Björn Borg et Rafael Nadal sont nés à 30 ans d’intervalle. Le blond suédois, le 6 juin 1956 ; le brun majorquin, le 3 juin 1986 (les deux avaient donc l’habitude de fêter leur anniversaire à Roland Garros, petit clin d’œil du destin).
Cet écart de 3 décennies tout pile facilite les comparaisons entre leurs trajectoires, d’abord très similaires jusqu’au bug qui s’est produit pour Borg à la fin 1981 (mais qui n’a pas eu lieu pour Nadal fin 2011) ; puis opposées à l’extrême. Ce qui permet de nous adonner à une (double) uchronie : que se serait-il passé après 1q81 si Borg avait eu la longévité de Nadal ? Et que serait-il arrivé après 20i1 si le bug s’était produit pour Nadal ?
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Introduction : Les similitudes, de 197[200]4 jusqu’à 198[201]1
On le sait, Borg et Nadal sont quasiment des jumeaux pour ce qui est de la première partie de leur carrière, et ce, via trois aspects principaux : (1) leur précocité ; (2) leur suprématie quasi hégémonique sur terre battue ; et (3) leur capacité à aller gagner aussi sur les autres surfaces.
Précocité
Dans ce domaine, Borg a été un précurseur.
D’abord en Coupe Davis (il remporte ses deux simples et son double lors de sa première participation à la Coupe Davis en 1972, à 15 ans ; il est alors le plus jeune joueur à disputer une rencontre de Coupe Davis).
Puis en tournoi : première finale à Monte-Carlo en 1973 alors qu’il n’a pas encore fêté ses 17 ans ; victoire à Rome puis à Roland-Garros en 1974, fêtant ses 18 ans pendant le tournoi (il est alors le plus jeune joueur du tableau). Borg détient toujours le record du joueur le plus jeune à avoir remporté son 3ème tournoi du Grand Chelem (20 ans et 1 mois).
Nadal n’a pas été en reste, mais, globalement, avec un an de retard par rapport à Borg. Beaucoup d’entre nous l’ont découvert lors de la campagne de Coupe Davis 2004, l’année de ses 18 ans, lors de laquelle, en demi-finale, il contribue à l’élimination de l’équipe de France en dominant Arnaud Clément, puis, en finale, dans le stade Olympique de Séville, il bat le numéro deux mondial Andy Roddick lors du second match, ce qui contribue à la victoire de l’Espagne par 3 à 2. Absent de Roland-Garros 2004 pour cause de blessure, c’est donc en 2005 qu’il remporte son premier titre Porte d’Auteuil, fêtant ses 19 ans pendant le tournoi, juste après s’être imposé à Monte-Carlo et à Rome.
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Hégémonie sur Terre Battue
Borg et Nadal ont tous deux remporté Roland Garros à 6 reprises entre 197[200]4 et 198[201]1, soit 8 éditions, donc avec 75% de succès. Mais chacun d’entre eux n’a participé qu’à 7 de ces 8 éditions, soit un taux de succès réel de 6 sur 7 soit 86%. A ce stade là de domination, on peut parler d’hégémonie.
Borg a été privé de l’édition 1977 (interdiction de concourir, comme tous les joueurs en contrat avec la World Team Tennis, circuit parallèle et concurrent de l’ATP) tandis que, comme on l’a vu ci-dessus, Nadal a raté l’édition 2004 sur blessure. Ils n’ont donc été battus qu’une seule fois porte d’Auteuil entre 197[200]4 et 198[201]1 : Borg par Adriano Panatta en quarts en 1976 ; Nadal par Robin Soderling en huitièmes en 2009. Le reste du temps, leur domination a été sans partage. Ainsi, Borg et Nadal ont tous deux remporté 2 de leurs 6 titres à Roland Garros sans perdre un seul set, en 197[200]8 et en 198[201]0.
Pour ce qui est des autres tournois disputés sur terre battue, leur domination était équivalente, même si, chez Nadal, elle avait un côté nettement plus stakhanoviste. Il faut dire qu’à l’époque de Borg, le circuit n’était pas encore stabilisé comme il a pu l’être après 1990, et les top players de son calibre avaient un intérêt financier important à disputer des tournois annexes grassement payés, notamment aux USA, plutôt que d’aller enquiller des titres moins rémunérateurs à Monte-Carlo, Barcelone, Hambourg, Rome…
Le palmarès de Borg s’en ressent, ainsi entre 197[200]4 et 198[201]1, si on ne compte que les tournois sur TB considérés depuis 1990 comme des Masters 1000 :
- Borg : 3 titres à Monte-Carlo, 2 à Rome et 0 à Hambourg (total 5)
- Nadal : 7 titres à Monte-Carlo, 5 à Rome et 2 à Hambourg/Madrid (total 14)
Plus représentatif que son palmarès, son ratio de victoire sur TB : A partir de septembre 1976 (juste après sa défaite face à Jimmy Connors à l’US Open), Borg ne compte plus que deux défaites, contre Guillermo Vilas en mai 1980 à Düsseldorf (World Team Cup) et Victor Pecci en avril 1981 à Monte-Carlo, ainsi que deux défaites par abandon contre Dick Stockton en août 1977 à l’US Open et Eliot Teltscher en mai 1979 à Hambourg. Il cumule 96 victoires dans cet intervalle de temps, soit un ratio facile à calculer de 96% et même 98% hors abandon sur blessure.
Nadal n’est pas en reste, évidemment, et nous connaissons tous ses statistiques « plus-que-borgiennes » dans le domaine. En voici deux, particulièrement représentatives, réalisées entre 2004 et 2011 :
- L’Espagnol a enchainé 81 victoires sur terre battue (record) : série débutée face à Gaël Monfils au premier tour du tournoi de Monte-Carlo 2005, et achevée lors de sa défaite face à Roger Federer en finale à Hambourg en mai 2007.
- En juin 2010, Nadal devient le premier joueur (et le seul à ce jour) à remporter le « grand chelem rouge » : Monte-Carlo, Rome, Madrid, Roland-Garros.
Capacité à s’imposer ailleurs que sur terre battue
Sur ce point, la similitude entre les deux ogres de l’ocre reste notable, même si elle commence à s’estomper légèrement. En effet, ils ont été, tous les deux, capables d’élargir le champ de leur domination en dehors de la brique pilée, à l’opposé d’autres champions comme Vilas, Muster ou Kuerten, qui n’ont pas gagné grand-chose ailleurs que sur TB. Mais les lieux de leurs succès entre 197[200]4 et 198[201]1 ont été un peu différents. Si l’on s’en tient aux tournois dits « majeurs » :
- Borg a très vite dompté le gazon londonien (premier titre à Wimbledon en 1976, suivi par 4 autres consécutifs), mais il a au contraire toujours buté sur la dernière marche à l’US Open (4 finales et une demie). Et il ne se déplaçait pas à Melbourne. Quant à la Masters Cup, son bilan est plutôt positif car il l’a remportée à deux reprises (1979 et 1980) après deux finales perdues (en 1975 et 1977).
- Nadal, lui, a réussi à remporter son premier US Open avant 2011 : c’était en 2010, dès sa première finale (il remportera, mais plus tard, 3 autres titres à Flushing Meadows). A Wimbledon, après deux défaites en finale face à Federer (2006 et 2007), il s’impose en 2008 puis en 2010 (sa 2ème et dernière victoire à Londres). Et à Melbourne, c’est dès 2009 qu’arrive son premier titre (un 2ème arrivera beaucoup plus tard). Aucune victoire en revanche en Masters Cup, ni entre 2004 et 2011, ni après, mais une médaille d’or aux J.O. (Séoul 2008).
Cela dit, d’un point de vue uniquement comptable, les bilans sont très proches entre 197[200]4 et 198[201]1, avec 5 titres en GC (et 2 Masters) pour Borg, contre 4 GC (et 1 J.O.) pour Nadal.
Preuve de leur capacité à gagner partout, et dernier point commun : Borg a fini n°1 mondial en 1979 et 1980, Nadal a fait de même en 2008 et 2010.
Terminons par un mot sur la concurrence : Borg avait en face de lui Connors, Vilas, McEnroe (et Lendl sur la fin), quand Nadal a dû se taper Federer, Djokovic, Murray et les autres. Nous n’en dirons pas plus car c’est un débat éternel et infini.
Chapitre 1 : 1q81 (…et si Borg avait eu la longévité de Nadal)
On sait qu’après sa finale perdue à Flushing Meadows en septembre 1981, face à McEnroe (par qui il avait déjà été battu en juillet à Wimbledon), Borg perd subitement le goût de la compétition. Il va traîner son mal-être encore quelques mois, avant d’arrêter définitivement à Monte-Carlo au printemps 1982 après une défaite face à Henri Leconte (nous ne parlerons pas de sa tentative piteuse de come-back en 1991).
Et si…
Et si Borg avait eu la longévité (et la grinta, et la haine de la défaite…) de Nadal ?
Après tout, Nadal après 198[201]1, ce sont pas moins de :
- 8 nouvelles Coupes des Mousquetaires, dont la dernière en 2022, l’année de ses 36 ans (donc 17 ans après la première),
- 4 autres sacres en Grand Chelem,
- 3 nouveaux titres de n° 1 mondial.
Hé bien dans ce cas, nous aurions pu assister à ceci :
- A Roland-Garros (en respectant l’écart de 30 ans avec les sacres de Nadal), des nouvelles victoires de Björn Borg en :
- 1982 (dommage pour Wilander)
- 1983 (dommage pour Noah)
- 1984 (dommage pour Lendl)
- 1987 (dommage pour Lendl (encore))
- 1988 (dommage pour Wilander (encore))
- 1989 (dommage pour Chang)
- 1990 (dommage pour Gomez)
- 1992 (dommage pour Courier) – il est ahurissant de se dire que Borg, s’il avait été nadalien, aurait été capable en 1992 de mater des joueurs tels que Courier, mais aussi Agassi, Muster, Sampras, Edberg, Becker, Ivanisevic… tandis que Lendl et Wilander, pourtant arrivés sur le circuit bien après lui, avaient déjà cessé d’être compétitif (Lendl) ou carrément disparu (Wilander)).
- Dans les autres tournois du Grand Chelem, au hasard :
- Encore deux autres titres à Wimbledon, par exemple en 1985 (dommage pour Becker) et 1987 (dommage pour Cash)
- Un unique titre à Melbourne, par exemple en 1984 (dommage pour Wilander)
- Enfin, pour couronner le tout, un unique titre à l’US Open, par exemple en 1985 (dommage pour Lendl).
- Et peut-être encore une ou deux Masters Cup, et la médaille d’or aux J.O. de 1992 à Barcelone (dommage pour Marc Rosset).
Bref, un bon paquet de joueurs auraient vu leurs palmarès sérieusement amputés à cause de ce Borg nadalien (à noter que les « one shots » tels que Noah, Cash, Chang et Gomez auraient sans doute souffert tout particulièrement).
Chapitre 2 : 20i1 (…et si Nadal avait craqué comme Borg)
198[201]1 a été l’année du gros bug pour Borg mais elle aurait pu l’être aussi pour Nadal. En effet c’est l’année de l’émergence de Djokovic en tant que n°1 (durable de surcroit), tandis que Federer refuse d’abdiquer. Sur terre battue, l’Ibère gagne à Monte-Carlo comme d’habitude, mais ensuite, chose encore jamais vue, il s’incline deux fois de suite en finale à Madrid et à Rome face au Serbe. A Roland-Garros, Federer sort en même temps le match de sa vie et Djokovic en demi-finale, mais cale (comme d’habitude) face à Nadal en finale (on ne saura donc jamais ce qui se serait passé en finale si Djokovic avait affronté le Terre-Minotaure : aurait-il pu réitérer le double exploit de Madrid et de Rome ?). Le reste de l’année verra Djokovic continuer de dominer, avec notamment des victoires à Wimbledon et à Flushing Meadows, dans les deux cas face à Nadal en finale.
Alors évidemment, malgré cette trajectoire très similaire en 198[201]1, Nadal n’a pas buggé comme Borg.
Et si…
Et si ç’avait été le cas ?
