La couleur de Séville

By  | 20 septembre 2014 | Filed under: Bord de court

On se dit amateur de tennis, et ce n’est pas complètement faux. On se croit grand consommateur – et c’est exagéré. Des images sur internet ou à la télé, et puis surtout des mots: de Tennis magazine et L’Équipe quand on était enfant, aux blogs et à Twitter aujourd’hui. Des mots qui forment un commentaire infini, si plaisants à lire ou à écrire, mais qui menacent de se superposer à la réalité du jeu. Que de grands matchs n’a-t-on pas vécus après-coup, dans un compte-rendu de journal, en commençant bien sûr la lecture par la ligne du score ! Mais un coup gagnant peint dans les traits vifs d’un grand style vaudra-t-il jamais l’original ?

Alors quoi ? S’abonner à une chaîne de sport pour améliorer le quotidien saccadé et flou du streaming ? Se payer un séjour dans un jardin londonien ou à la Porte d’Auteuil (vendre un organe, flinguer les vacances en famille, et se mettre à dos un patron hostile aux congés hors mois d’août) ? Et puis, en flânant ici et là, on tombe sur de drôles de récits, voire des récits drôles, quoique à la limite de l’expérience paranormale : il existerait un circuit de tennis où participeraient grosso modo les joueurs de la deuxième page du classement ATP. Aucune star, mais un bon niveau. Et il y aurait même des gens qui suivraient l’actualité de ces tournois semaine après semaine ! Les Challengers, que ça s’appelle. Comment ? Il pourrait y en avoir près de chez moi ? On consulte le calendrier et la lumière se fait. « Le challenger de Séville aura lieu du 6 au 13 septembre. » Alors on cède à la curiosité : rendez-vous est pris pour voir. Du tennis. Pour de vrai.

DoubleJ1

Séville, comme d’autres cités espagnoles en ce début de siècle, a nourri des rêves de grandeur sportive. Deux finales de Coupe Davis et un championnat du monde d’athlé ont eu lieu dans le hideux stade olympique, lui-même édifié au cœur des ruines plus ou moins désaffectées d’un rêve urbain essoufflé – l’Exposition universelle de 92. Une candidature à l’organisation des JO, vite évincée au profit de Madrid, fut la dernière folie d’une ville pourtant sans infrastructures dignes de ce nom. A l’opposé de ces projections pharaoniques, le Real Club de Tenis Betis, où se déroule le Challenger, loge dans un quartier résidentiel bourgeois, le Porvenir, situé non loin des réussites architecturales de l’autre grande Exposition, celle de 29.

En entrant dans le stade, en cette fin d’après-midi d’été, on aperçoit justement une des tours de la majestueuse Place d’Espagne. Puis, ce qui frappe le regard, c’est la couleur. On connaît la terre ocre de Paris, la har-tru verte des Etats-Unis. Il y eut la terre bleue de Madrid, aujourd’hui reléguée aux oubliettes. En Andalousie, la terre battue s’appelle de toute éternité el albero. On y célèbre les corridas dans des arènes bruyantes; on y marche, éreinté de chaleur, entre les chapiteaux des Férias. Et c’est sur cette terre, jaune, que se dispute la Copa Sevilla. La chanson dit vrai : Séville a une couleur spéciale.

Les installations me semblent succinctes : un court central avec tribunes sur deux côtés, deux courts adjacents, et c’est tout. Ah si, j’oubliais le point focal de tout lieu public espagnol qui se respecte : le bar, où la Cruzcampo ne cesse de couler et où l’affluence est souvent plus importante que celle des matchs. On ne croirait pas qu’un tournoi de tennis professionnel est en train de se dérouler. J’ai dû me tromper de stade. Ou de date. Ces joueurs sont certainement des amateurs de bon niveau, voilà tout. Euh… De très bon niveau, même ! Et ce grand blond un peu maigre, ne ressemble-t-il pas à Gimeno-Traver ? Pas que je le connaisse bien mais sa photo est partout ! Non, non, pas d’erreur, c’est bien là. Cette ambiance détendue, cette modestie, siéent bien à cette ville où se respire une certaine douceur de vivre.

Le marketing, en revanche, est hyperbolique, du moins sur le papier. L’affiche de l’édition 2014, qui comme il se doit n’a aucune peur du ridicule, vante ce tournoi comme étant « la catedral del tenis ». Et Wimbledon, c’est un presbytère ? On pourra lire aussi, sur le site officiel ou ailleurs, des classements qui semblent tomber à point pour valoriser l’événement : « le cinquième meilleur tournoi espagnol », le « quatrième mieux doté » (car El Espinar, à Ségovie, pourtant plus renommé, n’offre pas plus d’argent ni de points). Au moment de la cérémonie de remise des prix, la Copa Sevilla sera encore qualifiée de « meilleur Challenger espagnol sur terre battue ». Impressionnant, non ? Comment ça ? Vous avez mauvais esprit et vous vous demandez s’il ne s’agirait pas du seul de son genre ? Gagné : il n’y a que deux Challengers espagnols dans le calendrier. Et l’autre, Ségovie donc, se joue sur dur.

Les joueurs inscrits au tournoi sont venus par délégations. En dehors des locaux qui occupent plus de la moitié du tableau, on trouve des Néerlandais, des Français, des Italiens. Soyons honnêtes, je ne connais pas grand monde. Mais les spectateurs sont parfois chanceux : lors de l’édition 2001, ils avaient pu voir évoluer un futur grand tel que Rubén Ramírez-Hidalgo, ainsi que d’autres jeunes un peu moins connus, comme on peut le constater sur le tableau…

En 2001, Marc Lopez était TS 1... en simple

En 2014, l’organisation a choisi de nous vendre deux joueurs en particulier : Daniel Gimeno-Traver et Pablo Carreño Busta. Gimeno - aucun lien - a en effet remporté les trois dernières éditions du tournoi ; s’il gagne cette année encore, il égalera le record de victoires consécutives dans un Challenger, détenu pour l’instant par le seul HT Lee à Séoul ! Gros titres en perspective ! Quant à Carreño, surnommé « le prince » sur une affiche, il porte sur ses épaules le lourd statut de favori du tournoi, car il est le seul membre du Top 100 à y prendre part. Il est connu pour être jeune, gagner plein de Challengers, mais il est d’abord présenté comme le joueur qui a affronté Federer au premier tour de Roland-Garros 2013. Bref, c’est un peu comme si le Suisse en personne était venu taper des balles à Séville ! La photo de leur poignée de main d’après-match est d’ailleurs affichée sur les murs du club. Le score, bizarrement, n’est pas indiqué.

