Comme il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, je vous annonce avoir fini par voir « La méthode Williams », film de 2021, bien que m’étant juré de ne pas apporter d’eau au moulin de la famille Williams. Mais un pari perdu est un pari perdu…
A ma grande surprise, je suis allé sans trop d’efforts jusqu’à la fin, le film se laisse regarder sans problème. Mais les petites ou grandes inexactitudes ou omissions y sont nombreuses, et je crois nécessaire de rétablir quelques vérités à propos de la jeunesse des sisters.
Commençons par la fin. Le tournoi d’Auckland qui clôt le film ne s’est pas disputé en extérieur, c’était un tournoi en salle, sur une surface rapide plutôt idéale pour une jeune Venus Williams devant affronter la renvoyeuse infatigable qu’était Arantxa Sanchez. Cette dernière n’était d’ailleurs pas la n°1 mondiale comme l’indique le film, mais la n°2, elle a accédé au trône deux mois plus tard, après l’open d’Australie.
Arantxa Sanchez n’a pas pu aller aux toilettes pendant 10mn à un moment du match (3/1 dans le deuxième set) où les deux joueuses ne changeaient pas de côté, car c’était strictement interdit. Elle est bien allée aux toilettes, mais un jeu plus tard, à 3/2, et elle n’y est pas restée 10mn. La mise en scène nous montre une n°1 mondiale en perdition contrainte à une pause excessivement longue pour casser le rythme adverse afin de cocher les cases d’un happy end à la sauce Hollywood. L’Espagnole a bien gagné sur le score de 2/6 6/3 6/0, mais elle n’a pas eu besoin pour cela d’avoir recours à un comportement antisportif. Quoi qu’en disent ou écrivent Venus, Richard ou Rick Macci.
Certaines omissions ne peuvent être involontaires. Une, notamment, modifie en profondeur le regard que l’on aura sur la trajectoire de Richard Williams et de sa progéniture. A la naissance des deux sœurs, la famille vivait à Long Beach, une banlieue cossue de Los Angeles. C’est le choix du père de déménager vers Compton, l’un des endroits les plus dangereux au monde, gangréné par les trafics, la détresse sociale et les règlements de comptes à balles réelles. Venus et Serena n’avaient pas le droit de s’asseoir pour reprendre leur souffle pendant les entrainements avec leur père, en revanche elles avaient le droit de se coucher lorsqu’une fusillade éclatait. Le film, qui se veut le portrait inspirant de deux adolescentes utilisant leur talent raquette en main pour échapper à l’horreur du ghetto où elles grandissent, oublie délibérément de préciser que c’est leur propre père qui avait décidé de les y mettre afin de les endurcir.
Le film ne précise d’ailleurs pas non plus que leur sœur aînée Yetunde, la seule de la fratrie à rester à Los Angeles pour y poursuivre ses études, est devenue infirmière. Mère de 3 enfants, elle a récolté – et succombé à – une balle perdue à Compton, en 2003, à l’âge de 31 ans. En installant toute sa famille à Compton, quelles étaient les chances pour que Richard Williams devienne le père de deux championnes de tennis ? Et quelles étaient les chances pour qu’un membre de sa famille (ou lui-même, d’ailleurs) se fasse assassiner ? La perspective de voir son rêve se concrétiser méritait-elle de mettre ainsi en danger toute sa famille ? Autant de questions que le film n’esquisse même pas mais qui ne sont pas neutres, à moins de considérer Yetunde comme un élément du décor et sa mort tragique comme un dommage collatéral.
Pour autant, tout n’est pas à jeter dans ce film, loin de là .
A commencer par la réflexion sur l’élément le plus difficile à croire de l’histoire et qui n’en est pas moins authentique, le choix du père de ne pas inscrire ses deux filles dans les tournois juniors. La pression du résultat, les appétits des sponsors, le sacrifice des études et de la vie familiale, Richard Williams a épargné tout cela à ses deux filles. Car il voulait leur laisser leur jeunesse. Mais aussi par son obsession de ne dépendre de personne, qui est un fil rouge du personnage et du film. Venus et Serena Williams sont uniques sur au moins un point, celui d’avoir déboulé directement sur le circuit professionnel sans avoir disputé le moindre match au cours des années précédentes. Ce qui rend d’autant plus exceptionnelle la performance de Venus à Auckland !
Autre bon point, le film mentionne, pour le coup avec justesse, la trajectoire brisée de Jennifer Capriati. Le montage narratif du film met en miroir les pressions extérieures sur Richard Williams pour qu’enfin il accepte de faire jouer des matchs à ses filles, avec le reportage télévisé sur l’arrestation de Jennifer Capriati pour détention de marijuana. King Richard a choisi de ne jamais sacrifier les études de Venus et Serena, et de les laisser à l’écart du gigantesque appareil marketing qui multipliait les appels du pied dans leur direction. Ce même appareil marketing qui avait accentué la pression sur Capriati, en la plaçant à 14 ans à la tête d’une fortune colossale, puis en la lâchant totalement en rase campagne alors que Jenny craquait complètement sous la pression. Richard Williams avait compris, mieux que d’autres, que les personnes tournant autour de Venus en lui faisant miroiter des sommes ubuesques n’avaient en réalité aucune bienveillance à son endroit et ne voyaient en elle qu’une machine à cash. Son histoire personnelle le conduisait sans doute à un soupçon naturel à l’endroit d’un univers, celui du tennis, particulièrement riche et blanc.
