Ma petite entreprise

By  | 17 septembre 2011 | Filed under: Regards

Combien de blondes faut-il pour changer une ampoule ? Trois ; une qui tient l’ampoule, juchée sur les épaules des deux autres qui la font tourner. Au tennis comme ailleurs, la course à la performance ultime pousse les concurrents et leurs équipes à une folle course à la spécialisation. Aujourd’hui sur une Formule 1 on en est pratiquement arrivé à avoir un ingénieur sur-diplômé dédié à la seule roue avant gauche. Le tennis n’échappe pas à la règle et au sommet du classement l’ère du duo coach-joueur a vécu. C’est un véritable team qui s’organise autour du champion pour le meilleur et pour le pire. Petite revue d’effectif avec un tour guidé de la startup tennisman.com.

Le premier joueur à avoir voyagé accompagné d’un coach est le grand Bjorn Borg, dont l’association avec Lennart Bergelin a duré de 1971 à 1983. Douze années d’une collaboration fructueuse récompensée par onze titres du Grand chelem. Quand trente ans plus tard Roger Federer décide de se passer des services d’un coach, le monde de la petite balle jaune le psychanalyse, l’excommunie et l’envoie se coucher sans dessert. Au fou ! Le tennis aurait atteint un tel niveau de compétitivité, demanderait une préparation tellement minutieuse que le fameux ingénieur roue avant gauche serait bien inspiré de pousser quelques CV, on recrute.

Le coach

Premier de cordée dans l’équipage mobile du champion de tennis, le coach est une version améliorée du prof de tennis. Jadis prof, agent de voyage, nounou, ami et confident, papa et maman du joueur, son rôle a évolué vers plus de tennis, de stratégie et d’organisation, certaines tâches échéant désormais aux nouvelles professions du tennis.

Je vais distinguer deux types d’entraîneurs : le coach historique et le coach jetable. Le coach historique c’est celui qui établit une relation de confiance avec son joueur dont il arrive à tirer le maximum des capacités, tout en préservant une relation humaine forte et pérenne. Il peut avoir été présent dès l’adolescence du joueur et l’avoir amené au niveau professionnel. Ce type relations coach-joueur est devenu une rareté dans notre monde du tout recyclable. Les Borg-Bergelin ou Edberg-Pickard ont vécu ; les seules relations réellement durables sont celles qui combinent business et famille avec les parents coaches (papa, maman, tonton, on trouve de tout à la WTA).

Les coachs jetables sont évidemment ceux qui, à l’instar des entraîneurs de foot, font les frais de l’absence de résultats et exercent un boulot précaire mais bien rémunéré de fusible. Au bout dde quelques années, voire quelques mois, le coach se fait virer dès qu’il y a stagnation ou recul. Le coach jetable peut être un boost pour un joueur dont la relation avec un coach historique piétine et qui a besoin d’un nouveau discours pour redonner une impulsion à sa carrière. On a tous pleuré de joie quand Richard Gasquet a pris ses distances d’avec Éric Deblicker ; depuis les larmes ont séché et la joie avec.

Le travail du coach consiste à préparer le joueur aux meilleures performances. Travailler le tennis autant que le calendrier, définir la stratégie match par match, tournoi par tournoi, préparer le joueur mentalement, assurer son équilibre psychologique et gérer souvent des égos sur-dimensionnés et des énergies pas toujours positivement orientées. Tour à tour professeur, éducateur, pion, policier et communiquant, c’est un métier difficile qui demande notamment le sacrifice d’une vie stable : le coach fait partie des bagages et est enregistré en soute, il suit le champion partout dans ses voyages. Cette vie sur les routes éreinte et quand le coach manifeste son peu d’appétence pour les longs courriers et souhaite se sédentariser, le joueur se fend  d’un communiqué laconique sur sa page Facebook où il le remercie de sa fructueuse collaboration. Il le vire quoi.

Le coach est souvent ancien joueur de pointe (coach star), ancien prof ou joueur moyen (coach commun) ou autodidacte manchot raquette en main (coach gourou).

Indice de pertinence : 16/20.

Le préparateur physique

En voilà un qui est clairement venu empiéter sur les platebandes du coach. Le tennis – comme tous les sports professionnels – demande une préparation physique sans cesse affinée, on est en plein dans l’ère de l’athlète tennisman plus que du contraire. Les propos d’Andy Murray à ce sujet son éloquents, lui qui avoue consacrer l’essentiel de son temps d’entraînement au physique et à la musculation, son tennis allant très bien et vous en remerciant. Dans ce contexte le coach peut révéler des tares parce que la préparation physique fait appel à des notions aussi variées et effrayantes que la diététique, l’anatomie ou la psychologie.