Hé bien dans ce cas, nous aurions pu assister à ceci :
- A Roland-Garros, des victoires de :
- Djokovic en 2012
- Djokovic (ou, moins probablement, Ferrer) en 2013
- Djokovic en 2014
- Wawrinka ou Thiem en 2017
- Thiem ou Del Potro en 2018
- Thiem ou Federer en 2019
- Djokovic en 2020
- Djokovic ou Zverev (qui ne se serait pas cassé la cheville) ou Ruud en 2022.
- Dans les autres tournois du Grand Chelem, des victoires de :
- Djokovic à l’US Open 2013
- Anderson ou Del Potro à l’US Open 2017
- Medvedev (ou, moins probablement, Berrettini) à l’US Open 2019
- Medvedev (ou, moins probablement, Berrettini) à Melbourne en 2022.
Djokovic aurait 5 ou 6 GC de plus et en serait aujourd’hui à 29 ou 30 titres (gloups…), quand le Nadal borgien serait resté bloqué à 10. Federer n’en aurait probablement qu’un seul de plus, à 21. Les joueurs « one shot » que sont Del Potro, Thiem et Medvedev compteraient probablement 2 ou 3 couronnes. Et, du coup, seraient remplacés par d’autres « one shots » (Zverev ? Ruud ?? Anderson ???).
Conclusion
J’ai découvert le tennis à travers Björn Borg, qui a été le héros tennistique (et sportif) de mon enfance, je peux donc comprendre tous ceux qui ont 30 ans de moins que moi et qui ont vécu la même chose à travers « Rafa ».
Mais si Borg avait poursuivi sa carrière après 1q81, en mode « Nadal » c’est à dire en continuant d’enquiller les Coupes des Mousquetaires comme des perles, il n’y a aucun doute que j’en aurais vite eu ma claque et que j’aurais fini, tel un renégat, par ne plus le supporter (dans les deux sens du terme) et souhaiter qu’il dégage enfin pour laisser la place aux jeunes. Sa disparition du gotha en pleine gloire participe donc de son aura et de son prestige immaculé.
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Nota 1 : Le texte en italiques a été copié depuis Wikipedia.
Nota 2 : Le titre de cet article est, bien entendu, un clin d’œil à Haruki Murakami.


Jim Courier en est tout proche aussi, alors même qu’il était n°1 mondial ! Mais son RG92 avec le recul du temps c’un truc de furieux : passé le qualifié Nickas Kroon au premier tour, il prend Muster, Mancini, Medvedev, Ivanisevic, Agassi et Korda.
C’est peut-être l’édition de Roland que j’ai le plus suivie dans ma jeunesse. Jim apparaissait comme le favori, mais il avait vraiment marché sur tout le monde. Deuxième tour Muster, vainqueur à Monte Carlo, déjà ancien demi-finaliste à Paris. 6/1 6/4 6/4. Troisième tour Mancini. Partiellement sur le retour, avec notamment une finale à Miami. Essoré 6/4 6/2 6/0. Yannick, au micro de France TV, annonçant que ça va être très dur d’aller chercher Courier cette année. Huitième anecdotique, Medvedev-le-vieux, pas encore 18 ans, auteur d’un beau parcours depuis les qualifs. Mais dont l’histoire ne pouvait que s’arrêter là : 6/1 6/4 6/2. Le quart de finale, contre Goran qui vient de battre le finaliste de Rome, Carlos Costa. Goran particulièrement à l’aise en fond de court, contrairement aux idées reçues. Goran très souple, malgré sa grande taille, pour se déplacer sur terre. Goran qui, seul, va résister au rouleau compresseur en lui prenant un set, mais qui craque mentalement à la fin du quatrième, le seul véritable moment où Jim n’a pas complètement dominé son sujet. Demi contre Dédé 6/3 6/2 6/2, une exécution. Finale 7/5 6/2 6/1 contre Korda, de belles fulgurances tchèques au premier set, puis une boucherie.
Muster, Mancini, Agassi, étaient perçus comme les seuls types pouvant peut-être l’arrêter cette année-là. A raison (ils furent bien là pour le défier) mais aussi à tort (ils furent loin du compte). On attendait aussi Edberg quand même, qui venait de gagner à Hambourg. Stefan se vautre lamentablement au troisième tour, il n’y a plus personne dans le bas du tableau. Yannick au micro, pourquoi pas un Pioline en demi ? Non : Cédric s’incline contre Cherkasov, le tombeur d’Edberg. Quant à Riton, il nous fait… du Riton. Yannick au micro, c’est le vengeur masqué (l’expression vient de cette édition-là). Victoire stupéfiante contre Stich, puis plus attendue contre Filippini. Avant le mythique quart contre Kulti. Riton rincé en demi. L’identité du finaliste est un détail de l’histoire, le cavalier seul contre Agassi annonçait la fin.
Et au final, je me disais que Goran était vraiment en forme pour avoir pris un set à Jim et qu’il allait peut-être taper un gros truc à Wim. Ah Goran, que de pain noir avant la résurrection de 2001…
Ce dernier commentaire de Rubens me permet de faire un copié-collé d’un petit bout de mon article :
C’est ce genre d’uchronie qui aide à saisir l’ampleur des trois monstres. Pour l’anecdote, Borg jouait en 92, il a fait quelques tournois et les scores font mal aux yeux pour lui. Il est revenu à MC 91, après 7 ans d’arrêt complet, sans que qui que ce soit comprenne le pourquoi du comment. Il a récidivé en 92-93, sans gagner un seul match. D’aucuns ont écrit qu’il avait quelques dettes à éponger, que sa seule présence sur ces quelques tournois avait renfloué son portefeuille et qu’il s’était arrêté une fois ses dettes effacées. On ne saurait faire plus matérialiste, mais aucune des autres hypothèses ne tient réellement la route.
Au fait Nathan, tu planches encore sur mes deux devinettes, ou tu en as marre et tu veux les réponses ?
Je consulte, je vais trouver, je demande encore un peu de temps. Je ne désespère pas.
J’espère que tu n’inclus des demi-finalistes de double ou ayant été battus en qualif par le joueur qui a gagnné le GC ?
tu n’inclus pas
Je te parle juste des 7 adversaires du tableau final d’un Grand Chelem en simple. Suite à ma discussion avec Guillaume, tu noteras que parmi les 7 hommes, il en est qui n’avaient pas encore été demi-finalistes en GC, mais qui allaient l’être plus tard.
Je ne parle donc ni de double, ni de qualifs.
Un joueur de GC qui n’est pas un cador. On parle bien de l’ère open ?
Là tu parles de la question 2
Et non, ce n’est pas un cador.
Et oui, on parle bien de l’ère Open, pour les deux questions, d’ailleurs.
Peut-être Gaudio RG 2004 ?
Pour la 1
Non, Canas n’a jamais été demi-finaliste, ni Andreev, ni Novak…
Jiri Novak ? Si !
La 2, j’ai déjà trouvé, j’arrête là !
Ferrero RG 2003. C’est mon dernier mot, Rubens.
Ferrero 2003 non…
Si je te parle d’un vainqueur en Grand Chelem et de ses 7 victimes, est-ce que ça te met sur la voie ?
Victime, victime, victime… tout champion, lorsqu’il perd, est une victime, du tirage, du vent, de l’absence de vent, du public, de l’absence de public, de la tension de sa raquette, de la « chatte » de l’autre, etc.etc.etc.
Et moi je suis victime de ce quizz impossible (à demi-impossible puisque tout de même j’ai sauvé l’honneur de Wawrimka) qui ronge mes nuits, m’empêche de travailler, alors même que je sens que ce doit être encore un truc tordu. D’ailleurs vainqueur ou vainqueur(e) ?
Bon, fin de la torture. Parce que je ne souhaite pas que ça devienne une torture pour toi
Question 1
Yannick, Roland 83. Eh oui.
1er tour : Jarryd (futur demi-finaliste à Wim 85)
2ème tour : Pecci (finaliste à Roland en 79)
3ème tour : Dupré (demi-finaliste à Wim 79)
1/8 : Alexander (3 fois demi-finaliste à l’AO dans les années 70)
1/4 : Lendl…
1/2 : Roger Vasselin (qui atteint là son unique dernier carré)
Finale : Wilander…
Question 2
Andreï Chesnokov, vainqueur de Matsou à Roland 86 et 89. A chaque fois, Matsou était le tenant du titre.
Comment ai-je pu oublier de vérifier Noah ? Pourtant je l’avais fait pour les vainqueurs hasardeux de GC, suspectant le coup tordu, même si l’expression « hasardeux » n’est certainement pas la bonne. Sans doute parce que Noah est un vainqueur glorieux, au moins pour les Français, du moins certains Français, dans ce désert de french winner de GC.
Disons que pour demi-finalistes en GC qu’ils aient été, certains de la liste ne font pas très peur, soit à cette date de 1983, soit parce que terre battue, soit parce que les deux. Alexander, DuPre et même CRV, voilà, voilà, quoi.
Au-delà de Lendl et Wilander, vu de loin, c’est la victoire sur Pecci que j’aurais tendance à retenir. On ne la cite jamais trop sur le chemin victorieux de Noah, mais Pecci, outre sa finale de 79, était encore demi-finaliste en 1981… après avoir battu Noah en quarts. En 83, il a un peu reculé dans la hiérarchie mais il gagne encore des tournois, en simple (Vina del Mar) et en double : Rome avec son pote Francisco Gonzalez, avec qui il surprendra la France en Davis deux ans plus tard à Asuncion. Bref, c’est à mes yeux « l’autre » victoire vraiment sérieuse du parcours de Yan, d’autant qu’il y a entre eux quelque chose du registre de la rivalité personnelle, au moins côté Noah qui avait raconté plus tard que ça le faisait chier qu’il y ait un deuxième coq dans la basse-cour pour attirer l’oeil des poulettes !
Victor, le beau gosse à la boucle d’oreille en diamant.
Et dans les clients sur le papier, je crois que tu peux ajouter Jarryd, qui n’a jamais été un spécialiste de la terre battue.
Pecci oui, clairement. Le problème de ce joueur semble avoir été une trajectoire un peu sinusoïdale liée à sa condition physique fluctuante. Formidable joueur de toucher, mais qui a trop rarement été à son top physiquement pour exploiter son potentiel. Son run à Roland 79 est vraiment une sacrée performance, entre 78 et 80 il est le seul à prendre un set au grand monstre. Au final, bien qu’il n’ait pas remporté le titre, il s’inscrit dans la lignée des « beaux attaquants » de terre battue qui ont épicé le tournoi pendant une bonne décennie. Cette lignée démarre avec Panatta, elle passe par Gerulaitis, Pecci et… Noah, elle s’achève avec Leconte. Autant de joueurs amateurs de la vie, des personnages hauts en couleurs auxquels l’époque doit beaucoup mais aux palmarès limités au final.
Ce commentaire de Rubens me permet de faire un copié-collé d’un petit bout de mon article :
Stat hallucinante.
La World Team Cup est une exhibition, il n’y avait que Pitou pour la prendre au sérieux. Quant à sa défaite contre Pecci, l’Uruguayen était certes un client, mais elle annonçait la fin du règne. Pendant plusieurs semaines on n’a plus revu Borg jusqu’à Roland. Les spéculations commençaient à se faire jour sur sa possible retraite. Finalement il vient à Paris, il roule sur tout le monde jusqu’à la finale, où le jeune Ivan parvient à le menacer. Reste que pendant 5 ans Borg a été invaincu sur terre. Même Nadal n’a pas fait aussi bien !
C’est Guillaume, je crois, qui parlait un jour du film de William Klein « The French » consacré à cette édition. Borg respirait le mal-être, ça se sent à chacune de ses apparitions dans le film.
Paraguay, Rubens, Paraguay
De mémoire je dirais que c’est plutôt Sam qui avait initié une discussion sur The French. Film que je n’ai jamais vu en entier, juste quelques petits bouts par ci par là. Et il y en a un court extrait dans ma vidéo « Blow out » que je vous ai partagée il y a plus d’un an, où l’on voit Borg interviewé par… Stéphane Collaro. Les 15lovers de mon âge apprécieront l’effet madeleine.