En ce qui me concerne, je sors de La méthode Williams avec l’impression mitigée d’avoir assisté à un hommage des deux sisters à leur père, rien de plus, rien de moins. Leur sensibilité propre n’apparaît presque pas dans le film, elles semblent avoir simplement cru sur parole leur père et avoir eu confiance en leurs propres capacités. Que serait-il arrivé si l’une des deux avait manifesté le désir de faire du théâtre plutôt que du tennis ? Richard Williams aurait-il réussi à s’arrêter avant de la détruire, comme tant de parents l’ont fait et continuent à le faire ?
Au regard de tout ce qui s’est passé ensuite, cette histoire familiale peu commune reste une magnifique occasion d’interroger les méthodes de fabrication d’un champion, lesquelles ont fonctionné, lesquelles ont fonctionné avec une poignée d’enfants prodiges mais en ont détruit beaucoup d’autres, quels sacrifices sont nécessaires pour accomplir une telle trajectoire et ces sacrifices ont-ils un sens. Je ressors de La méthode Williams orphelin d’un film qui aborderait en profondeur ces questions, ce n’était manifestement pas ce film-là .
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LA METHODE WILLIAMS
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Titre original: « King Richard »
Sorti en salles le 1er décembre 2021
2h 25 min
Réalisateur : Reinaldo Marcus Green
Scénariste : Zach Baylin
Avec Will Smith, Aunjanue Ellis-Taylor, Saniyya Sidney
Tags: Cinéma, Williams


Si l’on a regardé le documentaire Netflix « A mi maneira », il n’est finalement qu’à moitié surprenant d’apprendre cette séparation.
Ferrero paraissait être un bûcheur, austère, presque doloriste, finalement très loin de l’image solaire qui faisait se pâmer mes soeurs à RG au débuts des années 2000′s qui le préféraient d’ailleurs à Guga à l’époque.
Molina semblait être un mixte de zélote et de Pygmalion, à la fois subjugué par le talent incroyable d’Alcaraz mais dur et exigeant afin d’en tirer la substantifique moelle du garçon.
Sur le fond des conséquence, Sinner de même avait pris de court le monde du tennis en se séparant de Piatti, et si le travail avec Cahill n’a pas payé immédiatement, ça a porté ses fruits.
Mais il semblerait que le « Niké » du tennis est bien Cahill de façon générale au vu des résultats colossaux obtenus tant en WTA qu’ATP. Je n’ai strictement aucun éléments dans la manche pour évaluer les auspices du futur d’Alcaraz sans Ferrero. Il a de la marge par rapport au circuit en tout cas et il n’y a pas de raison qu’il continue à avoir un excellent 2026 également.
Ferrero solaire, tes soeurs se sont laissées abuser par les mèches blondes qu’il avait fait à la vingtaine
C’est le plus austère de tous les Espagnols. Il a en commun avec Henin d’avoir perdu sa mère très jeune et a d’aussi loin que je me souvienne toujours eu une personnalité très réservée, distante, froide d’accès. Gros bosseur, un peu doloriste oui, lui et son coach revendiquent d’ailleurs d’avoir choisi le site de leur académie à Villena parce qu’il n’y avait pas de distractions / tentations à des km à la ronde
Alcaraz et lui côté caractère, c’est le jour et la nuit. Et c’est ça qui réussissait à Carlos, d’ailleurs. Il a amené du sérieux dans tous les pans du projet, en un petit côté père-la-rigueur, rabat-joie assez similaire à Toni Nadal, en fait (« S’il n’y a plus qu’une personne pour te garder les pieds sur terre, je serai celui-là »).
Il faut se méfier de ce qui filtre, mais la bisbille porte visiblement plus sur de l’extra-sportif. Sportivement, on peut même dire que cette rupture ne rime à rien (« n’a aucun sens », a dit tonton Toni, justement). Alcaraz vient de connaître la meilleure année de sa carrière sur le plan des résultats, son jeu a spectaculairement progressé sur plein de plans au cours du dernier trimestre, les chantiers entamés depuis un an (service, revers) clipsant à partir de l’été… Quel joueur de 22 ans vire son coach de toujours dans un contexte aussi porteur ? Sinner n’était pas arrivé à pareilles altitudes avec Piatti. Le seul cas similaire qui me vienne en tête est Roro fin 2003 mais les soucis avec Lundgren étaient identifiés. Et Peter n’avait pas figure de mentor aussi nette que Ferrero (ils avaient quoi, 2 ans d’association et la relation était uniquement « pro », la figure paternelle-en-tennis de Fed étant Peter Carter).
Une évidence est que Ferrero se déplaçait de moins en moins sur les tournois. Depuis Rome il n’avait fait que les 3 Grands chelems et le Masters ! Samuel Lopez a pris sa part de crédit dans l’année 2025 d’Alcaraz (Rotterdam, Monaco, Queen’s, Cincy, Tokyo, il est seul dans le box, en plus d’être en binôme avec Ferrero à RG et US). Loin des clichés du « Il n’arrête pas de lui dire quoi faire entre les points », Ferrero n’était donc clairement plus aussi indispensable aux succès de son joueur. Maintenant, pourquoi ont-ils opté pour une rupture radicale, forcément à risque (casser quelque chose dans le fin équilibre du succès), plutôt que maintenir un statu quo à deux têtes qui a bien réussi au joueur et est de toutes manières la nouvelle norme du circuit chez les tous meilleurs ?
