Je propose de faire de Wimbledon un Grand Chelem indoor, disputé sur moquette à la fin de la saison régulière.
Ouais.
Présenté de manière aussi abrupte, j’entends d’ici les cravates de l’AELTC apercevoir, un siècle presque jour pour jour, le fantôme de Suzanne Lenglen. Je les rassure. D’une part, je ne prétends pas, avec mes billets sur un forum francophone à audience confidentielle, au premier atome de l’aura de la Divine des années folles. Et d’autre part, mon hérésie est un écho direct à l’actualité juridique de Wimbledon.
La querelle de Wimbledon Park
Le club très select de Wimbledon est actuellement devant les tribunaux pour soutenir la viabilité du projet d’agrandissement du Temple – il s’agit de… tripler sa superficie. L’objet de la bataille est le site de Wimbledon Park, séparé de l’enceinte de Wimbledon par une route, et qui abrite notamment un lac et un golf. L’organisation Save Wimbledon Park, composée notamment d’habitants du quartier, rappelle que l’AELTC s’est à plusieurs reprises engagée à n’utiliser cet espace qu’à des fins d’activités de loisirs ou comme espace ouvert. Elle brandit également, non sans raison, la perspective de carnage environnemental que porte ce projet.
Les arguments officiels de l’AELTC sont les suivants :
- L’attractivité et le prestige des qualifs elles-mêmes : avec les nouvelles installations, l’affluence des qualifications pourrait passer d’environ 2 000 spectateurs par jour à 10 000, tandis que les joueurs pourraient s’entraîner et jouer sur le site principal dès le début, et même en amont de la Quinzaine sacrée.
- Le manque de courts d’entraînement : en matière d’installations d’entraînement, Wimbledon est en retard sur le reste — et en tant que surface vivante, les courts en gazon ne peuvent pas supporter le même niveau d’usure que l’acrylique ou la terre battue.
- Une nouvelle enceinte de prestige : un troisième court important, le Parkland Show Court, d’une capacité de 8 000 places.
- La contrepartie environnementale/publique comme argument de légitimation : amélioration de la santé du lac ornemental du parc et création de nouveaux habitats pour la faune, ainsi qu’un nouveau parc public de 9,4 hectares.
Mettons de côté l’argument 4, bien dans l’air du temps, consistant à dire que prendre une surface à la nature revient à la protéger. Ce n’est clairement pas l’objectif premier de l’AELTC.
Passons à l’argument 3. Wimbledon est en compétition directe avec ses trois voisins du Grand Chelem, il s’agit là d’un argument économique classique (ce qui n’en réduit pas la pertinence). Avant même parler de moquette, relevons que Wimbledon contient 53 courts de tennis au total, dont 18 seulement sont en gazon. Le nombre de courts annexes du site n’est pas dimensionné par le nombre de joueurs ou par le volume d’heures de jeu, il l’est par la nécessité de faire tourner les gazons fragiles pour éviter leur usure. Si on change cette variable — en remplaçant le gazon par une autre surface qui encaisse l’usage répété sans dégradation comparable — le nombre de courts nécessaires baissera mécaniquement, ce qui libèrera une place probablement significative, entre autres pour construire un nouveau court important. Le court n°1 actuel (12 400 places) a lui-même été construit en 1997 à l’intérieur de l’enceinte historique, et plus récemment, l’extension de 2019 a entraîné la démolition pure et simple du Court 19, remplacé par une esplanade publique. La perspective d’un « gros » court supplémentaire dans la superficie actuelle n’a jamais été – publiquement du moins – envisagée par l’AELTC, qui considère le gazon comme une donnée intangible ; elle appelle néanmoins à une réflexion sur les espaces de l’enceinte historique, dont j’ignore la part de la superficie réellement occupée par les terrains et les spectateurs durant la quinzaine.
Quant aux arguments 1 et 2, ils sont en fait liés au 3. La nécessité de délocaliser les qualifications à Roehampton et le constat du manque de courts d’entrainement relèvent de la même logique : il faut plus de courts en gazon pour en équilibrer l’usage, les terrains peinent à tenir deux semaines, une troisième semaine est inenvisageable.
