2018, circuit masculin : les tops et les flops

By  | 20 novembre 2018 | 48 Comments | Filed under: Actualité

La saison tennistique venant de se terminer avec le Masters de Londres, c’est l’heure du bilan. Parmi les meilleurs, seuls 4 joueurs ont vraiment déçu. En revanche, je retiens 11 progressions remarquables dont, fait notable, 6 jeunes de 19 à 23 ans. La relève se précise !

Les Tops :

1. À tout seigneur, tout honneur, Novak Djokovic + 11 : numéro 12 à l’ATP fin 2017 après une année calamiteuse (selon les standards djokoviens), et même descendu à la 22ème place à l’entame de Roland Garros, le Serbe termine donc l’année numéro un. Une défaite en 1/8ème de finale à Melbourne, une opération au coude dans la foulée, des défaites précoces à Indian Wells et à Miami, ainsi qu’au début de la saison de terre battue… la première partie de l’année ne portait pas à l’optimisme concernant le Serbe, véritable ogre du circuit en 2011 et 2012, puis de 2014 à son sacre Porte d’Auteuil en 2016. Incapacité à se renouveler, effet de l’âge, problèmes personnels, de couple notamment, pas vraiment résolus, les tentatives d’explication, et même les prédictions funestes allaient bon train – y compris, qui l’eût cru, sur 15-lovetennis.
C’est sans doute à partir du moment où Djokovic a rappelé à ses côtés son coach historique, Marian Vajda, début avril, que le puzzle s’est définitivement remis en place. Le mois suivant, les résultats se faisaient sentir : demie à Rome (battu par Nadal), puis ce fameux quart à Roland, où suite à sa défaite face à Marco Cecchinato, Nole est tellement furieux qu’il laisse entendre en conférence de presse qu’il n’est pas certain de jouer Wimbledon… Pourtant, à partir de cette défaite, tout va aller très vite : finale au Queen’s, battu par Cilic après avoir eu une balle de match, victoire à Wimbledon avec au passage un combat dantesque contre Nadal en demie, puis des victoires à Cincinnati, à l’US Open, à Shanghai… à Bercy, rincé après deux matches éprouvants face à Cilic et Federer, il échoue sur la dernière marche, battu par l’épatant Khachanov.
Certes la concurrence n’est pas, en 2018, au niveau de ce qu’elle était jusqu’en 2016 : Murray n’est plus là, Wawrinka peine à retrouver son meilleur tennis, Federer connaît une année en demi-teinte par rapport à 2017… il n’en reste pas moins que personne n’a su saisir l’opportunité sinon Djokovic.
À 31 ans, le Serbe termine donc pour la 5ème fois l’année numéro un mondial, égalant Federer et revenant à une longueur de Pete Sampras.
Désormais détenteur de 14 titres du Grand Chelem, il est permis de penser qu’il peut rejoindre Nadal, et pourquoi pas Federer.
Bilan de l’année : 53 victoires pour 12 défaites – 4 titres dont 2 GC et 2 Masters 1000

2. Juan Martin Del Potro + 6 : l’Argentin est un peu un cas particulier, puisqu’il était en progression régulière depuis 2016, suite à son retour d’opération au poignet ; la Tour de Tandil commence la saison 2018 à la 11ème place ATP, et fait preuve au cours de l’année d’une belle régularité, avec en particulier un titre à l’ATP500 d’Acapulco, suivi d’un premier titre en Masters 1000 à Indian Wells, d’une demie à Roland Garros, d’un quart à Wimbledon et d’une finale à l’US Open ; il atteint logiquement le meilleur classement de sa carrière en août (3ème place), mais se fracture la rotule à Shanghai, ce qui le contraint à mettre fin à sa saison. Un beau parcours qui se termine – une fois de plus, pourrait-on dire – en queue de poisson pour l’Argentin. Doublé par Djokovic et Zverev en fin d’année, il termine n°5 mondial.
Il mérite néanmoins de figurer parmi les tops 2018, que ce soit pour son meilleur classement en carrière, ou pour son premier titre en Masters 1000.
Bilan de l’année : 47 victoires pour 13 défaites – 2 titres, un ATP 500 et un Masters 1000

3. Kevin Anderson + 8 : l’année de ses 32 ans est celle de la confirmation pour le Sud-Africain, 14ème en début d’année et 6ème à l’issue du Masters de Londres.
Tout au long de cette année, malgré une défaite d’entrée à l’Open d’Australie, on trouve régulièrement Anderson en quart, en demie voire en finale des tournois auxquels il participe, son meilleur résultat étant obtenu à Wimbledon, où se qualifie pour la finale après avoir éliminé Federer puis Isner.
Brad Stine, qui dans le passé a coaché Jim Courier et qu’Anderson a embauché début 2018, dit de lui : « Kevin est le meilleur joueur que j’ai coaché, il est techniquement meilleur que Jim ! Mais tout le monde savait qu’il laissait trop parler ses émotions sur le court. L’an dernier, avec le poing levé tout le temps, il criait un peu trop. On essaie de trouver plus d’équilibre. »
Un titre du Grand Chelem en 2019 pour le géant sud-africain ?
Bilan de l’année : 48 victoires pour 19 défaites – 2 titres dont un premier ATP 500 (Vienne)

4. Karen Khachanov + 34 : 45ème début 2017, le natif de Moscou finit l’année 11ème.
Le Russe de 22 ans avait fait une petite incursion dans le top 30 en 2017, qui n’avait pas duré.
En 2018, cet admirateur de Safin et de Del Potro a principalement à son actif 3 titres : les tournois ATP250 de Marseille et de Moscou et le Masters 1000 de Paris-Bercy ; et 2 huitièmes en Grand Chelem (Roland Garros et Wimbledon). Au 3ème tour de l’US Open, il a réalisé un gros match face à Nadal, à qui il a fallu 4 sets serrés et 4 heures 23 minutes pour l’emporter.
À Bercy, il élimine 4 top 10, dont Novak Djokovic, avant de remporter le titre.
Une explication possible à cette forte progression : Khachanov a changé de coach fin 2017, pour retrouver Vedran Martic, l’homme qui l’avait accompagné au début de sa carrière.
Bilan de l’année : 46 victoires pour 22 défaites – 3 titres dont un Masters 1000

5. Borna Coric + 35 : le Croate de tout juste 22 ans passe de la 47ème à la 12ème place mondiale. Son entrée fracassante chez les « grands », quand en 2014, à 17 ans, il battait Rafael Nadal en 1/4 de finale à Bâle, ne fut pas vraiment suivie d’une confirmation ; atteignant le 33ème rang mondial en 2015, il se traînait ensuite entre les 40ème et 60ème places, se classant 48ème fin 2017.
Après un début de saison 2018 timide (élimination d’entrée à Melbourne par Millman), il monte en puissance à Indian Wells, battu seulement en demie par Federer, puis à Miami où il s’incline en quart face à A. Zverev. La saison sur terre battue ne le voit pas briller, mais il crée la surprise à Halle, matant en finale le maître des lieux, Federer, non sans avoir pris sa revanche sur A. Zverev plus tôt dans le tournoi. Il ne confirmera pas ce bon résultat à Wimbledon (battu d’entrée par Medvedev), et s’arrêtera en 1/8ème à New York, victime de Del Potro. Un bon résultat à Shanghai (finale) le propulse dans le top 15 (13ème).
C’est en Grand Chelem que le jeune Croate doit désormais confirmer – la finale de la coupe Davis entre la France et la Croatie, du 23 au 25 novembre, sera-elle son tremplin ?
Décrit comme un gros travailleur et un ambitieux – il déclarait en 2014 qu’il voulait devenir numéro un mondial – , cet admirateur de Nadal et d’Ivanisevic a engagé comme coach Ricardo Piatti fin 2017 ; sous la houlette de l’ancien entraîneur de Ljubicic, Gasquet et Raonic, Coric a fait évoluer son jeu vers l’avant en 2018… et ça paie !
Bilan de l’année : 39 victoires pour 20 défaites – 1 titre, l’ATP 500 de Halle