Pour en revenir à notre analogie automobile, le préparateur physique c’est le designer qui conçoit la Formule 1, le coach étant l’ingénieur de piste qui devra l’exploiter.  Le gros du travail du préparateur physique se fait à l’intersaison, c’est là seulement que les changements profonds peuvent être envisagés : achats de nouveaux muscles plus puissants, confection d’une condition physique aux petits oignons, greffe d’un troisième poumon indétectable aux rayons X à l’aéroport. En plus de l’intersaison, quelques périodes de l’année peuvent être aménagées dans le calendrier pour des stages de rattrapage. Pour le reste, le préparateur physique ne suivra pas forcément le joueur sur tous les tournois, et sa présence s’y bornera à la mise en température de la bête avant le match, puis à son refroidissement après (dans le cas de David Ferrer le refroidissement est un peu plus complexe que celui du Queen Mary 2). Le travail physique sur les tournois est en général moyennement intensif.

Le préparateur physique devra veiller à ce que le joueur ne mange jamais de hamburgers et se couche juste après les dessins animés. En général il est plus docte et diplômé que le coach et lit des bouquins non-illustrés, ce qui peut créer des petites tensions entre eux, le coach étant un peu le patron de l’équipe. Le préparateur peut être lui-même ancien sportif professionnel, ce qui légitime son décompte des pompes, abdos et autres crunchs.

Indice de pertinence : 14/20.

L’agent

Gagner de l’argent c’est beau ; en gagner beaucoup c’est encore plus beau. L’agent c’est la plupart du temps le moins populaire de la bande. Le coach sait jouer au tennis, le préparateur physique sait écrire ischio-jambiers, mais l’agent c’est juste celui qui touche un pourcentage sur les contrats et gains du joueur et qui veut lui faire disputer une exhibition contre une star aveugle de la chanson sur la banquise la veille de Roland-Garros. Dans la réalité il fait un peu plus que ça.

L’un des aspects positifs des bons résultats en tournoi c’est de doper la notoriété du joueur ; avec la notoriété vient le pouvoir mercantile.  Les contrats publicitaires sont une importante source de revenus pour les meilleurs sportifs et contrairement aux gains en tournoi, ces revenus peuvent se prolonger bien après la carrière sportive pour les très grosses pointures. Défricher les contrats épais comme le bottin à la recherche de l’alinéa ter qui change tout, obtenir toujours plus de pépettes, vendre un joueur noir à une marque de crèmes solaires, obtenir des garanties ou conditions inavouables des directeurs de tournois, tout ceci relève de la compétence de l’agent. Même l’inscription à certains tournois et la négociation des plantureuses commissions y-relatives relèvent de sa juridiction.

L’agent devra avoir de l’entregent, du flair, du bagou et de sérieuses notions de droit et de marketing. En général c’est le premier de l’équipe à pleurer quand le joueur est pris dans un scandale impliquant des professionnelles du sexe fréquentées dans un endroit non prévu à cet effet. Non pas qu’il ait un profond respect pour le plus vieux métier du monde, mais parce que qui dit scandale dit perte de contrats… et de commissions !

L’agent dans le tennis n’a pas encore la même stature ni la même importance que dans le football. Il doit composer avec un écueil de taille: le quotient intellectuel du tennisman est en moyenne 40% plus élevé que celui du footballeur, ce qui en fait un volatile un peu plus délicat à plumer.

Indice de pertinence : 10/20.

L’équipe médicale

Un joueur c’est fragile, qu’on se le dise. L’homme a inventé la roue, la fusée Apollo et l’I-pad mais n’a toujours pas trouvé le moyen de rendre incassable l’œuvre de Dieu, lui-même. La violence physique du tennis de puissance (les raquettes ultra-rigides n’arrangent rien) et le rythme très soutenu des tournois sont une réalité qui se paye cash en pépins physiques. Ces facteurs rendent malheureusement nécessaire l’étroite collaboration entre le joueur et le corps médical. Abdominaux, dos, genoux, coude,  épaule, poignet : partout où il y a un muscle ou une articulation, le tennisman se blesse avec application et régularité.