L’unique véritable argument de l’AELTC repose donc sur les contraintes du gazon en tant que surface utilisée pour le haut niveau.
Un dossier à charge
Rappelons les critiques qu’appelle la surface elle-même, elle est un motif récurrent depuis 15 ans. Maria Sharapova avait qualifié les courts de dangereux en 2013 après être tombée trois fois, et Victoria Azarenka comme Caroline Wozniacki s’étaient retirées du tournoi avec une blessure à la cheville consécutive à une chute cette même année. En 2021, Djokovic a glissé plusieurs fois face à Draper en disant chercher encore son jeu de jambes sur un gazon assez glissant, assez humide, tandis que Federer a profité de l’abandon sur blessure d’Adrian Mannarino après une glissade.
L’AELTC elle-même a institutionnalisé une réponse à ce problème. Depuis 2022, le club autorise certains joueurs à s’entraîner sur les courts principaux avant le début du tournoi, dans le but d’user le gazon neuf, réputé glissant, pour le rendre plus sûr — une politique anti-glissade instaurée après la chute de Serena Williams en 2021. Sinner et Djokovic l’ont fait encore la semaine dernière sur le Centre Court. Il ne s’agit donc pas d’un ressenti de joueurs frustrés après une défaite, c’est devenu une politique officielle de gestion du risque, ce qui change le statut de la question : l’institution reconnaît elle-même, par ses actes et non plus seulement par les plaintes qu’elle subit, qu’un gazon neuf lors de la première semaine est une source de danger identifiée qu’il faut corriger artificiellement avant que le premier service du grand tableau ne soit frappé.
Terminons ce bref inventaire en rappelant que le gazon est une surface pratiquement disparue aujourd’hui. Compte tenu de l’expertise annuelle en jardinage qu’il nécessite, la deuxième moitié du XXe siècle lui a été fatale. Forest Hills, stade sous-dimensionné pour un Grand Chelem, l’a délaissé en 1975, avant même de déménager vers un nouveau site. Quant à l’Australian Open, le déménagement vers Flinders Park en 1988 a été l’occasion pour Tennis Australia de se débarrasser de cette surface décidément encombrante. Le gazon est le témoin d’une époque, celle où la pratique du tennis consistait à laisser sa cravate au vestiaire pour taquiner la balle dans une ambiance bucolique. Le haut niveau de 2026 appelle d’autres décisions.
Vers un calendrier cohérent
Avec le storytelling de sa période relâche sur ses réseaux sociaux, Casper Ruud ajoute, sans le vouloir, une pièce à mon dossier. Ayant achevé Roland Garros sur les rotules, il a estimé que l’heure était venue de baisser le pied. Casper est un gentil garçon, il ne dira jamais que Wimbledon n’a pas grande importance pour lui, mais il l’a probablement dans un coin de la tête. Et si, finalement, un sondage auprès des joueurs leur demandait directement si la mini-saison sur gazon en juin leur pose problème, ils seraient sans doute un certain nombre à répondre par l’affirmative. Sans oser clairement poser la question iconoclaste, c’est-à-dire conscientiser l’hypothèse d’une disparition pure et simple du gazon.
Commençons par pointer la gageure que représente la tenue de trois levées du Grand Chelem en l’espace de 16 semaines, soit à peine plus de trois mois. C’est une conséquence directe de l’existence de ces trois levées en extérieur dans l’hémisphère nord. Avancer Roland Garros, c’est exposer la saison sur terre battue au climat printanier plus incertain. Reculer l’US Open, c’est le rapprocher du climat automnal tout aussi incertain de New York. La position de Wimbledon en sandwich n’est pas nouvelle, mais les contraintes du haut niveau actuel rendent cette position intenable. Quand bien même le Temple se contenterait d’accepter de tourner enfin le dos au gazon qu’il conserverait sa position problématique dans le calendrier.
D’où l’idée de déplacer Wimbledon à une autre période de l’année, ce qui signifie, clairement, d’en faire un Grand Chelem indoor. Je reprends ici ma proposition de calendrier, ô combien discutable, reposant sur le déplacement de Wimbledon vers la fin de saison.
- TOUS les Masters 1000 durent une semaine.
- Masters 1000 d’Indian Wells et Miami en janvier-février, le climat de Californie et de Floride le permet.