Et le jeu, dans tout ça ? J’y viens.

Mardi, tauromachie

Après avoir loupé la première journée du grand tableau (il y avait aussi les qualifs le week-end, mais l’ethnologie a des limites), je me rends pour la première fois dans ces arènes de terre jaune, pensant bien assister à quelque mise à mort.

Je m’installe devant un match de double sur le court nº3, qui intéresse une quinzaine de spectateurs, ramasseurs, juges de ligne et arbitre inclus. Contrairement au court nº2, il y a tout de même la possibilité de voir le match non pas debout derrière le grillage, mais assis sur une chaise surplombant le terrain.

Il s’agit d’un match France – Espagne, qui n’est pas fait pour corriger nos idées reçues. Si les Espagnols sont rivés en fond de court d’où ils liftent tout ce qu’ils peuvent en criant fort, la paire française cherche le filet en permanence. Jonathan Eysseric et Pierre-Hugues Herbert, car ce sont eux, mènent au score mais ont des difficultés à conclure. En simple, Eysseric a sorti le cadet des Melzer le matin même, tandis qu’Herbert est déjà éliminé. Eysseric m’est sympathique d’emblée par son grand sourire décontracté qui cache des nerfs à fleur de peau. C’est son équipier qui enfile le costume de leader sur le terrain avec son service et sa volée, mais c’est lui qui vit le plus le match. Il parle, il peste, il fait taire des jeunes filles qui gazouillent aux abords du court. Et se fait breaker en servant pour le match, après avoir mené 40-0. On comprend qu’il s’autorise quelques commentaires urbanistiques entre deux points :

« Mais j’y vois rien avec cet immeuble blanc de meeeeeeerde! »

Le putain d'immeuble blanc de merde

Le « putain d’immeuble blanc de merde »

Je me demande qui joue le rôle du taureau sur l’albero. Si ce sont les Français, qui se défendent comme ils peuvent des banderilles reçues au filet. Ou si ce sont les Espagnols, qui montrent leurs gros bras, se refusent à perdre le match, et remontent au score. Il est 20h00, le super-tie-break est sur le point de commencer, et la tension est palpable sur le visage des trois spectateurs du match, quand soudain… je fais faux bond aux Frenchies pour aller voir ce qui se passe sur le court nº1.

Car sur le court nº1, c’est peut-être la légende qui s’écrit. Certes, ce n’est pas Rod Laver en 1969, ni Sampras en 2000. C’est Gimeno-Traver. Mais s’il souhaite entrer dans l’Histoire, l’Histoire, elle, n’a pas l’air tout à fait d’accord. Je me suis rendu précipitamment à ce match par crainte qu’il ne se termine trop vite. Le score est de 6-0 dans le premier set, et break dans le deuxième… le tout en faveur de son adversaire! Ce dernier, Daniel Muñoz de la Nava de son petit nom, ne fera pas de cadeaux et s’ouvrira le chemin vers la victoire à coup de lifts consciencieux, Gimeno commettant faute sur faute. On s’ennuie franchement. Curieusement, le super-tie-break du double, commencé tout à l’heure, n’est pas encore terminé ! Il n’est pas trop tard pour courir voir les Français l’emporter 11-9, sous les yeux d’un nouveau venu. Un grand mince, à la blondeur angélique, et à la petite voix. Son match de simple commence d’ici une demi-heure. C’est Pablo Carreño.

Le temps de faire des réserves de bière et de sandwichs au stand, et la night session débute. Carreño, encore plus favori du tournoi depuis la raclée de Gimeno et l’élimination de trois autres têtes de série, joue contre un certain Jordi Samper. Vu les classements respectifs (70e contre 250e), on peut craindre un non-match. Peut-être influencé par l’entraîneur de Samper qui fait du coaching à trois sièges de moi, ou habité malgré moi par le tropisme des publics de tennis pour les outsiders, je souhaite assister à une surprise.

C’est mal parti pour. Carreño débute le match en douceur, sauve une balle de break, puis met un petit coup d’accélérateur sans avoir l’air d’y toucher. Le revers de Jordi Samper, d’un an plus âgé, est faiblard, même si son slice ne marche pas trop mal sur une surface qui prend bien les effets. Il est nerveux, parle beaucoup, et tourne dès que possible autour de son revers pour lâcher de gros coups droits liftés en dépensant beaucoup d’énergie. Pas assez pour gêner un tennis fluide, aux coups plus rasants, ponctué d’amorties et de montées au filet pour conclure les points. 6-3 Carreño, qui, mené 2-0 dans le deuxième set, débreake blanc grâce à quatre winners inspirés. Tout au bord du court, j’apprécie à sa juste valeur le kick parfois insensé de ses deuxièmes balles.

Carreño est à l’aise ce soir, peut-être trop. Il a une certaine nonchalance et laisse son adversaire placer quelques coups de cornes qui prolongent le match. Les échanges deviennent spectaculaires, et c’est Samper qui les gagne de plus en plus souvent, claquant au passage quelques passings inspirés. Alors que la buvette derrière les gradins ne désemplit pas, que des cris d’enfants nous parviennent depuis un terrain de sport dans l’enceinte, que les deux joueurs, donc, se concentrent dans une ambiance qui confine à la fête foraine, Jordi Samper égalise à un set partout après avoir réalisé le break décisif d’un coup droit gagnant au ras du filet qui a fait se lever les quidams.

Le match devient particulièrement intéressant, intense, dans le troisième set. Carreño sent le danger, se parle de plus en plus: « Pablo, no, Pablo ! », se lamente-t-il. Au bout d’un jeu long de 10 minutes où il breake – break décisif, pense-t-on – il lâche son premier « Vamos ! » Mais Samper ne tarde pas à revenir au score. Le jeu est désormais prenant, les coups gagnants se multiplient. Le sentiment que quelque chose est en train de se passer sur le court, la détermination des joueurs tendus vers leur but, sont tangibles. Chaque spectateur le ressent d’autant mieux que le bar derrière nous a fermé et que le clan des buveurs, faisant silence, s’est rapproché afin d’assister à ce final. Il n’y a plus de bruit que le choc des balles au sol et contre les cordages. Je suis heureux de voir ça, sans intermédiaire, sans filtre. Vivre ce match est grisant, à moins que ce ne soient les – nombreuses – bières qui commencent à faire effet. J’hésite à souhaiter la même issue qu’en début de match: il serait bien de revoir jouer Carreño. Le directeur du tournoi, quant à lui, doit trembler. Quand on organise une corrida, on n’espère pas la défaite du torero.

