de 22 ans et pour cette raison physique maintes fois mentionnée..

      Par ailleurs, il est exact que de tous, Rosewall était le meilleur sur terre battue et ce durant une dizaine d’années au moins. Mais tant Hoad que Gonzalez étaient de très bons joueurs sur terre aussi puisque Hoad gagne Roland Garros en 56 et que Gonzlalez à 40 ballets parviendra encore en demies finale du premier « French Open ». Gonzalez a également été trois fois en finale du French Pro..

      En tournée, les rencontres se déroulaient l’hiver en salle, souvent sur du parquet ou une surface approchante, donc très rapide ce qui allait très bien à Gonzalez ou Hoad effectivement. Mais à cette époque, presque tous les tournois, pro et amateurs, se jouaient sur surface rapide. Il n’y avait guère que la saison européenne de terre battue qui faisait exception..

  5. karim 11 septembre 2009 at 18:29

    ça a déjà été dit, mais ça se lit vraiment comme un roman. Super job.

    • Antoine 11 septembre 2009 at 22:09

      Thanks !

  6. fieldog38 11 septembre 2009 at 22:37

    Toujours aussi captivant. Encore bravo, ça a dû te demander un sacré boulot. Mais quand c’est une passion, on ne compte pas… ;)

    Antoine as-tu une idée du nombre de joueurs à cette époque et du niveau moyen, disons du top 20 ??? Car ce qui me frappe dans tes articles c’est qu’on retrouve très souvent les mêmes noms dans les derniers carrés et a fortiori les finales de ces tournois. Est-ce parce que ces types dominaient leur sport ou bien y avait-il une concurrence quantitativement moins importante qu’aujourd’hui??? En même temps la question reste d’actualité…

  7. colin 12 septembre 2009 at 00:29

    J’ai découvert le 3 et le 4 dans la foulée, que voilà de la (bonne) matière!

  8. Antoine 12 septembre 2009 at 10:54

    En ce qui concerne la question posée par Fieldog, j’ai peu d’éléments de réponse. Je ne sais pas combien il y avait de pro à dans les années 30, 40, 50 et 60. Ce que l’ont sait, c’est que les tournées se faisaient avec un très petit nombre de joueurs et joueuses. En revanche, il y avait plus de monde dans les tournois qui parvenaient, en tout cas pour ce qui est de l’US pro, à rassembler pas mal de monde..Il y avait plus de pro dans les années 60 (Cf. Partie V) que durant les années 30…

    Compte tenu de ce point et du fait que les meilleurs joueurs, ou du moins une bonne partie d’entre eux, passaient pro à un moment donné de leur carrière, parfois tôt, parfois tard, le niveau des demies finales et des finales des plus grands tournois pro étaient certainement plus élevé que celui des tournois du GC disputés entre amateurs et il ne me parait pas très surprenant de voir revenir les mêmes noms comme c’est le cas d’ailleurs durant la plupart des période de l’ère Open..

    D’une façon générale, et cela vaut pour le monde amateur également, il y avait moins de joueurs qu’aujourd’hui.

    En 38, quand Budge remporte le premier GC, il n’a besoin que de 5 victoires à Adelaïde, six à RG et à Forest Hills et seul Wimbledon était déjà au format actuel (7 victoires).

    En 62, Laver a gagné en Australie avec seulement 5 matchs, seulement six à RG, comme du temps de Budge mais entretemps, Forest Hills s’était aligné sur le format Wimbledon.

    En 69, première année « open », il n’ a fallu que 5 victoires pour que Laver l’emporte en Australie, comme en 62 et comme en 38, mais Roland Garros était passé au format à sept victoires, comme à Wimbledon et Forest Hills.

    Ceci montre que le nombre d’engagés potentiel de niveau jugé suffisant était moindre qu’aujourd’hui en Australie et à RG. Jusqu’à la fin des années 70, le tournoi australien est demeuré un tournoi joué entre australiens avec la présence de quelques étrangers qui acceptaient de se déplacer (on mettait un mois jusque dans les années 50). Ce n’était pas très grave quand les Australiens étaient les meilleurs mais une fois ceux ci disparus, le niveau du tournoi a baissé. De même RG était jusque vers la fin des années 70 un tournoi joué essentiellement entre européens..

    Je n’ai pas à ce stade d’autre informations susceptibles d’éclairer nos lanternes…

    • fieldog38 12 septembre 2009 at 14:42

      Merci pour ces précisions.

  9. franckie 12 septembre 2009 at 11:14

    tout ceci sent bon pour rodgeur,une victoire dont on s’en souviendra

  10. martin 12 septembre 2009 at 19:21

    Excellent article. Antoine, tu as vraiment une connaissance de l’histoire du tennis vraiment impressionante.

    Moi, avant 1980 (et encore), je suis un IGNARE !!! Je le suis un peu moins grace à tes articles.

    Merci.

    Sinon, juste pour dire : Nadal est un grand champion. Il a laminé Gonzo en moins de temps que je ne passe à écrire ces mots. Le pauvre chilien n’y était sans doute plus, mais Nadal, lui, ne lache pas. Jamais.

    Voilà la définition d’un grand champion, selon moi.

    Mais je pense que la fatigue et les soucis de santé le rattraperont en 1/2 finale. Je pense que JMDP lui collera un 3-0 très cruel. L’argentin est très très fort, je pense qu’il ne laissera aucune chance à Nadal, exactement comme ce dernier n’en a laissé aucune à Gonzo sur la fin de match.

    C’est très cruel car Nadal ne mérite pas une raclée. Mais je crains qu’il ne la prenne.

    En attendant, vivement lundi, où nous devrions assister (pour celles et ceux qui auront la chance de la regarder) à une très grande finale entre Federer et JMDP. Comparable au Sampras/Safin de 2000. JMP = Safin et Federer = Sampras, bien sûr. Je pense, et j’espère, que l’issue ne sera pas la même.

    Quelqu’un à envie de sortir ce soir ? Moi, oui. Avis aux amateurs…. Sur Paris.

    A plus, chers amis.

    • Antoine 12 septembre 2009 at 19:30

      Sur Gonzo- Nadal, on est plusieurs à avoir donné notre sentiment sur l’autre article..

      Sinon, merci mais je connaissais très peu cette période aussi et j’ai donc lu et synthétisé ce que j’ai pu relever dans le bouquin de Collins..

  11. Franck-V 13 septembre 2009 at 22:11

    Ton excellent article tombe bien (mal) à propos, Antoine.

    Jack Kramer vient de décéder :-(

    • Antoine 13 septembre 2009 at 22:20

      Sans blagues ? A 88 ballets, pendant l’Us Open ?

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