Stéphane Collaro… Colin, tu as encore des noms pareil à sortir de ton congélateur ?
Nan mais Sam c’est sa madeleine. Y’a Borg, y’a Noah, y’a des filles en sous-vêtements
Moi je l’avais regardé par stricte curiosité professionnelle (et nostalgie d’un temps que je n’ai pas connu, où les sportifs étaient accessibles
…
… enfin ceci dit ce sont surtout les footeux et les tennisseux qui ont mis des barbelés, dans la plupart des autres sports les athlètes restent accessibles, y compris les meilleurs !)
Je découvre à l’instant cette passionnante conversation, et je confirme.
Mais j’ai beaucoup de Madeleines. Voire, j’ai surtout ça.
Pour poursuivre ma digression, j’ajoute que le H2H entre les deux c’est 4-2 Pecci. Il gagne les deux premiers à Monaco 79 et donc RG 81, en perd deux de suite fin 82 à Bâle et RG 83, et regagnera les deux derniers à Bâle fin 83 (le moment où Yan est en burnout) et enfin le traquenard d’Asuncion. Bref pour Noah, une victoire sur Pecci, qui plus est facile (la première c’était un 6/4 3/6 6/3), c’est tout sauf another Day at the office, même sur terre (2-1 Pecci).
Ce qui confirme mon ressenti, à savoir que Pecci était un adversaire particulièrement difficile pour Yannick et que le liquider en trois sets était l’indicateur d’une forme olympique de la part du Français.
Pour l’avoir interviewé d’ailleurs, Pecci a moins bien vieilli que Yan. Il avait énormément de mal à se mouvoir. Bourré d’arthrose si je me souviens bien, une hernie persistante aussi… Il n’était absolument plus capable de jouer, même en dilettante.
Post d’époque :
« Rien à voir mais j’ai rattrapé un vide dans mon cursus tennis en regardant enfin The French, le documentaire encensé de William Klein sur RG 81. On verra si Netflix aura la même envie/la même latitude à aller aussi loin dans les tranches de vie. Quelques observations, en vrac :
- Borg semble déjà… ailleurs. C’est facile à dire quand on connaît la suite, mais le burnout semble déjà rôder. Drôle d’impression qu’il n’est que de passage – ce moment où tous les mecs sont au Players en train de se marrer et lui passe comme une ombre et s’en va, sans un mot. La carapace d’extraterrestre dont les autres l’ont affublé sur le court existe aussi dans la vie et tu te demandes s’il n’y a pas un brin d’exagération dans les récits où on le dépeint comme un des fêtards de la bande à Vitas au Studio 54. On le sent aussi ballotté, impression qu’il ne décide de rien : « va ici, prends la pose, refais la bise à la jeune fille… » Même quand à la fin du tournoi, alors qu’il quitte le stade, que tout est terminé, quand un ballos lui demande s’il peut garder la raquette de la balle de match, sa réponse c’est : « demande à mon coach. » Y’a beaucoup de moments drôles, ou attendrissants, dans ce film. Mais quand Borg intervient tout est toujours triste. Même physiquement : il s’apprête à fêter ses 25 ans, il en fait 10 de plus.
- McEnroe est une sacrée tête de con.
- Panatta, Nastase, Pecci… t’as quand même de ces ‘gueules’ de cinéma dans le tennis de l’époque.
- Lendl, dès 1981, annonce autre chose. Il ne joue déjà pas le même sport que les autres. La capacité de perforation qu’il a en coup droit, c’est le tennis des années à venir qui se dévoile quand les autres pratiquent – en fond de court – toujours un jeu des 70′s. Drôle aussi de le voir faire son timide en refusant d’ôter son sweat-shirt au massage à cause de la présence de la caméra. Dans le vestiaire à côté on a pu filmer assez longuement une nana en culotte et soutif mais bon…
- Quand on connaît le dénouement, Ruzici fait un peu de la peine. Elle veut battre enfin Evert, tout tourne autour d’Evert, qui « m’a battue 5 fois cette année, 2 fois en finale, 2 fois en demies, 1 fois en quart », elle se souvient avec émotion des 2 fois plus lointaines où elle a failli la battre… Elles se retrouvent en quarts, et Evert gagne encore, Ruzici regrettant que le match ait tourné à… 4-3 premier set. ça me fait penser à je ne sais plus quelle Française qui se prend 0 et 0 contre Navrat à Roland « mais le premier jeu avait été super long. Si je le gagne, qui sait ce que ça peut changer… » (bah t’aurais marqué un jeu, j’ai envie de dire !). Pas lucide. Et c’est terrible parce qu’elles sont copines, mais ce H2H, elle l’entretiennent toutes les deux. A sa dernière apparition dans le document, Ruzici dit qu’elle la battra, un jour. Spoiler : non. 23-0, Vitas est enfoncé. Et dans une vieille itw sur ses années à RG que j’avais eu la chance de dérusher, Evert avait ce court passage où elle louait son amie Virginia, mais rappelait au passage « elle ne m’a jamais battu ».
- On dit de nos commentateurs actuels, mais Tony Trabert, légende du jeu, consultant vedette d’une grande chaîne, qui descend sur le court recueillir les premières impressions de la championne de RG81 Hana Mandlikova et lui demande en préambule : « Tu avais déjà joué une finale de Grand chelem ? » Et l’autre de lui répondre : « Oui j’ai gagné l’Open d’Australie l’an passé. » C’est quelle note sur l’échelle du ‘j’en ai rien à cirer du tennis féminin’ ?
- Dans le même genre, scène magique où il faut ‘blinder’ le programme du J3 parce qu’il a plu la veille. Et allez qu’on charge la barque des filles pour évacuer ça à 10h du mat sans grands égards – et Ann Jones, une championne de RG et de Wim, n’est pas la dernière. On décide juste pour faire bonne mesure de plaquer deux matchs masculins tout pourris pour que l’accusation de misogynie ne soit pas trop flagrante : va pour Eric Fromm – Peter Feigl et je ne sais plus quel autre match.
Bref j’ai bien aimé. Ce n’est toujours pas ‘la’ formule pour te retranscrire le plus fidèlement possible un tournoi – limite je trouve qu’il y a trop de jeu, surtout dans les derniers tours – mais c’est le film qui prend tout son sens vu looongtemps après, pour comparer avec tout ce qui a changé depuis. »
Guillaume ; le française c’est Cathy Tanvier, je me rappelle de cet interview, j’étais avec un pote devant la télé, on était mort de rire.
Après d’ailleurs quand on se prenait une tôle dans un tournoi ( 4 ème ou Font de 3 ème série) ou en équipe, on reprenait toujours cette phrase (en citant bien sûr l’autrice ).
Ah merci ! Je ne sais pas pourquoi mais j’avais Nathalie Herreman en tête, sans être sûr de moi.
Quand je débutais, il y avait un aphorisme de PHM que les journalistes de L’Equipe aimaient à ressortir comme ça, sur le ton de la blague : « Ce n’est jamais bon de faire le break trop tôt au cinquième set. » Parce qu’il y avait un fond de vrai (le match n’est pas fini) mais aussi bcp des fragilités du joueur Paulo qui transparaissaient là. Donc du coup, prochaine fois que je perds un match sur super TB (nouvelle norme oblige) après avoir mené 2 ou 3-0 : « C’est jamais bon de faire le mini-break trop tôt au dernier set »
Pas accroché à ce film. Trop lent, pas de rythme. Suite à ton post d’époque je l’avais regardé en entier, ç’avait été une épreuve. Mais certains propos, effectivement, sont collectors
J’ai entendu ce cher Mika dire un truc à peu près du même genre que Cathy Tanvier, à propos de son célèbre match contre le non-euclidien. En début de match j’ai eu une balle de break, si je la convertis le match prend une autre tournure. Si ça peut te consoler Mika…
Bel exercice d’archéologie, Guillaume, tu as meilleure mémoire que moi pour ce qui est de tes posts (ce qui est normal, mais même Rubens a une meilleure mémoire que moi… je baisse, je baisse…)
C’est tout de même toi qui me reprends – à juste titre – sur la nationalité de Pecci ! Tu as encore tes cellules !
Puiqu’on parle film, quelqu’un a-t-il vu « Il Maestro » ? Pour savoir si ce film vaut le déplacement.
Comme Rubens nous fait le plaisir d’être toujours parmi nous, je vais lui offrir sur un plateau d’argent l’occasion de me troller : j’ai été traumatisé par les derniers résultat du poteau de justice tyrolien et n’ai toujours pas regardé ses 2 défaites.
Du point de vue de l’analyse quantitative, comme souvent, il ne gagne pas les points décisif même s’il est le meilleur joueur. Avec un « Dominance ratio » de 1.28 contre Djokovic, c’est l’une des « pires » défaite possible. En effet, avoir 18 balles de break sur 6 jeux de service et ne breaker qu’1 fois releve de l’anomalie.
Mensik a été semble-t-il extraordinaire au service à Doha mais de même Sinner a un DR de 1.02, ce qui signifie qu’il a quand même été le plus dangereux au retour.
Donc cela nourrit mon opinion que Sinner est le meilleur joueur mais que c’est un « loser » quand même qui n’a pas la grâce. Chacune de ses victoires seront arraché à la force des dents mais il n’a pas la « chance » du protagoniste. C’est Alcaraz qui a ce talent là dans le tennis dans cette réalité.
Mis à part que je trouve Alcaraz laid et disgrâcieux, et espagnol – crime parmi les crimes possibles – c’est clair que c’est le plus grand talent depuis Federer et que son niveau max n’a pas de plafond : ses meilleurs points sont justes extraordinaires.
Et je décline ta proposition. Troller les gens n’est pas dans mon registre. Mais le second degré, omniprésent dans ma vraie vie, est un peu plus dur à faire passer à l’écrit. Quand je fa
Problème de connexion. Je repasserai. Là tout de suite, j’ai d’autres passions moins tristes en vue pour ce WE, Jannik Sinner peut remporter Indian Wells, j’en serai déçu mais j’ai d’autres stimuli.
Moi aussi apprécie beaucoup le second degré tu sais :).
Dommage que tu mettes la goutte de venin « passion moins triste ; j’ai d’autres stimulis », je ne me suis jamais permis de porter de jugement moral sur toi même si on s’est piqué.
Il est vrai que le tennis actuel me laisse, pour l’essentiel, à 37°. Et oui, ça m’attriste, parce que mon sport préféré, dans lequel j’ai grandi, est en train d’être englouti, la créativité étant désormais trop écrasée à mon goût par la puissance. C’est mon ressenti à chaque fois que je regarde du tennis aujourd’hui. Et Sinner, n°2 mondial pouvant tout à fait redevenir n°1 dans les prochains mois, est l’incarnation de cette tendance. Pour les quelques-uns qui l’ont vu jouer sans zapper au bout de 30 secondes, l’écho général est que son cerveau s’est déplacé vers ses biceps. Je n’y suis pour rien !
Le problème n’est pas de savoir si Jannik est oui ou non le meilleur joueur du monde, le problème est de savoir la trajectoire générale que prend le tennis. Quand je regarde autour de moi les non-aficionados, ils sont un certain nombre à me parler du Roland de leur jeunesse, qu’ils suivaient. Ils ne me parlent jamais du Roland d’aujourd’hui. Ce que confirme la baisse du nombre de licenciés, que la FFT peine à cacher malgré l’intégration du padel au nombre de licenciés.
Hier soir j’étais à une soirée jeux. Une véritable tuerie. Je serai à une autre ce soir, et je ne troquerai aucune des deux contre un match d’Indian Wells devant mon écran. Il fut une époque où je n’aurais pas raisonné comme ça. Voila pourquoi je parle de passions moins tristes, et cela n’a rien à voir avec toi.
L’ensemble de ce post est à prendre au premier degré. Hélas.
Et par ailleurs, oui, je considère comme une passion triste le fait de troller un internaute, mais tu conviendras que c’est toi qui m’invitais à le faire. Ma réponse reste la même : non.