- 3ème semaine de février : le Masters 1000 de Shanghaï, qui réduira le décalage horaire avec Melbourne.
- Open d’Australie fin février – début mars.
- Mi-mars, début de la saison sur TB, en commençant par l’AmLat. Puis les 1000 de Monte Carlo, Madrid et Rome.
- Fin juin – début juillet : Roland Garros.
- Juillet-août : la saison sur dur américain, avec les 1000 du Canada et de Cincinnati.
- Août-septembre : US Open, aux dates inchangées.
- Septembre-octobre : la saison en salle en Europe, avec le 1000 de Bercy.
- Première quinzaine de novembre : le Grand Chelem londonien.
- Fin novembre : Masters. Sur une semaine, et avec une vraie finale en 5 sets.
A ce stade, ne sous-estimons pas le coût général de pose d’un toit sur plusieurs dizaines de terrains de Wimbledon. D’aucuns se sont, à juste titre, effrayés des 80 millions de livres du toit du Centre Court en 2009. Précisons néanmoins que la structure comprend 600 diffuseurs d’air qui pompent de l’air sec dans le Centre Court pour empêcher la condensation et l’humidité excessive, et la toile elle-même est une fabrique translucide, destinée à laisser passer la lumière nécessaire au gazon. Gageons qu’une toiture ordinaire n’engendrerait pas de tels coûts. Et ne perdons pas de vue que le coût de la mise en conditions indoor de Wimbledon est certes colossal, mais est à comparer aux 200 millions de livres qu’ils souhaitent investir dans leur projet de Wimbledon Park, auxquelles s’ajoutent les salaires des jardiniers, multipliés par 3 ou 4 compte tenu du nombre de courts à entretenir. A moyen terme, le calcul me semble nettement gagnant pour l’AELTC.
Reste la question centrale, identitaire, de la surface qui remplacerait le gazon. Si Wimbledon souhaite rester dans le registre des surfaces rapides, un Greenset ferait l’affaire. Mais, extérieur comme intérieur, le Greenset reste une surface dure, et met fin de facto à l’originalité de Wimbledon, puisque 3 surfaces du Grand Chelem seraient désormais quasi-identiques. C’est le chemin qu’ont pris les tournois indoor de la fin de la saison, qui s’uniformisent chaque année un peu plus pour converger vers des surfaces « dures » guère plus rapides que le ciment de l’US Open.
Aux cravates de l’AELTC, j’ai beaucoup mieux à proposer : la moquette.
Une expérience mystico-sensorielle
Juin 1993. Classé 15, je termine en toute quiétude mon année de seconde, la dernière dépourvue de toute épreuve de fin d’année. Les joueurs de seconde série se comptant sur les doigts d’une main dans ma cambrousse, je veux faire davantage de tournois sur la région toulousaine, quitte à sécher quelques journées de cours ici ou là. C’est donc en quête de nouveauté que je m’inscris au tournoi de Blagnac. Je suis loin d’imaginer à quel point je vais être servi…
Premier tour. Je découvre le club extérieur, au Ritouret, mais la pluie interrompt les matchs. Le juge-arbitre rameute tous les joueurs, et les invite à le suivre en voiture. Je lui explique poliment que, mineur, je suis venu en bus et je ne peux me déplacer si facilement. Il me prend dans sa voiture. Amateur d’acid jazz, il me met la cassette qu’il écoute en boucle depuis une semaine, un mélange de pop, de soul et d’électro. Le premier album d’un jeune groupe qui, me dit-il, va faire du bruit. Jamiroquai. Il en profite pour me faire un petit cours sur l’acid jazz, nommé ainsi en référence à un label créé par un Franco-britannique, Gilles Peterson. J’écoute dans un silence religieux. J’adore. De ce bref déplacement sous la pluie, je retiens aussi la disparition progressive des lumières de la ville. La salle où nous nous rendons est paumée au milieu des champs.