Carreño

Pablo Carreño dans les couleurs du Betis

C’est ainsi que l’on en arrive au tie-break. Et Samper, après tout le chemin parcouru, se rate. Carreño, menant 4-1 sans avoir pris aucun risque, lâche ses coups et obtient 5 balles de match. Mais, alors qu’on se croyait proche du générique de fin du thriller, un ultime rebondissement. Carreño rate les deux premières occasions sur son service. Les deux suivantes s’envolent avec deux services gagnants. Et la cinquième, c’est au bout d’un échange intense, le plus disputé du match, le plus brillant de la part de Samper – car il faut le faire pour réussir à ce moment-là du match un tel coup droit décroisé gagnant – qu’elle disparaît à son tour. Retenez votre souffle, nous voilà à 6-6 ! Puis, c’est encore Carreño qui obtient la balle de match suivante. C’est presque tout. Le show se termine sur un couac en guise d’estocade : une balle de Samper, longue, n’est pas annoncée dehors par le juge de ligne, mais Carreño s’arrête de jouer, et l’arbitre confirme la faute. Le public semble se demander un instant si le match est vraiment terminé. Enfin, des applaudissements nourris emplissent l’air nocturne. Il est 23h30.

Mercredi, 3 jeux sur tapis vert

J’apprends que Gimeno-Traver et Muñoz de la Nava, adversaires hier (j’espère que vous suivez !), sont partenaires de double, et qu’ils ont déclaré forfait. Soit Gimeno est blessé, et le score sec de la veille s’explique (mais aucune information n’est sortie). Soit… soit il n’a plus envie de jouer avec ce sale type qui manque de savoir-vivre et n’hésite pas à l’humilier quand ils se jouent. C’est vrai : peut-on être amis et s’infliger des roues de bicyclette devant témoins, comme si de rien n’était ?

J’arrive au stade tout juste pour voir Lorenzo Giustino opposé à David Vega Hernández. Alléchant, n’est-ce pas ? Sont-ils des joueurs de la « deuxième page » ? Non, cherchez-les à la quatrième, voire la cinquième ! Giustino est un Napolitain de 23 ans ; Vega, originaire des Îles Canaries, a 20 ans – il est le plus jeune joueur du tournoi et dispute là un de ses premiers Challengers. Afin de me persuader de regarder ce match, je me dis que j’ai peut-être sous les yeux deux grands espoirs. Mais après le tie-break du premier set, le spectacle commence à me lasser. Comment le décrire ? Ah oui, j’y suis : deux gros bourrins qui liftent jusqu’à ce que mort s’ensuive. Fort heureusement, le déroulement du match compensera la pauvreté du contenu, et mort s’ensuivra. Prêtez attention.

Comme Vega a remporté le premier set, et qu’il semble prendre plus souvent l’initiative du jeu, je le soutiens sans failles dans le deuxième set, espérant surtout que ça se termine vite. Mais Giustino breake et rebreake. Que le troisième set soit bref, au moins ! Sauf que ce troisième set tarde à commencer : Vega n’a plus qu’un break de retard. Quand l’Italien sert pour le set une deuxième fois, le niveau s’élève brusquement ; on voit le jeu gagner en intensité et le lift remplacé par des coups plus tranchants, à la recherche du K.O. Après quelques minutes de grâce, Vega débreake, et l’affrontement reprend le sillon creusé depuis près de deux heures et demie maintenant. Je suis hanté : le lift, le lift, le lift, le lift.

Comme on pouvait s’y attendre, Giustino remporte malgré tout le tie-break qui suit et nous emmène au troisième set. C’est alors que quelque chose vient briser cette mécanique infernale. Le Napolitain, qui mène 2-1, se tord de douleur au milieu d’un échange, entre deux patates de coups droits qu’il commence à balancer sans se poser de questions, rompant le pacte tacite des échanges liftés à l’infini. Et alors qu’il convertit une balle de break pour mener 3-1, il s’effondre en plein milieu du court. Foudroyé par des crampes, il ne peut se relever, quand c’est pourtant à son tour de servir.

Lorenzo Giustino soigné pour des crampes au milieu de son match

Lorenzo Giustino soigné pour crampes

Le scénario bascule, par petites touches, dans le surréalisme le plus complet. Car l’arbitre annonce au micro que Giustino déclare forfait pour le prochain jeu, et qu’il ne mène plus que 3-2! En effet, le règlement stipule qu’on ne peut demander une pause médicale pour des crampes. Si un joueur choisit néanmoins de voir le kiné, il perd un point toutes les 25 secondes. Ce règlement n’ayant jamais été, à ma connaissance, appliqué au plus haut niveau, il était inconnu du public abasourdi.

Les soins durent, durent. Et brusquement, le score est de 4-3 pour Vega, ce qu’annonce l’arbitre au beau milieu du brouhaha! Ce sont trois jeux entiers que l’Italien a vu s’envoler en cinq minutes, se retrouvant même breaké sans jouer. Ça fait cher le massage. Et le jeu reprend, avec un Giustino qui tente le tout pour le tout au deuxième coup de raquette. Cette tactique n’étant pas au point dès la reprise, le jeune Vega mène désormais 5-3 après avoir gagné son deuxième jeu réel du troisième set.

Ce n’est pas fini. Bien que Giustino soit réduit, à un moment donné, à servir littéralement sur une jambe, il exécute quelques coups droits croisés léthaux et mène 40-0. Mais, au service suivant, un juge de ligne crie un « Foot fault » du plus bel effet, qui transforme d’ailleurs le point en double-faute. Ça y est ! On est devant Fognini – Montañés ! C’est l’acmé du match. Après cela, quoi de plus normal que l’Italien tienne son service, débreake quand Vega sert pour le match, et tienne encore le jeu suivant ! Au commencement de l’inévitable tie-break final, on pense ne plus pouvoir être surpris par quoi que ce soit que ce match puisse produire, quand Vega glisse en bout de course, chute, et se fait mal, au poignet semble-t-il. On se demande alors si les joueurs ne vont pas se départager en handisport, mais le match n’ira pas plus loin dans l’absurde. L’Italien mène 4-2 puis aligne cinq tristes fautes directes, jetant l’éponge au bout de 3h20 de match. Vega exulte en lâchant des cris de joie délirante. La poignée de main est glaciale.