Ceci dit, si tu considères que je te trolle en m’amusant à trouver des surnoms débiles et improbables à Jannik Sinner, je m’en excuse. Sincèrement. Mais ma cible, c’est l’Italien, et sûrement pas toi ! Au passage, j’adore le « poteau de justice tyrolien », je n’aurais pas fait mieux
Mais je t’invite à réfléchir à un point : que tu te considères comme visé par mes délires ne relève-t-il pas finalement de la même logique que de te sentir traumatisé par les deux défaites du Moine en ce début d’année ? C’est toi qui emploies le terme « traumatiser », ce n’est pas moi.
Est-ce que tu ne prends pas trop à cœur les résultats de ton joueur favori ?
Est-ce que tu ne trouves pas excessif de prêter à Carlitos un délit de sale gueule et de nationalité ? Qu’ont bien pu te faire les Espagnols pour que tu écrives des choses pareilles, toi qui par ailleurs es capable d’écrire avec une plume formidable des propos censés et pondérés ?
Très judicieuses remarques auxquelles je n’ai pas grand choses à redire et qui permettent de tourner la page.
Moi aussi aime bien le second degré, l’hyperbole et l’anti-phrase. Il y a en effet pas mal dans la partie précédente (le tennis et l’investissement identitaire dans des sportifs est une démarche erronée).
Quant à ta dernière interrogation, tu as bien évidemment la réponse : rien mais c’est une simple question de préférence, personnalité sans raison objective et rationnelle. Pas de fierté, revendication, incitation de la haine de ma part (au contraire, je sais parfaitement que c’est méchant et injustifié) du reste.
Allez, pour jeter un morceaux de viande à ceux qui voudraient avoir une explication afin de rationaliser à tout prix, ce serait un viel atavisme issu de mon héritage basquo(d’Ipparalde)-néerlandais. Mais disons que j’ai un rapport avec les espagnols similaire à celui d’un spectateur de pantomime.
A l’échelle individuel, j’ai des bons amis de cette sphère individuel mais c’est vrai que l’on communique en anglais (je parle portugais brésilien, pas espagnol et n’ai pas du tout envie de tomber en portugnol qui est la plaie de la plupart des francophones primaires).
* de cette sphère culturelle.
Hé ben.
En fait c’est la grande forme sur 15 Love ! On y parle de Borg, de Pecci, de Noah, du The French, que demande le peuple ? Voilà le tennis qu’on aime ! Voilà le 15L qu’on aime ! De la Madeleine quoi ! Fuck les jeunes ! Fuck le poteau du Tyroll !
On a même failli parler d’Asuncion 85, sacré madeleine ça…
A part ça Daniil a fait finale, et c’est assez cool puisque, sauf erreur de ma part, tout le monde aime Daniil. Content qu’il soit de retour dans le ten.
Lecture de l’ATP du lundi, Daniil dans le ten donc, mais, Bublik encore 11, cool aussi. Constat rassurant que son pote Kacha est 15 : tout est normal dans le plus normal des mondes, Kacha est le joueur 15ème ATP le plus 15ème ATP ever, c’est beau quand les choses sont à leur place.
Rassurant aussi de voir que Norrie, qui est passé à la télé parce qu’il s’est pris le poteau, n’est que 24. C’est déjà largement assez.
Rigolo de voir que le N°1 Monégasque est mieux classé que le N°1 Français, l »Histoire, un jour, retiendra ça.
Méchant de se réjouir de voir que le pauvre Holger, qui ne joue pas, est 28. Quelqu’un aime Holger ?
Attristant / Rassurant / Mais y’a une logique : Shapo existe dans le top 100, mais pas plus, enfin 38
Impatient / Pas tant que ça : « la pépite » et futur N°3 annoncé est 39. Impression que ça fait un siècle qu’il est 39, le Joao. Mais bon, si tout le monde dit qu’il est presque déjà 3, doit y avoir une raison.
Madeleinant de R1M (1), Grigor, N°44. Je ne crois pas un instant qu’il puisse revenir top 20.
Madeleinant à 2 mains mais Big Respect : Cilic Marin est 49ème mondial. Y’a des gens qui méritent des applaudissements tout de même.
Méga Madeleinant de R1M (2), Stepanos, N°51. 51…L’autre fois, le gars de tennis legend interviewait un pro français qui disait qu’il ne donnait aucune chance à Stepanos d’être capable de revenir. Rien de rien. Venant de la part d’un de ses collègue qui s’y connait quand même un peu mieux que moi, c’était limite glaçant.
Tennis Legendant de voir Altmane 53 : pour moi, c’est le joueur de Boulogne sur Mer un peu en crise de nerfs permanente, qui a des Pokémons et qui perd souvent en Pro A. 53 ?
Bon, mon propre post me saoule, mais au point où j’en suis, allons au bout et déso pour la maigre qualité, si si. Quoi qu’il en soit, Stan est encore à ce jour dans le Top 100, N°94, c’est quand même très fort.
Merci Sam pour cet éditorial du classement ATP. Tu es en pleine forme
Asuncion 85, je me le gardais en réserve. Je commence par craquer l’allumette : Alfredo Stroessner himself était présent. En gros, le message à l’attention des Frenchies était qu’ils avaient tout intérêt à perdre s’ils voulaient sortir vivants de ce chaudron. Même s’ils furent vaincus d’ailleurs, il y eut une victime, Hervé Duthu qui se prit une mandale. L’histoire ne précise pas si des issues de secours existaient si un spectateur faisait un malaise. Le bon parquet, qui à lui seul a occasionné une réglementation sur les surfaces utilisées en CD. Philippe Chatrier, président de l’ITF, se désolidarisant de son équipe et ne voyant qu’une défaite indigente de ses troupes (Yan et lui se sont-ils seulement adressés la parole entre cet épisode et Gerland 91 ?). Et Pecci, interrogé voici quelques années par l’Equipe, expliquant que Noah et Leconte avaient mis quelques décennies à admettre que lui, Victor, n’y était pour rien. Bref, bien que ce ne soit pas le sujet, Benjamin Rassat aurait pu évoquer la chose avec lui quand il a fait sa trilogie sur le sacre de Yan, et là je crois que Victor aurait été directement couronné citoyen d’honneur du village de Yan au Cameroun…
Yep, et si je n’ai jamais vu beaucoup d’images de cette affaire, il y en a ici – pas besoin de se connecter – :
https://www.instagram.com/reel/DC5ikDYAEsY/
On voit le parquet briller. La foule très près du court. Puis, sur le court. Ambiance.
C pas vrai !!! Ils vont le bouffer tout cru, le Pecci. On dirait la fin du Parfum de Süskind. Ceci est mon corps, mangez-le !
Ah ah ah, voilà qui me rappelle le bon vieux temps des #FlashsRennes
Nan mais l’histoire de la cousinade quand on y pense… On est un grand pays de tennis, avec une tradition, des moyens… Et quand enfin, au bout de 10 ans, on peut gagner un banal M1000 (je rappelle que dans l’intervalle des Norrie, Sock, Popyrin ou Carreno en ont gagné, et Hubert Hurkacz en est double vainqueur), on se fait coiffer au poteau par un Monégasque ! Monaco en tennis d’habitude, c’est la wild-card généreuse de son M1000 qui marque 3 jeux au premier tour, quoi
On est très haut sur l’échelle des avanies du tennis français, là.
Khachanov le 15e le plus 15e ever : ce concept du gatekeeper est vraiment un truc fascinant en tennis pour moi. Ces mecs ultra « stables » de la hiérarchie, parfois par des biais totalement différents, extrêmement réguliers tout au long de l’année (cf ADeMinaur de nos jours) ou au contraire avec des coups d’éclat ponctuels sur lesquels ils fondent leur classement, comme s’ils se remettaient les piles au moment où ça commence à urger. Khachanov est un bon exemple : il venait de sortir du top 20 l’été passé ? Hop, finale au 1000 du Canada et c’est reparti pour un tour ! Idem en 2022 : il sort du top 30 à l’été, après le Canada, et bam, demie à l’US Open pour reprendre sa place dans les 20. Il y a presque une dimension scolaire là-dedans, où tu retrouves les profils des élèves de la classe au collège-lycée, les bons élèves assidus, les glandeurs qui bachotent pour l’exam…
Fonseca il y a un an il était 60. C’est pas une progression foudroyante mais ça reste solide. Après il joue en réalité assez peu (me souvient qu’on ne l’a quasiment pas vu sur terre l’an passé), d’où peut-être aussi cette montée au classement en mode « lentement mais sûrement ». Mais c’est la nouvelle tendance du circuit : même chez les jeunes, quand on peut se le permettre on dispute relativement peu de tournois (rappelons à ce petit jeu qu’Alcaraz n’a que deux ATP250 à son palmarès, et qu’il risque fort de ne pas en avoir beaucoup plus avant longtemps !). Fonseca par exemple, c’est 19 tournois joués au cours des 12 derniers mois. Il a joué les 4 GC, 8 M1000 sur 9, mais derrière seulement 3 ATP500 là où 5 sont obligatoires. Autant dire qu’il a un gros manque à gagner de points dans cette catégorie de tournois. Et derrière il n’a que 4 « petits tournois » dans son cursus de l’année écoulée, dont un Chall qui traîne encore du printemps dernier.
Petit souvenir personnel.
En 1993, nous avons été, avec mon club, champions régionaux par équipes en catégorie cadets (15-16 ans). Le championnat national passe d’abord par une phase intermédiaire inter-ligues. C’est ainsi que nous (champions de Midi-Pyrénées) avons vogué vers Sète, en compagnie de 3 autres équipes (Languedoc-Roussillon, Provence et Côte d’Azur) que nous allions affronter sous le format demi-finale puis finale. En demi-finale, nous avons été opposés à la ligue de Côte d’Azur et plus précisément… au club de Monte Carlo. Classé 15, j’ai affronté Christophe Bosio, alors classé 5/6. J’ai perdu, nous avons perdu, avant de remporter la médaille de bronze contre Sète représentant le Languedoc. C’est l’équipe de Provence qui est sortie vainqueur en battant Monte Carlo en finale, elle a ensuite disputé la phase finale nationale (je ne sais pas où, je n’y étais pas
).
Christophe Bosio, par la suite, a atteint la 600ème place mondiale et a disputé la Coupe Davis pour Monaco, en compagnie notamment de Jean-René Lisnard, Français naturalisé Monégasque.
La Principauté était donc pleinement intégrée à la pyramide du classement français, c’était un club comme un autre de la ligue de Côte d’Azur. Et, à ma connaissance, c’est toujours le cas. Combien d’entraineurs niçois travaillent à Monte Carlo, combien de joueurs monégasques disputent les tournois amateurs de Villefranche-sur-Mer, d’Antibes et de Menton ?
Tout ça pour dire que le statut monégasque de Valentin Vacherot me semble anecdotique dans les tribulations de la cousinade auxquelles nous assistons depuis octobre. D’une point de vue purement tennistique, Monte Carlo est une ville française. Je ne sais pas si elle est chapeautée par la FFT, mais au regard de ce que je disais précédemment ça me semblerait logique : je ne serais pas surpris que le conseiller technique départemental des Alpes-Maritimes se rende à Monte Carlo comme il se rend à Saint-Laurent-du-Var ou à Saint-Martin-Vésubie.
Et si les choses sont bien telles que je les décris, Valentin est un produit fédéral, et son statut monégasque n’a pas à être plus regretté que s’il était de Vesoul, de Châteauroux ou de Cambo-les-Bains.
Ceci étant, je ne connais pas le détail du parcours de Valentin. Peut-être sa formation est-elle vraiment indépendante de la FFT, sort qu’il partagerait alors avec les Français Cédric Pioline, Arnaud Clément, Sébastien Grosjean (viré de l’INSEP à 16 ans), Mary Pierce ou encore Marion Bartoli, tous formés partiellement ou totalement en dehors du giron de la FFT.
Les tauliers, vous confirmez ce que je dis ?
De mémoire uniquement donc à vérifier, je crois que le Vacherot a pu, comme son cousin, aller faire son cursus US, c’est à dire « AuZuaisse » selon l’expression consacrée sur Tennis Legend, oui, je sais, ça fait deux fois que je le cite celui là.
#####Quizz Flash#### Sans regarder, vous pouvez citer combien de Monégasques ? Moi 3 :
- Lisnard ( vu jouer, très chouette)
- Balleret père,
- Balleret Fils.