Grand escalier, menant à une passerelle enjambant des terrains de squash (je n’en avais jamais vu !) et débouchant sur un restaurant. Au fond de ce restaurant, une grande baie vitrée située en balcon au-dessus de… quatre terrains de tennis verts. La première chose que je remarque, d’en haut, c’est la relative variété de tons verts. Manifestement, ce sont des marques d’usure. Mon cœur se met à palpiter : et si c’était… du gazon ? Comme tout padawan ayant entendu parler de Wimbledon, je rêve de jouer, ne serait-ce qu’une fois, sur cette surface mythique.
Le juge-arbitre nous donne les balles… et les instructions : le hall en bas du petit escalier du restaurant est l’antichambre des terrains, c’est là que nous attendent des dizaines de paires de chaussures à semelle plate. Chacun choisit celle qui convient à son pied avant d’entrer sur le terrain. Je ne comprends pas encore pourquoi je dois changer de chaussures, mais je m’exécute.
En rentrant sur le terrain, je pose ma main dessus. L’espace-temps s’ouvre.
C’est une moquette.
Je n’en reviens pas.
Premières balles d’échauffement. La question de la bassesse du rebond est réglée en 90 secondes. Le tissu est assez fin, c’est un peu rapide, j’ai l’étrange sensation que le sol absorbe une partie de l’énergie de la balle, mais si je centre bien mon coup je vais récupérer cette énergie et pouvoir l’ajouter à ma force de frappe. L’autre grande surprise, c’est le… silence. La balle qui rebondit sur moquette le fait quasiment sans bruit, ce qui donne une ambiance feutrée sur le terrain. Je fais le parallèle avec le silence du Centre Court, qui lui est d’origine sociale. Quelque chose rattache cette surface au sacré et au recueillement.
Je détruis mon adversaire, classé 15/2, très proprement. Expérience mystique.
Rebelote le lendemain, sauf que mon match commence en extérieur, sur les quicks du Ritouret. J’affronte un joueur de 19 ans, classé 5/6 (une perf en vue !). Je gagne le premier set 6/3, mais la pluie nous interrompt au début du deuxième set. Rebelote, nous prenons la voiture à la suite du juge-arbitre (cette fois c’est un copain qui, après m’avoir initié plus tôt dans la journée à un jeu de civilisation, m’a accompagné). La suite sur cette moquette divine.
Le deuxième set sera tendu. En face de moi se dresse un roi du ping-pong, ses balles s’allongent de plus en plus, il commence à deviner où je vais servir et il fait obstacle à tout ce que je lui propose. Je vais être obligé de le surprendre et élargir le spectre des possibilités. Ce match, gagné 6/3 7/5, reste un très bon souvenir, entre autres parce que c’est en réfléchissant aux variations sur mes attaques que je vais l’emporter, face à un adversaire qui résolvait une à une les équations que je lui proposais. Au passage, jamais un Taraflex ou un revêtement ultra-rapide ne m’aurait offert toute cette palette stratégique.
Sept ans plus tard, à l’hiver 2000, au cours de ma période alsacienne, c’est sur cette même moquette verte que je vais disputer mes meilleurs matchs. Végétant depuis 3 ans entre 3/6 et 4/6, je vais aligner, en un seul tournoi, une victoire à 1/6 et trois victoires à 0. Un parcours à la Guga 97, dont le parallélisme tient également à la demi-finale contre un… 5/6, lui aussi auteur d’un parcours exceptionnel. C’est mon Dewulf à moi ! Je suis monté 2/6 sur ce seul tournoi. Une sensation étrange, celle de m’appuyer sur l’énergie que me renvoie la moquette pour accélérer ou ralentir à ma guise la cadence de l’échange. J’étais dans ma zone, assurément, parce que je sentais en face de moi des types esclaves de la vitesse que je voulais bien donner à la balle et incapables de me disputer cette mainmise sur le rythme.
Jeter les carpets avec l’eau du Taraflex
En 2009, à la demande de Roger Federer et Rafael Nadal, les carpets, identifiées comme telles par l’ATP, ont été bannies du haut niveau. La surface qui tenait la corde à l’époque était le Taraflex, avec quelques variantes, un PVC assez rapide. L’objet du délit était le danger sur les blocages d’appuis. C’est ainsi que la moquette textile, qui m’est si chère, n’est même plus envisagée. Aussi la question de sa résistance aux dérapages et aux reprises d’appui ne semble avoir fait l’objet d’aucune étude approfondie. Le sujet est important : je propose de faire le deuil du gazon, dont le danger de glissade est identifié et documenté. Mais inutile de le remplacer par une surface qui aurait le même inconvénient, ce qui n’est, à l’heure où j’écris ces lignes, ni confirmé ni infirmé.