6. Kyle Edmund + 36 : en passant de la 50ème place début 2017 à la 14ème place, le jeune Britannique d’origine sud-africaine de 23 ans confirme ce que l’on avait entrevu l’an dernier.
Il commence l’année en frappant fort à l’Open d’Australie, où il atteint la demi-finale après avoir éliminé notamment Anderson et Dimitrov.
Sur terre battue, après une finale à Marrakech puis un quart de finale à Madrid, il pousse Fognini aux 5 sets au 3ème tour de Roland Garros.
Il ne dépasse pas le 3ème tour à Wimbledon (battu par Djokovic, futur vainqueur) mais atteint les demi-finales à Pékin puis les 1/4 de finale à Shanghai avant de remporter son premier titre sur le grand circuit à Anvers.
Fredrik Rosengren, ancien coach de Magnus Norman et de Robin Söderling, l’accompagne depuis l’automne 2017 et n’est sans doute pas pour rien dans sa progression ; il dit de lui : « Je sais qu’il a l’appétit et l’envie nécessaires, ainsi que toutes les qualités autant techniques que mentales pour devenir un grand joueur. »
Bilan de l’année : 36 victoires pour 21 défaites – 1 titre, l’ATP 250 d’Anvers

7. Stefanos Tsitsipas + 76 : 91ème début 2018, le Grec de 20 ans termine 15ème, ce qui lui a valu l’award ATP de la meilleure progression de l’année.
En 2017, alors qu’il écumait le circuit challenger, le jeune pensionnaire de l’Académie Mouratoglou a confié qu’il avait suivi de loin, mais non sans envie, les exploits de son ancien rival chez les juniors, Denis Shapovalov, sur le grand circuit – en août notamment, à la Rogers Cup – ; de quoi lui donner des idées…
Signe du destin (ou non), c’est justement Shapovalov que le tirage au sort de l’Open d’Australie 2018 lui réservait en guise de premier tour… le Canadien, sur sa lancée de 2017, l’y battait en 3 sets.
Tsitsipas prenait sa revanche sur son jeune rival 3 mois plus tard, sur la terre battue de Monte Carlo. Dès lors, la mécanique était enclenchée : finale à Barcelone et demie à Estoril, avec des victoires sur Schwartzman, Carreno Busta, Thiem, Anderson ou encore le coriace Lajovic ; victoire sur Lucas Pouille à Halle, et qualification pour la 2ème semaine à Wimbledon ; demi-finale à Washington puis finale au Masters 1000 de Toronto, avec 3 top 10 à son actif. Il ne dépassera cependant pas le 2ème tour à l’US Open, éliminé par un de ses bourreaux en 2018, Daniil Medvedev (le Russe l’a battu 3 fois sur 3).
Il remporte son premier titre sur le circuit principal en automne, à Stockholm, se défaisant au passage de Fabio Fognini, 14ème joueur mondial.
Chez les Tsitsipas, le sport professionnel est une affaire de famille : coaché par son père Apostolos, l’étoile montante du tennis est le fils de Julia Salnikova, ex-joueuse de tennis professionnelle d’Union Soviétique ; son grand-père maternel, Sergei Salnikov, a été un joueur de football international soviétique.
Excellent service, coup droit redoutable, revers à une main solide quoique plus irrégulier, jeu puissant et offensif, belle main au filet, Stefanos a longtemps eu pour modèle un certain Roger Federer…
Un des coaches qui le suivent à l’Académie Mouratoglou dit ceci : « Son père dit toujours que le premier titre du Grand Chelem qu’il remportera sera Wimbledon. ». Notez bien : le premier ! c’est qu’on est ambitieux, chez les Tsitsipas…
En attendant, s’il existait un classement des challenges d’arbitrage foireux, Tsitsipas serait certainement numéro un mondial.
Bilan de l’année : 46 victoires pour 27 défaites – 1 titre en ATP 250

8. Daniil Medvedev + 49 : 65ème début 2018 (il a été au mieux 48ème, en 2017), il termine 16ème.
Comme son compère Karen Khachanov, le Russe originaire de Moscou, âgé de 22 ans, a surtout progressé au classement depuis août.
Francophile et francophone : à l’âge de 18 ans, Daniil s’installe en France, à Cannes, au centre d’entraînement de Jean-René Lisnard et Gilles Cervara ; ce dernier, ancien sparring partner de Thomas Enqvist, Justine Hénin, Marat Safin ou encore Jo-Wilfried Tsonga, devient son coach.
Daniil remporte en 2018 les tournois ATP250 de Sydney (en sortant des qualifications) et de Winston Salem (sans perdre un set), et, histoire de garder le rythme, l’ATP500 de Tokyo en sortant des qualifs et sans perdre un set dans le tableau principal.
« J’aime bien sa personnalité. Il était un peu fou, mais il s’est un peu calmé. » disait de lui Federer avant de l’affronter à Bâle, le mois dernier. Le jeune Russe s’est en effet fait connaître par quelques coups d’éclat : en 2017, après avoir été battu par Bemelmans à Wimbledon, il avait lancé quelques pièces de monnaie au pied de la chaise de l’arbitre, suggérant que ce dernier avait été acheté ; geste pour lequel il avait écopé d’une amende de 12.700 euros. En mars 2018, suite à sa victoire sur Tsitsipas à Miami, il a failli en venir aux mains avec le Grec, estimant que ce dernier l’avait insulté ; l’arbitre de chaise a dû s’interposer.
Gilles Cervara pointait à sa façon ce trait de caractère de son poulain en fin de saison 2017 : « il y a un gros axe de travail au niveau maturité et au niveau mental sur le terrain, qui sera décisif. » Une partie du chemin semble avoir été faite.
Bilan de l’année : 43 victoires pour 24 défaites – 3 titres dont un ATP500

9. Marco Cecchinato + 86 : 106ème début 2018, il finit 20ème mondial.
Avant cette année, l’Italien de 26 ans n’avait remporté que 4 matches sur le circuit principal, pour 23 défaites. En 2018, il remporte 23 victoires, gagne deux titres (Umag et Budapest) et réalise le fantastique parcours que l’on sait à Roland Garros, atteignant les demies après avoir éliminé notamment Carreno Busta, Goffin et Djokovic.
Hormis un passage de quelques mois dans le top 100 en 2015-2016 (n°82 à son meilleur), Cecchinato était installé dans le top 200 depuis plusieurs années.
Condamné à 18 mois de suspension et 20.000 $ d’amende en première instance, en juillet 2016, pour participation à un pari truqué, Cecchinato est blanchi trois mois plus tard, la commission d’appel ayant conclu à l’existence d’irrégularités dans la manière dont les preuves avaient été recueillies au cours de l’enquête.
L’Italien – ô surprise – est un spécialiste de la terre battue : 27 des 46 matches qu’il a disputés sur le grand circuit cette saison l’ont été sur cette surface, pour seulement 19 sur dur ou sur gazon – sans parler des 21 matches joués sur terre sur le circuit secondaire !… Ce n’est pas un hasard si son bilan est nettement meilleur sur l’ocre : 17 victoires pour 10 défaites, quand sur les autres surfaces il se contente de 6 victoires pour 13 défaites.
Le plus dur l’attend désormais : confirmer… et si possible, devenir plus polyvalent.
Bilan de l’année : 23 victoires pour 23 défaites – 2 titres