Christophe Bosio
Et sinon, j’ignorais qu’il y avait deux Balleret, je ne connais que Benjamin
Je réponds aussi au petit aparté sur Khachanov : remarquable constance en effet dans le registre des gatekeepers. J’aurai tendance à rapprocher sa carrière de celle de… Richard Gasquet. Gillou, avec son sens de la formule, résumait Richard ainsi : il jouait un tennis assez conservateur, qui lui valait peu de défaites contre des types moins bien classés, mais tout aussi peu de victoires contre des types mieux classés. Classement moyen : top 15.
Dans le détail de la comparaison (attention, carrière en cours pour Karen) ça ne me semble pas déconnant : 3 demis et 2 quarts en GC pour Richard contre 2 demis et 4 quarts pour Karen. Deux participations aux Masters pour Richard, mais une victoire en Masters 1000 pour Karen (en battant Djoko en finale). A la fin, on tourne à peu près dans les mêmes altitudes.
Avec une différence majeure évidemment. Je me suis toujours demandé si Richard avait réellement envie d’être là, la question ne m’a jamais effleuré pour Karen
C’est vrai que s’il y a bien une question qu’on se pose rarement, c’est : Kachanov Karen se demande-t-il de temps en temps ce qu’il fout là ?
Une fois posée, n’empêche, peut être une réponse : imagine-t-on notre bon Karen sur un court à genre 37 ou 38 ans ? M’est avis qu’il aura raccroché depuis longtemps. Et je crois même possible qu’il se dise que son métier est d’être 15 mondial, ni plus ni moins, avec les ambitions qui vont avec. S’il pouvait prétendre à un GC, ça se saurait. Donc, pourquoi pas juste gagner honnêtement sa vie…Bon, c’est un peu le procès en appat du gain Russe, mais après tout, Kafel ne s’en cachait pas trop, Davydenko non plus d’ailleurs.
Alors Monte-Carlo a sa propre Fédé de tennis, totalement indépendante de la FFT. Fédé monégasque présidée par Mélanie-Antoinette de Massy, qui organise son tournoi Masters 1000, ses matchs de Davis Cup, a ses propres salariés et coachs (Benjamin Balleret en est un)… Rien n’empêche un cadre fédéral français d’y venir, mais il le fera en invité, de la même manière que son homologue plus au Nôôrd rendrait visite aux voisins de la Fédé wallonne.
Après oui, en frontière tout est poreux, et sans doute encore plus sur la côte d’Azur où se succèdent littéralement les complexes tennistiques. Beaulieu, Cap d’Ail, Monaco, Bordighera… tu passes d’un pays à l’autre sans t’en apercevoir. Ajouté au fait que l’internationale du tennis s’y est donné rdv pour raisons météorologiques et/ou fiscales, le brassage – de joueurs, de coachs, de préparateurs physiques, de nationalités, de statuts public/privés – est permanent (tu avais peut-être vu passer ces images de Jannik Sinner préparant son retour, dans sa dernière semaine de suspension, sur les courts du TC Beaulieu en compagnie de Jack Draper).
Après là-dedans je pense que certains sont plus nettement monégasques que d’autres. Benjamin Balleret a l’air d’être un pur enfant du club où exerçait son père et où il coache aujourd’hui. JR Lisnard en revanche est une naturalisation « de complaisance » : il savait qu’en France l’équipe nationale c’était cuit pour lui, à Monaco en revanche un top 100 on prenait avec plaisir, ils ont trouvé leur intérêt commun. Vacherot lui est né à Roquebrune-Cap-Martin, donc c’est avec le petit drapeau FRA qu’il jouait jusqu’à 2021, comme son cousin Tutur de Saint-Mandé-aux-vacances-en-Bretagne. Mais il a bel et bien grandi à Monaco et a fait ses classes tennistiques au MCCC avec les entraîneurs maison… et des sparrings du monde entier
Il n’est pas passé par le moindre pôle France. Donc non, je ne pense pas que la FFT soit à créditer ni de près ni de loin de sa réussite
Par contre, cela me fait penser que vous avez oublié un Monégasque d’importance à votre énumération. J’avais aussi Guillaume Couillard, Hugo Nys et Romain Arneodo les joueurs de double… Mais en vrai je veux parler d’un plus vieux, joueur honnête, sparring de Borg quand il était à Monaco, mais surtout à qui la formation estampillée FFT doit beaucoup (Jo, Monf, Simon notamment) : Louis Borfiga. Et oui, monégasque
J’ignorais que Monte Carlo avait sa propre fédération. Mais comment expliques-tu la situation que je te décrivais et que j’ai vécue personnellement ? Il y avait bien a minima un partenariat avec la FFT pour que le ou les clubs monégasques puissent disputer des compétitions de la FFT, et pour que les joueurs ayant la nationalité monégasque aient un classement français ?
Il m’a semblé également qu’à la sainte époque où Tennis Mag insérait un supplément listant les tournois officiels de la FFT (classés par ligue), les tournois monégasques étaient dûment répertoriés avec ceux de la Côte d’Azur. A un moment, avec un copain, on avait sérieusement envisagé d’aller écumer la Côte pendant un mois, et d’y inclure un tournoi à Monte Carlo. Projet finalement avorté, on s’est finalement éclatés du côté CBBL
Si Monaco est souverain à pas mal d’égards, la principauté est pleinement intégré dans les structures du voisin au niveau sportif (cf : l’AS Monaco en football qui est l’exemple le plus connu).
Il ne faut pas oublier que géographiquement parlant, Monaco est un quartier d’une conurbation française.
Au niveau administratif, le ministre d’Etat est un haut-fonctionnaire français par exemple. Au niveau fiscal, il y a une convention fiscale entre la France et le pays pour que les résidents français paient l’impôt au taux français à la France (Ducasse a renoncé à la nationalité française).
Tu as raison. Sur tout ce qui relève des sports de championnats, l’Association sportive de Monaco évolue avec les Français (le foot, le basket aussi où ils ont été champions de France 2023 et 2024). Il doit y avoir une convention quelconque passée par le club, tandis que les évènements organisés par la Principauté (M1000 en tennis, Grand Prix de F1) restent totalement autonomes.
Oui un partenariat ou un accord privilégié, j’imagine. Là tu m’en demandes beaucoup niveau maîtrise du sujet
Vu les limites évidentes à un si petit bassin de population et donc de licenciés, sans doute le MCCC a t-il cherché une solution pour que ses joueurs puissent diversifier les confrontations et ne pas évoluer en vase clos avec 3 pelés et 1 tondu par catégorie d’âge.
Ce qui n’enlève rien, effectivement, au constat que, Français ou Monégasques, les joueurs sont plus ou moins redevables de la FFT, et certains ne le sont absolument pas. Ce qui semble être le cas des deux cousins, qui ont suivi la formation universitaire aux States.
D’où ma remarque initiale, qui était de nuancer la pertinence du constat qu’un Monégasque est actuellement mieux classé que le n°1 français. Arthur Rinderknech n’est pas plus un produit fédéral que ne l’est Valentin Vacherot, et un bon paquet des meilleurs joueurs français des 40 dernières années ne le sont pas non plus.
Nos 4 Nouveaux mousquetaires sont de purs produits fédéraux. Les carences de la FFT sont bien réelles, mais elles sont quand même à relativiser. Mais dans quelle mesure peut-on attribuer à la FFT des formations qui en réalité sont restées confinées dans de simples clubs ? Younès El Aynaoui et Hicham Arazi ont bien été formés en France, mais ils ne sont pas des produits fédéraux. Leur formation est en fait identique à celle de Grosjean et Clément. Compliqué tout ça…
J’ai le net souvenir de Christian Bîmes se réjouissant des réalisations de Mary Pierce, validant selon lui la qualité du système de formation à la française
C’est du révisionnisme, mais il ne faut pas non plus tomber dans l’excès inverse et faire porter sur la FFT les limites atteintes par tel ou tel joueur au prétexte qu’il a la nationalité française. Notre ami Arthur est parti aux Etats-Unis parce que le système fédéral ne croyait pas en lui. Seb Grosjean, déjà dit. Par contre, Gillou, rattrapé de justesse par Luigi et quelques autres, n’ignore rien de ce qu’il doit à la FFT (ce qui ne limite en rien son droit à en faire l’analyse critique).
Alors je pense qu’il y a un abus de langage là-dedans mais puisque je l’entends souvent de la bouche des joueurs, ça me fera du bien de faire la précision ici
Qu’un joueur formé en pôle espoir de ligue (ex, au hasard, hein, vraiment parce qu’il en est l’exemple qui me vient en tête, Hugo Gaston au centre de Balma), ou de comité départemental (ex cousin Tutur dans celui des Yvelines), ne se sente pas redevable de la DTN, c’est une chose. Mais en ayant été formé dans une structure abreuvée des deniers tombés du siège, par des coachs eux-mêmes payés sur ces deniers et formés selon les méthodes fédérales d’enseignement du tennis… tu es quand même de facto un minimum un « produit fédéral », quand bien même le CNE ne t’as pas pris, ou pas gardé, pour X raisons – et parfois dans ton intérêt, mais c’est encore une autre histoire qui nuance un peu plus le panorama !
« Au niveau fiscal, il y a une convention fiscale entre la France et le pays pour que les résidents français paient l’impôt au taux français à la France (Ducasse a renoncé à la nationalité française). »
Exact. Et c’est quand même fou tous ces joueurs étrangers qui résident à Monaco, qu’ils apprécient pour son climat et ses conditions d’entrainement… Curieusement les joueurs français ne partagent pas cet enthousiasme, ils préfèrent s’entrainer ailleurs sur la Côte, où règnent le même climat et les mêmes conditions d’entrainement… et le même régime fiscal pour eux
Un petit pont pour revenir au traquenard d’Asuncion : Jean-René Lisnard, bien Français au départ, a décroché la nationalité monégasque pour pouvoir disputer la Coupe Davis. Un sort qu’il partage avec… Francisco Gonzalez, le coéquipier de Victor (dans un contexte certes très différent).
Le gus est né Américain, dans une base militaire en Allemagne, à Wiesbaden (tout comme un certain John McEnroe 4 ans plus tard). Mais il est d’origine portoricaine, et c’est dans ce pays qu’il va grandir, jusqu’à ce qu’il parte deux ans aux States pour ses études à l’université d’Etat de l’Ohio.
Joueur de deuxième zone, 49ème mondial à son meilleur, il a tout de même à son palmarès des victoires sur Connors en 1980 et Lendl en 1984.
En 1982, à 27 ans, il est recruté par la fédération paraguayenne pour épauler Victor Pecci en Coupe Davis. Il y fera merveille. Riton sera l’une de ses principales victimes, en compagnie notamment d’Andres Gomez et de Tomas Smid.
Je ne sais pas ce qu’ils donnent à manger aux gosses dans les casernements américains de Wiesbaden, mais quand tu épluches la page Wiki correspondante c’est impressionnant le nombre de sportifs US de haut niveau qui en sont originaires. Outre McEnroe et Gonzalez, j’ai trouvé une perchiste, une sprinteuse, un footballeur américain, un footballeur normal (soccer, quoi), un basketteur NBA, une combattante MMA et une catcheuse. Sans oublier un rappeur visiblement assez connu (SchoolboyQ, pote de Pharell Williams et Kendrick Lamar). Ajoutez-y côté troupes françaises stationnées là-bas que Simone Signoret est née aussi dans les casemates de Wiesbaden et ça fait un sacré agrégat d’excellence dans leurs domaines respectifs au m2.
Ah et j’ajoute Nico Rosberg, le champion du monde 2016 de F1, à la liste, mais lui n’a rien à voir avec l’US Army, c’est juste que sa mère est vraiment native de Wiesbaden et qu’elle a accouché là-bas, tandis que fiston prenait ensuite la nationalité finnoise de papa
Retour au présent en essayant d’y trouver quelque chose d’intéressant, avant j’espère de revenir aux choses sérieuses sur parquet ?
- Tiens tiens, La Pepita joue Carlos au deuxième tour, intéressant ça.
- Karen 15 joue Bautista…Bon, en fait non.