Du reste, si les cravates de l’AELTC veulent accepter de rentrer dans une logique post-gazon tout en restant dans l’originalité, je n’ai rien de mieux à leur proposer que cette moquette verte, extraordinairement agréable à jouer, qui ne touchera pas à l’esthétique blanche et verte de Wimbledon et qui ajoutera au silence général du Centre Court le silence feutré du rebond sur moquette.
Je ne doute pas une seconde de leur capacité à nous pondre un brûlot de 400 pages réglementant le laçage de chaussures à semelle plate.


Cet US Open commence à ressembler au dernier Roland, bien que moins passionnant. Une victoire du Z aurait quelque chose de logique, mais c’est un Grand Chelem à prendre et n’importe lequel des 3 autres aurait ma préférence.
Une prime pour Shelton, auteur de l’exploit du tournoi, et qui a le jeu le plus enthousiasmant. Je le donne légèrement favori contre Tiafoe, un peu moins contre le Z, mais il a le grain de folie nécessaire. Quant à Karen, ça aurait quand même une sacrée cote !!!!!
Oui, un bon parfum de Roland, surtout pour le Z. Bah, après tout, s’il empochait ses 2 GC et avait l’amabilité de disparaitre ensuite, ça serait une bonne chose. Sauf qu’il va evidemment rester dans le paysage.
Shelton et Foe sont indéniablement sympa, mais leur tennis, bon… Foe, tant qu’à faire, vu qu’il a une espèce de coolitude totale, mais kifkif.
Parce que mon choix de coeur se porte sur KK. Ca refroidirait tout le monde, ça serait plus q’un bonus dans sa très stable carrière et son côté « je fais le job, je prends la thune », on le verrait peut être sourire, et Rublev serait content.
Pauvre Z. Il était le meilleur à n’avoir jamais gagné un GC. Si ça n’était pas Shelton, il deviendrait le vainqueur de GC à n’avoir jamais battu un top 20 en GC. Le sort s’acharne
C’est loin d’être gagné pour le Z. J’ai vu un bout de sa demi contre Karen. Je l’ai vu jouer beaucoup mieux que ça. Franchement c’est solide mais pas insurmontable pour Ben Hur. Il a battu Carlitos, je ne vois pas pourquoi il se trouerait contre Zorba, à moins d’être trop crevé ou de craquer sous la pression.
En 96, Krajicek a sorti Pitou en quarts à Wimbledon, c’eut été une ineptie qu’il n’aille pas au bout. Ben Hur a réalisé l’exploit du tournoi, il mérite le titre. Et en disant ça, je sais bien que le mérite n’a rien à voir là-dedans…
Pas gagné oui, mais si ça arrivait, je ne serai pas malheureux. Tout ça pour dire que je suis en train de devenir Zdiste, je crois, ahaha.
Personne pour se réjouir de la victoire de Rybakina contre Sabalenka ?
Ce n’est certes pas le tennis le plus fin mais force est de reconnaître son timing exceptionnel en revers qui lui permet de maintenir une cadence folle avec des changements de direction surprenant. C’est son principal atout avec un service remarquablement efficace et rythmé.
Sa réserve contribue à son allure sculpturale, ce qui ne gâche rien.
Sabalenka aura eu une très mauvaise année en GC et pas mal de creux, les mauvaises langues disent qu’elle a délaissé les courts cette année pour les réseaux sociaux et peut-être qu’elle devrait embaucher Nick Kyrgios pour sparring.
J’avais vu le 1er tour de Rybakina à RG depuis le 3ème rang cette année, elle m’avait fait le même effet que Serena en 2002 : le son et la vitesse de balle sont incomparables avec la plupart de ses collègues (quoique Swiatek juste avant a une sacré qualité de balle en CD, avec plus d’effet).
Je me suis réservé la soirée pour voir évoluer le vainqueur de Carlitos. J’attends toujours son arrivée, celui qui est sur le terrain est un imposteur.