Les médias espagnols sérieux parlent d’un contexte tendu entre le père de Carlos et Ferrero. Papa Alcaraz reproche depuis longtemps à Ferrero de ne plus voyager assez, c’est un fait (la première pique à ce sujet remonte à la tournée sud-am de 2023). Il y a aussi manifestement un point d’achoppement autour du site d’entraînement de Carlos quand il est à la maison : historiquement il s’entraînait à Villena, à l’académie Ferrero, mais depuis cette année on le voit s’entraîner directement chez lui à Murcie, à l’académie Alcaraz montée par le pater de Carlos. 1h de route les séparent mais ça traduit sans doute un fossé qui s’était creusé entre le « pôle Alcaraz » et le « pôle Ferrero » au sein du team Carlitos. Qui doit se déplacer vers l’autre ? Et quelle structure doit prendre la lumière d’être le camp d’entraînement officiel du Champion ? Dernière chose : apparemment Ferrero était payé au pourcentage sur les gains du joueur (chose fréquente quand on prend un jeune en formation afin de ne pas asphyxier le joueur et la famille qui le supporte derrière). Sauf que vu les PM engrangés aujourd’hui par Alcaraz, ça représente un joli jackpot
La question au milieu est de savoir si Carlos a été en accord franc avec cette rupture, ou s’il a opiné parce que chez gens-là on ne dit pas non à papa et qu’après tout, à 22 ans on est encore un gamin qui ne s’occupe pas des affaires des grands, c-à -d de ce qui a trait à l’argent. Selon la réponse, on peut être plus ou moins inquiet. S’il est acteur de la rupture, on peut imaginer qu’il l’encaisse bien, et même en fasse un moteur, une motivation supplémentaire pour bien prouver au monde qu’ils ont fait le bon choix (parce que qu’est-ce qu’on va entendre sur la stupidité de la décision s’il se plante en Australie, qu’il avait justement érigé comme son objectif majeur de 2026). S’il l’a subie en revanche, ça risque d’être lourd à porter.
Dernier point : le boss de l’académie Ferrero dégage du clan… mais le staff salarié de l’académie Ferrero demeure à ses côtés. Le coach Lopez, le kiné, le prépa physique… Ils sont tous liés (salariés ?) à l’académie Ferrero, bossant en parallèle sur d’autres projets communs internes à l’académie (les jeunes, le Ricain Darwin Blanch tout proche du Top 100…). Je trouve ça extrêmement bancal pour tout dire. J’imagine déjà les circonvolutions dont chacun va devoir faire preuve pour éviter-de-causer-des-sujets-qui-fâchent-ou-qui-peinent au quotidien. C’est très sain, tiens
Merci pour toutes ces informations, ça fait plaisir que tu le partages.
J’avais 14 ans à l’époque de Ferrero, victime préférée de Kuerten à RG mais il avait du charme avec ses mèches blondes et un sourire irrésistible.
Mais oui, sur le plan des valeurs et de la personnalité, il a toujours été effectivement du côté de l’austérité.
Autre souvenir, il était venu faire une exhibition aux Pyramides à Port-Marly et il parlait déjà de son académie, ça s’est développé très tôt chez lui.
Tout à fait d’accord que sur le plan sportif, la collaboration était fructueuse. On verra bien, je continue à miser sur le béornide à long terme niveau palmarès et place de n°1.
Ah si, bonus parmi les points d’achoppements : le temps à consacrer aux activités tennis hors compétition. Autrement dit, le sujet depuis longtemps pointé par n’importe quel spectateur lambda du volume d’exhibitions de Carlos. Clairement, Ferrero trouvait qu’il y en a trop, empiétant sur le temps de repos et/ou de travail. Pas sûr non plus que ça allait dans le sens du développement de la petite entreprise Alcaraz & Fils.
Ce sera donc ici le moment de tresser des louanges à Sinner (ça m’arrive pas souvent). J’admire chez lui sa capacité à structurer tout ce qu’il fait au service de la performance sportive, et seulement de la performance sportive. Il ne se trompe pas d’objectif, jamais : gagner des tournois, et tant qu’à faire les plus gros. Le reste est accessoire. Il faut lui reconnaître de savoir s’entourer, et de ne pas dévier de sa ligne, qu’importe le qu’en dira t-on. Il estime que le retour du kiné décrié lui sera utile (j’ai failli écrire positif mais on va éviter les doubles lectures
) ? Il y va, ballec des réactions. Pareil avec la Davis : il estime devoir zapper la finale pour gagner une semaine de prépa de l’OA ? Il y va, et tant pis si ça ne plaira pas au pays. Il a une gestion de son calendrier extrêmement rationnelle donc intelligente – tout ça manque un peu de folie, ou de panache, cf aussi les JO, mais ce côté froidement calculateur paye donc il a raison. Une politique extrêmement intelligente aussi vis-à -vis des exhibs (en gros il n’en joue qu’une, mais dès lors, tant qu’à faire, celle qui rapporte le plus. Et tant qu’à être là -bas lui la joue à fond histoire de maximiser le chèque). Il assume détester les réseaux sociaux et ne pas y poser le moindre petit doigt : pas de tromperie sur la marchandise, on sait que c’est un CM qui s’occupe de ça. Fixé sur l’objectif, toujours.