10. Nikoloz Basilashvili + 38 : 59ème en début d’année, il termine 21ème.
Le Géorgien de 26 ans avait déjà franchi un premier cap en 2017, passant des alentours du top 100 aux environs du top 60.
Après un début de saison moyen qui le voit retomber à la 89ème place, le puncheur originaire de Tbilissi explose sur la terre battue de Hambourg, remportant le tournoi aux dépens du tenant du titre et double vainqueur Leonardo Mayer, non sans s’être préalablement extrait des qualifications.
Par la suite, il se qualifie pour la première fois pour un 1/8ème de finale en Grand Chelem, à l’US Open, ne s’y inclinant que contre Nadal. Il réalise à nouveau une semaine parfaite à Pékin, s’offrant le titre après avoir battu Edmund puis Del Potro.
Ses deux premiers titres sont donc deux ATP500, après deux finales perdues sur des ATP250 en 2016 et 2017.
Il semble que, pour lui aussi, le déclic soit venu avec l’engagement d’un nouvel entraîneur : Jan de Witt (ancien coach de Gilles Simon), au printemps dernier. Le joueur considère en effet que de Witt l’a « aidé à mettre en place son jeu ».
Avec cette 21ème place, Basilashvili est d’assez loin le joueur de tennis géorgien le mieux classé de l’histoire, devant Irakli Labadze, 42ème en 2004.
Bilan de l’année : 29 victoires pour 28 défaites – 2 titres en ATP500

11. Alex de Minaur + 177 : passé de la 208ème à la 31ème place en un an, le jeune Australien de 19 ans a logiquement reçu l’award ATP de la révélation de l’année (‘Newcomer of the year’).
Il est même désormais n°1 australien devant Millman (33ème) et Kyrgios (37ème) !
Né en février 1999 à Sydney de père uruguayen et de mère espagnole, Alex vit entre Alicante en Espagne, où il s’entraîne, et l’Australie pour laquelle il joue en coupe Davis.
Bénéficiaire d’invitations aux tournois de Brisbane et de Sydney début 2018, le jeune loup aux dents longues, alors classé 208ème, va frapper les esprits en s’offrant des joueurs comme Johnson, Raonic, Verdasco, Lopez et Paire pour rallier respectivement les demies et la finale de ces deux tournois. Il tombe cependant dès le premier tour à Melbourne, battu en 4 sets par Berdych, payant sans doute l’accumulation des matches. Deux semaines plus tard, il pousse Alexander Zverev au tie break du 5ème set lors de la rencontre Australie-Allemagne de Coupe Davis.
Il alterne ensuite tournois challengers et qualifications sur le grand circuit, battu d’entrée à Roland par Kyle Edmund, se hissant au 3ème tour à Wimbledon où il subit la loi de Nadal, atteignant la finale de l’ATP500 de Washington grâce notamment à des victoires sur Chung et Rublev, passant également deux tours à Flushing Meadows où il perd avec les honneurs face à Cilic, en 5 sets.
Il a disputé 5 finales dans l’année, dont 3 en challenger, en remportant une seule : celle du challenger de Nottingham, sur gazon. Alex conclut sa saison en beauté en atteignant la finale du Masters Next Gen de Milan, qu’il perd face à Tsitsipas.
Un gabarit à la Gilles Simon, un jeu de contreur qui n’hésite cependant pas à monter au filet et dont la surface préférée est le gazon, ses idoles de jeunesse sont Roger Federer et Lleyton Hewitt. Beaucoup voient d’ailleurs chez Alex une ressemblance avec son illustre compatriote dans sa faculté à ne rien lâcher en match, au point qu’il est surnommé « Demon ».
« Je vais juste aller sur le court et me donner à fond ; c’est ce que je veux faire tous les jours. C’est pour ça que je veux être connu et c’est ce que je veux que les autres joueurs sachent de moi, que je ne vais jamais laisser tomber. » confiait-il en septembre dernier. Son coach depuis qu’il a 9 ans, Adolfo Gutierrez, d’ajouter : « il n’a peur de rien. »
L’humilité de ce fils de gérants de station de lavage auto est mise en avant par Gutierrez : « c’est un des ses plus grandes qualités. »
Humilité, maturité… l’anti-Nick Kyrgios, en somme.
Point à améliorer, son service : il est seulement 64ème au classement ATP des ‘Serve leaders’.
Bilan de l’année : 28 victoires pour 23 défaites

Mentions spéciales :

- Hyeon Chung, passé du 58ème au 25ème rang, essentiellement grâce à son beau parcours à Melbourne ; encore gêné par les blessures, il n’a pas confirmé par la suite.
- John Millman : l’Australien de 29 ans passe de la 128ème à la 34ème place grâce à 2 titres en challenger, une finale à Budapest et un quart à Flushing Meadows, où il élimine Fognini et Federer ; Millman avait auparavant été, à son meilleur, 60ème en 2016.
- Frances Tiafoe : l’espoir américain de 20 ans monte à la 39ème place alors qu’il avait démarré l’année 79ème (avait été n°60 en 2017) ; à noter, un premierr titre remporté sur le grand circuit : Delray Beach, où il bat au 2ème tour son idole de jeunesse, Del Potro.
… et trois jeunes qui intègrent le top 100 en 2018 :
- Le Français Ugo Humbert, 20 ans tout juste, fait un bond un 279 places, terminant 99ème ; progression réalisée notamment grâce à 2 victoires en Futures en début d’année, puis 2 victoires en Challengers ; sur le circuit principal, un bilan de 2 victoires pour 3 défaites.
- Le Chilien Christian Garin, 22 ans, finit 83ème alors qu’il était classé 312ème début 2018, et qu’il a assez longtemps végété entre dans le top 200-top 300. A notamment remporté 3 tournois challengers (de suite !) en fin d’année, sur… terre battue.
- l’Espagnol Jaime Munar, 21 ans, 76ème fin 2018, soit une progression de 108 places en un an. Battu en demi-finale du Masters Next Gen de Milan par de Minaur au terme d’un match très plaisant.

Inclassable…

… à la fois top et flop dans la même année : Tennys Sandgren. Invité-surprise des quarts de finale de l’Open d’Australie, l’Américain de 27 ans au prénom prédestiné n’a pas confirmé : son bilan depuis lors n’est en effet que de 12 victoires pour 17 défaites ; les mauvaises langues ajouteront qu’à Melbourne, à part ses victoires sur Thiem (en 5 sets) et sur un Wawrinka jouant sur une jambe, il n’a éliminé que les 84ème et 94ème mondiaux… 96ème en début d’année, il finit 61ème. Sa saison se clôt sur une élimination au 1er tour du challenger de Houston, début novembre.