Deux balles sur le revers de Ben-Hur suffisent pour en extraire une faute. Quelle bouse cette finale… Il peut s’estimer heureux que ça ne fasse que 6/3 7/6, ça méritait largement 6/3 6/3.
Est-ce qu’il va ENFIN enlever le frein à main ?
Zverev peut-il battre le record de Djoko ?
A ce train de blessures et de fatigue, tout est possible…
Bon, non que j’ai eu à répondre à beaucoup de sollicitations sur ce sujet, mais je tiens à le dire : le Chall’ de Rennes se déroule actuellement à 5mn de chez moi et les forces en présence en 1/4 (Bobichon, Schoolkate, Mayot, Chidekh, Gojo, Droguet, Maestrelli, Gueymard Wayenburg ) ne m’ont pas convaincu d’aller y faire un tour. A présent que Manna (9ème participation) a disparu du tableau dont il était manifestement l’attraction principale (…), je suppose que ce rôle échoue à Droguet. Bref. Ils devraient préciser où sont les R1M dans leur comm’, là ça me motiverait.
Pour toi Sam.
https://www.youtube.com/watch?v=lD1ZMjVW7aE
Merci Rubens, j’apprécie.
Vérification faite, les 2 font 1.75m.
C’était mieux avant.
Marrant, ce matin même je faisais connaissance avec mes nouveaux collègues de l’équipe +35 de mon nouveau club. Bilan, une demie-heure de « c’était mieux avant ». Curieusement, c’est toujours le Tsi qui reste le dépositaire du « au moins il en reste un », Musetti semble passer sous les radars.
Et l’après midi, Sasha Gueymard a remporté le Chall’ de Rennes (pendant que l’équipe digérait probablement son poulet). Je suis plutôt content pour lui. Depuis que je l’ai vu se prendre une avoinée par son heu « coach » sur le quai de la gare à Saint Brieuc, je souhaite le meilleur à ce garçon.
J’aurais aussi été content pour Mayot, mais moins. Car je suis surement un des rares Mayologues du tennis, et je me souviens d’une interview donnée alors qu’il avait …14 ans, et qu’on pouvait difficilement faire plus imbuvable, en prépubère expliquant que « les français, ils z’ont pas de mental ». Depuis, j’ai remarqué qu’il avait pris du plomb dans la tête.
Syntyèse de ce post : je ne suis pas le tennis, mais j’ai des trucs à raconter sur Gueymard et Mayot / Rios et Icham, c’était top / je perds 2 et 2 à l’entrainement contre des mecs à qui j’aurais mis 2 bulles il y a pas si longtemps, cétait mieux avant.
Hicham c’est mon autre coup de coeur de RG97, avec Guga évidemment. J’aurais adoré le voir en finale… Il y avait Pattoche en demi évidemment, mais Pattoche a eu son heure un peu plus tard, à l’US. Rétrospectivement, ce RG97 est génial mais c’eut été un chef-d’œuvre ultime qu’il s’achève sur un Arazi/Kuerten.
Je n’avais jamais entendu parler de ce type quand France TV et sa patrouille ont zappé sur le huitième contre Rios. Je suis tombé amoureux en 4 secondes : amortie de revers improbable, Marcelo qui la remet de justesse, le court est grand ouvert, Hicham lâche un revers à une main… Rios terrassé, et moi avec. Le nécromancien de Santiago s’est fait défoncer ce jour-là, d’une manière que chacun pensait impossible, en toucher et en délicatesse. Hicham était encore moins puissant que lui, mais encore plus subtil. Un moment de grâce
Iva, Amanda et Martina chez les filles, ont achevé de faire de cette édition ma préférée. Celle de mes 20 ans. Mais même rétrospectivement, elle reste ma préférée.
Bonne édition, avec heureusement la victoire finale de Guga oui. Heureusement que De Wulf (!) s’est calmé en demies,sinon c’était encore pour le soporifique Sergi. Ce Dewulf qui avait eu le bon goût de sortir l’également soporifique Norman, jamais compris comment celui là était arrivé top 2.
Marrant de regarder le parcours des français cette année là. Finalement, on s’inquiète des performances actuelles, mais à l’époque,sur cette édition, c’était quasi pire.