- Kouame bien entendu : marrant ça, comme je suis des trucs assez improbables sur les réseaux, j’ai encore bien en tête la première fois que j’ai entendu parler de lui, lorsque Jules Marie l’a joué alors qu’il n’avait que 15 ans. Marie avait gagné, mais avait compris vite fait qu’on allait avoir là un sacré client. Bien vu Jules.
- Bublik Berretini, c’est fun ça,
- Suis pas hyper fan d’Arthur Fils – ni en fait du sport que l’on appelle « Tennis » de 2025, mais il force l’admiration : reste à savoir qui il va jouer après ce tour, c’est à dire si Stepanos peut être digne devant ADM,
- Il y a des trucs en bas du tableau dont je me tape un peu, mais j’aimerais vraiment que Rublev mette deux ogives de suite dans le court, vu que pour l’instant son association avec Marat ressemble un peu à un prétexte pour faire concourir ce dernier au titre de mec le plus cool du monde : Marat et ses lunettes noires sur le court, Marat tatoué torse poil, Marat chaussures délacées qui mine de rien à de beaux restes, etc…Tout ça est très sympa et en rajoute encore une couche à l’improbable trio russkof formé par Andrey le Sympa, Karen le Taciturne et Daniil le Cinglé, mais en termes de résultats, pour le premier des trois, ça laisse un peu à désirer.
Andrey le Cinglé et Daniil le Sympa ça marche aussi, y’a que Karen qui reste Taciturne
Quoique je ne serais pas étonné que ce ne soit rien d’autre que conséquence du désintérêt des médias pour le « 15e mondial le plus 15e mondial ever », et qu’en réalité lui aussi ait aussi un grain.
Il y avait un article sur lui lors de sa demi-finale du M1000 de Paris contre Humbert en 2024. Il était décrit sous un angle sympathique avec bcp d’éloge d’Humbert à son égard.
Résultat : Kachanov a pris en grippe le public et Humbert lors du match !
Bon Swiatek qui se fait remontader par une compatriote, cela n’étonne personne?
En tous cas, des 3, dans un film avec des Russes méchants, c’est surement lui qui ferait le plus peur.
En même temps si on se dit que les 2 autres sont aussi dans la bande de méchants Russes de ce film, ça devient carrément flippant, surtout Andrey Buscemi.
Dans la vraie vie, en considérant que Kafel et Davy étaient des joueurs au comportement à peu près normal, du moins sur le court : Karen ne serait-il pas leur seul successeur dans les Top Russes à ne pas avoir fait des trucs genre s’ouvrir le crane avec une raquette, baisser son short sur le court, bien entendu exploser des dizaines de raquettes sur le sol…?
Ah Rublev avec sa tête de Kinski/Buscemi il pourrait facilement avoir l’air flippant, je trouve… Karen serait l’homme de main basique, la brutasse que le héros va savater, quand Andrey serait son alter ego plus malaisant. Et Daniil leur chef, le cerveau de toute la bande.
Pour Rublo, vous évoquez Kinski Buscemi, je vous propose aussi Malcolm McDowell.
Daniil en chef, moui, mais je cherche le grand chef, le Tarpischev, ou le Poutine si vous préférez. Ou, pour rester dans le cinéma, le colonel Hans Landa dans Inglourious Basterds. D’un calme olympien.
Sur ce cher Vladimir, je viens d’en apprendre une bonne. En 2007 Sarko, nouveau président français, avait eu la brillante idée d’un tête-à-tête direct avec lui lors du G20. Ils s’isolent, et là Nico parle seul pendant plusieurs minutes, à évoquer les sujets qui fâchent (la Tchétchénie, les assassinats de journalistes, les droits des minorités, etc.) avec la Russie, sur un ton véhément, viril. Vladimir ne remue pas un seul orteil. Sarko finit par se taire, s’ensuit un long silence. Vladoche prend enfin la parole, sans lever la voix :
– Ca y est, tu as fini ?
– Euh… oui.
– Bien. Alors de deux choses l’une : soit tu continues sur ce ton et je t’écrase. Soit tu arrêtes de me parler comme ça et je peux faire de toi le roi de l’Europe.
Nous n’avons pas le verbatim exact. Par contre, nous avons la vidéo de Nico quelques minutes plus tard, emprunté et en sueur. C’est sur cette vidéo que le monde entier a longtemps cru qu’il était arrivé complètement bourré.
Daniil est cérébral mais pas assez impassible pour incarner un personnage comme ça. Sûrement pas Marat, ni le Youz. Ni Davydenko, lui il serait parfait par contre dans le rôle d’un mercenaire taiseux à sang froid. Au passage, la Russie aura fourni au tennis une impressionnante brochette de personnages. Ils sont tous plus cinglés les uns que les autres
Voici ce qu’en dit CHAT GPT :
- Les vrais “chaotiques” : Safin, Rublev, Youzhny
- Les atypiques / provocateurs : Medvedev
- Les imprévisibles / étranges : Kafelnikov, Donskoy, Davydenko
- Les plus “normaux” : Khachanov
Est-ce le premier commentaire ever de 15L à base d’IA ?
Je ne vois décidément que Tarpischev lui-même pour incarner le Parrain. On peut demander au Chat de nous trouver un pitch
J’adore au passage la catégorie « imprévisibles / étranges », c’est juste énorme et tellement vrai !
Titre : “Silence, Fault”
Pitch
Dans les coulisses feutrées du circuit ATP, loin des caméras, les arbitres de chaise ne font pas qu’annoncer les scores. Ils régulent un système bien plus vaste, où chaque faute de pied, chaque avertissement, chaque décision contestée peut faire basculer des fortunes… et des vies.
Un réseau mafieux russe infiltre le circuit, manipulant matchs et joueurs. Mais leur véritable terrain, ce sont les esprits.
Le pouvoir en haut : le Pacha
À la tête de tout, Shamil Tarpischev.
Froid, posé, presque invisible. Il ne crie jamais. Il observe.
Toujours assis dans des salons privés, il parle doucement, avec un sourire poli :
“Vous savez… dans le tennis comme dans la vie… la balle est toujours dedans… jusqu’à ce qu’on décide qu’elle est dehors.”
Un mélange entre bureaucrate soviétique et charme venimeux façon Hans Landa.
Les figures du réseau
Le cerveau instable : Daniil Medvedev
Chef opérationnel. Il parle sans cesse aux arbitres, négocie, ironise, teste les limites.
Il ne menace jamais directement.
Il discute… jusqu’à ce que l’arbitre doute de sa propre réalité.
“Je ne dis pas que vous avez tort… je dis que vous êtes très courageux d’avoir raison.”
La force brute : Karen Khachanov
Silencieux, massif. Il ne comprend pas toujours les plans, mais il exécute parfaitement.
Présence oppressante
Violence rapide, sans émotion
Le spectre : Nikolay Davydenko
Sniper indépendant.
N’apparaît jamais deux fois au même endroit
Travaille seul
Code moral strict
“Je ne prends pas parti. Je corrige des erreurs.”
Le dandy meurtrier : Marat Safin
Imprévisible, charmeur, dangereux.
Peut rire avec une cible avant de la tuer
Déteste la routine
“On joue mieux quand il y a quelque chose à perdre. Non ?”
Les chaotiques
Andrey Rublev
Colère pure. Incontrôlable. Utilisé comme arme.
Mikhail Youzhny
Fissuré psychologiquement. Loyal mais instable.
Capable de s’auto-détruire pour prouver sa loyauté
Les arbitres : juges ou proies ?
Les arbitres de chaise sont les véritables protagonistes.
Chacun reçoit des “instructions invisibles” :
Une balle à annoncer faute alors qu’elle est bonne
Un warning à donner à un moment précis
Un match à laisser dégénérer
Mais certains commencent à remarquer :
Les mêmes joueurs
Les mêmes scénarios
Les mêmes regards en tribune
Intrigue principale
Un arbitre expérimenté commence à comprendre le système après une série de décisions “impossibles”.
Daniil Medvedev devient son interlocuteur principal. Toujours calme. Toujours souriant.
Pendant ce temps :
Nikolay Davydenko élimine discrètement ceux qui en savent trop
Marat Safin s’amuse à tester les limites du système
Andrey Rublev devient incontrôlable
Et au sommet, Shamil Tarpischev observe.
Climax
Finale d’un grand tournoi.
Tout est truqué… sauf une chose :
l’arbitre décide de ne pas obéir.
Silence.
Daniil Medvedev sourit.
“Ah… enfin un match intéressant.”
Ton & style
Dialogues tendus, presque absurdes
Violence rare mais brutale
Atmosphère paranoïaque
Matches de tennis filmés comme des duels à mort
Très bien tout ça Ruben !
Peut être des plans de coupe pour en rajouter à l’angoisse ?
- Tarphishev marche dans une rue moscovite, passe devant deux joueurs d’échecs, l’un lève le nez du jeu, on reconnait Chesnokov. Face à lui, Kafel (variante possible donc : ils jouent aux cartes).
- Gros plan sur Marat, sourire en coin, qui observer sa cible, de loin. Quelqu’un lui tend une arme. Qui ? Son fellow Tursunov of course, ces deux là…
Merci à ChatGPT, pas à moi
Idée de scène.
Marat (souriant)
Tu as essayé de baiser Shamil. [protestations gémissantes, à peine audibles, du type qui criait quelques instants plus tôt, mais qui s'est tu brusquement quand son regard a croisé celui de Rublo] Si si, tu as essayé de baiser Shamil. Et Shamil n’aime baiser qu’avec son épouse, Madame Shamil Tarpischev.
[Silence. Rublo joue nerveusement avec la gâchette]
Marat (conciliant) Il y a un texte de ce cher Dostoïevsky, que j’ai arrangé à ma sauce, je trouve que ça convient bien à la situation.
“L’homme s’habitue à tout.
“Même à l’idée qu’il va mourir.
[Pause. Marat ajuste calmement son arme]
“Le plus difficile… (léger sourire)
“c’est la première seconde.”
[Les coups de feu pleuvent sur le type. Rublo décharge son arme puis rajoute une deuxième couche, la première n'ayant pas suffi à détacher la tête du corps.]
Scène avec le Youz.
Le Youz a essayé de doubler Daniil en misant sur une altercation entre Darren Cahill et le Béornide en plein match. Il a refilé une petite fortune à Darren pour qu’il reste impassible au premier break du Béornide. Darren a accepté. Problème : Daniil avait misé sur le fait que le Béornide n’ouvrirait même pas la bouche pendant le match. Au moment du break, le poteau tyrolien a évidemment engueulé son entraineur, prié d’avoir des émotions à sa place.
Après quelques péripéties dont je vous passe les détails, le Youz a saisi l’occasion de se racheter auprès de son ancien employeur, alors qu’ils étaient séquestrés dans une cave par deux Ukrainiens. Sur le point de s’enfuir alors que les ravisseurs se faisaient plaisir sur son compagnon d’infortune, le Youz s’est ravisé. Il a eu du mal à choisir son arme : en pleine fissure au moment du choix, il s’est fracassé le crâne tout seul avec la batte de baseball, avant de porter ses espoirs sur le katana.
Le Youz
Ça ira ?
Daniil
Ça ira pas. Il va falloir beaucoup de temps pour que ça aille.
Le Youz (mezzo voce)
Et maintenant ?
Daniil
Je vais te dire. J’appelle tout de suite deux experts complètement défoncés au crack qui vont travailler nos deux copains. Avec une paire de pinces, un fer à souder et un chalumeau. [Au type à terre] Est-ce que tu m’as entendu, espèce de porc ? Je suis très loin d’en avoir fini avec toi, je vais te la jouer à la flamme bien moyenâgeuse.
Le Youz (voix à peine audible)
Je voulais dire maintenant entre toi et moi.
Daniil
Ah oui ce maintenant-là… Entre toi et moi il ne peut plus rien se passer. Non. Il n’y aura plus d’entre nous. Mais ce que t’as vu ici, ça reste entre toi, moi et Monsieur l’obsédé sexuel qui va en chier longtemps avant de terminer sa vie de pédale. Et je ne tiens pas à ce que ça s’ébruite.
@Guillaume, à propos de la formation de la FFT.