Il y a longtemps déjà qu’on voit fleurir les comparatifs entre Lendl et Sinner. La même approche méthodique du métier, le même jeu de machine lance-balles aussi efficace que robotique (« je dois amener de l’imprévisibilité dans mon jeu » is the new « je dois faire service-volée pour gagner Wimbledon »), le même visage fermé sur le court, jamais un sourire… Mais Sinner, c’est aussi, j’en suis de plus en plus convaincu, l’héritier de Sampras dans cette approche « rien à foutre de plaire au monde, je fais mon truc, POUR MOI. » Il y a cette phrase de Sampras en bilan de carrière : « Je n’ai jamais voulu être le gars sympa, ou le gars haut en couleurs, ou le gars intéressant. Moi je voulais être le gars qui repartait avec la coupe à la fin. » Sinner aurait pu prononcer cette phrase. Contrairement à Alcaraz chez qui l’approche ludique reste primordiale, contrairement à Djoko qui voulait tant être aimé, contrairement à Fed et Nadal qui ont très tôt intégré la notion d’image à leur leg, cf toujours cet « héritage » à laisser au tennis, « qu’on se souvienne de moi comme d’une bonne personne avant un champion de tennis. » Un mélange des genres très XXIe siècle, qui n’en rend la conception du job de Sinner que plus méritante car contraire à l’époque. Il a clairement une force de caractère rare, qu’on retrouve dans sa manière de s’accommoder de la menace d’une lourde suspension et d’une image à jamais brouillée tout au long de 2024. Sa réponse ? Je me concentre sur ce que je maîtrise et je rafle tout sur mon passage. Sa défaite en finale de RG, aux allures de crève-coeur comme on en a peu vu en finale de GC ? M’en fous, je repars de l’avant et prend ma revanche 3 semaines plus tard. Sinner est évidemment très fort dans le jeu, mais il est encore plus impressionnant dans la tronche. Et je suis pas loin de penser que c’est ce deuxième aspect qui le portera le plus loin.
Tout cela est vrai et bien dit… et pourtant quelle purge obsessionnelle ce tennis.
Ce n’est pas du tout le point que je soulevais. Car la question n’est pas de savoir si le changement de coach ou au contraire la fidélité à son coach est une bonne chose ou non. Ce n’est même pas de savoir qui est responsable car il faudrait être dans le coeur de l’affaire pour avoir un jugement. Je vois deux potentiels dangers à cette affaire (potentiels car l’avenir tranchera), c’est 1/ Melanger un affect fort et le tennis 2/ être déresponabilisé car « il semblerait » que la décision vienne plutôt du Papa et de l’agent qui, à mon avis, n’ont ruien à dire sur le sujet à un champion théoriquement adulte et responsable. J e partage le point de vue de Guiullaume sur ce point.
Maintenant, peut-être que Ferrero est un type insupportable, un être parfaitement vénal et dur, se drapant dans l’apparence de la probité et du coach dévoué. J’en doute un peu tout de même.
Enfin ça bouge
Il me semble qu’il y a du relâchement dans l’air. J’avais lu quelque part ici que mettre les mots « champion » et « Lendl » dans une même phrase était problématique, voici donc qu’associer Sinner et Sampras devient permis… Tout fout le camp ma pauvre Lucette
La phrase de Sampras, Lendl aussi aurait pu la signer. Borg aussi, d’ailleurs le Suédois n’était pas si costaud que ça puisqu’il a explosé en plein vol à 25 ans. Tu peux ajouter le Courier de 91-93, qui lui aussi a explosé en vol. Les monomaniaques. Nous verrons combien d’années le Béornide survit à sa vie monacale. Je suppose que ce qu’il fait a du sens pour lui.
La différence, je crois, c’est que Pitou pouvait au moins se réjouir d’avoir un jeu rempli de fulgurances. Quand il alignait plusieurs coups venus d’ailleurs, on voyait bien qu’il s’autorisait à en profiter et à en être satisfait. Le Béornide, apparemment, est plutôt du genre à vérifier si son staff montre des émotions à sa place, et à les engueuler si ce n’est pas le cas
Je ne sais s’il faut être admiratif d’une telle prestance. Pour ma part, je trouve ça plus effrayant qu’autre chose. Mais bon, chacun a ses boussoles indiquant le nord ou le sud. Je n’envie rien à ce type, ni son jeu, ni sa vie, ni son compte en banque.
Ni ses mannequins ?
Non. Il en a ? Je le vois bien, tel le capitaine de la Stasi dans « La vie des autres », se soulager avec une prostituée, 5 minutes montre en main (elle doit vite repartir pour ne pas être en retard pour son prochain client). Mais là encore c’est ma causticité naturelle qui parle
C’est bien, t’es en pleine forme pour Noêl !
Tu devrais regarder les nextgen. J’adore ! Cela ne se regarde pas pareil que les matches de champions avec leur petite entreprise qui ne connaît pas la crise (et parfois en uniforme blanc, bleu, unanime, probe comme une charte Ethique et de Compliance de boîte cotée) . C’est très intéressant.
Le grand Belge, solide comme un Blockx, envoie des mines en coup droit, en veux-tu en voilà . S’il a la frite, et il l’a, bientôt il aura les moules, celui-là , c’est sûr ! Je suis très Bashung, ce soir…
https://www.welovetennis.fr/atp-wta/kyrgios-apres-sa-victoire-contre-sabalenka-la-presse-adore-repandre-la-negativite-pour-une-raison-quelconque-cest-vous-qui-creez-cette-haine-pas-moi
Pour une fois que Kyrgios dit quelque chose d’intelligent.
J’avoue trépigner d’impatience à l’idée de voir l’ATP Cup.
Le match Kyrgios Sabalenka a été effectivement une jolie pantalonnade par l’inégalité des forces en présence. Je ne m’attendais pas à ce que le lift de coup droit soit si différenciant pour l’australien.
La reprise du tennis est très sympa et je suis content pour Bublik qui gagne déjà un tournoi et entre dans le TOP10 juste à temps pour l’AO.
Quel match contre Musetti ! Je trouve que l’Italien a rajouté beaucoup de punch à son coup droit, qui même s’il est super moche est l’un des meilleurs du circuit en terme d’efficacité apparemment.
Medvedev qui semble rebondir aussi c’es plutôt sympa.