Les meilleurs joueurs voyagent avec leur kiné personnel, ce qui est quand-même le comble du chic avec un gars qui ne va manipuler le patron qu’une demi-heure par jour. C’est le seul membre du staff médical qui suive la caravane dans son cirque infernal autour du globe. A quai reste le docteur fétiche, celui qui suit le joueur et sait tout de ses ribosomes, et l’orientera vers les spécialistes du dos, maîtres ès articulations, experts ès tendons et gourous en hernies en cas de besoin. Ceux-là ne chôment pas et doivent réparer pour de bon, sinon rendre provisoirement opérationnelles des mécaniques usées au-delà du raisonnable. Joueurs sous infiltrations, shootés aux anti-inflammatoires, changés en porc-épic par l’acupuncture, le corps médical est mis à contribution par des clients rarement raisonnables et qui divisent systématiquement par deux les périodes de repos imparties.

La partie immergée de l’iceberg médical c’est évidemment le dopage, qui comme chacun le sait n’existe pas dans le tennis malgré tous les efforts de la fédération argentine pour prouver le contraire. Toujours est-il que si ça existait, les Dr Mabuse auraient un marché mirobolant avec ce sport tellement exigeant physiquement. Mais heureusement pour nous et pour la morale, le tennis est épargné par ce fléau…

Indice de pertinence : 17/20.

La famille

Il faut distinguer deux types de familles de tennisman : celle qui réalise le rêve d’un des siens en le portant à bout de bras et consentant tous les sacrifices nécessaires pour qu’il devienne joueur pro, et celle qui réalise ses propres rêves en le poussant du bout des bras, en lui demandant tous les sacrifices nécessaires pour qu’il devienne pro. Les premiers seront des parents discrets mais impliqués, les seconds des parents invasifs, parfois abusifs. Bon c’est réducteur je le concède, la réalité est moins tranchée.

La famille discrète mais impliquée est transparente pour nous, en général elle accouche de bambins bien éduqués et équilibrés qui réalisent leur carrière avec les moyens du bord sans faire de vagues. Par contre dans la famille invasive il y a à boire et à manger pour les journalistes.

Dans la famille invasive je demande le Papa Coach, chef incontesté et principal suspect. On a bien des Mélanie Molitor ou des Judy Murray en Mama Coach mais elles sont exceptionnelles (au sens de rare hein). Le papa coach a la délicate tâche de trouver le juste équilibre entre motivation et harcèlement, de cerner ses propres limites techniques et s’entourer des personnes compétentes pour tirer la quintessence de la poule aux œufs d’or. Certains y arrivent avec maestria mais la frontière ténue avec la tyrannie est souvent allègrement franchie. De Damir Dokic à Arsalan Rezaï en passant par Mike Agassi, les cas de fissure ou d’explosion de la cellule familiale ne manquent pas quand la violence psychologique sinon physique s’invite dans la relation père-rejeton.

Le rôle de coah peut être tenu par un autre membre de la famille, un frère par exemple (Carl Chang, Eduard Davydenko, Bruno Clément).

On peut fustiger la présence de ces familles parfois lourdingues, mais c’est oublier que souvent nos champions ne sont encore que des gamins qui ont quitté l’école avant les équations à deux inconnues et embrassé une discipline quasi-militaire et une vie d’ascète à l’âge où leurs alter-égos ne pensent qu’à pécho et tirer une tafe. La présence de la famille peut s’avérer un vrai confort psychologique, sinon une absolue nécessité côté WTA (même si on en a fini avec les joueuses de 14 ans et demi).  Évidemment, certaines familles donnent vraiment l’impression de s’éclater dans la vie de château (clan Djokovic, Monfils family).

Le joueur devenu presque grand commencera à voyager avec sa petite amie, puis s’enhardira et l’épousera, et une fois en fin de carrière lui fera carrément des marmots.

Indice de pertinence : 12/20.

La photo finish

On pourrait encore citer le préparateur psychologique, le diététicien, l’attachée de presse ou chargée de communication etc. La liste semble sans fin. Récapitulons : un joueur à succès ayant les moyens de sa politique et déjà trouvé l’amour à qui il aurait fait deux enfants, est susceptible de se rendre sur un tournoi important avec une garde rapprochée de huit à quinze personnes.

Ceci dit certains joueurs sans staff pléthorique et juste copropriétaires d’un coach dont ils ont la garde partagée, se sont déjà signalés en demandant une trentaine d’accréditations pour leurs proches pour un tournoi joué à domicile (Sliderman si tu me lis…).