6 français au 3ème tour, inédit depuis 1971 : Pioline, Boetsch, Roux, Champion, Escude et Simian. Mais aucun en huitièmes, une rareté (à l’époque) dans l’ère open.
Ou comment, déjà, le tennis français touchait sa limite.
Mais ça n’allait pas durer. Loin de Roland, Grosjean (viré de l’INSEP) et Clément avaient leur camp de base marseillais.
Mais quelle édition cette année-là… Les miracles au filet de Pattoche en demi contre Bruguera, c’était quelque chose.
J’en remets une couche dans la série « C’était mieux avant » à propos de RG 1997.
Il se trouve qu’à cette époque, ayant souvent à faire à Paris pour mon boulot, je suis allé à RG et j’ai vu, béat d’admiration, Guga battre Muster (l’horrible bucheron) un après-midi sur le court N°1 au troisième tour je crois, ce magnifique court en amphithéâtre où l’on était si près des joueurs et avec un public de connaisseurs (oui, oui, je me mets dans le lot en toute humilité !).
Mais j’étais alors loin de penser que ce sympathique brésilien, inconnu ou presque à l’époque, irait jusqu’au bout en battant Bruguera dont beaucoup attendaient le triplé.
Oui, aucun doute c’était mieux avant!
Vu le cinquième set contre Muster sur France TV. J’étais avec un copain, qui ne connaissait rien au tennis. J’étais scotché par les accélérations en revers du non-classé brésilien. Un pantin dégingandé, à la vitesse de bras hallucinante. A la fin du match, mon copain me souffle que ce petit brésilien est bien sympa, et que ce serait chouette qu’il atteigne la finale.
A ce moment-là, la Porte d’Auteuil était un territoire de surprises, parfois énormes, mais les héros d’un jour disparaissaient presque tous dans les tours suivants, fauchés par leur exploit et n’ayant pas la tête assez solide pour s’en remettre tout de suite. D’autant que sur le 1, on captait bien plus la vitesse de la balle que sur le Central. Il était fréquent que des inconnus, auteurs d’un exploit sur un court annexe en donnant l’impression de jouer à une vitesse folle, se perdent ensuite sur le Central en jouant beaucoup plus lentement, sur un terrain trop grand pour eux. Le joueur n’était évidemment pas en cause, c’est juste la distance et l’angle de prise de vue de la caméra de France TV qui donnait l’impression de ralentir la vitesse de la balle. Cette impression est toujours valable aujourd’hui. Toujours est-il que, saisi par la vitesse de la balle de Guga sur le 1, je demandais à voir sur le Central ce que ça allait réellement donner.
Alors, gentiment, j’ai souri de l’innocence de mon collègue, et je lui ai expliqué que notre nouveau héros allait probablement disparaître rapidement, hélas
10 jours plus tard, c’est ma propre innocence qui m’a fait sourire
Le quart contre Kafel est sans aucun doute le match de Roland où je me suis le plus rongé les ongles. C’était le premier match de Guga sur le Central. Non seulement ça n’allait pas aussi vite que sur les courts annexes, mais en plus il a fait, pour la première et dernière fois du tournoi, un complexe d’infériorité. Son autobiographie s’ouvre sur ce match, il a évidemment ses raisons de commencer par là, mais pour moi c’est loin d’être son meilleur match. Beaucoup de stress et de fautes des deux côtés. Par contre, j’ai parfaitement en tête le passage de son bouquin où il parle de sa sortie du court. J’ai bien capté le petit regard échangé avec Larri Passos, et ce regard, je le partageais avec eux : ce Roland était pour eux. J’étais légèrement stressé pendant sa demi contre Dewulf, je ne l’étais plus du tout pour la finale contre Sergi. Il avait accumulé trop de certitudes pour se trouer en finale.
Ce Roland, c’est aussi celui de la fin de ma première année à l’université. La première semaine de Roland coïncidait avec ma dernière semaine de cours, les examens arrivant la semaine suivant la finale. Autrement dit, ce vendredi du Muster/Guga, quand je suis rentré chez moi, c’était pour une dizaine de jours sans cours, consacrés aux révisions. Aux révisions oui, mais pas que
J’ai suivi le tournoi comme aucun auparavant.