Après toutes ces émotions, c’est au double de prendre le relais, retardé de deux heures. En ce jour de quart de finale de basket, la France est à nouveau opposée à l’Espagne, défendue par Carreño et Roberto Ortega-Olmedo, bourreau d’Herbert la veille. Carreño est le seul présent à être encore en course pour le simple. Il y a un hic pour les joueurs locaux : le service de P2H - qui, curieusement, multiplie les lancers de balle ratés, s’exclamant ainsi « Pardon » jusqu’à trois fois dans le même jeu – le service d’Herbert, disais-je, leur est aussi illisible qu’une page de Finnegans Wake, tandis que celui d’Ortega est malmené en permanence. Cet Ortega a un revers à une main, et n’est pas malhabile au filet, mais il est le plus petit des quatre joueurs. Le jeu, comme souvent en double, est agréable à suivre, direct, spectaculaire.

Obtenant le break au début de chaque set, les Français règlent l’affaire proprement en deux manches. Je me dis que le précepte de « monter plus souvent à la volée », que les commentateurs du monde entier répètent devant n’importe quel match, fonctionne indubitablement en double, et explique pour une bonne part le résultat. Au moment de la poignée de main, chacun s’excuse d’avoir visé les deux autres au filet durant le match. Carreño et Herbert semblent se connaître et s’entendre bien. L’harmonie règne. A 22 heures passées, bien qu’un dernier simple soit au programme, il est temps de rentrer.

Vendredi, lutte des classes

Ayant dû passer mon tour jeudi, j’ai malgré tout suivi les aventures de nos héros devant mon écran. Carreño a eu un quart de finale compliqué contre un Andalou. Décidément un peu mou parfois, il se fait marcher dessus dans le premier set, parvient à breaker à 2-2 dans le deuxième au terme d’un long jeu, puis déroule sans trop de problèmes. Quant aux Français, battus au super-tie-break par une paire irlando-néerlandaise, leur tournoi se termine en demies.

Ce vendredi, c’est la finale du double. Curieusement ou non, si l’Espagne avait placé 6 représentants en quarts de finale du tournoi individuel, elle n’en comptait qu’un parmi les 8 demi-finalistes du double. En finale, on retrouve trois Hollandais et un Irlandais. Parmi eux se trouve Boy Westerhof, dont le patronyme et les prestations de mannequinat (NSFW!) sont susceptibles d’inspirer du beau monde, comme cette cougar se prenant en photo avec lui et le draguant après la cérémonie de remise des prix. Un peu plus tôt dans la journée, il a abandonné sa demi-finale de simple après cinq jeux, mais est bien là pour le double. La surcharge musculaire alléguée ne doit pas être trop handicapante pour la discipline, à moins que les quelques heures de répit l’aient soulagé.

Quoiqu’il en soit, il gagne le tournoi, accompagné de Van der Duim, un joueur aux coups de patte astucieux, au bon toucher de balle. Comme ses coups de fond me semblent un peu pauvres, j’imagine l’ultra-spécialiste de double, mais le site de l’ATP m’apprend qu’il est tout de même 278e en solitaire. Il faut dire que c’est son plafond, à 27 ans.

Alors que la paire 100% Pays-Bas sert pour le match, à 7-6, 5-4, 30-30, petit incident : le point, accroché, se conclut par un passing gagnant des retourneurs. Mais Westerhof proteste immédiatement auprès de l’arbitre car James Cluskey – ce grand Dublinois dégingandé, qui pour le coup n’est productif qu’en double – a frôlé la balle au filet avant que Jesse Huta Galung ne la frappe pour de bon. L’arbitre n’a rien vu. Ce serait embêtant si Cluskey, fair-play, surtout en un tel moment, n’était intervenu pour rendre le point à ses propriétaires légitimes. Ceux-ci empochent le chèque de 2650€ d’un dernier service gagnant.

On a tout juste le temps de déguster des sardines marinées et un ceviche de gambas au bar du coin avant que ne commence la deuxième demi-finale du simple.

Finale2

Carreño et Daniel en finale

Deux nouveautés ont fait leur apparition pour les dernières journées du tournoi. Des gradins ont été ajoutés sur le court d’à côté ; je m’y installe pour suivre le jeu sous un autre angle, plus en hauteur, et derrière la chaise d’arbitre. La vue d’ensemble est appréciable pour mieux comprendre les échanges, mais la perception de la vitesse change considérablement. Pour compenser en partie, un radar calcule la vitesse des service. Il est toujours intéressant de noter les km/h, mais je me demande si la mesure est systématiquement fiable. Sur les matchs vus, la puissance aura été environ de 115 à 195 km/h. Et clairement, ça frappe plus fort quand il y a balle de break.

Dans l’arène, face à un Carreño de plus en plus favori pour le titre, on retrouve un des « taureaux » vu le premier jour face au double français : Iñigo Cervantes. On ne saurait imaginer deux jeunes hommes à l’apparence plus opposée. Cervantes, c’est une démarche un poil arrogante, des manches retroussées sur ses biceps, une carrure musclée, des cheveux ras… En exagérant un peu, on pourrait l’imaginer traîner sur les places de la ville entouré d’un groupe de « canis« , ces jeunes Sévillans, vauriens ou même voyous, au mauvais goût manifeste. Carreño incarne quant à lui parfaitement le fils de bonne famille bourgeoise, le « pijo » – qu’il est effectivement – et ce n’est pas son air détaché, sa facilité sur le court, qui contredisent cette première impression.

Arrivé un peu en retard pour ce duel pijo-cani, je ne retiens pas grand chose du premier set, si ce n’est que, menant 5-4, Carreño sauve deux balles de break et conclut la manche sur un enchaînement service – volée liftée peu académique mais impressionnant. On sent qu’il monte en puissance dans ce tournoi, car, face à un adversaire très accrocheur, loin de se laisser aller, il joue de mieux en mieux au fil du match, varie en premier la direction des balles, vise et touche les lignes. Cervantes, lui, non seulement, subit dans le jeu, mais dès qu’il s’approche du filet, contraint par la nécessité de l’échange ou plus souvent par les amorties adverses, c’est la catastrophe, à l’exception d’une belle séquence volée contre volée dont il sort gagnant. Malgré sa résistance et son refus de la défaite, exprimé par un jet de raquettes sur les bâches qui provoque les sifflets des gradins (pleins à craquer pour la première fois du tournoi), il perd 6-4, un score plus serré que la réalité de ce deuxième set.

Samedi, bref épilogue

La course de fond qu’a été cette semaine touche à sa fin. La dernière journée sera la moins prolifique en tennis, du moins en quantité. L’intérêt principal de ce sprint final, pour moi, est de voir jouer pour la première fois le Japonais Taro Daniel, trop souvent programmé en séance diurne jusque là.