Finalement les meilleurs matchs sont ceux de l’United Cup où j’ai trouvé les joueurs impliqués, surtout la WTA dont les prize-money et incitations sont relativement plus élevées pour elles. C’est une jolie formule et les petits doubles mixtes sont très sympas. Et il manifeste que c’est bien un sport d’équipe parce que dès que les gars la joue perso à tout faire, ils se sont fait salement piqués.
Fritz n’a pas l’air de s’être ressourcé et semble déjà fatigué et blessé. En revanche, Hubert Hurkakcz a fait plaisir à voir (quel serveur !) ainsi que Zizou Bergs qui continue à progresser et gère de mieux en mieux la progression, sa place dans le Top 30 me semble légitime à la vue de ses moyens physico-technique.
Swiatek commence à avoir une trajectoire assez curieuse où elle prend de plus en plus de roues de biclyclette et elle n’a plus de marge contre les meilleures joueuses.
Salut Perse et bonne Année… ainsi qu’à tous les nombreux posteurs de ce site !
Je suis d’accord avec ce que tu as écrit, notamment sur la United Cup qui a permis de voir de bon match. D’accord aussi sur le Bublik / Musetti avec deux joueurs en pleine forme. Et puis il y a eu la victoire d’Alcaraz sur Sinner
et là , ça fait toujours plaisir, l’artiste contre le tennis IA ! Je plaisante, j’ai pas vu le match.
Par contre, je ne suis pas sûr du tout qu’un match Hurkacz-Sinner puisse me plonger dans unn état de béatitude…
J’oubliais la performance exceptionnelle de Stan , même s’ila perdu 3 matches sur 4 mais quels matchs à 40 ans ! sans gluten, sans pyramide, sans caisson !
Tout à fait, il a livré de sacrés matchs contre des joueurs de haut niveau (oui même Rinderknech en est un , TOP 30 !)
L’exhibition en Corée en était vraiment une, aucun n’a dévoilé quoique ce soit.
HH joue très bien, il court pas mal mais son +1 manque toujours de léthalité, Sinner à situation identique lasérise la balle et il n’y a pas de remise adverse. HH, son coup droit manque de vitesse et de puissance même s’il est régulier.
C’est drôle mais j’ai l’impression de voir de plus en plus de coups droits « douteux » : Hurkacz, Mensik, Zverev, Daniil, Fokina, Musetti, Machac… En ça aussi le circuit se WTAtise, avec des gars de plus en plus forts côté revers (tranchants, indébordables, avec de la variété zones/effets, aptes à attaquer comme à défendre) tandis que le coup droit sera soit plus léger dans la capacité de perforation, soit friable sous tension… ce qui, dans un cas comme dans l’autre, ne manquera pas d’inciter la droite dure italo-ibère à attaquer plein champ sur ce coup
C’est le syndrome Gulbis.
Benoît Paire
Noah
Fun fact aussi : on dit « les exhibs », « les exhibs »… Mais les Grands chelems non plus ne savent plus quoi inventer en animations pour devenir un évènement de 3 semaines et non 2 ! Je ne suis Melbourne que de loin, mais j’ai déjà entendu parler du One Point Slam, d’un Alcaraz – De Minaur sur un set et un Federer – Ruud sur un tiebreak pour remplir la RLA avant le début du tournoi (et j’imagine que d’autres trucs moins à buzz sont passés sous mon radar). Pourquoi se faire iech à organiser encore des tournois, en fait ?
Toutafé.
Curieusement, je vois que cette histoire de One Point machin semble avoir recueilli pas mal de suffrages, là où le Kyrgios Sabalenka, par exemple, s’est fait descendre (décidément dans tous les bons coups, le Kyrgios). Moi, je ne vois pas bien la différence. Et trouve assez gênantes les images de la tribune de stars du tennis qui surjouent l’hystérie à quasi chaque point, on se croirait à la Laver Cup (tiens, Ruud a accepté de pousser la balle et de prendre 7/2 contre Rodg, on en est là ).
Bref, passons à la Vraie Actu Tennis, avec 2 questions essentielles :
- Mathyss Esclapez peut-il y arriver ? Quels objectifs pour la fin de saison ?
- Alius, dans le grand bain : fini les tournois jeunes, que peut donner la suite ?
- Sam le homard cassera t-il la barrière du 15/3 ?
- Guillaume réussira t-il un coup droit penalty sans l’envoyer au-delà de la ligne de fond ? (existe aussi en variante dans la bande du filet sur l’attaque en long de ligne)
Le Béornide, sans cesser de se repaître une fois par trimestre du sang des fauves égorgés de sa propre main dans les Alpes juliennes, troquera-t-il son régime quotidien de blattes slovènes pour une cure de phasmes de l’île Lord Howe (un insecte endémique de la Nouvelle-Galles du sud) ?
Rubens arrêtera-t-il enfin de s’en prendre à ce pauvre Jannik Sinner, qui n’a rien demandé à personne et qui est juste un champion focus sur sa carrière et ses performances ?
Réponse : euh… non. Il m’inspire. Avec Djoko ce n’était même pas drôle, ce n’était que triste
Pour laisser enfin le calviniste réfrigéré transalpin à sa place, je plussoie sur le constat que le décorum entourant les Grands Chelems les rallonge singulièrement. Ce sont les tournois de la semaine précédente qui en sont les victimes collatérales puisqu’ils n’attirent pas de têtes connues, ces dernières étant mobilisées à Melbourne pour ce qui tient plus du défilé de mode que du tennis. Voir Federer, Hewitt et Kyrgios, ne serait-ce que pour un concours de traite de vaches, ça fait désormais plus vendre que voir du tennis
Mais bon, qui en 2023 a organisé un concert spécial de Yannick sur le Chatrier pour célébrer les 40 ans de sa victoire, avec Matsou en guest star ?