Tags:

198 Responses to Ma petite entreprise

  1. Pat 19 septembre 2011 at 4:34

    Content de voir que le match de la Suisse n’a pas été faussé.
    A Sydney, c’est comme partout en ce moment : on est près de l’équinoxe et les jours ont la même longueur. Mais en France ou en Espagne, on est pratiquement deux heures décalés sur le soleil avec l’heure d’été donc un match commencé à 12 h commence en réalité à 10 h.
    Au fait, les arènes de Cordoue étaient éclairées ?

  2. Antoine 19 septembre 2011 at 9:18

    Là, je crois qu’il faut élever une statue en l’honneur d’Elmar. Se lever à 4h du mat pour voir deux doubles fautes et deux autres fautes directes mérite bien cela ! Toutes mes félicitations anticipées. La souscription est lancée. Je mets 100 € au pôt. Envoyez chèques ou virements à l’adresse habituelle.

    • karim 19 septembre 2011 at 9:32

      Moi ma question c’est, est-ce que les Suisses se sont jetés les uns sur les autres et ont hurlé? Parce que, comment on fait pour avoir de l’influx et être au taquet émotionnellement en trois minutes? c’est une situation totalement dingue. si c’était pour que Leyton fasse caca dans sa couche ils auraient pu laisser le match aller à son terme la veille quoi, franchement!!

    • Robin 19 septembre 2011 at 11:07

      http://www.youtube.com/watch?v=3o6Rlt7fXBs&feature=youtu.be

      Réaction très suisse, pas d’excessif. Assez cocasse quand même comme situation ^^.

  3. Le concombre masqué 19 septembre 2011 at 11:28

    J’aime cet article parce qu’il ne traite pas de l’actualité, mais d’un sujet, si je puis dire, de fond, sur le tennis. Et ça c’est uniquement sur 15-love.

    J’aime cet article parcequ’il signe le grand retour de karim dans la vie 15-lovienne, tant au niveau des « papiers » que des coms.

    J’aime cet article parceque la photo d’Agassi enfant est superbe.

    J’aime cet article parcequ’on retrouve avec force nostalgie ce bon Elmar qui sort de son lit pour savoir si Stan a bien fait un double-noeud à ses lacets de chaussure, et si oui, dans quel sens.

    J’aime cet article parcequ’on y décèle le potentiel Antoine sanglant à souhait, mais pas sanglant juste au cutter comme ça a pu être le cas, quand il se fâche un peu trop vite et qu’il prend le premier objet qui lui tombe sous la main. On parle de démembrement minuté et minutieux d’un futur fait divers/commentaire innoportun, stats à l’appui, histoire du tennis en bandoulière… Antoine a retrouvé sa scie circulaire, disque diamant, j’ai hâte de le voir à l’oeuvre sur le premier qui dit une connerie. (Gaël, tais-toi).

    J’aime cet article, car dans les coms on peut lire les mots « DelPo 3.0″ non associés à un conditionnel ou à un imparfait.

    J’aime cet article, car dans les coms, on y parle de gazon et d’Australie.

    J’aime cet article car le Lundi matin…on en a besoin.

    Enfin, moi en tous cas.

    Concombre.

    • karim 19 septembre 2011 at 1:56

      Finalement pour Agassi sur la photo on voit qu’on peut finir sa carrière chauve comme un bonze après avoir commencé comme Mireille Mathieu et eu une période Madonna.

      • Le concombre masqué 19 septembre 2011 at 2:00

        J’ai toujours adoré le regard de ce champion. Il a une espèce d’intensité, de lueur dans son regard…mythique. J’ai toujours pensé que ce coup d’oeil, pour le retour de service était palpable dans ses yeux. J’aodre en fait voir qu’enfant, ses yeux sont déjà si expressifs. C’est d’ailleurs comme ça que je l’ai reconnu.

  4. Guillaume 19 septembre 2011 at 3:43

    Plein de choses à dire sur le sujet, bien content que tu te sois décidé à publier ce texte, Karim. Je suis complètement à la bourre aujourd’hui, mais j’essaierai de repasser plus tard.

    @ William : y’re the next.

    • William 19 septembre 2011 at 4:41

      D’oh !

  5. Elmar 19 septembre 2011 at 3:50

    Maintenant que la Coupe Davis est passée, un mot quand même sur l’article.

    Première chose: c’était une bonne idée, neuve en plus, ce qui n’est pas évident!

    Sur la forme: à quoi rime cet « indice de pertinence »? S’agit-il de savoir s’il est pertinent pour un joueur d’avoir un coach / préparateur physique / etc ou s’agit-il de savoir si ce coach / préparateur physique / etc ont un impact positif sur les perfomances du joueur? Parce l’agent, par exemple, est très utile au joueur, mais il n’aide en rien les performances du joueur (à ce titre, indice de performance = 0).