Corretja, épouvantail du tournoi (finale à Monte Carlo, victoires à Estoril et Rome). Le gentil Alex partage une séance d’entrainement avec Guga juste avant l’ouverture du tournoi. Pourtant gonflé à bloc, Alex se prend une fessée dont il se souvenait encore 23 ans plus tard, puisque c’est lui qui l’a racontée. Et il s’approche de Guga en lui disant qu’en jouant ainsi il va gagner le tournoi
Dewulf, une autre grande histoire de cette édition. Parcours difficile en qualifs. Deux victoires en cinq sets, contre Meligeni et Portas. Puis victoire improbable contre Corretja, dans des conditions venteuses que le sans-culotte belge a mieux gérées qu’Alex. Puis quart de finale surprise contre Norman, également inconnu, qui venait d’aligner un Pitou malade puis Marc Rosset, soit les deux demi-finalistes de l’édition précédente. Et Dewulf passe encore. Guga favori en demi-finale, alors qu’il était 66ème mondial
Difficile, la demi. Filip avait une sacrée gifle en coup droit, jamais compris pourquoi ce type n’a pas été plus haut…
En bas du tableau, Hicham évidemment. L’artiste, le poète et ses caresses. La victoire contre Rios est un grand moment.
Et aussi Pat Rafter. Vainqueur d’un compatriote, Woodforde, en huitièmes, dans une rare confrontation entre deux attaquants. Puis net vainqueur d’un autre underdog en vue cette année-là, Galo Blanco. Puis la demi contre Sergi, monumentale. Les entrechats, les contrepieds, les slices croisés courts, Pattoche déployait tout le spectre du tennis pour monter au filet coûte que coûte, en utilisant toute la géométrie permise par un terrain de tennis. L’attaquant dont la défaite m’a fait pleurer, ce n’est pas Stefan en 89, c’est Pattoche en 97. Il s’incline au tie-break du 4ème, mais quel panache !
Et les filles. En tant que mâle hétéro non refoulé (même aux solstices), quelques-unes de ces demoiselles m’ont terrassé cette année-là.
Deux ans plus tôt, j’avais succombé à une petite brune sur le Central. Iva Majoli. Charme balkanique. Opposée à Mary, elle avait profité d’une pause de la diva pour taper la balle avec un ramasseur. Et là son sourire m’avait fait totalement craquer, bien que son jeu made in Bollettieri n’ait rien de bien folichon.
Amanda Coetzer ensuite. Sublimement mignonne. La petite pile afrikaner était le poison parfait anti-Steffi. Rien d’exceptionnel dans le jeu, du moins à l’œil nu, mais une intelligence de jeu absolument redoutable. J’adorais Steffi, mais à ce moment-là elle était sur le déclin et quitte à ce qu’elle fasse son âge, je préférais que ce soit face à Amanda que face à Lindsay Davenport
Marie-Jo Fernandez. Très belle. Je pleurais de rage à la fin de son quart de finale perdu contre Monica. 7/5 au troisième, elle l’avait au bout de sa raquette.
Et puis Martina évidemment. Très mignonne aussi. Chipie agaçante, mais pas encore imbuvable de suffisance. Masterclass en quarts contre Arantxa. Puis énorme bataille contre Monica, vaincue 6/4 au troisième. Ouf ! Martina dépositaire d’un espoir majeur pour le tennis féminin, que l’intelligence de jeu y ait un avenir. Fourvoiement total, mais il faut bien comprendre que nous parlons des dernières années précédant l’arrivée des sisters Williams. D’autant que chez les juniors, une jeune Belge raflait la mise avec un revers à une main d’une suprême élégance, une certaine Justine Hénin.
Bref, une grande édition. C’était mieux avant, oui
Je plussoie sur Martina Hingis.
Sur le même court N° 1, probablement après le sus nommé Guga / Muster, je l’ai vue en double dames. La moitié des spectateurs étant partis, j’étais au premier rang. Bon Dieu, qu’elle était belle, hypnotisé par ses yeux !!!!!!
Et en effet, pas chipie, même très souriante, je ne me rappelle rien du match, ni sa partenaire, ni ses adversaires, ni qui a gagné.
Juste ses yeux et son sourire.