ça ne date pas d’aujourd’hui, claro. Mais l’accélération du phénomène depuis la réouverture post-Covid est nette, je trouve. « Comment muscler la semaine des qualifs » semble le leitmotiv d’au moins 3 GC sur 4 (Wim est peut-être moins dans le délire, entre souhait de préserver le prestige de l’évènement et contrainte pratique de ne pas piétiner le gazon avant même le coup d’envoi officiel du tournoi). Au-delà des exhibs, des concerts, des clinics… l’US a transformé le double mixte en une exhib comme une autre, RG a fait un programme Qualifs à part entière sur un Lenglen grand ouvert au public comme s’il s’agissait du grand tableau. Tout gadgets qui étaient justement un peu l’apanage de l’OA jusque-là , seul des 4 qui ressentait ce besoin de casser les codes pour coller à sa réputation de Summer Slam / Happy Slam.
Je penche nettement pour la seconde option. Fichu gazon tout de même !
Je pense aussi mais ne pas sous-estimer la vision marketing plus recherchée, « premium », que Wim a depuis longtemps. La classe, la rareté, la solennité, l’imagerie d’un Central quasi-dépourvu de sponsors… Tout ça a une valeur sonnante et trébuchante – ce qui est rare est cher. L’US avait le bling-bling, RG est parti sur leurs traces, l’OA a son côté décontract… Wimbledon reste seul sur le créneau « élégance++ » façon Masters de golf.
Pour une fois, je trouve que RG est plutôt à la pointe en terme de respect des spectateurs et du jeu pour cette « Opening week » : cela reste centrée autour de la compétition et la programmation sur le Lenglen est aux petits oignons pour les amateurs et suiveurs du tennis avec un mix parfait de jeunes loups/ vieilles gloires / espoirs.
Moi, j’ai gagné le million de dollars et personne ne m’a reconnu, donc je trouve ça très bien cette formule.
Bon ceci dit, le match exhibition (c’est vrai que ce n’est pas très novateur, ça) entre Carlitopez et de Minaur (en 2 sets et non en 1 !) était très agréable à voir et plein d’implication. Bien meilleure prestation de Carlito ce jour-là que contre Walton quelques jours après.
On t’avait deviné Nathan. Mais dis-moi, il y a des pyramides en Australie ?
Jeu, set et pis.
Je ne sais plus qui avait écrit, juste après la finale de Wim 2008, « peu importe le contexte, l’épreuve pourra être une traite de vache, Rafa a désormais la certitude qu’il l’emportera sur Roger »
Je sens le tennis prendre la trajectoire du rock, désormais devenu une musique de nostalgiques quadras au minimum, tendance CSP+. Les concerts qui attirent le plus de monde sont ceux de The Cure, du Boss, de U2 et autres groupes des années 70-80 plus ou moins au complet, qui ont marqué l’histoire de la musique. Un groupe comme les Black Keys, pourtant contemporain, est loin d’attirer autant de monde. Et dans ma médiathèque, les CD qui sortent le plus sont ceux de Genesis, des Beatles, des Stones, de Nirvana, de R.E.M., etc.
C’est peut-être à cela qu’on mesure un âge d’or, quand des décennies plus tard beaucoup regardent ou écoutent ce qui se passait avant plutôt que ce qui se passe aujourd’hui. Federer et Nadal ont marqué la mémoire collective, mais seront-ils les derniers ? Autour de moi mes collègues ne connaissent même pas le nom d’Alcaraz (je m’abstiens soigneusement de leur parler de Sinner
), par contre ils me demandent si Roger est toujours le n°1 mondial et Rafa son bourreau à Roland…
Je suis assez d’accord avec ta comparaison, sans omettre pour autant le facteur générationnel pour l’expliquer dans un cas comme dans l’autre. Au bout d’un moment, on a du mal à actualiser le logiciel, ajouter de nouvelles musiques ou de nouvelles têtes tennistiques à tout ce qu’on a déjà ingéré pendant 2,3 ou 4 décennies précédentes. Bref, on devient
Et je m’inclus dans cette tendance, où seul Alcaraz amène encore ce frisson d’un truc neuf, jamais vu ou peu vu avant. De la même manière que si j’intègre annuellement deux ou trois nouveaux artistes à mon catalogue musical personnel, c’est à peu près tout (et beaucoup à la fois, parce que si j’estime de les ajouter, c’est qu’ils/elles le méritent vraiment à mes oreilles – leur mérite est plus grand qu’il y a 20 ans
). Après, réussir à passer à côté de la finale de RG de cette année, tes collègues n’ont pas fait d’efforts non plus
parce que moi, au contraire, il y a très longtemps que je n’avais pas vu une finale de RG « imprimer » autant et faire parler au-dehors de la sphère tennis. On m’en a parlé les semaines suivantes, de celle-là , y compris venant de gens qui d’habitude se tiennent très loin du tennis et même du sport. Sans parler des audiences de FTV qui n’avaient pas autant frétillé depuis la dernière Fed – Nadal de 2011, justement. Après il faut laisser temps à la rivalité de s’installer. Je me souviens, ici aussi enfin sur Sportvox, du nombre de posteurs qui n’avaient pris le train Federer qu’à compter de 2005, voire 2006. Alors qu’il gagnait déjà du Grand chelem dès 2003, et Petit Chelem en 2004. Mais comme s’il fallait du temps pour que l’info parvienne au public : « Il se passe un truc rare en tennis, viendez voir. » Sûr que si la finale de RG 2026 se joue entre Ruud et Zverev (au hasard) en 3 sets dégueus, le frémissement de 2025 n’aura guère de suite. Mais si les 2 sont encore au rdv d’une explication marquante, ou qu’un troisième larron explose les rejoindre (genre battant l’un dans une furieuse demie avant de céder dans une finale toute aussi furieuse contre l’autre), on peut penser que ça commencera à marquer les esprits durablement.
vieuxblaséTrès juste ça, il faut un moment entre le début de la Grande Chose, par exemple Sinner Alcaraz et/ou Alcaraz tout court, et le moment où elle parvient aux yeux et oreilles du public non averti. Moi même, me souviens du moment où j’ai « vraiment pris conscience de Fed », alors que je suis censé être un peu averti, c’était quand même longtemps après ses premiers gros trucs (juste qu’en ce temps là , il y avait quand même nettement moins d’internet).