Les flops :

1. Grigor Dimitrov – 16 : sur le podium (3ème) il y a un an, le Bulgare échoue à une médiocre 19ème place fin 2018. Mais où est passé le vainqueur de la Masters Cup 2017 ?
L’homme qui avait démarré la saison 2017 en trombe, remportant les tournois de Brisbane et de Sofia, auteur d’une demi-finale dantesque (certes perdue) contre Nadal à l’Open d’Australie, vainqueur de son premier Masters 1000 à Cincinnati, finaliste à Stockholm puis auteur d’un sans-faute à l’O2 Arena de Londres en novembre, a traversé l’année 2018 comme un fantôme.
49 victoires en 2017, moitié moins cette année (24). 4 titres en 2017, une seule finale, perdue sans gloire face à Federer à Rotterdam, en 2018. Et en Grand Chelem, un quart à Melbourne, un 3ème tour à Roland, suivis de deux éliminations au premier tour à Londres et à New York…
Beaucoup (dont votre serviteur) pensaient il y a un an de cela que « Baby Fed » avait sans doute – enfin – assemblé toutes les pièces du puzzle ; qu’il avait enfin acquis la maturité, la confiance en lui qui lui permettraient de jouer désormais dans la cour des tout grands ; que la caboche fonctionnait désormais comme celle d’un champion.
Patatras ! À peine parvenu au (presque) sommet, Grigor n’a pu s’empêcher de retomber dans ses travers : panne d’inspiration, niaque aux abonnés absents, ambition apparemment envolée…
La victoire au Masters de Londres et la 3ème place ont-elles constitué pour lui une sorte d’aboutissement – comme la victoire à Roland pour Djokovic en 2016 – conduisant à le vider dès lors de toute motivation ? A-t-il « juste » eu du mal à digérer ce brusque changement de statut ? Ou le mal est-il plus profond, et la saison 2018 n’a-t-elle été qu’un trompe-l’oeil ? Il est vrai qu’ à l’O2 Arena, il n’a battu au mieux que Thiem (4ème mondial et peu à l’aise en indoor) et aucun des membres du Big Four historique.
Même le ressort de la révolte semble être cassé : cette année, le Bulgare, 27 ans, n’a brisé qu’une seule raquette en match, c’était à Roland Garros, lors de son 3ème tour (perdu) contre Verdasco.
Alors ? Un coach à poigne pour le relancer ? Ou bien, apprendre du Maestro suisse, à qui on l’a tant comparé, comment voir la vie en rose ?

2. David Goffin -15 : le Belge de bientôt 28 ans n’aura été en 2018 que l’ombre du joueur flamboyant qu’il a été l’an dernier, finissant 22ème alors qu’il avait atteint le 7ème rang suite à sa finale au Masters. Sa fin de saison 2017 de très haut niveau, où en l’espace de deux semaines il battait Nadal, Federer, Thiem, Tsonga et Pouille (ces derniers par 3 sets à 0 en finale de la Coupe Davis), laissait penser qu’il avait passé un cap, et qu’il jouerait désormais les premiers rôles sur le circuit… que nenni.
Hormis deux quarts et une demie en Masters 1000, et deux 1/8èmes de finale en Grand Chelem, le bilan de l’année est maigre pour le natif de Rocourt : 28 victoires seulement, pour 16 défaites, aucun titre remporté.
Et la poisse semble lui coller à la peau : blessé à l’oeil lors de sa demi-finale contre Dimitrov à Rotterdam, il mettra plusieurs semaines à s’en remettre ; et c’est une douleur persistante au coude droit (due à un « œdème osseux ») qui le pousse à mettre un terme prématurément à sa saison, début octobre, après qu’il ait dû renoncer à disputer les tournois de Tokyo et de Shanghai.

3. Jack Sock -98 : classé 8ème fin 2017, il termine l’année 106ème.
Avec le bilan catastrophique de 9 victoires pour 21 défaites, l’Américain de 26 ans a livré sa meilleure partition de la saison au POPB, où il remporte deux matches facilement (dont un 6-3 6-3 contre Gasquet) avant de céder en 3 sets face à Thiem ; un sursaut d’orgueil sur la terre de ses exploits qui ne lui évitera peut-être pas de devoir passer par les qualifications au prochain Open d’Australie…
Le protégé de Mark Kwoles se console en terminant 2ème du classement ATP en double, après sa victoire au Masters de Londres, associé à son compatriote Mike Bryan.
Une des explications de sa chute spectaculaire au classement en simple est sans doute justement son association avec Mike Bryan depuis juin et le tournoi du Queen’s, suite à la blessure du frère de ce dernier, Bob. Certes, Jack « Showtime » avait l’habitude de s’engager en double dans les tournois auxquels il participait, mais il changeait régulièrement de partenaire ; comme il l’expliquait en septembre après sa victoire aux côtés de Mike Bryan à l’US Open, il a pris comme un honneur d’avoir été invité à jouer comme « remplaçant » dans la meilleure équipe de double de l’histoire du tennis ; cette implication a probablement contribué à réduire son focus sur le simple.

4. Lucas Pouille -14 : 18ème mondial en début d’année, le Français termine 32ème.
Un mois de février mené tambour battant, avec un titre à Montpellier puis des finales à Marseille et Dubaï, qui lui ont valu un séjour d’une semaine dans le top 10 ; puis plus rien, ou presque… en Grand Chelem : 1er tour à l’Open d’Australie, 3ème tour à RG, 2ème tour à Wimbledon, 3ème tour à Flushing, à chaque fois éliminé par un second – voire un troisième – couteau ; et aucun top 10 rencontré en 2018 (et pour cause) !
La présence de Tommy Haas à ses côtés durant une bonne partie de la deuxième moitié de saison ne lui aura donc servi à rien, sinon peut-être à se mettre une pression négative.
Malgré les évidences : aucune de ses 25 victoires n’a été remportée contre mieux classé que lui, et 19 de ses 20 défaites ont eu lieu contre moins bien classé que lui… le Français a longtemps été dans une forme de déni, comme à l’issue de sa défaite contre Joao Sousa à l’US Open, où il se contente d’estimer que « ça se joue à peu de chose »… Signe probable d’une envie de se remettre en cause, Pouille s’est séparé début novembre de son entraîneur de 6 ans Emmanuel Planque.

Les semi-flops :

- Pablo Carreno Busta, 23ème : premier remplaçant au Masters 2017 du fait de l’absence de Wawrinka, l’Espagnol perd 13 places en un an. Carreno Busta, 26 ans, auteur d’un 1/4 de finale à RG et d’une 1/2 finale à Flushing Meadows en 2017, n’aura cette année pas fait mieux qu’un 1/8ème de finale à Melbourne.
- Nick Kyrgios, 37ème : les attentes ont été – et demeurent – si élevées de la part de l’enfant terrible du tennis australien, voire mondial, que j’ai hésité à le faire figurer dans la liste des flops. À sa décharge, des bobos récurrents (coude, hanche) l’ont conduit à déclarer forfait à plusieurs reprises cette année. Mais le facteur psycho-mental a aussi – encore – son importance, au point que « Crazy Nick » vient d’annoncer qu’il va consulter des psychologues afin d’ « essayer de [se] renforcer mentalement »… à suivre, donc.
- Filip Krajinovik, 92ème : le joueur serbe de 26 ans n’est pas aidé par les blessures, qui lui ont coûté 3 mois d’absence en pleine saison, de fin mars à début juillet – il avait aussi manqué l’Open d’Australie – ; après sa finale-surprise à Bercy fin 2017, il n’a obtenu de bon résultat qu’à Dubaï, en mars 2018, et n’a battu aucun joueur mieux classé que lui, se contentant de 14 victoires sur le circuit (pour 17 défaites).
Krajinovic a atteint son meilleur classement en carrière en avril : 26ème. Les mauvaises langues (dont je suis) diront que les succès qui lui ont valu d’atteindre ce classement étaient en trompe-l’œil, les tableaux de Bercy et de Dubaï étant particulièrement faibles pour des tournois de ces niveaux.
À quand une saison sans blessure pour nous montrer ce qu’il vaut vraiment ?