    Sur le fond: le plus surprenant est en effet le kiné qui suit partout le joueur… et pas le reste de l’équipe médiacale. On peut en effet penser qu’un médecin du sport, capable de diagnostiquer le moindre pépin, de faciliter la récup’, voire d’offrir un surplus de performance (…) serait au moins aussi important que l’apport d’un masseur…

    Sinon, il faut aussi relever qu’on a vraiment de tout sur le circuit: des petites cellules ou des teams très étendus, des joueurs avec ou sans coach, avec une famille invisible ou au contraire très présente. Mais définitivement, le préparateur physique semble devenu totalement incontournable dans le tennis moderne. C’est sur cette dimension athlétique (propice aux excès) que le tennis a le plus évolué sur ces deux dernières décennies.

  6. Antoine 19 septembre 2011 at 4:48

    Del Potro..

    Au classement ATP de ce lundi, mis à part le fait que Fish et Monfils échangent leurs places (Fish, désormais 7ème, atteint donc le meilleur classement de sa carrière alors qu’il aura 30 ans début décembre), le seul changement significatif est le fait que Del Potro gagne quatre places et se retrouve donc 13ème. A la Race, il est 12ème. Il va probablement continuer à monter d’ici la fin de l’année. S’il cartonne à Shangaï ou à Bercy, il peut même se qualifier pour le Master’s bien que les places soient chères. Il peut sans doute atteindre le top 10 d’ici la fin de l’année…

    Il y en a beaucoup qui auraient aimé qu’il fasse mieux mais vu qu’il a débuté l’année en étant 259ème, je trouve que c’est un très bon résultat. Il me parait irréaliste de penser qu’il pouvait faire mieux que cela. Il n’a pas eu de mauvaises défaites depuis un bail me semble t il. Il a plafonné durant la tournée US mais il n’existe pas non plus de trajectoires rectilignes et ce week end de CD montre qu’il est revenu à un très bon niveau. Il dit que son match contre Tipsarévic était son meilleur match de la saison.

    Il est désormais en position de jouer sans doute plus que les troubles fêtes en 2012. Il lui manque encore une victoire marquante sur une grosse pointure, c’est à dire un des membres du top 3 (j’ai décidé d’exclure la Murène une bonne fois pour toutes de ce groupe là). Il aura encore au moins une occasion de ce type d’ici la fin de l’année: la finale de la CD mais Rafa sur terre en trois sets gagnants, c’est sans doute encore un peu trop gros…Peut être à Shangaï ou à Bercy…, voire au Master’s s’il parvient à se qualifier, ce que je ne crois pas..

    Le Djoker..

    On dit que la saison du Djoker ressemble à celle de Big Mac en 84..Pas faux, surtout si l’on veut bien se souvenir que les seules défaites de Big Mac étaient intervenues à Roland Garros (battu par je ne sais plus qui), Cincy (battu par Armitraj) et en Coupe Davis (battu par Sundstrom)

    3 défaites donc pour le Djoker so far cette année, comme Big Mac, mais ce dernier avait gagné 82 matchs et remporté 13 des 15 tournois qu’il avait disputés en simple (plus huit tournois en double). Le Djoker qui a précipité la défaite de son équipe en CD, première défaite à domicile de l’Equipe, première défaite du Djoker par la même occasion. Il reste donc trois tournois et 18 matchs à gagner pour que le Djoker fasse aussi bien que Big Mac. En fait, cela ne colle pas avec le nombre de victoires. Mieux vaut qu’il dispute quatre tournois et les gagne tous les quatre; à 5 matchs par tournois, cela amènerait le Djoker à 84-3 avec 14 tournois gagnés sur 16, mieux que Big Mac ! Une autre façon de comptabiliser est d’exclure de la saison 84 de Big Mac les trois victoires remportées début janvier 85 au Master’s, ce qui ramène son total à 79, ce que le Djoker peut égaler sur trois tournois. Ce n’est pas très catholique puisque le Master’s de janvier 85 fait partie de la saison 84. En plus Big Mac l’avait gagné: victoires contre Jarryd, puis tannée administrée à Wilander (6-1 6-1) et même tarif ou à peu près pour l’ami Lendl en finale (7-5 6-0 6-4)…Et puis dans ce cas, il faudra logiquement comptabiliser les trois victoires obtenues par Big Mac au Master’s de janvier 84 qui clôturait la saison 83 et cela ne change rien aux affaires de Djoko puisque Big Mc avait battu Kriek puis flanqué une tannée à..Wilander (6-2 6-4), puis encore l’ami Lendl en finale (6-3 6-4 6-4) !…Il y a donc encore du chemin à faire..Cravache Djoko !