Mais c’est…Pardon, c’était, Fed. Je les ai peut être légèrement forcés, mais j’ai vu des gens qui n’y connaissaient rien regarder ses matchs, admiratifs. Bon, je les ai peut être un peu forcés (d’ailleurs, si un néophyte me demande aujourd’hui, je confirme, Fed est toujours N°1 et vient de gagner RG 2025). Combien de chances que arrive avec Carlito (note, seul autre joueur capable de se faire mater par des candides qui n’y connaissent rien, enfin, des filles : Safin) ?
J’espère tout autant que vous que la rivalité actuelle va finir par marquer les esprits. Pour la dernière finale de RG, ce n’est pas moi qu’il faut convaincre, elle était juste phénoménale. Simplement, le lendemain matin, j’étais le seul à savoir ce qui s’était passé
J’ai peut-être aussi un prisme déformant, en étant entouré de bibliothécaires, donc d’intellos maîtrisant les codes de la vraie culture et ayant intégré que s’intéresser au sport est bien trop vulgaire. J’ajoute que plusieurs des bibliothécaires en question sont des trentenaires : quand Maradona est mort, ils m’ont demandé, un peu merdeux, qui c’était
A l’inverse, ils m’ont gentiment expliqué qui était Aya Nakamura, malgré les JO la pauvre n’avait aucune chance d’être détectée par mes radars personnels. Je me suis dépêché d’oublier ce que j’avais vu et entendu, ça ne m’était d’aucune utilité.
Il y a, en effet, des références qui s’imposent à chaque époque, beaucoup moins nombreuses sont celles qui survivent à leur époque. Je ne sais pas si Alcaraz et Sinner marqueront durablement les esprits au-delà des fans de tennis, mais je crains que non car regarder du tennis est désormais l’une des 3000 options qui s’offrent à nous pendant notre temps libre, c’est un sport long avec beaucoup de temps morts, une nette majorité des matchs ne sont pas bien folichons à voir et un match comme la dernière finale de RG ne s’annonce pas à l’avance.
Mais non, mais non, c’est l’époque que vous vomissez, mes chers vieux ! Le tennis est toujours formidable, si on le découpe de l’arrière plan moderne, mercantile, nombrilesque. Il garde toujours son pouvoir de fascination.
C’est vrai que lorsqu’on voit Osaka faire son apparition (oui, je regarde toujours le tennis féminin), suivi d’une prestation purement tennistique médiocre mais remarquable par son degré zéro d’intelligence, on se dit que de Trump à Osaka, le fameux « trouble narcissique » est un désordre mental bien partagé de la modernité à tous les échelons.
Mais quoi ? Le tennis est toujours passionnant. Et n’en déplaise à Rubens, ce concentré existentialiste qu’est un match de tennis a toujours facsiné les intellos qui ne l’ont jamais trouvé vulgaire. De Sollers (il faut relire le délire qu’il écrivait sur McEnroe, c’est extraordinaire !) à Deleuze en passant même par Aron (Raymond pas Robert) et Grozdanovitch, le tennis a toujours été un objet d’intérêt pour les intellectuels, même si ces références attestent que l’auteur de ces lignes n’est pas le perdreau de l’année.
Tennistiquement, le tennis d’Alcaraz est génial, vraiment, authentiquement. Le niveau de Bublik, en ce moment, est prodigieux. Le tennis de Moutet (que je déteste, pas son tennis, lui) est absolument remarquable compte tenu de sa taille. Celui de Learner Tien est très intéressant, meme si on sent que le grand Chelem n’est pas fait pour lui. La puissance de Fonseca donne à rêver si un jour peut-être une fois elle pouvait être canalisée. Même le tennis aseptisé de l’Italien teutonnant est digne d’intérêt par sa précision millimétrée de chatbot de dernière génération et son degré jamais atteint d’ennui ontologique qu’il dégage. Quant au malin serbe, malin dans les deux sens du terme, on finit par s’intéresser à son tennis affreux du fait de sa malignité inépuisable, immarcescible.
Non, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, le tennis avec son « environnement » mediatico mercantile etc etc.
Au fait Rubens, Black Keys (que j’adore), fais gaffe, on ne peut pas dire que ce soit une référence de jeunot !
Nathan, je crois que tu as mal lu, je ne dis pas que le tennis n’a plus aucun intérêt, je dis juste qu’il est nettement moins suivi qu’il ne l’a été. Et quand, à l’occasion, une finale de RG est aussi extraordinaire que la dernière, ça me semble un peu dommage que pas grand monde ne la suive.
Et pour les Black Keys, alors là oui c’est tout sauf une référence de jeunot. Mais je parlais de rock, et j’aurais bien du mal à associer Aya Nakamura à du rock
D’où mon propos, que je résume en disant que le rock est désormais une musique de vieux et que les références anciennes attirent plus de monde (et de vieux, donc) que les références actuelles.