Ils ont chuté, mais n’ont pas encore dit leur dernier mot :

- Tomas Berdych, 72ème à 33 ans, n’a plus joué depuis le Queen’s (battu par Benneteau au 1er tour). Le Tchèque, qui traîne une blessure au dos, espère être de retour sur le circuit pour l’Open d’Australie.
- Nicolas Mahut, 195ème à 36 ans, poursuit la descente commencée en 2017. L’Angevin, qui finit l’année 11ème mondial en double, a joué le Masters de Londres associé à Pierre-Hugues Herbert : la paire est battue en finale par la paire Bryan-Sock.
- David Ferrer, 125ème à 36 ans : 9 victoires seulement (pour 18 défaites) sur le grand circuit pour l’homme aux 726 victoires en carrière. Dans un entretien accordé au journal El Español, le Valencian a annoncé qu’il se retirerait du circuit courant 2019.
- Ivo Karlovic, 39 ans et 8 mois, poursuit sa lente régression : actuellement 102ème, le géant croate était encore 20ème début 2017 ! L’inusable Karlo joue principalement sur le circuit challenger : il a atteint les quarts de finale à Houston la semaine dernière.
- Jo-Wilfried Tsonga, 33 ans, passé en un an de la 15ème à la 262ème place, la faute aux blessures.
- Collant littéralement à la roue de Tsonga, Andy Murray, 31 ans – à se demander s’ils n’ont pas passé leurs vacances ensemble : il passe de la 16ème à la 263ème place.
- Alex Dolgopolov, 30 ans, dégringole de la 38ème à la 298ème place… l’Ukrainien n’a plus joué depuis mai ; il a été opéré du poignet droit en août.

Ils ont pris leur retraite sportive en 2018 :

Ont raccroché définitivement leur raquette en 2018 : Gilles Muller (35 ans, Lux, meilleur classement 21ème en 2017), Florian Mayer (35 ans, All, meilleur classement 18ème en 2011), Tommy Haas (40 ans, All, meilleur classement 2ème en 2002), Mikhail Youzhny (36 ans, Rus, meilleur classement 8ème en 2008), Julien Benneteau (36 ans Fra, meilleur classement 25ème en 2014).

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Pourtant j’ai bien débuté la partie, le premier point était extraordinaire. - Tim Henman

48 Responses to 2018, circuit masculin : les tops et les flops

  1. Achtungbaby 20 novembre 2018 at 12 h 24 min

    Il faudrait reprendre certains commentaires ici suite aux résultats de Djoko tout au long de l’année :

    Entre le « ce joueur ne gagnera plus un GC et paraît fini pour le haut niveau » et le « il n’y a pas de raison pour qu’il ne dépasse pas Fed en nombre de GC », on sera passé par tous les pronostics !

  2. Sam 20 novembre 2018 at 13 h 26 min

    Est-ce que ça n’est pas un peu risqué d’annoncer la retraite de Ju Benneteau ?

    • Colin 20 novembre 2018 at 19 h 02 min

      Lu sur Eurosport: « Dans l’éventualité d’un retrait d’un des deux spécialistes du double – Nicolas Mahut ou Pierre-Hugues Herbert – c’est Julien Benneteau qui intègrerait les rangs de l’équipe de France. »

  3. Elmar 20 novembre 2018 at 15 h 54 min

    Très bien, ce résumé des progressions – régressions!

    Par tranche d’âge.
    D’abord le senior tour: Ferrer, bon débarras.
    Karlo, il peut encore faire mal à gauche à droite, mais la descente semble inexorable.
    Roger peut-il encore le faire? Ca paraît chaque année plus improbable. Une fois passé un début d’année où il a encore un peu surfé sur la vague 2017 et quand même profité de l’état de faiblesse du circuit, il n’y a plus eu grand-chose de bon cette année… jusqu’à la saison indoor où il a montré de nouveau un niveau intéressant. Bon, si je dois me prononcer aujourd’hui, je dirais qu’il peut encore peut-être tirer son épingle du jeu à Wimbly, moyennant du bol.

    Chez les un peu moins vieux, Murray me paraît perdu pour le tennis. Berdych, j’y crois plus trop. Tsonga peut revenir faire un ou deux coups. Stan ne redeviendra jamais Stanimal. Et la même question pour ces joueurs : pourquoi continuent-ils? Qu’est-ce qui peut les pousser à errer encore sur le circuit?

    Le cas Djoko est intéressant: il était tellement à l’ouest que je pensais qu’il était plus loin que le 12ème rang. C’est quand même signe qu’un mec comme ça, même à la ramasse complet, a un tennis suffisant pour être encore dans le top. C’était un signe suffisant pour penser qu’il allait revenir jouer les premiers rôles. N°1 mondial par contre, c’était pas gagné, surtout qu’il y parvient sur quasi un seul semestre. Le mec va partir gros favori à l’Australian Open, mais j’espère une surprise.

    Toujours dans les viocs, Anderson peut gagner un GC, mais ça sera en 2019 ou ça ne sera pas. Il a tout dans la raquette pour y parvenir. Mais faudrait pas trop qu’il tombe sur Djoko sur son parcours.

    Parmi les un peu moins viocs, Del Potro, ça paraît fichu avec ses pépins physiques. Cilic peut encore en gagner un, mais comme pour Anderson, il faudrait qu’un autre élimine Djoko.

    Dimitrov, Goffin, Raonic (tiens, t’en parles pas de lui?), voire Sock, de la génération suivante, vont peut-être à l’occasion se rapprocher du top-ten, à la Nishi mais ça restera des joueurs de second niveau. Des places en quarts ou en demis OK. Plus, bof.

    Restent les jeunes, dans lesquels j’inclus encore Thiem. Ce dernier, je pense qu’il a plus ou moins atteint son rendement maximal. Mais dans la mesure où il pourra le tenir encore 3-4 ans, ça peut passer sur terre battue car Nadal va forcément faiblir un peu désormais.
    Zverev, je pense qu’il va d’abord devoir aller perdre une ou deux finales de GC avant de pouvoir en gagner un.
    Coric, ça me paraît un peu juste en terme de niveau de jeu. Peut-être sur un malentendu.
    Tsitsi ou de Miaur, c’est un peu tendre.
    Kyrgios, je crois que je n’y crois plus.
    Shapovalov, c’est une équation encore complexe pour savoir s’il y parviendra.

    Enfin, gros coup de cœur pour Khachanov. Pour son jeu d’une part, mais aussi pour sa force mentale. Je l’ai trouvé impressionnant tant contre Nadal à l’US Open que contre Djoko à Bercy. 0 signe de faiblesse en finale d’un gros tournoi contre un monstre du jeu. Ca c’est très prometteur. De là à le voir triompher en GC, évidemment, la marche est immense. Mais il peut déjà commencer par poser des camps de base en quarts puis demi.

    Sur 2018, si les GC se sont une fois de plus partagés entre les mêmes et si seul Zverev est vraiment parvenu dans les autres gros tournois est réellement parvenu à sortir son épingle du jeu, je trouve qu’on a maintenant une vraie cohorte de jeunes qui sont en train de se placer, là où en 2017, c’était des plus tellement jeunes qui jouaient placés. Du coup, ça devrait quand même bouger encore en 2019.
    La seul point noir pour eux, c’est le retour de Djoko aux affaires, là où il avait laissé de la place ces deux dernières années (et celui qui en a profité, c’est ce vieux schnok de Roger).

    • Paulo 20 novembre 2018 at 17 h 34 min

      @ Elmar : comme je l’ai dit (plus bas) à Colin, je n’ai pas mis les gars comme Raonic, qui « auraient pu mais n’ont pas fait » une saison à la hauteur de ce qu’on aurait pu espérer d’eux. C’est un choix que j’ai fait de ne prendre que les progressions ou chutes remarquables sur une année, et uniquement les joueurs du top 30 en gros, sinon j’en avais pour jusqu’à l’Open d’Australie…

      Karlo, je pense qu’il va mettre un point d’honneur à aller jusqu’à ses 40 ans, en février.

      Ferrer, de toute façon il est tellement loin, réduit à disputer des challengers, qu’on voit mal ce qui pourrait encore le motiver.

      On voit bien que Roger reste une exception : la plupart des gars de son âge soit ont mis les bouts, soit sont en chute libre. On pourrait d’ailleurs évoquer Lopez, même âge que Fed et bien descendu lui aussi ; mais à cet âge-là je ne considère plus ça comme un flop…

      Roger, disons un coup à la Sampras US Open 2002, à Wimbledon 2019, serait sympa, et pas impossible.