    Les frenchies à Metz..

    Sinon, pour ceux des joueurs français qui visent une qualification au Master’s ou qui en ont théoriquement la possibilité (Monfils, Jo, Simon, Richie), le tournoi ou il fallait être cette semaine est Bucarest et non Metz, beaucoup plus relevé avec 3 top 20 et un paquet d’autres bons joueurs, dont notre ami Ivan..Jo et Richie sont TS1et TS2..A Bucarest les TS1 et TS2 sont Chela et Florian Mayer..Bucarest rapporte autant de points et presque autant de pognon que Metz, hors garanties bien sûr..Ils ont du casser leur tirelire pour avoir Jo..Ce n’est sans doute pas pour la Coupe, la plus laide de tout le circuit, l’année dernière du moins..

    • inès 19 septembre 2011 at 8:02

      Mais jouer en France, c’est plus agréable pour un français (encouragement du public, pas de décalage horaire…). Au final c’est un plus pour aller jusqu’au bout !

  7. William 19 septembre 2011 at 7:30

    On parle d’une possible coupure d’un moins pour Djokovic, il s’estime heureux car il s’attendait à pire. Dans ce cas il manquerait les tournois de Pékin (tenant du titre) et Shanghai (demi finale). Si c’est le cas cela réduit définitivement ses chances de rejoindre McEnroe pour le nombre de victoires.

    • Antoine 19 septembre 2011 at 8:55

      Rupture partielle d’un muscle du dos nous dit le Djoker qui ajoute qu’il n’a jamais eu ce pépin. Ne sait pas combien de temps il va arrêter..A son programme de fin d’année, il y avait Pékin, Shangaï, Bâle et Bercy avant le Master’s. Fera peut être sa rentrée à Bâle et essaiera de pourrir le vie de Federer un peu plus..

      Il parait qu’il va profiter de ce break pour se marier avec la belle Jelena Ristic, sa copine depuis plus de cinq ans..C’était la rubrique people !

      Un bon break, de toute façon programmé mais désormais étendu, lui fera le plus grand bien..

      • Djita 19 septembre 2011 at 9:33

        Eh ben, s’il se marie cela aurait été une année fructueuse jusqu’au bout. Sa copine est magnifique il a bien raison de se marier. ;)
        Pour ajouter au people, Karlovic a eu une fille. Je me demande si elle sera aussi grande que lui. ;)

      • karim 19 septembre 2011 at 10:49

        Elle est quel signe astrologique la petite? girafe?

        • Djita 20 septembre 2011 at 10:17

          Hahaha facile. :lol:

  8. Colin 19 septembre 2011 at 8:46

    Très sympa ce petit texte maître Yoda, on apprend des trucs et c’est superbement iconographié (enfin bref les photos sont sympas quoi!)

  9. Sylvie 19 septembre 2011 at 9:32

    Je n’ai pas encore eu le temps de lire ton article à fond, karim mais je n’oublie pas . Le sujet est déjà très interessant.

  10. NTifi 19 septembre 2011 at 10:26

    Tant mieux que Djoko soit blessé un mois, Federer et Nadal pourront souffler un peu lol.

    • Quentin 19 septembre 2011 at 10:55

      Ben non pas lol, c’est super moyen ce genre de remarque! :evil:

    • Djita 20 septembre 2011 at 10:16

      C’est surtout puéril. Au contraire,je veux qu’il soit là le Djoko. :evil:

  11. Serge 20 septembre 2011 at 10:09

    Je viens de recevoir 2 places VIP pour le lundi au tournoi de Bangkok.
    Je ne promet rien mais je vais essayer d ecrire un petit compte rendu de cette journee.

    • Guillaume 21 septembre 2011 at 9:58

      Trop tard ! On attend tous notre premier article live depuis la tournée asiatique !!!

  12. May 20 septembre 2011 at 1:05

    Puisque le sujet est d’actualité :

    http://www.tdg.ch/depeches/sports/stanislas-wawrinka-separe-peter-lundgren

    Peter un coach kleenex ? À classer dans la catégorie des coachs jetables donc… Il sait au moins ce qu’il veut Stan ?

    • Sylvie 20 septembre 2011 at 6:54

      A croire que karim a eu l’info avant nous.