Au sujet du mépris culturel : https://mediaculture.fr/culture-sociologie-bourdieu-domination-normes/
Il y a une légère allusion au sport
15 messages en 2h, c’est un record depuis 2 ans non ?
Rien de très palpitant dans le tableau masculin avec beaucoup de matchs en 3 sets. La déception est pour Fonseca qui est dégagé mais il n’a pas pu faire d’intersaison en raison de problèmes au dos.
Côté WTA, Swiatek continue à perdre de la marge, elle a souffert pour son premier tour par exemple. J’ai regardé quelques highlights du match de Keys contre l’Ukrainienne qualifiée, au jeu très très atypique et assez marrant. Son interview dans l’Equipe est très émouvante, il y a un vrai courage physique aussi.
L’impression la plus convaincante pour le moment est à mettre au crédit de Bencic ainsi qu’Andreeva. Je continue à suivre le vlog de Kasatkina (dont l’érosion se confirme) et Andreeva continue à être brillante dedans !
En entrouvrant un oeil, j’avoue que je suis content, par exemple, du New Bublik, du pas si new mais un peu quand même Medvedev. Curieux de voir ce que pourrait donner un éventuel Musetti / Tsi2, qui doit être bien vexé de s’être ainsi vu piquer le trône du concours de beauté (shit, là je remarque un truc qui m’avait échappé, Grigor a pris 3 sets violents contre Machac, bon, au moins il a fini le match…). Même le Stan / Gea, tiens, pourquoi pas ?
Mais en fait, en définitive, le personnage le plus intéressant de cette histoire n’est-il pas Djoko ?
« Meilleur est le méchant, meilleur est le film », non ? En outre les arcs de rédemption des bad guys sont toujours très prisés des cinéastes comme du public. Il coche toutes les cases !
Un peu de ça. Mais surtout, que dit le ranking d’un mec de 39 du niveau de tout ceux derrière lui. Ok, c’est Djoko, mais quand même…
Géa voulait faire courir Stan pour en venir à bout.
C’est réussi, il finit le match physiquement HS et réalise un super TB catastrophique…
Go STAN !
Le lob au millimètre pour (quasiment) boucler l’affaire, un bonbon !
Un bonbon en effet ce lob. Il a eu bien raison de rempiler pour une saison de plus. Ce type est juste fabuleux.
Grosse surprise avec la sortie de Bencic qui avait super bien démarré l’année et tombe contre une Tchèque de 19 ans. Très beau jeu d’ailleurs pour la jeune joueuse, explosif et créatif avec de l’audace !
L’Equipe indiquait dans une veine de Muchova effectivement. Plus généralement, on parle beaucoup de la génération italienne actuelle mais ce que font les Tchèques est pas mal non plus, ils ont de nombreux très beaux joueurs entre Machac, Muchova, Siniakova en double, Fruvirtova, Berdych 2.0 Lehecka.
Beaucoup de déchet chez Carlitos. De mémoire, il avait perdu une seule fois son service lors du dernier US. Là , il le perd deux fois en un seul set contre Corentin qui n’a aucune, vraiment aucune arme pour le menacer sérieusement. C’est plaisant à voir Corentin quand il se contente de jouer au tennis, la patte gauche est en velours, mais il n’a vraiment que des fulgurances à lui opposer.
Il va falloir que Carlitos monte sérieusement en régime, parce que face au pisse-froid certifié ISO en finale, ça ne suffira pas.
C’est vrai, pas étincelant, Carlito. Mais pourquoi « étinceler » quand il n’y a pas nécessité ?… comme dirait Juan-Carlos Ferrero
Tsitsipas égal à lui-même, je n’ai pas eu l’impression qu’il s’est amélioré cet hiver… Il a gagné un match et perdu les tie-breaks mais il y a une vraie impression de rupture depuis 2 ans.
Machac est génial à regarder joueur je trouve.
Le pas étincellent Carlito se promène quand même tranquillou pour l’instant, et il y a fort à parier qu’il serre très très fort les boulons pour Paul. En attendant, si tout va bien, si tout va bien, le Vrai Test que pourrait être, si tout va bien, le Choc avec Bublik Le Nouveau.
Bon, en attendant il a fait pschitttt « Bublik le Nouveau » face à de Minaur…
Effectivement le Bublik nouveau est tout en finesse tout en gardant une saveur puissante et brutale.
Très bon match face à un Etcheverry qui servait l’enfer et lui donnait peu de possibilité de jouer. Match difficile mais maîtrisé de Bublik qui a usé son adversaire avec d’assassines amorties, une facétie entre les jambes, et des coups droits meurtriers.
C’est qui ce Darderi ? En tous cas si la fédé Italienne veut donner une belle leçon à la française, cela continue d’être assez réussi. Tandis que Llubi râle – plus ou moins sincèrement on peut l’imaginer – parce que Humbert boude la CD…
Dans un univers parallèle, il y a un Tennis Legend Podcast où le joueur Kyrian Jacquet donne son avis sans détour sur le Z, qui d’après lui ne gagnera jamais un GC, ça semble évident ( il précise aussi que jamais Tsi ne reviendra, ça semble évident aussi, trop d’insta). Curieux donc de voir si le Z va également se prendre le mur Tien, auquel cas il serait de plus en plus réduit à une sorte de rôle de spectateur privilégié de la succession de prétendants au trône. De fait, j’espère que le Z jouera longtemps, surtout pour écrire ses mémoires (« j’ai bien connu… »).
Très curieux aussi de voir ce que Djoko va faire de Musetti. Juste 6 victoires de suite, Nole, contre le mec juste derrière lui…