      Djoko a montré, et c’est intéressant, qu’il n’a plus l’endurance d’avant, perdant deux finales coup sur coup, manifestement parce que coinçant physiquement avec l’enchaînement. Ça laisse de l’espoir aux jeunes, dès Melbourne, je pense. Un gars comme Khachanov doit, en tout cas peut y croire : son avantage sur les Tsitsipas et de Minaur étant qu’il a 2-3 ans de plus, donc est plus mature, mieux installé dans son tennis. En plus, vu ce qu’il a fait à Bercy…

      Shapovalov, on l’évoquait avec Patricia, n’a plus bien joué depuis que Laurendeau n’est plus à ses côtés (soucis de santé pour ce dernier si j’ai bien compris). Il me paraît clair que sa mère comme coach pour aller plus haut, ça ne va pas le faire. Quand il aura trouvé les bons réglages, et la stabilité, il fera très mal, aucun doute à mes yeux. Ce gars-là a un bras en or, et je pense, la caboche pour faire des grandes choses.

    • Patricia 20 novembre 2018 at 19 h 50 min

      Ben le retour aux affaires de Djoko est bien réel, et pour rester N°1 il est tout à fait crédible. Mais pas un patron qui verrouille tout, sa fin d’année l’a clairement démontré : fatigue physique en demi avec un gros match, fatigue mentale aux Masters, le gars perd désormais des tournois qu’il a survolé jusqu’en finale.

      Thiem, s’il n’y avait pas ce fichu Nadal sur terre, ça serait pour le moi le candidat N°1 au déblocage en GC : physiquement, il est devant les autres jeunes et il a l’expérience. Pour le rendement maximal, je suis pas sûre car il a passé un cap sur dur et son match contre Nadal à l’USO était son meilleur en GC pour l’instant. Il n’a pas maintenu son niveau sur tout le match, mais en dehors des baisses Nadal était balayé. Il a progressé dans pas mal de compartiments : service, retour, slice, volée, stabilité du revers, et ça fera une différence importante s’il progresse encore en service et retour.

  4. Colin 20 novembre 2018 at 17 h 06 min

    Hé bé quand on pense que Paulo ne nous avait pas encore gratifié d’un article…
    On a bien fait d’attendre, c’est du lourd que tu nous proposes là.
    Attention petite erreur, Medvedev n’a pas remporté de Masters 1000 (la ressemblance avec Khachanov s’arrête là), mais un ATP 500 (ce qui est déjà pas mal, comme pourrait le dire un certain Richard Gasquet, qui court toujours après).
    Parmi les flops de l’année 2018, on aurait pu mettre « l’ensemble des joueurs français » et non le simple Lucas Pouille. S’ils ont failli individuellement, une victoire en finale de CD sauverait (un peu) leur saison à titre collectif.

    • Paulo 20 novembre 2018 at 17 h 17 min

      Merci pour la coquille signalée (c’est bêtement un copié-collé que j’ai fait de Khachanov, en corrigeant les chiffres sauf que j’ai oublié le dernier :mrgreen: )

      Je n’ai mis que Pouille comme Français parce que j’ai fondé mon article sur les chutes et/ou progressions remarquables, avec pour base principale le top 30 (en gros puisque j’y inclus de Minaur 31ème). Un joueur qui aurait pu mais n’a pas réalisé une bonne saison, comme Gasquet, n’en fait pas partie, sinon j’en avais pour deux mois – déjà que j’ai mis à peu près 3 semaines pour rédiger l’article, un peu chaque jour… ;-)

  5. Elmar 20 novembre 2018 at 21 h 43 min

    Tiens, on parlait des mecs perdus corps et bien après une très bonne saison.
    Jjack l’Eventreur est pas mal dans le rôle aussi.

  6. Jo 21 novembre 2018 at 10 h 41 min

    Je classerais Dimitrov dans les semi-flops. On s’accordera à dire que le top 3 était pour lui un pic, pas son niveau moyen. Regardons les pensionnaires du Top Ten derrière le trio magique. Le quatuor de costauds, Zverev / Del Potro / Anderson / Cilic est trop robuste. La logique aurait été que Grigor glisse autour de la dixième place s’il avait fait une saison plus consistante. Sa place est avec des mecs comme Nishikori ou Thiem le mono-surface.

    Mine de rien, Dimitrov n’a pas laissé passer beaucoup d’opportunités quand elles se sont présentées à lui. Il a coché les cases ATP 500, Masters 1000 et Masters. Anderson, Kyrgios et Super-Goofy, ce n’est pas le Big Four mais il faut les battre, il les a battus. Début 2016, il perd deux finales d’ATP 250 à sa portée lors de sa crise d’adolescence tardive. Il aurait alors un ratio de 10-5 en finale au lieu de 8-7, une broutille.

    Pour le reste, toutes ses défaites dans les grands rendez-vous sont logiques car faisant face à un adversaire à priori plus fort que lui. Même s’il avait créé l’exploit contre Djokovic à Wimbledon en 2014 ou qu’il avait terrassé Nadal à Melbourne en 2017, papounet l’attendait en finale et on sait ce qu’il serait advenu. Je pense qu’au vu des forces en présence, le Dimitrov de 2017 avait son mot à dire à Wimbledon, qu’il avait fort bien démarré, mais ce fut la correction dès les huitièmes car papounet ne laisse rien passer.

    J’ai parfois lu des commentaires idiots sur Dimitrov. En revanche, Elmar (le pertinent, pas le potache) a bien résumé le dilemme, disant en substance que le tennis de Grigor est propre, complet, solide, avec un mental accrocheur, mais que ça ne part pas de la raquette. Plus exactement, ça ne part pas comme dans la raquette de Federer. Ce mimétisme, peut-être unique dans l’Histoire du tennis, est tel qu’on le souhaiterait mais, bien que n’ayant rien à lui envier sur le plan esthétique, fiston n’est pas papounet.

    L’an dernier, Dimitrov a sauvé sa carrière, d’aucuns seraient ravis d’avoir à leur palmarès ses deux titres de gloire. Que peut-il espérer dans les quelques années à venir? Densifier son total de titres et flairer un bon coup en Masters 1000. C’est dans l’opportunisme qu’il a jusqu’ici été le plus juste.

    • Elmar 21 novembre 2018 at 11 h 29 min

      Dans les deux occasions dont tu parles en GC, il avait la finale à portée de raquette.
      Je pense que rallier la finale est dans ses cordes et c’est l’objectif qu’il doit raisonnablement se fixer, dans les 24 mois à venir. Ensuite, ça dépend bien sûr que qui se présente en face de lui, mais comme c’est un opportuniste, il pourrait très bien parvenir à gratter un GC.

      Je n’oublie pas son incroyable titre à Acapulco (2014?) où il bat Murray en finale en jouant un tennis fantastique. Quand t’as le niveau pour battre Murray, t’es quand même pas loin du top-niveau.

      NB : potache, j’aime bien comme épithète.

      • Patricia 21 novembre 2018 at 12 h 54 min

        Oui, 2014, Murray n’était pas à son meilleur… mais beau tennis de Grigou.

        Je le classe en vrai flop, sans blessures son ambition minimale c’est quand même top 15. Il a battu seulement 3 top 20 dans l’année, dont 2 fois son souffre douleur Goffin.