Je ne sais pas dans quelle mesure certains joueurs minimisent (ou pas) l’apport de la FFT dans leur parcours. Il est rarement nul en effet, mais il est totalement nul dans le cas de Mary, et proche de zéro dans le cas de Marion. Je ne sais pas quel âge avait Marion quand son père s’est consacré à 100% à son entrainement et à sa carrière, mais je crois qu’elle était très jeune (11-12 ans) et c’est à dater de cet instant que la FFT n’a plus eu la moindre influence sur son parcours. Ce qui n’est pas étranger au scepticisme, voire l’hostilité, qui ont entouré Marion durant son parcours. Cédric Pioline a une expérience similaire à ce sujet. Du CNE, il a massivement utilisé les infrastructures, mais pas les entraineurs fédéraux, leur préférant une structure personnelle plus conforme à son tempérament indépendant.
En tant qu’ancien joueur de bon niveau de club, je peux témoigner en tout cas que j’ai mis énormément de temps à avoir une vision plus globale du système fédéral et de sa pyramide. Et je crois que beaucoup des joueurs de ma génération pourront contresigner ce que je vais dire : je suis redevable avant tout des entraineurs qui m’ont formé, qui m’ont appris à jouer au tennis. Je le suis également, mais dans une moindre mesure, des clubs – je n’en ai eu que quatre – où j’ai été licencié.
Et cette discussion m’amène à me rendre compte d’un fait précis : parmi mes entraineurs, un a compté beaucoup plus que les autres, entre mes 10 et mes 19 ans. Originaire de l’Algérie française, il avait un background solide en athlétisme (niveau international en lancer de javelot) et aussi en tennis, où il avait été -15. Côté diplômes, il était prof d’EPS, je crois qu’il avait son brevet d’état (mais pas sûr à 100%). Il n’était pas salarié du club, il était prestataire pour le club. Ce dont je suis certain, c’est qu’il avait bien ingurgité le Hopman, c’est la méthode qu’il a utilisée avec nous, en y ajoutant à 15 ans (et pas avant) un travail musculaire.
Où intervient la FFT dans ma formation ? Son rôle est minime, si ce n’est que mon club était affilié et recevait donc une subvention annuelle. J’ai bien connu, évidemment, l’autre entraineur du club, qui était plus jeune et qui lui était salarié du club et avait son BE.
Une chose, en tout cas, me semble importante. Mon cas personnel est loin d’être isolé. J’ai été surpris récemment d’apprendre que les Mousquetaires Gillou et Richard avaient dû revenir sur les bancs de l’école pour préparer l’obtention de leur BE. J’ai halluciné, parce qu’il me semblait évident qu’ils connaissent en profondeur le tennis et que leur carrière parle pour eux. Mais les temps changent. Et quand je te dis que Grosjean et Clément se sont formés hors du cadre de la FFT, c’est vrai surtout pour Clément. Qui a été leur entraineur à Marseille (ou Aix, je ne sais plus) à cette époque ? Trevor Allan, ancien joueur australien des années 80. Je n’étais pas présent ce jour-là, mais j’imagine mal un club voyant arriver Trevor Allan, ancien top 50, lui dire « Merci pour votre candidature M. Allan, mais revenez quand vous aurez votre BE ».
Voila pourquoi je nuance ce que tu dis : les entraineurs semblent devoir désormais passer leur diplôme, mais pendant longtemps ça n’a pas été le cas, et la FFT est étrangère au pédigrée d’un paquet d’entraineurs de haut niveau. Sans compter les structures totalement indépendantes comme celle de Glouglou ou celle, de sinistre mémoire, de Régis de Camaret.
Quitte à passer pour un vieux con (l’adjectif est réel, le substantif incertain), je rappelle que les seuls Mousquetaires avaient pour prénom Henri, Jean, Robert et Jacques (dit Toto)
René bien sûr et non Robert, voilà que je mélange avec un ministre de la IV ème République, donc je confirme la réalité de l’adjectif cité plus haut.
Au temps béni des ministres de l’Algérie, comme dirait (presque) l’autre
- Admirons le professionnalisme de KK qui préfère perdre contre un qualifié plutôt que d’avoir une chance de profiter de la défaire de Carlito qui lui aurait éventuellement permis sur le papier de rallier les 1/4 et là, peut être de grapiller une ou deux place pour rentrer dans le top 15.
- Admirons aussi la renaissance du tennis monégasque : Vacherot en fait, tient la marée et affrontera Fils qui a failli mettre 2 roues à Tsi dont je ne comprends pas comment il a pu auparavant passer ADM. Impressionnant le Arthur. Finalement, dans cette partie de tableau, je ne vois guère que Fritz pour l’arrêter. Et encore. Ca me semble même pas déconnant que ce soit lui qu’on retrouve dimanche en face de Sinner.
- Sinner.
On rappelle encore à ce pauvre Marcelo Rios qu’il fut n°1 mondial sans titre du Grand chelem. Il y a aujourd’hui un monde, sensiblement vers mi-avril, où Carlos Alcaraz est n°2 mondial alors qu’il est tenant du titre de 3 Grands chelems sur 4, et finaliste du dernier
C’est monstrueux à quel point les deux ont ridiculisé la concurrence ces derniers mois.
Article assez dingue aujourd’hui dans l’équipe – avantage du décalage horaire, on n’est pas obligés de regarder les matchs, on lit les résultats le matin – à propos du service de Vacherot et d’une histoire de jambe arrière que la coach en biomécanique lui a demandé de « remonter » en évoquant Carlito et Grigor dont le pied arrière remonte « presque à hauteur de tête, voire plus ». Est-ce qu’on imagine ça, « à hauteur de tête » ? Là, Vacherot a dû se mettre à remonter, déjà, 50 cm; moi, déjà, « remonter le pied arrière de 50 cm », je trouve ça vraiment très balèze (en même temps, je suis facile à impressionner sur le sujet : quand j’étais à mon PRIME, c’est à dire solide 15/3, quand mon coach a entrepris de me faire pousser sur les jambes au service – il partait déjà fort, mais uniquement avec le bras – ça m’a tellement désorganisé que je me suis cassé la gueule tout seul, juste en servant : ridicule).
Pour le reste, passons aux pronostics, pour les demies :
- Fils / Fritz : essayer de le dire deux fois de suite…
- Sinner / Z
=> Sinner
75% de réussite. Rarement fait d’aussi bon pronos.
Allez : Fils en 3 sets, Sinner en 2 pour les deux matchs.
Ayant regardé une bonne partie des 2 demi-finales, force est de constater l’écart de niveau entre les deux matchs, perceptible de visu et corroboré par les tennis insights aussi.
Zverev a vraiment bien joué et arrive doucement à être plus agressif et moins loin de la ligne de fond que d’habitude. Il cherche à faire plus mal avec son coup droit aussi.
En épluchant plus avant ce match et les précédents, il est étonnant de constater à quel point Sinner est devenu un spécialiste du tennis à – de 3 frappes (service, retour, + 1) où il est tyrannique. Plus long, il régresse vers la moyenne voire en-dessous. Mais en réalité, il est tellement agressif à chercher le KO qu’il est très difficile pour son adversaire de dépasser le +1, d’où une disproportion de ces points quand Sinner joue.
Le service de Sinner est quelque peu sous-estimé par Tennis Insight puisque du point de vue quantitatif, d’excellents serveurs avec 10 cm de plus obtiennent des chiffres de vitesse, rotation, % supérieurs. Pourtant, cette année 2026, Sinner sert avec une précision exceptionnelle (environ 35 cm vs 50 cm en moyenne à l’ATP) à 200 km/h en première balle. Au bout du compte, ses 72+% de points remporté au service sont des chiffres d’excellent Federer (seul Karlovic & Isner ont fait mieux).
La grande différence est que Sinner est de loin le meilleur retourneur du circuit d’après Tennis Insight où régulièrement sa note est encore meilleure que son service ! Pourtant il encaisse la moyenne du circuit en termes d’aces mais ses retours sont déjà suffisamment agressifs pour neutraliser le point dès le 3ème coup.
Ce dernier match contre Zverev fut très serré et une fois n’est pas coutume, le Dominance Ratio de Sinner est même négatif (inférieur à 1), c’est-à-dire que Zverev a gagné une plus grande proportion de points de service de Sinner que l’inverse, c’est-dire à quel point Zverev a été bon au retour et dans le jeu courant !
Mais Sinner a conclu une balle de break et a été imprenable au service au TB.
Jusqu’à maintenant, Sinner est meilleur en 2 sets qu’Alcaraz, nettement meilleur point par point également (il gagne 56% des points, Alcaraz 54,5) mais l’Espagnol est bcp plus décisif et gagne les « bons » points. Alcaraz a plus souvent été le chameau qui passe par le chas d’une aiguille que Job dans sa carrière.
Décidément Sinner a tout bon ! Il a même un porte-parole infatigable qui lui tresse des louanges statistiques et mathématiques inégalées (toujours utiliser la science mathématique et ses dérivés pour donner à ses propos la force de la vérité transcendentale). Macron pense à toi pour remplacer Maud Brégeon. Il me l’a dit.
Tiens, puisque tu aimes les Espagnols, que penses-tu du petit Jodar de 19 ans ?
Je vais te confier une émotion non mathématique, donc un peu stupide et suspecte, je préfère beaucoup regarder un match de Jodar qu’une finale répétitive d’un master 1000 ou Sinner joue contre un sous Sinner (Lehecka)
J’ai peu vu jouer Jodar mais son match contre Machac tombe à point nommé. Au passage, Machac est un joueur que j’adore regarder, spectaculaire et mercurien.
Ce qui impressionne chez Jodar, c’est sa frappe de balle : que ça vite et avec des trajectoires qui semblent assez à plat.
Et au niveau de l’attitude, je l’ai trouvé plus sinneresque qu’Alcarazesque aussi.
Et sinon d’accord que Lehecka est balourd et monocorde comme joueur, pas le plus divertissant à regarder.
C’est le propre de l’amour que de créer des hallucinations visuelles qui font reconnaître dans chaque rencontre l’être aimé.
Mais peu importe si Jodar te fait penser à qui tu sais. J’ai l’impression que ce joueur, que je suis depuis sa vctoire à l’US Open junior contre Budkov, pourrait rentrer très vite dans les trente premiers. Il a beaucoup de qualités et un très gros potentiel de progression.
Bon ok, c’est un Rosol plus intelligent !
En tout cas, il semble parfaitement adapté au moule du tennis moderne qui vise la jugulaire en permanence façon Krav-maga et dont tant Sinner qu’Alcaraz sont les parangons modernes, dans 2 styles différents certes.
Et Jodar, il tape très fort, en 2 coup de raquette quand il n’est pas rushé, il a créé des brèches béantes chez Machac. Le coup droit est presque aussi fumant que celui de Fonseca.
Le classement ELO de Tennisabsract le classe déjà TOP40 avant cette semaine et il est maintenant 31 à la Race. Il semble également déjà trop fort pour le niveau Challenger depuis l’année dernière (3 victoires, TPW de 53,7% soit de Panthéon majeur, équivalent à celui de Sampras).
Hormis blessures, la probabilité est forte en tout cas et tu as raison de le suivre.
Jodar en finale de Marrakech après avoir battu Ugo Carabelli (67e), joueur argentin qui normalement maîtrise la terre battue et le circuit sud américain, en une heure de jeu 6/2 6/1. CQFD. Rosol a un cerveau, un mental et un revers.
Il n’a pas vraiment besoin de faire preuve de mental quand sa qualité technique est à ce point notable. Il a globalement roulé sur le tableau cette semaine, et ses perfs depuis 18 mois en Challenger montrent bien que son carquois est viable au niveau au-dessus.
La perf est notable bien sûre mais les classements ELO respectifs étaient en faveur du plus jeune.
Je précise le propos précédent.
Sa technique est excellente et particulièrement adaptée à un jeu rapide et sur dur, même s’il a atteint un niveau tel qu’il a ses chances sur terre battue. En plus, c’est un grand, fin, qui se déplace très vite.