  13. Sylvie 20 septembre 2011 at 6:59

    J’ai enfin pris le temps de lire cet excellent article, de karim. Comme toujours, on y retrouve une plume alerte, des analyses intéressantes et un dosage parfait d’humour (jalousie !). Tu fais bien le tour du sujet, nous rappelant que, si un bon coach ne fera jamais un champion d’une chèvre, l’entourage immédiat du joueur talentueux ( famille, coach, préparateur physique, merci Paganini) sont essentiels pour transformer un diamant brut en joyau.

  14. William 20 septembre 2011 at 7:10

    Dans le genre entraineur-moteur on a aussi Larry Stefanki. McEnroe, Rios et Henman, pas des joueurs de bac à sable ! Il a aussi emmené Gonzo à son meilleur classement et l’a porté jusqu’à la finale de l’AO 2007. Il avait aussi redonné un coup d’accélérateur à la carrière de Roddick en 2009, avec une nouvelle demi-finale australienne et surtout une finale de plus à Wimbledon.

    • Guillaume 21 septembre 2011 at 9:50

      Kafel aussi, pour Stefanki. C’est lui qui l’accompagnait quand il a gagné l’OZ 99.

  15. Antoine 20 septembre 2011 at 7:18

    Je viens de voir le vrai co-Goat, Mahut, se qualifier pour le deuxième tour à Metz. Je ne m’étais pas rendu compte de la rapidité du court ! C’est super rapide et Mahut n’a paumé que cinq points sur son service. La surface est idéale pour lui, comme pour Llodra. S’il y a un endroit ou l’on peut encore faire service volée et ou c’est même recommandé, c’est bien là bas..

    • Djita 20 septembre 2011 at 7:57

      Ah ba Antoine tu fais des progrès, Mahut étant passé de Goat à co-goat. La prochaine fois c’est sous-goat? :lol:

      • Antoine 20 septembre 2011 at 9:38

        Mais pas du tout ! Depuis le match du siècle, j’ai dénommé MM. Isner et Mahut co-Goats tous les deux. Par ailleurs, Llodra est le Goat caché comme chacun sait…et tout le monde sait aussi qui est le présumé Goat ou Goat de pacotille selon les jours…

        Au prochain tour à Metz match entre le co-Goat et le Goat caché (sauf si Clément bat le Goat caché bien sûr). Cela devrait être bien; rien que des services volées de part et d’autre; un vrai match de Goat à l’ancienne. Le Goat caché partira favori mais le co-Goat peut faire le boulot. Jo avait eu du mal contre lui l’année dernière et il jouait très bien cette après midi..

        Tiens à propos de Metz et de la présence de Jo là bas, je disais l’autre jour qu’ils avaient du casser leur tirelire. C’est bien cela et je ne me rappelais plus qu’après avoir été planté par Notrefils à qui ils avaient donné une grosse garantie l’année dernière, ils ont fait affaire peut de temps après avoir Jo qui a signé un contrat pour trois ans avec eux. Boutter a d’ailleurs fait des déclarations assez saignantes au sujet de Notrefils et, à titre préventif vis à vis de Richie également.. J’ai appris à cette occasion que le budget de l’épreuve avait doublé en qq années et était de 3M€ désormais, ce qui laisse pas mal de marges pour attirer des bons puisque le prize money stricto sensu est un peu inférieur à 500 K€…Pour les très bons, les 250 et les 500, finalement, c’est ce qui rapporte le plus vu que sur les 1000, les garanties sont interdites..

  16. antsiran23 20 septembre 2011 at 9:39

    Quelle ordure ce Djoko, il se roule parterre à cause d’une cheville qui flanche à peine et il prend 6 semaines de voyage de noce sous couvert d’accident du travail. La cause officielle ? Un problème de dos. Donc il a abandonné un match de CD, fait perdre son pays en jouant une grotesque comédie, il a une fois de plus honteusement laissé en plan un match où il était largement dominé, à la loyale. Le tout avec la complaisance de tout le monde du tennis !!! Une ordure.

    • Antoine 20 septembre 2011 at 9:42

      Ben mon neveu ! Voilà une attaque dont il n’est pas prêt de se remettre ! Tu sortais avec jelena Ristic avant lui, par hasard ?

  17. antsiran23 20 septembre 2011 at 9:57

    C’est qui jelena ?