    • Paulo 21 novembre 2018 at 13 h 32 min

      En fait, pour ce qui est de le classer en flop ou en semi-flop – et hormis la méthode plutôt « comptable » que j’ai adoptée pour établir mon classement – , tout dépend quels objectifs tu lui assignes à Dimi, quel potentiel tu vois en lui.
      Effectivement, partant d’un potentiel de top 10, ce n’est qu’un demi-flop.
      Mais si tu penses, comme c’est mon cas, qu’il pourrait mieux faire, tu parles de vrai déception. Il est vrai que mon hypothèse est fragilisée par le fait qu’il n’a pas, ou peu, battu de terreur pour conquérir son titre au Masters (voire à Cincinnati). Le sentiment que j’ai qu’il pourrait viser mieux que top 10, à savoir top 5, est forcément subjectif : comme je le dis de temps en temps, je crois que chez lui, la « caboche » – ce mélange mystérieux entre ambition générale pour sa carrière, avec tout ce que cela recouvre y compris le choix du coach ; ténacité en match, faculté à faire face à l’adversité tant mentalement que tactiquement ; audace sur le court (choisir l’offensive en acceptant de rater de temps en temps) ou au contraire frilosité, tennis-épicerie… – , la « caboche » donc est un frein important, chez Dimitrov. Je le crois parce que ça se voit de façon criante, par moments. Évidemment, c’est facile à dire, de l’extérieur, sur mon fauteuil. Mais si justement on le compare, de ce point de vue, à papy Fed, ça me paraît évident. Les tout grands sont aussi, voire surtout, à ce niveau, des monstres dans la caboche. Je ne crois donc pas que Grigor ait atteint tout son potentiel : et même si plus les années passent, plus c’est difficile d’y croire, les exemples ne manquent pas qui laissent espérer pour le Bulgare : Wawrinka bien sûr, ou Cilic en 2014, ou Anderson cette année, voire Zverev-le-jeune dont je pense que Lendl va lui faire passer un cap décisif.

  7. Paulo 21 novembre 2018 at 13 h 36 min

    Un article intéressant d’Eurosport sur l’association Zverev-Lendl : « Lendl, tout sauf une plaisanterie »

    https://www.eurosport.fr/tennis/atp-world-tour-finals/2018/lendl-tout-sauf-une-plaisanterie_sto7018752/story.shtml

  8. Kristian 22 novembre 2018 at 7 h 02 min

    Interview-souvenir genialissime de Noah
    https://www.lequipe.fr/Tennis/Article/Les-souvenirs-de-yannick-noah-dans-le-vestiaire-personne-n-aimait-connors/961236
    D’autant plus geniale si vous avez, disons.. un age respectable, qui vous a permis de vivre tous ces evenements en tant que spectateur.

    Theoriquement en acces abonnes seulement, mais pour l’instant l’acces est libre

    • Elmar 22 novembre 2018 at 9 h 07 min

      Super! Merci.

    • Nathan 22 novembre 2018 at 10 h 04 min

      Super ! Ca donne la nostalgie d’un passé moins aseptisé. Et la remarque drôlissime de Wilander et vraie, à bien des égards.

    • Colin 22 novembre 2018 at 15 h 59 min

      Warf warf, excellent comme souvent avec Yannick. Pour les non abonnés dont je fais partie, l’article s’arrête à Ion Tiriac et l’encadré sur Vitas Gerulaitis. J’imagine qu’il y en a encore plus derrière…

    • Anne 22 novembre 2018 at 18 h 44 min

      ça fait quand même sérieusement interview ancien combattant, avec rien qui n’ait moins de 30 ans alors qu’il y avait sans doute matière à parler de ses différents capitanats

  9. Jo 22 novembre 2018 at 11 h 36 min

    J’ose une comparaison audacieuse entre le Noah de 2017-2018 et le Zidane de 2006.

    Le dernier grand rendez-vous, à la fois au sommet de leur art et au crépuscule de leur divine carrière. Chacun est le vrai patron du groupe, le guide. A la panenka sur penalty de Zizou, Yann répond par Gasquet-Herbert en double, un choix gonflé, dangereux mais payant. Vient hélas l’instant de l’excès, du geste de trop, du coup de tête.

    Le choix de la surface, tout d’abord, qui pénalise… Herbert-Mahut, qui sont ceux ayant joué le plus tard en indoor, et Couilles, guère réputé pour sa légèreté de ballerine, convalescent de surcroît. Pouille a lui-même confié que ce choix n’était pas le sien, tout ce dispositif aurait-il été orchestré pour Chardy?(??)

    A la base, il s’agit d’un piège à Croates, soit. Encore faut-il des trappeurs dignes de ce nom. Simonfils. Deux anciens Top Ten redevenus compétitifs. Docteur Gilles et Mister Slide. QI d’Einstein et Cœur de Kényan. Le mental et le physique. Deux mecs capables d’user leurs adversaires, de les faire exploser. Dans un antre lillois peu à peu devenu fief tricolore. Le vrai traquenard.

    Alors, bien sûr, je ne suis qu’un parmi 67 millions de sélectionneurs. Noah a des informations, des convictions, des relations que je n’ai pas. Lui, dépeint en redoutable meneur d’hommes, qu’il est de toute évidence, prônant l’Entraîneur Majuscule, ne peut-il pas considérer en soi comme un échec de n’avoir pas su trouver les mots afin de rallier les deux renégats à sa cause?

    Ça pue le fiasco, cette histoire. Certes la Croatie et Cilic en particulier mériteraient amplement de remporter la Coupe Davis mais la France avait les cartes en main pour un doublé mondial foot-tennis face au même adversaire et a préféré jeter aux orties une paire d’as. Dommage. A moins que…

    • Kristian 22 novembre 2018 at 15 h 08 min

      On verra, de toutes facons en simple il n’y a aucun choix qui s’impose. Pour qu’on ne soit pas a 2-0 pour la Croatie demain soir, il faut un exploit tant la paire Cilic-Coric parait superieur a n’importe quel francais en face. Chardy-Tsonga pourquoi pas. Ils ont le profil de gars capables de faire un coup. Si ca marche, et qu’on prend un point demain, on peut sortir le Pouille tout frais dimanche pour aller chercher le point decisif contre le maillon faible.

    • Nathan 22 novembre 2018 at 18 h 26 min

      On ne dira pas seulement que c’était « prévisible ». On dira aussi :

      - que le « maraboutage » n’a qu’un temps, le terme maraboutage n’étant que l’autre nom de la tchatche.

      - qu’il n’a pas fait mieux que Clément, en oubliant ce qu’il a fait depuis Clément.

      - qu’on ne peut pas avoir de la chance tout le temps et toujours : en cause le double improbable Gasquet P2H qui devait perdre et qui – c’est une honte, quand même ! – a non seulement bien joué mais gagné.

      - Et en plus erreur de casting évident ! Pourquoi Tsontson, Pouille gribouille et Chardy pardi ?

      Parce que Noah n’a rien d’autre. Parce que sa composition n’est qu’une nécessité maquillée en choix. Il n’y a rien de folichon à sélectionner cette année, pas une tête qui dépasse. L’égalité parfaite dans le niveau moyen et variable.

      Et la doublette « Simonfils », selon la jolie trouvaille de Jo ?

      C’est ce qu’on voudrait voir, bien sûr ! Même moi, je l’avoue ! Monfils détruisant l’abominable Coric à coups de grandes baffes en coup droit passé le vingtième échange. Et Simon Astérix ridiculisant cette grande bringue de Cilic coraminoglucosée dans des échanges donnant un aperçu terrestre de la notion d’infini.

      Cela étant, Simon et Monfils ne sont que l’envers et l’endroit de la même médaille. La raison et le corps, l’être du tennis (« je suis désolé, je suis différent ») et l’avoir du tennis (« j’ai le meilleur coach du circuit ») enfin réunis. Le hic, c’est que cette médaille est assez peu soluble dans la Coupe Davis.