Je sais qu’il est né à New York et qu’il est grand (1,91m). Sur le court, je trouve son jeu de jambes très bon, peut-être le meilleur vu cette semaine. Mais tous mes efforts pour m’intéresser à lui n’y peuvent rien. Son style de jeu tient en une formule : régularité du fond de court. On voit que, comme Ferrer, il a été formé à Valence – où il réside. Il est décevant de constater que pour sa taille, son service est quelconque et qu’il n’est guère tranchant à l’échange. Sa marge de progression en terme de jeu vers l’avant est donc énorme. En attendant, son jeu un peu limité à mon goût comprend les bases pour jouer sur terre. A sa décharge, je ne l’ai vu jouer qu’en finale.

Quant au match, le sixième entre ces joueurs (mais le premier en Challenger), il n’aura vraiment duré qu’un set. Carreño met la pression à 5-4 et breake pour la première manche. Au premier jeu du deuxième set, Daniel obtient plusieurs balles de break, dont l’une est sauvée par un passing de revers long de ligne superbe. Un coup qui punira le Japonais plus d’une fois. Une fois ces occasions envolées, Carreño est seul sur le court. Comme la veille, il joue mieux au fur et à mesure que le match avance. Et cette fois, le tableau de score affiche une note sévère, mais juste : 6-1.

Que c’est épuisant à suivre sur place, un tournoi. Pourtant, difficile de croire que c’est déjà fini. Après les matchs fous des premiers jours, la logique s’est imposée le week-end et nous laisse sur notre faim. Demain, on regardera à la télé des joueurs pas tellement meilleurs que notre Carreño vu en vrai se débattre en Coupe Davis. Les semaines suivantes, gavé de tennis, on fera une pause. Jusqu’à l’année prochaine, on oubliera que le circuit Challenger existe. Et puis en septembre, on replongera dedans, sûr.

Ciel

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322 Responses to La couleur de Séville

  1. Elmar 29 septembre 2014 at 14:05

    Dites, y a qqch dans les bacs actuellement? Parce que l’article de Skvo commence à dater là. Bon, j’ai toujours 2-3 projets en attente que je pourrais réactualiser à l’occas’ mais la motivation n’est pas à son sommet actuellement…

    • Remy 29 septembre 2014 at 14:25

      Le RYSC sera de retour pour le week-end normalement

    • William 29 septembre 2014 at 14:37

      Je prépare un petit papelard pour la finale de Coupe Davis… Bon, je me doute que je ne serai pas le seul sur le coup donc je vous préviendrai quand il sera fini, comme ça il pourra toujours être publié en cas de coup dur.

      • Elmar 29 septembre 2014 at 15:14

        En parlant de Coupe Davis, ils ont repoussé la mise en vente. Ca va être compliqué cette histoire

        • Guillaume 29 septembre 2014 at 16:19

          Comme quoi la Davis ne va pas si mal que ça. Il suffit juste que Roro soit à l’affiche pour que les fans comme les journalistes se rappellent à quel point c’est génial et en redemandent. Apparemment, la salle de presse du stade Pierre-Mauroy ne sera pas assez grande pour accueillir tous les médias intéressés. Quant aux tribunes, sauf tarifs exorbitants, m’étonnerait pas qu’il en aille de même.

          • Sam 29 septembre 2014 at 19:42

            Attends attends, là Guillaume. Ce que tu entends par « tribunes », c’est bien le truc où on achète des places qu’on veut tous, c’est ça ?

          • Guillaume 30 septembre 2014 at 10:33

            Je ne répondrai que lorsque tu auras toi-même répondu à ma question en page 1 de cet article. Non mais.

            • Sam 30 septembre 2014 at 12:37

              Compris. Vu d’ici, novembre : 12, 18, 25. Et d’autres après.
              J’indiquerai ensuite précisément ici et donc à la France entière dans quel coin d’Amiens les Sieurs Homard et Guillaume Da Boss signeront des autographes.

            • Guillaume 1 octobre 2014 at 09:55

              12, 18 et 25 novembre donc ? Pas mal pour un deal conclu en tout début d’année, voire fin 2013 :lol:

              Comme je le dis à Tonio plus bas, la demande est énorme, qu’il s’agisse du public, des partenaires ou des médias. Finalement les travaux de Bercy sont bien tombés : en cas de finale là-bas (l’option qui aurait sans doute été retenue sans le chantier), tout le monde se serait senti à l’étroit.

  2. Elmar 30 septembre 2014 at 09:10

    Phasmage en règle de Bautista Agut! Simon sauve 6 balles de match, ce qui semble avoir tellement dégoûté l’Espagnol qu’il a abandonné à 2-1 au 3ème set!

    • Antoine 30 septembre 2014 at 18:17

      Tordant !

  3. Elmar 30 septembre 2014 at 09:12

    Chez les jeunes, Sock a battu Dolgo et va affronter Golubev. Une vraie chance d’aller chercher quelques points sur lesquels je ne vais pas cracher. Thiem éliminé par Anderson.

  4. Elmar 30 septembre 2014 at 09:13

    Et Stan qui permet le premier set contre le local Ito. Ce qui, au passage, pourrait ouvrir encore plus le tableau de la chaussette.

    • Elmar 30 septembre 2014 at 09:16

      Et break d’entrée pour le Nippon dans la seconde manche!

  5. Elmar 30 septembre 2014 at 09:23

    Et Novak n’a pas fait le voyage en Asie pour rigoler. 6-2 contre GGL au premier set. Je pense qu’il a dû mettre un peu d’ordre dans son tennis depuis l’USO.

  6. Skvorecky 30 septembre 2014 at 10:05

    J’ai lu que 15 des 16 premiers à la Race jouaient cette semaine!

    Mais il faut voir le tableau de l’un et l’autre. A part peut-être Dubaï, je ne vois pas d’ATP 500 aussi relevé que Pékin.

    Je ne comprends d’ailleurs pas que des mecs qui visent la qualif au Masters aillent en Chine plutôt qu’à Tokyo où c’est nettement plus ouvert.

    Et puis il y a Stan…

    • Remy 30 septembre 2014 at 10:08

      Tu peux même pousser au top 20 où seuls Fed et Monfils ne jouent pas cette semaine en Asie.

    • Antoine 30 septembre 2014 at 18:18

      Ferrer est allé à Tokyo. Il sait on sont les points faciles à gagner…problème : il ne sait plus les gagner.

  7. Skvorecky 30 septembre 2014 at 10:21

    On verra sur la durée mais je sens que c’est pas aujourd’hui que Gasquet battra Nadal pour la première fois.