Mais il est loin de disposer de la panoplie complète. Je ne l’ai pas encore vu tenir l’échange en liftant. Il ne sait pas glisser sur terre et latéralement son déplacement est moins performant que sur la longueur. Et sa volée est à l’égale de celle Sinner, c’est-à-dire qu’il saoule tellement son adversaire de coups puissants et rapides des deux côtés, que les volée à exécuter deviennent gagnantes, même si l’exécution n’a rien d’extraordinaire.
Cela étant, s’il progresse encore au service (son service est excellent mais il a encore une grosse marge de progression dans les zones), il va devenir extrêment difficile à battre.
Surtout c’est un warrior, très concentré, et qui ne lache pas, même dans l’adversité et la défaite. C’est une très grosse qualité au plus haut niveau. Il avait déjà fait un très bon match contre Tien Learner lors des NextGen, qui est une référence. On ne bat pas LT par hasard.
Quand il perd des jeux ou un set, il peut avoir des trous d’air, mais il ne lâche jamais le morceau. J’ai tendance à penser que sa combativité, sa pugnacité, sont ses principales qualités pour le moment.
Back on track ! C’est ça quand on oublie de payer le renouvellement du site
Merci Guillaume, c’est sympa de conserver ce site.
Carrément obligé.
Il a quel âge d’ailleurs ce site ? Est-ce qu’on peut dire par exemple que la Pepita Fonseca n’était pas néée quand 15LOve a démarré ?
Ah ah ah je n’avais jamais vu les choses sous cet angle, tu m’as donné envie de chercher. Joao est un vieux à l’échelle du site, par contre Moïse Kouamé a le même âge que 15 : l’un est de mars 2009, l’autre de mai 2009
De la même promo, il y a le fils Hewitt, Cruz, qui commence à avoir des résultats intéressants. Il sort peu encore de son continent donc c’est à prendre avec des pincettes mais il reste sur un 1/4 de Chall, une finale en Future, il a déjà gagné à top 200 (un dénommé McCabe, 192e). On a chroniqué les « come oooooooon » du père, en fera t-on de même avec le fils ?
Par contre si on étend à la Vox nos échanges virtuels sont plus vieux que Moïse Kouamé
Ahahaha, j’étais certain que tu allais chercher !
Du coup j’ai vérifié aussi : Davydenko ayant été l’un des joueurs je pense les plus commentés ou disons pour être plus clair, ayant eu par ici l’un de ces plus grands fans, oui, c’était bien sur 15L et pas Vox puisque Davy a été actif jusqu’en 2014.
Vérification précise, 15 Love, naissance Mai 2009.
Top 10 :
Rafael Nadal
Roger Federer
Novak Djokovic
Andy Murray
Juan Martin del Potro
Andy Roddick
Fernando Verdasco
Gilles Simon
Jo-Wilfried Tsonga
Gael Monfils
Ce qui veut dire qu’à cette heure, seuls Gael et Djoko survivent encore à 15L.
Salut à tous,
Je termine la lecture de l’article d’Eurosport consacré à l’homme des Dolomites et à ses supposées difficultés avec la terre battue.
Il ne m’a jamais sauté aux yeux que Jannik aurait eu quelque problème que ce soit avec la terre battue.
L’argument est qu’il est désormais détenteur de 7 Masters 1000, mais d’aucun sur terre. Laurent Vergne, par ailleurs journaliste chevronné, donne la parole au joueur, qui affirme que la terre n’est pas sa surface préférée. Je prends toujours avec des pincettes ce que peuvent dire les joueurs, ils cherchent surtout à s’enlever de la pression, tous font ça et quelque part ça peut se comprendre car l’époque veut que l’ambition et l’arrogance soient désormais des synonymes.
Flemme de vérifier, mais n’est-ce pas ce même Laurent Vergne qui nous expliquait l’année dernière que le gazon, la veille de la finale de Wim, était le jardin d’Alcaraz, et que Sinner était, la veille de la finale de l’US, la référence absolue sur dur ? Ces deux affirmations se sont, dans les deux cas, fracassées sur la réalité.
Or là, affirmer la supériorité de Carlitos sur son rival sur terre c’est, je crois, aller un peu vite, et le passé l’atteste en partie. C’est oublier qu’il n’a manqué qu’un seul point au Formol pour gagner Roland l’année dernière. Je n’ai entendu personne s’exclamer que Carlitos avait gagné parce que la surface l’avantageait
C’est oublier, surtout, qu’en 2024 il avait fallu à Monte Carlo un grand Tsi² et une faute d’arbitrage pour qu’il s’incline. Par la suite, il s’était blessé à la hanche à Madrid et avait zappé Rome. Incertain avant Roland, il avait atteint les demis, battu en cinq sets par Carlitos. En 2025, revenant de suspension, il ne dispute que Rome, où il atteint la finale. Pour dire les choses clairement, sur 6 Masters 1000 à gagner depuis qu’il est top 2 mondial (début 2024), il n’en a gagné certes aucun, mais il n’en a disputé réellement que deux ! Et ça, l’article oublie un peu de le dire.
Bref, je ne vois pas de raison particulière pour que le Moine certifié ISO ne fasse pas une saison fructueuse sur l’ocre européen.
En même temps, cela fait 20 ans que la surface a beaucoup moins d’influence sur les résultats d’un joueur que sa qualité intrinsèque : Medvedev qui est un allergique notoire a bien réussi à gagner Rome parce que c’est un excellent joueur.
Dans une moindre mesure, Sampras aussi nul qu’il était sur terre battue a réussi à embrocher 3 vainqueurs de RG en enfilade en 1996 et gagner Rome lui aussi, ce que ne fera a priori certainement jamais Etcheverry qui est l’actuel crocodile de la terre battue.
Sinner n’a certes qu’un seul titre sur TB parce qu’il ne joue que les gros tournois et à part qu’il fera un peu moins d’ace et de +1 gagnants, il compensera en retournant plus de services du fond où ses grandes claques neutralisent le point dès le troisième coup (déjà clairement visible contre Humbert où tout service à moins de 180 km/h près des lignes était trop inoffensif).
Salut Perse,
La surface a moins d’importance certes, mais je le formulerai autrement. Ce début de XXIe siècle est marqué par une mainmise très nette des Européens sur le top niveau en tennis. Au Masters, dans le top 20, dans le top 100, quel que soit la barre que tu mets ils sont largement majoritaires. J’aurai du mal à ne pas y voir un lien avec la terre battue, surface très répandue en Europe et en Amérique latine mais pas ailleurs.
J’avais déjà évoqué la chose sous un autre angle dans un post il y a quelque temps : la quasi-totalité des joueurs majeurs de ces 20 dernières années ont grandi au moins en partie sur terre battue, et ont appris à maîtriser la glissade. Je notais justement que c’était moins vrai… pour les Français. Or, un « clay native » semble avoir moins de mal à adapter son jeu et ses déplacements aux surfaces dures qu’un « hard native » n’en a à évoluer sur terre battue, si j’en crois la hiérarchie du haut niveau. Donc, si les meilleurs sont aujourd’hui les meilleurs sur toutes les surfaces, c’est parce qu’ils ont grandi sur terre battue, qui semble donc être la meilleure surface pour apprendre à jouer au tennis.
Pitou n’a jamais maîtrisé la glissade sur terre, c’était contre-nature pour lui. Ca ne l’a pas empêché d’y avoir des résultats intéressants, dont en effet trois victoires à Roland sur d’anciens vainqueurs (Muster c’était en 91, pas en 96). Franchement, ayant vu ces matchs, je soutiens que Pitou était capable d’évoluer sur terre à un niveau digne d’un vainqueur de Roland. Et en parallèle, l’énergie physique et mentale que ça lui coûtait d’évoluer à ce niveau-là sur un match l’a clairement empêché de s’approcher du titre parisien. Le match suivant était généralement celui de trop. Par contre, un titre à Rome, avec ses matchs en deux sets (sauf la finale), était à sa portée.
Je ferai d’ailleurs le parallèle avec Riton. Il n’est pas contradictoire d’affirmer, d’une part que sa prestation à Gerland en 91 est du niveau d’un vainqueur en GC, et d’autre part qu’il était incapable de produire sur la durée d’une quinzaine un tel niveau de jeu. Je ne fais donc pas partie de ceux qui regrettent que le palmarès de Riton ne compte aucun titre du Grand Chelem, il l’avait dans le bras, mais ni dans les jambes ni dans la tête.
Quant à Meddy, s’il déteste la terre, c’est parce que ses frappes à plat, puissantes et rapides, ne lui offrent aucun avantage compétitif sur des adversaires dont le lift l’obligent à frapper à hauteur d’épaule, chose qu’il déteste. Mais le déplacement sur terre, Daniil le maîtrise sur le bout des doigts et quand ses sensations sont parfaites, il est capable de faire très mal sur terre, comme l’atteste en effet son titre à Rome.
Et je découvre la tragédie daniilienne à l’instant. Je parlais des sensations parfaites sur terre qu’il est capable d’avoir, ce n’était manifestement pas le cas aujourd’hui
@ Rubens :
A propos de la TB, forge des champions, un article intéressant : https://hughclarke.substack.com/p/modern-champions-are-made-from-clay/comments
Où l’on peut voir la forte homogénéisation du tennis vers la puissance depuis les raquettes en composite, la très importante structuration du tennis en Europe avec une masse immense de tournois futures, Challengers sur terre battue où les joueurs peuvent faire leurs armes etc…
L’article datant de 2022, c’est marrant de voir que ça s’est avéré plutôt pertinent.
N’empêche, la surface influence nettement moins que la qualité intrinsèque du joueur maintenant et vu que les surfaces sont homogènes globalement, la hiérarchie est sédimentée : la terre battue récompense un fort joueur en forme, pas un spécialiste.
Wawrinka, qui a une certaine expérience, tu en conviendras certainement, disait que le plus grand changement du tennis ces dernières années ne venait pas tant des raquettes que des balles qui uniformisait très singulièrement le jeu.
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Tiens, je me disais : Rubens veut faire plaisir à Perse, il s’est mis à l’anglais… mais non ! y avait la trduction automatique !
Musetti affronte actuellement l’ouragan de Stéphanie, que je vois jouer pour la première fois. La comparaison avec Lorenzo est évidemment compliquée, l’Italien ayant le jeu que je préfère actuellement. Mais à l’instar de Lehecka la semaine dernière, j’ai vraiment l’impression que beaucoup ont le même jeu, puissant, gros service, gros coup droit, à peu près autant de variations et d’imagination qu’un Karlovic des grands jours. Des clones. Et Lorenzo est en difficulté.
Au fond, les choses étant ce qu’elles sont (phrase qui annonce une pensée d’une grande profondeur et complexité), si tu veux faire partie du top 10 aujourd’hui, il te faut un très gros service, un gros coup droit qui claque, un revers suffisamment bon, comme disait le célèbre tennisman Winicott, et bien bouger.
Dans la nextgen actelle, il y a trois prototypes de ce type de joueurs dont le tennis ne possède pas une grande dose de « finassieren » (mais bon qui possède aujourd’hui le « finassieren » à part Moutet, d’une certaine façon Musetti, sachant que Carlitos l’a pratiquement abandonné sur les bons conseils de Ferrero) : Jodar, Landaluce, et Blockx.
Et bien je vous parie je nesais pas quoi que l’un de ces trois-là sera dans le top 10 avant Fonseca.
Comme quoi, on écrit la même chose en même temps, à peu près.
On se devine à distance
Ah Lorenzo, ton revers slicé à une main me fait frissonner… Un artiste.
Qui peut prendre du plaisir au tennis de bûcheron de Vacherot sur terre ?
Fini… C’est triste comme un jour sans pain. Lorenzo est quand même à quelques encablures de son meilleur niveau.
Une bonne nouvelle tout de même. Le public monégasque sait se tenir correctement, ils l’ont montré ce soir, en soutenant bruyamment leur joueur sans chercher à gêner son adversaire (qui avait lui-même des supporters dans les tribunes, l’Italie étant très proche). Je ne crois pas avoir vu ce public s’enflammer comme ça pour un joueur, ils sont donc capables de faire la différence entre un enfant du pays et quelqu’un qui ne vient à Monaco que pour y payer ses impôts
Que les abrutis franchouillards en roue libre qui écument désormais Roland en prennent de la graine.