      Noah a dû se souvenir du « c’est pas une bonne idée d’aller jouer en Guadeloupe » et a dû se rendre compte que, pour accéder au stade Pierre Mauroy, il y avait « un escalier » potentiellement dangereux pour « les genoux » de Monfils, surtout contre la Croatie. Simon est le plus intelligent des Mousquetaires, c’est certain. Au tennis, pour Simon, on peut toujours gagner si on a un coup d’avance, la bonne tactique, c’est-à-dire celle définie par…Simon.

      Bref, Noah n’a pas le choix des vedettes car, de vedettes, il n’y en a pas. A mon avis, mais je peux me tromper, il a simplement privilégié les joueurs dont il pense qu’ils pourraient se fondre dans son idée d’équipe pour que le « maraboutage » ait lieu : on met son ego entre parenthèses, on accepte, on choisit les meilleurs à l’entraînement, on se laisse porter par foule, et ensuite advienne que pourra.

      Cela étant, je suis d’accord, demain il faudra beaucoup y croire.

      • Anne 22 novembre 2018 at 18 h 50 min

        pour le double de l’an dernier, dans mon souvenir c’est surtout les Belges qui l’ont perdu alors qu’ils avaient de quoi largement mener et n’ont pas su porter l’estocade au moment voulu…

        • Patricia 22 novembre 2018 at 19 h 19 min

          Bof, le double belge n’a quand même pas des grandes perfs à son actif, P2H est un top joueur de double et Gasquet a souvent été excellent en double en CD. Quand il jouait avec Tsonga, il était le pilier.

          • Anne 22 novembre 2018 at 22 h 30 min

            Sauf qu’Herbert et Gasquet n’avaient jamais joué ensemble et même pendant le stage, ils ne s’étaient pas entraînés ensemble… et lors du match en question, ils n’avaient pas été très bons. Les Belges avaient été même meilleurs pendant une partie du match et quand les Belges servent pour mener deux sets à un, ce sont bien les Belges qui se font debreaker, pas les Français qui jouent le feu… après ils avaient clairement laissé passer leur chance,’,

            Gasquet a fait de bons matchs en double. Ça n’en fait pas non plus une référence exceptionnelle non plus. Surtout avec un joueur avec qui il n’a jamais joué avant.

    • Patricia 22 novembre 2018 at 19 h 16 min

      Simon voulait jouer, donc c’est pas un problème de trouver les mots, c’est Noah qui n’en voulait pas. Pourquoi ? Histoire de groupe ? Il ne croit pas au H2H ? Les résultats de Simon ne lui paraissaient pas assez bons (c’est ce qu’il a dit en interview : tout le monde a eu des mauvais résultats…)? Monfils, je crois qu’il ne voulait pas en être…

      Bon, au moins il tente le choix Chardy, et Tsonga est aussi un gros pari vu le contexte…

      • Patricia 22 novembre 2018 at 19 h 23 min

        Je lis que le capitaine croate savait depuis un mois qu’il ne prendrait pas Simon et Monfils…. Mais pas Gilou qui déclarait se tenir prêt sur les starting blocks à Bercy.
        C’est donc bien du pipeau, l’absence de résultats marquants comme justification bricolée en interview….

        • Anne 22 novembre 2018 at 22 h 38 min

          D’ailleurs Simon jouait encore les Interclubs il y a 8 jours. Quand Noah prétendait qu’il n’était pas possible d’appeler un nouveau joueur au stage car les joueurs recalés étaient en vacances…
          Il aura été l’éternel incompris de tous les capitaines…
          Et quand un Noah prétend que tous étaient globalement du même niveau au moment de son choix, il met quand même sur un pied d’égalité Tsonga qui a remporté 5 matchs de toute la saison à un joueur qui fait un bon automne… Simon a dû apprécier la com du capitaine…

          Pour Monfils, il y a une incompréhension voire une incompatibilité entre lui et Noah dont il a parfois critiqué les choix. .

          • Paulo 23 novembre 2018 at 9 h 27 min

            Oui, pour Simon je n’arrive pas à comprendre non plus. Le gars joue bien, est mieux classé que les autres sauf Gasquet, a un bilan fantastique contre Cilic, est disponible, a montré les années passées qu’il savait désormais gagner en CD…
            Quant à Monfils, il est certes compliqué à gérer, mais Forget y parvenait, lui… je veux bien qu’il soit devenu encore plus difficile avec l’âge, mais si Noah est vraiment le gourou qu’on dit, ça ne devrait pas être insurmontable, si ?
            On verra… si la France gagne, respect. Sinon, Noah ne pourra échapper aux critiques.

  10. Remy 22 novembre 2018 at 15 h 02 min

    Je regarde la compo pour vendredi et samedi.
    On se dirige tout droit vers un 3-0 pour la Croatie non ?

    • Colin 22 novembre 2018 at 16 h 03 min

      Ah parce que tu trouves que Pouille offre plus de garanties que Chardy? Bof… pour moi c’est kif kif, d’autant plus que Chardy s’est souvent transcendé en CD.
      Quant à Tsonga, c’est un pari genre Leconte 1991, si ça marche on dira que Noah est un génie, si ça foire ben… que c’était prévisible.

      • Nathan 22 novembre 2018 at 18 h 37 min

        me suis trompé de place pour mon post, pas bon signe pour demain ça !

      • Paulo 22 novembre 2018 at 18 h 54 min

        S’ils gagnent, évidemment on dira que Noah est un génie, puisqu’il aura battu les numéros 7 et 12 avec des joueurs nettement moins bien classés.

        Mais s’ils perdent, je pense que des voix s’élèveront pour critiquer le fait qu’il n’a pas réussi – en amont donc – à fédérer tous les joueurs, en particulier à faire venir Monfils, qui était quand même, sur le papier au moins, notre atout numéro un contre les Croates. Pareil, on lui reprochera de n’avoir pas sélectionné Simon, qui mène 5-1 face à Cilic, etc.

        Les gagnants ont toujours raison. Noah a intérêt qu’ils gagnent s’il ne veut pas partir en laissant une image de lui un peu ternie.

      • Anne 22 novembre 2018 at 18 h 54 min

        mon problème avec la com de la FFT est que cette fois encore les principales images qui sont sorties dustage et autres entrainements, c’est beaucoup de choses sauf du tennis… ça des photos du footing, de jour, de nuit, de petit matin, en équipe…. on en aura vu pas mal. Et ça me rappelle un peu 2014 où on nous avait curieusement montré beaucoup de choses sauf l’essentiel, c’est à dire des joueurs jouant réellement au tennis. Mais bon d’après Pouille (qui n’est pas loin de s’être fait éclater visiblement à chaque match d’entrainement si on se fie au papier de l’équipe du jour), ils ont tous tellement bien joué pendant le stage…

  11. Anne 22 novembre 2018 at 22 h 44 min

    Tsonga s’offre les services de Bruguera… decidement, il n’aura eu de cesse depuis des années de ne prendre pour coach ou conseiller que des gens ou structures que d’autres Français auront déjà testés avant lui. Monfils a beaucoup de défaut mais au moins, il ne sea jamais contenté de céder à la facilité à ce niveau là.

    Et Bruguera démontre si on en doutait encore qu’avec la réforme de la Coupe Davis, capitaine c’est loin d’être un job à plein temps

  12. Paulo 29 novembre 2018 at 14 h 55 min

    Complément à l’article : en remportant dimanche dernier, à Andria en Italie, son troisième challenger de la saison, le jeune Ugo Humbert gagne 15 places et se retrouve 84ème – soit une progression de 294 places en un an !

    Il assure du coup sa qualification pour le tableau principal de l’Open d’Australie en janvier prochain.

  13. Jo 29 novembre 2018 at 18 h 40 min

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