  8. Skvorecky 30 septembre 2014 at 10:44

    Tokyo: avec Wawrinka et Ferrer déjà éliminés, Nishikori et Raonic ont un boulevard…

    Pékin: avec Djokovic et Nadal en têtes d’affiche (et éventuellement Cilic), Murray, Berdych et Dimitrov vont devoir cravacher s’ils veulent augmenter leur total de points.

    La même problématique risque de se répéter, en version plus modérée, avant Bercy: on verra les malins qui iront à Valence et les plus audacieux qui se rendront à Bâle.

    • Skvorecky 30 septembre 2014 at 11:33

      En fait j’ai déjà ma réponse.

      Raonic et Dimitrov iront à Bâle se frotter à Nadal, Fed et Stan.

      A Valence, on retrouvera Nishikori (qui sera probablement déjà qualifié ou pas loin) et Ferrer (qui aura l’occasion de récupérer le retard pris en Asie… d’autant qu’il est toujours qualifié à l’heure actuelle).

      Berdych et Murray n’ont pas prévu de jouer avant Bercy.

  9. William 30 septembre 2014 at 11:27

    Putain Stan… Elle est pas gagnée cette Coupe Davis…

  10. Remy 30 septembre 2014 at 11:31

    6-4 6-0, il est sérieux le Richard ??

  11. William 30 septembre 2014 at 11:32

    Pauvre Richie, à chaque fois c’est lui qui se coltine le Rafa de retour à la compétition. En 2009 à New York c’était déjà pas beau à voir.

  12. Elmar 30 septembre 2014 at 11:35

    4 et 0? Qqn a vu le match? Patricia? Quelle boucherie!

    Le Rafa revient visiblement avec le couteau entre les dents et l’envie de marquer les esprits.

  13. Skvorecky 30 septembre 2014 at 11:38

    J’ai mal à mon Richard.

    Tous les jeux du premier set ont été serrés, ça aurait pu être plus serré, voire basculer du côté de Gasquet.

    Rien suivi du deuxième set par contre. Mais 6-0!

    • Patricia 30 septembre 2014 at 12:38

      Apparemment il passe de 71% de 1è balles à 35% dans le 2è…
      Il y a eu une alerte épaule à Shenzhen, j’imagine que la tendinite chronique est au RV.

      J’imagine que Richard a joué agressif, avec un bon coup droit au 1er comme à Shenzhen, sinon ça n’aurait pas été serré…
      Nadal a fait comme d’hab’, ace sur BB ?

      • Skvorecky 30 septembre 2014 at 13:12

        La seule BB que j’ai vue: un ace effectivement, côté coup droit…

  14. Alexis 30 septembre 2014 at 11:40

    Gasquet n’a pas démérité, a régalé le public de nombreux coups de talent mais le coup droit de Nadal était vraiment too much, son revers très solide, et son jeu de jambe hyper efficace, ce qui lui a permis de jouer la plupart du temps en coup droit. La fin du premier set était tendue, Gasquet a manqué le coche avec peut-être un peu de fébrilité par-ci par-là, mais des intentions irréprochables, à partir de la fin du premier set en tout cas. Le bagel est un peu dur car il y avait match jusqu’à 4/0 en tout cas…

    • Alexis 30 septembre 2014 at 11:41

      de jambes! J’imagine Nadal sur une jambe qui mettrait les mêmes roustes.

    • Patricia 30 septembre 2014 at 12:30

      La chose étrange ce n’est pas un Gasquet qui parvient à rester au contact dans le 1er puis se fait rouler dessus par Nadal. L’étrange, c’est la double sortie au 1er tour de Tsonga et Wawrinka contre respectivement Priezny et Ito (au TB du 3è pour Tsontson, en 2 sets secs pour Stan). C’est un concours ?

      Gilou lui sauve 6 balles de matchs et dégoûte BA jusqu’à l’abandon.

      • Patricia 30 septembre 2014 at 12:42

        Pétard, Tsonga a vendangé une avance de 5-1 dans le TB ? ouch.
        Pour le concours, Przysiezny (ouais j’ai vérifié) est 142è, Ito 103è…

        • Patricia 30 septembre 2014 at 12:43

          Et Ito vient de gagner le challenger d’Istambul.

          Bon ce qui ferait plais’ c’est que Tomic nous débarrasse de Raonic, mais les chances sont minces.

  15. Patricia 30 septembre 2014 at 12:56

    Tiens j’ai fait joujou avec la base de données de Jeff pour me consoler :

    Nadal a collé 79 bagels en carrière, dont 20 contre des tops 20.
    Parmi ces joueurs, Ferrer en a mangé 4, Richard (je compte ce match même s’il est 21è) et Gaudio 2.
    Contre le top 10 : 10 bagels ; mais Gaudio et Davydenko ont gagné leur match ! (ajoutez Fed, Tsonga et Roddick).

    Par surface : 48 bagels sur terre (oui, le Gaudio gagné c’est sur terre en 2005), 26 sur dur, 5 sur herbe.

  16. Patricia 30 septembre 2014 at 13:02

    Ca fait longtemps que je n’avais pas vu jouer Tomic… Quel touilleur de raquette, ça fait plaisir ! Il emmerde considérablement Rao sur ses 2è.

  17. Patricia 30 septembre 2014 at 13:07

    Bernie fait qq fautes, dommage, le voir envoyer des slices tout mous très profonds dans le coin pour faire rétropédaler Rao est vraiment amusant.
    Il essaye plein de trucs, le contraste entre leur tennis IQ est frappant.

  18. Patricia 30 septembre 2014 at 13:11

    Nanard était censé avoir rompu le partenariat avec Nike mais il est sapé Nike des pieds à la tête. Le mystère Tomic…

  19. Antoine 30 septembre 2014 at 18:08

    Quel super article de Skvo ! je suis vraiment impressionné par sa qualité et sa longueur. Bravo !

    J’ai décroché depuis le week end des demies de Coupe Davis et n’ai rien vu depuis, mis à part les résultats que je viens de consulter sur le site de l’ATP.

    On dirait bien que cela ne va pas trop fort pour les frenchies depuis ce wek end là : Gaël avait eu la bonne idée de se blesser lors d’un match qui comptait pour du beurre et le voilà out, JO à plat a paumé rapidement à Metz contre Goffin qui gagne le tournoi (c’est bien ça !), puis repaume il y a quelques heures à nuveau, Richie s’est fait battre à Kuala Lumpur par Monaco et vient de se faire écraser par Nadal de retour aux affaires. IL reste Benneteau qui est allé en finale à Kuala Lumpur mais qui a perdu comme d’habitude. Mais bon, Nishikori est bien plus fort que lui..Vu aussi que Murray avait sauvé 5 balles de match pour gagner une finale contre Robredo, la première depuis Wimbledon 2013..Bon signe, ça !.