    • Antoine 20 septembre 2011 at 10:14

      V. plus haut…la belle Jelena est la petite amie du Djoker depuis cinq ans. ils doivent convoler en justes noces à l’occasion de ce break bienvenu, dit on…

  18. antsiran23 20 septembre 2011 at 10:27

    Dur pour eux ce mal de dos pendant le voyage de noces. Une petite entorse au pied, soit, mais là, va pas être vaillant « jamais avec du gluten ».

    • William 20 septembre 2011 at 10:32

      Certaines causes valent plus de peine que d’autres… Ma Serbie pour une Ristic !

  19. Guillaume 21 septembre 2011 at 9:36

    Tout d’abord, les photos sont géniales. De petit Agassi à Dédé et Big Jim chez GI Nick, en passant par toute la tribu Djokovic, ça donne vraiment envie de se plonger dans le récit.

    L’entourage des joueurs est un sujet dans l’ensemble peu abordé, et pourtant tellement fondamental dans l’existence des champions. C’est vrai que le simple binôme joueur – coach historique paraît avoir vécu. Les derniers du Top 100 qui y correspondent sont tous des joueurs aux alentours de la trentaine : Ferrero – Martinez, Youzhny – Sobkin, Ferrer – Piles. Éventuellement on a Delpo et Davin qui semblent partis pour un long bail, avec tout ce qu’il ont déjà vécu.

    Hors ce modèle, on trouve encore toutes les tendances, de l’indépendant qui se passe de coach (Tsonga) à celui qui se fait assister d’un entraîneur sans bagage mais ami (Monfils/Chamagne)… ce dernier cas illustrant aussi les tensions qui finissent par survenir dans ce genre de team à rallonge, avec la guéguerre larvée Rasheed/Chamagne qui a abouti au départ du premier. D’où l’intérêt d’avoir dans la cellule une Mirka qui n’hésite pas à remettre tout le monde à sa place. Sans une figure forte ce type, la team ressemble assez vite à une usine à gaz.

    L’entraîneur star à tendance jetable – Stefanki, De la Pena, Higueras – a toujours autant de succès, mais il faut noter que les coachs eux-mêmes commencent à rechigner à voyager, à sacrifier en partie leur vie de famille pour suivre un joueur de tennis. Résultat : ils se lient de plus en plus à des académies ou à des structures sponsoring pour se caler des missions courtes, sans trop de contraintes. La plus connue est la team Adidas, où les stars ne sont plus les joueurs, mais bien les coachs : ce ne sont pas les techniciens qui vont à la rencontre du joueur, mais celui-ci qui se déplace pour venir chercher les compétences de l’entraîneur sur un laps de temps bien défini : Tsonga encore, Murray, Verdasco, Ivanovic… ont tous été voir à un moment où un autre un membre du Team Adidas. De tête il y a Sven Groenefeld, Gil Reyes l’ancien préparateur physique d’Agassi, et bien sûr la star du monde du coaching, l’homme qui s’offre même le luxe de refuser d’entraîner Federer car il ne veut pas trop voyager, Darren Cahill.

    Cette starisation des coachs est d’ailleurs une vraie nouveauté… mais peut tourner bien vite. Il y a cinq ans, Peter Lundgren était la Rolls des entraîneurs. Il avait amené trois caractériels au sommet : Rios N°1 mondial, Federer vainqueur de Wimb 2003 et quasi-N°1, et Safin vainqueur de l’OA 2005. Le monde du tennis louait son génie. Six ans plus tard ? Il s’est planté avec Baghdatis, s’est planté avec Dimitrov (gros manque de psychologie à chaque fois), s’est fait virer par la Fédé anglaise, qui l’avait embauché pour travailler à la formation des jeunes, pour cause d’un penchant certain pour la bouteille… et pas plus tard qu’hier se fait encore jeter par Wawrinka. Grandeur et décadence… D’où peut-être d’ailleurs l’envie parfois du coach de capitaliser sur sa réputation et de ne pas s’engager dans un nouveau challenge où finalement il aurait plus à perdre qu’à gagner. Cf Cahill qui n’a plus entraîné depuis six ans maintenant. Il a fait de Hewitt le plus jeune N°1 de l’histoire, d’Agassi le plus vieux N°1 de l’histoire… Quelle suite donner à ça ?

    • Colin 22 septembre 2011 at 6:20

      Faire de Monfils le plus benêt N°1 de l’histoire. Ça c’est un challenge!

info login

pour le login activer sur votre profil la barre d'outils

Demande d’inscription

contactez-nous à : 15-lovetennis@orange.fr

Archives

Suivez nous sur Twitter

@15lovetennis