    Ferrer lui paume contre Troicki, c’est vraiment que rien ne va plus. D’ailleurs il a reperdu à Tokyo d’entrée contre Granolla..Stan aussi a perdu dès son premier match..

    Bon, what else ? Roger est en vacances prolongées j’imagine..

    • Patricia 30 septembre 2014 at 19:38

      Murray (qui est un grand sensible) en a même chialé/tombé à genoux sur le court comme s’il venait de faire le doublé à Wim. Remarque c’était peut être le soulagement de pouvoir encore battre Robredo…

      • Antoine 30 septembre 2014 at 23:05

        C’est vrai que c’est pas donné a tout le monde de battre Robredo.

  20. Patricia 30 septembre 2014 at 19:47

    C’est impressionnant, à Tokyo, les TS 1, 2, 5, 6 et 8 sont sorties au premier tour. Seuls Nishikori, Raonic et Anderson tirent leur épingle du jeu. Si seulement Gilou n’était pas trop blessé et nous sortait la grande reinette canadienne…

    • Elmar 30 septembre 2014 at 20:20

      Si seulement ma Chaussette en profitait! Des occas’ pareilles, y en aura pas toutes les semaines. Golubev puis le vainqueur de Ito-Becker… Y a vraiment une demi à aller chercher. Et une demi en 500, c’est très très bon pour ma team ça.

      Evidemment, il peut aussi se faire sortir par Golubev, ce qui serait logique, et adieu veaux, vaches, cochons.

  21. Patricia 30 septembre 2014 at 20:35

    Un truc qui va bien faire plaisir à Kaelin, c’est Nishioka qui a remporté les Jeux Asiatiques, en battant Lu (finalement l’ATP avait reculé devant le grabuge suscité par ses menaces et Lu avait pu jouer jusqu’au bout). Lu est quand même 37è et le petit jeune 168è…

    • Kaelin 1 octobre 2014 at 03:27

      Enorme ça ! J’ai pas réussi à choper le tableau de cette compet. Il a battu qui en dehors de Lu ?

      • Babolat 1 octobre 2014 at 03:58

        Dispensé du premier tour, il a battu un certain Ernepesov du Turkménistan puis Wang (qu’on connaît déjà mieux), Yuki Bhambri et Lu en finale.

        A noter la victoire en double de la paire coréenne Lim Dong-kyu et Chung Hyeon (ce dernier, 18 ans, 188ème en simple et suivi par Kaelin, a gagné un challenger il n’y a pas longtemps).

        • Babolat 1 octobre 2014 at 04:36

          Oops, entre Ernepesov et Wang, il y avait Cho Minhyeok le coréen.

          http://www.incheon2014ag.org/Sports/Biographies/Athletes_Profile/?ParticCode=5103472&lang=en

        • Babolat 1 octobre 2014 at 04:39
        • Kaelin 1 octobre 2014 at 07:44

          Merci mon vieux! je vois qu’on a un fuseau horaire à peu près similaire désormais vu l’heure à laquelle on poste ^^. Lu était le grand favori vu son classement donc belle perf de Nishioka. Wang et Bhambri sont également pas si mauvais, sur le circuit secondaire pour Yuki.

          Hyeon est bien classé … c’est bien de voir des petites nations qui sortent de bons joueurs. Après avoir discuté, même si jmen doutais, avec Nguyen, bon joueur (j’en ai fait les frais! avec son frère ils m’ont mis la patée mardi et on rejoue jeudi normalement ^^) et 15lover très occasionnel, le Vietnam ne possède pas vraiment de bons joueurs par contre … le meilleur vietnamien a cependant la particularité d’être très jeune si j’ai bien compris, 15-16 ans, mais il reste très mal classé.

          • Skvorecky 1 octobre 2014 at 10:02

            La pâtée? Il faut dire que tout seul contre deux, c’est plus dur (en général). Ah, les salauds!

  22. Antoine 30 septembre 2014 at 23:02

    Quand est ce qu’ils mettent en vente les places de la finale de la CD à Lille ?

    • Don J 1 octobre 2014 at 00:08

      à priori le 1er octobre, soit demain

    • Guillaume 1 octobre 2014 at 09:46

      Aujourd’hui ce sont les infos billetterie que la Fédé va diffuser. Je crois qu’il n’est pas encore question de la vente elle-même.

      Et sinon oui, je vous confirme que vous n’êtes pas les seuls à vous découvrir un amour fou pour la Davis. Il y a une impatience rare autour de l’évènement.

      • Skvorecky 1 octobre 2014 at 09:57

        Sur ce site, la Coupe Davis a quand même toujours été suivie de près, même s’il n’y a pas d’article dédié à chaque fois.

        Ce n’est pas le cas de tous les amateurs de tennis, certes.

      • William 1 octobre 2014 at 09:58

        Normal, en finale on aura un pays qui peut la gagner chaque année – et qui « aurait dû » la gagner depuis longtemps – grâce à un réservoir de joueurs très important, face à un pays qui a vu naître le « GOAT » et qui pourtant n’a jamais remporté le compétition sous son égide. La France reçoit, mais la Suisse peut se targuer d’aligner 2 vainqueurs en Grand chelem, soit 2 de plus que son adversaire… Belle affiche : la médaille en chocolat ou la cerise sur le gâteau, voilà comment je vois ça.

        Prono express de la plus mauvaise Pythie du site : la France s’imposera (point du double, craquage de Stan,…). Je dois vraiment avancer dans mon article moi.

    • Elmar 1 octobre 2014 at 11:36

      C’est vraiment pourri leur organisation pour la mise en vente. Annoncé d’abord le 26, puis le 29, puis le 1 octobre… Et toujours rien pour le moment. Inutile de vous dire que je suis bien stressé.

    • MarieJo 1 octobre 2014 at 11:47

      ça ne devrait plus tarder !

    • Remy 1 octobre 2014 at 16:07

    • Remy 1 octobre 2014 at 16:20

      Pour les prix, c’est légèrement beaucoup abusé trop cher

    • Colin 1 octobre 2014 at 18:35

      Baah… Les prix n’ont été multipliés que par 6.55957 en 32 ans… C’est pas grand’chose.
      Billet pour la finale de Coupe Davis 1982

  23. Elmar 1 octobre 2014 at 11:41

    La Soquette en quart à Tokyo. C’est bien, mon petit, de savoir profiter des tableaux qui s’ouvrent. Avec un quart contre Becker (qui a le break dans le premier set) ou Ito, y a vraiment encore 90 points (et donc 900 à TM) à aller gratter. J’espère qu’il va le faire.

    Ensuite, faudra qu’il soit capable de perfer, probablement contre Nishi. Why not? Le Nippon est dans sa deuxième semaine consécutive, il peut très bien connaître un jour sans.

    • Patricia 1 octobre 2014 at 12:53

      Un Dolgo qui joue son premier match après une opération, puis Golubev et Ito ou Becker pour une demi… Il a le cul bordé de nouilles, lui ! Je suis jalouse, Thiem aurait pu gratter des points au lieu de se taper une TS en forme d’entrée. Un autre point commun avec Richard…
      Après c’est un peu la même chose pour Gilou (Müller, Johnson) – quoique BA est plus coriace qu’un Dolgo convalescent ; mais comme d’hab il est blessé (c’est plus le poignet, c’est les abdos)….

      La finale logique reste Nishikori – surmotivé, et son premier match s’est joué à guichets fermés – et Raonic… une opposition dont j’ai un peu soupé cette année. Anderson est très en forme, mais je pense que c’est le genre de joueur dont Nishi raffole (il sert bien mais c’est pas les 23 aces de Rao). Anderson/Raonic serait très laid. Simon est mon seul espoir, mais forcément, il joue avec une épée de Damoclès suspendue et il a une très bonne raison de ne pas faire n’importe quoi (pour une fois).

  24. Remy 1 octobre 2014 at 11:57

    Pospisil sert pour le gain de la 2ème manche face à Djokovic.
    Il perdra les 3 jeux suivants et le match par la même occasion.
    J’ai bien fait de le virer de ma team lui

  25. Patricia 1 octobre 2014 at 19:19

    Curieuse de lire l’interview d’Almagro, qui s’exprimait notamment sur la Coupe Davis, j’ai demandé une traduction à Bing vu que je ne le parle pas. Ben je crois que c’est plus clair en espagnol (mais moins rigolo) :

    Sur sa santé « je me sens tennis sans trop de maux de tête.  »

    « Vous êtes très proche de Juan Carlos Ferrero, qui fut le premier dans toutes les piscines. Comment est-ce que vous avez vu il ?

    L’original : http://tenis.as.com/tenis/2014/09/30/copa_davis/1412092479_633196.html
    -Toujours il avait démontré avec enthousiasme d’être capitaine de Coupe Davis, mais il y a deux semaines qu’il a été Pape et j’ai déjà lui a dit que c’était le meilleur match de sa vie. »
    Il s’en passe des choses en Espagne, on nous cache tout, on nous dit rien !

    Il a été numéro un dans le monde et a été le top tennis espagnol toujours donner visage.

    « Et tu as est que les dérange qu’une femme en costume?
    -Non, non. Je le vois comme d’habitude.  »
    Transvestisme à prévoir.

    « Connaissez-vous un Gala ?
    -Je me souviens que c’est minuscule, car il a coïncidé avec Ana Alcázar, une joueuse de tennis de Murcia. »
    Enfin, tu n’es pas très imposant non plus, Nico.

    • Kaelin 1 octobre 2014 at 21:29

      putain Patricia :D tu m’as tué

  26. Elmar 2 octobre 2014 at 09:50

    Nishikori passe Young 6-4 7-6. A l’arrivé, y a très peu des points d’écart. Young, qui s’est sacrément épaissit musculairement depuis la dernière fois où je l’avais vu, a eu la mauvaise idée de servir une double faute à 4-3 dans le TB, ce qui a été rédhibitoire.

    Nishi m’a paru particulièrement fatigué et ça me surprendrait qu’il remporte le tournoi, malgré le soutien du public. Une chance pour Sock en demi?

    A noter que le Nippon était tellement dans sa bulle (ou à l’ouest?) qu’après avoir marqué le point de la balle de match, il se retourne, prêt à jouer le point suivant, avant que qqn lui fasse signe que le match est fini.

  27. Patricia 2 octobre 2014 at 09:52

    Je regrette d’avoir loupé le Nishi/Young, je suis arrivée au TB du 2è et Young a eu des coups réflexes impressionnants ! C’est la première fois que je le vois bon défensivement. Nishi avait la fumée qui lui sortait des naseaux tellement il était motivé et il faisait des trucs genre pistolero avec sa raquette entre les points. Pour finir, comme Fed dans je sais plus quel match, il ne s’était pas rendu compte qu’il avait gagné et partait se replacer, il était mort de rire quand il s’est rendu compte.

    • Robin 2 octobre 2014 at 10:17

      C’est une forme d’hommage, c’était justement contre lui que Fed avait zappé le fait qu’il venait le gagner le match (Halle cette année je crois).

  28. Elmar 2 octobre 2014 at 09:53

    Nadal s’est coupé les cheveux. Et vient de rater sa première BB sur seconde adverse. Gojo me fait rire avec son physique à la Nalby.

    • Patricia 2 octobre 2014 at 10:39

      C’est presque décevant, ce ventre plat, avec son potentiel…

  29. Patricia 2 octobre 2014 at 09:55

    Et maintenant on va voir si Gojowzky est dans un de ses deux trois jours de l’année contre Nadal.
    En tous cas ce dernier est très explosif, ses coups partent bien et il joue long.

  30. Patricia 2 octobre 2014 at 10:01

    Ouais, Gojow joue bien mais il fait des conneries sur des points tout faits… il est mort.

  31. Elmar 2 octobre 2014 at 10:02

    Un point Nadalesque qui se défend comme il peut et où l’adversaire finit par une faute grossière au moment où il doit conclure facilement lui permet de faire le break.

  32. Patricia 2 octobre 2014 at 10:07

    Je pense que Nadal va gagner le tournoi. C’est son meilleur niveau depuis le début de l’année.

    Bon Djoko, mais il doit jouer Dimitrov, Cilic et Murray, il va peut être avoir du mal. Ce Nadal là en face, il met une intensité difficile à encaisser. A moins d’une résurgence de Super Djoko (tout à fait possible sur ce tournoi)…

  33. Patricia 2 octobre 2014 at 10:10

    Nadal est ultra agressif, Gojow peut pas jouer. Pourtant c’est pas le genre qui temporise.

    Il joue très bien et pourtant a failli se prendre un double break dans les dents.
    Nadal est sur ses bases de l’USO 2013.

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